
#SenCaféActu, la revue de presse express d’Adama Sow de ce vendredi 19 octobre 2018
Dans une tribune kilométrique comme à son habitude, le contributionniste Mody Niang traite Ousmane Sonko de « domoukharam qu’il faut exécuter »
Arriérés de loyer : l’ex international Alassane Ndour rejette tous les les torts sur celle dont il a divorcé il y a 15 mois
Le maire analphabète de Saly, Ousmane Gueye, transhume à l’APR
En conférence de presse, Mame Adama Gueye renonce, dénonce « le monstre institutionnel » et raille la « garderie d’adultes » qu’est l’université (Reportage-photo de Cheikh Diallo)
En conférence de presse ce mardi, Me Mame Adama Gueye a dénoncé l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques. D’après le candidat à la présidentielle présenté par Senegal Bou Beess , tous les chefs d’Etat qui ont dirigé le pays ont une fois utilisé la justice pour combattre un adversaire politique.
Ce qui le pousse à dire que « le système politique a produit un monstre institutionnel qui ne reconnait aucune des limites posées par le principe de la séparation des pouvoirs. Le pouvoir judiciaire subit le même sort, ou pire ».
Etayant ses propos, il rappelle: « En 1962, Senghor a utilisé la justice pour condamner Mamadou Dia. Abdou Diouf l’a fait contre Abdoulaye Wade. Ce dernier l’a fait aussi pour condamner Idrissa Seck. Macky Sall l’a récemment fait pour condamner deux candidats à la présidentielle à savoir Karim Wade et Khalifa Sall ». A son avis, il est temps que cela s’arrête avant qu’il ne soit trop tard. Cette pratique, insiste-t-il, doit être bannie.
A quelques mois de l’élection présidentielle, le chef de file du mouvement « Sénégal Bou Bess » s’engage à participer à la sécurisation afin de permettre aux Sénégalais de choisir librement. Pour arriver à ses fins, il compte y impliquer la société civile, les organisations professionnelles, patronales, syndicales et religieuses qui, indique-t-il, ont une part entière dans la construction de la République. En outre, il compte rencontrer les ambassadeurs et les représentants diplomatiques accrédités au Sénégal car, à son avis, « dans le « monde global d’aujourd’hui, rien de viable ne pourra se faire sans la prise à témoin de la communauté internationale ».
Par ailleurs, Me Mame Adama Gueye s’est prononcé sur la crise qui prévaut dans l’enseignement supérieur avec l’exclusion des 40.000 étudiants qui ont été orientés dans les établissements supérieurs privés. « L’université est une garderie d’adulte qui permet à l’Etat de détruire l’initiative des étudiants. L’éducation n’est pas de la quantité mais de la qualité et il est très difficile pour les étudiants d’étudier dans ces conditions. Et les bourses attribuées aux étudiants ne sont rien d’autres que des moyens pour les faire taire ».

L’opposant milliardaire béninois Sébastien Ajavon a refusé de se rendre à son procès ce jeudi
Sébastien Ajavon ne se rendra pas à son procès prévu ce jeudi 18 octobre 2018, a annoncé Me Eric Dupond-Moretti, l’un de ses avocats français. L’opposant politique et homme d’affaires béninois est mis en cause dans une enquête sur un trafic de cocaïne.
Me Eric Dupond-Moretti, l’un des avocats français de Sébastien Ajavon – qui séjourne actuellement en France – a dénoncé, ce mercredi, de « graves irrégularités » dans la procédure. En octobre 2016, Sébastien Ajavon avait été arrêté après la découverte d’environ 18 kg de cocaïne pure d’une valeur estimée à 9 milliards de francs CFA (14 millions d’euros) dans un conteneur destiné à l’une de ses sociétés. Il avait été relaxé quelques mois plus tard, faute de preuve et « au bénéfice du doute ».
Cette relaxe n’a fait l’objet d’aucune procédure en appel, mais Sébastien Ajavon a été convoqué le 4 octobre devant un tribunal spécial créé fin août à Porto Novo (sud-est du Bénin), la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), pour « trafic de drogue international à haut risque », infraction punie de 10 à 20 ans de prison.
Pas accès au dossier avant l’audience
Il n’avait pas eu connaissance des faits qui lui étaient reprochés ni accès au dossier avant l’audience, selon ses avocats, qui estiment que la Criet n’est pas une juridiction d’appel et n’est donc pas compétente pour juger cette affaire. Les juges avaient en outre refusé à la défense le droit de représenter Sébastien Ajavon en son absence et de prendre la parole, avant de renvoyer l’affaire au 18 octobre.
« Sébastien Ajavon a décidé, sur les recommandations de ses conseils, de ne pas comparaître en personne lors de cette audience, compte tenu des graves irrégularités de la procédure et du caractère absurde et mensonger de l’accusation portée contre lui », a déclaré dans un communiqué mercredi l’un de ses avocats parisiens, Eric Dupond-Moretti.
