
SenActuCafé du vendredi 12 octobre, par Adama Sow
Interview – Soham El Wardini : « Mon parti, c’est Dakar »

Avortement : que dit l’Islam?
Un droit à l’avortement restreint dans les pays musulmans
Près de 80 % des femmes du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord vivent dans des pays où le droit à l’avortement est restreint. Voire, pour 55 % d’entre elles, dans des pays où l’IVG n’est autorisée que pour sauver la vie de la mère ou – pour 24 % – uniquement pour préserver sa santé physique ou mentale. Aujourd’hui, seules la Turquie et la Tunisie autorisent les avortements volontaires (sur demande de la mère). Bien qu’aucun de ces pays n’interdise totalement l’IVG, ces restrictions rendent plus difficile pour les femmes d’avorter en toute sécurité. Comme partout ailleurs, dans les pays à majorité musulmane, l’avortement est un sujet controversé, notamment au regard de la loi islamique. Même dans les pays où l’IVG est légale, comme en Turquie, ce droit est constamment remis en question par des opposants politiques et religieux. De même, en Tunisie, en dépit de la loi qui les y autorise, les femmes qui décident d’avorter doivent souvent faire face au jugement négatif du personnel médical et de la société.Que dit l’islam sur l’avortement ?
En général, les autorités religieuses musulmanes considèrent que l’avortement interfère avec la volonté d’Allah (Dieu) qui, seul, a droit de vie et de mort. Cependant, les différents courants de l’islam n’ont pas tous le même point de vue sur la question. Dans le dogme hanafite, majoritaire au Moyen-Orient, en Turquie et en Asie centrale, et qui faisait loi sous l’Empire ottoman, l’avortement est évoqué sous les termes ıskât-ı cenîn, qui peuvent se traduire par « expulsion du fœtus ». D’entrée de jeu, cette terminologie paraît peu claire, puisqu’elle ne fait aucune distinction entre les fausses-couches et les avortements. Plus précisément, le hanafisme considère ıskât-ı cenîn comme mekrouh (indésirable, non souhaitable) plutôt que haram (interdit) à moins de 120 jours de grossesse, étant donné que jusqu’alors le fœtus n’a pas d’âme. Pourtant, même considérée comme mekrouh, la décision de mettre un terme à la grossesse est laissée à la discrétion du mari et ne constitue pas un droit ni un choix pour la femme. Dans le même temps, d’autres courants islamiques expriment une opinion différente. Le chafiisme, qui domine en Asie du Sud-Est et dans certaines régions d’Afrique, autorise les IVG jusqu’à 40 jours de grossesse et les avis divergent au sein même de ce mouvement quant au stade de développement du fœtus. Certains imams chafiistes tolèrent l’avortement jusqu’au 120e jour. Bien que le courant hanbaliste, majoritaire en Arabie saoudite et aux Émirats Arabes Unis, n’ait pas n’opinion tranchée sur la question, certains chefs religieux autorisent également l’avortement jusqu’au quatrième mois. Enfin, le malikisme, qui prédomine en Afrique du Nord, considère le fœtus comme un être vivant en devenir et interdit totalement l’avortement. En fait, tous les dogmes islamiques estiment qu’à compter de 120 jours après sa conception, le fœtus a une âme, et aucun n’autorise l’avortement après cette date.Nouvelles préoccupations sociopolitiques
