Startups : A Abidjan, les business angels tissent leur toile

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Très populaires aux États-unis et en Europe, les investisseurs et accompagnateurs de jeunes entreprises, aussi appelés business angels, ont désormais leur pendant ivoirien. Ils sont africains, européens ou membres de la diaspora et forment un nouveau réseau très influent et respecté.

Dans une petite salle de la Dream Factory d’Abidjan, un incubateur de start-ups, des avocats et une magistrate français viennent expliquer le b.a.-ba du droit des affaires à de jeunes entrepreneurs ivoiriens endimanchés. Dans l’assemblée, timidement caché derrière plusieurs start-uppers, Firmin Kouadio vient en observateur et en tant que business angel pour, peut-être, investir dans une entreprise d’avenir. « C’est le projet, mais surtout le profil de l’entrepreneur qui m’intéresse », souligne le gérant d’ICO Pub, une grosse entreprise de publicité d’Abidjan.

Lors de ce séminaire de deux jours, les jeunes entrepreneurs ivoiriens suivent une formation accélérée dans différents domaines : management, gestion, communication, droit… puis sont potentiellement repérés par les business angels et les clubs d’investissements du pays. « L’idée, c’est de créer un réseau et de pousser les entreprises qui ont du potentiel. Il faut donc former les entrepreneurs, les éduquer au marché, à la finance, pour qu’ils puissent s’en sortir et convaincre des gros porte-monnaie », résume Julien Achille Agbe, directeur d’EIC Corporation, l’organisme qui met les start-ups ivoiriennes et les business angels en relation.

Investir à plusieurs

En clair, l’objectif est d’éviter de reproduire l’erreur de nombreuses jeunes entreprises ivoiriennes qui se lancent sans business model ni vision à long terme et manquent de structuration pour attirer les investisseurs.

L’an dernier, Firmin Kouadio a financé et accompagné deux structures « triées sur le volet » sur les 120 de départ: Allomiam, entreprise de restauration rapide et Gabea, une SARL spécialisée dans l’agriculture. L’homme d’affaires est donc propriétaire des parts de ces entreprises durant 5 à 7 ans et propose son expertise durant la totalité de la période afin que « les start-ups deviennent de grandes PME ».

Dans les pays occidentaux, les business angels utilisent leurs fonds propres et investissent seuls dans les entreprises qu’ils choisissent. En Côte d’Ivoire, le modèle est un peu différent. « En Europe, les business angels posent leur chèque de 50 000 ou 100 000 euros. Ici, on investit à plusieurs, entre 5 et 20 personnes par secteur, pour ne pas se casser la figure », explique Julien Achille Agbe. Les business angels cotisent chaque année 500 000 de francs CFA (760 euros) au sein d’Ivoire Business Angel Network (IBAN), un réseau lancé en 2015 par l’influente femme d’affaires Suzanne Abrogoua.

200 business angels en Côte d’Ivoire

Ce jour-là, Hubert Yao, participant au séminaire et directeur général de GreenTech spécialisé dans les économies énergétiques, affiche ses ambitions. « Il nous faut comprendre les mécanismes de financement pour y arriver. Pour que le business angel finance un jour notre métier, pour qu’il nous aide à progresser, il nous faut acquérir une stratégie juridique. Sans ça, on n’est pas assez solides et on n’obtient pas de levées de fonds », assure l’entrepreneur ivoirien qui dit avoir besoin de 15 millions de F CFA.

