[TRACTOPELLE] ‘Les États-Unis ont confirmé la nature et la vocation de leur États : dominer, piller, extorquer, soumettre les autres peuples’ (Par Samba Diouldé Thiam)

Tract – ‘Le Venezuela est entrain d’être réduit à l’état de colonie et le même destin est programmé pour tous les peuples qui aspirent à être maîtres chez eux. 

En ces moments de retour à Berlin 1885, tous les anciens possesseurs d’empires, invités à copier l’Amérique, fourbissent leurs plans.Personne ne doit être dupe de ce qui attend le continent africain. Le choix est entre résister ou se soumettre.Ceux dans ce continent qui n’avaient à la bouche que l’exemplarité de la grande démocratie américaine sont servis par leur naïveté et leur manque de culture historique.Ils n’ont jamais prêté attention à la nature de la démocratie outre atlantique, une démocratie au service des monopoles. Nous exprimons nos sentiments les plus profonds pour le peuple de Venezuela que l’Amérique réduit à l’esclavage.Une époque sombre s’ouvre pour ce pays héroïque qui a payé très cher ses efforts pour vivre libre.Les États-Unis proclame que l’Amérique latine est leur chasse gardée et que personne n’y mettra les pieds pour commercer !La brutalité de l’invasion américaine est à la fois signe de force brutale et de faiblesse congénitale.Une force brutale contre plus bien faible que soi n’a aucune valeur militaire.Et c’est parce que la tare congénitale de tout empire est de cesser d’être un empire, la brutalité l’action, sans base légale et éthique, expose l’incapacité de l’empire à demeurer l’empire, sans renoncer aux masques de sa domination.Le pétrole du Venezuela devient une propriété américaine.La jeunesse africaine est directement interpellée par l’envahissement du Venezuela : voilà ce qui attend nos terres et nos êtres !Les richesses de notre continent et notre retard historique nous exposent à être des combattants ou des collaborateurs : tel est votre dilemme, jeunes du continent.L’Amérique veut retarder la multipolarité du monde à défaut de la brider.L’un et l’autre objectifs sont difficilement atteignables, d’où la dangerosité de la situation internationale.Les pays des BRICS sont en ligne de mire, l’Afrique du Sud étant directement visée par les États-Unis.L’année 2026 s’annonce assez difficile pour les peuples non occidentaux. Samba Diouldé THIAM

Kidnapping du PR Maduro au Venezuela: ‘Les États-Unis se mettent volontairement et indiscutablement’ hors-la-loi (ancien Premier ministre français)

Tract – L’ancien premier français Dominique de Villepin s’insurge contre l’incursion américaine en Amérique latine, particulièrement dans l’épisode du l’enlèvement du président vénézuélien Nocolas Maduro par le ‘Gi en chef’ et non moins va-t-en-guerre Donald Trump. 

 Également ancien ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin dit clairement que « l’opération militaire américaine en cours contre le Venezuela est un basculement géopolitique majeur. Les Etats Unis se mettent volontairement et indiscutablement hors du droit international en violant la charte et l’esprit des Nations Unies. C’est un acte lourd de conséquences pour l’ordre international issu de la Seconde Guerre mondiale ».Pour lui l’acte posé et déroulé par Trump est « la légitimation des changements de régime par la force ». Poursuivant qu’aussi « détestables soient les gouvernements renversés », l’ancien secrétaire général de l’Elysée rappelle que « les précédents montrent que les changements de régime ne mènent ni à la démocratie, ni à la paix, mais au chaos, à la guerre civile et à la dictature. Qu’on se réfère à la situation de l’Irak ou de la Libye ».De Villepin indique que « c’est la légitimation des sphères d’influence impériales au nom du «corollaire Trump» de la doctrine Monroe formulé dans la stratégie nationale de défense de décembre 2025 » qui est mis en branle. « L’objectif à peine voilé de la politique de la canonnière reste l’imposition d’un ordre idéologique conforme aux visions de Donald Trump dans toute l’Amérique Latine », a affirmé l’ancien ministre sous Jacques Chirac.Et le fils d’expatriés français, né à Rabat au Maroc puis « éduqué au Venezuela », de se poser des questions: « Dès lors que les Etats Unis s’affranchissent de la légalité, que dirons-nous à la Chine si elle renverse un régime qui lui déplait, en Corée, au Vietnam ou à plus forte raison à Taiwan ? Quels arguments aurons-nous à opposer à la Russie si elle renverse un gouvernement qui lui déplait en Moldavie, voire dans les Pays Baltes ? »Quelques premières réponses tombent pour tenter d’actionner la France et l’Europe qui « doivent clairement réaffirmer avec les pays du Sud Global leur attachement aux principes du droit international, et d’abord la souveraineté des Etats et la sécurité collective, et défendre l’ordre juridique des Etats-nations contre la collision brutale des empires », selon de Villepin.Tract