Dans nombre de pays à majorité musulmane, la jurisprudence islamique a influencé la législation relative à l’avortement. Toutefois, au fil du temps, de nouvelles préoccupations sociopolitiques ont émergé, et cette législation a été remaniée. Dans le cas de l’Empire ottoman, la relative « liberté de choix » offerte par le hanafisme a été contrecarrée par une nouvelle politique nataliste et moderniste à la fin du XVIIIe siècle. Face au déclin de l’Empire, la modernisation et la croissance démographique étaient envisagées comme un remède propre à assurer sa stabilité militaire, économique et politique. Inspirés par l’Europe, les Ottomans aspiraient à des avancées similaires via un vaste programme de réformes et de lois.En 1858, le Code pénal de l’Empire ottoman – rédigé d’après le Code pénal français de 1810 – est adopté. Il interdit et criminalise l’avortement, harmonisant la législation française et le dogme islamique. À partir de cette date, l’avortement est légalement déclaré haram dans tous les territoires sous domination ottomane. Néanmoins, dans la jurisprudence, il n’est envisagé que comme un phénomène social. Les poursuites intentées après l’entrée en vigueur de ce nouveau code illustrent bien cette vision des choses, puisque les accusés sont des médecins, des infirmiers, des pharmaciens, etc., plutôt que les femmes elles-mêmes. À la suite de cette réforme, beaucoup d’ex-membres de l’Empire mettent en place des lois restrictives sur l’avortement. Cependant, lorsqu’on observe les pays à majorité musulmane, on constate que ces lois sont assez diverses, dans le sens où elles autorisent et interdisent l’avortement pour différentes raisons. Aujourd’hui, dans beaucoup de ces pays, il n’est souvent autorisé que lorsque la vie de la femme est en danger, quand le fœtus est malformé ou quand la grossesse résulte d’un acte criminel, comme un viol. Mais, même si ces principes permettent à quelques femmes d’y avoir recours, ils renforcent la supervision médicale et les procédures légales, et ne laissent aucune place aux avortements volontaires.Restreindre l’accès à l’avortement ne fait que le rendre clandestin
Il est scientifiquement prouvé que restreindre l’accès à l’avortement ne fait pas disparaître cette pratique. Au contraire, elle devient clandestine et dangereuse. En utilisant des méthodes peu sûres pour mettre un terme à leur grossesse non désirée, les femmes risquent leur santé, leur fertilité et même leur vie. Chaque année, 47 000 femmes meurent de complications liées à un avortement pratiqué dans de mauvaises conditions. Après l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord sont les régions du monde où le taux de mortalité maternelle est le plus élevé. De plus, les restrictions du droit d’accès à l’avortement affectent davantage les femmes les plus pauvres. Souvent, celles qui en ont les moyens se rendent à l’étranger pour avorter en toute sécurité. Certaines parviennent à négocier avec des professionnels de santé dans leur propre pays pour obtenir ce service. Pour les autres, le marché noir est la seule option. Beaucoup sont victimes de charlatans qui leur vendent de fausses pilules abortives à des prix très élevés. Même lorsqu’elles ont accès à une structure médicale ou à des pilules fiables, elles restent mal informées et mal suivies. Cela accentue leur sentiment d’isolement et aggrave leur souffrance.De nouvelles applications changent la donne
Malgré tout, grâce à l’avortement médicamenteux et à la télémédecine, des alternatives sûres se multiplient hors du cadre légal. Un grand nombre de femmes vivant dans des pays à majorité musulmane, ou dans d’autres pays qui limitent l’accès à l’avortement, consultent des services de médecine en ligne pour demander de l’aide et recevoir des informations sur la façon de s’auto-administrer les pilules abortives obtenues par ce biais. Des études prouvent que l’avortement télémédicalisé est sûr et efficace en début de grossesse.Women on Web (WoW), l’un de ces services en ligne, aide environ 60 000 femmes chaque année. Le contenu du site est traduit en 16 langues, dont l’arabe, le farsi et le turc.
Le plus jeune milliardaire africain, 43 ans, kidnappé à Dar Es Salam
Mohammed Dewji a été enlevé jeudi matin par des hommes armés et masqués à Dar es Salaam. Les motivations des ravisseurs restent encore floues à ce stade.