Depuis cinq ans maintenant, l’entreprise EIC Corporation réunit des clubs d’investisseurs influents pour promouvoir les jeunes entreprises ivoiriennes et ouest-africaines. Parmi les grands noms de ce cercle, Michel Abrogoua, fondateur et directeur général du groupe financier Phœnix Capital Management ou encore Malick Bakaya, ancien responsable chez Coca-Cola. « Aujourd’hui, on est un millier, toutes professions confondues, à faire partie de ces clubs et environ 200 à avoir le titre de business angel, estime Firmin Kouadio. Mais en France, ils sont 12 000 ! Ce qui est de l’innovation ici devient de la tradition ailleurs. On est très loin de nos objectifs actuellement. »

Un tutorat qui s’apprend

Chaque mois de mai, EIC Corporation propose même des formations pour attirer les business angels en devenir. Environ 50 « BA » y sont formés. « Il ne suffit pas d’avoir de l’argent et d’investir pour être business angel, il faut savoir analyser une start-up, savoir rentrer puis sortir de l’entreprise, c’est un vrai métier. On devient business angel », souligne M. Agbe.

Aujourd’hui, le seul concurrent d’EIC Corporation est Ivoire Angels, lancé il y à peine un an à Abidjan par le Canadien Jean-Michel Larouche. Mais le monde de la finance alternative est difficile d’accès et le réseau met du temps à se constituer. « Près de 100 start-ups sont venues nous voir pour recevoir des fonds et un accompagnement, explique Rodrigue Sekongo, d’Ivoire Angels. On a validé deux projets intéressants, mais les investisseurs européens sont frileux, ils viennent avec plus de craintes, veulent plus de contrôles, plus de normes. Du coup, pour l’instant, ça ne marche pas », se désole-t-il. La compagnie songe donc à « changer de modèle » et trouver des investisseurs africains, voire ivoiriens. « Il faut du temps, analyse Julien Achille Agbe. Nous, il nous a fallu dix ans. »

J.A

La Cour Européenne des Droits de l’Homme crée un délit de blasphème anti-islam

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La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a créé un délit de blasphème anti-islam dans une décision annoncée le 24 octobre. La CEDH a validé la condamnation d’une Autrichienne, Mme S., qui avait qualifié le prophète Mohammed de «pédophile» lors d’une conférence. Une décision grave pour le directeur du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), Gregor Puppinck, qui tire la sonnette d’alarme dans une interview accordée au Figaro le 26 octobre.

Lors d’une formation sur l’islam organisée par le parti FPÖ, l’intervenante avait critiqué le mariage du prophète de l’islam avec une petite fille, consommé alors qu’elle avait neuf ans. «Comment appelons-nous cela, si ce n’est de la pédophilie?», s’était-elle inquiétée, d’autant plus que la vie du prophète est considérée comme un exemple à suivre.

Des journalistes avaient alors signalé les propos de Mme S. à la justice. La conférencière avait été condamnée en 2011 par les tribunaux autrichiens pour «atteinte à la paix religieuse», et afin de protéger la sensibilité religieuse des musulmans. Elle devait payer 480 euros ou à défaut purger une peine de soixante jours de prison. La prévenue avait fait appel devant toutes les juridictions autrichiennes avant de se tourner en 2012 vers la CEDH dans l’espoir de voir reconnu le droit de critiquer une religion.

Pour Gregor Puppinck, «le seul véritable motif de cette décision est la peur des musulmans». En effet, la CEDH a validé la décision autrichienne pour préserver la «paix religieuse». Ainsi, elle confère aux Etats «l’obligation d’assurer la coexistence pacifique de toutes les religions et de ceux n’appartenant à aucune religion, en garantissant la tolérance mutuelle».

La Cour a jugé l’intention de la conférencière. Elle n’aurait pas cherché tant à informer qu’à «dénigrer» Mahomet, démontrant qu’il n’est «pas digne d’être vénéré», ce qui inciterait à la violence à l’encontre de ses disciples. De plus, les juges lui reprochent de ne pas avoir replacé cet épisode de la vie du prophète dans son contexte plus large, généralisant le verdict de pédophilie «de façon malveillante».

