Touba : Macky et la délégation d’Abdoulaye Wade s’y bousculeront ce jeudi

Le Chef de l’Etat sortant et le PDS seront tous les deux à l’heure GMT, Grand Magal de Touba, ce jeudi. En prélude au Magal qui sera célébré dimanche prochain, Macky Sall est en effet attendu dans la ville sainte dans l’après-midi alors qu' »une forte délégation du Pds » est annoncée sur place à 12 h 30.

Macky Sall passera la nuit à Touba. Il rencontrera le khalife jeudi avant la prière du crépuscule. Il prendra congé de ses hôtes vendredi après la prière de la mi-journée.

Le président de la République devrait croiser les envoyés de Wade et Karim. « Une forte délégation du PDS dirigée par le secrétaire général national adjoint, Oumar Sarr, se rend ce jeudi 25 octobre 2018 à Touba auprès du khalif général des mourides, Serigne Mountakha Mbacké, en prélude au Grand Magal 2018 », annonce un communiqué des libéraux.

La même source souligne que cette « délégation constituée au nom du PDS et du frère secrétaire général national, Me Abdoulaye Wade, est porteuse de son message et de celui du candidat du parti, Karim Wade ».

Revue de presse express du jeudi 25 octobre: Et la maison de Wade va être saisie par la NSIA

0
#SenCaféActu du jeudi 25 Octobre 2018 (Par Adama Sow)
A la Une: La villa de Wade du Point E va être saisie, Macky Sall fait payer les salaires pour le Magal, Mbour a fait la paix avec Ouakam après le drame de Demba Diop
1-Magal : Macky Sall fait payer les salaires et les pensions de retraite ce jeudi pour permettre aux fonctionnaires de célébrer la fête du mouridisme dans de meilleures conditions
2-Villa de Wade au Point E visée par une saisie : la compagnie d’assurances NSIA veut saisir la villa des Wade pour recouvrer les 200 millions que Viviane lui doit et pour éxecuter la décision du tribunal qui a condamné l’ex première dame
3-Ouakam à Mbour 15 mois après le drame de Demba Diop : Les dignitaires de Ouakam ont été reçus à Mbour hier plus d’un an après le drame qui avait couté la vie à 8 jeunes supporters du Stade de Mbour. La délégation de Ouakam était venue présenter les condoléances du village léboue après cette tragédie
4-Babacar Diagne sur les attaques contre les confréries : « il y a des puissances étrangères prêtes à tout pour combattre l’Islam confrérique du Sénégal ». Selon le nouveau président du CNRA, les attaques contre les khalifes généraux ne sont pas fortuites et qu’il faut sévir contre ces dérives pleines de risques pour le pays
5-Le Sénégal entre à Harvard : Le professeur en médecine et spécialiste mondial sur le paludisme Daouda Ndiaye vient d’être nommé conseiller spécial par à l’université américaine de Harvard . Le sénégalais est le premier africain à accéder à ce niveau de responsabilités dans l’une des plus prestigieuses universités au monde
6-Tapalapa , Amadou Gaye alerte sur les méfaits du pain « Tapalapa » : le président des boulangers du Sénégal pense que « le pain « Tapalapa » est un véritable danger pour la santé des populations. Laisser ce phénomène continuer, c’est de tuer à petit feu les Sénégalais », argue –t-il
7-GFM : Pape Cheikh Diallo nommé directeur de la radio King FM en remplacement de DJ Boub’s. Youssou Ndour n’a pas attendu longtemps pour promouvoir Pape Cheikh Diallo pour combler le vide laissé par Boub’s
[the_ad id= »2518″]

Voici les images de la visite de Mame Adama Gueye hier à Guirassy, Bougane et Sonko

Échanges conviviaux entre candidats de l’opposition à la présidentielle : voici les images de la visite d’hier de Mame Adama Gueye du mouvement Sénégal Bou Bèss à Moustapha Guirassy, leader du parti S.U.D; Bougane Gueye Dany du mouvement Gueum Sa Bopp et Ousmane Sonko, dirigeant de Pastef Les Patriotes, qu’il est allé trouver en leurs locaux respectifs : 

Il l’a bien dit sur BBC malgré son démenti : L’opposant Cabral Libii, 38 ans, « prêt à rejoindre un gouvernement de Paul Biya »

0

Arrivé troisième lors de la présidentielle, Cabral Libii est désormais au cœur d’une polémique, suite à une interview accordée à la BBC dans laquelle il déclare être « prêt à rejoindre le gouvernement de Paul Biya ». Des propos qu’il dément à Jeune Afrique, en invoquant des erreurs de montage.

