[L’ET DIT TÔT D’O.N.G] ‘Si la FIFA et la CAF continuent de nous énerver, le Sénégal va remporter la Coupe du Monde 2026… Inchallah !’ (Par Ousseynou Nar Gueye)

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Tract Hebdo – On connaissait la « diplomatie du dollar », celle du « gros bâton », ou même la très feutrée « diplomatie de la téranga ». Mais un internaute sénégalais vient d’inventer, sur TikTok (ce haut lieu de la pensée géopolitique mondiale entre deux chorégraphies langoureuses mais syncopées de Wally Seck), une doctrine révolutionnaire : la diplomatie de l’énervement. Le message est clair, net et sans bavure : « Si la FIFA et la CAF continuent de nous énerver, le Sénégal va remporter la Coupe du Monde 2026…Inchallah !»

L’arme fatale : La colère patriotique …et même patriote !

À Tract Hebdo, on apprécie cette approche. C’est du pur matérialisme historique appliqué au ballon rond. Pourquoi s’embêter avec des schémas tactiques complexes, des régimes de sportifs de haut niveau ou des pelouses tondues au millimètre quand on possède l’arme absolue : le seum constructif ? Le daass-fanaanal imparable ? D’évidence, Gianni Infantino et Patrice Motsepe jouent avec le feu. Ils pensaient gérer une simple fédération sportive ; ils sont en train de réveiller un géant qui, s’il est trop « énervé », pourrait décider de confisquer le trophée Jules Rimet juste pour donner une leçon de politesse à Zurich et au Caire, siège respectifs de ces mafias notabilisées du patronat africain et mondial du ballon rond.

Le plan de bataille (si on nous cherche trop)

Imaginez la scène en 2026 : Arbitrage vidéo défavorable ? Sadio Mané marque un triplé par pure indignation. Calendrier trop chargé ? Gana Gueye récupère tous les ballons par simple esprit de contradiction. Logistique défaillante ? On gagne la finale 4-0 juste pour pouvoir rentrer plus vite s’expliquer avec la CAF. C’est là toute la beauté de la geste des Lions de la Téranga : elle est imprévisible. On ne gagne pas pour la gloire, on gagne parce qu’on nous a « chauffés ». C’est le triomphe de la volonté sur la bureaucratie. Le football n’est plus une affaire de buts, c’est une affaire d’honneur bafoué sur les réseaux sociaux.

Avis aux instances internationales

Messieurs de la FIFA, un homme averti en vaut deux, mais un Sénégalais énervé en vaut onze (plus les remplaçants, du 12ème Gaindé, fort de 18 millions de Sénégalais, avec à leur tête le très éruptif et disruptif PM Ousmane Sonko, notre Maradona de la politique sénégalaise, adepte de la politique de la « main de Dieu » et prompt à sauter du haut d’une chaise devant son téléviseur quant il y a foot avec Lions au programme).

Continuez à nous envoyer des arbitres aux décisions douteuses ou à organiser des tirages au sort suspects, et vous verrez le drapeau tricolore vert-or-rouge à étoile verte flotter sur le toit du monde ! Ou à tout le moins sur le toit de la planète foufou, folle, foot. On vous aura prévenus : chez nous, le talent est immense, mais notre capacité à gagner « par méchanceté » (comprenez : par réaction d’orgueil) est infinie.

Moralité de ce monde qui tourne rond comme un ballon de foot et où le soleil brille pour tous le monde, y compris les peuples de la périphérie de la planète que sont les nations du Sud global : si vous voulez que quelqu’un d’autre ait une chance en 2026, soyez mignons et même totalement « gnons », aux petit oignons pour les Gorguis sénégalais et Goorgorlous que nous sommes. Ne nous énervez pas trop et plus en avant. Basta ya. On a déjà assez de travail avec la reconstruction nationale pour ne pas avoir à gérer, en plus, une parade en juillet 2026, en pleine saison de fortes pluies hivernagiques, sur les Champs-Élysées (version Dakar) : c’est-à-dire un défilé intempestif et hystérique avec majorettes de Kennedy en tête de gondole, sur le Boulevard du Centenaire chinetoquisé et noir de foules fiers d’êtres nègres; sur cet axe routier rebaptisé depuis un an du nom de l’ancien PM (Président du Conseil à l’Indépendance du Sénégal), le grand Maodo Mamadou Dia, historique homme de refus et de rébellion, calme… mais ferme.

Ousseynou Nar Gueye – Fondateur de Tract Hebdo, Aîné Mi-public Numéro 1

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[FOOTPOLITIC] Sénégal-Maroc : La 15ème Commission Mixte, un levier stratégique pour une coopération sud-sud renouvelée (Par Dr. Seydina Oumar Seye)

Tract – Alors que les échos d’une polémique née sur les réseaux sociaux après la finale de la CAN 2025-2026 pourraient avoir obscurci les relations entre Dakar et Rabat, la sagesse et le réalisme des dirigeants (S.E.M Bassirou Diomaye Faye et Sa Majesté Mouhamed-V) des deux pays ont prévalu. L’entente téléphonique entre le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko et son homologue marocain Aziz Akhannouch a non seulement apaisé les tensions, mais elle a aussi réaffirmé l’engagement commun à approfondir un partenariat historique. Cette volonté se concrétise par la tenue, du 26 au 28 janvier 2026 à Rabat, de la 15ème session de la Grande Commission Mixte Sénégal-Maroc. Un événement diplomatique et économique majeur qui démontre la résilience et la maturité d’une relation ancrée dans l’histoire, tissée par des liens séculaires et une proximité socioculturelle et religieuse exceptionnelle entre deux peuples frères.