« Il donne en revanche mandat, conformément aux règles de droit, à ses avocats pour dénoncer les atteintes à ses droits et les manquements au procès équitable entachant d’ores et déjà l’entière procédure », poursuit-il.
Candidat à la présidentielle de 2016
« Sébastien Ajavon se réserve le droit (…) de faire constater l’instrumentalisation de la justice et les manœuvres politiques dont il est victime. Il entreprendra ainsi toute action, de nature tant judiciaire que politique, nécessaire à faire garantir le respect de ses droits et sa participation au processus démocratique », conclut le communiqué.
Candidat à la présidentielle de 2016, Sébastien Ajavon, qui a fait fortune dans l’agroalimentaire, était arrivé troisième avec 23% des voix, avant de soutenir un autre homme d’affaires, Patrice Talon, qu’il a contribué à faire élire au second tour face à Lionel Zinsou. Mais les relations entre les deux hommes se sont vite dégradées après la présidentielle, Sébastien Ajavon ayant été visé par la justice dans plusieurs affaires.
J.ATribune : « L’excision n’est pas la solution, c’est une illusion » (Par Diérétou Diallo, activiste)
Par Diérétou Diallo, blogueuse et activiste, présidente du collectif « Guinéenne du XXIe siècle ». – Le collectif Guinéenne du 21e siècle a lancé en ce mois d’octobre une campagne visuelle intitulée #NosFillesAvecLeurClito. Objectif : déconstruire les préjugés « positifs » autour de l’excision.
Avant de démarrer cette action de sensibilisation en français et en anglais sur les réseaux sociaux, nous avons organisé pendant un mois une phase de collecte des arguments en faveur du maintien de l’excision dans un pays où 97% des femmes ont subi une mutilation génitale féminine (MGF) – le 2e taux le plus élevé au monde après la Somalie (98%), devant l’Égypte (91%), le Mali (89%), le Burkina Faso (76%) ou le Sénégal (26%) par exemple.
Cette étape a été très instructive, non seulement pour comprendre les communautés qui pratiquent les MGF, mais aussi pour peaufiner notre stratégie. Car au-delà du fait de demander simplement aux communautés de cesser de couper les clitoris, ce qui n’est finalement que le discours habituel des institutions, il était davantage question d’entrer dans la psychologie de ces personnes et d’en saisir les motivations.
Cette enquête et la façon dont la campagne a été reçue par nos compatriotes maintenant qu’elle bat son plein, nous a révélé une chose fondamentale qui pour être évidente, n’en est pas moins en général sous-estimée dans la lutte contre les MGF, à savoir que les bienfaits supposés de l’excision sont profondément enracinés dans l’esprit de la majorité des Guinéens.
Selon les témoignages, il y a une première manière d’accepter l’excision par mimétisme, en intériorisant une norme sociale du type « une femme non excisée ne trouve pas de mari », alors même que le mariage a un poids considérable dans nos sociétés. Puis une seconde façon de l’envisager, axée sur la morale et la préservation du corps social, qui voit l’excision comme le seul moyen d’empêcher les femmes de se prostituer ou d’avoir des rapports sexuels avant le mariage.
À ce sujet, je me souviens avoir lu dans un commentaire sur notre page Facebook que « l’excision était louable car la femme excisée devenait impénétrable » (sic). De fait, il existe bien une mutilation génitale féminine qui mène à ce résultat : c’est l’infibulation, très sollicitée chez certaines ethnies d’origine Mandé se trouvant au Mali, au Sénégal, en Mauritanie… En plus de confondre les MGF, ce qui est révélateur d’un certain degré d’ignorance, la personne qui s’exprimait ainsi n’avait pas l’air de réaliser que dans un cas comme dans l’autre – infibulation ou excision -, ces mutilations peuvent engendrer des douleurs atroces pendant les premiers rapports sexuels, allant jusqu’à l’évanouissement.
La femme se voit déshumanisée, réduite au statut d’animal né exclusivement pour satisfaire les besoins sexuels masculins
Toujours selon notre enquête, l’excision permettrait aussi de rétrécir le vagin et de procurer plus de plaisir à l’homme pendant l’acte sexuel. On constate ici la force de l’emprise patriarcale dans la société guinéenne, où le plaisir de l’homme est placé sur un piédestal et sacralisé, au point que les douleurs généralement ressenties par les femmes excisées pendant les rapports sexuels soient banalisées, considérées comme normales voire parfois recherchées par certains. La femme se voit ainsi déshumanisée, réduite au statut d’animal né exclusivement pour satisfaire les besoins sexuels masculins.
