En Italie, la mafia nigériane règne impunément sur la prostitution venue d’Afrique de l’Ouest

Arrivées dans la péninsule italienne via la Méditerranée avec la promesse d’un travail, des femmes, souvent mineures, sont contraintes à la prostitution par la mafia nigériane. Tenues de rembourser des dettes allant jusqu’à 30 000 euros, elles se retrouvent prisonnières d’organisations criminelles ouest-africaines de plus en plus puissantes en Italie.

Joy* vient tout juste de sortir du bois. Dans l’obscurité, un homme aux cheveux poivre et sel la suit, tout en resserrant la ceinture de son pantalon. Les billets passent d’une main à l’autre. Puis l’homme enfourche sa moto avant de repartir. Les cheveux lissés sous un bandeau jaune et rouge qui lui enserre le front, Joy reprend « sa » place, à côté d’une station-service abandonnée de San Remo. La même scène se répète mécaniquement, tous les quelques mètres, le long de la route nationale Aurelia, qui traverse cette ville de Ligurie, à une vingtaine de kilomètres de la frontière italo-française de Vintimille. Ici, toutes les jeunes femmes sont nigérianes.« J’ai 23 ans », prétend d’abord Joy, avant d’admettre qu’elle en a seulement 17. L’homme qui vient de disparaître dans la nuit lui a donné 20 euros, alors qu’elle en demandait 30. « Les clients ne paient pas, ils sont violents : ils me giflent, et parfois ils volent mon argent et mon portable », raconte-t-elle.
  • Arrivée en Italie en 2016, Joy fait partie des 11 009 Nigérianes a avoir débarqué en Italie en 2017. Ces trois dernières années, ce trafic d’êtres humains a explosé : elles étaient 433 en 2013, 5 653 en 2015 et pas moins de 5 399 en 2017. Elles constituent 30% des femmes arrivées via la Méditerranée, selon l’Organisation internationale des migrations (OIM). Des jeunes femmes attirées par la promesse d’un emploi – dans un supermarché italien, dans le cas de Joy – avant de se rendre compte du piège. Depuis, elle est forcée à se prostituer pour rembourser une « dette » de 27 000 euros.LA « MADAM » FERAIT TUER MES PARENTS AU NIGERIA. LE JUJU EST PUISSANT ET MA SURVIE DÉPEND DE CE TRAVAIL

La dette, les madams et le « juju »

Joy a l’air épuisée. Broyée, elle ne parvient pas à sortir de l’engrenage de la dette et de la prostitution. Elle doit travailler toute la nuit avant de rentrer dans sa chambre, à Gênes, où elle vit avec sa « madam », une ex-prostituée nigériane qui l’oblige à payer son dû.Selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), ces madams représentent la moitié du contingent de trafiquants d’êtres humains d’origine nigériane. « J’ai été en contact avec elle dès mon départ », détaille celle qui dit gagner entre 150 et 200 euros par nuit, avant d’affirmer être sous l’emprise d’un « juju » dont elle a été victime au Nigeria. » Les femmes boivent un mélange de morceaux d’ongles, de poils et de sang. Une voix s’infiltre dans leurs pensées et les pousse à l’obéissance. Elles ne peuvent ni arrêter de se prostituer ni dénoncer les madams par peur de violentes répercussions », explique Magdalene Izibiri, médiatrice culturelle au sein de la coopérative Jobel, très active dans la lutte contre la prostitution en Ligurie.Ce rituel fait partie de l’arsenal déployé par la « Black Axe Confraternity » et la « Supreme Eiye Confraternity », deux branches de la mafia nigériane. Il a pour but supposé de « faire perdre le sens de leur individualité » aux victimes, qui « deviennent propriété d’autres personnes », explique un rapport de la Direction d’investigation anti-mafia (DIA), le phare de la lutte contre le crime organisé en Italie.L’emprise spirituelle est puissante. Lucy, qui n’avait que 15 ans quand elle a quitté le Nigeria en 2008, n’a ramassé que 100 euros cette nuit-là. Pas assez pour les besoins de sa « madam ». Elle craint le pire. « Elle ferait tuer mes parents au Nigeria. Le juju est puissant et ma survie dépend de ce travail », lâche-t-elle, tout en se remaquillant sur le bout de trottoir qui lui a été attribué. « Elle nous traite comme des animaux. Notre vie n’a aucune valeur », lâche la jeune fille, avant que son énième client ne se présente sur le bord de la route.
LA PLUPART DES FEMMES VICTIMES DE CES RÉSEAUX VIENNENT DE L’ÉTAT D’EDO, À MAJORITÉ CATHOLIQUE, DANS LE SUD DU NIGERIA

Des rues de Benin City à l’internationalisation

Nés dans les universités de Benin City à la fin des années 1970, les réseaux nigérians étaient à l’origine de simples gangs, à mi-chemin entre associations religieuses et bandes criminelles. Mais leurs activités n’ont cessé de prendre de l’ampleur, jusqu’à déborder des frontières du Nigeria.Elles sont désormais régulièrement ciblées par de vastes opérations de police en Europe, comme celle menée par Europol en Espagne et au Royaume-Uni le 22 mars 2018, au cours de laquelle 89 personnes soupçonnées d’appartenir à des réseaux criminels nigérians ont été arrêtées dans le cadre d’une enquête sur des trafics d’êtres humains.Si les autorités anti-mafia italiennes s’inquiètent de plus en plus du poids pris par les filières nigérianes, c’est qu’elles sont gérées par « la mafia étrangère la plus féroce et qui a le plus de ramifications en Italie ». De la méthode de recrutement au Nigeria à l’organisation des réseaux dans la péninsule, en passant par les rituels de magie, « la traite des êtres humains en vue d’alimenter la prostitution constitue une source importante de financement pour la criminalité nigériane », poursuit le rapport.Ces derniers mois, les forces de l’ordre ont réalisé plusieurs opérations visant à démanteler ces filières. À Turin, les conclusions d’une enquête diligentée par le Parquet en février dernier donnent une idée de la structure hiérarchique très rigide qui régit ces réseaux au sein desquels chacun a un rôle précis.Les enquêteurs turinois ont découvert qu’un certain Nathanel Okoh – également appelé « Ogbe » – jouait le rôle d’intermédiaire, en lien avec une madam – une certaine Patience Idehen – basée dans le nord de l’Italie. Okoh « achetait » des femmes au Nigeria, avant d’organiser leur transfert jusque dans le nord de la péninsule où Idehen assurait l’encadrement et l’exploitation des jeunes femmes, obligées de faire le trottoir.La plupart des femmes victimes de ces réseaux viennent de l’État d’Edo, à majorité catholique, dans le sud du Nigeria. Pendant leur voyage dans les pays de transit, elles sont accompagnées par des membres de réseaux criminels. Une fois arrivées en Libye, elles sont laissées dans les « connection houses », dans l’attente du départ en bateau pour l’Italie.« Ces jeunes femmes échappent à la pauvreté. N’ayant jamais fréquenté l’école, elles sont devenues des proies faciles pour la mafia nigériane », analyse Claudia Regina, responsable d’un programme d’émancipation pour les femmes victimes de prostitution à San Remo. Selon l’OIM, huit Nigérianes sur dix entrées illégalement en Europe seraient de potentielles victimes d’une exploitation sexuelle. 
LA MAFIA NIGÉRIANE S’APPUIE SUR UNE « MÉTHODOLOGIE ÉPROUVÉE » DANS LE TRAFIC D’ÊTRES HUMAINS, LE TRAFIC DE DROGUES ET LA PROSTITUTION FORCÉE
Pour les autorités italiennes, cela ne fait aucun doute : si les réseaux nigérians ont pu s’installer, ce n’est qu’avec le consentement des organisations criminelles italiennes. Réputée « particulièrement dangereuse et violente », la mafia nigériane s’appuie sur une « méthodologie éprouvée » dans le trafic d’êtres humains, le trafic de drogues et la prostitution forcée. Autant de secteurs d’activité dominés jusque-là exclusivement par la mafia italienne, qui exerce une contrôle étroit du territoire.