 Au-delà du symbole, cette commission se tient dans un contexte international complexe, où la coopération Sud-Sud s’impose comme un impératif stratégique pour l’autonomie et le développement des nations africaines. Elle offre l’opportunité de transformer une relation déjà dense en un partenariat économique mutuellement avantageux, capable de rééquilibrer les échanges et de stimuler les économies des deux pays. 
  1. Les enjeux économiques de la 15ème Commission Mixte pour le Sénégal : Au-delà du déficit commercial
Pour le Sénégal, les enjeux de cette rencontre sont multidimensionnels et s’inscrivent dans la vision du gouvernement de « rupture » prônée par le Premier ministre Ousmane Sonko, axée sur la souveraineté économique et le bénéfice concret pour les populations.Premier enjeu : Attirer les investissements structurants. Le Sénégal, en pleine accélération de la Vision Sénégal 2050, cherche à capter davantage d’IDE marocains, reconnus pour leur expertise dans des secteurs clés. Les attentes portent notamment sur les énergies renouvelables, où le Maroc est un leader continental, et sur l’agro-industrie, cruciale pour la sécurité alimentaire et l’exportation. La présence de groupes financiers et de crédit marocains, comme la Banque Centrale Populaire (BCP) ou Attijariwafa bank, est perçue comme un avantage comparatif majeur pour financer ces projets et soutenir les entreprises sénégalaises.Deuxième enjeu : Le transfert de technologie et de savoir-faire. La coopération ne doit pas se limiter aux flux financiers. Dakar mise sur un partenariat qui permette un réel transfert de compétences dans les domaines de la logistique portuaire, de la transformation des produits agricoles et de la gestion des services publics, secteurs où les entreprises marocaines excellent.Troisième enjeu : Consolider la place du Sénégal comme hub régional. En renforçant sa coopération avec le Maroc, le Sénégal ambitionne de se positionner comme la porte d’entrée privilégiée des produits et investissements marocains en Afrique de l’Ouest. Cela passe par des accords de facilitation des échanges et des investissements conjoints dans les infrastructures de connectivité.Quatrième enjeu : Capitaliser sur les liens humains et religieux. La profonde affinité culturelle et la gestion commune de l’héritage religieux (soufisme, échanges entre Oulémas) constituent un capital de confiance unique. Ce « soft power » partagé doit servir de socle à des initiatives économiques conjointes dans les industries culturelles, le tourisme religieux et l’éducation. 
  1. Rééquilibrer la balance commerciale : Un impératif pour un partenariat durable
Le déficit commercial du Sénégal avec le Maroc, évalué à environ 104 milliards de FCFA en 2024, est la face visible des déséquilibres à corriger. Ce gap s’explique par des importations sénégalaises diversifiées (produits pétroliers raffinés, engrais, produits manufacturés, matériaux de construction) face à des exportations encore trop limitées et concentrées (principalement l’acide phosphorique, quelques produits agricoles et le zircon).Pour inverser cette tendance, une action concertée est nécessaire :
  • Diversification et valorisation des exportations sénégalaises : Il s’agit d’aller au-delà des matières premières brutes. Le Sénégal doit promouvoir activement auprès du marché marocain ses produits à plus forte valeur ajoutée : produits agroalimentaires transformés (fruits, légumes, huîtres), produits de l’aquaculture, cosmétiques à base de produits locaux, et services numériques. La création de corridors logistiques dédiés et l’harmonisation des normes sanitaires et phytosanitaires sont cruciales.
  • Encourager la co-localisation industrielle : Les entreprises marocaines implantées au Sénégal doivent être incitées, via des partenariats public-privé et des cadres réglementaires incitatifs, à s’approvisionner davantage localement et à intégrer des sous-traitants sénégalais dans leurs chaînes de valeur. Cela réduirait les importations et dynamiserait le tissu productif local.
  • Lever les obstacles non-tarifaires : La Commission Mixte doit être l’occasion d’identifier et de supprimer les barrières administratives, douanières et réglementaires qui freinent encore les exportations sénégalaises vers le Maroc.
  • Promouvoir les investissements sénégalais au Maroc : L’équilibre passe aussi par une dynamique d’investissement bilatérale. Les entreprises sénégalaises performantes dans le secteur des services, des BTP ou de l’agroalimentaire pourraient être accompagnées pour conquérir le marché marocain, bénéficiant en retour de l’expertise des institutions financières marocaines présentes sur place.
 
