#SenCaféActu, la revue de presse express d’Adama Sow de ce vendredi 19 octobre 2018

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#SenCaféActu du 19 octobre 2018 Par Adama SowA la Une: Serigne Mbaye Thiam débusque l’agenda subversif caché derrière le rapport de Human Right Watch, Drame du stade Demba Diop: Ouakam met la pression sur le tribunal et obtient gain de cause, Macky Sall peche un « lion » à Saly1-Le ministre Serigne Mbaye Thiam remet Human Right Watch à sa place et révèle les dessous de son enquête sur les exploitations sexuelles des filles par les enseignants : l’agenda masqué de l’Ong Human Right Watch pour forcer le Sénégal à introduire l’enseignement de la sexualité dans nos écoles a été mis à nu par le ministère de l’éducation2-Le train arrête de siffler : les cheminots croisent les bras et rangent les locomotives ce vendredi en décrétant une journée sans train sur l’étendue du territoire pour protester contre la décision ministérielle de les priver du Magal de Touba3- La guerre de l’eau aura lieu entre la SDE et la française SUEZ : l’octroi du prochain contrat pour la gestion de l’eau au Sénégal a déclenché une guerre entre la SDE mise à mal par SUEZ qui risque de lui chiper le pactole. Verdict en décembre4-La dengue touche Rosso : Après Fatick et Touba, la dengue arrive au nord avec 6 personnes atteintes5-Drame du stade de Demba Diop : 3 jeunes de l’US Ouakam libérés sur les 7 en détention. Le juge semble ceder à la pression des populations de Ouakam et a libéré 3 jeunes du village lébou6-« A Dakar vous avez pêché un poisson, à Saly vous avez un lion », dixit Ousmane Guèye maire de Saly qui a publiquement annoncé hier son ralliement à l’APR7-Marche inédite des Imams et délégués de quartier de Niarry Tally ce vendredi : les populations vont assister aujourd’hui à une marche de protestation dirigée par les imams et notables du quartier Niarry Tally qui s’offusquent des lenteurs des travaux promis dans le projet Promoville

Dans une tribune kilométrique comme à son habitude, le contributionniste Mody Niang traite Ousmane Sonko de « domoukharam qu’il faut exécuter »

