OIF : Après Abdou Diouf et Boutros Boutros Ghali, l’Afrique reprend son bien avec Mushikiwabo

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La nomination comme Secrétaire générale de la Francophonie de Louise Mushikiwabo par les chefs d’Etat réunis à Erevan consacre le retour de l’Afrique à la tête de l’OIF.

L’OIF avait toujours été dirigée par des Africains avant la Canadienne Michaëlle Jean – et entérine le rôle incontournable du continent comme locomotive de la Francophonie. « L’épicentre de la langue française est sans doute dans le bassin du fleuve Congo », a ainsi répété le président français Emmanuel Macron.

La nouvelle secrétaire générale a été nommée par consensus lors d’une réunion à huis clos au dernier jour du sommet à Erevan, malgré les nombreuses critiques qui pointent du doigt le peu de cas que le Rwanda ferait des droits fondamentaux et de la défense du français.

En vertu de son explosion démographique, l’Afrique, continent sur lequel se trouvent 27 des 54 membres de l’OIF ayant droit de vote, représentera 85 % des francophones en 2050, sur un total de 700 millions, contre 274 aujourd’hui, selon l’OIF.

« L’Afrique s’impose comme le moteur de la Francophonie », a renchéri le Premier ministre canadien Justin Trudeau, avertissant cependant qu’Ottawa « continuera de promouvoir et défendre (…) les droits de la personne et la langue française », allusion aux critiques que suscite la nomination de Louise Mushikiwabo.

« Un mauvais message »

La candidature rwandaise a en effet été accusée d’être contraire à la charte de l’OIF, qui a inscrit « le soutien aux droits de l’Homme » parmi ses missions premières. Le Rwanda pratique « censure, menaces, arrestations, violences, assassinats » contre les journalistes qui osent dénoncer l’autoritarisme de ses dirigeants, a récemment dénoncé l’ONG Reporters sans frontières (RSF).

« C’est une candidature qui a surpris tout le monde », avait ainsi souligné le politologue Isidore Kwandja Ngembo sur l’antenne de France 24. « La candidature de Mushikiwabo est un mauvais message que Monsieur Macron est en train de lancer à l’Afrique, surtout à une partie de l’Afrique, notamment de l’Ouest, qui fait des efforts dans le processus de démocratisation. » Récemment interrogée à ce sujet, Louise Mushikiwabo avait assuré que « la majorité des Rwandais (étaient) contents du système démocratique ».

Les droits de l’Homme ne sont pas le seul grief fait à la candidature du Rwanda, à qui il est souvent reproché le peu de cas qu’il fait de la Francophonie. Le pays a remplacé le français par l’anglais en tant que langue obligatoire à l’école et a rejoint le Commonwealth, pendant anglophone de l’OIF. C’est d’ailleurs en anglais que le président rwandais Paul Kagame avait annoncé la candidature de sa ministre.

« La promotion de la langue passe par l’enseignement et l’apprentissage. Si aujourd’hui, on n’apprend pas aux petits Rwandais le français, comment peuvent-ils apprendre cette langue ? », s’insurge ainsi Isidore Kwandja Ngembo. Mais ce plurilinguisme n’est pas contraire à la défense du français, que M. Macron veut inclusif, une position contestée par nombre de « puristes ». « Le combat fondamental pour notre langue est un combat pour le plurilinguisme », a répété le président français.

Mohammed 6 : divorcé, le roi du Maroc veut vivre sa vie et s’amuse

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AFROSPHÈRE – Le roi du Maroc, Mohammed VI, divorcé, aminci, s’amuse désormais. C’est le moins que l’on puisse dire, depuis qu’il s’est séparé de son épouse, Lalla Salma. Le souverain marocain voyage, s’amuse, et prend des selfies à travers le monde. Du coup, les Marocains se demandent qui gouverne le royaume.

Ainsi, lors d’une cérémonie officielle présidée par leur père, Mohammed VI, autour de la réforme de l’Éducation, au mois de septembre dernier, seule la princesse Lalla Khadija, 11 ans, apparaissait aux côtés de son frère, le prince héritier Moulay El Hassan, 15 ans. Amer constat :  aucune trace en revanche de leur mère, Lalla Salma. Et pourtant, Dieu sait qu’on la voyait partout, la princesse à la flamboyante chevelure rousse, qui, en juin 2017, recevait avec aisance Emmanuel et Brigitte Macron lors de leur « visite privée » au Maroc .

