Le titre de Une le plus inspiré de ce vendredi 12 octobre

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Le prix du titre de Une le plus inspiré de ce jour va à l’Obs, avec « Wade joue Touba ». 

SenActuCafé du vendredi 12 octobre, par Adama Sow

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#SenCaféActu du 12 octobre 2018 A la Une: Divulgation des images privées de Sokhna Zeinab Fall, la famille alerte et se fâche, Assemblée nationale: Cheikh Mbacké Dolly remplace Madické Niang , Le ministre Ismaila Madior Fall veut traduire en justice Ahmed Khalifa Niasse pour ses accusations contre Ousmane Sonko1-Audit : les employés de l’IPRES demandent l’audit de leur boite : S’il y a une institution qui doit attirer l’attention des autorités c’est bien l’IPRES qui, selon les employés est victime de mauvaise gestion2-Maitre Wade drague Touba : Cheikh Bara Dolly Mbacké député analphabète proposé pour remplacer Madické Niang à la tête du groupe parlementaire Liberté3-Mort du douanier Cheikh Sakho : la direction générales des douanes porte plainte et se porte partie civile pour que la justice aille jusqu’au bout pour élucider la mort de leur collègue4-Insécurité : Aly Ngouille Ndiaye annonce le démarrage (enfin !) de la construction des commissariats à Yeumbeul, Keur Massar, Mbao, Thiès et Touba. 400 policiers, gendarmes et militaires seront déployés dans les quartiers criminogènes5-Ndeye Fatou Fall sœur de la défunte Sokhna Zeinab peinée par le partage et la publication des vidéos et discussions privées de sa sœur, assurant que la famille est très attristée par la divulgation des données privées de Sokhna Zeinab6-Après avoir taxé Sonko de pro-Daech, Ahmed Khalifa Niasse vers un procès : Selon Ismaila Madior Fall ministre de la justice, Ahmed Khalifa Niasse risque un procès après ses graves accusations à l’encontre du leader de Pastef

Interview – Soham El Wardini : « Mon parti, c’est Dakar »