Collaboration pacifique entre mafia italienne et réseaux nigérians

Camorra, Cosa Nostra et ‘Ndrangheta « ont adopté une stratégie de collaboration pacifique et efficace avec la mafia nigériane afin de ne pas attirer l’attention », décrypte Antonio Nicaso, spécialiste du fonctionnement des réseaux criminels italiens.Selon ce professeur de la Queen’s University à Kingston (Canada), les organisations criminelles italiennes, et notamment la ‘Ndrangheta, très présente dans le nord du pays, a sous-traité à la Black Axe Confraternity l’exploitation de la prostitution, un domaine considéré comme « honteux ». En 2015, les enquêteurs ont découvert l’existence d’un accord formel entre la Black Axe et la redoutable Cosa Nostra pour le contrôle de certains quartiers de Palerme, en Sicile. Mais, bien que les liens soient forts et avérés, la DIA estime cependant que, depuis le début des années 2010, les clans nigérians se sont progressivement affranchis de l’autorité des principales mafias italiennes.J.A*Les noms des ressortissantes nigérianes interrogées ont été changés

Air Sénégal : Macky Sall, agent commercial de luxe

Le chef de l’Etat sortant prend des airs de responsable de la communication de la nouvelle compagnie aérienne publique. Anticipation de la campagne électorale ? Des critiques fusent déjà…

S’il y a des contrées où les trônes vacillent à l’évocation de liaisons coupables, les dirigeants africains sont souvent mis sur la sellette à la suite d’acquisition d’avions. Même réélu, Ibrahim Boubacar Keïta se souviendra du tollé provoqué par l’achat d’un Boeing, en 2014. Quant au jet privé qui suscita l’indignation des Sud-Africains, en 2015, il dévoila à nouveau les goûts de luxe du régime de Jacob Zuma. C’est aujourd’hui le nom du président sénégalais qui est associé, dans la presse et sur les réseaux sociaux, à l’acquisition controversée de deux avions, opération qualifiée, par certains journalistes, de « scandaleuses dépenses de prestige de Macky Sall »…Il ne s’agit pourtant pas de l’aéroplane présidentiel, mais d’appareils Airbus destinés à la nouvelle compagnie nationale, Air Sénégal SA. Si le chef de l’État s’implique médiatiquement dans cette opération entrepreneuriale, c’est peut-être qu’il est en pré-campagne électorale. C’est aussi parce que la compagnie aérienne sénégalaise – dont le capital social de 40 milliards de francs CFA, libéré à hauteur de 23 milliards, est détenu par la Caisse de dépôts et consignations – a les dents aussi longues que furent lourds les échecs de ses devancières, Air Sénégal International et Sénégal Airlines.

Volontarisme ou précipitation ?

Après Ziguinchor, depuis mai dernier, la société devrait prochainement transporter les voyageurs vers huit destinations régionales (Abidjan et Cotonou déjà, puis Bissau, Banjul, Praia, Conakry, Bamako et Ouagadougou) et vers Paris d’ici le 1er février, à la place de la compagnie française Corsair. Le frais émoulu aéroport international Blaise Diagne de Diass (AIBD) s’approcherait ainsi d’un véritable hub aérien régional, un vœu cher à Macky Sall. Un tel succès viendrait gonfler la besace du candidat-président à l’élection de février 2019…Le volontarisme n’est pas un défaut en politique, tant que l’ambition ne se mue ni en précipitation ni en folie des grandeurs. Or c’est la gestion du parc aéronaval de la compagnie qui inspire le qualificatif de « dépenses somptuaires », tout particulièrement l’acquisition de deux Airbus A330-900neo dont la commande avait été formalisée lors de la visite du président français Emmanuel Macron à Dakar. Au-delà des coûts évoqués dans tel ou tel organe de presse, c’est l’alternative achat vs location qui fait débat. Le quotidien sénégalais “Source A” évoque les recommandations du Cabinet Seabury qui aurait produit, sur demande de l’État du Sénégal, un business plan favorable à la location de deux ATR et de quatre Airbus A319 ou A330-200.*

En attendant les bilans

Des recommandations dont fera fi le directeur général d’Air Sénégal SA, Philippe Bohn, arguant à l’AFP que « la plupart des compagnies africaines se sont plantées parce qu’elles ont loué leurs avions en contractant des dettes ».Dans la presse et sur les réseaux sociaux, les spécialistes et les béotiens tergiversent sur les avions achetés, certains évoquant une perte significative de la valeur après six ans d’exploitation et d’autres vantant un excellent retour sur investissement pendant une trentaine d’années. Il reviendra à la compagnie, le moment des bilans comptables venus, de faire taire les procès d’intention ou de démentir la langue de bois présidentielle. Aux électeurs, entre temps, de faire comprendre à Macky Sall s’il a été visionnaire ou présomptueux.Damien Glez (J.A)  

Macky Sall s’auto-encense à Berlin : « Je suis un démocrate! »

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A Berlin pour les besoins d’une conférence sur l’investissement, le chef de l’Etat sortant a accordé un entretien à la Deutsche Welle, le service public audiovisuel allemand. Dans cette entrevue avec le média allemand, Macky Sall s’est défendu de brader des secteurs stratégiques à l’étranger. Il a aussi catégoriquement réfuté avoir écarté des candidats à la présidentielle.