«Cette décision est grave à mes yeux. D’abord parce qu’elle se résigne à l’intolérance et même à la violence des musulmans face à la critique, et qu’elle renonce à défendre fermement la liberté d’expression sur l’islam», s’alarme Gregor Puppinck. «En fait, c’est la violence même des musulmans qui justifierait et exigerait que leurs croyances soient davantage protégées contre les critiques. »

Plus profondément, elle entérine le relativisme. Le «vivre-ensemble» a ici davantage d’importance que la recherche de la vérité. «La logique de la coexistence et du vivre-ensemble repose sur le dogme absurde de l’égalité des religions», déplore-t-il. Au contraire, il faudrait pouvoir critiquer et comparer librement les religions.

Concernant les limites à la liberté d’expression, le directeur du ECLJ estime «seule la diffusion d’obscénités gratuitement offensantes et inutiles au débat ainsi que les propos incitant à la violence immédiate peuvent être restreints. Tout autre propos – surtout lorsqu’il s’appuie sur des faits réels – devrait être protégé au titre de la liberté d’expression.»

ENTRETIEN – « l’Islam n’a pas su prendre le train de la science moderne » (Gérard Haddad, psychanalyste, Franco-Tunisien)

Dans son dernier ouvrage, le psychanalyste français, né à Tunis, prend du recul par rapport au conflit israélo-palestinien. Il met l’accent sur la proximité historique entre Juifs et musulmans, allant jusqu’à appeler au remplacement de la notion de civilisation judéo-chrétienne par celle de « gréco-abrahamique ». Entretien.

Juif d’origine tunisienne, Gérard Haddad vit comme un drame personnel le conflit entre juifs et musulmans. Dans son dernier livre, « Ismaël & Isaac, ou la possibilité de la paix » (Premier parallèle, 2018), il décrypte comment des relations riches et fécondes ont laissé place à l’hostilité et à la méfiance.

Pour cela, il remonte jusqu’à l’Ancien Testament, où les rapports fraternels sont souvent meurtriers – du moins conflictuels. Et pourtant, rien de tel entre Ismaël et Isaac, les enfants d’Abraham dont Arabes et Juifs disent descendre. Si leurs successeurs entretiennent aujourd’hui des rapports hostiles, leurs aïeux offrent l’exemple d’une entente possible.

Que dit le récit biblique de la relation entre les deux frères ? En quoi cette relation peut-elle éclairer les rapports – tour à tour harmonieux puis conflictuels – entre leurs descendants ? « Si Ismaël et Isaac ont pu vivre en paix, pourquoi leurs descendants ne le pourraient-ils pas ? » C’est de cette question simple que Gérard Haddad est parti pour jeter les bases d’un dialogue rétabli.

Pourquoi revenir au mythe biblique d’Isaac et Ismaël pour évoquer la problématique très contemporaine des relations entre Juifs et musulmans ?

Gérard Haddad : Les mythes jouent un rôle essentiel dans l’histoire moderne. Le Livre de la Genèse a mis l’accent sur la gravité du fratricide : Caïn et Abel, Joseph et ses frères, Esaü et Jacob, le roi Salomon qui tue son frère le premier jour de son règne, etc. Il se trouve qu’il y a une exception, contrairement à ce qui se dit : c’est la bonne entente entre Ismaël et Isaac, desquels descendent, selon la tradition, musulmans et Juifs. Il n’y a donc pas de haine « héréditaire » entre les deux peuples.

Quel passage en particulier vous inspire cette lecture ?

Il y en a plusieurs. Surtout celui où Isaac, avant ses noces, va au « Puits du Vivant » [c’est-à-dire Dieu], l’endroit que l’islam a assimilé à la source de l’eau de Zamzam. Ce lieu est le symbole d’Ismaël, puisque c’est là qu’il a été secouru après l’exil de sa mère Agar. Ce passage, que personne ne commente, symbolise la bonne entente entre les deux frères : « Nous ne sommes pas obligés de nous aimer à la folie pour vivre en bonne entente. Se respecter, s’apprécier, échanger. » C’est ce que dit en substance la Bible. Dans ce lieu du « Puits du Vivant qui nous voit », les deux frères ont signé un pacte : « si nos descendants s’entendent bien, ce sera dans leur intérêt partagé ; s’ils se disputent, ce sera à leur détriment partagé. »

N’est-ce pas là une interprétation très personnelle ?

