Ce 18 Safar, qui coïncide avec ce dimanche 28 octobre 2018, est la grande première pour son premier Grand Magal de Serigne Mountakha dans ses habits de khalife général des Mourides.
Des prières pour son prédécesseur, feu Serigne Cheikh Sidy Moctar Mbacké et pour Sokhna Bally Mbacke, décédée ce dimanche : ce sont là les premiers mots du khalife des mourides, Serigne Mountakha Mbacké, par la voix de son porte-parole, Serigne Basse Abdou Khadre Mbacké, lors de la cérémonie d’ouverture du Magal, ce lundi.
Aussi, le guide des mourides a remercié tous ceux qui ont participé au déroulement du Magal et exhorté les musulmans à davantage d’entraide et de solidarité, mais aussi à cultiver l’amour de son prochain et la protection de la religion islamique.Serigne Mountakha, en direction des acteurs politiques, a ajouté : « Le pays ne se construit pas dans la farce, le jeu ou la plaisanterie. Qu’on évite aussi la jalousie, la suspicion et qu’on cultive l’amour entre musulmans. »
Né à Darou Kayel il y a 85 ans, Serigne Mouhamadou Mountakha Mbacké, qu’on surnomme Serigne Mountakha Bassirou Mbacké, va célébrer ce dimanche le premier Magal de Touba sous son khalifat.
Successeur du regretté khalife, Serigne Cheikh Sidy Mactar Mbacké, dont il était le « Dieuwrigne » (homme de confiance), Serigne Mountakha est aussi le khalife de la famille de son père, Serigne Bassirou Mbacké (fils de Cheikh Ahmadou Bamba), depuis la disparition de son frère, Serigne Moustapha Bassirou en 2007.
Reconnaissable à sa barbe blanche, son enthousiasme en toute circonstance et en tout lieu, l’actuel guide spirituel de la communauté mouride s’est révélé être un parfait éducateur. En atteste son amour pour l’école dédiée à Sokhna Mame Mariama Bousso à Porokhane. Là où sont formées les homonymes de cette dernière et dont la maîtrise du Saint Coran est une des facettes pour lesquelles les pensionnaires de l’établissement sont données en exemple un peu partout dans le monde.
Attaché au ndiguel (directive), Serigne Mountakha est un agriculteur connu pour sa culture, sa maîtrise et son amour du Saint Coran et des khassaïdes (poèmes de Bamba).
Très lié à Serigne Saliou Mbacké, le cinquième khalife des mourides, avec qui il entretenait des relations très chaleureuses, presque complices, il a apporté son concours à tous les khalifes qui se sont succédé à Touba après la disparition de ce dernier.
Son plus grand projet en tant que khalife, c’est la construction d’une université islamique à Touba.
Un Sonko peut en cacher un autre, dans la même case politique. Au Sénegal, nous avons Ousmane, expert en buzz. Au Kenya, ils ont Mike, adepte de la controverse et du bling bling.
Sénateur, il a été élu gouverneur de la capitale en août 2017 Casquette rouge, jeans délavés, blazer couleur de treillis militaires, Mbuvi Gidion Kioko, c’etait l’habillement de « Mike Sonko », pour ses conférences de presse matinale durant sa campagne pour le poste de gouverneur de Nairobi (équivalent de maire). « Nous devons avoir de l’eau pure, en finir avec les embouteillages et la corruption », récite-t-il alors laborieusement. Les yeux cernés, il bafouille, se perd dans ses notes. Celui qui devait diriger sous peu l’une des principales capitales du continent avait l’air de sortir du lit.
Mais le candidat d’alors n’avait que faire des sourires amusés. A désormais 43 ans, le sénateur de Nairobi n’en etait pas à sa première provocation, loin s’en faut. « Enfant chéri des pauvres » ou « homme du peuple » pour les uns, « populiste assumé »ou « voyou » pour les autres, Sonko est l’un des politiques les plus populaires et les plus controversés du pays.
Sonko, c’est d’abord un style. Une démarche balourde d’ex-détenu, les épaules rentrées. Un look « gangsta » bling-bling : chaînes, bagouses et chapeaux dorés, tee-shirt à tête de mort, coupe de cheveux fantaisiste, qu’il porte jusque dans les cérémonies officielles. Quitte à se faire expulser manu militari du Parlement, comme cela lui est déjà arrivé dans le passé.Les Kényans raffolent de ses excentricités. Il y a quatre ans, le sénateur Sonko fut l’un des politiques les mieux élus du pays, obtenant 814 000 voix à Nairobi. En avril dernier, il a remporté haut la main les primaires du Jubilee, le parti au pouvoir, dans la capitale. Et en août, l’ogre Sonko ne compte faire qu’une bouchée du gouverneur sortant, Evans Kidero, au bilan médiocre et à l’administration corrompue.
Case prison
Mais derrière la fumée blanche des sondages, le nom de Sonko sent le soufre. Né à Mombasa en 1975, Mbuvi Gidion Kioko a grandi dans les quartiers pauvres du grand port de la côte. Très vite, il sert d’intermédiaire dans d’obscures ventes et reventes de terrain. Et, à 22 ans, passe par la case prison… dont il s’évade avant d’être rattrapé par la police.À sa sortie, Sonko fait fortune en rachetant et en gérant des compagnies de matatus, les innombrables bus de Nairobi. Il se taille au passage une grande popularité dans les faubourgs populaires de l’est de la capitale. « Je payais les frais de scolarité des étudiants et j’offrais des transports gratuits aux familles », expliquera-t-il plus tard. Il gagne son surnom : « Sonko », « le boss » ou « le mec riche ».Surfant sur sa renommée, il descend en l’arène politique et est élu sans difficulté député en 2010, avant de devenir sénateur. Pour remercier ses électeurs, le parlementaire inaugure ses « Sonko rescue teams » : une flotte de véhicules (ambulances, camions, 4×4, limousines…) mis à disposition de ses concitoyens 24 heures sur 24 pour transporter en urgence les malades à l’hôpital, débarrasser des ordures gênantes, emmener un marié pressé à l’église ou un corps encore chaud à la morgue.Du clientélisme pur, « mais qui donne l’impression aux populations démunies de Nairobi que quelqu’un s’occupe enfin d’eux », dit Gabrielle Lynch, professeure à l’université de Warwick (Royaume-Uni) : « Sonko a une image d’homme efficace, généreux et accessible. Il est ainsi l’un des rares politiques dont la base électorale transcende les clivages ethniques. »Mais selon ses adversaires, le business des minibus et les Sonko rescue teams ne seraient en réalité qu’une couverture pour des activités moins recommandables, à savoir le trafic de drogue. En 2010, le nom de Sonko figurait ainsi tout en haut d’une liste transmise par l’ambassade des Etats-Unis aux autorités kényanes et répertoriant six barons de la drogue du pays.