Vingt-quatre heures après la diffusion, le 23 octobre, de l’interview qu’il a accordée à la BBC – dans laquelle il affirme qu’il « n’exclut pas » de travailler avec le président réélu, Paul Biya -, Cabral Libii est formel : « Je n’entrerai jamais dans un gouvernement Biya dans les conditions actuelles », a-t-il assuré le 24 octobre, en marge d’une conférence de presse donnée au siège de son parti Univers à Yaoundé. Le candidat arrivé troisième à la présidentielle camerounaise accuse la BBC d’avoir « coupé ses propos ».

La nécessité d’une « transition »

La chaîne britannique a, très rapidement, mis en ligne l’intégralité de l’entretien sur son site. Cabral Libii s’y livre à une critique en règle du processus électoral. Il y qualifie les résultats officiels de « forfaiture », assure également que « l’opposition a gagné cette élection », tout en reconnaissant n’être « pas en mesure de le prouver ». Et s’il écorne aussi le manque d’unité de l’opposition, c’est en répondant à une question sur une éventuelle participation à un gouvernement RDPC, le parti au pouvoir, que Cabral Libbii livre les mots qui vont déclencher la polémique.

« Je n’excluerai jamais de travailler pour construire mon pays, mais dans un cadre de discussion qui met en avant des réformes structurelles sur le système électoral (…) qui garantissent un travail constructif, un travail transparent, non pas des petits arrangements pour des postes ministériels », déclare Cabral Libii au micro de la BBC. « Si c’est dans cette perspective que l’on prend contact avec ma modeste personne, ce sera peine perdue. »

Et à la journaliste, qui lui demande s’il serait prêt à intégrer le gouvernement si on l’y invitait, il répond : « On est toujours prêt à travailler pour construire son pays, tant que les conditions d’un travail constructif sont mises en place. Un gouvernement qui a gagné avec 71%, s’il veut s’attacher le service des gens juste pour la façade, juste pour meubler, juste pour faire semblant, juste pour des annonces comme on y est habitué au Cameroun, ce pouvoir-là peut être sûr qu’il ne peut compter sur moi. »

Déjà trop tard pour ses militants ?

Même entourés de milles précautions oratoires et conditions préalables, les mots qui ont été portés ont bel et bien été que le candidat « n’exclut pas » de travailler avec le RDPC. Depuis, les accusations de « trahison » fusent dans les rangs de ses partisans. Et sur les réseaux sociaux, c’est l’emballement.

J’AI PRIS LA DÉCISION DE ME DÉSOLIDARISER DE CET APPEL DU PIED QUI EST UNE FORME DE MOQUERIE VIS-À-VIS DE NOUS, SES MILITANTS

« La sortie de Cabral Libii [le 23 octobre] sur la BBC m’a choqué. Je l’ai écouté et après analyse et réflexion, en homme digne et cohérent, j’ai pris la décision de me désolidariser de cet appel du pied qui est une forme de moquerie vis-à-vis de nous, ses militants », affirme un jeune partisan, qui brandit sa carte de membre du Mouvement 11 millions de citoyens, créé par Cabral Libii. « Qu’il en vienne même à envisager sous certaines conditions, une possibilité de travailler avec le gouvernement de la fraude est un scandale », martèle-t-il.

Dans une tribune, le journaliste Sam Severin Ango n’hésites pas à qualifier Cabral Libii de « déception de la jeunesse » et même de « traître ».

Devant le tollé provoqué par ses propos, le candidat malheureux à la présidentielle affirme dans un message sur les réseaux sociaux qu’une partie de son développement n’a pas été retenu dans l’enregistrement diffusé : « Il s’agit des conditions d’une transition. Elles doivent porter sur des réformes structurelles touchant au code électoral, à la Constitution. Il s’agit en réalité de mettre en place un comité de normalisation démocratique. En plus, il faudra réformer le fonctionnement de l’État pour privilégier la transparence et la performance », affirme-t-il avoir déclaré à la BBC.