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Samedi 29 septembre, Soham El Wardini a succédé à son mentor Khalifa Sall à la suite de la révocation de celui-ci par décret présidentiel en août. Pour la nouvelle maire de Dakar, la priorité est de poser des actes forts et visibles de la population pour l’année de mandat qu’elle doit finir. Sur ses défis, ses projets et son état d’esprit, Soham El Wardini s’est confiée .En devenant maire de Dakar ce samedi 29 septembre, vous êtes devenue la première femme élue à ce poste. Quel est votre sentiment ?Soham El Wardini : Avant toute chose, il s’agit d’un sentiment de fierté. Je suis honorée d’avoir été élue et d’être la première femme maire de la capitale du Sénégal. J’espère que mon élection permettra d’encourager les femmes sénégalaises qui souhaitent s’engager en politique. Il faut montrer que c’est un avantage d’avoir une femme à la tête d’une ville. En Afrique, lorsqu’on a un problème, ce sont les femmes que l’on consulte en premier. Dans un sens, on gère une mairie comme on gère un foyer. Ça ne veut pas dire que l’on ne fait que du social, mais il ne faut pas minimiser la part de social dans une collectivité locale. Et pour ces questions-là, être une femme est un avantage. C’est pourquoi le premier projet que je souhaite mener mobilisera les Dakaroises, qu’elles soient issues de la classe politique ou de milieux associatifs. Avec elles, je souhaite lutter pour la salubrité de Dakar. La femme est épouse, mère et éducatrice, donc la mieux placée pour sensibiliser sur la question de la propreté de la ville.Vous répétez que votre mandat s’inscrira dans la continuité de celle de Khalifa Sall. Quels sont les projets que vous comptez mener au terme de cette année de mandat qui reste ? Il y a de nombreux projets en cours, mais ceux de l’éclairage public et du pavage de la ville figurent parmi les prioritaires. Ça ne veut pas dire que toutes les surfaces ou toutes les bandes de terre de Dakar pourront être pavées, surtout en un an, mais on fera notre possible. De la même manière, nous souhaitons éclairer Dakar, mais la ville n’est compétente que pour ce qui concerne l’éclairage des grandes artères. Les petites rues relèvent de la compétence des communes.Qu’en est-il de vos propres projets ?Le temps qui m’est imparti est très court et je considère que la question de la salubrité de Dakar peut être efficiente dans la marge de manœuvre qui est la mienne dans l’année qui reste. Cela permettra de réaliser quelque chose de visible d’ici à la fin du mandat. Il s’agira avant toute chose de mener d’importantes actions de sensibilisation. Quant aux grandes lignes du projet, il est trop tôt pour les détailler. Il faudra les définir en concertation avec les maires des 19 communes de la ville et inscrire nos actions dans l’orientation budgétaire qui sera décidée au mois de novembre.Lors du premier mandat de Khalifa Sall, une commission de mobilité et de salubrité se réunissait chaque semaine, mais lorsque l’État a retiré la gestion des ordures ménagères à la ville de Dakar en 2015, nous n’avons plus eu les moyens de poursuivre nos actions. Je souhaite réhabiliter ces opérations de nettoyage ou de désencombrement, par exemple en enlevant les marchands installés sur la voie publique. Je suis consciente que nous ne pouvons pas demander à l’État de nous rendre les fonds, mais nous pouvons essayer de nouer des partenariats avec l’Unité de coordination de la gestion des déchets solides (UCG) qui dépend de l’État.Vous poursuivez le mandat du maire sortant Khalifa Sall sous la bannière de Taxawu Dakar, considérez-vous être à la tête d’une mairie d’opposition ?Khalifa Sall avait l’habitude de dire qu’à la mairie de Dakar « nous ne faisons pas de politique ». Nous avons été élus par les populations de Dakar et travaillons pour Dakar. Dans cette perspective, je ne peux pas considérer qu’il s’agisse d’une mairie d’opposition. Notre parti, c’est Dakar. D’ailleurs, ce sont des conseillers municipaux de toutes obédiences politiques qui m’ont élue.Continuerez-vous de rendre visite à Khalifa Sall en prison ? Vous qui dites vouloir « finir son mandat », vous attendez-vous à des consignes de sa part ?[Elle rit] Je ne pense pas qu’il y aura de consignes. Lui-même m’a dit : « C’est ton mandat, tu y mettras ta touche féminine. » Mais je lui serai toujours loyale et fidèle. Khalifa Sall et moi, c’est une longue histoire qui a commencé en 2009, et je veux m’inscrire dans la continuité de son action. Car son action a conquis les Dakarois qui lui ont renouvelé leur confiance pour un second mandat en 2014.Avant sa révocation, Khalifa Sall était le secrétaire général de l’Association internationale des maires francophones (AIMF). Est-ce un flambeau que vous comptez reprendre ?Il est trop tôt pour envisager ce que je vais faire sur ce sujet. Je n’ai été élue que pour un mandat d’un an, « secrétaire général » sera sans doute une fonction un peu lourde pour le temps imparti. Il faut considérer s’il est raisonnable de penser au secrétariat général ou à un autre poste comme la vice-présidence.
