Le Joola, ce naufrage judiciaire !

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En guise de linceul, ils n’auront eu droit qu’à un austère arrêt de non-lieu venu entériner, quatorze ans après le drame, l’impunité des responsables de la catastrophe la plus meurtrière de l’histoire moderne de la marine en temps de paix.

Le 26 septembre 2002, un ferry assurant la liaison Ziguinchor-Dakar s’engage cahin-caha sur les eaux du fleuve Casamance, en direction de l’océan Atlantique. Le Joola est manifestement en surcharge de passagers. Et le fret, mal réparti, le fait s’incliner dangereusement.

C’est la fin des vacances. Une foule insouciante se presse, dans les salons et les coursives, formant une fresque joyeusement folklorique. Il y a là des étudiants, des commerçants bardés de produits du cru, des touristes prêts à regagner l’Europe… Le Joola gîte dangereusement sur tribord. Alors que la pluie commence à tomber, il gagne le large pour son dernier voyage. Aux alentours de 23heures, au large des côtes gambiennes, il chavire et se retourne. Le naufrage n’aura pas duré plus de quinze minutes.

Abdoulaye Wade refuse toute enquête indépendante et s’abstient de la moindre sanction

Le Joola pouvait contenir jusqu’à 536 passagers. Il en comptait officiellement 1 928. Seuls 64 d’entre eux ont survécu. À titre de comparaison, quelque 1 500 passagers avaient trouvé la mort lors du naufrage du Titanic, en 1912.

Prévenues peu avant minuit, les autorités sénégalaises attendront le lendemain, vers 7 h 30, pour donner l’alerte. Plusieurs heures seront encore nécessaires avant que les premiers secours, mal équipés et dépourvus de consignes claires, arrivent dans la zone. Entre-temps, Dakar a refusé la coopération de l’armée française, basée au Sénégal. Très vite, l’évidence s’impose : la catastrophe ne doit rien à la malchance, ni au mauvais temps, ni à une collision fortuite. Elle résulte d’une série de négligences, qui remontent jusqu’au sommet de l’État – l’exploitation du ferry relevait de l’armée.

Le président Abdoulaye Wade, élu en mars 2000, ne l’entend pas de cette oreille. Il refuse toute enquête indépendante et s’abstient de la moindre sanction. Tandis que tout le pays est en deuil et que la Casamance est ravagée par le chagrin, il impose l’omerta aux familles des victimes.

Il faudra moins d’un an aux autorités pour enterrer le dossier, au terme d’une enquête de pure forme. Un unique responsable est désigné : le commandant de bord, porté disparu. L’association des familles de victimes est dissoute d’autorité et remplacée par une structure à la botte de l’État. Les proches des défunts recevront une indemnité en échange de leur engagement de ne pas intenter de poursuites judiciaires.

Face à ce black-out, dix-huit familles de victimes françaises portent plainte à Paris pour homicide et blessures involontaires aggravées. Le juge d’instruction prend l’affaire à bras-le-corps et délivrera, en 2008, des mandats d’arrêt internationaux contre plusieurs responsables sénégalais, civils et militaires, dont une ancienne Première ministre et l’ex-ministre des Forces armées. Abdoulaye Wade voit rouge et invoque la souveraineté du Sénégal face à une ingérence jugée inacceptable. L’affaire se mue en crise diplomatique.

Le naufrage du Joola ne connaîtra donc jamais ni responsables ni coupables

Épaulée par un collège d’experts, la justice française a recensé la stupéfiante succession de manquements ayant conduit au drame : « un chargement aberrant », « l’absence de fermeture des hublots », des « carences dans le dispositif des secours » ainsi qu’une « série de dix-neuf violations aux règles régissant la tenue du navire », lequel n’était pas en conformité avec les dispositions nationales et internationales.

En 2010, les deux ministres visés bénéficient d’un non-lieu. Malgré les lourdes charges qui pèsent sur eux, les sept responsables restants obtiendront à leur tour un non-lieu en octobre 2014, « en raison des dispositions internationales » qui empêchent, selon les juges, d’engager des poursuites en France au nom de l’immunité de juridiction des agents d’un État tiers. La décision vient d’être confirmée en appel, 17 juin dernier, ne laissant aux familles de victimes – qui dénoncent un déni de justice – que le mince espoir d’un recours en cassation.

Fruit d’une kyrielle de défaillances humaines et administratives, le naufrage du Joola ne connaîtra donc jamais ni responsables ni coupables. Au nom d’une souveraineté dévoyée dans laquelle s’est drapée l’impunité.

 Par Mehdi BâRédacteur en chef du site internet de J.A.