C’est en effet mon interprétation, mais je trouve que l’histoire la confirme. Le fait même de l’apparition de l’islam a sauvé le judaïsme, qui périclitait sous l’effet de la persécution intensive des chrétiens de l’époque. Je rappelle que la conquête de l’Espagne par les musulmans s’est faite avec l’aide des Juifs. Ces derniers ont ouvert les portes du port de Malaga, parce qu’ils souffraient de l’oppression chrétienne. Nous avons alors eu deux siècles de civilisation islamo-judaïque prodigieuse, qui a vu émerger les plus beaux esprits juifs. On a vu par exemple le rabin Samuel Ibn Nagrela [Abou Ishaq Ismaël en arabe] devenir ministre et chef d’état-major des troupes du Sultan.

Que seraient devenus les Juifs, au moment de l’expulsion d’Espagne, sans les pays musulmans ?

Je peux témoigner, en tant que Juif tunisien, qu’il y a eu entre nous et les musulmans tunisiens une cohabitation pacifique, une bonne entente, au moins jusqu’à l’apparition de l’État d’Israël. Que seraient devenus les Juifs, au moment de l’expulsion d’Espagne, sans les pays musulmans ? Heureusement que l’Empire ottoman les a accueillis. Et à l’inverse, l’intolérance des Almohades à leur égard a marqué le début du délitement de la civilisation andalouse, jusqu’à la chute de Grenade. Le pacte entre Isaac et Ismaël se vérifie donc !

Le conflit israélo-palestinien a-t-il mis fin à cette harmonie ?

Il a contribué à la dégradation de cette relation, qui n’était pas toujours harmonieuse. N’idéalisons pas les relations avant la création d’Israël, mais le conflit israélo-palestinien est une grande blessure, oui. En tant que Juif, je me sens héritier d’une tradition prophétique, selon laquelle il faut respecter l’étranger, car nous-mêmes avons été étrangers.

Il s’est créé un climat irrespirable en France, qui entretient la spirale de la haine réciproque

Comment peut-on traiter les Palestiniens comme cela, après avoir vécu nous-mêmes la persécution et l’exil ? Beaucoup d’intellectuels juifs en France ont appuyé les opérations militaires israéliennes à Gaza, qui ont fait des milliers de morts. Il s’est créé un climat irrespirable, qui entretient la spirale de la haine réciproque. Il y a incontestablement une montée de l’antisémitisme en France, mais il y a aussi un sentiment anti-islam de plus en plus fort. Je n’aime pas cette atmosphère.

Vous remettez également en question la notion de « civilisation judéo-chrétienne ». Pourquoi ?

Ce concept est stupide et faux. Que deviennent les Grecs là-dedans ? Nous sommes aussi leurs enfants. On oublie Aristote, Socrate, Sophocle, etc. De qui tiendrions-nous la philosophie grecque, si elle n’avait pas été traduite et commentée par les Abbassides ? L’islam s’inscrit également dans cet héritage grec. Première carence. Deuxième carence : le christianisme portait en lui l’idée du génocide des juifs, pas l’islam.

La civilisation occidentale repose sur deux piliers, le pilier grec et le pilier monothéiste. Sans ce dernier, la science moderne n’aurait pas pu naître, comme l’a montré l’historien Alexandre Koyré. Ces deux piliers se retrouvent aussi dans l’islam, qui fait donc partie de notre civilisation. L’expression « judéo-chrétienne » ravive, en quelque sorte, le sentiment d’exclusion qu’a dû ressentir Ismaël lors de l’expulsion de sa mère Agar. Or, ce livre veut ouvrir un dialogue avec nos compatriotes musulmans en France. Je préfère donc le concept de civilisation gréco-abrahamique.

Vous cherchez aussi à expliquer les causes du retard du monde musulman. Selon vous, quelles sont-elles ?