Lalla Salma, c’était la caution de modernité de Mohammed VI, la preuve qu’il n’avait rien à voir avec son père Hassan II, qui cachait aux regards son épouse tout en entretenant un imposant harem. Le mariage en 2002 de Mohammed VI avec la roturière Salma Bennani, ingénieure en informatique à qui on attribua, de façon exceptionnelle, le titre de « princesse », fut d’ailleurs l’une des plus grandes opérations de communication du royaume ».

Dans les médias marocains, tétanisés dès qu’il s’agit de parler de la monarchie, on fait comme si de rien n’était. Quasiment personne n’a même osé reprendre le scoop de « Hola ! », le magazine people espagnol annonçant en mars l’impensable : le divorce du roi et de la princesse. L’information n’a jamais été démentie par le palais. Toujours dans la presse people étrangère, on évoquait cet été une réapparition de la princesse, seule avec ses enfants, sur une île grecque ou à Portofino (Italie). Mais au Maroc, c’est comme si Lalla Salma n’avait jamais existé.

Aujourd’hui, avec leur divorce annoncé, Mohammed VI et Lalla Salma ont pris des chemins différents. Mohammed VI reste désormais rarement au Maroc et voyage un peu partout dans le monde. Le souverain n’hésite pas de prendre des selfies avec des compatriotes expatriés, et on le qualifie désormais de premier des Marocains Résidant à l’étranger.

Les Echos ont le titre de Une le plus inspiré des quotidiens de ce samedi 13 octobre 2018

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Le titre de Une le plus inspiré des quotidiens reçus ce samedi 13 octobre 2018 à la rédaction de Tract est celle des Echos, que voici :
 

#SenCaféActu, la revue de presse express d’Adama Sow de ce samedi 13 octobre 2018

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#SenCaféActu du 13 octobre 2018A la Une : Les femmes parlementaires organisent un coup d’état et envoient Pape Diop dans les cordes,Accouchement par césarienne : le nouveau et honteux business au Sénégal,Match Sénégal-Soudan : un 11 inédit pour Aliou CisséCrise casamançaise : Salif Sadio chef des combattants du mouvement rebelle MFDC sort un livre « Casamance pays du refus, tome 2 », jetant ainsi un autre pavé dans la mare du conflit-Alerte sur « l’épidémie des césariennes » : Des spécialistes de la santé sont très préoccupés par le recours systématique des gynécologues et des sages-femmes à l’accouchement par césarienne depuis quelques années. La césarienne semble être un nouveau business des praticiens. Le Sénégal fait partie des 15 pays dont le taux de césarienne est à 40% des accouchées-Assemblée nationale : les femmes parlementaires piègent Pape Diop et la direction du PDS. Imposant le respect de la parité dans le bureau de l’assemblée, les femmes ont obtenu gain de cause et faire éjecter Pape Diop de la liste des vice-présidents en faveur Fatma Diop-Sénégal-Soudan : Un 11 inédit d’Aliou Cissé avec un duo Sadio Mané-Diao Keita Baldé, Mbaye Niang, Mbaye Diagne en soutien, Ismaila Sarr sur le banc– AIBD : Enfin les Turcs gestionnaires de l’aéroport de Diass rendent les chariots gratuits après le tollé soulevé par le racket imposé aux passagers à payer 650 francs pour disposer d’un chariot-Pas de train pour le Magal de Touba : Pour une fois, les talibés mourides devront se passer du train pour ralier Touba. L’autoroute ila Touba leur sera ouvert gratuitement pour compenser l’absence du train-L’ANACIM cloue l’avion A 319 d’Air Sénégal au sol : Un avion vieux de plus de 15 ans, des pilotes aux compétences à vérifier, l’ANACIM refuse d’autoriser « le nouvel avion » d’Air Sénégal de prendre les airs

Apologie de cette barbarie qu’est la peine de mort : l’islamiste Mame Mactar Gueye de Jamra appelle à sa réinstauration