[CAMPUS] Comment peut-on comprendre le ‘recrutement’ de Professeurs sénégalais en Guinée ? ( Par Meissa Diakhaté)

Tract – En toute chose, il faut nécessairement de la pédagogie. L’art de simplifier des choses complexes est souvent ignoré au Sénégal où la tradition intellectuelle de « compliquer » les choses simples. Bien évidemment, les autorités ministérielles ont assumé leurs responsabilités, en instruisant les Recteurs à tirer au clair, sur les plans légal et réglementaire, les situations des Enseignants-Chercheurs « recrutés » en République de Guinée.

 En évitant de forcer le trait sur la confusion entre le statut général de la Fonction publique et le statut spécial régissant les Enseignants-Chercheurs de l’Enseignement supérieur et, en faisant, d’une part, l’économie de l’existence d’un« protocole d’accord de coopération universitaire et scientifique » dûment signé par les Ministres guinéen et sénégalais chargés des Affaires étrangères et, d’autre part, l’appartenance de nos deux pays à des institutions d’intégration communes (CAMES, CEDEAO), je me cantonne, pour le moment, à des constats simples.Pourquoi autant de bruits ? Il suffit d’examiner la liste des « recrues », qui du reste a « valeur », pour comprendre le sens et l’orientation du bruit. C’est de la naïveté pour l’opinion d’imagier un seul instant que des Professeurs sénégalais ambitionnent de déserter leurs prestigieuses universités pour migrer vers où.Comment peut-on un instant comprendre qu’un Professeur titulaire des matières aussi éminentes que la physique nucléaire, la mathématique, l’intelligence artificielle, la comptabilité, la climatologie, la statistique, les télécom et réseaux, le droit) puisse penser aussi court que cela ? L’opinion ne devrait pas en être heurtée car, penser autrement, ne serait qu’une image déformée de la réalité d’un programme structuré et encadré dans le temps. D’ailleurs, le procédé est connu au Sénégal où jusqu’à une date récente des Professeurs venus de France enseignaient les mathématiques, la physique et la Chimie dans certains lycées du Sénégal. La comparaison n’est pas parfaite, mais elle est d’être fausse. En tout état de cause, tout système éducatif a besoin de rattrapage (raccourcis académique) pour suivre le rythme actuel de fabrication des savoirs. Certainement, cet élan anime les autorités guinéennes et même devrait en être de même pour nous. A ce jour, nous sommes à des années lumières de certaines connaissances de pointe qui déterminent l’avenir du monde. Dans l’arme nucléaire, l’intelligence artificielle ou l’astronomie, notre maîtrise est encore rudimentaire.Malgré tout, le bruit souffle, encore en premier lieu, au Sénégal. Pourtant nous sommes loin de battre les records : Bénin (116), Guinée (45), Mali (21), Côte d’Ivoire (21), Mali (21), Burkina Faso (19), Togo (15), Cameroun (14), Tunisie (06), France (03), Niger (03), Tchad (01) tous des Enseignants-Chercheurs. Par ailleurs, figure dans cette liste le nom d’un éminent Professeur titulaire de droit public, deux fois Ministre, Inspecteur des Impôts et Domaines de formation, ancien Directeur général de l’Ecole nationale d’Administration et de la Magistrature (ENAM), Officier de l’ordre national, Chevalier de l’ordre du mérite des Palmes académiques, Chevalier de l’ordre national dans son pays, Médaillé d’or de la Fondation René Cassin (Institut international des droits de l’homme de Strasbourg) et membre du jury d’agrégation (CAMES, 2025), Mes respects cher Maître : « La gloire est un effort constant », dit-on. Un profil atypique par rapport au « 59 » décriés au Sénégal. Pourquoi alors autant de complaintes et de frayeur ?Comment sauver le programme ? Si le terme « recrutement » n’est pas compris pris au sens « connotatif »voire « péjoratif », ce programme aussi novateur pourrait être sauvé en Guinée. A la limite, il devrait inspirer les réformateurs des systèmes universitaires africains, jusque-là aux couleurs des savoirs occidentaux qu’ils continuent à servir.A titre d’illustration, combien « gagnerait » – scientifiquement – un Professeur d’Agroforesterie et son pays le Sénégal en étudiant les merveilles de la forêt guinéenne ? Combien « gagnerait – également scientifiquement – un Professeur de Physique et son pays le Sénégal en explorant le sous-sol guinéen attenant aux filons d’or de la Région de Kédougou ? Combien « gagnerait » toujours un Professeur en « Eau et Environnement » et son pays le Sénégal en analysant un des « réservoirs d’eau » de l’Afrique de l’Ouest (le Fleuve Sénégal qui va jusqu’à Saint-Louis prend sa source dans les chutes du Fouta–Djalon en Guinée : un exemple de générosité de la nature. Mais décidément, quand il s’agit de l’« homme » : il parle ou conteste le contrat).La meilleure des démarches serait alors d’ « encadrer » ou mieux de challenger le programme guinéen, tout en se rappelant que des Professeurs du Sénégal comptent à leurs actifs plus d’une trentaine d’années en Guinée, en pleine connaissance des Recteurs et des Ministres qui se sont succédé. Aujourd’hui, former les interventions dans le cadre d’un programme académique relève, me parait-il, du bon sens gouvernemental.En contrepartie, même si le programme, dans son esprit, n’a pas pour vocation à doter la Guinée « d’enseignants sénégalais permanents » (parce que nommés et titularisés pour faire carrière dans Fonction publique guinéenne), mais juste des contractuels pour une durée déterminée, il est important de s’ajuster pour sauver le programme.En tout état de cause, que cela s’appelait naguère « missions d’enseignement ou de recherche », « prestations » ou « consultances », « un contrat » écrit ou oral est toujours à la base. L’essentiel pour les Enseignants-Chercheurs sénégalais, c’est d’assurer loyalement leurs charges statutaires (enseignements, encadrement et publications), à savoir le « d’abord Sénégal ». Tout compte fait, les Professeurs savent ce qu’ils font, l’ont toujours fait et le feront toujours. Quelles que soient les contraintes qui seront dressées contre ce programme, les voies légales prospéreront pourvu que les mesures réactives soient tout aussi loyales.J’ose espérer que les instructions adressées aux Recteurs sénégalais produiront des conclusions constructives et dignes de la générosité d’esprit et de l’universalisme qui sont l’essence même des Universités.Par Meissa DIAKHATEAgrégé de droit publicEnseignant-Chercheur à l’Université Cheikh Anta DIOP de DakarIntervenant à l’Université Général Lansana Conté Sonfonia-Conakry