Pour devenir ce qu’elle est, la civilisation occidentale a dû subir deux révolutions essentielles que l’islam a échoué à intégrer. La première est la révolution scientifique : les textes sacrés ne sont pas une source de savoir. La science n’a pas à tenir compte de ce que dit le Coran, contrairement à ce que soutenait récemment une chercheuse tunisienne. La religion est un appel à la foi. Les textes sacrés sont des boulets pour les sociétés, si on ne les prend pas pour ce qu’ils sont : des textes sur les valeurs, et non sur le savoir physique.

La Tunisie éprouve de grandes difficultés à se développer, alors qu’elle a subi un colonialisme moins pire que les Asiatiques

La seconde est la révolution féministe, que les autres religions elles-mêmes n’ont d’ailleurs pas entièrement assimilée. Cette pilule est plus difficile à avaler. Ces deux révolutions ont changé le quotidien des gens. Des pays qui ont 60 ans d’existence sont à la pointe du progrès technologique : pensons à la Corée, à Singapour… La Tunisie, pour prendre un exemple que je connais, éprouve les plus grandes difficultés à se développer. Pourtant, les Asiatiques ont subi un colonialisme bien pire que ce qu’ont subi les Arabes.

La civilisation islamique n’a-t-elle pas pu, au moins à ses débuts, être performante sur le plan scientifique, tout en continuant à considérer le Coran comme un livre de savoir ?

Elle était effectivement brillante au niveau des techniques. Mais la science moderne, c’est autre chose. Elle apparaît avec Newton, Copernic, etc. Bien sûr, il y a eu des savants avant cela, et les pays islamiques était à la pointe des techniques. Pendant qu’on construisait la mosquée de Cordoue, plus au nord, les églises étaient en bois. Mais il faut distinguer ce savoir-là de la science moderne, qui constitue une coupure radicale dans l’histoire humaine.

L’islam n’a pas su prendre le train de la science moderne

L’islam n’a pas su prendre ce train. Les autres cultures l’ont pris avec plus ou moins de rapidité et de tensions internes. Et puis l’esprit critique des débuts de l’islam a peu à peu disparu, ce qui a finalement fait de la terre d’islam des pays fragiles. Quand on pense qu’il a suffi d’un petit contingent pour que la France prenne l’Algérie, alors défendue par l’émir Abd-el Kader, un homme de grande qualité et d’une envergure morale certaine…

Enfin, vous décelez un malaise avec les origines orientales du judaïsme. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Il y a une névrose chez de nombreux juifs ashkénazes à l’égard de leurs origines orientales. Sinon que feraient-ils en Orient ? Ils ont d’ailleurs longtemps envisagé d’aller ailleurs, en Argentine par exemple. La manifestation la plus spectaculaire de cette haine de soi, c’est la façon dont les juifs venant des pays arabes ont été traités en Israël. Le dirigeant sioniste Kurt Blumenfeld, qui était le maître de Hannah Arendt, disait : « Quand je vois ces juifs arabes, je me demande ce que j’ai de commun avec eux.

On les a maltraités, parqués dans le désert, fait subir un traitement humiliant. L’histoire d’Israël est marquée par ces mauvais traitements. C’est la gauche de Ben Gourion et du Parti travailliste qui a le plus maltraité les juifs orientaux à l’époque. Et beaucoup de juifs qui sont partis en Italie après la Reconquista, à Livourne par exemple, ont fini par gagner la Tunisie car la vie en pays chrétien ne leur a pas plu. Dans la vie quotidienne, ce fond d’affection entre juifs et musulmans, celui qui existait entre Isaac et Ismaël, n’a pas disparu.