De l’eau dans son whisky
Sonko a toujours nié avoir participé au trafic. « Ma fortune vient de Dieu, je ne sais pas faire la différence entre du sucre et de la cocaïne », jure-t-il, arguant n’avoir jamais été condamné par la justice kényane et se disant prêt à laver son honneur devant les tribunaux américains. Mais depuis sept ans, les soupçons ne cessent de le poursuivre. « Les ambulances [de Sonko] parcourent toutes nos routes sirène au vent, de sorte que les gens pensent que la vie de quelqu’un est en danger, alors qu’en réalité elles vont distribuer de la drogue en vitesse », a récemment accusé son adversaire Evans Kidero.L’homme, qui aime parader entouré de gardes du corps armés de fusil de gros calibre, effraie l’establishment nairobien. « En haut lieu, certains se demandent si Nairobi va tomber entre les mains d’un cartel », note l’analyste politique Dismas Mokua.Car on ne rigole pas avec Nairobi :la ville, qui rassemble un Kényan sur dix et représente 60 % du PIB national, demeure la « capitale » de l’Afrique de l’Est.Sonko a donc mis de l’eau dans son whisky. Exit les bijoux qui brillent, le sénateur s’est rasé la tête et acheté des costumes. « J’ai grandi », jure-t-il aujourd’hui. Bon élève, il a passé en 2015 un diplôme universitaire en business et administration. « D’aucun disent qu’il l’a acheté… », sourit un observateur.« Pour rassurer les argentiers, l’élite du Jubilee lui a imposé un colistier respectable », poursuit Dismas Mokua. Il s’agit de Polycarp Igathe, directeur impeccablement cravaté de Vivo Energy Kenya, qui servira de vice-gouverneur en cas de victoire. Aujourd’hui, les sondages donnent Mike Sonko gagnant. Mais son regard porterait déjà loin au-delà les hauts murs blancs de l’hôtel de ville de Nairobi. « Il a la popularité pour aller plus loin encore, soutient Dismas Mokua. Un jour, il pourrait même être candidat à la présidentielle. »
#SenCaféActu du 29 octobre 2018:Par Adama SowA la Une: Le Magal de Touba a vécu, Les enseignants et le ministère des finances se crêpent le chignon, Serigne Modou Kara s’engage à réelire Macky Sall1-Magal 2018 a vécu : 8 morts, plus de 200 blessés sur la route, 182 sorties des sapeurs-pompiers, 6 tonnes d’aliments impropres à la consommation saisies, décès en plein Magal de Sokhna Bally Mbacké fille de Sokhna Mai Mbacké, la cérémonie officielle prévue ce matin, aucun nouveau cas de dengue détecté lors du Magal2-Le gouvernement présente un gigantesque projet du Musée Serigne Touba pour booster le tourisme religieux et faire de Touba un pôle d’attraction et de rayonnement islamique selon le ministre de la culture Abdou Latif Coulibaly3-Serigne Modou Kara Mbacké annonce son soutien à Macky Sall pour la présidentielle de 2019 et s’engage à le réelire4-Polémique entre le ministère des finances et les enseignants sur l’application de l’augmentation de l’indemnité de logement : Surpris quand ils ont découvert leurs bulletins de salaire de fin octobre, les enseignants ont dit ne pas sentir l’augmentation de 15000 annoncée par la direction de la Solde qui a confirmé l’augmentation promise5-Plus de 10000 élèves sans pièces d’état civil à Thiès : Les autorités académiques tirent la sonnette d’alarme6-Ça se passe en Afrique : Abdel Aziz Bouteflika candidat à sa propre succession : 81 ans, cloué sur un fauteuil depuis des années par un AVC, le président algérien veut briquer un 5eme mandat en 20197-Le Brésil a élu « son Trump » Jair Bolsonaro : Raison de plus de croire que le monde va vers la dérive, le Brésil a basculé dans l’extrême droite avec un président populiste taxé de raciste, de pro- armes et d’anti-immigration comme Trump
Exactement comme sur les plages de Saly ou de Cap Skirring au Sénégal. Environ 80 000 femmes posent leurs valises en Jamaïque chaque année, et pas seulement pour visiter le studio de Bob Marley et glander sur les plages de sable fin. Particularité méconnue du tourisme local : les “rent-a-dread” (“loue une dread”, pour ceux qui ont fait mandarin LV1) ou “rastitute” (mot valise composé “rasta” et “prostitute”), de jeunes gigolos au crâne couvert de dreads qui proposent leurs faveurs aux quadras blanches esseulées sur des plages populaires de l’île telles que Negri. Le phénomène s’explique à la fois par les inégalités économiques (la Jamaïque est l’île la plus pauvre des Caraïbes) et par l’anonymat dont jouissent les Occidentales qui viennent consommer des relations sexuelles avec des autochtones, loin des paires d’yeux désapprobateurs et des possibles sanctions judiciaires.Si ces playboys des plages arborent la coiffure typique des rastas, ils ne sont pas de vrais adeptes de la religion rastafarienne : la prostitution est mal vue par les croyants, qui la perçoivent comme une perversion venue de Babylone. Combinaison de la misère sexuelle et affective de ces Dames et la détresse financière de ces Messieurs. Un récent film documentaire de J. Michael Seyfert donne la voix à ces personnes qu’on entend que très rarement.
Duduzane Zuma, fils de l’ancien président sud-africain Jacob Zuma, sera jugé à compter de mars pour homicide involontaire après avoir causé la mort de deux personnes dans un accident de la route, a annoncé vendredi la juge chargée du dossier.
Le jeune homme de 34 ans, vêtu d’un costume sombre, a comparu brièvement vendredi devant un tribunal de Johannesburg, accompagné de son père, flanqué de gardes du corps.
« Je veux que vous soyez disponible le 26 mars 2019, date de votre procès », a déclaré la juge Heidi Barnard dans un tribunal où se pressaient partisans et opposants à la famille Zuma.
Egalement poursuivi pour corruption
Duduzane Zuma est accusé d’avoir provoqué la mort en 2014 à Johannesburg d’une passagère d’un mini-bus, qu’il a percuté avec sa Porsche.
Une autre passagère a succombé à ses blessures trois mois après l’accident.