[CARTE POSTALE] Sëmbëxloo total à la CAN Maroc 2025 !

Des fans ont marché sur le toit du stade d’Agadir, le 26 décembre, lors du match entre l’Égypte et l’Afrique du Sud.(Marrakech) Le Maroc vit au rythme de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) jusqu’au 18 janvier. La CAN, c’est 24 équipes africaines de foot réparties en six groupes qui jouent 52 matchs, dans six villes et neuf stades.Le rendez-vous a été donné par Othmane, le grand ami d’origine marocaine de mon fils Romain, qui lui a dit : « Viens à la CAN 2025, c’est au Maroc, et l’équipe nationale va gagner ! » Les Lions de l’Atlas n’ont pas remporté la coupe africaine depuis 1976, mais le Maroc est parmi les grands favoris avec le Sénégal, l’Égypte, l’Algérie, le Nigeria et la Côte d’Ivoire, tenante du titre.L’équipe du Maroc célèbre son troisième but face à la Zambie, lundi, à Rabat

Les joueurs du Maroc ont marqué l’histoire en devenant la première sélection africaine à se qualifier pour les demi-finales d’une Coupe du monde en 2022. Ils avaient perdu contre la France (2-0) et, fait amusant, leur gardien de but Yassine Bounou, surnommé Bono, est né à Montréal.