  1. Le poids des entreprises marocaines au Sénégal : Un acteur économique majeur
L’implantation des entreprises marocaines au Sénégal est profonde et stratégique. Elles ne sont pas de simples opérateurs économiques, mais des partenaires structurants de l’économie sénégalaise.
  • Agroalimentaire & Distribution : Le groupe ONA (devenu Al Mada) via ses filiales, et COSUMAR, sont des acteurs clés. Ils participent à la sécurité alimentaire, à la transformation locale et ont développé des réseaux de distribution modernes.
  • Banque & Finance : C’est le secteur le plus visible et peut-être le plus impactant. Attijariwafa bank (ex-SGBS) et Banque Centrale Populaire (BCP) dominent une part significative du marché bancaire sénégalais. Leur présence a modernisé le secteur, élargi l’accès au crédit pour les entreprises et les particuliers, et joué un rôle de financeur de nombreux projets d’infrastructures. Leur connaissance du terrain africain en fait des interlocuteurs privilégiés pour les investisseurs internationaux.
  • Assurance : Wafa Assurance (groupe Attijariwafa bank) et Sanad (groupe Caisse de Dépôt et de Gestion marocaine) sont des leaders du marché.
  • BTP & Infrastructures : Le géant Addoha (cimenterie, immobilier) a fortement contribué au boom du BTP au Sénégal. D’autres groupes sont actifs dans les travaux publics et les infrastructures.
  • Télécoms & Services : Maroc Telecom (IAM), actionnaire majoritaire de Moov Africa (ex-Tigo), est un acteur historique des télécommunications.
  • Énergie : Des entreprises marocaines sont de plus en plus présentes dans les projets d’énergies renouvelables (solaire, éolien).
Poids global : Ces entreprises représentent des milliers d’emplois directs et indirects, forment la main-d’œuvre locale, paient des impôts et participent au développement des compétences. Elles sont devenues incontournables dans le paysage économique sénégalais. Leur ancrage local, via l’embauche et le management sénégalais, est un facteur d’intégration et de stabilité. 
  1. Bilan des accords et perspectives : Vers une coopération rééquilibrée et tournée vers l’avenir
Le bilan de la coopération est globalement positif mais en demi-teinte, marqué par une asymétrie qui appelle à un rééquilibrage.Points positifs : La relation est institutionnalisée (Accord de partenariat privilégié de 2006, multiples accords sectoriels). Elle a permis des investissements massifs, un transfert partiel de savoir-faire, et une intégration financière réussie. La facilitation des visas pour les hommes d’affaires est un acquis précieux.Limites identifiées : Le déficit commercial persistant et la concentration des investissements marocains dans des secteurs captifs (finance, télécoms, ciment) plutôt que dans l’industrialisation lourde ou la R&D partagée sont les principaux points de friction.Perspectives de rééquilibrage :
  1. Négocier des « Accords Gagnant-Gagnant » sectoriels : Par exemple, un partenariat dans la pharmacie pour créer une unité de production de médicaments essentiels au Sénégal, utilisant des principes actifs marocains. Dans l’agriculture, des joint-ventures pour créer des pôles de transformation de fruits tropicaux destinés à l’exportation vers le Maroc et au-delà.
  2. Créer un Fonds d’Investissement Commun : Alimenté par les deux parties, ce fonds pourrait co-financer des projets prioritaires pour le Sénégal (industrie légère, logistique, numérique) tout en offrant des rendements sécurisés aux investisseurs marocains.
  3. Renforcer la coopération triangulaire : Associer l’expertise marocaine et les ressources/filiales sénégalaises pour conquérir ensemble des marchés tiers en Afrique de l’Ouest, dans une logique purement sud-sud.
  4. Institutionnaliser un dialogue permanent sur les déséquilibres : La Commission Mixte ne doit pas être un événement ponctuel, mais s’appuyer sur un comité de suivi économique permanent chargé de monitorer les déséquilibres et de proposer des correctifs en temps réel.
 ConclusionLa 15ème Commission Mixte Sénégal-Maroc est bien plus qu’une routine diplomatique. Elle est le banc d’essai de la capacité des deux nations à transformer une relation historique et affective en un partenariat économique innovant, équilibré et tourné vers l’avenir. En capitalisant sur leurs avantages comparatifs complémentaires, en faisant des institutions financières marocaines un levier de financement de projets communs, et en s’appuyant sur les liens socioreligieux séculaires, le Sénégal et le Maroc peuvent écrire un nouveau chapitre de la coopération Sud-Sud. Un chapitre où le développement économique mutuel et la souveraineté partagée deviendraient la norme, pour le bénéfice de leurs peuples et en tant que modèle inspirant pour tout le continent africain.Dr. Seydina Oumar Seye

[INTERCONFESSION] Plaidoyer pour une équité de traitement entre Daaras et Séminaires (Par Ephrem MANGA)

Tract – C’est avec une joie véritable et un soulagement que je vois l’État s’investir pour organiser et financer les daaras dans notre cher pays.