Depuis le 16 septembre 2018, des injures grossières et des accusations parfois des plus graves accablent de toutes parts le pauvre Ousmane Sonko, candidat à la candidature à l‘élection présidentielle du 24 février 2019. On a commencé par pointer sa barbe et ses deux épouses qui seraient voilées, pour le classer  parmi les ibaadou rahmaanes, comme si c’était un crime. On est allé plus loin, depuis la présentation, ce 16 septembre, de son livre-vision ‘’SOLUTIONS pour un Sénégal nouveau’’. Un énergumène de la majorité présidentielle l’a même traité de ‘’doomu araam qu’il faut exécuter’’. Il serait ainsi un salafiste, un dangereux terroriste porté à bout de bras par Daesh. Ces derniers jours, on est allé chercher jusque dans ses archives sonores, pour trouver une vidéo où il a notamment déclaré que « ce ne serait pas un péché de fusiller tous les présidents qui se sont succédé au Sénégal ». Occasion ne pouvait être plus belle pour les tenants du pouvoir et tous leurs suppôts pour se jeter sur lui, comme une meute d’hyènes affamées sur le cadavre d’un gros hippopotame. Ainsi, depuis plusieurs jours, ils n’en ont que pour lui, ou contre lui. On s’en rend compte en lisant la ‘’Une’’ de pratiquement tous les journaux. A entendre ou à lire les uns et les autres, on a le sentiment qu’on fait dire à Ousmane Sonko ce qui n’était sûrement pas son intention de départ : une fois élu, il fusillera tous les criminels qui pillent le pays depuis 1960 y compris, en particulier, les trois chefs d’Etat qui s’y sont succédé. En d’autres termes, Ousmane Sonko devenu Président de la République, rétablira la peine de mort, condition sine qua non pour fusiller ou pendre qui que ce soit. A ma connaissance, la Chine exceptée, il n’existe aucun autre pays au monde où on fusille ou pend des gens convaincus de mal gouvernance flagrante (de corruption, de détournements de deniers publics, etc.). Je n’en connais pas, même pas en Afrique, où la vie humaine ne compte pas parfois pour un kopeck. Comment alors Ousmane Sonko, lucide quand même jusqu’à preuve du contraire, peut-il envisager un seul instant une telle folie ? On a donc saisi l’opportunité de sa déclaration certainement maladroite, pour lui prêter toutes les intentions, y compris des plus horribles. A la place du pauvre Ousmane Sonko, je ne ferais peut-être pas exactement la même déclaration, mais je condamnerais avec lui et de façon vigoureuse, la manière dont notre pays est géré depuis 1960. Je m’engagerais à punir aussi sévèrement que le permet la loi, toutes les forfaitures, tous les crimes qui ont été commis pendant les gouvernances que nous avons connues. Il ne faut pas que la déclaration de Sonko cache ces crimes. J’ai entendu un membre de la majorité présidentielle reprocher vivement au pauvre Sonko d’avoir traité de criminels les anciens Présidents de la République. Je n’ai pas personnellement entendu une telle déclaration. Á supposer qu’il l’ait faite, il n’aurait pas tout à fait tort car Diouf et Wade ont effectivement commis des crimes. Le président-politicien Macky Sall en a commis et continue d’en commettre impunément. Le Petit Larousse illustré définit le crime comme ‘’un homicide volontaire, un meurtre’’, mais aussi comme ‘’un acte répréhensible, lourd de conséquences’’. Si on considère la seconde définition, les hommes et les femmes politiques qui se sont succédé au pouvoir ont commis beaucoup de crimes économiques dont nous traînons encore les lourdes conséquences. Ces conséquences comptent pour beaucoup dans notre place peu enviable parmi les 25 pays les plus pauvres et les plus endettés du monde. Le Président Abdou Diouf, alors Premier Ministre, en a commis en couvrant le fameux Compte K2, mis en place dans les années 70 pour ‘’promouvoir une bourgeoisie nationale’’. Á l’arrivée, ce Compte a plutôt enrichi des hommes et des femmes politiques, des chefs dits religieux, de grands notables, etc. Pour donner un exemple parmi de nombreux autres, M. X est du pouvoir ou en est proche. On lui attribue une parcelle de terrain bien placée. Le très généreux Compte K2 lui accorde un prêt de huit à dix millions. Il construit une villa luxueuse conventionnée immédiatement par l’Etat à 300000 francs /mois, alors qu’il rembourse mensuellement – si toutefois il rembourse  – 90 à 100000 francs. S’il est réaliste, il se fait construire, quelque temps après, une autre villa dans les mêmes conditions. De nombreux compatriotes, dont certains ne remboursaient même pas, se sont ainsi facilement et, peut-être illicitement enrichis. La Région qui a le plus bénéficié de ce Compte est celle de Kaolack, feu Babacar Ba étant à l’époque, Ministre de l’Economie et des Finances, et responsable politique dans la Région. Diouf est aussi responsable, en tant que Premier Ministre de Senghor, de la gestion catastrophique, pendant plusieurs années, de l’Office national de Coopération et d’Assistance pour le Développement (ONCAD). L’Office sera d’ailleurs dissous à la fin des années 70, avec un passif de 100 milliards de francs CFA. Pour de plus amples informations sur les raisons de cette dissolution, je renvoie le lecteur aux pages 163-164-165 du livre de l’historien Mamadou Diouf, ‘’Le Sénégal sous Abdou Diouf’’. On se rappelle aussi les gros détournements comme ceux intervenus impunément à la Croix rouge sénégalaise, à la Loterie nationale sénégalaise (LONASE), à la Caisse de Péréquation et de Stabilisation des Prix, à la Société nationale de la Poste, à la Société nationale des Chemins de fer du Sénégal, etc. Il convient de signaler également ce décret 97-932 du 18 juin 1997, qui organisait la passation des marchés publics au niveau du scandaleux Projet de Construction d’Immeubles administratifs et de Réhabilitation du Patrimoine bâti de l’Etat (PCRPE). Décret ‘’corruptogène’’ qui suscitait et couvrait tous les forfaits, tous les crimes, et DIEU sait qu’il y en a eu. Le Président Diouf a permis et couvert une autre forfaiture en autorisant, en 1992, ses proches collaborateurs, à recourir aux fameux accords secrets de pêche pour financer – c’était le prétexte – la réalisation de certaines infrastructures dans le cadre de la préparation de Sénégal 92 (le Sénégal devait organiser, cette année-là, la Coupe d’Afrique des Nations de football). Ces accords secrets de pêche, qui sont restés en vigueur plusieurs années après la Can 92, ont été pour beaucoup dans le pillage de nos maigres ressources halieutiques. Ils ont aussi enrichi trop facilement de nombreux Socialistes et proches du président Diouf. La gouvernance de Diouf était jalonnée par de nombreux autres scandales, de nombreux crimes restés impunis. Le lecteur peut en avoir le cœur net