La recrudescence de la criminalité à Dakar et dans sa banlieue remet au goût du jour le débat sur la peine de mort, avec une montée au créneau des nouveaux barbares et des islamistes. Avec, d’une part, des organisations religieuses islamistes qui exigent son adoption et des droits de-l’hommistes qui s’y opposent formellement. Ainsi, de l’avis de Mame Matar Guèye, Secrétaire général du Rassemblement démocratique sénégalais (Rds) par ailleurs vice-président de l’Ong Jamra, la vie des tueurs n’a pas plus de valeur que celle des victimes.
Aussi, il appelle les pourfendeurs du droit musulman à avoir  » l’humilité de reconnaître » (sic) que  “face à la hausse vertigineuse du taux de criminalité, que nous en soyons réduits à poser la problématique de l’opportunité, ou non, d’abroger la loi 2004-38 du 28 décembre 2004, qui avait aboli la peine de mort au Sénégal, constitue en soi un aveu d’échec, en termes d’éducation des masses, de sécurité publique, de chômage endémique, de paupérisation des couches sociales déshéritées, de toxicomanie juvénile, de prolifération des salles de jeux et des bars clandestins… véritables racines du mal”.En d’autres termes, il estime que l’application de la peine capitale devrait être la dernière des coercitions, la priorité devant consister à résorber ces maux sociaux qui constituent le terreau dont se nourrit la criminalité.Selon Mame Matar Guèye, des droits-de-l’hommistes qui prétendent dénoncer une “instrumentalisation de la Charia” ont fait dire au Coran que “quiconque tue un seul être humain, c’est comme s’il a tué toute l’humanité”. Mais, à l’en croire, ils ont tronqué un passage important de la Sourate 5, Al-Maidah, La Table servie, V32 qui dit : “Quiconque tue un seul être humain, non convaincu de meurtre (la précision est de taille !) ou de sédition sur la Terre, est considéré comme un meurtrier de l’humanité tout entière.” “Dieu s’oppose certes à l’anéantissement de tout être humain, mais s’est empressé d’ajouter “non convaincu de meurtre”.C’est cette condition que les droits-de-l’hommistes ont occultée selon lui dans leur restitution, à leur corps défendant, du verset coranique”, défend-il. Non sans rappeler que le Fiqh (droit islamique), à travers ses légitimes dépositaires que sont les “Oulamaou-tafsir” (exégètes), toutes jurisprudences confondues (Anafit, Chafit, Anbalit et Malikit), est donc formel : la Loi du Talion a pour vocation de constituer un préventif contre les représailles disproportionnées et de prévenir toute escalade de la violence dans la société.Heureusement que le Sénégal reste une république laïque.

Lions de l’atterrant gars versus Soudan : le coach Aliou Cissé appelle à la mobilisation des supporters

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Pour le match Sénégal vs Soudan de ce samedi, le coach Aliou Cissé lance un appel au 12ème Gaïndé :  » J’appelle les sénégalais à se mobiliser derrière les lions  » a-t-il déclaré.

Soucieux de voir son groupe soutenu par le peuple sénégalais ce samedi au stade Léopold Sédar Senghor, rnviron un an depuis le dernier match des lions à Dakar, il a en tête que la rencontre d’aujourd’mhui s’annonce comme des retrouvailles entre les lions et leur public après un mondial mitigé. En outre Cissé a rappelé l’importance de jouer en respectant l’adversaire qui, certainement vendra cher sa peau demain lors de ce match capital pour la qualification à la CAN 2019 de janvier au Cameroun.

 

Bouffée d’air pour les établissements supérieurs privés : L’Etat débloque 3 milliards pour payer sa dette

Pour permettre aux étudiants orientés par l’Etat dans les établissements d’enseignement privés de reprendre les cours, des solutions sont en train d’être trouvées entre le ministère de l’Enseignement supérieur et celui de l’Economie. C’est ce qu’a fait savoir le ministre Mary Teuw Niane lors de la cérémonie d’installation du Conseil d’administration de l’Université virtuelle du Sénégal. «Nous sommes en contact régulier avec les institutions et surtout les structures qui réunissent les établissements privés d’enseignement supérieur qu’ils s’agissent du Cepes, de la conférence des grandes écoles et du Fepes. Nous travaillons avec ces institutions qui apportent leur contribution à la résolution de la question de l’accès à l’enseignement supérieur», a-t-il noté. Selon le ministre, 3 milliards de francs Cfa ont été débloqués dans le cadre de la loi de finance rectificative pour payer la dette. Parce que, dit-il, «c’est avec les contraintes qu’a le ministère de l’Economie, des Finances et du Plan qu’il n’a pas était jusqu’à présent possible d’apurer l’ensemble de la dette». Mary Teuw signale que c’est à travers un consensus que cela a été fait et les engagements sont au niveau du ministère de l’Economie, en attendant que les bons soient libérés. Pour rassurer les étudiants qui sont exclus et ceux qui sont menacés d’exclusion à partir du 15 octobre, le ministre de l’Enseignement supérieur se dit «optimiste pour une solution à ce problème». Car, il signale qu’il va rencontrer ces organisations qui sont réunies maintenant en un collectif unique. Ce, pour échanger avec elles sur les modalités d’apurement de la dette et sur les perspectives de l’année académique 2018-2019. Mais aussi recevoir les étudiants et les étudiantes envoyés par l’Etat dans ces établissements pour échanger avec eux.   