Passionnés de foot, nous y sommes donc, à cette coupe africaine, mon mari, nos deux adolescents, Inès et Romain, et moi. Très enthousiastes, nous avons commencé notre périple à Agadir, pour le match Égypte-Afrique du Sud, le 26 décembre, où nous sommes allés voir la star Mohamed Salah jouer avec les Pharaons d’Égypte, qui tentent de remporter un huitième titre. Malheureusement, cette première expérience au stade d’Agadir a été traumatisante, contrairement à la deuxième, le 28 décembre, à Marrakech, où tout était ultrasécurisé.

Mohamed Salah pendant le match contre l’Afrique du Sud le 26 décembre à AgadirNous avons eu très peur et nous avons failli ne jamais pouvoir entrer dans le stade d’Agadir. Nous avons été pris au cœur des débordements dans une immense foule déchaînée qui était décidée à entrer dans le stade gratuitement ; quatre jours plus tôt, lors du match Égypte-Zimbabwe, le stade de 45 000 places étant presque vide, les autorités auraient laissé entrer au bout de 20 minutes de jeu près de 20 000 spectateurs pour le remplir.

Le 26 décembre, visiblement, le mot s’était passé à travers la ville ; la police était complètement dépassée, le chaos était total, les gens escaladaient les grilles, nous avons été poussés par la foule qui forçait l’entrée devant les policiers. Nous n’étions pas au bout de nos peines : les grilles des enceintes pour aller jusqu’à nos sièges se sont fermées devant nos yeux. Nous montrions nos billets électroniques, mais il n’y avait plus de place, nous disait-on.

C’est finalement avec des petits malins que nous sommes entrés par une petite porte. Le match avait débuté depuis 20 minutes, et nos places étant occupées, nous nous sommes assis dans un escalier. Il y avait du monde partout, debout, même sur le toit du stade. Dire que nous avions acheté nos billets en septembre en téléchargeant l’application Yalla. Nous y avions entré les données de nos passeports, avions attendu une validation pendant 48 heures pour être autorisés à acheter nos billets… tout ça pour vivre le chaos ! Le calme était revenu à Agadir lors du match Angola-Égypte, le 29 décembre.

La foule au stade d’Agadir, le 26 décembreL’enjeu de cette coupe africaine au Maroc est de remplir les stades. Les matchs de l’équipe hôte se jouent à guichets fermés, alors que pour d’autres ils peinent à se remplir. Et les stades modernes sont grands : le complexe sportif Moulay-Abdallah de Rabat compte 68 000 places, le stade Mohammed-V de Casablanca, 45 000 places, celui de Marrakech, 42 000, à Tanger, c’est 75 000, et le stade Hassan-II de Casablanca, en construction, accueillera 115 000 spectateurs pour la Coupe du monde de 2030 qui aura lieu au Maroc, en Espagne et au Portugal.Anna Murielle et Blaise Henri N’Dia, venus de Côte d’Ivoire pour soutenir les Éléphants.

Heureusement, l’ambiance du match Cameroun-Côte d’Ivoire au stade de Marrakech était très festive, l’entrée était sécurisée et les supporters des deux équipes étaient présents en grand nombre. Comme Meye Alex, venu du Cameroun pour soutenir les Lions indomptables, ou encore les Ivoiriens Anna Murielle et Blaise Henri N’Dia, ravis de venir voir quatre matchs, car les Éléphants de la Côte d’Ivoire, selon eux, feront un doublé. « On est venus avec la coupe et on va repartir avec la coupe ! », a lancé le couple.

Amad Diallo (Manchester United) a été nommé joueur du match après avoir marqué un but magnifique, et il joue avec Wilfried Zaha (Charlotte FC). Du côté du Cameroun, c’est Bryan Mbeumo (Manchester United) qui attire l’attention, tandis que Nouhou Tolo (Sounders de Seattle) est le pilier de la défense.

Les stars sont nombreuses à venir à la CAN. Kylian Mbappé était à Rabat pour soutenir son ami Achraf Hakimi (Paris Saint-Germain), puis à Marrakech dans les tribunes du match Cameroun-Côte d’Ivoire, et Zinédine Zidane est venu encourager son fils Luca Zidane, gardien de but de l’Algérie.Kylian Mbappé a assisté au match du Maroc contre le Mali, à Rabat, le 26 décembre.Kylian Mbappé a la CAN Maroc 2025Il est difficile de prédire qui remportera cette Coupe d’Afrique des nations. Le foot, c’est aussi une histoire de partage et d’amitié, et nous espérons, pour notre ami Othmane, que le Maroc gagnera. Les buts d’Ayoub El Kaabi (Olympiakos) et de Brahim Díaz (Real Madrid) montrent qu’ils sont redoutables, et leur victoire de 3-0 contre la Zambie a convaincu.Par Olivia LevyTract Hebdo, avec La Pressewww.tract.sn