Le parquet avait dans un premier temps renoncé à poursuivre Duduzane Zuma, mais sous la pression de l’organisation AfriForum, il a décidé de revoir sa position.
Fin observateur des économies africaines dans leur fonctionnement et leurs rapports avec les institutions financières internationales, Papa Demba Thiam s’interroge haut et fort sur les raisons qui font que l’Afrique n’a toujours pas décollé. Professeur, chercheur et investisseur, entrepreneur privé pour le développement des chaînes de valeurs, avant de travailler comme consultant international au service des gouvernements suisse et allemand, le Dr Papa Demba Thiam a été coordonnateur puis directeur de projets pour le développement du secteur privé et du commerce dans les pays ACP (Afrique Caraïbes Pacifique) en liaison avec l’Union européenne, consultant international auprès de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI) et auprès de la Commission européenne, fonctionnaire à l’Organisation de coopération et développement économique (OCDE) et économiste principal au Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest. De mai 2003 à octobre 2016, le Dr Papa Demba Thiam a été fonctionnaire à la Banque mondiale avant de quitter cette dernière institution en retraite anticipée. Il développe actuellement des services de conseil en partenariats stratégiques public-privé sur les chaînes de valeurs en développement industriel fondés sur la transformation des ressources locales y compris par le développement d’agglomerations industrielles urbaines liées aux économies nationales, les parcs industriels multifonctions et les parcs agro-industriels. Donc, de quoi comprendre le fonctionnement de la machine de coopération économique multilatérale de l’intérieur. Se confiant au Point Afrique, il met le doigt sur les sentiers de dysfonctionnement dans lesquels les économies africaines ont erré et qui les ont conduites à connaître la situation qui est la leur aujourd’hui.
Comment expliquez-vous que malgré toutes les richesses dont elle dispose, l’Afrique en soit à la place qu’elle occupe aujourd’hui dans le concert des nations ?
Papa Demba Thiam : À mon humble avis, toute économie pour être viable doit être bâtie sur ses forces. Cela n’a pas toujours été le cas pour la grande majorité des pays africains. Pourtant, on ne peut citer aucun pays africain qui n’ait pas de ressources enfouies dans son sous-sol et dans ses plans et cours d’eau, étalées sur son sol et potentiellement dérivables par l’exploitation de ses positions géographiques. L’inertie et l’inaction me semblent d’abord avoir relevé de la culture de la chasse et la cueillette qui avaient déjà caractérisé l’exploitation coloniale de beaucoup de pays africains. Cette culture a essentiellement relevé de la prédation en moindre effort avec un niveau de satisfaction très bas de la part des exploitants coloniaux, ensuite, des pays devenus des États indépendants.
Pour preuve, les colonisateurs semblent n’avoir même pas développé de stratégies compétitives en matière de prédation, pour savoir quoi vraiment mieux exploiter et comment le faire de la manière la plus efficiente. À titre d’exemple, on peut se demander pourquoi le Sénégal ne découvre ses importants gisements de pétrole et de gaz que seulement « maintenant », quand on sait que les premiers échanges entre le Sénégal et l’Europe datent de 1444, lorsque les Portugais ont atteint l’embouchure du fleuve Sénégal, qu’après 1600, les Hollandais et les Français en ont chassé les Portugais, et qu’à partir de 1700 la France a commencé à dominer la « région » du Sénégal, militairement, administrativement et économiquement.
Pourtant, gaz et pétrole ont toujours été là… La preuve, il fallait juste penser que le plateau continental du Sénégal appartenait aux mêmes plaques tectoniques que celles de pays producteurs de pétrole qui sont en face du Sénégal, en Amérique latine. Comment pouvait-on ne pas imaginer que s’il y a du pétrole au nord, au sud et à l’ouest du Sénégal, sur les mêmes plaques tectoniques d’aujourd’hui et d’avant, il n’y en aurait pas au Sénégal ? Il s’agit de constater qu’il n’y avait réellement aucune envie de piller le Sénégal d’une manière structurée et intelligente. C’est d’ailleurs pourquoi le colonisateur n’a pas vu l’intérêt de l’exploitation des ressources halieutiques du Sénégal, pariant plutôt sur la culture de l’arachide en sols moins adaptés, pour faire tourner ses huileries. Parce que la France n’avait pas comme vision de s’installer durablement et structurellement dans ses colonies. Ses structures étaient « provisoires » et n’étaient pas appelées à durer.
En comparaison, les colons en Afrique du Sud y ont développé des structures économiques cohésives et cohérentes avec leur volonté d’y rester pour toujours. En règle générale, partout où les colons ont decidé de s’établir, ils y ont développé, ne serait-ce que des niches de « structures de développement économique ». Sinon, leurs seuls programmes et structures installés devaient ne servir qu’à une exploitation conçue pour être limitée dans le temps.
Après les indépendances africaines, les nouveaux gouvernants n’ont pas souvent conçu de stratégies, programmes, projets et interventions pour créer les bases d’une croissance économique permettant la participation du plus grand nombre dans le temps et dans l’espace. Les économistes africains et /ou « africanisants » (pour ne pas dire « tiers-mondistes ») les plus engagés en matière de développement économique étaient plus des révoltés idéologiques qui combattaient ce qu’ils appelaient « impérialisme », « néocolonialisme », « ordre économique international » etc. Ce faisant, ils avaient jeté le bébé avec l’eau du bain en étant occupés à produire des reflexions combattantes contre le « capitalisme et les firmes multinationales. Une superbe occasion ratée pour utiliser leur puissance intellectuelle pour aider à créer les structures de base et les programmes permettant de mettre en exergue les opportunités économiques du continent et les mettre en valeur pour le bien de tous.
Cette situation n’a pas donné d’autres options aux nouveaux gouvernants que d’administrer les rares circuits de production (non-compétitive) de richesses (mal partagées). Ces dernières ont plutôt servi, dans les pays africains, à entretenir une nouvelle classe de chefs-maîtres-administrateurs, d’où l’appétit de beaucoup de personnes à devenir des fonctionnaires. Et le pillage inintelligent de continuer…
Sur le plan économique, l’Afrique est caractérisée par un très important secteur informel qui occupe d’ailleurs l’essentiel de la population. Comment expliquez-vous la persistance de ce phénomène ?
Le développement du secteur dit « informel » me semble la réponse spontanée et naturelle à l’échec de l’économie dite formelle, si tant est qu’on puisse parler d’échec parce que les politiques de développement de l’économie formelle en Afrique ne me semblent pas encore toujours se confondre avec celles nécessaires à la croissance inclusive créatrice d’emplois et de richesses partagées. L’économie est comme un cours d’eau. Si vous bloquez un cours d’eau, il se fait un nouveau lit ailleurs pour toujours continuer de couler.