 La tournée du Ministre de l’Éducation dans les cités religieuses, en prélude aux assises nationales des daaras, ainsi que les financements accordés, témoignent d’une volonté forte relevant d’un souhait national, qui permettra une meilleure organisation de ces centres au Sénégal, une réduction du nombre de talibés dans les rues et un apprentissage religieux de qualité, doublé d’une formation professionnelle.Par ailleurs, le financement dont l’Institut Franco-Arabe « Nouroul Islam » vient de bénéficier contribuera davantage, j’en suis certain, à l’objectif visant à atteindre l’autosuffisance alimentaire dans notre chère nation. Toutefois chères autorités, c’est le lieu de vous informer de la situation des séminaires catholiques dans notre pays laïque, en vue de l’équité prônée par vous-mêmes.Les séminaires et juvénats catholiques vivent en effet des défis colossaux relativement à leur fonctionnement et à la réhabilitation de leurs infrastructures.Pour rappel, un séminaire, tout comme un daara, a pour vocation de former les futurs religieux de la religion catholique (prêtres et frères). Le Sénégal compte trois (3) grands séminaires ainsi que plusieurs juvénats dédiés à la formation des sœurs religieuses qui ne jouissent d’aucun financement étranger.Un récent communiqué des évêques du Sénégal appelle d’ailleurs à la quête annuelle dans les paroisses et à une initiative de solidarité individuelle, en vue de financer des projets dans ces trois grands séminaires, visant à les rendre plus autonomes. Les années précédentes, les collectes n’ont pu contribuer qu’au fonctionnement stricto sensu de ces établissements. Il est important de préciser que ces maisons de formation religieuse catholique du Sénégal sont quasi exclusivement prises en charge par les paroisses, les laïcs et des personnes de bonne volonté.C’est pourquoi Monsieur le Président de la République et chères autorités, j’appelle votre attention sur ces faits majeurs pour la religion catholique, afin qu’au nom de l’équité et de la laïcité dans notre République, l’État réagisse de manière inclusive pour soutenir toutes les structures religieuses à caractère éducationnel des différentes sensibilités religieuses, ayant pour vocation d’assurer la continuité de la formation des ministres de leur foi. Tout soutien national devrait donc profiter et bénéficier à tous.Ephrem MANGA, Membre de Présence Chrétienne et membre de la Société Civile

[Aux Affaires étrangères] Le grand écart du ministre Cheikh Niang entre ‘rupture souverainiste sénégalaise’ et ‘multilatéralisme à assumer’

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Tract hebdo – C’est le grand écartèlement de la Place de l’Indépendance, au ministère de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur. Depuis sa nomination en septembre 2024, Cheikh Niang, diplomate de carrière au flegme olympien et au CV plus long qu’une file d’attente devant le consulat de France à France dans les années 90 et une cohue tout aussi longue devant VSF Global chargé des visas Schengen en ces années vingt vingt ; Cheikh Niang donc, s’est vu confier une mission de haute voltige : incarner la « rupture souverainiste » tout en restant le chouchou du multilatéralisme. Un peu comme si l’on demandait à un chef étoilé de préparer un « soupoukandia » 100% local, mais avec des épices importées par avion spécial.

 

Le ministre Cheikh Niang se retrouve donc écartelé. D’un côté, il y a la doctrine du « Jub, Jubal, Jubanti », qui exige de regarder les anciennes puissances dans les yeux sans ciller. De l’autre, il y a la réalité des instances internationales où, si l’on tape trop fort sur la table, on finit par renverser son propre verre de champagne…ou de gingembre (on ne veut offenser personne, hein).

La méthode Niang : le souverainisme de velours

Là où sa prédécesseure Yassine Gros Calibre FAll a pu être tentée par la gesticulation activiste, Cheikh Niang a choisi la « diplomatie du murmure souverain ». Il affirme la souveraineté du Sénégal avec une telle courtoisie que même ses interlocuteurs occidentaux se surprennent à acquiescer avant de réaliser qu’ils viennent de se faire gentiment éconduire.

C’est le paradoxe de sa fonction : devoir expliquer à New York que le Sénégal n’appartient à personne, tout en s’assurant que le Sénégal siège partout.

Un numéro d’équilibriste où le ministre semble dire :

« Nous sommes totalement indépendants, mais ne partez pas trop loin, on a encore besoin de réformer votre Conseil de sécurité ! »

Les premiers pas de Cheikh Niang (septembre 2024 – janvier 2026)

Malgré notre ton un tantinet satirique sur lui, le parcours de Cheikh Niang depuis sa prise de fonction montre une activité dense visant à stabiliser l’image du Sénégal après une période de transition politique intense. En terme de rééquilibrage stratégique au Maroc (janvier 2026), il vient de coprésider la 15e Grande Commission Mixte Maroc-Sénégal à Rabat avec Nasser Bourita. C’est l’occasion de signer de nombreux accords (jeunesse, transports, culture), prouvant que la « souveraineté » passe d’abord par le renforcement des alliances sud-sud historiques.

Pour ce qui est du  discours du « réalisme souverainiste », dès ses premières sorties fin 2024, il a théorisé une diplomatie fondée sur la coresponsabilité. Pour lui, le multilatéralisme ne doit plus être une « passivité », mais un espace où le Sénégal impose ses intérêts vitaux.

A propos de l’ancrage dans la CEDEAO, malgré les tensions régionales, il a maintenu une présence active lors des sommets d’Abuja (décembre 2025), tentant de réconcilier l’idéal de l’intégration africaine avec les velléités de départ de certains voisins. Toutefois, le ministre Cheikh Niang, on ne s’est souvenu de son existence et de son appartenance au gouvernement Sonko 2 que lors du putsch contre le Président Embalo à Bissau. Son Secrétaire d’Etat aux Sénégalais de l’extérieur, le sieur Amdou Chérif Dioouf, membre de Pastef dont il est secrétaire national en cherge des Finances, est plus connu que lui : c’est tout dire…

Enfin, dans la gestion de la diaspora : il murmure avoir placé les « Sénégalais de l’Extérieur » au cœur de sa feuille de route, les traitant non plus comme de simples envoyeurs de fonds, mais comme des acteurs de la diplomatie économique. Wait and see ?