en parcourant les pages 171-178 de mon livre « Abdou Diouf, 40 ans au cœur de l’Etat socialiste au Sénégal », Paris, L’Harmattan, 2009. Aux pages 165 et 166, il se rendra compte que, dans certaines circonstances, les hommes et les femmes politiques peuvent perdre leur contrôle et se laisser carrément aller. On se rappelle que le Président Diouf était un homme de mesure, un homme qui encaissait stoïquement les critiques les plus acerbes. Il lui arrivait cependant de sortir de ses gonds et de faire des déclarations qui ne ressemblaient pas au tempérament de l’homme. Il en était ainsi le 27 octobre 1998, à son retour de Paris où il s’était rendu pour répondre à une invitation du Président de l’Assemblée nationale, Laurent Fabius. L’opposition parlementaire l’y avait précédé pour manifester contre lui devant le Palais Bourbon. Initiative qu’il avait très mal prise et pour laquelle il avait fait cette grave déclaration, à sa descente d’avion au pays : « Je n’avais jamais pensé que je suscitais autant de haine de la part des ces leaders politiques. J’ai l’impression qu’ils ont à mon égard une haine forte. » Ce soir-là, les Sénégalaises et les Sénégalais ont découvert un Abdou Diouf hors de lui et s’étant départi de sa sérénité habituelle. Ils ont eu à découvrir le même Abdou Diouf les 25 et 26 février 1988, lors de la campagne pour l’élection présidentielle de cette année-là. Malmené par les jeunes manifestants de la ville de Thiès, il les qualifia, à la mythique Place de France, de « Jeunesse malsaine ». Le lendemain, il régla son compte à l’opposition en lançant à son encontre la sévère mise en garde suivante : « Je croyais, j’espérais et je souhaitais avoir en face de nous, travaillant en direction de l’intérêt général du Sénégal, des patriotes sincères, démocrates, vertueux, des hommes de parole, de dignité et de respect. Mais j’ai en face de moi des bandits de grand chemin. Ce ne sont pas des Sénégalais dignes de ce nom, ils ont perverti la démocratie, bafoué et terni l’image de marque du Sénégal. Le peuple sénégalais ne le leur pardonnera jamais ; le 28 février donnez leur votre sanction pour cette mauvaise action. »  On pouvait aussi rappeler ses vives félicitations aux Forces de l’Ordre d’avoir réprimé violemment, en 1985, la manifestation de l’opposition contre l’apartheid et, par ricochet, la visite du dictateur Mobutu au Sénégal. Pourtant, elles avaient même fracassé un bras à Abdoulaye Faye du Pds. Nous n’oublions pas, non plus, les nombreuses gaffes du candidat puis du Président Abdoulaye Wade, dont certaines mettaient même parfois en danger nos compatriotes à l’étranger. C’est ainsi que, lors de la Conférence africaine sur le racisme tenue à Dakar à partir du lundi 22 janvier 2001, le Président Wade, euphorique comme c’était souvent le cas déclarait : « Un Burkinabe subit en Côte d’Ivoire ce qu’un noir ne subit pas en Europe. » Cette déclaration mit les Ivoiriens dans tous leurs états et il a fallu un déplacement à Abidjan de Moustapha Niasse alors Premier Ministre, pour prévenir l’incendie. Et que dire de ses incessants appels à l’Armée à prendre le pouvoir, chaque fois qu’il ratait l’occasion d’y accéder ? Et de sa déclaration à Paris qu’il venait acheter des armes pour contenir nos voisins ? Face à ces déclarations, celle de Sonko est une peccadille puisque tous nos compatriotes de bonne foi savent qu’il ne fusillerait personne. Pour revenir aux scandales, aux crimes économiques, nous en avons connu de toutes sortes avec la longue et nébuleuse gouvernance du vieux président. Nous en retiendrons quelques-uns : la rocambolesque rénovation de l’avion de commandement, le Flèche des Almadies, qui nous aura coûté à l’arrivée près de 30 milliards, pour une opération dont il nous assurait qu’il ne coûterait pas un franc au contribuable ; la gestion peu orthodoxe de ses fonds spéciaux illimités, notamment alimentés par des chèques destinés normalement au Trésor public ; le détournement sans état d’âme de quinze millions de dollars de ‘’fonds taïwanais’’, normalement destinés à la réalisation de projets sociaux ; les 40 véhicules de luxe du FESMAN détournés, avec la complicité de son ‘’conseiller spécial’’ d’alors ; le pillage systématique de nos maigres réserves foncières, distribuées à des hommes et à des femmes déjà nantis, au détriment de millions de Sénégalaises et de Sénégalais qui couraient derrière la plus petite parcelle pour se construire une maison ; les mystérieuses dizaines de milliards qui ont fait l’objet du fameux ‘’Protocole de Reubeuss’’, et qui ne seront jamais élucidés, etc. Il y en a bien d’autres, dont le moins grave pourrait le conduire en prison dans toute grande démocratie. Son successeur a emprunté le même chemin et point n’est besoin d’insister sur le scandales-crimes qui jalonnent sa gouvernance : nous les vivons dans notre chair depuis bientôt sept ans. Ce sont tous ces crimes jusqu’ici restés impunis qui ont certainement fait sortir Ousmane Sonko de ses gonds. Son intention n’est sûrement pas de fusiller – ce qui n’est pas possible dans notre pays –  mais d’élucider ces crimes et de punir sévèrement leurs auteurs. De ce point de vue, il bénéficie de tous mes encouragements et a tout mon soutien. Je suis très réservé, par contre, par rapport à son intention annoncée de se rapprocher du vieux président-politicien. Je ne partage surtout pas son affirmation qu’il est le meilleur président du Sénégal. Il en est très loin. S’il a à son actif des réalisations – et quelles réalisations –, il a, à son passif, beaucoup de destructions. Placés sur les deux plateaux d’une balance, les destructions feront pencher lourdement celle-ci de leurs côtés. Il n’est surtout pas question que Sonko cherche refuge auprès de lui, comme l’annonce la presse. Qu’a-t-il fait de répréhensible pour chercher refuge auprès d‘un tel homme ? Quand on a pour cheval de bataille la bonne gouvernance, on ne peut pas s’acoquiner avec ce vieux politicien prédateur, qui serait bien indiqué pour symboliser la mal gouvernance. Malgré sa déclaration malheureuse, qui peut arriver à tous les hommes, à toutes les femmes politiques, Ousmane Sonko doit garder le cap qu’il s’est fixé dès le départ, et refuser d’écouter les oiseaux de mauvais augure qui veulent le convaincre que, quand on sollicite les suffrages des Sénégalais, il ne faut pas leur tenir un langage de vérité crue. Ces gens-là sont les gardiens jaloux du statu quo, de l’odieux système vieux de 58 ans, dont les tares sont responsables du grand retard que nous accusons par rapport à des pays comme le Maroc et la Corée du Sud, qui avaient le même PIB que nous en 1960. Dakar, le 18 octobre 2019 Mody Niang