 Par Jihâd Gillon (J.A)

Revue de presse express de ce mardi 30 octobre : et le bouquet Startimes met 6 milliards pour diffuser le foot sénégalais

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#SenCaféActu du 30 octobre 2018 Par Adama SowA la Une: Insultes sans fin: Cissé Lo et Mame Gor Diazaka tetes de turc de la presse, Magal: Serigne Mountakha sermonne les politiciens, Le Sénégal enregistre sa 830ème victime des mines anti-personnelles1-Bad buzz et insultes de Moustapha Cissé lo et de Mame Gor Diazaka, la presse indexée : L’image de journalistes et reporters courant et se bousculant pour interviewer Cissé lo hier au Magal a choqué l’opinion. C’est en direct que l’insulteur récidiviste a sorti de gros mots encore, Mame Gor Diazaka a lui aussi dépassé les bornes imaginables. Les médias peuvent-ils continuer à servir des propos injurieux se demandent beaucoup de sénégalais2-Cérémonie de clôture du Magal : Serigne Mountakha demande aux politiciens de savoir raison garder. Aly Ngouille Ndiaye demande à tous les candidats y compris Macky Sall à respecter le verdict des urnes lors de la présidentielle de février 2019 et que tous les acteurs politiques jouent la carte de la sérénité et de la responsabilité3-Le Sénégal enregistre sa 830ème victime des mines en Casamance et devient l’un des 20 pays les plus touchés par les mines anti-personnelles dans le monde : le Directeur du centre national d’action anti-mine, Sidy Barham Thiam alerte et demande au gouvernement de prendre le problème par les cornes4-Macky Sall « audite » le nouvel avion acquis par Air Sénégal : le président Sall a visité dans les usines d’Airbus le fameux appareil 330 Neo en cours de montage. L’appareil permettra à Air Sénégal de desservir Paris-Dakar à partir du 1er février5-L’ogre chinois de télévision Startimes met le football national dans sa besace pour 6 milliards : Saer Seck et la ligue professionnelle de football ont signé un contrat de diffusion des matches avec Startimes pour 10 ans6-Signature d’un Accord définitif éxigé entre le gouvernement et le mouvement rebelle MFDC : les organisations sous régionales de la société civile demandent à l’Etat et au MFDC de franchir le pas et de mettre un terme à la crise casamançaise en signant un accord définitif7-Le portier international sénégalais Edouard Mendy affole les compteurs : le portier de Reims et des lions du Sénégal est l’une des révélations en ce début du championnat de la L1 française. C’est le portier qui a encaissé le moins de buts dans le championnat

Toutes les Unes des quotidiens de ce mardi 30 octobre : et le titre le plus « qui s’excuse, s’accuse » est celui avec Madické Niang dans L’Obs

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Madické clame à la Une de l’Obs : « Je ne suis pas un traître ».Toutes les Unes reviennent sur le Grand Magal.Libération parle du flou sur la dette de plus de 31 milliards du par l’Etat au privé pour les bacheliers qui y sont orientés :

Magal : Le Ministre Aly Ngouille Ndiaye mendie un Ndigël pour Macky auprès du Khalife

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Le ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, a représenté le chef de l’État et le gouvernement à la cérémonie officielle du Magal de Touba, ce lundi. D’abord il a présenté les condoléances de l’État et du peuple sénégalais au khalife des mourides, suite à la disparition de Sokhna Bally Mbacké.

Ensuite, le ministre a demandé à Serigne Mountakha Mbacké de prier pour la réélection de Macky Sall en 2019. Une quête déjà formulée par le chef de l’État lui-même, jeudi dernier, lors du premier jour de sa visite à Touba.

« Le chef de l’État entend poursuivre tous ses chantiers à Touba dans les domaines de l’assainissement,  de l’hydraulique, des routes, et autres infrastructures. Il sollicite vos prières pour sa réélection », a insisté lourdement Aly Ngouille Ndiaye. Pour les élections à venir, le Président Macky Sall vous demande de prier pour qu’elles se déroulent dans la paix. Il sollicite également vos prières pour un bon hivernage. » Question de Tract.sn : l’hivernage n’est – il pas terminé ?

Tract.sn 2018

En Lybie, un Sénégalais tué par balles par son employeur

Un Sénégalais originaire de Kolda a été tué par balles mercredi dernier en Libye. Amadou Mballo, aurait été abattu par son employeur à qui il réclamait son salaire.