Au total et au final ?  Cheikh Niang n’est pas un révolutionnaire de la table rase, mais un réformateur de la table dressée. Son défi reste de convaincre la base souverainiste que le respect des protocoles internationaux n’est pas une soumission, mais le déguisement nécessaire d’une nation qui reprend ses droits.

Néné Sow

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[Tract] Diomaye déjà candidat et Sonko en embuscade : 2029, l’année où le Sénégal aura deux Présidents (ou aucun)

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Tract Hebdo – Alors que certains n’ont pas encore fini de digérer leur thieb de la victoire à la CAN Maroc 2025, d’autres ont déjà sorti les cauris, les calculettes, les banderoles et les boubous de combat. Bienvenue dans la cour de récréation préférée des adultes : la politique sénégalaise.

Opération « Diomaye 2029 » : parce que 5 ans, c’est trop court pour un « Projet »

Un nouveau mouvement vient de naître, plus rapide qu’une connexion 5G à Diamniadio : « Diomaye 2029 ». Les initiateurs, sans doute frappés par une nostalgie précoce, estiment que notre cher Bassirou Diomaye Diomaye Diakhar Faye est comme un bon vin de palme de soum-soum : il faut le laisser vieillir au Palais.

Pour eux, 2029 n’est pas une échéance, c’est une destination touristique. « Pourquoi changer une équipe qui gagne (ou qui essaie de comprendre comment on gère un pays) ? », s’interroge un militant, un badge « Diomaye pour l’éternité » épinglé sur son cœur.

Sonko 2029 : « le Premier qui dit Premier est le Premier ! »

Mais attention ! Dans le rétroviseur, il y a une silhouette bien connue. Ousmane Sonko, notre Premier Ministre qui ne fait jamais les choses à moitié et souvent confond vitesse et précipitation depuis 10 ans qu’il est entré en politique comme un météore en gardant ses réflexes d’ancien premier syndicaliste des impôts, a aussi les yeux rivés sur le fauteuil de l’Avenue Léopold Sédar Senghor. Pour lui, 2029, c’est l’heure de la « Téra-Récupération Totale », la TRT, après la TNT, le BRT, le TER et le Téra-Meeting de « plus rien ne sera plus comme avant ».

On assiste à un spectacle inédit : un tandem au pouvoir où l’un pédale pour 2029 et l’autre passe les vitesses pour la même année. C’est la première fois dans l’histoire qu’une coalition se prépare à s’affronter tout en partageant le même Conseil des ministres. On espère juste que les dossiers de la République ne resteront pas coincés entre les deux ambitions.

Les marraines de la discorde sur le ring : Mimi contre Aïda

Et comme dans toute bonne tragédie grecque (ou sénégalaise), il faut des gardiennes du temple. Aminata « Mimi » Touré, la dame de fer qui a vu passer plus de régimes que de saisons des pluies, a choisi son camp : elle est derrière Diomaye. Pour elle, la stabilité, c’est le Président BDF. Ou peut-être est-ce une vieille rancune de Premier Ministre qui refait surface ? Face à elle, la « Lionne du Baol », Aïda Mbodj. Elle, elle ne jure que par Sonko. « C’est le génie du projet », crie-t-elle, prête à sortir son foulard de guerre pour défendre la candidature du Premier Ministre.

Prévoyez le popcorn (pour les toubabs bu niul) et le guerté thiaaf

Résumons : nous sommes en janvier 2026, il reste trois ans avant l’élection, et la coalition présidentielle ressemble déjà à un ring de boxe. Entre le mouvement « Diomaye 2029 » qui veut prolonger le bail et « Sonko 2029 » qui veut récupérer les clés, le peuple sénégalais regarde le match avec un mélange d’admiration et de fatigue.

Le vrai luxe au Sénégal en 2026 ? C’est de trouver un politicien (surtout de ceux au pouvoir) qui parle de 2026 et non de 2029. Mais bon, comme on dit chez nous : « Incha’Allah, ça ira bien, di naa baakh ». D’ici là, attachez vos ceintures, les secousses politiques ne font que commencer !

Dibor Faye

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[KRONIK] Ousmane Sonko à Rabat : l’art délicat du ‘c’est passé, on oublie ?’ (Par Damel Gueye, Tract Hebdo)

Tract Hebdo – Pendant que les claviers sénégalais et marocains fument encore sur les réseaux sociaux, menaçant de provoquer une surchauffe généralisée des serveurs de la Silicon Valley, le Premier ministre Ousmane Sonko a posé le pied sur le tarmac de Rabat ce lundi 26 janvier au matin. Officiellement, il vient pour la 15ème Grande Commission mixte Sénégal-Maroc. Officieusement, il vient surtout vérifier que l’amitié entre les deux peuples est plus solide qu’une défense centrale marocaine à la 90ème minute.