Le reproche souvent fait à Macky Sall, c’est de faire la part belle aux investisseurs étrangers au détriment du secteur privé national. Mais le président ne partage pas cette vision. Dans sa réponse au site de la DW avec lequel il a eu une discussion sur différents thèmes dont celui de la gestion de l’eau par une entreprise étrangère, Macky Sall qualifie ces accusations de ridicules. “Parce que non seulement depuis 1996, on a fait la réforme du secteur de l’eau et nous avions déjà, je n’étais pas encore Président, mais le gouvernement d’alors avait absolument fait un appel d’offres international. C’est une société privée internationale qui avait gagné mais depuis lors, malgré la participation de Sénégalais dans le capital, ils sont dans le capital, pourquoi n’ont-ils pas pu y prendre part ? C’était un appel d’offres ouvert ! On n’a pas dit que c’était pour les étrangers ! Donc aujourd’hui il est facile de se cacher derrière ce genre de revendications. Mais c’est par le travail que les gens doivent pouvoir, je pense, après vingt ans de compagnonnage, on aurait pu avoir des gens capables aujourd’hui de présenter une offre qui soit acceptée, mais dire qu’on donne tout à l’étranger c’est un argument trop facile”, ajoute-t-il, sur un ton ferme. A l’en croire, le secteur privé du Sénégal est bien présent dans la mise en oeuvre du PSE. “Plus de 60% à 70% de tous les marchés publics sont gagnés par des entreprises sénégalaises”, renchérit le président Sall Les déboires judiciaires de quelques candidats à la présidentielle se sont invités à la discussion. Mais là aussi, le président de la République a remis les points sur les i. Pour lui, les candidats trainés devant dame justice n’affaiblissent en rien la démocratie sénégalaise. “Mais les ennuis judiciaires existent dans tous les pays du monde que ce soit en Allemagne, en France, aux Etats-Unis ! Mais vous répondez devant la justice. Pourquoi voulez-vous lorsqu’il s’agit de l’Afrique, qu’on en fasse un problème ? En France, on a vu des candidats à l’élection présidentielle et en pleine campagne qui ont été mis en examen. Est-ce qu’on a pour autant parlé de la démocratie française ou de la justice française ? Pourquoi voulez-vous, chaque fois qu’il s’agit de l’Afrique qu’on veuille en faire une exception ? La justice, elle est là pour tout le monde !”, s’emporte le chef de l’Etat. Sur le même tempo, Macky Sall fait savoir que l’Afrique n’a pas de leçon à recevoir de qui ce soit. Se faisant plus explicite, il dit : “En tout cas le Sénégal n’est pas là pour recevoir des leçons. Moi j’estime que je suis un démocrate, que le Sénégal est une démocratie et je ne peux pas accepter, de qui que ce soit, des reproches qui ne sont fondés sur rien du tout. Le Sénégal est une démocratie absolue et ça, tout le monde le sait ! Ce n’est pas parce que des gens qui ont des problèmes avec la justice, qui ont usé de leur défense devant les juridictions jusqu’à la cour suprême, ont été condamnés, qu’on remet en cause notre démocratie ou notre système judiciaire ! Ce n’est pas juste !”

Ali Bongo : la Présidence a prétexté une fatigue, il s’agit d’ un AVC

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Selon la très introduite Lettre du Continent dans sa parution n°787 de ce 31 octobre 2018, le président de la République gabonais, victime d’un évanouissement suivi d’une hospitalisation, a été placé en “sommeil artificiel” à Londres. Ce, suite à un accident vasculaire cérébral causé par une hémorragie au niveau du cerveauPour rappel, Ali Bongo « a été victime d’un œdème cérébral, dès son arrivée à Riyad, le 24 octobre, dans l’après-midi. Il s’est effondré dans la soirée et a été aussitôt admis en urgence au King Faisal Hospital, qui accueille une antenne de neurologie de la Johns Hopkins University, avant d’être placé en sommeil artificiel léger pour permettre à l’œdème de se résorber ».« Lorsque le traumatisme est plus important, et notamment lorsqu’il entraîne un coma, les conséquences peuvent être gravissimes. Sensorielles, physiques, cognitives et émotionnelles : le patient pourra souffrir de conséquences aussi variées que des paralysies, des difficultés d’équilibre, des troubles cognitifs ou psychiques, des aphasies ou agnosies », relève notre source.

CNG de lutte : l’inoxydable Dr Alioune Sarr restera-t-il président après ce mercredi, fin de mandat?

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Le mandat du Comité national de gestion (CNG) de la lutte prend fin ce mercredi 31 octobre 2018 à minuit. La question qui taraude le monde de la lutte est de savoir si la structure sera maintenue et, auquel cas, si Dr Alioune Sarr, son très contesté président, va rester à sa tête ou partir.

La revue de presse express de ce mercredi 31 octobre. Seydou Gueye pense que Khalifa Sall pourrait être candidat.

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#SenCaféActu du 31 octobre 2018 par Adama SowA la Une: Alerte sur l’état du bateau Sitoe Diatta, Affaire Sonko-Mamour Diallo: toujours pas de plainte, des Sénégalais demandent la lumière et l’intervention du ministre de la justice, Le vaccin contre le cancer du col de l’utérus lancé aujourd’hui1-Alerte : le bateau Aline Sitoe Diatta qui assure la liaison Dakar-Ziguinchor inquiète les usagers qui interpellent les autorités maritimes pour régler les problèmes de surexploitation et de défaillances du bateau avant que l’irréparable ne se produise2-Qui se cache derrière les entreprises qui exploitent nos ressources minières : L’ITE met les noms des exploitants des ressources nationales dans un registre qui sera rendu publique cette semaine3-Affaire Mamour Diallo-Ousmane Sonko portant sur un présumé détournement de 94 milliards : Des citoyens activistes s’en mêlent et réclament la lumière. Une semaine après l’annonce d’une plainte du directeur des impôts Mamour Diallo contre Sonko, des citoyens demandent pourquoi la plainte n’est toujours pas déposée contre le président de Pastef et réclament l’intervention du ministre de la justice4-Lutte contre le cancer du col de l’utérus : le vaccin tant attendu par les femmes lancé aujourd’hui au Sénégal. Pour épargner les jeunes et futures adultes, la vaccination démarre avec les filles de 9 ans5-Seydou Guèye porte-parole de l’APR : « Rien ne dit que Khalifa Sall ne sera pas candidat à la présidentielle » révèle le SG du gouvernement à nos confrères de TV56-La guerre de l’eau, épisode 1 : Véolia et la SDE toutes deux perdantes devant SUEZ pour le contrat d’affermage et la distribution de l’eau ont déposé leur premier recours au ministère de l’hydraulique. Les deux sociétés sont décidées à se battre jusqu’au bout pour annuler le contrat signé avec SUEZ7-Insultes et dérives sur le net : l’association sénégalaise des victimes du net et des réseaux sociaux veut la peau des insulteurs et ne lâche pas les institutions en charge de la protection en ligne des citoyens. Moustapha Gaye le président de l’association, qui a pris l’attache de la CDP, veut que le gouvernement aille jusqu’au bout pour préserver la dignité et la vie privée des citoyens