 ©  Manon Laplace
Soham El Wardini dans son bureau de la mairie de Dakar. 
Être maire de Dakar signifie collaborer avec les autorités religieuses et coutumières locales, notamment avec le grand serigne de Dakar. Pensez-vous que vos rapports pourront être les mêmes qu’avec Khalifa Sall ? N’est-ce pas plus délicat pour une femme ?AdvertisementEn tant que maire de Dakar, il me faudra aller à la rencontre de toutes ces autorités. Je les connais bien, ayant eu l’habitude en tant que première adjointe d’accompagner Khalifa Sall de nombreuses fois lors de leurs rencontres. Le fait d’être une femme ne changera rien aux rapports que ces autorités entretiennent avec la figure du maire. Ce sont des milieux dans lesquels la femme est très respectée.Dans le cadre du Plan Sénégal émergent, le pôle urbain de Diamniadio est voué à devenir le centre administratif du pays. Êtes-vous favorable à cette délocalisation des institutions hors de Dakar ? La capitale ne risque-t-elle pas d’en être affaiblie ?Dakar est une ville saturée, la délocalisation d’institutions et de services à Diamniadio permettra de la désencombrer, et de ce point de vue, je pense que c’est une bonne chose. Il faut permettre à la capitale de souffler. Avec un centre-ville plus dégagé, il sera plus facile pour nous de nettoyer la ville et d’organiser les grandes artères. On pourra y gagner en mobilité et Dakar sera plus agréable à vivre. Je ne pense pas qu’il y ait de risque d’affaiblissement. Dakar restera la capitale du Sénégal et tirera sa force d’autres secteurs, comme le tourisme ou le sport. Les Jeux olympiques de la jeunesse de 2022 n’auront pas lieu à Diamniadio, mais bien à Dakar qui dispose des infrastructures sportives nécessaires.La ville est-elle prête à accueillir un tel événement. Et qu’a-t-elle à y gagner ?Dakar a beaucoup à y gagner, notamment en matière de tourisme et de visibilité. Dans cette perspective, il semble essentiel de nettoyer Dakar comme je souhaite le faire. Si on lance des projets dès maintenant, on peut avoir une très belle ville en 2022. Avant cela, il faudra rénover certaines infrastructures comme le stade Iba-Mar-Diop qui a été donné à la ville en remplacement du stade Assane-Diouf. Certaines infrastructures au contraire sont prêtes, comme la piscine olympique pour laquelle nous avons beaucoup investi l’an dernier.Quelle place entendez-vous donner à la jeunesse, au sport, à l’éducation et à la formation durant votre mandat ?Nos priorités vont à la jeunesse, à l’éducation et à la santé. Pour les deux premiers, même si nous avons peu de temps, la mairie est engagée dans des projets de réhabilitation des infrastructures scolaires. Nous souhaiterions également rétablir l’uniforme dans les collèges et les lycées, comme ce fut le cas pour l’école primaire. Pour ce qui est de la formation, il existe un nombre important de bourses pour aider les étudiants. Il y en a de nouvelles tous les ans, notamment des bourses pour les étudiants qui souhaitent partir à l’étranger. D’un autre côté, la promotion des sports s’inscrit dans l’action que la ville veut mener auprès de la jeunesse. On peut notamment citer la grande randonnée qui rassemble les Dakarois chaque année. Également la traversée à la nage de Dakar à l’île de Gorée, subventionnée par la ville pour promouvoir la natation. Mais aussi le travail fait avec la Fédération de basket, notamment au travers de la Coupe du maire. La réhabilitation d’infrastructures comme la piscine olympique. Ces subventions existent, et il y en aura de nouvelles, pour les arts martiaux notamment. Dakar est une ville sportive.Kigali et Tunis sont deux villes africaines également dirigées par des femmes. Leur politique est-elle une source d’inspiration pour vous  ?Souad Abderrahim à Tunis a été élue trop récemment pour que l’on puisse définir un lien entre nous. Mais j’aurai l’occasion de la rencontrer ainsi que Marie-Chantal Rwakazina, maire de Kigali, et d’échanger avec elles. Ensemble, nous pouvons faire beaucoup de choses et apprendre de nos expériences respectives. Au moment où nombre d’hommes ne veulent plus entendre parler de parité, la solidarité féminine est plus importante que jamais pour aspirer à un objectif commun dans le respect de notre diversité.En 2019, Taxawu Dakar fera face à une opposition plus solide que lors de ce conseil municipal. Serez-vous la candidate de la coalition ? Comment comptez-vous conserver la mairie ?À l’heure qu’il est, nous ne savons pas qui sera le candidat de Taxawu Dakar, mais évidemment nous souhaitons continuer notre travail sur Dakar. Quant à la stratégie pour y arriver, je vous dirai qu’en Afrique on dit qu’il vaut mieux se cacher que de trop en dévoiler. D’ici six mois, nous y penserons, mais la priorité est pour l’instant la ville de Dakar et de terminer ce mandat. Nous ferons de la politique plus tard.