On voit de plus en plus de gens très instruits par de grandes écoles, dans le secteur informel. Cela a l’air paradoxal, mais je dirais que c’est « normal » au sens de la « nécessité » de Hegel. Parce qu’un opérateur économique investit dans des activités dans lesquelles les opportunités économiques sont claires et les risques connus et gérables. Or la culture de prédation des administrations qui vivent de taxes et d’impôts poussent les opérateurs à se soustraire des circuits formels qui les exposent au fisc. Le problème est surtout qu’ils considèrent les paiements au fisc comme des frais inutiles et évitables, mais pas comme des coûts. Je définis un coût comme un sacrifice de ressources, le but étant de gagner plus que l’on sacrifie. Si vous me dites de sacrifier 10 pour gagner 100, j’aurais tendance à sacrifier 100 pour gagner 1000. Par contre, mon réflexe naturel sera d’éviter des dépenses qui ne rapportent pas. Je les ferai si nécessaire, mais j’aurai tendance à les limiter au minimum. Vu sous cette perspective, les États africains ont intérêt à établir ce que j’appelle des systèmes de « fiscalité de développement » dont tout opérateur économique devrait raffoler si ces systèmes permettent de l’insérer durablement dans des chaînes de valeurs construites par le financement public.
Il faut aussi dire qu’en Afrique, le secteur informel a developpé des modes d’organisation du travail par une culture d’entreprise qui est en bonne adéquation avec la culture des acteurs qui y travaillent. Ils ont les mêmes valeurs, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de ces entreprises, ce qui y facilite la culture et les réflexes d’appropriation.
Enfin, il faut dire que dans certains cas (de plus en plus nombreux), ce sont des bureaucrates, supposés être des gardiens du secteur formel, qui se lancent dans des activités informelles. C’est le cas des boutiques et/ou d’ateliers de tailleurs dans des garages de ces maisons des agglomérations urbaines dans lesquelles les résidents ont bénéficié de programmes d’acquisition de logement en tant que fonctionnaires solvables. D’autres bureaucrates investissent dans des systèmes de transport informel. Il y a d’autres exemples de fonctionnaires-bureaucrates-entrepreneurs informels.
Que faudrait-il pour que les administrations ainsi que les entreprises telles qu’elles existent aujourd’hui en Afrique soient branchées avec l’Afrique réelle ?
Parlons d’abord des administrations qui sont, en principe, parties des institutions, c’est-à-dire des murs-porteurs d’un État de droit. Pourtant, la perversion de la rationalité des institutions est devenue un mode de fonctionnement culturel qui semble accepté en Afrique comme une « norme ». Cela n’a plus l’air de choquer grand monde. Partout dans le monde et d’une manière générale, le pouvoir est détenu par ceux qui contrôlent les moyens de la violence. Dans les pays plus démocratiques, les moyens de la violence sont dans l’assujetissement de l’individu aux règles et procédures dont les institutions sont les garantes. De fait, les moyens de la violence sont contrôlés par la conscience collective de ce que tout le monde croit juste et accepte. Dans beaucoup de pays d’Afrique et pendant longtemps, les moyens de la violence ont été directement ceux par la détention d’armes. C’est le cas à travers des coups d’État et d’autres formes de viols de souveraineté populaire. Il faut d’ailleurs noter que c’est paradoxalement dans ce genre de pays à régime fort qu’il a été plus facile de faire accepter les recettes des programmes d’ajustement structurel et de stabilisation, même si certains des dirigeants de ces pays ont soutenu avoir pris les armes pour renverser des gouvernements parce qu’ils voulaient libérer leurs peuples du « néo-colonialisme incarné par un ordre international injuste et inéquitable ».
Il faut aussi noter que la décennie des programmes de stabilisation et d’ajustement structurel nés du « Consensus de Washington » et de ses modes d’administration pompeusement appelés « gouvernance » a vu se fabriquer tellement de pauvreté en Afrique que des peuples sont descendus dans les rues pour chasser des dirigeants « forts », y compris par l’instauration de « conférences nationales souveraines ». Les jeunesses africaines se sont alors mises à rêver de démocraties par des institutions fortes. Cruelle désillusion : beaucoup de ces institutions ont été dévoyées pour servir des hommes forts, arguant du fait que la démocratie s’exprime par le respect des lois et des procédures établies. C’est cela qui permet aussi d’expliquer pourquoi des institutions démocratiques peuvent se muer en instruments de dictature « légitime » en pipant les dés avant le jeu. Qu’est-ce qui permet à des dirigeants de le faire et à leurs administrés de l’accepter ? C’est aussi l’acception que les Africains ont de la notion de chef. Être chef est une aspiration normale, un moyen de reconnaissance sociale. Quoi de plus évident comme opportunité que de devenir chef, que de s’emparer des rênes d’une institution pour s’en servir comme instrument de pouvoir personnel, surtout si elle permet de changer et/ou tailler des lois sur mesure, auxquelles l’individu doit se soumettre ?
Dans le cas de l’entreprise informelle, la notion de chef et le culte du chef demeurent compatibles avec la poursuite de ses objectifs économiques et sociaux. C’est ce qui crée sa cohésion par une culture d’entreprise comprise et acceptée de ses membres. Ses membres sont dotées de la même mentalité à l’intérieur et à l’extérieur de l’entreprise. Donc pas de choc de cultures. Par contre, dans l’entreprise formelle en Afrique, l’individu est souvent sujet à deux cultures antinomiques. Par exemple, en dehors de l’entreprise peut prévaloir une culture gérontocratique qui fait que l’individu obéit et se défère à plus âgé que lui. Mais le même individu peut être le chef d’un plus âgé que lui, ce qui peut créer des situations de conflits larvés qui empêchent le développement d’une culture d’entreprise commune à tous les acteurs.
En résumé, autant la culture de la notion de chef peut être un facteur de cohésion dans l’entreprise informelle ou un facteur de tensions dans l’entreprise formelle, autant elle peut ouvrir la porte à la transformation d’institutions conçues pour être démocratiques, en des instruments structurels de dictature durable. Le tout relève de l’état de raison dominant que je définis comme l’ensemble des choses que la plupart des membres d’une communauté croient justes. Les pays à marchés émergents ont dû éduquer et ajuster leurs états de raison pour créer des cultures institutionnelles et d’entreprises qui transcendent toutes leurs structures économiques et sociales. C’est ce qui fait que l’entreprise chinoise fonctionne sur des modes culturels différents de l’entreprise coréenne, française ou américaine. Les modèles d’entreprise en Afrique doivent naître de logiques de développement économique inclusif. Ceci permettrait de créer assez de sécurité pour les populations et construire des institutions démocratiques tout en développant des programmes pouvant assurer la transition du secteur informel vers une économie moderne intégrée et transparente.