L’écrivain Im Dieng en appelle à la ‘zéro tolérance’ : ‘rues sales, incivisme au Sénégal, ñu waxtaan dëgg rek’

Tract Hebdo – Ñu waxtaan, waxanté dëgg. Avant de commencer le sujet, je vous balance cette petite information sur les compagnies aériennes africaines.Principales compagnies par taille de flotte (estimation 2024-2025) * Ethiopian Airlines : ~135 à 157 avions. * EgyptAir : ~70 à 71 avions. * Airlink (Afrique du Sud) : ~67 avions. * Air Algérie : ~55 à 57 avions. * Royal Air Maroc (RAM) : ~50 à 54 avions.Air Senegal a environ 7 avions. On ne peut pas faire de comparaison ici. Revenons sur terre. Et, s’il vous plaît, en 2026, arrêtons de parler. Commençons à mériter le Sénégal. Nous parlons trop. Nous commentons tout. Nous analysons tout. Nous jugeons tout. Et pendant que nos lèvres courent plus vite que nos mains, la réalité, elle, ne recule pas, elle s’installe, elle s’épaissit, elle s’enracine.Le Sénégalais est bruyant, et pas parce qu’il est incapable, mais parce qu’il s’est habitué à remplacer l’action par le débat, l’effort par la punchline, la responsabilité par la plainte. Et le plus ironique, c’est que nous nous voyons souvent comme « en avance » sur d’autres pays africains, comme si l’histoire d’hier suffisait à payer la facture d’aujourd’hui.On me dit , souvent, « Mais il y a quoi en Éthiopie ? Ce pays a la famine. » Et je souris, mais c’est un sourire amer. Parce que derrière cette phrase, il y a le mépris confortable. Celui qui date du vingtième siècle, quand certaines images circulaient plus vite que la vérité. Celui qui nous rassure. « Nous, au moins, nous sommes mieux. » Celui qui nous empêche de nous regarder en face.La question est « qu’est-ce qu’il y a, vraiment, chez nous dans nos rues, nos comportements, notre discipline collective, notre rapport au bien commun ? »Dakar n’est pas pauvre. Dakar est mal traitée. Mal gérée, oui, mais surtout, mal aimée par ses propres enfants.On jette par la fenêtre comme si la rue n’appartenait à personne. On salit comme si la saleté était une fatalité.Et puis on se plaint. On insulte. On accuse l’État, la mairie, le voisin, « les politiciens », « les autorités » Et c’est là que le mensonge commence. Nous voulons un pays propre sans être des citoyens propres.La ville est le miroir de son peuple. Quand une capitale déborde de déchets, ce n’est pas un problème de bennes, c’est un problème de mentalité.Le civisme n’est pas un slogan. Le civisme, c’est quand tu refuses de salir même si personne ne te voit. Le civisme, c’est quand tu protèges ce qui ne t’appartient pas individuellement, parce que ça nous appartient collectivement. Le civisme, c’est une discipline intérieure, pas une campagne d’affichage.Dakar coûte cher. Tout le monde le ressent, surtout ceux qui comptent les pièces. Mais soyons honnêtes, une ville n’est pas chère seulement parce que les prix montent. Elle devient insupportable quand les revenus stagnent, quand les circuits sont inefficaces, quand la spéculation devient un sport, quand la distribution est fragile, quand l’informel écrase le consommateur, quand l’État ne protège pas assez, et quand le citoyen accepte tout en se contentant de râler.Et dans tout ça, combien de sénégalais mangent un fruit par jour ? Un fruit, pas un luxe. Un fruit, pas un privilège. Un fruit, comme un geste normal de santé. Et pourtant, dans beaucoup de foyers, c’est devenu un calcul. Et on s’étonne ensuite des maladies, des fatigues, des enfants qui manquent d’énergie, des dépenses de santé qui explosent.Nous avons accepté l’anormal comme s’il était normal.Aussi, au Sénégal, faut-il le dire, critiquer est devenu une identité. On critique avant de comprendre. On critique avant de proposer. On critique pour exister.Toute une jeunesse parle de politique comme si elle était ministre, économiste, constitutionnaliste et stratège militaire… mais cette même jeunesse trouve normal de jeter un sachet par terre, cracher n’importe où, corrompre un agent ou chercher à être corrompu, saccager une file d’attente, refuser les règles dès qu’elles deviennent  contraignantes.On veut un « État fort » sans citoyens forts. On veut la « rupture » sans rupture avec nos mauvaises