Elgas : « Jair Bolsonaro & Paul Biya, nuances de conservatisme au Sud »

C’est avec un slogan presque rassurant, « la force de l’expérience », que Paul Biya a rempilé à la tête du Cameroun. Le score tropical n’a rien à envier à Kagamé, sinon sa jeunesse et son immunité. On repense presque à la formule de Jacques Séguéla, « la force tranquille », qui avait porté François Mitterrand au pouvoir en 81. Il faut dire que les manières de lire la « sagesse », « l’expérience », l’attachement à l’âge, charrient bien plus de choses que la seule capitulation des populations en Afrique. On peut y trouver pêle-mêle, même maladroitement exprimés, le choix l’immobilisme face à l’incertitude du chaos, la gratitude et la fidélité à un personnage politique pour qui l’on nourrit une estime, surtout quand il est diminué. Bouteflika en Algérie en passe d’allonger son bail, offre un exemple de ce paradigme auquel on peut même trouver un mérite à la marge : garder ses retraités avec soi plutôt que de les envoyer dans des mouroirs. La dimension paternelle du pouvoir, alliée à sa forme patrimoniale, peut encore séduire. Le patriarche même médiocre, accablé de forfaits, reste le patriarche à la figure presque sacrée.

Difficile à évaluer, il y a quand même de cela, dans la longévité des pouvoirs en Afrique spécialement : la commodité d’un système. « On ne soupçonne que très peu la providence qu’assure un pouvoir aux abois à un grand nombre de populations ». S’il est plus fréquent, dans les prises de paroles intellectuelles et dans la presse, de trouver des détracteurs de la momification du pouvoir camerounais, on peut aussi, avec quelques recherches rapides, trouver de ses admirateurs. Il est une donnée politique que les standards modernes de la démocratie, pleine de rationalité, ne parviennent pas à intégrer : il s’agit des ressorts pluriels du vote. L’affection pour la figure du sage, le goût pour la verticalité forte du pouvoir, la satisfaction des attentes conservatrices ambiantes ; et cette résignation, caractéristique des peuples éreintés par la misère, pire encore, profondément convaincus que l’appareil d’Etat, les institutions, leurs langues, leurs pratiques, ne sont pas en adéquation avec leur ressentis, leurs besoins urgents, et que leurs dirigeants sont interchangeables. La désaffection pour le politique contribue ainsi à l’érection de la corruption comme donnée naturelle. A partir de ce moment, la règle n’est plus que l’exception. Les élections ne servent plus que de protocole et de mascarade, sans enjeux autre que la démocratisation de l’arbitraire. Tout le génie des satrapes est de manager ce paysage en irriguant les réseaux opaques. Tout cela contribue à ennuager l’horizon politique. Et dans cette obscurité générale, le pouvoir joue ses cartes : il éclaire à dose raisonnable, et gère le flux de lumière pour s’assurer une pérennité.

Le Cameroun, une école du combat africain

Pourtant, il y a lieu d’être, sinon affolé, un brin désarçonné. Le Cameroun est une école intellectuelle. En première ligne dans la décolonisation, il reste un pays symbole et producteur de panafricanistes impétueux. C’est à peine une métaphore, le pays eût à faire à plusieurs colonisations, desquelles il se départit au prix de la guerre. Il a produit somme considérable d’intellectuels de renom de la trempe d’Um Nyobé, à l’avant-garde de la lutte pour la souveraineté. La conversion de cette ébullition du champ des idées vers celui du politique ne s’est pas faite, visiblement. Plusieurs ratés sont venus entraver le processus. La survivance du clanisme avec l’apport des réseaux françafricains d’une part, a installé l’oligarchie. D’autre part, un panachage ethnique difficile à établir, et l’échec dans la constitution de nation, créent les conditions d’une faiblesse chronique.  Il y a à ce titre une anecdote assez parlante à se remémorer. Mongo Béti, membre sinon fondateur, en tout cas fer de lance de la contestation des liens incestueux (Main basse sur le Cameroun) avec la France, a confié à la fin de sa vie, après être rentré dans son pays, avoir sous-estimé certaines données et réalités. Exilé de plus 50 ans, ce qu’il redécouvre dans son village, n’avait pas été pris assez en considération par son œuvre. Il le dira dans des termes poétiques et sincères dans la série aux trois tomes Le Rebelle. Un exemple parmi tant d’autres qu’il n’y a pas eu beaucoup de ponts entre un discours intellectuel objectivement indispensable et l’impact sur un pouvoir, qui peut même, parfois, le récupérer pour un usage dévoyé.

Le fétiche de la démocratie libérale et ses impensés

La démocratie n’est ni une évidence, ni un gage. Elle est un chantier perpétuel, dont la réussite n’est jamais garantie. L’on a souvent pensé, comme une auto-prophétie, que les anciens peuples colonisés, ayant subi les expériences d’expropriations, d’injustice, seraient naturellement immunisés contre les capacités de leur dirigeant à nuire à leurs objectifs. Coupable mégarde. Quand ainsi, les batailles pour la démocratie libérale occidentale faisaient rage en Europe, on a pensé qu’en Afrique et dans le Sud plus généralement, on devait obéir à un calendrier plus lent. Que les « spécificités locales » légitimaient une différence d’agenda, et qu’au final, on pouvait tolérer des pouvoirs brutaux, et les passions tristes du conservatisme qui étaient les viatiques du peuple. Contrairement à une idée reçue, le geste colonial, ne visait pas uniquement à assimiler le colonisé, il fallait parfois le maintenir dans ses coutumes qu’on l’on ne tardait pas à qualifier de folklore. Cette distance était la frontière du « eux » et du « nous », et elle permettait la traite et le pillage, car la différenciation était la première condition de la discrimination. Tout au plus, fallait-il s’adjuger quelques cerveaux locaux, pour enrichir la continuation mais pas s’embarrasser de la masse. Tous les acquis législatifs du droit, la démocratie, le droit de l’Homme, pensés pour un public occidental, n’incluaient pas les sauvages chez qui l’on admettait un état de désordre, d’autant plus commode qu’il permettait une spoliation en tranquillité.