Avortement : que dit l’Islam?

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Les femmes sont descendues massivement dans les rues du monde entier le 28 septembre, Journée mondiale du droit à l’avortement, pour réclamer la gratuité, la sécurité et la légalité de l’accès à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) pour toutes. Le droit à l’avortement est menacé dans de nombreux pays, des États-Unis à la Pologne en passant par l’Argentine et l’Irlande, où les femmes se battent toujours pour l’obtenir. La religion, notamment le catholicisme, est souvent désignée comme le principal obstacle au contrôle des naissances et à l’IVG. Le fait est qu’un certain nombre de pays à majorité catholique ont une législation stricte sur la question. Parmi ceux-ci, l’Andorre, la République dominicaine, le Salvador, Malte, le Nicaragua et le Vatican se distinguent même par une interdiction totale de l’avortement. Mais qu’en est-il des pays musulmans ?

Un droit à l’avortement restreint dans les pays musulmans

Près de 80 % des femmes du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord vivent dans des pays où le droit à l’avortement est restreint. Voire, pour 55 % d’entre elles, dans des pays où l’IVG n’est autorisée que pour sauver la vie de la mère ou – pour 24 % – uniquement pour préserver sa santé physique ou mentale. Aujourd’hui, seules la Turquie et la Tunisie autorisent les avortements volontaires (sur demande de la mère). Bien qu’aucun de ces pays n’interdise totalement l’IVG, ces restrictions rendent plus difficile pour les femmes d’avorter en toute sécurité. Comme partout ailleurs, dans les pays à majorité musulmane, l’avortement est un sujet controversé, notamment au regard de la loi islamique. Même dans les pays où l’IVG est légale, comme en Turquie, ce droit est constamment remis en question par des opposants politiques et religieux. De même, en Tunisie, en dépit de la loi qui les y autorise, les femmes qui décident d’avorter doivent souvent faire face au jugement négatif du personnel médical et de la société.

Que dit l’islam sur l’avortement ?

En général, les autorités religieuses musulmanes considèrent que l’avortement interfère avec la volonté d’Allah (Dieu) qui, seul, a droit de vie et de mort. Cependant, les différents courants de l’islam n’ont pas tous le même point de vue sur la question. Dans le dogme hanafitemajoritaire au Moyen-Orient, en Turquie et en Asie centrale, et qui faisait loi sous l’Empire ottoman, l’avortement est évoqué sous les termes ıskât-ı cenîn, qui peuvent se traduire par « expulsion du fœtus ». D’entrée de jeu, cette terminologie paraît peu claire, puisqu’elle ne fait aucune distinction entre les fausses-couches et les avortements. Plus précisément, le hanafisme considère ıskât-ı cenîn comme mekrouh (indésirable, non souhaitable) plutôt que haram (interdit) à moins de 120 jours de grossesse, étant donné que jusqu’alors le fœtus n’a pas d’âme. Pourtant, même considérée comme mekrouh, la décision de mettre un terme à la grossesse est laissée à la discrétion du mari et ne constitue pas un droit ni un choix pour la femme. Dans le même temps, d’autres courants islamiques expriment une opinion différente. Le chafiisme, qui domine en Asie du Sud-Est et dans certaines régions d’Afrique, autorise les IVG jusqu’à 40 jours de grossesse et les avis divergent au sein même de ce mouvement quant au stade de développement du fœtus. Certains imams chafiistes tolèrent l’avortement jusqu’au 120e jour. Bien que le courant hanbaliste, majoritaire en Arabie saoudite et aux Émirats Arabes Unis, n’ait pas n’opinion tranchée sur la question, certains chefs religieux autorisent également l’avortement jusqu’au quatrième mois. Enfin, le malikisme, qui prédomine en Afrique du Nord, considère le fœtus comme un être vivant en devenir et interdit totalement l’avortement. En fait, tous les dogmes islamiques estiment qu’à compter de 120 jours après sa conception, le fœtus a une âme, et aucun n’autorise l’avortement après cette date.