Procès du naufrage du Joola : « Nous irons jusqu’au bout ! » (Président de l’association des familles des victimes du Joola en France)

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Seize ans après le naufrage du ferry sénégalais qui a fait près de 2 000 morts, la Cour de cassation française a confirmé le 16 octobre le non-lieu prononcé en appel en juin 2016. Les familles des victimes veulent porter l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’homme.

C’est l’épilogue d’un combat judiciaire porté depuis seize ans par les familles des victimes. Le mardi 16 octobre, la Cour de cassation française a confirmé le non-lieu prononcé en appel en juin 2016 dans l’affaire du Joola. Le ferry sénégalais a fait naufrage au large de la Casamance le 26 septembre 2002. Près de 2 000 personnes y ont perdu la vie.

Dès 2016, les responsabilités dans le drame avaient été reconnues au niveau des autorités politique, militaire et maritime sénégalaises par la cour d’appel de Paris. Pour autant, celle-ci avait prononcé un non-lieu au motif de « l’immunité de juridiction », soit « une coutume internationale s’opposant à la poursuite des États et de leurs dirigeants devant les juridictions pénales d’un État étranger », explique Nassardine Aidara, coordinateur du Comité d’initiative pour l’érection du mémorial-musée le Joola.

Immunité de juridiction

« Cette décision s’appuie uniquement sur des règles de droit aberrantes », clame auprès de Jeune Afrique Alain Verschatse, président de l’association des familles des victimes du Joola en France et père de Claire, 20 ans au moment des faits, l’une des 18 victimes françaises. « Nous précisons que les personnes citées n’ont pas été innocentées ou blanchies. Elles ont tout simplement bénéficié de l’immunité de juridiction ou de privilèges dus à leurs rangs », renchérit Nassardine Aidara.

le « Joola », un crime sans châtiment

En 2008, le juge d’instruction d’Évry, Jean-Wilfrid Noël, avait émis des mandats d’arrêt à l’encontre de neuf responsables sénégalais, avant que ceux-ci ne soient annulés. Parmi les personnes mises en cause figuraient Mame Madior Boye, Première ministre à l’époque, et Youba Sambou, alors ministre des Forces armées du Sénégal.

Nous irons jusqu’au bout, au nom des 2 000 victimes sénégalaises, françaises et européennes

Se saisir de la Cour européenne des droits de l’homme

Aujourd’hui, les familles des victimes ont épuisé leurs recours devant la justice française. Elles n’ont pas non plus de recours au Sénégal, où l’affaire a été classée en 2003, jugeant que le capitaine du bateau, lequel ferait partie des victimes du naufrage, était le seul responsable des faits. « Ce n’est évidemment pas lui le responsable ! Et l’arrêt de la Cour de cassation le confirme. La justice française a pointé la responsabilité de neuf dirigeants sénégalais de l’époque », s’insurge Alain Verschatse.

Conscient que ses chances d’obtenir justice sont minces, le représentant des familles de victimes françaises veut continuer le combat. « Le Sénégal a été sauvé par la diplomatie française, affirme-t-il, mais nous allons nous adresser à la Cour européenne des droits de l’homme pour tenter de faire modifier cette immunité de juridiction. Le combat aurait sans doute été plus facile contre un État ne figurant pas dans les petits papiers de la France, mais nous irons jusqu’au bout, au nom des 2 000 victimes sénégalaises, françaises et européennes. »

J.A

Que disent les quotidiens de ce jeudi 18 octobre 2018 ? (Revue de presse express)