Au-delà de l’économique, il y a le politique. Comment faire pour mieux les imprégner de valeurs africaines dans lesquelles acteurs économiques et citoyens se reconnaîtront, et pour lesquelles ils accepteront d’être noblement au service des missions qui leur sont confiées ?
L’économique et le politique entretiennent des relations autant bijectives que dialectiques. Les sociétés dont les populations connaissent un niveau de vie élevé dans le cadre d’une croissance inclusive sont plus disposées à engager davantage de concertations politiques apaisées et inclusives. L’expérience montre d’ailleurs des corrélations assez récurrentes entre le niveau de développement inclusif et la démocratisation progressive. Mais je voudrais être clair : il ne s’agit pas de dire qu’il faut des régimes forts pour d’abord créer de la richesse partagée, sécuriser les populations et ensuite démocratiser. Je crois plutôt qu’un pays peut créer les processus et les contenus pour de larges consultations décentralisées, sur des modes de transformation de ses ressources en produits à forte valeur ajoutée, pour permettre la participation du plus grand nombre de personnes, au plus grand nombre d’activités économiques et sociales auxquelles elles attachent de la valeur. C’est justement une très grosse opportunité à saisir pour inculquer des cultures démocratiques et des cultures d’entreprise homogènes et congruentes en Afrique. Il faut que les populations y trouvent leur compte. Alors l’Afrique deviendrait une terre de plein emploi qui importerait même de la main d’œuvre.
L’Afrique travaille beaucoup avec les institutions internationales. Certaines sont plus politiques, comme l’ONU, d’autres plus économiques, comme la Banque mondiale. Ont-elles contribué d’une façon ou d’une autre à améliorer la situation en Afrique en aidant à plus de démocratie ou à plus de prospérité économique ?
Une longue histoire de désillusions. Je demande la permission de la franchise. Beaucoup d’institutions multilatérales ont perdu le contrôle des moyens opérationnels de leur raison d’être initiales. Certaines sont devenues des institutions bureaucratiques dévoyées qui ont même contribué à fabriquer de la pauvreté en Afrique, ce qui a alimenté moult mouvements irrédentistes et de l’immigration massive, ce qui a aidé à amener des populistes au pouvoir, dans beaucoup de pays dits développés. Multilatéralisme, oui. Mais quel multilatéralisme ? Permettez-moi de vous donner un exemple de la perversion de la rationalite initiale des institutions multilatérales.
Fin des années 1960 : la sècheresse alliée aux crises pétrolières qui ont suivi ont toutes deux fini par rendre des administrations africaines déjà prédatrices, exsangues et surendettées. On n’a alors rien trouvé de mieux que demander à d’autres bureaucrates apathiques d’appliquer des programmes dits de « stabilisation » et d’« ajustement structurel » qui, pour régler les problèmes budgétaires des États africains, ont simplement démantelé les maigres structures et tissus socio-économiques qui y existaient. La recherche et l’éducation et la formation en ont aussi pâti tout autant que les infrastructures qui n’ont été ni maintenues ni développées, et nous voilà entrés en régime de fabrication de pauvreté avec l’installation durable de « structures de sous-développement ». Pour faire court, la situation de dépendance des États africains envers des bureaucraties multilatérales (et bilatérales) s’est accentuée au fil du temps, ce qui a enlevé aux États africains, l’initiative, la programmation et l’action en matière de politique de développement.
Que l’on cesse d’appeler « stabilisation » et/ou « ajustement structurel », les programmes que les pays africains ont avec les institutions financières multilatérales, lesquelles les ont rebaptisés « appui budgétaire », « facilités » ou « prêt de financement de politique de développement » et autres. Ces mêmes programmes continuent d’être développés et livrés par la même caste de bureaucrates qui n’ont pas appris à faire autre chose. Ils contiennent les mêmes types d’interventions avec leurs « conditionnalités » rebaptisées « déclencheurs ».
Le plus grave est la transhumance entre bureaucrates d’institutions nationales, bilatérales et internationales qui arrive à produire les mêmes types de décideurs parfois comme « clients », parfois comme « fournisseurs » d’aide au développement. Ceci permet d’intégrer et harmoniser la colonisation des instances de décision par ceux que j’appelle les « carriéristes de la fabrique de pauvreté ». Ils résistent à toute forme de leadership et d’innovation pour protéger leurs intérêts vitaux. La perversion même de l’idéologie que les bureaucrates-carriéristes brandissaient avant de s’engager dans le travail de développement.
Quels sont les arguments qui corroborent votre jugement ?
Écoutez, je ne crois pas être le seul à penser de la sorte. J’ai été un gros rebelle dans le monde du développement. C’était le cas à la Banque mondiale que j’ai décidé de quitter il y a tout juste deux ans, en faisant prévaloir mes droits à une retraite anticipée. J’y suis allé depuis l’OCDE en me disant qu’on ne pouvait pas laisser une institution avec des moyens aussi importants entre les mains de bureaucrates-carriéristes qui prennent des décisions à conséquences dramatiques, sur la base de feuilles de calculs, sans se soucier des réalités socio-économiques des populations impactées par leurs décisions.
Je me suis dit qu’on ne pouvait pas fermer cette institution et que même des dirigeants africains qui ne croient pas dans la capacité de cette institution à régler les problèmes de développement, ont quand même besoin d’accéder aux ressources de cette institution qui leur appartient aussi et dont ils sont aussi clients. Je savais que de par mes écrits et prises de position publiques contre les politiques de l’institution, j’y serais attendu de pied ferme par les gardiens du temple. Donc, je n’étais pas intéressé d’y faire une carrière « politique » en jouant à l’Africain heureux d’être là et prêt à dire oui à tout pour garder son job et ses avantages. Ce sont les pires fossoyeurs de l’Afrique.