habitudes. On veut la souveraineté en paroles, mais pas la souveraineté intérieure, celle qui commande l’autodiscipline.On ne construit pas un pays avec des slogans. On construit un pays avec des comportements répétés.Ouvrez nos réseaux, c’est soit la politique, soit la comédie. La politique pour s’énerver. La comédie pour oublier. Et l’essentiel ? Presque absent.Où sont les tendances sur la propreté et la salubrité, la lecture, l’agriculture moderne, les métiers techniques, la productivité, les solutions locales, la santé publique, l’éducation pratique, la discipline au travail, la culture de l’excellence ?On veut des résultats, mais on nourrit notre cerveau de bruit. Et le bruit ne construit rien. Le bruit fatigue. Le bruit divise. Le bruit rend pauvre.Oui, d’autres pays avancent. Et ça doit nous piquer. Le Kenya, le Rwanda, l’Éthiopie, le Botswana… ces pays ne sont pas parfaits. Mais sur certains aspects, ils ont compris une chose que nous refusons encore d’accepter pleinement. Qu’une nation progresse quand la discipline collective devient une fierté.Là-bas, on te rappelle les règles sans te supplier. Là-bas, tu comprends vite que le pays ne peut pas être l’otage de tes humeurs. Là-bas, « tu es libre, mais ta liberté s’arrête là où commence le bien commun. »Et nous ? Nous voulons tout. La liberté, l’indiscipline et les résultats d’un peuple discipliné. Ça n’existe pas.Je ne veux pas me limiter à accuser. Parce que c’est justement ce que nous faisons trop. Je veux proposer.Tolérance zéro, c’est la base. Sanctions réelles contre les dépôts sauvages et les incivilités (pas symboliques).Brigades de salubrité de quartier + numéros de signalement + suivi public. Contrats de performance pour la collecte (quartiers notés, résultats publiés, pénalités si échec.) Éducation à la propreté dès l’école, avec exercices pratiques (pas seulement des leçons).Pour le civisme, il sera question de réintroduire la honte positive Il y a une honte qui détruit et une honte qui construit. C’est celle qui te retient de faire le mal par respect de toi-même. C’est faire de l’incivisme un acte socialement rejeté. C’est valoriser publiquement les bons comportements (quartiers propres, écoles exemplaires, initiatives citoyennes). Encourager le volontariat local et les journées communautaires régulières.Nous devons renforcer les marchés de producteurs, réduire les intermédiaires abusifs. Investir dans le stockage, le froid, la logistique. Un fruit est cher aussi parce qu’on perd trop dans la chaîne. Contrôles efficaces sur la spéculation et les ententes. Soutenir l’agriculture périurbaine et les jardins communautaires( produire près de Dakar pour nourrir Dakar.).Réorienter les discussions vers les compétences (métiers, entrepreneuriat, innovation locale). Inciter les jeunes à documenter des solutions (tutoriels, projets, apprentissages, initiatives), pas seulement des opinions. Créer une « culture de la preuve ». Tu critiques ? Propose un plan. Tu accuses ? Donne des données. Tu veux du changement ? Montre ton effort.L’État doit faire sa part, mais le citoyen doit arrêter de se défausser L’État doit être plus ferme, plus efficace, plus exemplaire. Mais le citoyen doit arrêter de dire « C’est l’État. » Parce que l’État, c’est aussi toi, quand tu respectes ou non les règles. Quand tu payes ou non tes taxes. Quand tu protèges ou non l’espace public. Quand tu refuses ou non la corruption.Je le dis sans diplomatie, nous devons grandir. Grandir, c’est arrêter de confondre intelligence et bavardage. Grandir, c’est accepter que la modernité n’est pas dans les discours, mais dans les habitudes. Grandir, c’est comprendre qu’un pays ne se développe pas seulement avec des projets. Il se développe avec une discipline nationale.Le Sénégal a du génie. Mais le génie sans rigueur devient folklore. Le talent sans méthode devient frustration. La fierté sans travail devient arrogance.Arrêtons de parler. Faisons moins de bruit. Faisons plus d’effort. Et que chacun commence par sa rue, son immeuble, sa famille, son comportement.Parce que la révolution la plus difficile n’est pas politique. Elle est intérieure.I’mDieng, écrivain africain du Sénégal