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La politique est le sujet en exergue dans les quotidiens reçus ce jeudi à18 octobre 2018  à la rédaction de Tract, évoquant entre autres le retrait de Mame Adama Guèye de la course à la présidentielle, l’hypothèse d’une alliance entre Me Wade et Ousmane Sonko. Tribune signale que Me Mame Adama Guèye, leader de la coalition « Sénégal bou bess » se dit « prêt à renoncer à sa candidature à la présidentielle » au nom « de la sécurisation du processus électoral ». L’intéressé qui l’a annoncé mercredi en conférence de presse, note le journal, « se dit prêt à renoncer à sa candidature pour fédérer l’ensemble des parties prenantes (de l’opposition) autour d’une initiative consensuelle pour sécuriser le processus électoral ». Selon Sud Quotidien, « Me Mame Adama Guèye quitte la piste » alors que pour Vox Populi, « Me Mame Adama Guèye renonce à la présidentielle » et se dit « prêt à se ranger derrière tout candidat qui fera l’affaire pour faire barrage à Macky Sall ». Le même journal fait état des « positions contraires » qu’afficherait le leader de PASTEF, Ousmane Sonko. « Sonko s’est-il renié en se rapprochant de Me Wade ? », s’interroge le journal. Vox populi rappelle que le leader de PASTEF « qualifiait naguère le pape du Sopi de +piètre homme d’Etat+ et de +criminel+ bon à fusiller ». Et le journal d’ajouter : « Au gré des circonstances, il le dépeint aujourd’hui comme +le meilleur président qu’on a eu+, un patriote qui a été +le seul à défendre l’intérêt des Sénégalais+ ». Interrogé par Vox Populi sur un rapprochement Wade-Sonko, l’analyste politique Momar Seyni Ndiaye affirme : « Je ne vois pas comment Wade accepterait à Sonko ce qu’il a refusait pour Madické Niang et les autres ». L’Observateur aussi voit « des incohérences » dans le discours de Sonko. Pour Walfadjri, « Ousmane Sonko gagnerait beaucoup du soutien de Wade. Le leader de PASTEF bénéficierait de précieux conseils du pape du Sopi, véritable bête politique, en cas d’invalidation de la candidature de Karim Wade. Et il est possible que Wade batte campagne pour le compte du candidat de PASTEF ». Concernant l’ancien président de la République toujours et patron du Parti démocratique sénégalais (PDS, opposition), Enquête affiche à sa Une : « Wade faiseur de rois ». « Convoité de toutes parts, le PDS éconduit pour le moment tous ses prétendants. Pour nombre d’observateurs, l’électorat de la formation libérale pourrait être la clé de voûte de la prochaine présidentielle », écrit Enquête. Sud Quotidien s’intéresse au discours politique, marqué en cette période de précampagne par « des agressions, menaces et risques de violences » et affiche à sa Une : « Les politiques attisent le feu ». Dans le journal, l’expert électoral Valdiodio Ndiaye déclare : « Si on ne prend pas garde, cela risque de dégénérer ». S’intéressant au budget de la présidence de la République dans la Loi de finances 2019, L’Observateur titre : « Bamboula au Palais ». « Une enveloppe de 86 milliards de francs Cfa est prévue pour le budget de la présidence de la République. Un montant dont une bonne partie devrait servir à assurer le bien-être du président Sall et des membres de son cabinet », écrit L’Observateur. Libération revient sur le décret du 10 octobre réglementant le commerce de la grande distribution au Sénégal et titre : « Ouverture de magasins tous azimuts, Macky Sall coupe les ailes à Auchan ». « L’une des nouveautés est que pour ouvrir désormais un magasin, Auchan et Cie devront, en plus de l’autorisation du ministère du commerce, avoir celle d’un comité régional d’aménagement et de gestion de l’urbanisme commercial présidé par le gouverneur et dans lequel le secteur privé et les consommateurs sont représentés, entre autres », explique Libération. Des commerçants sénégalais, sous la houlette de l’UNACOIS réclament depuis un certain temps le départ du groupe Auchan, estimant que sa présence représente un frein majeur au développement économique de leur activité.OID/ASB Production d’or en 2017:Sabodala Gold Operation annonce 6,66 tonnes;l’Etat déclare 7,25 tonnes.

Séparation de corps : Abdoulaye Wade récupère ses affaires laissées au domicile de Madické Niang à Fann Résidence

Depuis 2012, Abdoulaye Wade avait pour habitude de résider chez Madické Niang lors de ses séjours à Dakar, sa maison du Point E étant en réfection. Hé bien, la rupture est bel et bien consommée entre Wade et Madické Niang depuis que ce dernier a annoncé sa candidature à la Présidentielle. La preuve de.ce divorce à l’italienne, la séparation de corps a eu lieu : Wade a commencé à récupérer tout le matériel et les bagages qu’il avait laissés chez Madické Niang à Fann Résidence.

Lettre de Wade aux militants : « d’anciens collaborateurs vous trompent (NDLR: Madické Niang) en colportant des mensonges »

Abdoulaye Wade a adressé une lettre aux militants du Pds. Dans la correspondance datée du 14 octobre, il demande aux libéraux de poursuivre la mobilisation pour les opérations de parrainage, qui vont se poursuivre, au niveau de son parti, jusqu’au mois de novembre.
Il n’a pas manqué d’égratigner Me Madické Niang, qui a pris ses distances avec lui et déclaré sa candidature pour la présidentielle de 2019.Wade a annoncé le lancement d’une tournée nationale de suivi de la campagne de collecte de signatures pour Karim Wade. Dans ce sens, il a demandé à ses partisans de collecter le maximum de parrainages afin de contribuer à la validation de la candidature de l’ancien ministre d’État et à sa victoire.
Le pape du Sopi, repris par Les Échos, n’a pas manqué d’adresser une pique à Madické Niang, sans le nommer. «D’autres candidats, parmi lesquels d’anciens collaborateurs tentent vainement de puiser dans nos réserves de militants et de sympathisants. Ils vous trompent simplement en colportant des mensonges de toutes sortes, assène l’ancien chef de l’État. Je vous demande de les dénoncer car vous savez que notre parti ne saurait avoir plusieurs candidats à une élection présidentielle.»

