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Après un échange téléphonique, Ousmane Sonko se prévaut du « soutien total » d’Abdoulaye Wade
« Il n’y a rien à regretter dans cette vidéo »
Selon lui, cette vidéo date de très longtemps. « Elle a été sortie de son contexte et pervertie parce que je n’ai cité aucun nom dans cette vidéo. Dans la vidéo, j’ai parlé de ceux qui ont eu à gouverner le Sénégal. Et tous les Sénégalais conviendront avec moi qu’il y a des choses extrêmement graves qui se sont passées ici depuis le règne socialiste », a rappelé le leader du Pastef. Qui renseigne que cette vidéo était destinée à le mettre en mal avec la population et à ternir son image. « L’objectif, c’était de me mettre en mal avec le peuple sénégalais mais il n’est pas atteint. Mais aussi c’est de me mettre en mal avec l’opposition avec qui je partage un cadre. C’est tout à fait raté. Il n’y a absolument rien à regretter dans cette vidéo », a-t-il fait savoir.En conférence de presse, le député Mamadou Lamine Diallo de Tekki dénonce une dette aux entreprises de 26 milliards du PUDC ( reportage texte et photos de Cheikh Diallo)

Ces dernières, n’ayant pas reçu une avance pour le démarrage des travaux, ont fait des prêts bancaires pour exécuter le travail. Mais, aujourd’hui, elles ne sont pas payées parce que le Pnud a disparu, il n’est plus là», a déclaré le parlementaire qui estime que ce programme gouvernemental est en faillite.Ainsi, il annonce une saisine de l’administration du Pnud, afin de permettre à ces entreprises de rentrer dans leurs fonds. «Je vais écrire à l’administrateur général du Pnud pour lui demander de payer aux entreprises sénégalaises. J’en ferai également une copie aux institutions suivantes : le Fonds monétaire international, qui surveille nos finances publiques, mais aussi la Banque africaine de développement, qui a soutenu le Pudc, la Banque islamique du Sénégal, qui veut soutenir le Pudc, et le Fonds saoudien, qui veut également soutenir le Pudc», s’engage M. Diallo, non sans dénoncer la violation grave du Code de transparence des finances publiques. Ainsi, il demande au directeur général du Programme d’urgence communautaire de s’excuser publiquement ou de partir.
Inventaire des Idoles : « Amady, le prix d’une vérité »
Dans sa notice biographique pour le Maitron qui retrace la vie militante d’Amady Aly Dieng, Françoise Blum l’annonce d’emblée : « Mais contrairement à d’autres qui ont effectué d’assez radicales reconversions, Amady Aly Dieng est resté un intellectuel critique, et sans compromis ». Et d’ajouter plus loin, comme dans une résonnance avec cette probité : « Mais, considéré comme communiste, il est remercié de l’université en 1971 ». On retrouve la même tonalité dans l’hommage d’Alpha Amadou Sy, président de la communauté africaine de Culture sénégalaise, dans la revue présence Africaine : « Son esprit critique, qui irritait bien « de part et d’autre », n’était pourtant que la manifestation d’un désir ardent, celui d’être en adéquation avec les exigences de l’intellectualité ». Cette exigence était assortie d’une intransigeance, d’un goût pour la confrontation, sans animosité, qu’Alpha Amadou Sy résume fort bien ainsi : « Cette capacité d’inciter à la réflexion par la pédagogie de la provocation, avec des formules-choc (tube digestif, lutte des places au lieu de lutte des classes, arguments des biceps) faisait un des traits de caractère d’Amady Aly Dieng. ». A la lecture des divers témoignages dans les colonnes de la presse nationale dont il fut un contributeur prestigieux, à l’international avec les témoignages de ceux qui l’ont connu et ont milité à ses côtés ; à l’écoute des réflexions qu’il a inspirées auprès de ses amis, l’unanimité s’ancre d’elle-même : Amady Aly Dieng a incarné, à lui-seul ou presque, une école de la pensée qui a éprouvé la dangereuse expérience de l’indépendance, et de ce qu’elle engendre souvent, la solitude. Il laisse un vide au Sénégal alors que le spectre de son œuvre couvre un siècle de conversations intellectuelles majeures. C’est le prix d’une vérité.