Celui que l’on présente comme le plus jeune milliardaire africain, Mohammed Dewji, a été enlevé à Dar es Salaam, dans la matinée du 11 octobre. Des hommes armés et masqués ont fait irruption dans la salle de sport où il faisait son entraînement matinal, en banlieue de la capitale, et se sont saisis de l’homme d’affaires. Les ravisseurs ont tiré des coups de feu en l’air avant de prendre la fuite en voiture.Selon des témoins cités par des médias locaux, deux des ravisseurs étaient des hommes blancs.Une information confirmée par les autorités locales. « Les informations initiales indiquent qu’il a été enlevé par des Blancs voyageant à bord de deux véhicules », a déclaré à la presse le gouverneur de la région, Paul Makonda, ajoutant que « ce genre d’incident est nouveau ici ».Le rapt a également été confirmé par un ministre tanzanien sur Twitter : « J’ai parlé à son père et les informations faisant état de l’enlèvement de notre ami Mo sont vraies », a écrit January Makamba, le ministre de l’Environnement. « Mohammed a une famille et de jeunes enfants. Aidez-nous en donnant des informations qui aideront à son sauvetage », a-t-il ajouté.17e fortune du continent
Mohammed Dewji, 43 ans, est le président du groupe Mohammed Enterprises Tanzania Limited, groupe industriel diversifié fondé par son père dans les années 1970, qui s’est fait une place dans des secteurs aussi variés que l’assurance, l’immobilier ou le pétrole.Né à Singida, au centre de la Tanzanie, en 1975, Mohammed Dewji a décroché une licence en « business international » et en finance à l’université de Georgetown, aux États-Unis, avant de rentrer reprendre l’entreprise familiale au début des années 2000. Désigné « plus jeune milliardaire africain » et 17e fortune du continent par Forbes, avec 1,54 milliard de dollars en 2018, Mohammed Dewji a également été en tête en 2016 du classement annuel de l’Institut Choiseul sur « les leaders économiques de demain ».Lapsus de Tanor : « J’avais l’habitude de le dire quand j’étais au parti socialiste » (VIDEO)
Cheikhou Kouyaté, capitaine : « Si on ne peut pas battre le Soudan, on n’a pas notre place à la CAN 2019 »
Cheikhou Kouyaté : « Si on ne peut pas gagner le Soudan, on a pas notre place au Cameroun »
Interview – Seydi Gassama (Amnesty) : « la peine de mort n’a jamais été la panacée contre la criminalité »
Le successeur de Madické Niang à la tête du groupe parlementaire de l’opposition est…
La Genèse de Madické : « Abdoulaye Wade m’a dit en 2012 que j’étais le plus indiqué pour reconquérir le pouvoir » (Communiqué)
VOICI LE COMMUNIQUE DE PRESSE DE MADICKE NIANG
Suite au communiqué fait à Dakar le 04 octobre 2018 et signé par le Frère Secrétaire Général National du PDS, relatif à ma candidature à l’élection présidentielle de 2019, je me dois de faire à l’opinion publique la genèse de cette candidature et de prendre les décisions que mon honneur m’impose face à cette situation regrettable à tout point de vue.
Je voudrais rappeler que c’est le Président Wade lui-même qui, la première fois, a suscité en moi cette ambition de me mettre en première ligne au service des Sénégalais, lors de la Oumra que nous avons effectuée en 2012 suite à la perte du pouvoir, en me disant en substance que, dans son entourage, j’étais la personne la mieux indiquée pour reconquérir le pouvoir.
Il s’y ajoute qu’à l’issue des dernières législatives, je me rappelle ces paroles poignantes qui m’ont été adressées par le Président WADE : « Madické, tu m’as démontré que tu es l’unique personne sur qui je peux compter totalement, je n’oublierai jamais ce que tu as fait pour moi. Ton engagement sans limite dans ces élections législatives m’amène à dire que je t’expose trop alors que tu as une famille à préserver. » J’avais alors répondu que : « il en sera toujours ainsi, je ne lésinerai jamais sur mes moyens physiques comme matériels pour combattre et faire partir Macky SALL. C’est le sens que je donne à mon combat à vos côtés en dehors de l’amitié qui nous lie »
Que me valent alors subitement ces accusations graves, gratuites et infondées contre ma personne alors que j’avais toujours été considéré comme l’ami, le frère et le militant le plus fidèle ?Qu’est ce qui a pu changer si subitement entre-temps ? Ai-je eu tort d’avoir posé la question de la candidature alternative alors que beaucoup de Sénégalais, surtout les frères de parti, ont considéré que ma proximité avec Wade devait me permettre de jouer ce rôle ? Je laisse aux Sénégalais le soin de répondre à ces questions.
Je rappelle que j’ai fait l’objet de toutes formes d’intimidation et d’humiliation de la part du pouvoir sans vaciller un seul instant.