L’ancien footballeur Alassane Ndour expulsé de sa maison s’il ne paye pas 3 mois d’arriérés de loyer

L’ancien international Alassane Ndour est poursuivi devant le juge des référés du tribunal du commerce de Dakar pour trois mois d’arriérés de loyer. L’agence Génie civil construction Sarl, qui lui a loué une maison à 375 744 mensuels à Sacré Cœur, réclame donc à Ndour 1 million 127 mille 232 francs Cfa (juin, juillet et août).
L’affaire a été évoquée le 1 octobre, mais n’a pas été jugée du fait de la grève du Syndicat des travailleurs de la justice (Sytjust). Le procès devrait avoir lieu lundi prochain, l’agence immobilière demande au juge de constater la résiliation du contrat qui le lie à Alassane Ndour, d’ordonner son expulsion et d’imposer au mis en cause de quitter les lieux dès le prononcé du verdict.

#SenCaféActu, la revue de presse express d’Adama Sow de ce mercredi 17 octobre 2018

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#SenCaféActu du 17 octobre 2018 Par Adama SowA la Une: Sonko-Wade: le nouvel axe politique, La Dengue débarque à Touba, CAN 2019; les lions qualifiés dans la douleur1-Ousmane Sonko a parlé : Le patron de Pastef s’est exprimé sur le bad buzz de sa vidéo, assume et ne s’excuse pas. Au contraire, Sonko fait jonction avec Wade qu’il va voir à Doha2-La Dengue débarque à Touba : Après Fatick, la dengue se propage à Touba, revelation du ministre de la santé qui confirme 8 cas dans la ville sainte à10 jours du Magal3-Les Lions qualifiés à la CAN 2019 : Malmenés par les soudanais, les lions du football ont arraché la victoire grâce à un but de Sidy Sarr4-Auchan dégage ne démord pas : Après quelques semaines d’hibernation, le mouvement contre Auchan a repris du service hier par un rassemblement à la place de l’Obélisque5-Accusé de propagande sur ses organes de presse, Bougane Guèye répond au CNRA et met en garde Babacar Diagne : « La RTS, la 2S et la TFM l’ont fait pour les candidats de l’APR, de Bokk Guis Guis et de Pastef. Pour autant, elles n’ont jamais reçu de mise en demeure », révèle Bougane qui pourfende Babacar Diagne6-GFM : Abba remplace Boub’s ce mercredi sur la RFM qui décroche pour les besoins du démarrage des programmes de la radio Baobab FM demain jeudi

Après la manif d’hier contre l’enseigne, revoici la tribune : « Sénégalais, il ne faut pas jeter Auchan aux orties ! » ( Par Ibrahima Baye Diagne, Innov’actions)

Par Ibrahima Baye Diagne – Le débat sur le « cas Auchan » révèle une tare aussi grosse que le nez de gorgorlu : voila un pays qui marche sur de fausses certitudes comme prioriser l’informel au détriment de la modernité et pourtant se targuer de proclamer haut et fort l’émergence. Depuis les indépendances on n’a pas voulu changer de paradigme. Hé oui, on ne peut pas réfléchir à l’ancienne pour régler les problèmes d’aujourd’hui. Nous sommes  dans un monde ouvert, dans un réseau monde. Les Sénégalais voyagent beaucoup,  ils voient ce qui se passe ailleurs, sans compter l’impact de la télévision, des médias sociaux. Pourquoi imposer aux Sénégalais d’acheter un morceau de viande couvert de mouches, des marchés repoussants de saletés et d’odeurs à réveiller un mort. Au nom de quelle prétendue sénégalité ? Si être Toubab , c’est aspirer au bien- être et à l’hygiène, alors nous sommes tous des toubabs. Sérieusement, l’Etat a commis à mon avis une seule erreur : il aurait dû définir un cahier de charges pour les multinationales (géographie du capital, logique des chaines de valeur, emplois, complémentarité avec le commerce traditionnel…). Ainsi les supermarchés pourraient servir de « boosteur » à l’industrie agroalimentaire et à d’autres filières. Aux entrepreneurs sénégalais qui ont regardé les banques étrangères envahir le pays, nous le leur disons tout net : le secteur de la distribution risque de vous échapper aussi, encore une fois. Restons dans l’informel et le bâtiment et on verra un pays transformer en souk à ciel ouvert. On assistera à l’émergence d’une économie « déséconomisée ». On ne peut pas arrêter la mer avec ses bras : ou on s’organise pour se moderniser ou les autres viendront le faire pour nous avec leur propre modèle.Le patriotisme économique, ce n’est pas revendiquer des postures de rentiers ; c’est prendre des risques pour relever les défis économiques du Sénégal.Ibrahima Baye DiagneDirecteur Général d’Innov’actions, cabinet de recrutement