Entre phosphate et fair-play

Sur le papier, l’agenda est d’une austérité à faire dormir un comptable de la Banque Mondiale : économie numérique, souveraineté alimentaire, et surtout, le précieux phosphate. Le Sénégal veut des engrais pour ses champs de mil, et le Maroc en a à revendre. Mais dans les couloirs du Palais des Hôtes, l’ambiance est aussi tendue qu’une séance de tirs au but. Le protocole marocain a dû recevoir des consignes strictes : « Interdiction formelle de prononcer les mots ‘penalty’, ‘arbitre’ ou ‘VAR’ en présence de la délégation dakaroise ».

Un conseiller sénégalais, aperçu en train de dissimuler maladroitement un maillot des Lions sous son costume de chez l’artisan tailleur, aurait glissé à son homologue chérifien : « Écoute, mon frère, on est venus pour le phosphate, pas pour la VAR. Gardez vos ralentis, on garde la Coupe, et tout le monde est content, non ? »

La diplomatie du couscous contre le celle du thieb

Le véritable défi de cette visite ne réside pas dans les accords commerciaux de plusieurs milliards, mais dans la gestion des ego sportifs. Imaginez la scène lors du dîner officiel : entre le thé à la menthe et un tajine aux pruneaux, le silence devient pesant. On n’ose pas demander « Comment s’est passé votre voyage ? », de peur que la réponse ne soit : « Plus fluide que votre défense sur l’aile droite ».

La diplomatie, c’est cet art sublime de serrer la main de celui à qui on a « emprunté » le trophée continental une semaine plus tôt, tout en discutant avec un sérieux olympien de la coopération décentralisée. Sonko le prophète en son pays, en maître des jeux politiciens contorsionnistes mais fermes, sait qu’une tonne d’engrais vaut bien quelques sifflets dans les stades, mais l’histoire ne dit pas s’il a réussi à ne pas sourire en passant devant la vitrine (vide) du musée de la Fédération Royale Marocaine de Football.

Le spectre de la 90ème minute

Alors que les ministres signent des mémorandums d’entente à tour de bras sur le transport et l’énergie, les experts en géopolitique se demandent si le Sénégal ne devrait pas inclure une clause « clémence arbitrale » dans ses futurs traités internationaux. « Si vous nous donnez des tarifs préférentiels sur les engrais au phosphate, on vous promet de ne pas célébrer trop fort la prochaine fois », aurait pu être la proposition la plus honnête de la semaine.

En attendant, Ousmane Sonko joue la carte de la « souveraineté partagée ». Comprenez : le Maroc garde le leadership sur le phosphate, et le Sénégal garde le leadership sur le ballon rond. Un échange de bons procédés qui prouve que dans le « Sénégal nouveau de rupture systémique », on sait quand même  faire la part des choses entre le développement agricole et la passion du cuir. Mais attention, au retour à Dakar, il faudra expliquer aux supporters que le phosphate marocain ne servira pas à fertiliser les pelouses pour que les Lions courent encore plus vite… Quoi que ?

Damel Gueye

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[Tract] Les méga-téra-embouteillages de Dakar : klaxons en tam-tams et nerfs en fils de fer !

Tract Hebdo – Ah, Dakar ! Ndakarou et ses Nitt Ndiaye, Ndakarou et ses Doff Diop ! Ses plages ensoleillées, sa téranga légendaire, ses odeurs de thiéboudienne, de mafé et de soupoukandia… et ses embouteillages, un spectacle si grandiose qu’il mériterait sa propre catégorie aux Oscars ! Avec son gaz carbonique, ses fumées noires et ses odeurs de gazole. Chaque début de semaine qu’Allah fait, et jusqu’au samedi (les dimanches, c’est répit : tout le monde récupère de ses efforts…), notre capitale crée en 1857 prouve qu’elle est la championne incontestée du « stop-and-go » à l’échelle planétaire. On suppute même que les embouteillages dakarois sont si épiques qu’ils servent de banc d’essai pour les systèmes de freinage des plus grands constructeurs automobiles mondiaux. « Si ça tient à Dakar, ça tiendra partout ! » C’est leur nouveau slogan, paraît-il.

Imaginez la scène : lundi matin, 8h. Le soleil darde ses rayons sur une ville qui s’éveille… enfin, qui essaie. Car entre le point A et le point B,le Point E et Pikine, il y a un océan de tôle, de sueur et de patience égarée. Les automobilistes, véritables stoïciens des temps modernes, transforment leurs habitacles en temples de méditation forcée. Certains ont même développé des techniques de respiration yogique pour éviter l’implosion veineuse. On a aperçu un chauffeur de taxi (un Yango ou un Yassir ?) réciter des poèmes de Léopold Sédar Senghor pour se calmer (‘Ô femme nue, femme noire, vêtue de ta couleur qui est beauté »…mais on s’égare!), tandis qu’un autre tentait d’apprendre le tachahoud avec une applic’tion mobile, faute de mieux.

Les embouteillages à Dakar, ce n’est pas seulement un problème de circulation, c’est une expérience sociologique unique. C’est là que l’on observe la véritable nature humaine, entre l’ingéniosité du vendeur ambulant qui propose des chargeurs solaires et des cacahuètes grillées, et la fureur du cadre supérieur dont la chemise est déjà froissée avant même d’arriver au bureau. C’est aussi l’occasion de tester la solidité des amitiés, car partager une heure et demie de klaxons et de pots d’échappement, ça soude ou ça brise à jamais.