Arriérés de loyer : l’ex international Alassane Ndour rejette tous les les torts sur celle dont il a divorcé il y a 15 mois

L’ancien international Alassane Ndour « n’est mêlé ni de près ni de loin » à l’affaire d’arriérés de location rapportée par Les Échos dans son édition de ce jeudi et repris par Seneweb. Le cabinet d’avocats Scpa Léon Patrice & Sylva dite LPS a fait le démenti dans un communiqué parvenu à Tract.sn.« La réalité est tout autre, signale les avocats d’Alassane Ndour. Le local en question est un magasin et non une villa (comme avancé par le journal). Ce magasin est occupé et exploité par l’ex-épouse du sieur Ndour pour les besoins de son commerce. »Alassane Ndour payait la location du magasin. À ce moment-là, il était encore dans les liens du mariage avec son ex, et son nom était sur le contrat.« Après le divorce, le sieur Ndour n’a pas jugé nécessaire de résilier le contrat, d’autant plus que son ex-femme y entretenait toujours son commerce, informe le cabinet d’avocats. Ainsi naquit l’accord tacite entre les ex-époux, la dame continuant d’exploiter le magasin et assumant le paiement du loyer. Cela fait maintenant 15 mois. »
L’ancien international, renseigne le communiqué, a appris le litige ce jeudi matin avec l’article en question. « Il tient à affirmer et réaffirmer qu’il n’est, ni de près ni de loin, mêlé à ce contentieux », martèle les avocats d’Alassane Ndour.Avant le communiqué des avocats, Bamba Fall, gérant de l’agence immobilière en conflit avec l’ex-épouse de l’ancien Lion, a contacté Seneweb pour faire les mêmes précisions. Ajoutant qu’Alassane Ndour, à l’époque où il avait en charge le loyer du magasin de son ex, « payait très souvent par avance ». « Son seul tort, souligne Fall, c’est de n’avoir pas résilié le contrat, qui était à son nom, après son divorce.