Avec la décolonisation, la transmission du pouvoir, revêtira la fameuse expression de Fanon « peaux noires, masques blancs ». La substance est restée la même, tout juste a-t-on changé de couleurs. Mais il faut aller plus loin que Fanon, pour saisir les mécaniques plurielles à l’œuvre. Les nouveaux gouvernants qui avaient destitué l’ordre ancien, ne pouvaient, pensait-on, que s’inscrire dans un chemin du progressisme. Le changement exigé par marche à pas forcés, se heurtera naturellement à la première limite : le pouvoir décolonial, pas plus que le pouvoir colonial, n’a eu la pédagogie du peuple, d’où le constant conflit larvé entre les institutions et les populations. C’est ici une faille qui éclaire autre chose : l’anticolonialisme a été, inconsciemment, une entrave à un progressisme universel pour le meilleur et le pire. Au nom du refus de ressusciter les ingérences coloniales, les forces progressistes en occident admettaient qu’il y ait deux types de régime de droits humains. En Europe, les minorités ethniques et sexuelles devaient être soutenues dans la dynamique d’une société inclusive et multiculturelle. Et de l’autre côté, les colonisés semblaient avoir quelque chose de vertueux dans leur conservatisme, parfois vanté comme modèle alternatif d’une Europe sans transcendance qui a perdu le goût du sacré et du sens. Ce qui serait en soi la preuve de leur résistance face à tentations néocoloniales et leurs capacités à mener leurs agendas proprement. C’est pourquoi l’on assite à ce fait très curieux, les acquis au Nord sont contestés au Sud comme des symboles de laxisme, de dépravation. L’héritage du progressisme anticolonial en occident se retrouve ainsi piégé, car ce qu’il a de tout temps défendu, est contesté ailleurs. Le Nord consent, pour ne pas heurter ses alliés, à accepter ce conservatisme au prix de reniements insurmontables. On aboutit à cette chose très cocasse : les progressistes du Sud en arrivent à être qualifiés de réactionnaires au Nord. L’exemple le plus parlant reste la contre tribune chercheurs contre Kamel Daoud, lui reprochant son « islamophobie ». Il y aurait de multiples exemples sur ces différences de perceptions.

Un universel conservateur ?

Les migrations ont redonné une jeunesse aux idées ethno-nationalistes pour reprendre la forme de Souleymane Bachir Diagne, triomphant partout en Europe, indifféremment des contextes économiques. Des pays prospères comme la Suisse ou l’Autriche, votent de plus en plus à droite, voire à l’extrême droite. Ce qui semblait être l’exclusivité des peuples du Nord comme défense contre l’immigration, et marqueurs de regain de xénophobie, se trouve avoir des échos dans d’autre pays comme le Brésil et pourrait-on inclure certains pays du Maghreb, voire des pays africains (Angola, Afrique du Sud…) L’ascension de Bolsonaro dans un Brésil qui depuis 20 ans s’est institué au cœur des BRICs, a douché l’opinion mondiale. Même dans les pays du Sud, ce discours prend, en fédérant dans une alliance inédite, des nantis, des pauvres des favélas, des religieux évangélistes, autour de cette idée d’un pouvoir fort, répressif, nostalgique et conservateur. Les logiques habituelles de lectures du Nord et du Sud, sont mises à mal, car voici l’irruption inattendue d’un fait nouveau : le nationalisme comme le conservatisme, sont aussi secrétés par des pays du Sud, et ce, depuis longtemps. C’est le cœur de l’impasse. Le conservatisme occidental est resté le plus décrié dans une optique ethnocentrée en oubliant que le fait s’exprimait dans beaucoup d’endroits. Je m’étais amusé en 2016 avec un ami, à propos des élections américaines, en lui disant qu’après un noir, les américains éliraient un raciste. Il m’avait répondu non, ils éliront une femme au nom de la continuité irrépressible du progrès.

Peu ou prou, au Brésil, les déboires de la gauche qui ont emporté Lula et Roussef, et l’arrivée de Bolsonaro, avec un discours sans ambages, ouvertement offensif et régressif, appartiennent à la même logique. Il y a d’une part une logique de la revanche mais surtout, une lame de fond plus éclairante encore. Le progressisme occidental s’est fait de façon accélérée. Il a été mis en place à coup de législation, sans forcément susciter l’adhésion de tout le monde. Les peuples l’ont souvent contesté dans les urnes et dans les rues, pour se voir déposséder de leur souveraineté ensuite par les bureaucraties. L’établissement d’un progressisme sans persuasion a pu tout de même s’épanouir en Occident, mais il n’a pas vaincu un vieux fond de conservatisme toujours présent, susceptible de rejaillir en période de crispation. L’illusion d’une Europe homogène dans l’appréciation des droits humains est persistante et trompeuse. Ni la sécularisation, ni la laïcité, ni le multiculturalisme, n’arrivent à bout de quelques passions tristes ou conceptions de l’identité et on le voit à l’œuvre dans une effrayante frénésie.

Inversion de la perspective

Ainsi, ce qu’on appelle souvent au Nord « poussées identitaires » est bien souvent (en équivalence stricte et sans jugement) la norme très souvent au Sud. Cette asymétrie, impensée, en plus d’entraver le multiculturalisme, sera le prochain chapitre houleux et pour le coup, pas drôle. Le Brésil semble l’inaugurer. Un détour dans plusieurs pays hors du bloc occidental, toutes régions confondues, montre que le droit des minorités, des femmes, la vision de l’identité, la question religieuse, ne sont en rien en adéquation avec la norme en occident. Les pays du Sud restent dans leur grande majorité, des pays conservateurs, qui du reste, rejettent les « valeurs d’ouverture » comme une condition de leur imperméabilité aux influences du Nord. L’on se retrouve ainsi dans un dialogue de sourds. S’il faut, pour mieux, analyser les ressorts du vote pour Bolsonaro, s’en remettre à une multitude de facteurs, l’économique, l’identitaire, le social, l’historique, le contextuel, une chose reste : la société Brésilienne reste conservatrice et religieuse. Tout ce que l’allure économique et les proximités évidentes avec l’occident arrivaient plus ou moins à masquer, rejaillit pour montrer que l’élitisme, forclos dans ses injonctions, et le petit nombre de personnes qu’il exauce, a vocation à se mettre à dos ceux qui se sentent, à tort ou à raison, exclus du festin et des privilèges moraux. Le conservatisme, dans ses différentes expressions, offre une passerelle commode entre plusieurs échelles sociales, en théorisant le mythe d’un retour vertueux à l’ordre.