Je tiens aussi à dire aux Sénégalais que je n’ai aucun dossier judiciaire en instance devant aucune juridiction.
Je prends à témoin les Sénégalais pour leur dire que :
Si Macky SALL pouvait faire pression sur moi, je ne serais pas resté avec le Président WADE alors que beaucoup de ses proches l’avaient quitté ;
Si Macky SALL avait les moyens de pression sur moi, je n’aurais jamais pu défendre Karim WADE avec autant de détermination et d’opiniâtreté durant ces six dernières années ;
Si Macky SALL avait des moyens de faire pression sur moi, je n’aurais pas pu me mettre en face de lui pour faire gagner largement le PDS à Touba. C’est important de relever que, lors de ces élections législatives de juin 2017, mon arrestation avait été ordonnée, car beaucoup de responsables du pouvoir avaient pensé, qu’en me neutralisant, ils auraient pu empêcher la victoire du PDS ;
Si Macky SALL avait des moyens de pression sur moi, je n’aurais pas pu exercer à l’Assemblée Nationale avec tant d’engagement, mes fonctions de Président du groupe parlementaire. Combien de Sénégalais ont apprécié ma détermination, mon sens des responsabilités et surtout, le dur combat pour empêcher que des lois scélérates soient votées.
Cependant, la seule pression forte que j’ai subie depuis deux ans vient de mes frères de parti mais aussi de Sénégalais de tous bords, pour me pousser à poser la question de la candidature alternative alors que j’avais, par amitié, volontairement tu toute ambition pendant toutes ces années.
Au surplus, concernant les accusations de « collusion » avec Macky SALL dont je suis l’objet, je défie quiconque de pouvoir en apporter le moindre indice, encore moins la plus petite preuve. Je laisse aux Sénégalais le soin d’en juger sur la base de mes actions concrètes au profit du PDS et pour le bien de la nation pendant les sept années de calamité de ce régime.
Au regard des faits, pour moi, le véritable « suicide » politique serait, pour le PDS, de ne pas avoir de candidat à l’élection présidentielle de 2019.
S’agissant de ma candidature, le Président Wade a dû oublier que je lui ai écrit pour lui préciser qu’elle ne saurait entrer en compétition avec celle de Karim WADE. En effet, elle ne pourrait prospérer que si et seulement si, le Conseil Constitutionnel rejette la candidature de Karim WADE.
Où est donc le mobile qui peut servir Macky SALL en affaiblissant le suffrage du candidat investi par le Parti alors qu’une fois de plus, ma candidature est une candidature alternative et non de substitution.
Concernant mes responsabilités à l’Assemblée Nationale, je dis d’ores et déjà, sans ambages, que jamais je n’engagerai un bras de fer avec le Président Wade sur quoi que ce soit. Ainsi, avant que le parti ne se saisisse de la question, j’ai décidé, pour le mettre à l’aise, de remettre en jeu immédiatement mes fonctions de Président du groupe parlementaire car mon honneur ne me permet pas de m’accrocher à des responsabilités que le Président WADE m’a confiées.
Je ne le remercierai jamais assez pour d’abord, l’honneur qu’il me fait de me considérer comme frère et ami mais aussi, pour m’avoir confié d’importantes responsabilités. Toutefois, je souligne que j’ai la conscience tranquille pour avoir donné le meilleur de moi-même à Abdoulaye WADE, à sa famille et au PDS. En tout état de cause ,il restera toujours ma référence politique, mon ami et mon frère.
Contrairement aux accusations qui sont portées contre moi, j’ai voulu redonner espoir à tous les militants désemparés face à l’éventualité d’une élection présidentielle sans un candidat- du PDS. Combien de membres de l’opposition radicale se sont ouverts à moi sur l’absence éventuelle d’un candidat du PDS en 2019, estimant qu’elle permettrait à Macky SALL de gagner facilement.
Ainsi, j’invite tous ceux qui, dans le Parti comme en dehors, sont convaincus de la nécessité d’une candidature alternative, à me rejoindre pour mener ce combat.
Enfin, je m’en remets au Tout Puissant tout en ayant la conviction forte que la vérité finit toujours par triompher.
Maître Madické NIANG