Le maire analphabète de Saly, Ousmane Gueye, transhume à l’APR

Le maire de Saly dans le département de Mbour vient de jeter les baluchons dans le parti présidentiel. Ousmane Guèye en a fait lui-même l’annonce ce jeudi lors du lancement des travaux de restauration des plages de la station balnéaire de Saly, dans le cadre du Projet de développement du tourisme et des entreprises (PDTE).
«Je vous ai entendu dire l’autre jour que vous avez pêché un gros poisson aux Parcelles assainies. Je voudrais vous faire savoir que vous venez d’attraper un grand lion ici à Saly Portudal», dira la nouvelle recrue à l’endroit du leader de l’Alliance pour la république (Apr), avant de promettre, avec les hôteliers et acteurs de l’hôtellerie une victoire du camp présidentiel à Saly et dans tout le département de Mbour. «Je vous donne rendez-vous le 25 (février),dit-il.

En conférence de presse, Mame Adama Gueye renonce, dénonce « le monstre institutionnel » et raille la « garderie d’adultes » qu’est l’université (Reportage-photo de Cheikh Diallo)

En conférence de presse ce mardi, Me Mame Adama Gueye a dénoncé l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques. D’après le candidat à la présidentielle présenté par Senegal Bou Beess , tous les chefs d’Etat qui ont dirigé le pays ont une fois utilisé la justice pour combattre un adversaire politique.

Ce qui le pousse à dire que « le système politique a produit un monstre institutionnel qui ne reconnait aucune des limites posées par le principe de la séparation des pouvoirs. Le pouvoir judiciaire subit le même sort, ou pire ».

Etayant ses propos, il rappelle: « En 1962, Senghor a utilisé la justice pour condamner Mamadou Dia. Abdou Diouf l’a fait contre Abdoulaye Wade. Ce dernier l’a fait aussi pour condamner Idrissa Seck. Macky Sall l’a récemment fait pour condamner deux candidats à la présidentielle à savoir Karim Wade et Khalifa Sall ». A son avis, il est temps que cela s’arrête avant qu’il ne soit trop tard. Cette pratique, insiste-t-il, doit être bannie.

A quelques mois de l’élection présidentielle, le chef de file du mouvement « Sénégal Bou Bess » s’engage à participer à la sécurisation afin de permettre aux Sénégalais de choisir librement. Pour arriver à ses fins, il compte y impliquer la société civile, les organisations professionnelles, patronales, syndicales et religieuses qui, indique-t-il, ont une part entière dans la construction de la République. En outre, il compte rencontrer les ambassadeurs et les représentants diplomatiques accrédités au Sénégal car, à son avis, « dans le « monde  global d’aujourd’hui, rien de viable ne pourra se faire sans la prise à témoin de la communauté internationale ».