Quand il débarque à Paris en 57, admis à l’ENFOM, l’étudiant a déjà derrière lui un riche passé militant. Une appétence pour diverses et justes causes, remplit le jeune homme d’une incroyable expérience, enracinée dans le terrain qu’il ne quitte pas, et chapeautée par des références déjà solides. Agitateur dans des associations dont il s’impose le porte-parole, cette dévotion pour l’idée, le débat, et l’activisme, se matérialise très vite comme la marque de fabrique de l’homme et son inclination naturelle. Il y fonde les bases d’un travail intellectuel qui restera jusqu’à sa mort en 2015, et qui ne seront jamais démenties. Si le contexte d’alors peut fournir des clefs de lecture, avec la force des idéologies et notamment la fièvre du marxisme, la force du militantisme d’Amady Aly Dieng, avec précocité, déjoue les pièges successifs du sectarisme et de l’enfermement. La diversité des registres dans lesquels il s’engage contribue à ouvrir le champ, à trouver dans l’inclusion une force motrice, et à appliquer la même lucidité à chaque produit intellectuel, pour l’honorer et l’évaluer à sa juste valeur. Ce grand lecteur de textes qui vont de la littérature, à la philosophie, en passant par l’économie, élève surdoué aux bases coraniques ancrées et à la sédimentation culturelle riche, a très vite développé une épaisseur de la pensée qui ne cessera de se nourrir, à l’affût de toutes publications, comme le note encore Alpha Amadou Sy : « Sa curiosité n’avait point de limite ; il ne rechignait guère à se déplacer pour écouter et encourager un étudiant présentant sa thèse ou tout simplement son mémoire. »
Ce volume de travail et cette expérience déjà précieuse font de lui la pièce angulaire de la puissante fédération des étudiants d’Afrique noire en France. La FEANF, pépinière intellectuelle de renom, sera son territoire, qu’il représentera pendant ses études, en voyage, en colloques, en débats, en productions, en revue. Il faut noter que ce qui frappe toujours, c’est l’extraordinaire vélocité de sa pensée, ainsi que le spectre qu’elle couvre. Ce tremplin d’un militantisme pour la décolonisation, l’exégèse du marxisme dont il pointe les potentielles incohérences, le dépossèdent presque d’une vie privée qu’il eut modeste et sans faste, à côté de son épouse et leurs enfants. Témoin de l’histoire des grandes idées qui se percutent, et acteur de cette période charnière, on eut pu craindre que quelques tentations et ambitions politiques le traversassent, il a néanmoins gardé dans sa trajectoire une forme d’humilité et un idéal de combat sans fanfares. Ses biographies sur Lamine Gueye et Blaise Diagne, ses relectures du Marxisme, ses mémoires d’étudiants, ses réflexions sur la Banque et l’économie, ainsi que son regard sans fard sur l’esclavage, sans oublier ses notes de lectures régulières, en ont fait un des meilleurs dans la veille intellectuelle.
Chez Sada Kane, dont il était un régulier à Regards ou à L’Entretien, l’homme est resté un vieil étudiant. Il a en gardé dans l’œil un point vif qui défie l’âge, et les faiblesses. Les formules, moins tonitruantes, sont ensablées dans un débit lent, qui garde cependant toute sa pertinence, et ce côté pédagogique et sans complaisance. Aux premières loges de cette histoire des Hommes d’Etats qu’il a fréquentés, de cette société qu’il n’a jamais quittée et dont il connaît le labyrinthe des croyances ; ces ailleurs qu’il a fréquentés de Prague à Bandoeng en passant par la Chine – entre autres – c’est un carrefour, mieux un repère, le symbole d’un universel dans sa version souhaitable.
Il est étonnant de noter qu’à mesure que l’on semble miroiter une souveraineté dans le contexte actuel, le trop-plein de pensée « décoloniale » ne produit finalement que peu de débats. La pensée, racornie et suffisante, évite le canal des confrontations, d’où l’émergence de la cacophonie qui se substitue à la lenteur et à l’érudition nécessaires à la discussion. Il y a sans doute toujours quelque chose de prétentieux et de vain à célébrer le débat dans la séquence actuelle. Régis Debray l’a assez bien flairé : la figure de l’intellectuel a amorcé son déclin depuis bien longtemps. Il ne passionne plus que très peu, il est la marge. Les vieux lecteurs, le nez enfoui dans les textes, ceux qui discutent, transmettent, écrivent, ne sont pas les héros modernes, et on les range bien souvent dans la case de l’ennui pathologique. Ce constat explique sans doute la désaffection pour le débat. L’autre messianisme en vogue, c’est le bonheur rapide et pas cher, alors que l’intellectuel a besoin du temps long Braudélien, et qu’au bout de son tunnel il n’a pas toujours la certitude de trouver de la lumière. Sans doute faut-il imputer l’avachissement des intellectuels, d’une part à la baisse d’exigence, et d’autre part aux impostures diverses, qui se traduisent par la proximité intéressée avec la politique, les querelles de postes et les usurpations diverses, permises et orchestrées par les nouveaux censeurs que sont les médias, instruments de validation.