Y-a-t-il donc deux vitesses et deux tempos dans l’universalisme ? Au nom de la décolonisation, le conservatisme a-t-il des vertus ? Peut-on tout réduire en termes d’explications, à la matrice du racisme, même dans les pays du Sud ? A-t-on d’ailleurs jamais pensé que dans le Sud, il y avait une sécrétion, comme partout, du racisme ? Le fait est que toutes ces questions, ont été ravalées parce que gênantes.  Paul Biya, pourtant bien allié avec la France depuis 36 ans qui s’empresse de le féliciter, recourt régulièrement au registre du discours sur la conservation, osant même des prises de position sur les sujets de mœurs déplaisant à Paris. Symbole de ce que l’ingérence reste négociée et partielle. Que les contrats économiques ne s’embarrassent pas du droit des homosexuels. Que l’occident consent, comme il l’avait fait pendant la colonisation, à voir émerger un droit local hybride, répressif, contre lequel il s’indignera par pur souci cosmétique. Biya le sait, l’usage de la force, de l’intimidation, de la corruption, du clientélisme, anesthésiera son peuple déjà apeuré par les fragilités de sa composition ethnique et les tentations séditieuses de certaines parties. A la sagesse et à l’expérience, il y a la force d’un exécutif, fort dans le conservatisme des mœurs. En cela, il rejoint Bolsonaro, nostalgique de la période dure et qui affiche cette forme de virilité du pouvoir, tout comme Poutine, comme antidote populaire hors du bloc occidental et de plus en plus en dedans.

Le nouvel ordre et les nouveaux défis

Dans une dynamique multiculturelle naturelle à cause des flux migratoires et de la globalisation, la prime à la différence du sud, longtemps fétiche anticolonial, a vocation à créer la scission dans l’universalité des droits humain. La fin de l’hégémonie occidentale qui s’amorce, ne sera pas forcément la fin des malheurs du monde. Peu importe finalement la couleur de la domination, reste la domination. En disqualifiant les droits des Hommes partout, on risque de différer le face à face inéluctable avec eux. Le multiculturalisme n’a de chance de succès que s’il est applicable partout. S’il faut se méfier des terminologies comme « revanche » des peuples, ou des simplifications, peuples vs élites, il faut admettre que les vilaines idées et sentiments des populations, leurs craintes, ont été, et ce partout, assez peu pris en compte. Il faut affronter la nudité violente du réel, et opposer une pédagogie sans le moralisme.  Si la démocratie reste la délibération du peuple, ce dernier doit être entendu, peut-être pas toujours écouté et suivi, mais entendu. Tous les pays du Sud devront, exceptions bien sûr comprises, affronter la question des droits humains, sans l’interférence du fait colonial et de ses biais. Le démon du peuple qui se nourrit de la religion, dans son expression la plus fermée du reste, la querelle des ethnies, des clans, des castes, la responsabilité des pouvoirs devant leurs citoyens, ne pourront éternellement être différés. Voilà bien des chantiers contre lesquels les sophismes du conservatisme triomphant se heurteront.

La disparition des lignes de clivages habituelles, et ce magma très brumeux, mettent un coup de projecteur sur les impensés, et les impasses sur le conservatisme au Sud. Ce qui semble être régressif n’est en réalité que la fin d’un mensonge commode et rassurant. Les forces conservatives sont en train de redessiner un autre type d’universel, sans nécessairement de la congruence. La sortie de la religion qui a été considérée définitive en Occident a toujours cohabité avec des forces religieuses rigoristes, catholiques entres autres. En Afrique plus spécialement, ce qu’on appelle la montée du religieux, n’est rien d’autre que la mise en lumière d’un phénomène ancien. Cette conception de la famille traditionnelle, nourrie au sein des valeurs anciennes, a été déconstruite en Europe pour le meilleur et pour le pire. Diverses nostalgies veulent rallumer ce flambeau, en renversant du reste des élites financières contre lesquelles la rancœur a toujours été forte. Peut-être qu’on verra enfin que les universaux sont nombreux, et que la rigueur devra tous les regarder de face et les apprécier sinon avec justesse, avec honnêteté.