Nouvelles préoccupations sociopolitiques

Dans nombre de pays à majorité musulmane, la jurisprudence islamique a influencé la législation relative à l’avortement. Toutefois, au fil du temps, de nouvelles préoccupations sociopolitiques ont émergé, et cette législation a été remaniée. Dans le cas de l’Empire ottoman, la relative « liberté de choix » offerte par le hanafisme a été contrecarrée par une nouvelle politique nataliste et moderniste à la fin du XVIIIe siècle. Face au déclin de l’Empire, la modernisation et la croissance démographique étaient envisagées comme un remède propre à assurer sa stabilité militaire, économique et politique. Inspirés par l’Europe, les Ottomans aspiraient à des avancées similaires via un vaste programme de réformes et de lois.En 1858, le Code pénal de l’Empire ottoman – rédigé d’après le Code pénal français de 1810 – est adopté. Il interdit et criminalise l’avortement, harmonisant la législation française et le dogme islamique. À partir de cette date, l’avortement est légalement déclaré haram dans tous les territoires sous domination ottomane. Néanmoins, dans la jurisprudence, il n’est envisagé que comme un phénomène social. Les poursuites intentées après l’entrée en vigueur de ce nouveau code illustrent bien cette vision des choses, puisque les accusés sont des médecins, des infirmiers, des pharmaciens, etc., plutôt que les femmes elles-mêmes. À la suite de cette réforme, beaucoup d’ex-membres de l’Empire mettent en place des lois restrictives sur l’avortement. Cependant, lorsqu’on observe les pays à majorité musulmane, on constate que ces lois sont assez diverses, dans le sens où elles autorisent et interdisent l’avortement pour différentes raisons. Aujourd’hui, dans beaucoup de ces pays, il n’est souvent autorisé que lorsque la vie de la femme est en danger, quand le fœtus est malformé ou quand la grossesse résulte d’un acte criminel, comme un viol. Mais, même si ces principes permettent à quelques femmes d’y avoir recours, ils renforcent la supervision médicale et les procédures légales, et ne laissent aucune place aux avortements volontaires.

Restreindre l’accès à l’avortement ne fait que le rendre clandestin

Il est scientifiquement prouvé que restreindre l’accès à l’avortement ne fait pas disparaître cette pratique. Au contraire, elle devient clandestine et dangereuse. En utilisant des méthodes peu sûres pour mettre un terme à leur grossesse non désirée, les femmes risquent leur santé, leur fertilité et même leur vie. Chaque année, 47 000 femmes meurent de complications liées à un avortement pratiqué dans de mauvaises conditions. Après l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord sont les régions du monde où le taux de mortalité maternelle est le plus élevé. De plus, les restrictions du droit d’accès à l’avortement affectent davantage les femmes les plus pauvres. Souvent, celles qui en ont les moyens se rendent à l’étranger pour avorter en toute sécurité. Certaines parviennent à négocier avec des professionnels de santé dans leur propre pays pour obtenir ce service. Pour les autres, le marché noir est la seule option. Beaucoup sont victimes de charlatans qui leur vendent de fausses pilules abortives à des prix très élevés. Même lorsqu’elles ont accès à une structure médicale ou à des pilules fiables, elles restent mal informées et mal suivies. Cela accentue leur sentiment d’isolement et aggrave leur souffrance.