Si l’intellectuel ne fait plus rêver qu’à la marge, et il l’a bien cherché à cause des faussaires, il ne faut le condamner pour autant ni le disqualifier pour de bon. Il a encore quelque utilité dans nos latitudes en proie aux intégrismes. Amady Aly Dieng le savait, lui qui voulait mettre « une dose de rationalité dans l’islam ». D’autant plus que le refus de la compromission peut être une immunité et un moyen de résistance. Sans fétichiser l’intellectuel, quelques profils comme Amady Aly Dieng redonnent espoir. Toute sa vie le confirme. Des positions et des idées qu’il a payées au prix de son confort, une vie à l’écart des convoitises aliénantes, en somme une vraie expérience de l’indépendance, première condition de l’intellectuel qui veut jeter sa lucidité sur le monde et sur les siens. Vers la fin de sa vie, Amady Aly Dieng s’est sans doute essoufflé. Peut-être même s’est-il trompé quelques fois. Le marxisme l’a parfois obnubilé. Si peu de choses finalement. La solitude ronge, elle donne dans la jeunesse des accents enflammés au combat, mais avec l’âge et l’environnement, elle tiédit les velléités. La culture de la conversation sans concessions n’a pas eu d’héritiers au Sénégal, d’autres valeurs nationales comme la fabrique du consensus, et la fuite en avant des personnalités intellectuelles en vue, ont laissé l’espace ouvert par Amady Aly Dieng vacant, submergé par le commerce de la flagornerie. Mais son œuvre reste, non la « bibliothèque d’Hampâté qui brûle », mais celle brûlante qui illumine et qui consume les certitudes établies. L’absolue promotion de la critique, de la pensée critique, sans hémiplégie et sans ménagement, la capacité à porter le regard à l’extérieur et à l’intérieur, comme en atteste cet exercice de lecture in extenso ci- dessous consacrée aux Damnés de la Terre de Fanon. Un extrait parmi tant d’autres qui résume ce que Françoise Blum et Alpha Mamadou Sy disaient si bien de lui dans leurs notes : il n’était pas un homme de dogme, de clans, de meute. Il a inventorié les grands hommes sans animosité, de Senghor à Cheikh Anta Diop, pour éviter le mythe des gourous intouchables, autre nom du dogmatisme intellectuel. Penser contre les siens reste l’indispensable travail de la pensée, son devoir premier. Lisons :
« […] Les belles pages des Damnés de la Terre où fourmillent des observations justes, mais aussi des théorisations erronées ne doivent pas faire oublier que l’héritage de Fanon doit être soumis à un sérieux inventaire critique : car l’homme n’avait pas achevé d’évoluer, il restait encore à extirper les dernières survivances des thèses héritées des théoriciens de la Négritude et de Jean-Paul Sartre. Il est à regretter qu’il soit mort si tôt, car l’expérience de l’Algérie et des autres pays lui aurait permis de réviser certains préjugés à l’égard du marxisme. Fanon nourrit les mêmes illusions à l’égard de la paysannerie africaine qu’Abdoulaye Ly dans les masses africaines et l’actuelle condition humaine. Une critique véritable, sincère et honnête ne peut aboutir qu’au marxisme qui tient compte non seulement des conditions générales du développement de l’humanité, mais aussi des conditions spécifiques de tel ou tel peuple. Et à ce titre nous devons dépasser les thèses de Fanon comme il aurait probablement été amené par les faits à les dépasser lui-même. » Amady Aly Dieng, Etudiant en Droit, de nationalité Sénégalaise, 1967
Liens de renvoi
Note biographique Maitron
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article170559
Hommage revue PA
https://www.cairn.info/revue-presence-africaine-2014-2-page-347.htm
L’ET DIT TÔT D’O.N.G : « Fusillez-les tous ! » ? Ousmane Sonko ou le nouvel Assane Diouf de l’opposition sénégalaise