Par ailleurs, Me Mame Adama Gueye s’est prononcé sur la crise qui prévaut dans l’enseignement supérieur avec l’exclusion des 40.000 étudiants qui ont été orientés dans les établissements supérieurs privés. « L’université est une garderie d’adulte qui permet à l’Etat de détruire l’initiative des étudiants. L’éducation n’est pas de la quantité mais de la qualité et il est très difficile pour les étudiants d’étudier dans ces conditions. Et les bourses attribuées aux étudiants ne sont rien d’autres que des moyens pour les faire taire ».

L’opposant milliardaire béninois Sébastien Ajavon a refusé de se rendre à son procès ce jeudi

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Sébastien Ajavon ne se rendra pas à son procès prévu ce jeudi 18 octobre 2018, a annoncé Me Eric Dupond-Moretti, l’un de ses avocats français. L’opposant politique et homme d’affaires béninois est mis en cause dans une enquête sur un trafic de cocaïne.

Me Eric Dupond-Moretti, l’un des avocats français de Sébastien Ajavon – qui séjourne actuellement en France –  a dénoncé, ce mercredi, de « graves irrégularités » dans la procédure. En octobre 2016, Sébastien Ajavon avait été arrêté après la découverte d’environ 18 kg de cocaïne pure d’une valeur estimée à 9 milliards de francs CFA (14 millions d’euros) dans un conteneur destiné à l’une de ses sociétés. Il avait été relaxé quelques mois plus tard, faute de preuve et « au bénéfice du doute ».

Cette relaxe n’a fait l’objet d’aucune procédure en appel, mais Sébastien Ajavon a été convoqué le 4 octobre devant un tribunal spécial créé fin août à Porto Novo (sud-est du Bénin), la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), pour « trafic de drogue international à haut risque », infraction punie de 10 à 20 ans de prison.

Pas accès au dossier avant l’audience

Il n’avait pas eu connaissance des faits qui lui étaient reprochés ni accès au dossier avant l’audience, selon ses avocats, qui estiment que la Criet n’est pas une juridiction d’appel et n’est donc pas compétente pour juger cette affaire. Les juges avaient en outre refusé à la défense le droit de représenter Sébastien Ajavon en son absence et de prendre la parole, avant de renvoyer l’affaire au 18 octobre.

« Sébastien Ajavon a décidé, sur les recommandations de ses conseils, de ne pas comparaître en personne lors de cette audience, compte tenu des graves irrégularités de la procédure et du caractère absurde et mensonger de l’accusation portée contre lui », a déclaré dans un communiqué mercredi l’un de ses avocats parisiens, Eric Dupond-Moretti.

« Il donne en revanche mandat, conformément aux règles de droit, à ses avocats pour dénoncer les atteintes à ses droits et les manquements au procès équitable entachant d’ores et déjà l’entière procédure », poursuit-il.

Candidat à la présidentielle de 2016

« Sébastien Ajavon se réserve le droit (…) de faire constater l’instrumentalisation de la justice et les manœuvres politiques dont il est victime. Il entreprendra ainsi toute action, de nature tant judiciaire que politique, nécessaire à faire garantir le respect de ses droits et sa participation au processus démocratique », conclut le communiqué.

Candidat à la présidentielle de 2016, Sébastien Ajavon, qui a fait fortune dans l’agroalimentaire, était arrivé troisième avec 23% des voix, avant de soutenir un autre homme d’affaires, Patrice Talon, qu’il a contribué à faire élire au second tour face à Lionel Zinsou. Mais les relations entre les deux hommes se sont vite dégradées après la présidentielle, Sébastien Ajavon ayant été visé par la justice dans plusieurs affaires.