Les autorités, elles, semblent jouer à un jeu de cache-cache avec le problème. Chaque nouvelle route, chaque autopont, chaque giratoire est annoncé comme la solution miracle, le messie du fluide routier. Mais invariablement, le serpent de métal se reforme, plus long et plus patient que jamais. On se demande parfois si les ingénieurs ne cachent pas un générateur d’embouteillages pour maintenir une certaine « ambiance » locale. Après tout, sans embouteillages, Dakar ne serait plus tout à fait Dakar, n’est-ce pas ? Il manquerait ce petit quelque chose, cette saveur particulière qui fait qu’on aime la détester… et qu’on ne peut s’empêcher de revenir. C’est comme ce pont à l’entrée de Keur Massar fait dans le mauvais sens, pour desservir Malika et Mbeubeuss sans trafic, au lieu d’aller vers les tréfonds de Keur MAssar noirs de monde, d’habitations et de nouvelles cités…

Alors, la prochaine fois que vous serez coincé dans l’interminable file d’attente, ne râlez pas. Profitez-en ! Écoutez ce podcast que vous n’avez jamais le temps d’écouter, appelez votre grand-mère en banlieu profonde qui a tout son temps vu qu’elle vend des arachides devant sa maison, ou méditez sur le sens de la vie. Car à Dakar, l’embouteillage n’est pas un obstacle, c’est une destination en soi. Et pour certains, c’est même le seul moment de la journée où ils sont obligés de ralentir. Peut-être est-ce cela, au fond, le vrai luxe ? Dalal ak jamm ci Daar, ô visiteur temporaire. Pour les résidents ? : « Kou mougne, mouuugne »!

Damel Gueye

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Le PR Diomaye candidat à l’élection présidentielle de 2029

Tract Hebdo – Le quotidien Les Échos informe dans son édition de ce lundi 26 janvier que «des politiciens ont porté sur les fonts baptismaux un mouvement dénommé ‘Diomaye 2029’». Objectif : «porter la candidature du chef de l’État à la prochaine présidentielle», relate le journal. La publication souligne que le coordonnateur de l’entité, Moïse Kama, en conférence de presse, n’a pas pris des gants pour clamer haut et fort que lui et ses compagnons veulent faire réélire Diomaye Faye en 2029.La Rédactionwww.tract.sn

[ET DIT TÔT] ‘Sénégalaxie’… et démocratie : pays d’un bal masqué entre tradition, religion, TikTok et modernité (Par Dibor Faye, Tract Hebdo)

Tract Hebdo– Ce lundi 26 janvier 2026, l’actualité sénégalaise sera marquée par un phénomène qui, à force d’être répété, en devient presque une marque de fabrique : l’éternel équilibre (ou déséquilibre, c’est selon) entre la tradition et la modernité dans la gouvernance du pays, entre la religion et la reddition (des comptes), entre les psalmodies spirituelles et la frénésie des ‘reels’ de TikTok.

Ainsi, le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, lors de son discours de milieu de semaine lors de la Rentrée Solennelle des Cours et Tribunaux, a une fois de plus jonglé avec les concepts de ‘valeurs endogènes’ et de ‘progrès technologique’, laissant les observateurs avertis assez perplexes.

Chez  « Tract Hebdo », nous qui aimons la nuance et l’impertinence, on ne peut s’empêcher de sourire. La démocratie sénégalaise, c’est un peu comme un bal masqué où chacun joue un rôle, avec des masques parfois si bien faits qu’on ne sait plus qui est qui.

Les griots modernes, armés de smartphones, commentent la politique sur TikTok; les chroniqueurs analphabètes et anciens tailleurs ou coiffeurs sont sur les télés privées; tandis que les anciens notabilisés, drapés dans leurs boubous, observent la scène avec un mélange de sagesse et de fatalisme.

On nous parle de ‘bonne gouvernance résolue’, de ‘transparence obligatoire’, de ‘rupture systémique’ (bon, ça, on nous en parle un peu moins…, on parle désormais plus d’union des coeurs, dans ce ‘Diomayat’ déjà arrivé à mi-mandat), de ‘reddition des comptes par l’ancien régime des deux Salltennats mackyavéliques’, ‘d’appels a candidature pour les directions générales publiques’ (quel serpent de mer…!) et de « montée en compétences de l’Administration et des Agents publics « .

Des mots qui sonnent doux à l’oreille, mais dont la mise en œuvre se heurte souvent aux réalités d’un terrain politique conflictogène (Merci la CAN Maroc 2025, merci Nianthio Sadio Mané ‘Superman..é’, merci coach Pape ‘Thioo’ -comme prononce Canal+ – , pour la trêve politicienne actuelle…!) et d’un terreau social de populations aux individus aussi glissants que des savonnettes un peu trop entamées.

Les décisions politiques sont parfois prises dans l’opacité ou, au contraire, de façon un peu trop…translucide (or, l’Etat doit souvent pouvoir s’entourer du mystère de la mystique républicaine, pour être mieux obéi, dans ses lois, décrets et règlements, par les citoyens et usagers – tous autant adeptes de l’évitement fiscal et du ‘service camarades’ quand ils vont dans les services administratifs).