Dommage collatéral de sa candidature présidentielle ? Pape Diop éjecté du bureau de l’Assemblée Nationale

Les femmes de l’Assemblée nationale ont finalement eu gain de cause. Elles ont réussi à avoir la tête du député Pape Diop, leader de Bokk Gis Gis. Ce dernier n’est plus le 8e vice-président de l’Assemblée nationale. Il a été remplacé à ce poste par Yaye Fatma Diop (Pds Touba). Qui a court-circuité ses camarades de l’opposition en proposant sa candidature à leur insu. Mais en réalité, Pape Diop paie surtout le prix de sa candidature à l’élection présidentielle de février 2019.

Ci-dessous la liste des vice-présidents de l’Assemblée nationale.
Premier vice-président : Moustapha Cissé LoDeuxième vice-président : Awa GuèyeTroisième président : Abdou MbowQuatrième vice-président : Aïssatou Sow DiawaraCinquième vice-président : Abdoulaye Mactar DiopSixième-vice-président : Ndèye Lucie Cissé

Francophonie : qui est la pragmatique Louise Mushikiwabo ?

Louise Mushikiwabo, la nouvelle secrétaire générale de l’OIF, est et sera une patronne controversée de la Francophonie.

Qui est Louise Mushikiwabo, la nouvelle secrétaire générale de la Francophonie ? Celle qui était ministre des Affaires étrangères du Rwanda avait d’abord un cursus universitaire tourné vers la langue anglaise.C’est la consécration pour cette femme de 57 ans, qui est née d’une famille de petits propriétaires terriens en 1961, à Kigali, une ville où Louise Mushikiwabo a fait sa scolarité avant d’entrer à l’université du Rwanda, à Butare, puis de devenir professeur d’anglais.La jeune femme part pour les Etats-Unis en 1986 pour faire des études d’interprétariat. Cet exil loin de son pays va lui sauver la vie lors du génocide des Tutsi en avril 1994, qui va emporter toute sa famille qui vit au Rwanda.
Entre-temps, Louise Mushikiwabo s’est mariée à un Américain et vit à Washington D.C où elle va travailler notamment pour la Banque africaine de développement. Mais elle n’a pas oublié son pays où elle revient régulièrement depuis la fin du génocide et la prise du pouvoir par le FPR de Paul Kagame. Celui-ci semble justement l’avoir remarquée.A la tête de la diplomatie pendant neuf ansIl lui demande de revenir au pays en 2008 où elle va faire son entrée au gouvernement en tant que ministre de l’Information, un portefeuille qu’elle ne garde en mains que deux courtes années avant d’hériter des Affaires étrangères en 2009. Un poste qu’elle occupait depuis neuf ans et où elle a donné la pleine mesure de sa personnalité.Cette femme parfaitement bilingue anglais-français, que ses nombreux soutiens décrivent comme très brillante, va porter haut les couleurs de son pays à travers le monde, jusqu’à son élection au poste de secrétaire général de l’OIF ce vendredi matin. Ses détracteurs eux la dépeignent volontiers comme « la voix de son maître ».

« Les Peuples veulent-ils de la Francophonie ? » (Tribune d’Elgas en réplique à Kako Nubukpo, ex OIF)

La docteure en histoire Caroline Roussy et l’économiste Kako Nubukpo ont produit une stimulante note sur la francophonie pour la fondation Jean Jaurès. Objet institutionnel décrié dans un réflexe pavlovien, mais instrument majeur d’échange culturel, l’ombre de la France cependant, à l’échelle de l’histoire, semble peser sur l’institution au risque de voiler son potentiel universel. C’est à cette première échelle que la note, innovante et ambitieuse, fournit sinon des réponses satisfaisantes, des questions mieux posées. Partant du contexte mondial actuel, économique et identitaire en particulier, très agité avec la réapparition de blocs en même temps que la vogue émancipatrice, la note s’introduit par la redéfinition d’une place et d’un sens pour la francophonie. Pour ce faire, elle remonte à loin, aux pionniers, pour retracer une histoire souvent méconnue, et pointe, assez habilement, les origines du désamour avec la francophonie.