Et dans ce brouhaha de contestations, les explications de Cabral Libii semblent bien peu audibles. Le candidat arrivé troisième à la présidentielle enchaîne depuis les interviews, mais son message peine à passer. À Jeune Afrique, Cabral Libii affirme encore : « Chacun est libre de penser ce qu’il veut de ma sortie, mais ma position est claire en ce qui concerne mon entrée dans le gouvernement. »

La BBC n’a pas réagi à la polémique. Cabral Libii, lui, affirme s’être gardé d’en contacter les responsables : « Je pense qu’ils ont constaté l’ampleur de la polémique créée vu qu’ils ont eux-mêmes diffusé l’intégralité de l’interview sur les réseaux. J’estime que c’est un média assez sérieux, je ne peux pas dire si c’était volontaire ou pas ».

J.A

Tribune-réponse à Moubarak Lô : « Le legs aux générations futures nous oblige à l’écologiquement durable » (Par Cheikhou Oumar Sy, ex député)

0
Cher Monsieur Moubarack Lo,
Vous avez de fort belle manière argumenté les raisons pour lesquelles, l’Etat du Sénégal doit signer le contrat de concession avec la multinationale Tosyali Holdings, pour l’exploitation des mines de fer de la Falémé. Certes un novice en la matière peut succomber sous le charme des milliards, 1200 à 1800 milliards de francs CFA soit ¼ du budget national pour 2018, et se réjouirait de voir qu’enfin notre fer sortira sous terre pour contribuer au développement socio-économique du pays. Vous le savez mieux que moi M. Lô, Les ressources minérales constituent des enjeux géopolitiques et géostratégiques pour la plupart des pays développés dont la Turquie qui aujourd’hui, à l’image de la Chine et de l’Inde, cherche à se positionner en Afrique et à disposer des matières premières à des prix très compétitifs. Loin de moi l’idée de dénigrer ou de ternir l’image d’une compagnie dont j’ai peu de connaissance, par contre, un récent séjour au Canada et plus particulièrement dans la ville de Sudbury, dans l’Ontario m’a permis de voir et d’apprécier le vrai sens d’un hub minier, non pas en termes de milliards investis ou extraits de la terre mais plutôt en termes de développement socio-économique inclusif avec un investissement structuré incorporant toute une chaîne de valeurs allant de l’exploitation minière vers la transition agricole et prenant en compte non seulement le respect de l’environnement mais la recherche universitaire ainsi que la formation professionnelle en continu. S’il y a un modèle de développement durable à étudier de prêt et à reproduire pour l’exploitation des mines de fer du Falémé, je vous inviterai M. Lô à vous  inspirer de celui de la ville de Sudbury. Mais au-delà de la question de l’exploitation, il se pose d’abord une question d’opportunité. Le Sénégal depuis 2012 est devenu un pays pétrolier et gazier avec des découvertes importantes en offshore, allant de Saint-Louis jusqu’en Casamance en passant par Kayar et Joal sans compter les blocs de Rufisque Offshore. Les compagnies pétrolières prévoient que le premier baril de pétrole du Sénégal serait sur le marché entre 2022 et 2024. Ainsi ne devrions-nous pas, dans une logique économique et structurelle concentrer nos efforts à mettre en place les infrastructures pour accompagner l’exploitation de ces ressources afin d’en capter les dividendes et de les investir plus tard dans l’exploitation et la transformation locale de nos matières premières. Une partie des recettes tirées des hydrocarbures pourrait servir dans la construction des chemins de fer et du port minéralier pour accroître notre compétitive et attirer des investisseurs plus importants pour les mines du Falémé. Lors de la concertation nationale sur la gestion des recettes issues de l’exploitation du pétrole et du gaz qui s’est tenue le 12 Juin 2018 au CICAD, son Excellence M. le Président Macky Sall avait que les retombées attendues de ces ressources sont de 16.800 milliards, soit 30 milliards de dollars juste pour les blocs qui se trouvent entre le Sénégal et la Mauritanie et qui seront exploités par BP et Cosmos Energy. Une bonne partie de ces recettes pourront être utilisées pour l’exploitation des fers du Falémé dans le cadre d’un partenariat public-privé judicieux où l’Etat du Sénégal détiendra au moins 50% du capital et ainsi nous pourrons nous-mêmes commencer à développer notre « bolide » économique. J’attire votre attention, M. Lô, que les mêmes arguments ont été avancés lors de l’ouverture du capital des ICS à la multinationale indienne Indorama et qui se révélé à tout point de vue un manque énorme à gagner pour l’économie du Sénégal qui est obligé d’importer du phosphate et de fermer son usine de pétrochimie SENCHIM sans compter les catastrophes écologiques qui ont fini par hanter la vie des populations de Mboro. C’est dans cette même lancée que NECOTRANS avait promis d’investir 54 milliards au PAD lors de la signature de la concession. Deux ans plus tard la société se retire en mettant à genou un fleuron économique stratégique de notre pays. Quid de l’Or de Sabodola et du Zircon ? Entre les exonérations exorbitantes concédées à ces multinationales et  les faibles retombées tirées de ces ressources, les collectivités locales impactées n’ont que leurs yeux pour pleurer. Un Etat ne se construit pas en un seul jour. Si son excellence M. Macky Sall a eu la chance d’être le premier Président de la République du Sénégal à « enfourcher la bicyclette du pétrole et du Gaz », prenons le temps de « construire le bolide » qui portera notre économie. Et pour cela nous ne devons pas nous précipiter et signer un contrat qui engagerait le devenir du pays pour les générations à venir. Pour rappel, la nouvelle Constitution du Sénégal issue du référendum de 2016 stipule dans son article 25.1 : «  Les ressources naturelles appartiennent au peuple. Elles sont utilisées pour l’amélioration de ses conditions de vie.  L’exploitation et la gestion des ressources naturelles doivent se faire dans la transparence et de façon à générer une croissance économique, à promouvoir le bien-être de la population en général et à être écologiquement durables ». Etant donné que les ressources appartiennent au Peuple et que celui-ci est représenté par l’Assemblée Nationale, cette dernière devrait édifier les sénégalais sur le pourquoi de cette concession à la multinationale Tosyali Holding, ainsi que les retombés économiques que notre pays pourrait en tirer. Tout en vous félicitant pour votre contribution, je tiens à vous rappeler M. Lô  que la notion « d’écologiquement durable » dans notre Constitution ne renvoie pas seulement aux milliards que nous pourrions obtenir dans l’immédiat mais plutôt aux legs pour la future génération qui conduirait ce super bolide (qui bénéficiera d’un moteur d’injection HDMI V16.800 milliards de francs CFA)  que deviendrait le Sénégal.Respectueusement Vôtre, Cheikhou Oumar Sy Ancien Parlementaire Secrétaire Permanent du Réseau des Parlementaires pour la Bonne Gouvernances des Ressources Minérales (RGM) et Président de l’OSIDEA