J.A

Tribune : « L’excision n’est pas la solution, c’est une illusion » (Par Diérétou Diallo, activiste)

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Par Diérétou Diallo, blogueuse et activiste, présidente du collectif « Guinéenne du XXIe siècle ». – Le collectif Guinéenne du 21e siècle a lancé en ce mois d’octobre une campagne visuelle intitulée #NosFillesAvecLeurClito. Objectif : déconstruire les préjugés « positifs » autour de l’excision.

Avant de démarrer cette action de sensibilisation en français et en anglais sur les réseaux sociaux, nous avons organisé pendant un mois une phase de collecte des arguments en faveur du maintien de l’excision dans un pays où 97% des femmes ont subi une mutilation génitale féminine (MGF) – le 2e taux le plus élevé au monde après la Somalie (98%), devant l’Égypte (91%), le Mali (89%), le Burkina Faso (76%) ou le Sénégal (26%) par exemple.

Cette étape a été très instructive, non seulement pour comprendre les communautés qui pratiquent les MGF, mais aussi pour peaufiner notre stratégie. Car au-delà du fait de demander simplement aux communautés de cesser de couper les clitoris, ce qui n’est finalement que le discours habituel des institutions, il était davantage question d’entrer dans la psychologie de ces personnes et d’en saisir les motivations.

Cette enquête et la façon dont la campagne a été reçue par nos compatriotes maintenant qu’elle bat son plein, nous a révélé une chose fondamentale qui pour être évidente, n’en est pas moins en général sous-estimée dans la lutte contre les MGF, à savoir que les bienfaits supposés de l’excision sont profondément enracinés dans l’esprit de la majorité des Guinéens.

Selon les témoignages, il y a une première manière d’accepter l’excision par mimétisme, en intériorisant une norme sociale du type « une femme non excisée ne trouve pas de mari », alors même que le mariage a un poids considérable dans nos sociétés. Puis une seconde façon de l’envisager, axée sur la morale et la préservation du corps social, qui voit l’excision comme le seul moyen d’empêcher les femmes de se prostituer ou d’avoir des rapports sexuels avant le mariage.

À ce sujet, je me souviens avoir lu dans un commentaire sur notre page Facebook que « l’excision était louable car la femme excisée devenait impénétrable » (sic). De fait, il existe bien une mutilation génitale féminine qui mène à ce résultat : c’est l’infibulation, très sollicitée chez certaines ethnies d’origine Mandé se trouvant au Mali, au Sénégal, en Mauritanie… En plus de confondre les MGF, ce qui est révélateur d’un certain degré d’ignorance, la personne qui s’exprimait ainsi n’avait pas l’air de réaliser que dans un cas comme dans l’autre – infibulation ou excision -, ces mutilations peuvent engendrer des douleurs atroces pendant les premiers rapports sexuels, allant jusqu’à l’évanouissement.

La femme se voit déshumanisée, réduite au statut d’animal né exclusivement pour satisfaire les besoins sexuels masculins

Toujours selon notre enquête, l’excision permettrait aussi de rétrécir le vagin et de procurer plus de plaisir à l’homme pendant l’acte sexuel. On constate ici la force de l’emprise patriarcale dans la société guinéenne, où le plaisir de l’homme est placé sur un piédestal et sacralisé, au point que les douleurs généralement ressenties par les femmes excisées pendant les rapports sexuels soient banalisées, considérées comme normales voire parfois recherchées par certains. La femme se voit ainsi déshumanisée, réduite au statut d’animal né exclusivement pour satisfaire les besoins sexuels masculins.

Que des hommes conservateurs et nostalgiques d’une certaine idée de la femme veuillent maîtriser le corps de celle-ci et sa sexualité en effectuant des choix pour elle, n’est pas nouveau. Ce qui est effarant, c’est l’incapacité pour eux de la voir comme un individu à part entière, de la traiter de façon égale aux hommes dans l’expression de sa souffrance et a fortiori dans la quête du plaisir charnel. Les hommes sont bien sûr totalement libres d’exprimer leurs opinions sur des sujets comme l’IVG, la sexualité féminine, etc. Ils peuvent interagir, échanger avec les femmes, le débat est d’ailleurs encouragé. La limite à cette liberté est qu’ils n’ont absolument pas le droit de choisir les organes que ces dernières doivent garder ou pas, ni de leur imposer une conduite dans leur façon de mener leur vie d’adulte.