D’habitude à Tract, peu nous chaut d’entendre les battements et sarabandes des tam-tams politiques avec lesquels nos chercheurs de voix rameutent le présumé bétail électoral. Nous ne sommes pas sensibles à cette musique. Mais j’avoue que quand le mur du çon est dépassé, ne nous pouvons ne pas entendre : aussi ai-je appris avec consternation et désolation l’appel aux meurtres par fusillade des anciens dirigeants du Sénégal, proféré par Ousmane Sonko de Pastef. Je l’appelle instamment à l’exercice de plus de responsabilité et de nuance dans ses propos publics. D’abord et surtout, parce qu’il représente un atout non négligeable pour susciter la troisième alternance politique, dont nous pensons qu’elle est souhaitée par une majorité de Sénégalais pour février 2019. Face à la minorité présidentielle de Macky Sall et ses (déjà!) 49% aux législatives. A cet égard, Sonko pourrait mordre sur des segments importants de l’électorat à la présidentielle de 2019. Obligeant, avec d’autres, Macky Sall à un second tour, pour une alternance qui serait alors inéluctable.
Cependant, nous ne saurions rester indifférents devant l’apologie du meurtre d’anciennes personnalités politiques qui ont eu à gérer ce pays et à en présider aux destinées, assassinats souhaités par cet allié objectif de l’alternance. Le porte-parole du Gouvernement a condamné, le porte-parole du PDS a condamné. Le fait que les condamnations des propos de Sonko viennent de tous les camps nous rassure d’ailleurs sur le fait que nous, Sénégalais, saurons toujours nous retrouver autour de l’essentiel. Et cet essentiel, c’est d’abord la tempérance et le sens du juste milieu. Nous appelons Sonko à assumer son statut de contributeur potentiel à la future possible alternance de 2019. Et donc de ne pas se dansokhoïser. Pour évoquer mon ami et ainé Dansokho qui, alors ministre dans le gouvernement de Diouf déclara en un certain hivernage : « le pays est mal gouverné ». Se retrouvant à l’accueil du chef de l’Etat à l’aéroport obligé de fuir le regard du Président Diouf de retour de vacances, avant d’être défénestré (selon ses propres mots) du gouvernement quelques jours plus tard. Dansokho, encore défénestré du gouvernement du Président Wade. Retrouvant son vivier naturel qu’est l’opposition systématique, Dansokho accusera Abdoulaye Wade d’être le commanditaire du casse de la BCEAO de Korhogho, puis son fils Karim Wade d’avoir voulu faire entrer des quantités de FCFA hors de l’entendement dans un aéroport français, soit 3000 milliards. Chose matériellement impossible.Seul le grand âge et les rhumatismes (dont nous lui souhaitons de se relever) semblent avoir réussi à assagir l’octogénaire Amath. Pourvu que ça dure.
De l’outrance verbale à la galéjade ridicule, il n’y a qu’un pas. Vite franchi. Monsieur Ousmane Sonko, vous ne pouvez pas vous abaisser non plus à devenir le Assane Diouf de l’opposition sénégalaise, pour évoquer l’insulteur public « américain » numéro 1, qui aura fini par être expulsé des USA pour finir dans les geôles de Rebeuss. A cet égard, oui, on ne vous mènera pas en prison. Car autant je salue le fait que mon ami le Ministre porte-parole Seydou Gueye condamne vos propos et que nous nous retrouvions dans ce même camp de la condamnation ferme, autant, je ne comprend pas que le même Ministre Seydou Gueye appelle « l’État à prendre ses responsabilités ». Comme s’il n’était pas en charge d’annoncer les décisions et responsabilités prises par l’Etat en toute affaire. Le régime Sall ne courra pas le risque de vous victimiser (encore plus), M. Sonko. Ce n’est pas une raison pour vous complaire dans les chemins de traverse de la violence verbale. Qui n’ont jamais mené à rien, sinon réveillé l’hydre de la violence physique incontrôlée.
Le Directeur de la publication et de la rédaction
Ousseynou Nar Gueye