Diomaye Faye : ‘Le Projet de Transformation systémique, c’est tout moi’

Tract Hebdo, Dakar, 31 décembre – Le chef de l’Etat, Bassirou Diomaye Faye, se disant reconnaissant envers les Sénégalais ‘’d’ici comme de la diaspora’’, a renouvelé, mercredi, son attachement au projet qui l’a porté au pouvoir, ‘’dans l’esprit du Jub, Jubal, Jubanti’’.‘’Nous voici au terme d’une année exigeante. Une année d’efforts, qui appelle un regard lucide sur le chemin parcouru et une parole claire sur celui qui s’ouvre devant nous. Ce moment est d’abord celui de la reconnaissance’’, a-t-il dit dans son message radiotélévisé à la nation à la veille du Nouvel An.Il a fait part de sa ‘’reconnaissance envers nos forces de défense et de sécurité, qui accomplissent leur mission avec professionnalisme, discipline et un sens élevé du devoir’’, mais également vis-à-vis de ‘’nos autorités religieuses et coutumières, gardiennes de l’équilibre social, de l’apaisement des consciences et des valeurs qui fondent notre vivre-ensemble’’.Bassirou Diomaye Faye se dit reconnaissant plus généralement ‘’envers les Sénégalaises et les Sénégalais, d’ici comme de la diaspora’’.‘’De votre bravoure, de vos mains, de votre intelligence et de votre patience naît, chaque jour, cette force tranquille qui fait tenir la Nation et éclaire son avenir’’, a-t-il dit.‘’Le serment que j’ai prêté devant la Nation et devant Dieu engage ma conscience et ma responsabilité au plus haut niveau. Il exprime mon devoir de respecter la Constitution, de protéger la République et de servir, avec la même exigence, chaque Sénégalaise et chaque Sénégalais’’, a-t-il indiqué.Il a ajouté : ‘’Cette fidélité au serment s’accorde avec une fidélité tout aussi essentielle, celle qui lie notre action au projet de transformation que nous avons porté devant le peuple. Ce projet, fondé sur la justice, la souveraineté, la transparence, l’équité et la dignité humaine, reste la boussole de nos choix. J’y demeure attaché avec constance, dans l’esprit du Jub, Jubal, Jubanti’’.www.tract.sn

[PR Diomaye ] ‘Directions Générales du Public : je vais faire lancer des appels à candidatures’

Tract Hebdo – L’appel à candidatures, qui a prévalu dans le choix des membres de l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC), est désormais ‘’étendu à plusieurs autres entités de la République’’, a annoncé, mercredi, le président de la République, dans son message à la nation, à la veille du nouvel an 2-26.”L’Office national de lutte contre la corruption a été installé à l’issue d’un appel à candidatures ouvert et transparent, selon un principe désormais étendu à plusieurs autres entités de la République, pour consacrer la compétence, l’intégrité et le mérite comme critères de gouvernance publique”, déclare Bassirou Diomaye Faye.Les réformes engagées à ce propos ont été poursuivies afin de ‘’renforcer la solidité et la crédibilité de nos institutions’’, a indiqué le chef de l’Etat, rappelant que cette option s’inscrit dans un ‘’esprit de continuité et de responsabilité’’.Selon le président Faye, ‘’le Sénégal a choisi de demeurer fidèle à ce qui fonde sa force : une démocratie vivante, un État de droit exigeant et une tradition de dialogue profondément enracinée’’.Les nouveaux membres de l’OFNAC, dont son président, Moustapha Ka, ont prêté serment lundi dernier.www.tract.sn

Pape Thiaw, avec 20.000 Euros, a le plus petit salaire mensuel des sélectionneurs des équipes de la CAN Maroc 2025

Tract Hebdo – Voici le classement de ce que gagnent les sélectionneurs des équipes nationales de la CAN MAROC 2025. Notre coach Pape Thiaw a le plus petit salaire ex-aequo :www.tract.sn

[Youssou, ce soir 3 janvier, Dakar Arena] Comment se prépare ‘Le Grand Bal’ de Y.ND, King of Mbalakh ?