Vivre à Dakar : témoignage de l’expat française Ophélie

Toutes mes décisions, qu’elles soient professionnelles, affectives, amicales, géographiques sont régies par l’affectif.
 Parle-nous de ton parcours Je suis native du nord de la France, une chti comme on dit.J’étais installée en Guadeloupe depuis plusieurs années avant de venir à Dakar.Je suis éducatrice spécialisée de formation et j’ai exercé mon métier et adoré le faire durant 11 années au Village d’Enfants SOS. J’y ai donné beaucoup certes, mais ces enfants me l’ont rendu au centuple.La rencontre avec Marcia une brésilienne aussi loufoque qu’extraordinaire, m’a permit une parenthèse dans ma vie d’éducatrice pour m’exercer sur les belles plages de la Guadeloupe à la vente de maillots de bain de luxe.Ma vie, je ne l’ai jamais envisagée de façon classique, au grand dam de ma maman, portugaise, pour qui les valeurs de vie traditionnelles conditionnent la plupart des décisions, et on ne peut pas dire que j’ai pris ce chemin.Toutes mes décisions, qu’elles soient professionnelles, affectives, amicales, géographiques sont régies par l’affectif.Voilà d’ailleurs comment je suis arrivée ici, au Sénégal.Mes rencontres m’ont amenée jusqu’à Dakar alors que j’avais dit « Jamais je n’irai vivre au Sénégal ! »J’ai quitté la Guadeloupe non sans mal, car bien sur, j’y avais des liens.Mais, maman d’un petit garçon, j’ai voulu  privilégier le regroupement familial (son père vivant la moitie du temps ici, au Sénégal, à Toubab Dialaw). Bien que séparé du père de Tiago, mon fils, je crois, que la présence du père est importante pour l’équilibre d’un enfant.Voila pourquoi et comment je suis venue m’installer ici à Dakar, une ville que je ne connaissais pas, sans boulot ni logement au départ, en octobre 2011. Était-ce ta première fois en Afrique ? J’étais allée en Tanzanie et au Mozambique et j’en garde un souvenir merveilleux. Ophélie-Dakar Comment s’est passée ton arrivée au Sénégal ? Arrivée chaotique, il faut le dire. Déménagement de Guadeloupe à Dakar sans parler wolof dans un monde d’hommes, dans les espaces portuaires, welcome !!!Pas mal d’embuche, mais surtout des rencontres incroyables et inattendues.Mon installation fut laborieuse. Tant de fois j’ai eu envie de prendre mon fils sous le bras et me sauver ! 
Ce qui ma frappé le plus ici, c’est ce sourire qu’on te rend quand tu fais toi la démarche de donner ce sourire sincère
 Qu’est ce qui t’as le plus frappé la première fois que tu as mis les pieds au Sénégal ? Les taxis, les clandos, les car rapides, les marchés avec toutes ces sollicitations.Je me suis sentie démunie. L’image qui me venait s’était une antilope entourée de hyènes.Un sentiment assez paradoxal en fait.Une antilope, certes, mais en même temps, n’ayant aucune crainte de l’agression.Ce qui ma frappé le plus ici, c’est ce sourire qu’on te rend quand tu fais toi la démarche de donner ce sourire sincère. Pour quelle raison es-tu restée ? Cette tranquillité de vie, de paix est un atout majeur dans mon installation ici.Le Sénégal est un lieu rare sur la planète, où tu peux circuler facilement en tant que femme « toubab » sans grande crainte d agression. Vivre à Dakar Qu’est-ce qui te plais dans ta vie à Dakar ?  Il m’a été difficile de me créer un réseau amical. Je venais de la Guadeloupe ou je trouve que les rencontres sont plus simples au premier abord. Néanmoins les liens que j’ai créés ici ont été intenses professionnellement et personnellement. Qu’aimes-tu particulièrement au Sénégal ? Ce qui me plait au Sénégal c’est ce sentiment de tranquillité quels que soient les quartiers dans lesquels je passe. Quand tu sais qu’à Pointe à Pitre je n’y vais plus après 19h… Y a t’il des choses qui te manquent ici ?  Ce qui me manque ce sont les espaces verts, les parcs, pouvoir marcher. 
Le Sénégal, je l’aime autant que je le déteste parfois
 Tu repars, qu’est-ce qui va te manquer ? Ce qui va me manquer, c’est cette facilité de vie, comparé à la vie en Europe, même si le sénégalais ne la facilite pas toujours, tout reste plus simple malgré tout.Les sourires de la population.Le Sénégal, je l’aime autant que je le déteste parfois.Le comportement de certaines personnes peut me mettre en colère, autant que me faire éclater de rire. 
Objectif, « un objet sénégalais dans chaque maison de la grande terre » l’aventure sénégalaise continue…
 Qu’est-ce que tu vas emmener avec toi, du Sénégal ? Je suis rechargée à bloc. J’emporte avec moi une certaine assurance que je n’avais pas en arrivant, et surtout une rencontre formidable avec Isabelle Fort, avec laquelle j’ai monté un projet de confection et d’achat de marchandises locales que j’emmène avec moi aux Antilles, pour les vendre afin d’élargir l’éventail d’objets africains aussi beaux les uns que les autres (autres que les masques), faire travailler les artisans locaux et ainsi avoir l’opportunité de revenir ici.Objectif, « un objet sénégalais dans chaque maison de la grande terre » l’aventure sénégalaise continue… Quel est ton endroit préféré à Dakar ? L’île de Ngor. À chaque traversée j’ai des frissons et je me dis « quelle chance d’être ici » Ton endroit préféré pour partir en weekend ? La petite côte permet de sortir de Dakar sans faire trop de route, Toubab Dialaw (Assaman, très bel endroit). La région du Sénégal que tu préfères ? Sans hésitation, la Casamance. J’ai adoré les paysages et les habitants. Ophélie-Nogueira Quels sont pour toi les aspects négatifs de Dakar ? Les embouteillages et la pollution sans hésitation. Insupportables ! Quels sont les principaux défis auxquels tu as été confrontée au Sénégal ? De m’en sortir seule à Dakar, sans boulot. Un sacré défi avec un enfant dans un monde d’hommes, qui plus est, musulman. Moi qui venais des Caraïbes ou le maillot de bain était ma tenue de travail. Comment les as-tu surmontés ? Avec l’aide précieuse de mes amies qui m’ont soutenu. Sans elles ce projet n’aurait pas pu tenir aussi longtemps (Maya, Lena, Isabelle) et un certain « lâcher prise » qui est obligatoire pour éviter la déperdition d’énergie si précieuse ici.Et la confiance de mes boss qui m’ont donné l’opportunité de travailler au sein de leur équipe dans une ambiance très familiale à Design Optic. Quel conseil donnerais-tu à des femmes nouvellement arrivées ou qui souhaitent venir et s’installer ici ? Prendre le temps d’observer ce qui se passe, les coutumes, apprendre les codes pour s’intégrer au mieux, sans perdre sa propre identité surtout.(Le Petit Journal Dakar)

Afrique : ces chantiers et réalisations architecturales qui valent le détour

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Par leur ampleur architecturale et les concepts autour desquels ils ont été bâtis, ces chantiers et réalisations en disent long sur les ambitions africaines.

Cytonn Towers de Naïrobi :Konza Technology City (Kenya) :Pôle Numérique de Diamniadio : Kwame Krumah Presidential Library (Ghana) : Akwaba City (Côte d’Ivoire):Université Carnegie Mellon (Rwanda) :

Présidentielle- Ces illustres inconnus qui veulent devenir Président : Amadou Guissé, Déthié Ndiaye, Moctar Ndiaye, etc.

Pas moins de 136 postulants se sont lancés dans la course aux 52 000 parrainages nécessaires pour se présenter à l’élection présidentielle au Sénégal. Parmi eux, nombre d’anonymes dont les motivations interrogent…

Recherche d’attention médiatique ? Volonté de représenter une alternative ? Manœuvres déguisées en faveur de Macky Sall ? Candidatures fantômes ? Les interrogations qui entourent la pléthore de prétendants à l’élection de février 2019 sont nombreuses. En septembre, ils étaient 87 à se lancer dans la quête aux quelque 52 000 signatures nécessaires pour se présenter à la présidentielle. Ils sont aujourd’hui 136, et on ne connait pas l’identité de chacun d’entre eux, la Direction générale des élections (DGE) n’ayant pas souhaité communiquer la liste complète des candidats.

Parmi eux, on retrouve les caciques de la scène politique, dont le président sortant Macky Sall et ses principaux opposants, parmi lesquels Karim Wade, Khalifa Sall ou encore Ousmane Sonko. D’anciens Premier ministres sont aussi sur les rangs : Cheikh Hadjibou Soumaré et Abdoul Mbaye.