Humanisation de son image : Macky a encore dansé à Bignona

0

Autoqualifié de lion qui dort, mais considéré comme un ours toujours fâché, ce qui lui avait déjà valu le surnom de Macky Niangal du temps où il était ministre d’Abdoulaye Wade, Macky Sall a décidé d’humaniser son image. Par le système LMD. Lutte avec l’inauguration de l’arène nationale, musique et danses. Comme à Diamniadio lors de la cérémonie d’ouverture des parrainages, Macky Sall a encore esquissé quelques pas de danse à Bignona en marge de sa tournée économique à l’intérieur du pays. La campagne électorale est bel et bien commencée.

Actuellement dans le sud du pays où il multiplie discours, inaugurations et promesses, Macky Sall se proclame comblé par ses réalisation et veut en convaincre les électeurs. Le lion qui dort s’est donc réveillé pour esquisser des pas de danse qui ont égayé l’atmosphère devant un public nombreux venu le rencontrer dans la localité de Bignona.

Présidentielle : Vrai-faux « renoncement »? Mame Adama Gueye rencontre ce mercredi les candidats Guirassy, Sonko et Bougane

Après avoir annoncé la semaine dernière qu’il était « prêt à renoncer » à sa candidature, Mame Adama Gueye du mouvement Sénégal Bou Bèss prend son bâton de pèlerin pour faire le tour des candidats à la candidature. Il a déjà rencontré il y a quelques jours le candidat Atepa. Atepa qui a aussi contribué à une dynamique unitaire des candidats de l’opposition en les amenant à signer, à 11, une lettre ouverte à Macky Sall pour dénoncer la signature du contrat minier avec le turc Tosyali, pour l’exploitation du fer de la Falémé.