La victime a travaillé pendant quatre ans pour son bourreau présumé. Le corps sans vie de l’immigré a été ramassé dans la rue par d’autres Sénégalais vivant en Libye.

Âgé d’une trentaine d’années, Amadou Mballo était marié et père d’un enfant.

Tract.sn

Miss France 2019 : Découvrez les 10 blacks parmi les 30 candidates

Le concours Miss France 2019 aura lieu fin décembre 2018. Voici les 10 candidates black qui font partie des 31 prétendantes: Ophélie Mézino, Miss GuadeloupeLaureline Decocq, Miss Guyane Aude Destour, Miss LimousinEmma Wirtz, Miss LorraineOlivia Luscap, Miss Martinique Ousna Attoumani, Miss MayotteAnnabelle Varane, Miss Nord Pas-de-CalaisDiane Le Roux, Miss Pays de la LoireMorgane Soucramanien, Miss RéunionAlisson Georges, Miss Saint-Martin Saint BarthélémyTract.sn 2018

La cérémonie officielle du Magal de ce lundi comme si vous y êtiez ( VIDÉO)

Le Grand Magal-2018 a été commémoré ce dimanche. Revivez en intégralité la cérémonie officielle, qui s’est déroulée ce lundi sous la présidence du khalife des mourides, Serigne Mountakha Bassirou Mbacké.

‘Tract Fashion’ : Blaya, le playboy de Gibraltar qui ne joue pas sa star (Par Cheikh Tidiane Coly)

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TRACT FASHION & MODELS – Ce matin d’octobre, il fait chaud à Dakar. Le tintamarre dans la rue, attisé par moment de discussions à haute voix de gardiens s’égosillant à rompre leurs cordes vocales dans leur ambigu désir de se faire qualifier de plus exercés que les entraîneurs de football de grandes équipe européennes, ballonne notre attente. Parce que le jeune Blaya, avec qui on avait rendez-vous pour un entretien, tarde à venir. Heureusement, après un tour d’horloge happé dans les embouteillages entêtants de la circulation automobile de la capitale, il débarque dans une allure mesurée, le visage rutilant d’une fine sueur qu’il tente de faire disparaitre en se tamponnant le faciès de coups de mouchoirs. Grand de 1m92, le jeune homme est un bel athlète du mannequinat.

Son sourire évasé et regard discret veulent qu’on lui pardonne son retard. Abdoulaye Mactar Thioye, c’est son nom de baptême, tient à son rendez-vous, même s’il lui a fallu descendre du taxi, marcher sous la chaleur accablante pour nous parler de sa vie… Il est né à Dakar avec une enfance passée dans son quartier de Gibraltar. Et c’est là, tout petit, qu’on lui composa le surnom de Blaya, un cliquetis de son prénom Abdoulaye qui résonne jusqu’à aujourd’hui. Cadet de la famille, toujours scotché à grand-mère, le jeune garçon a fréquenté l’école jusqu’à l’université à la faculté des lettres, département anglais. Mais les nombreuses grèves lui ont ôté le goût de continuer à sillonner les couloirs du campus et il est parti s’inscrire dans un institut supérieur où il a trimé pour décrocher un parchemin en marketing et communication qui lui ouvre les portes de la société de téléphonie Orange. Mais, le jeune homme se trouve submergé par ce job très prenant qui l’empêche de vivre d’autre rêve. Il veut changer de cap… Et c’est le moment de prendre une bonne gorgée d’eau fraiche pour se détendre le physique raidi par la température, révélant qu’il fait un peu de musculation, mais cette sirotée est tout aussi réparatrice pour se remettre les idées en place.