Que des hommes conservateurs et nostalgiques d’une certaine idée de la femme veuillent maîtriser le corps de celle-ci et sa sexualité en effectuant des choix pour elle, n’est pas nouveau. Ce qui est effarant, c’est l’incapacité pour eux de la voir comme un individu à part entière, de la traiter de façon égale aux hommes dans l’expression de sa souffrance et a fortiori dans la quête du plaisir charnel. Les hommes sont bien sûr totalement libres d’exprimer leurs opinions sur des sujets comme l’IVG, la sexualité féminine, etc. Ils peuvent interagir, échanger avec les femmes, le débat est d’ailleurs encouragé. La limite à cette liberté est qu’ils n’ont absolument pas le droit de choisir les organes que ces dernières doivent garder ou pas, ni de leur imposer une conduite dans leur façon de mener leur vie d’adulte.
Qu’il soit conscient ou inconscient, le sexisme décomplexé répandu sur les réseaux sociaux révèle l’immensité de la tâche qui attend encore les Africaines
Que nous Africains ayons à réaliser des progrès dans notre rapport aux femmes n’est pas un secret. À l’heure de mouvements militants à fort écho comme #Metoo et #BalanceTonPorc dans les pays occidentaux, la parole de l’Africaine sur les abus qu’elle subit a encore elle, beaucoup de mal à se libérer. Un sexisme ordinaire décomplexé et totalement assumé a par contre lui pleinement pris la place sur les réseaux sociaux. Qu’il soit conscient ou inconscient, dû à une absence de sensibilisation, il révèle l’immensité de la tâche qui attend encore les Africaines.
Car il y a une frontière très claire entre la blague censée faire rire et des propos insultants déguisés en humour noir ou en satire. Cette frontière, c’est le bon sens. Dire d’une femme qu’elle est un « fruit mûr », qu’elle est « mangeable », qu’on peut la « décapsuler » telle une bouteille de bière, nous abêtis collectivement. Ce recours intempestif à un langage chosifiant l’Africaine, la sexualisant à outrance, n’est pas banal. Il doit nous interpeller tant il résonne avec l’histoire de la colonisation.
In fine, nous devrions avoir l’ambition de faire reculer notre seuil de tolérance vis à vis de tous les comportements humiliants et dégradants pour les femmes. Dans cette perspective, la loi n’est pas le seul recours. L’école et la cellule familiale ont une immense responsabilité : celle d’inculquer aux garçons, les hommes de demain, des valeurs féministes, respectueuses de la femme dans son entièreté et son individualité.
Un Marocain écope de 2 ans de prison pour avoir dénoncé sur Facebook le meurtre d’une migrante
LES AFRIQUES – Un Marocain a été condamné à deux ans de prison ferme pour avoir protesté sur les réseaux sociaux contre la mort d’une jeune migrante, tuée fin septembre par des tirs de la Marine marocaine, a-t-on appris jeudi auprès de son avocat.
Soufiane Al-Nguad, 32 ans, a été condamné dans la nuit de mercredi à jeudi par le tribunal de Tétouan, ville du nord du Maroc, pour « outrage au drapeau national », « propagation de la haine » et « appel à l’insurrection civile », selon son avocat Jabir Baba. Il avait été interpellé début octobre, après des troubles lors d’un match de football le 30 septembre à Tétouan.
Selon son avocat, avant ce match, M. Nguad avait appelé, à travers des publications sur sa page Facebook, le groupe des ultras « Los Matadores » du club de football local à « manifester et à porter des habits noirs de deuil » pour protester contre le décès de Hayat Belkacem.La mort de cette étudiante de 22 ans, tuée le 25 septembre par la Marine marocaine alors qu’elle tentait de gagner clandestinement les côtes espagnoles en bateau, avait suscité la colère dans le pays. Les autorités marocaines avaient dit avoir visé l’embarcation en raison de ses « manoeuvres hostiles ».
19 autres supporters en procès
19 supporters âgés de 14 à 23 ans sont également jugés à Tétouan pour « outrage au drapeau national », « manifestation non autorisée » et « destruction de biens publics et privés », pour avoir manifesté le soir du même match. Ils avaient été arrêtés peu après, pour avoir brandi des drapeaux espagnols et crié des slogans comme « Viva España » (« Vive l’Espagne ») lors du match. Ils avaient aussi manifesté sur le chemin du stade, appelant à « venger Hayat ».
Ces dernières semaines, des dizaines de vidéos montrant des jeunes Marocains en route vers l’Espagne à bord de bateaux pneumatiques sont devenues virales sur les réseaux sociaux, dans un pays marqué par de grandes inégalités sociales, sur fond de chômage élevé chez les jeunes.
Depuis le début de l’année, l’Espagne est devenue la première porte d’entrée vers l’Europe, avec près de 43 000 arrivées par voie maritime et terrestre, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
J.A