« Ce mutisme a fait naître la suspicion : désintérêt ou politique d’influence masquée ? Cette suspicion et ce malaise sont alimentés par la politique et les réseaux de la Françafrique, ainsi que par les prises de position des présidents de la République française. » P. 3

Lointain et inféodé aux réseaux diplomatiques, l’objet, mal « identifié et mal nommé » doit en plus trainer ce lourd opprobre d’être requalifié d’ombre fantôme de la Françafrique. Si l’analyse ne va pas aussi loin dans l’analogie, ce qu’elle donne en revanche à voir, de ce divorce, ou de la baisse de tonicité de cet amour, semble à voir avec les enjeux du passif colonial. Il suffit à ce titre, de voir, dans les forums, surtout dans les pays africains, bastions importants de l’organisation, comment la structure est vilipendée, attraite indistinctement à la barre, pour des prérogatives qui ne sont souvent pas les siennes. Cette réaction hostile des principaux destinataires de l’idéal de l’institution pose question. En fin de compte, la seule qui compte, à tout le moins, celle dont la résolution conditionne toutes les autres.

« L’objectif de cette note n’est pas d’être exhaustifs sur tous les contours de la francophonie, mais de proposer une refonte du pacte francophone, de repousser les limites de l’imaginaire, de développer une vision programmatique inclusive et d’ouvrir un débat citoyen afin que la francophonie devienne le bien commun des peuples francophones, socle et ciment indispensables de l’institution pour assurer sa pérennité » P.2

Si ce travail de balance, pédagogique et historique, arrive à très bien cerner les freins à l’enthousiasme, il semble manquer à cette note une pointe d’anthropologie, pour mieux appréhender la question des hommes et des peuples. Les différents de temps de lectures au sein des composantes de l’entité, les vécus et visées potentiellement divergentes dans l’écheveau des peuples ; la communauté de langue (faut-il préciser – secondaire) pour la majorité, créent une illusion de proximité qui peut voler en éclat, à la moindre crise. Nous en vivons beaucoup actuellement. Quel sens par conséquent, pourrait revêtir un espace inclusif d’échange, avec le français en moteur, pour créer une métaphore de nation convergente ? Quel contenu, quel commun, quel horizon, et quelle transcendance pour « faire cette communauté ». Cette difficulté centrale, contournée par bien des études précédentes, se pose en point d’achoppement que la note esquive partiellement, alors qu’elle constitue le chantier premier, celui du sens pour tous.

Après ce premier volet pour situer la cause du problème, la note, très inspirée et assez complète, redéfinit le spectre des enjeux, des biais économiques, de la requalification diplomatique, en passant par la suggestion d’une allure plus offensive. Elle réinvente la langue comme objet, et lui dose une place, sans éluder les biais et les véhicules d’influence, au cœur de la discussion. En dessinant quelques pistes pour mieux faire usage de l’outil linguistique, la note éclaire sur un scepticisme entretenu. C’est sans doute le point où, riche de références plurielles et bien renseignées, elle arrive à resituer la tentation d’hégémonie linguistique, étouffoir potentiel des expressions locales, en appelant à cette inclusion, qui quitterait le vertical pour mieux célébrer le local. A dire vrai, cet effort ne date pas d’aujourd’hui, mais un défaut de calibrage a toujours entravé le projet. Mais la note lui donne une nouvelle jeunesse, et surtout une plus grande clarté.

En replaçant la langue comme vecteur d’émancipation, en schématisant, très concrètement, les contours d’un vrai projet culturel, d’échanges, d’innovations, de libre circulation des biens et des populations, la note gagne en ambition ce qu’elle perd en réalisme, au vu surtout du contexte international fait de raidissement et de fermeture. Curieusement, elle garde quand même toute sa pertinence, dans une résolution, assurément progressiste, à favoriser cette morale de la circulation qui donne un tranchant politique au texte. Elle déjoue aussi la très inconfortable question « économique », et toutes les questions affairant, liées au dumping, à la mondialisation, à la fragilisation économique. En pointant le caractère « oxymorique » d’une francophonie économique, elle donne des idées pour l’établissement d’un espace de cohabitation et de convergence des intérêts, sans pour autant évaluer les risques de déséquilibres entre perdants–gagnants dans une agrégation d’intérêts premiers. Sur ce point, les propositions restent un chapelet de vœux pieux, qui demeurent largement tributaires de la force première et intrinsèque des institutions et des Etats qui la composent.