Alors, le regard  perspicace et profond sous un long front, Blaya peut exécuter un saut dans le passé pour nous faire revivre ses premiers pas vers le mannequinat. Avec une voix posée et calme à la limite du  murmure, il nous emporte et nous ramène à 2014, année de sa démarche de pro après deux ans de formation à l’As des As. Il faut encore faire marche arrière, pour avoir souvenance qu’auparavant, à l’école, il avait la mise, la dégaine. On l’appelait déjà le Playboy des classes. C’était un élégant né. Celle qu’il appelle sa « sœur d’origine capverdienne », Marième Monteiro du Dolce Strawberry, est la première à détecter la fibre séductrice de ce garçon qui, venu à l’hôtel des Almadies pour regarder un spectacle, se voit proposer de défiler avec une tenue qui était comme par hasard à sa taille. Il y avait également rencontré Adama Paris qui découvre derechef en lui, une pépite pour le podium. Alors, seulement après trois mois de formation, il est sollicité pour défiler avec la sortie d’une promotion. C’était parti pour des défilés de Romzy (un Gabonais au Sénégal) avec la collection Fashion maure, au Complexe Sadiya, en passant par le Young Fashion Night et par les créations du styliste Lahat Guèye, Mister Model Sénégal à Douta Seck, Classic Fashion Show du créateur Pipo Gérard Mbaye…

«La plastique des femmes sénégalaises ne se retrouve nulle part ailleurs»

La liste est longue. Il a fait du chemin en quelques années, mais c’est surtout son sérieux et sa prestance qui l’ont imprégné de cette constance. Sans prétention ?  De ses lèvres gonflées qui lui donne parfois le visage grave, il ressort encore de l’énergie pour nous dire que les gens lui reprochent parfois de se prendre trop la tête. «Je valorise, parce que pour moi, c’est un job le défilé. Le mannequin, sur la piste, le podium, doit impressionner. Oui, il doit valoriser l’habit ou la tenue qu’il porte», indique-t-il en se remettant droit sur sa chaise pour faire comprendre sa posture sur scène. Voilà pourquoi Blaya, qui préfère le port des costumes et autres mises classiques, ne veut pas faire d’amalgame dans ce métier. Il bavarde moins quand y a boulot, l’exécute et rentre chez lui. Avec un petit sourire, il se remémore la réflexion d’un homme du milieu. «Dans le mannequinat, le plus posé, le plus sujet à la concentration est celui qui réussit le mieux», révèle-t-il, les yeux pétillant de cette vérité qu’il a fait sienne. Son attitude d’homme taciturne fait que souvent, il se voit indexé comme une personne pas normale parce que trop calme dans l’ambiance agitée et festive d’une soirée de défilé de mode. «Mais, c’est ma nature. J’aime le mannequinat, par contre je n’aime pas fréquenter les lieux chics, et je n’aime pas changer d’amis. Je me comporte normalement», brandit-il comme pour s’excuser. Mais non, il veut juste dire qu’après son travail accompli, il préfère aller retrouver les siens. C’est avec eux qu’il se reprend pour partager autres choses. Par exemple son gout pour le port des costumes et autres mises classiques, le sport de salle et le basket, mais aussi son regard porté sur les femmes, les Sénégalaises, avec qui il entretient de très bons rapports.

«Je ne vais pas jusqu’à dire qu’elles sont les plus belles au monde, mais elles en font partie», scande le jeune homme de Gibraltar qui trouve encore, comme dans le trémolo d’une divine musique, que la plastique des femmes sénégalaises ne se retrouve nulle part ailleurs. C’est à peine si on l’entend pas formuler, en son for intérieur, que Dieu les a formaté d’une argile spéciale. On voit des foulards et autres « mussor » s’élever au ciel. Hourra ! Cela va soulever des houles… Toutefois, Blaya les adore – les femmes – voir afficher la correction et se mouler de fermeté, avec un blanc-seing sur tous les autres défauts humains,  pour se donner la chance de cheminer avec elles. En attendant, ce casanier amoureux de la lecture, des bouquins donc, accro du café surtout au réveil matinal, grand bouffeur de mafé, veut monter son propre business après son ambition de voyager dans d’autres pays du monde pour repérer les richesses de l’univers de la mode.

Cheikh Tidiane Coly