Mon but était plutôt d’y introduire le développement industriel en Afrique coûte que coûte. J’ai donc repris un projet moribond, pour ne pas dire un éléphant blanc au Ghana, pour diriger une équipe mixte gouvernement du Ghana-Banque mondiale et tourner le design du projet pour en faire un modèle de succès pour les projets financés par lAssocisation internationale de développement (AID). Il s’agit du Ghana Trade and Investment Gateway Project. Avec seulement 50 millions de dollars américains, les résultats officiels de ce projet tels que publiés par la Banque mondiale et le gouvernement de Ghana indiquent qu’il a contribué à créer 305 000 emplois, y compris avec un parc industriel faisant partie d’un centre de croissance multipolaire avec le port de Tema rénové. Les résultats indiquent aussi que ce projet a généré plus de 1 200 autres projets pour un montant d’investissements privés qui se montent à plus de 12 milliards de dollars américains au Ghana.
Mais Dieu, que ce fut dur ! Il a fallu des années pour que les fonctionnaires caciques de la Banque reconnaissent mon travail par un prix, et ce, grâce à la détermination de Mme Obiageli Ezekwesili, ancienne vice-présidente de la Banque mondiale pour l’Afrique qui, novice dans le « système », ne comprenait pas pourquoi des présidents, directeurs généraux et vice-présidents de la Banque mondiale défilaient au Ghana pour visiter et s’enorgueillir de fruits d’un travail que j’ai dirigé, sans que mes patrons directs ne m’en donnent quelque crédit que ce soit. En réalité, cette réussite dans la douleur semblait constituer un « dangereux » précédent… J’ai passé 80 % de mon temps du projet à rompre mes chaînes et enlever les peaux de bananes sous mes pieds. Après, il n’était plus question qu’on me laisse faire des projets industriels dans d’autres pays d’Afrique. J’en ai quand même conçu d’autres, approuvés par le conseil d’administration de la Banque et vidés de leurs substances dès que j’étais opportunément muté sur un autre projet. Par un hasard ironique du destin, deux anciens vice-présidents-économistes en chef ont claqué la porte de la Banque mondiale en dénonçant ses politiques et son fonctionnement interne. Ceci leur a réussi puisqu’ils ont été lauréats du prix Nobel d’économie. Il s’agit de Joseph Stiglitz, il y a déjà plusieurs années, et de Paul Romer à qui cette distinction vient d’être attibuée en 2018. Que dire quand des têtes pensantes d’une institution ont pu se sentir en situation de révolte pour en partir et, après cela, se voir reconnus ? Quoi qu’il en soit, je reste convaincu que les Africains et leurs partenaires peuvent ensemble arriver à développer des partenariats gagnants-gagnants en matière de développement industriel, un développement fondé sur la transformation des ressources de l’Afrique.
TRACT FASHION & MODELS –De l’autre côté de la rue, je l’ai aperçue rayonnante comme une douceur sous ce soleil chaud d’octobre. A l’approche, un sourire donne plus d’éclat à cette jeune femme. Elle s’est légèrement maquillée et coiffée, a porté un habit coloré lui arrivant juste aux genoux, ce qui illustrait une belle paire de longues jambes. Elle a un corps de rêve à contempler sans fausse modération comme si on vous a annoncé que votre acuité visuelle en dépend. Quand elle vous regarde… Il faut quand même arriver à apposer un nom à cette belle silhouette haute de 1m78. Elle, c’est bien Touty Ndiaye, révélée au monde du mannequinat, il y a juste 4ans.
Touty, en tigresse sur canapé
Assise avec nonchalance et aisance sur la chaise, elle raconte le regard solennel. 2014, c’est l’année où tout est parti réellement. Lors d’un concours de tailleurs, une amie la pousse à y aller pour présenter les modèles d’un des concurrents. Touty aime bien la mode, mais à l’idée de défiler devant des gens, elle panique. Non, pour elle cet exercice est réservé à d’autres personnes différentes d’elle. Parce qu’elle, Touty, l’homonyme de sa tante maternelle, ne s’imagine pas au milieu de paires d’yeux la fixant à la dérobée. Quelle honte elle subira, en tremblotant comme une feuille dès le pas initial. Et pourtant, ce samedi de 2014, elle est parvenue à monter sur le podium et à étaler son talent aux premières enjambées. Touty Ndiaye a réussi à se mouvoir et s’émouvoir de ce défilé parce que son candidat couturier a gagné le concours. La joie a été grande, elle en a eu le souffle coupé. La tentation est devenue vaste pour sillonner cet univers des défilés. On lui indiquera Ass Moussa qui tient sa structure l’As des As dans le quartier de Derklé. C’est là qu’elle se rend pour se payer une dégaine de pro. Mais, l’argent lui manque pour qu’elle y fasse long feu. Elle se verra apostrophée par un autre photographe Moussa qui tient l’agence Imagine. C’est de là qu’un certain Khadim Mbaye la déniche pour la présenter à Woo Tang. Nous sommes en 2015, à la Maison de la culture Douta Seck. Touty fait sensation. Et deux ans durant, elle s’y met avec ce mentor qu’elle a quitté en 2017. «Je me sens bien dans le mannequinat», justifie-t-elle pour expliquer qu’elle n’a pas abandonné les chaleurs des podiums. C’est qu’aujourd’hui, elle papillonne de ses propres ailes sans l’aide d’un agent. Touty Ndiaye croise et décroise les jambes, et on l’admire s’effeuiller, pareille à un gazania, une fleur du matin qui s’ouvre au soleil. Elle lève les yeux pour nous gratifier de son sourire mielleux et nous donner un avant-goût du film de sa vie de mannequin. 2016. La charmante Touty Ndiaye reçoit une invitation à participer à un défilé de monde en Côte d’Ivoire. Le programme est alléchant, et pour le voyage… Le comité d’organisation n’a pas suffisamment d’argent pour lui payer le billet. Pour elle, il faut bien trouver une solution parce que cette occasion, elle ne veut point la rater. Touty, déterminée à y aller, met la main à la… pochette. Ses petites économies dans la besace, ce ne sera pas l’avion mais le bus (55 mille à l’aller et la même somme au retour) qui amènera notre beauté à Abidjan. Deux jours de voyage rythmé, un safari de découvertes de belles contrées d’Afrique avec une mémorable escale au Mali, avant d’arriver chez Nana Houphouët Boigny. «Ah oui, le paysage était très beau à regarder», dit-elle en fermant, un tantinet, les yeux, pour savourer encore les merveilles de la nature dont les souvenirs restent toujours intacts en elle. Et, la charmante demoiselle se revoit encore à ce défilé de l’African Life Style Show. Elle y fera une belle prestation saluée par ceux qui l’ont invitée. En tout cas, elle ne regrette pas été là dans ce pays «où la mode est quand même très appréciée, très vivante», fait-elle remarquer. Des voyages comme ça, mais en avion, elle en fera aussi dans d’autres pays d’Afrique comme le Bénin où elle était invitée deux fois dans sa capitale Lomé. Si vous avez l’occasion de la rencontrer, demandez-la de vous raconter ses belles balades dans les habits de mannequin.