Qu’il soit conscient ou inconscient, le sexisme décomplexé répandu sur les réseaux sociaux révèle l’immensité de la tâche qui attend encore les Africaines

Que nous Africains ayons à réaliser des progrès dans notre rapport aux femmes n’est pas un secret. À l’heure de mouvements militants à fort écho comme #Metoo et #BalanceTonPorc dans les pays occidentaux, la parole de l’Africaine sur les abus qu’elle subit a encore elle, beaucoup de mal à se libérer. Un sexisme ordinaire décomplexé et totalement assumé a par contre lui pleinement pris la place sur les réseaux sociaux. Qu’il soit conscient ou inconscient, dû à une absence de sensibilisation, il révèle l’immensité de la tâche qui attend encore les Africaines.

Car il y a une frontière très claire entre la blague censée faire rire et des propos insultants déguisés en humour noir ou en satire. Cette frontière, c’est le bon sens. Dire d’une femme qu’elle est un « fruit mûr », qu’elle est « mangeable », qu’on peut la « décapsuler » telle une bouteille de bière, nous abêtis collectivement. Ce recours intempestif à un langage chosifiant l’Africaine, la sexualisant à outrance, n’est pas banal. Il doit nous interpeller tant il résonne avec l’histoire de la colonisation.

In fine, nous devrions avoir l’ambition de faire reculer notre seuil de tolérance vis à vis de tous les comportements humiliants et dégradants pour les femmes. Dans cette perspective, la loi n’est pas le seul recours. L’école et la cellule familiale ont une immense responsabilité : celle d’inculquer aux garçons, les hommes de demain, des valeurs féministes, respectueuses de la femme dans son entièreté et son individualité.

Un Marocain écope de 2 ans de prison pour avoir dénoncé sur Facebook le meurtre d’une migrante

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LES AFRIQUES – Un Marocain a été condamné à deux ans de prison ferme pour avoir protesté sur les réseaux sociaux contre la mort d’une jeune migrante, tuée fin septembre par des tirs de la Marine marocaine, a-t-on appris jeudi auprès de son avocat.

Soufiane Al-Nguad, 32 ans, a été condamné dans la nuit de mercredi à jeudi par le tribunal de Tétouan, ville du nord du Maroc, pour « outrage au drapeau national », « propagation de la haine » et « appel à l’insurrection civile », selon son avocat Jabir Baba. Il avait été interpellé début octobre, après des troubles lors d’un match de football le 30 septembre à Tétouan.

Selon son avocat, avant ce match, M. Nguad avait appelé, à travers des publications sur sa page Facebook, le groupe des ultras « Los Matadores » du club de football local à « manifester et à porter des habits noirs de deuil » pour protester contre le décès de Hayat Belkacem.

La mort de cette étudiante de 22 ans, tuée le 25 septembre par la Marine marocaine alors qu’elle tentait de gagner clandestinement les côtes espagnoles en bateau, avait suscité la colère dans le pays. Les autorités marocaines avaient dit avoir visé l’embarcation en raison de ses « manoeuvres hostiles ».

19 autres supporters en procès

19 supporters âgés de 14 à 23 ans sont également jugés à Tétouan pour « outrage au drapeau national », « manifestation non autorisée » et « destruction de biens publics et privés », pour avoir manifesté le soir du même match. Ils avaient été arrêtés peu après, pour avoir brandi des drapeaux espagnols et crié des slogans comme « Viva España » (« Vive l’Espagne ») lors du match. Ils avaient aussi manifesté sur le chemin du stade, appelant à « venger Hayat ».

Ces dernières semaines, des dizaines de vidéos montrant des jeunes Marocains en route vers l’Espagne à bord de bateaux pneumatiques sont devenues virales sur les réseaux sociaux, dans un pays marqué par de grandes inégalités sociales, sur fond de chômage élevé chez les jeunes.

Depuis le début de l’année, l’Espagne est devenue la première porte d’entrée vers l’Europe, avec près de 43 000 arrivées par voie maritime et terrestre, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

J.A