Une alternative, pas l’alternance

Et puis il y a ceux dont le nom est moins familier, voire totalement inconnu. Ils sont banquier, enseignant ou encore avocat. Une chose est sûre : ces 136 aspirants ne pourront pas tous se porter candidats à la présidentielle. Outre la difficile récolte des parrainages, la caution fixée à 30 millions de francs CFA fait barrage. Un moyen de filtrer les candidatures, selon le gouvernement ; une entrave à la démocratie, selon les intéressés.

Plus il y a de concurrence, plus c’est difficile pour les indépendants

Pourquoi autant de candidatures ? Les réponses divergent parmi les « petits candidats ». Mame Adama Gueye, qui se présente sous la bannière du mouvement Sénégal Bou Bess, qu’il a créé en 2018, revendique quelques centaines d’adhérents. Selon cet ancien bâtonnier de l’ordre des avocats, « certaines candidatures visent uniquement à créer une dispersion des voix. Plus il y a de concurrence, plus c’est difficile pour les opposants et les indépendants. L’électorat n’est pas élastique et le parti au pouvoir a tout intérêt à multiplier l’offre de candidats. »

C’est justement ce qu’il qualifie de « dévoiement du jeu démocratique » qui a poussé l’avocat d’affaires à se lancer en politique et à se présenter une première fois à la présidentielle, en 2007. Il avait alors recueilli 0,40% des suffrages exprimés.

En 2019, il compte tenter de nouveau sa chance afin de promouvoir « une alternative, pas l’alternance ». « Nous arborons les signes extérieurs d’une République sans toutefois en être une réellement. Si le PDS [Parti démocratique sénégalais, opposition] gagne face à Macky Sall, c’est la même chose. Nous faisons face au même pouvoir clientéliste, avec ses militants, ses marabouts, ses hommes d’affaires ; à la même corruption endémique et à la même administration politisée. »

Futurs alliés du pouvoir

Lui aussi candidat, Amadou Moctar Ndiaye, 34 ans, enseignant-chercheur à l’Université de Thiès, se présente pour « donner une voix à ces 65% de la population que l’on néglige : la jeunesse ». En 2012, il a créé le Parti républicain et citoyen (PRC). Aujourd’hui, il revendique quelque 10 000 soutiens. À l’en croire, les chiffres de la DGE sont trompeurs : « Lorsqu’on dit que le Sénégal compte plus de 400 partis politiques, c’est faux. C’est une manière de décrédibiliser l’opposition. »

« Certains ont retiré des dossiers de candidature pour pouvoir aller négocier avec le parti au pouvoir », accuse de son côté Déthié Ndiaye, banquier de formation et président l’Union pour un mouvement progressiste (UMP), un parti qu’il a créé en 2013 suite à une rencontre avec l’ancien Premier ministre français Alain Juppé.

Se porter candidat dans une stratégie de « gestion d’une carrière politique » est un autre argument avancé. Abdoulaye Mamadou Guissé, président du mouvement MCSS, qui compte 97 élus municipaux, ne s’en cache pas : il s’est lancé dans la course aux parrainages en son nom propre.

Mais ni son discours ni sa photo de profil sur les réseaux sociaux – sur laquelle on peut lire : « Je parraine Macky Sall » – ne laissent place au doute quant à son futur ralliement au chef de l’État.

« Cette campagne de parrainages n’est rien d’autre que des primaires. Plus on récolte de parrainages, plus on a de poids dans les négociations. Macky Sall n’aura pas besoin de mes parrainages mais il aura besoin des votes de ceux qui m’ont parrainé. Notre alliance n’est pas encore actée mais elle est décidé », assume-t-il. En contrepartie, il vise un poste au sein du futur gouvernement, voire l’appui de Macky Sall à une prochaine élection et, pourquoi pas, à la prochaine présidentielle…

Le défi de l’ancrage régional

Pour chacun des aspirants candidats, la loi exige l’obtention d’au moins 2 000 signatures dans sept des quatorze régions du Sénégal. « Une tâche impossible sans un solide ancrage régional », martèle Moussa Taye, conseiller politique de Khalifa Sall, l’ex-maire de Dakar, révoqué fin août. « Or les candidats qui ne dépendent d’aucun appareil politique n’ont pas de bases locales. Si certains parviennent à recueillir les signatures, on est en droit de se demander s’ils n’ont pas reçu l’appui de l’APR [le parti présidentiel, ndlr]. Et à qui vont vraiment aller ces parrainages ? », s’interroge-t-il. « Aux précédentes législatives, certaines listes avaient été appuyées par le pouvoir. »

« Ça se passe très difficilement pour les indépendants », admet Mame Adama Gueye, selon qui la règle des parrainages complique davantage la donne : « Le parti au pouvoir détourne le parrainage de son objet, qui est d’être un instrument de mesure de la représentativité. En visant des millions de signatures, l’APR en prive les indépendants et fausse complètement le jeu démocratique. »

Le montant de la caution, fixée à 30 millions de francs CFA (45 000 euros) n’a pas plus ses faveurs. « Il nous faut nécessairement des donateurs. J’ai financé ma campagne moi-même avec quelques soutiens, mais c’est forcément plus compliqué pour les candidats indépendants ».

Pour eux, les dons et cotisations d’adhérents ne suffisent pas. La quête de soutiens est donc vitale. Déthié Ndiaye a ainsi lancé une campagne de levée de fonds auprès de la diaspora et des 10 800 militants qui ont leur carte de l’UMP. Son objectif : rassembler 1 milliard de francs CFA.

Alliances forcées et transhumances attendues

Dans ces conditions, une fois l’écrémage terminé, il est évident qu’il y aura une forte transhumance des petits candidats vers les plus gros. « Au Sénégal, les gens ont tendance à aller du côté du probable gagnant, donc du camp au pouvoir », assène Amadou Moctar Ndiaye. Lui-même affirme avoir récolté 6 000 signatures pour l’instant, et dit ne vouloir écarter aucune possibilité de rapprochement : ni avec le PDS, dont il a été membre entre 2002 et 2012, ni avec Macky Sall.

Mame Adama Gaye, lui, se sent plus proche de ce qu’il nomme « la nouvelle race d’acteurs politiques ». Des personnalités qui « proposent une vraie alternative aux partis que nous connaissons depuis l’indépendance », parmi lesquelles il range le candidat du Pastef Ousmane Sonko et le magistrat Ibrahima Hamidou Deme.

J.A