Mame Adama Gueye poursuit dans cette logique et rencontre aujourd’hui mercredi 24 octobre les candidats à la candidature Moustapha Guirassy, président de S.U.D (à 13h) ; Ousmane Sonko de Pastef les patriotes ( à 17h) et Bougane Gueye Dany de Gueum sa bopp ( à 11h).

Quel est l’objectif recherché? Manifestement, l’avocat Mame Adama Gueye, qui a retrouvé les réflexes d’acteur de la société civile et de droit-de-l’hommiste gardés de son long passage à la tête de Transparency Sénegal, fait une plaidoirie pour faire émerger une candidature unitaire au sein d’une dizaine de candidats déja proclamés.

Mame Adama Gueye arrivera-t-il a se poser en arbitre des préséances, avec le poids des égo et le choc des ambitions dans l’opposition ? Cette question devrait trouver sa réponse à la fin de la période de collecte des parrainages par les candidats. Pas avant.

Tract.sn

Post- présidentielle : l’opposant camerounais Maurice Kamto, 64 ans, propulsé chef de l’opposition

0

LES AFRIQUES – Plus encore que la victoire de Paul Biya, l’élection présidentielle camerounaise a consacré un homme, Maurice Kamto, de fait propulsé à la tête de l’opposition.

La voix est éraillée. Elle ne surprend personne. Si les Camerounais n’entendent leur président que trois ou quatre fois par an, à l’occasion des vœux du Nouvel An ou de la fête de la Jeunesse, ils savent tendre l’oreille pour recevoir sa parole. Respectueusement. Religieusement. Il y a quelques minutes, avant que Paul Biya n’entame son discours, ce 29 septembre à Maroua, dans l’Extrême-Nord, un notable local est tombé dans les bras de son voisin. Il avait effleuré la main présidentielle.

Derrière son pupitre, le chef de l’État remercie, salue « la chaleur de l’accueil », promet de gagner la « bataille du développement », fait miroiter énergie solaire et chemin de fer. Il glisse enfin son slogan, « La force de l’expérience », pied de nez à ses détracteurs, qui glosent sur son âge et sa longévité. Paul Biya pose son texte, jette un rapide regard sur les quelques milliers de partisans rassemblés à bonne distance, sécurité oblige. Sa campagne et son unique meeting sont terminés. Son discours aura duré douze minutes et vingt secondes.

Est-ce la « force de l’expérience » ou les faiblesses de l’âge, que personne ne saurait lui reprocher ? Pour cette présidentielle, et comme il le fait depuis 1997, Paul Biya, 85 ans, s’est mis en retrait. En 2011, il avait tenu meeting à Maroua, avant de prendre la route de Douala. Il a cette fois réduit un peu plus la voilure, annulant un passage à Buéa, dans le Sud-Ouest, sans raison officielle. Problèmes de sécurité liés à la crise anglophone ? Préférence donnée à la réception à Yaoundé d’Ahmad Ahmad, président de la Confédération africaine de football, en prévision de la Coupe d’Afrique des nations 2019 ?

Le Sphinx d’Etoudi, obsédé par une stabilité dont il s’estime l’incarnation, a préféré envoyer ses fidèles au front. Samuel Mvondo Ayolo, directeur du cabinet civil, a géré la campagne, tandis que le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, s’assurait que tel ou tel candidat ne dépassait pas une ligne rouge tracée par lui. Surtout, la machine du RDPC a tourné à plein régime.

Pour l’unique meeting du candidat, bus et particuliers ont transporté les militants, moyennant finance et parfois sur des centaines de kilomètres. À Maroua, loin des regards internationaux, focalisés sur les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, l’élection s’est gagnée à l’ancienne, avec des billets de 1 000 F CFA pour rassurer la foule.

L’opinion mobilisée derrière Maurice Kamto

Sur la route de la capitale de ­l’Extrême-Nord, où la résidence du gouverneur avait été transformée en quartier général de la garde présidentielle, le bitume avait refait son apparition. Pendant ce temps, à Yaoundé, dans l’école bilingue de Bastos, où le président a pris l’habitude de voter, les murs s’ornaient de peinture neuve et les portes de vernis. Qu’importe si la rentrée scolaire n’y avait pas eu lieu en raison des préparatifs du 7 octobre. Rien ne devait arrêter la marche vers un septième mandat.