Les institutions peinent à suivre le rythme des évolutions sociétales, de la pression d’une jeunesse sénégalaise 4.0 et 5G, majoritaire statistiquement et biberonnée à la révolte, à tout tourner en dérision avec des ‘lol’ et des émoticones ‘je rigole’ , et à la contestation systématique  via réseaux sociaux.

Et, enfin, osons le dire, de la corruption, qui tel un fantôme trop familier depuis au moins l’an 2000, rôde toujours aux alentours des couloirs du pouvoir pastéfien. Ou déjà en son sein.

Le peuple sénégalais, lui, est un mélange de résignation et de rébellion. Il subit les avanies des services publics et des logeurs privés (‘appartement a louer; réservé aux étrangers, désolé’…!!!)avec humour, se moque des promesses électorales non tenues, mais sait aussi se mobiliser quand les lignes rouges sont franchies. C’est un peuple qui a le sens de la Téranga, mais qui sait aussi se montrer ‘terang..agacé’, quand on le pousse à bout.

Alors, la démocratie sénégalaise : une utopie moderniste ou une réalité ancrée dans les traditions ? Un peu des deux, sans doute. C’est un pays qui avance, à son rythme, avec ses contradictions et ses fulgurances. Un pays où les jeunes rêvent d’innovation et les anciens s’accrochent aux valeurs dites ‘d’antan et de toujours’, dans ce pays du thieddo Kocc Barma Fall où dorment sous terre, du sommeil éternel de la mort, de véritables saints hommes des deux siècles passés, vénérés par tous (et les jeunes ne sont pas en reste dans cette saine révérence aux saints sénégalais).

Nous, on continuera à observer, avec un œil critique et un sourire en coin, cette sarabande de démocratie d’une ‘Sénégalerie’ souvent sujette aux accélérations endiablées puis aux cahoteuses pannes de souffle; une danse de chaises musicales (‘Ôte-toi de là que je m’y mette… ou que j’y mette mon parent!’), qui tient plus du mbalakh aux sautillements fantasques que du Yéla aux pas de danse bien ordonnés…

Car au fond, la démocratie, au Sénégal comme ailleurs, c’est avant tout une histoire d’hommes et de femmes, avec leurs forces et leurs faiblesses, leurs ambitions et leurs déceptions, leurs résolutions nobles et leurs capitulations en rase campagne au Dieu-Argent.

Et c’est cette histoire que nous continuerons de raconter, avec notre « très bonne droite » et notre « résolument de gauche ».

Sans oublier l’incontournable touche de Téranga et le souvent excessif Masla’a, qui font tout le charme piquant de notre… Sénégalaxie.

Dibor Faye

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[ET DIT TÔT] Retour au bercail des Sénégalais diasporiques : entre promesses dorées et réalités… un peu rouillées ! (Par Damel Gueye, Tract Hebdo)

Tract Hebdo – Le Sénégal n’a-t-il pas lancé en grande pompe sa campagne « Retour au bercail », invitant les millions de Sénégalais de la diaspora à venir investir, créer et participer au développement du pays? Ô, que si. Les promesses sont alléchantes : exonérations fiscales, accompagnement personnalisé, avantages sociaux et avec plus d’équité de la ‘rupture systémique’ et du ‘Projet’, et bien sûr, la chaleur de la Téranga retrouvée.Mais pour beaucoup de ces « anciens-nouveaux » résidents, la réalité est un peu moins rose que le communiqué officiel. « On nous a promis des tapis rouges, on a eu droit à des embouteillages monstres et à fort dégagement de gaz carbonique « , s’amuse Amadou, revenu de France après vingt ans d’absence. « On nous a dit que tout était facile, on a découvert la complexité de l’administration; les coupures d’eau et d’électricité ne sont pas rares, et, une fois encore, se déplacer dans les embouteillages dakarois, y compris sur l’autoroute à péage, peut prendre des heures. Sans oublier des loyers de 700.000 FCFA pour trois chambres salon, même à Mermoz ! « .Le gouvernement, dans un souci de « valorisation des compétences nationales », a mis en place des dispositifs d’accueil et d’accompagnement. Mais les témoignages de déception sont nombreux. Beaucoup de ‘revenants’ (ou des ‘repats’, les enfants de la deuxième génération des diasporiques sénégalais) se plaignent du manque d’informations, de la lourdeur des procédures, et surtout, du coût de la vie qui, selon eux, a explosé.« J’ai l’impression que la Téranga a pris des airs de ‘tout payant et cela séance tenante. Du rokki mi rokka partout' », ironise Fatou, revenue des États-Unis. « Tout est cher : le loyer, la nourriture, les écoles pour les enfants. On nous dit de venir investir, mais on a l’impression que le pays est déjà un investissement en soi, et qu’il faut un portefeuille bien garni pour y vivre confortablement. »L’opposition, bien sûr, a saisi l’occasion de dénoncer une « campagne de communication creuse » et une « absence de réelle politique d’intégration » pour la diaspora. Des accusations que le gouvernement rejette, arguant que « le retour au bercail est un processus long et complexe qui demande des ajustements ».Comment conclure et que conclure ?Hé bien, avec ceci : Bonne chance au gouvernement Sonko 2 ! Et bon courage aux diasporiques (encore appelés ‘venants), ça va venir, inch’Allah !Damel GueyeTract Hebdowww.tract.sn