Tract Hebdo– ‘Le Grand Bal’ du King of Mbalakh Youssou Ndour se prépare pour ce tenir aujourd’hui samedi 3 janvier 2026 a Dakar Arena, dans la vicinité de Diamniadio.Regardez les arrières – cuisines de Dakar Arena ,quelque jours plus tot, avec une visite de Youssou, qui y offrira ses bonnes sauces musicales dans quelques heures :Ambiance festive, animations, échanges et restauration rythment le village innovant de Dakar Arena, installé pour le Grand Bal de Y.BD et du Super Etoile; village pensé pour faire vivre le Grand Bal bien avant l’entrée en scène.  Une immersion en direct pour capter l’atmosphère, l’énergie et les temps forts de ce rendez-vous qui redéfinit l’expérience du plus attendu spectacle annuel du Senegal.Par Damel GueyeReporter Tract Hebdo. De retour de Dakar Arena

[RÉTROVISEUR] Un 03 janvier, s’ouvrait la première école publique (et donc laïque) de Dakar

Tract Hebdo – les 03 janvier de l’histoire du Sénégal :3 Janvier 2022 Lancement par le Président Macky SALL des travaux de construction du port de Ndayane situé à 70 km au sud de Dakar, sur la Petite-Côte. Ce port en eaux profondes devra recevoir une partie des activités du port de Dakar. Les travaux devront durer quatre ou cinq ans.3 Janvier 2020 Arrivée à Dakar pour sa première visite â l’étranger d’Umaro El Moctar Sissoco EMBALO, Président nouvellement élu de la Guinée Bissau. Il succède au Président Jose Mario VAZ au pouvoir depuis 2014.3 Janvier 2019 La Cour Suprême rejette les pourvois formés par Khalifa Ababacar SALL, ancien maire de Dakar, ses co-accusés et la Ville de Dakar contre l’arrêt N°454 du 30 août 2018 de la Cour d’appel de Dakar et les condamne aux dépens dans l’affaire de la caisse d’avance de la Mairie de Dakar.3 Janvier 2013 Création du Centre des Hautes Études de Défense et de Sécurité (CHEDS) pour répondre aux besoins de l’État en expertises sur des questions d’ordre stratégique liées à la protection des individus et des biens, à la politique étrangère, à la science, à la technologie et aux phénomènes économiques et sociaux.3 Janvier 1946 L’électorat est élargi aux femmes africaines dites « évoluées ». Durant la période coloniale française le terme « évolué » désignait un Africain ou un Asiatique qui se distinguait par son éducation ou son assimilation, partageant les mêmes valeurs et adoptant les mêmes comportements que les Européens.3 Janvier 1866 Signature d’un traité de protectorat des Français sur le Balmadou en Casamance. Dans une correspondance du 3 décembre 1865 adressée au Commandant de Sédhiou, le Commandant de Carabane, Beaupoil DE Saint-Aulaire, se proposait de mettre sous la suzeraineté de la France tout le pays situé entre la rivière Cajinol, le fleuve Casamance et la mer.3 Janvier 1863 Ouverture à Dakar de la première école publique. La première école laïque du Sénégal, l’école mutuelle de l’instituteur français Jean DARD, fut ouverte à Saint-Louis en 1817. Dans cette école les premiers élèves formés avaient la charge d’enseigner à leurs cadets.3 Janvier 1838 Discussions en séance du Conseil privé sur le niveau de connaissances des Frères de Ploërmel envoyés comme enseignants dans la colonie du Sénégal. Les Frères de l’instruction chrétienne de Ploërmel en France forment une congrégation laïque masculine de droit pontifical fondée en 1819 par l’abbé Jean-Marie DE LA Mennais et l’abbé Gabriel Deshayes qui avaient pour vocation de former des maîtres chrétiens et d’ouvrir des écoles dans les campagnes de la Bretagne.3 Janvier 1833 L’Abbé Manahan est nommé Préfet apostolique du Sénégal. Il succède à l’Abbé Claude-Marie Girardon. De nationalité irlandaise mais parlant bien le français, il fait partie des prêtres recrutés par l’abbé Fournier pour remplir le séminaire du Saint-Esprit vidé par la révolution de 1830. Ayant souvent entretenu des rapports difficiles avec ses supérieurs, il sera remplacé en février 1835 par l’abbé Mareille.Par Atoumane MBAYE Conservateur d’Archives Assermentéwww.tract.sn