Touty, en princesse de l’Egypte pharaonique
« Je suis plus intime avec les hommes »
Pour l’instant, elle vous livre quelques plages de son enfance. Touty, le premier enfant d’une grande famille, est née en à Pikine. Elle y fréquente l’école 9A Marc Sankalé, et lorsqu’elle atteint l’âge ado, la jeune fille ne se sent plus dans la tunique d’élève. Elle a d’autres visions du monde, celles d’une jeune qui veut retrouver toute sa candeur dans le froufrou et la caresse de l’habit. Elle n’a pas d’argent mais tient toujours la paie mensuelle de sa scolarité que Papa lui donne «main à main»… Durant trois mois, elle ne versera pas cet argent qui se retrouvera empoché à «Marsé bu béés» par les commerçants vendeurs de tenues féminines. Son manège sera vite découvert et les parents n’hésitent pas une seconde, puisque l’école ne lui dit plus rien, de l’envoyer dans le four des restaurants avant de transiter dans les salons de coiffure. C’est de là qu’elle migre vers le mannequinat. Et elle se rappelle, en souriant, d’un de ses premiers « cachets » dans ses mains frêles. « Un jour, après un défilé, on m’a gratifié d’une robe et 5000 francs Cfa. Mon père (paix à son âme) était à ce moment interné à l’hôpital Cto de Grand-Yoff. J’ai gardé la tenue et l’argent, je l’ai partagé, entre mon père, ma mère et moi. Mais pater m’a redonné sa part et m’a renouvelé sa bénédiction pour le travail que j’ai choisi de faire », révèle-t-elle avec une émotion qui a failli déclencher des larmes qu’on ne voudrait voir sur ce superbe visage. On change de sujet pour lui permettre de se départir de cette mélancolie d’avoir perdu un être cher. On tombe sur les couleurs qui titillent son être. «Ah, je préfère le noir. Oui, je me sens à merveille dans cette couleur», dit-elle en respirant un grand coup comme revenue d’une plongée sous-marine, lavée de l’ensemble de ses soucis. Alors, avec les hommes, on l’imagine moulée dans un pantalon Jean – elle adore cette tenue ! – qui met en relief sa jolie silhouette, transcende le vallonnement de son derrière, dessine le galbe parfait de ses jambes, répondre par un sourire, mais sait rester ferme quand un entêté tente d’être discourtois. «Mais, je dois vous avouer que je suis plus intime avec les hommes», dit-elle pour lever tout équivoque qui entacherait ses relations avec… le mâle. Les rapports avec les femmes étant souvent pleins de suspicions et de jalousies, elle préfère ouvertement éviter les liaisons chaotiques. Cela dit, pour les hommes, elle les veut «sincère, les préfère conciliant envers les autres, les aime propres, les admire battants», affirme-t-elle, une douceur dans la voix imprimant sa profonde sensibilité.
Touty, en froufrou noir sur le podium
Alors, ce couche-tard – mais lève-tôt, prière oblige – abhorre le mensonge. Si vous êtes une personne de parole, vous pouvez tenir la chance d’être invité à manger un délicieux «ceebu jënn» ou encore un alléchant «supu kandia» (plat préféré) de ce cordon bleu qui ambitionne d’ouvrir une grande boutique d’habillement à sa marque. Pour l’instant, scotchée téléphone cellulaire, navigant tous les jours sur internet entre facebook, instagram etc. pour mater les infos et balancer des correspondances, elle se la joue toujours mannequin, mais également animatrice sur youtube sous le label Tmp Evens Tv. Là, elle n’hésitera pas de vous tendre le micro, en affichant son plus large et généreux sourire.
Touty : en top, au top.Par Cheikh Tidiane ColyTract.sn – octobre 2018
Le gouvernement malien a prolongé mercredi 24 octobre le mandat des députés actuels jusqu’en juin 2019 et abrogé le décret qui convoque le collège électoral, sans préciser de nouvelle date pour les législatives.
Dans un communiqué daté du mercredi 24 octobre, le Conseil des ministres a adopté le projet de loi autorisant la prorogation du mandat des députés maliens. La décision fait suite à l’avis favorable émis le 12 octobre par la Cour constitutionnelle, qui autorise la prolongation du mandat des députés élus en 2013 jusqu’en juin 2019.La Cour a justifié son arrêt au nom d’un « caractère de force majeure » que posent les difficultés qui entravent l’organisation des législatives et insisté sur la « nécessité d’assurer le fonctionnement régulier de l’Assemblée nationale » jusqu’aux prochaines élections.
« Cette prorogation permettra d’apporter des solutions aux difficultés juridiques et techniques constatées dans l’organisation de l’élection des députés à l’Assemblée Nationale », explique le communiqué. Le gouvernement a ainsi « abrogé le décret de convocation du collège électoral, en novembre et décembre 2018 », sans préciser une nouvelle date pour les législatives.Initialement prévues le 28 octobre pour le premier tour et le 18 novembre pour le second, les législatives avaient déjà été reportées d’un mois par le gouvernement. Une décision qui avait rencontré peu de résistance au sein de la classe politique.
Augmentation du nombre de députés
Plusieurs facteurs freinent l’organisation des législatives. L’une des raisons officielles annoncée par le gouvernement est la grève des magistrats depuis le 25 juillet qui empêche la constitution des dossiers des candidats. L’autre raison, non officielle, réside dans les difficultés rencontrées dans le nouveau découpage territorial, voulu par l’Accord de paix d’Alger de 2015 pour plus de décentralisation. Il actera la création des cercles et arrondissements des nouvelles régions.Ce nouveau report devrait donner plus de temps au gouvernement afin de renouer le dialogue avec les syndicats de magistrats et de résoudre les polémiques autour du nouveau découpage électoral. Celui-ci prévoit la création de nouveaux cercles, et donc l’augmentation du nombre des députés, qui pourraient être pris en compte aux prochaines législatives.Quelques voix discordantes avaient dénoncé cette décision de proroger le mandat des députés. Dans un communiqué diffusé mardi 16 octobre, Moussa Mara, président du parti Yéléma regrettait déjà la décision de la Cour constitutionnelle. « Aussi pertinents que peuvent être les arguments pour un report des législatives, cette situation constitue un échec pour le gouvernement et conduit à un vide qui ne saurait être couvert par un quelconque acte juridique ou judiciaire », avait-il insisté.