La francophonie ne peut se substituer, au risque d’une ingérence qui la décrédibiliserait, aux Etats faillis, faibles ou en rémission. L’ambition économique reste ainsi cantonnée à une sphère d’idées générales qui, prises séparément, ont une pertinence qui, elle-même, n’exprimera sa vertu qu’avec le préalable d’un dialogue à égal moyen de compréhension. La déclinaison d’une vision économique, entre le pacte solidaire et l’ingénierie d’un espace prospère, risque de buter sur une asymétrie des objectifs et surtout, elle risque d’être un projet qui vient d’en haut, à destination de populations qui vivent des expériences très différentes.

« Il s’agit moins de s’inscrire dans la perpétuation d’un libre-échangisme sans règle que de construire les ressorts d’un juste échange porteur d’inclusion sociale, de respect des écosystèmes naturels et de promotion de la dignité humaine. » P.15

Le volet politique est du même acabit. Il achève le texte sur une note d’espoir, et sur des suggestions plus tranchées. L’idée d’une gouvernance plus transparente, émise et détaillée dans la note, est très recevable. Elle s’élèverait au niveau des réquisits modernes de gestion et permettrait une élection du secrétaire général sur des bases connues. Le parachutage et le fait géopolitique prégnant dans la hiérarchie qui perdure, et qui contribuent à déposséder les peuples, pourraient être corrigés par des projets qui susciteraient l’adhésion des premiers concernés, dont les élus seraient les représentants. Aussi évidente soit-elle, l’idée ne manquera de se heurter à un demi-siècle de pratiques opaques, de dualités ou de conflits qui ont dévitalisé l’institution, condamnée à être un lieu d’affrontements politiques, actifs ou passifs. La note manque de donner des indications sur l’avènement d’une telle nouveauté, et un clair calendrier de mise en œuvre.

« Nous préconisons également, afin de mettre un terme aux négociations de couloir et à l’opacité des nominations, que les candidats au poste de secrétaire général soient auditionnés, comme il est d’usage dans le cadre des Nations unies, et qu’un débat projet contre projet ait lieu, condition d’une élection démocratique » P.19

Ce constat plus général sur un objet qui serait enfermé dans des carcans institutionnels qui saperaient son énergie, l’idée d’un pont éloigné des peuples, qui ont ainsi tendance à développer de la méfiance voire de la défiance, est l’un des enjeux décisifs de la question qu’effleure ce texte. Schématiquement, cela revient à répondre à des questions basiques mais incontournables : la Francophonie pour qui, pour quoi et pourquoi ? Les peuples veulent-ils de la francophonie ? Quelle est leur marge de manœuvre ? Comment impulser et ne pas subir ? La note exhaustive fédère un ensemble de propos généraux, parfois des poncifs, souvent de vraies intuitions porteuses. Elle est presque le symbole de ce qu’elle semble diagnostiquer. La présence de leviers puissants mais la réalité d’un labyrinthe multidirectionnel que ne manque pas de percuter l’Histoire. Caroline Roussy, qui a soutenu une thèse en histoire sur les frontières, et participe à la déconstruction des prénotions largement intégrées sur l’essence (supposée) uniquement coloniale des frontières africaines, le sait mieux que quiconque, et on le sent dans cette note : la seule mesure de la francophonie, c’est l’Histoire. Dans son passé et son devenir. Tout part d’elle et tout revient à elle.