Le « Vieux Lion », assis sur la marmite politique de son pays depuis si longtemps, peut-il pour autant s’en contenter ? Pour la première fois depuis 1992 et l’élan qui avait porté John Fru Ndi à la porte de la présidence, le Cameroun se réveille avec une opposition forte. Sur les cendres d’un Social Democratic Front (SDF) qui semble avoir perdu davantage qu’une bataille, elle peut se targuer d’avoir mobilisé une bonne partie de l’opinion derrière son fer de lance, Maurice Kamto. Peaufinant sa stratégie depuis 2012, le candidat du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), dont beaucoup doutaient de la capacité à rassembler, aura tenté jusqu’au bout de contrecarrer les plans du président.

Sucession de plaidoyers

Fort d’une campagne populaire très remarquée et du soutien de dernière minute d’Akere Muna, il s’est déclaré vainqueur dès le 8 octobre, prenant de vitesse Elecam, l’instance camerounaise des élections. Sûr des chiffres collectés par ses équipes, il a plaidé sa cause, les 16 et 17 octobre, devant un Conseil constitutionnel dont il avait demandé la récusation de certains membres, par ailleurs militants du parti au pouvoir. Dans une succession de plaidoyers particulièrement suivis – à travers la retransmission en direct à la télévision nationale, une première –, Kamto et son équipe ont dénoncé la fraude et affirmé que, dans sept régions, Paul Biya se serait vu accorder de façon abusive 1 327 000 voix sur la base de procès-verbaux non signés.

Refusant de reconnaître des résultats « absolument faux », réclamant l’annulation de l’élection, Kamto en a appelé à la responsabilité du Conseil. « Il s’agit d’un contentieux historique entre le Cameroun aplati cherchant à se relever […] et le Cameroun de l’arrogance régnante. N’acceptez pas d’être l’instrument du passage en force », a lancé le candidat du MRC au terme d’un discours parfaitement maîtrisé. La diatribe n’aura pas suffi. Tous les recours déposés par l’opposition ont été rejetés. Mais les audiences du Conseil ont bel et bien consacré deux hommes : l’un à la présidence, l’autre, qui s’est incontestablement affirmé à la barre, dans l’opinion.

Légitimité juridique

Jusqu’où ira Maurice Kamto ? Le natif de Bafoussam le sait : sa victoire populaire ne peut être un succès total si l’adversaire a pour lui la légitimité juridique. Jean Ping, au Gabon, en a fait l’amère expérience. Pour ne pas l’imiter, le patron du MRC doit-il compter sur le soutien de la rue ? Peut-il espérer poursuivre sur sa lancée jusqu’aux législatives de l’an prochain ? Son directeur de campagne, Paul Éric Kingue, rêve de grandes manifestations populaires, tout en sachant qu’un appel à la révolte déclencherait l’ire d’un pouvoir prêt à en découdre, sans oublier le risque de dangereuses dérives anti-Bamilékés.

Plus mesuré, Kamto souhaite éviter les troubles. Il cherche, en équilibriste, la solution pour récolter les fruits d’un printemps démocratique dont il se veut le symbole. Il a jusqu’à aujourd’hui raisonné en avocat, épuisant les recours légaux. À 64 ans, le voilà désormais face à son destin politique.

J.A

Le business sportif des « GP » : colis entre Dakar et l’Occident (Par Aminata Thior, « Le Regard d’Aminata »)

« Jamais » c’est le mot que j’ai lâché quand on m’a proposé les services d’un « GP » pour envoyer un colis de Paris à Dakar. Mais le jour où j’ai bien été forcée de récupérer du « Madd » (fruit d’été qui pousse en brousse, très consommé au Sénégal) provenant de Dakar via ce moyen de transport, m’a fait changer d’avis. C’était à l’automne 2016 dans la capitale française et depuis je suis devenue une cliente assidue ! Les pépites livresques fraîchement sorties dans certaines librairies de Dakar et non encore disponibles sur Amazon atterrissent en un temps record dans ma bibliothèque. Dakar n’a jamais été si proche de moi à Paris depuis que j’utilise les GP. Mais, au fait, c’est quoi un GP ?