Le 23 octobre, le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement a attribué la concession provisoire du service public de l’eau à Suez, mettant fin à un partenariat de vingt-deux ans avec la Sénégalaise des eaux (SDE), filiale d’Eranove.
C’est la fin de la première manche. Depuis des mois, la question de l’attribution de la concession de l’eau potable en zone urbaine agite la Sénégalaise des eaux, attributaire du contrat d’affermage depuis 1996. Le 23 octobre, et après des mois d’attente – le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement s’était engagé à donner une réponse dès le mois de juin -, elle vient de perdre, pour l’heure, le contrat qui la liait à l’État au profit du Groupe Suez.
« Suez confirme avoir reçu une notification du gouvernement sénégalais le déclarant attributaire provisoire de l’appel d’offres international pour la gestion de service public de production et de distribution d’eau potable en zone urbaine et péri-urbaine. Le Groupe se réjouit d’avoir franchi cette étape », indique sobrement le géant français dans un communiqué.
Après une attente jugée inédite, les autorités ont en effet choisi d’attribuer provisoirement l’appel d’offres international lancé en mai 2016 au groupe français. La décision a créé la surprise au sein de la SDE, filiale du français Eranove, dont le directeur général Abdoul Baal confiait à Jeune Afrique, il y a une dizaine de jours encore : « Nous attendons avec sérénité. Sauf cataclysme, le partenariat entre l’État et la SDE va se poursuivre encore longtemps ».
L’offre de Suez jugée « plus cohérente »
Cataclysme donc. D’autant qu’après la présélection des trois offres techniques de Suez, Veolia et la SDE, l’offre financière de cette dernière a été reconnue comme étant la moins-disante. « L’autorité en charge du dossier avait publiquement révélé que la Sénégalaise des eaux avait proposé l’offre financière ayant le meilleur prix », a rappelé la SDE par le biais d’un communiqué publié le 17 octobre.
« L’appel d’offres technique n’était pas une étape décisive. Selon le cahier des charges, la décision finale devait se baser sur l’offre financière », dénonce Elimane Diouf, responsable du syndicat majoritaire de la SDE.
« Il ne s’agit pas de l’offre technique uniquement, ou de l’offre financière uniquement », rétorque Mamadou Dioukhane, directeur de l’administration générale et de l’équipement du ministère de l’Hydraulique. « Il s’est agi de choisir l’offre économiquement la plus avantageuse, soit la plus cohérente entre l’offre technique et l’offre financière. »
L’incompréhension de la SDE
Du côté de la filiale d’Eranove, c’est l’incompréhension. « Nous sommes là depuis vingt-deux ans maintenant et nous avons un bilan honorable », avance Abdoul Baal, directeur général. Les pénuries d’eau qui paralysent Dakar depuis le printemps ? « Elles n’ont rien à voir avec les éléments de l’appel d’offres et ne rentrent pas en ligne de compte. D’autant que nous n’en sommes pas responsables. Elles relèvent d’un déficit de production par rapport à la demande, donc de l’État », balaie-t-il. En vue d’un réexamen, la SDE prévoit d’engager un recours gracieux. Elle dispose de cinq jours pour le faire.
Mais la perte par la SDE du contrat d’affermage, qui vient à terme le 21 décembre 2018, soulève surtout des craintes sociales du côté des syndicats. « Les informations dont nous disposons indiquent que Suez arrivera au Sénégal avec son équipe d’expatriés. À l’heure où l’on parle de préférence nationale, c’est incompréhensible et immoral », dénonce Mamadou Mignane Diouf.
Pas selon les termes de l’appel d’offres. « L’ensemble du personnel sera repris par Suez, c’est ce que prévoit le cahier des charges », avance Mamadou Dioukhane sans donner davantage de détails, ceux-ci « ne pouvant être révélés tant que le processus est en cours ».
Plusieurs millions de pèlerins mourides, selon certaines estimations, convergeaient samedi vers la ville sainte sénégalaise de Touba, à la veille du « grand Magal », rassemblement annuel des membres de la très influente confrérie.
Après avoir passé des heures dans des embouteillages pour rejoindre cette ville champignon du centre du pays, passée de 30.000 à quelque deux millions d’habitants en une quarantaine d’années, les pèlerins se pressaient sous une forte chaleur aux alentours de la grande mosquée, épicentre des célébrations du « grand Magal », où un à trois millions de personnes étaient attendues dimanche.
Certains portaient des masques pour se protéger de la poussière.
Le « Magal » (« célébration » en wolof) marque l’anniversaire, dans le calendrier musulman, du départ en exil le 12 août 1895 du fondateur du mouridisme à la fin du XIXe siècle, Cheikh Ahmadou Bamba (1853-1927), dit Serigne Touba.
Le chef religieux, qui n’a jamais levé les armes, avait été contraint par les autorités coloniales françaises à l’exil au Gabon (1895-1902) puis en Mauritanie (1903-1907), avant d’être placé en résidence surveillée à Diourbel. Il est vénéré par ses millions de fidèles au Sénégal et dans la diaspora.
Tout au long du week-end, les pèlerins assisteront à des récitations du Coran et des « khassaïdes », poèmes écrits par Cheikh Ahmadou Bamba, prendront part à des prières dans la mosquée aux sept minarets et se recueilleront sur les tombeaux du fondateur du mouridisme et de ses fils et successeurs, considérés comme des saints.
Les fidèles partageront aussi le traditionnel « berndel » (banquet), repas gargantuesque composé de boeufs, moutons, poulets, chameaux, poissons, riz, fruits et boissons fraîches, servi à volonté dans chaque famille.
« Pour rien au monde nous ne raterions le Magal parce que Serigne Touba, tout ce qu’il a fait mérite que tout le monde aille vers lui », a confié Diagne Fatou Cissé.
Pays réputé pour sa tolérance religieuse, le Sénégal compte plus de 90% de musulmans, adhérant pour la plupart à l’islam soufi, représenté par différentes confréries, dont celle des mourides est l’une des principales.
« Le Magal est un jour de gloire, de fête, de succès dans le combat pour élever le droit de Dieu et des hommes sur terre, c’est-à-dire pour réhabiliter les valeurs islamiques. Cheikh Ahmadou Bamba l’a fait sans effusion de sang. Il la fait sans nuire à personne, mais il a tout réussi », a expliqué un responsable mouride, Youssouf Diop.