Les peuples sont des sommes d’affects, d’adhésions spirituelles, des ensembles façonnés par des histoires diverses, avec des corpus linguistiques ancrés. Il faut partir de ce mille-feuille, dans l’infinité de la tâche de reconfiguration, pour appréhender la totalité du fait que la Francophonie souhaite réinventer. Les peuples ont pour l’heure des agendas foncièrement différents, et se démènent dans des contextes où l’affirmation de l’individu est concomitante avec celle des communautés. Entre blocs du Nord et blocs du Sud, une ligne de démarcation coloniale continue à freiner les élans progressistes, à différents degrés. Qu’il s’agisse des monnaies, des élections, de « l’ethno-nationalisme », des poussées religieuses, le fait premier et vital ne peut s’effacer pour la francophonie, vue dès lors comme un divertissement au mieux, au pire comme un agent d’aggravation des situations déjà éprouvées. L’effet de surplomb, persistant dans la francophonie, comme transversalité, est à questionner plus que ne le fait cette note. Il faut réconcilier la technostructure avec les usagers et les destinataires. Comme tout projet, sa pertinence sociologique résidera dans la compréhension fine des couches composantes, de leurs désirs, de leurs vécus, de leurs projections, pour ne pas leur présenter un fait accompli.

Du reste, le malaise dans la langue, identification première des peuples, risque d’effriter le consensus mou. La lutte pour l’émancipation depuis les années 50, sous le sceau du décolonialisme, a souvent désigné l’usage du français comme responsable du retard dans la possession pleine de soi, et à raison. Elle a été l’école formatrice de beaucoup d’intellectuels africains, réputés et admirés, dont certains continuent d’ailleurs, avec des radicalités différentes, à contester ce primat persistant dans l’administration et la promotion culturelle. Ce bénéfice postcolonial, au risque de l’abus, est une donnée essentielle à intégrer pour un projet qui a pour base la langue, alors que les populations, partout, aspirent à voir leur propre langue vernaculaire et véhiculaire émerger et s’affirmer dans le pouvoir administratif.

Cet impensé, voire ce tabou, montrent bien les différences d’échelle et de vitesse dans le vaste ensemble francophone, et l’asymétrie des positions, tout autant que les inégalités et disparités multiples, créent un ensemble hétérogène dont la langue seule ne peut créer la transcendance. A cela faut-il adjoindre les questions liées au ressentiment persistant, et l’étagement social dans l’usage et la maîtrise du français, avec des centres et des périphéries, qui gardent encore les stigmates d’une hiérarchie ancienne, malgré les changements amorcés depuis une vingtaine d’année. Le « butin de guerre », désignant le rapport à la langue française, pour reprendre la formule de Kateb Yacine, reste un lourd héritage : la liberté de s’y mouvoir n’affranchit pas pour autant.

Dans ce contexte, dématérialiser le français, le déraciner autant que possible de la tutelle française dont l’ombre plane toujours, est essentiel. Il s’agit pour les membres de la Francophonie, d’avoir cet usage décomplexé et cette capacité à y faire irruption avec des créations propres, sans pour autant en référer à une entité de gouvernance affiliée à un Etat en particulier. L’immensité de ce défi renvoie à la nécessaire souplesse de l’organisation, qui devra sans doute choisir entre se vivre en instrument culturel et renoncer dans ce cas à l’influence politique, ou se vivre pleinement dans la disposition de ses attributs d’aujourd’hui et prendre le risque de vivre la désaffection actuelle. Quoi qu’il en soit, l’optimisme ne doit pas cacher les déchirures souvent minorées chez les populations, et les différences de perception entre les huis-clos des sommets et les peuples. L’esquisse de la note est une base de réflexion. C’est en cela qu’elle est bienvenue. Elle pose les jalons de la « détabouïsation » de questions épineuses. Elle pourrait toucher sa cible, en ouvrant une vaste concertation sans tabou sur un sujet qui devra sa survie à sa capacité de résilience, après les destitutions salutaires par lesquelles elle devra forcément passer. Les peuples pour l’heure ne semblent pas vouloir de la francophonie, car elle ne leur offre aucun miroir identificatoire, sinon un mirage lointain que les réminiscences du passé peuvent endolorir et délégitimer. Faire une francophonie des peuples, c’est inverser la perspective : que les peuples, avec la latitude de la souveraineté, fassent la Francophonie.

Les peuples ont une mémoire. Elle décide souvent du vent de leur destinée et compose leur horizon. La francophonie, dans l’évaluation de cette histoire, est durement jugée. Quand bien même elle pourvoit une grande assistance culturelle et des biens précieux, elle garde cette image qui n’est rien de moins que la chair constitutive des peuples pour le meilleur et pour le pire. Partir du bas, avec l’incertitude de la quête, l’expérience d’un vrai danger démocratique, sont les chantiers douloureux d’une organisation qui veut renaître. Elle devra solder les comptes du passé et s’écrire une histoire. C’est la condition du rêve. 

ElgasJournaliste et écrivain.