De nouvelles applications changent la donne

Malgré tout, grâce à l’avortement médicamenteux et à la télémédecine, des alternatives sûres se multiplient hors du cadre légal. Un grand nombre de femmes vivant dans des pays à majorité musulmane, ou dans d’autres pays qui limitent l’accès à l’avortement, consultent des services de médecine en ligne pour demander de l’aide et recevoir des informations sur la façon de s’auto-administrer les pilules abortives obtenues par ce biais. Des études prouvent que l’avortement télémédicalisé est sûr et efficace en début de grossesse.Women on Web (WoW), l’un de ces services en ligne, aide environ 60 000 femmes chaque année. Le contenu du site est traduit en 16 langues, dont l’arabe, le farsi et le turc.
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Page d’accueil arabe de Women on Web. Ce site Internet est un service de télémédecine qui aide les femmes à avorter sans danger dans des pays où le droit à l’avortement est limité. © DR
 Néanmoins, dans certains pays comme l’Arabie saoudite et la Turquie, l’accès au site est prohibé. Pour contourner la censure, les femmes utilisent une application sur leur smartphone. Aujourd’hui, il semble que l’IVG soit haram, illégale et clandestine dans la majeure partie du monde musulman. En dépit de cela, les femmes continuent à défier le statu quo et les lois archaïques par leurs pratiques quotidiennes et leur militantisme.En 2012, en réaction à un projet de loi visant à restreindre l’accès à l’avortement en Turquie, des centaines de femmes ont manifesté à Istanbul pour défendre la liberté de choix. Elles sont descendues dans les rues pour clamer leur droit d’avorter en toute sécurité et de disposer librement de leur corps : « L’avortement est un droit. La décision d’avorter appartient aux femmes » (Kürtaj haktır, karar kadınların).Ce texte s’inscrit dans une série d’articles autour de la thématique Santé publique, sujet du colloque de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) qui se tient les 7 et 8 novembre, à Bruxelles, avec plus de cent cinquante acteurs francophones : établissements universitaires, représentants gouvernementaux, représentants des agences nationales, experts des politiques de santé publique dans le monde francophone.The Conversation
* Hazal Atay est doctorante en politique comparée à Sciences Po Paris. Elle est affiliée au CEVIPOF et travaille sur la participation politique des femmes en Turquie.
  

Le plus jeune milliardaire africain, 43 ans, kidnappé à Dar Es Salam

Mohammed Dewji a été enlevé jeudi matin par des hommes armés et masqués à Dar es Salaam. Les motivations des ravisseurs restent encore floues à ce stade.

Celui que l’on présente comme le plus jeune milliardaire africain, Mohammed Dewji, a été enlevé à Dar es Salaam, dans la matinée du 11 octobre. Des hommes armés et masqués ont fait irruption dans la salle de sport où il faisait son entraînement matinal, en banlieue de la capitale, et se sont saisis de l’homme d’affaires. Les ravisseurs ont tiré des coups de feu en l’air avant de prendre la fuite en voiture.Selon des témoins cités par des médias locaux, deux des ravisseurs étaient des hommes blancs.Une information confirmée par les autorités locales. « Les informations initiales indiquent qu’il a été enlevé par des Blancs voyageant à bord de deux véhicules », a déclaré à la presse le gouverneur de la région, Paul Makonda, ajoutant que « ce genre d’incident est nouveau ici ».Le rapt a également été confirmé par un ministre tanzanien sur Twitter : « J’ai parlé à son père et les informations faisant état de l’enlèvement de notre ami Mo sont vraies », a écrit January Makamba, le ministre de l’Environnement. « Mohammed a une famille et de jeunes enfants. Aidez-nous en donnant des informations qui aideront à son sauvetage », a-t-il ajouté.

17e fortune du continent

Mohammed Dewji, 43 ans, est le président du groupe Mohammed Enterprises Tanzania Limited, groupe industriel diversifié fondé par son père dans les années 1970, qui s’est fait une place dans des secteurs aussi variés que l’assurance, l’immobilier ou le pétrole.Né à Singida, au centre de la Tanzanie, en 1975, Mohammed Dewji a décroché une licence en « business international » et en finance à l’université de Georgetown, aux États-Unis, avant de rentrer reprendre l’entreprise familiale au début des années 2000. Désigné « plus jeune milliardaire africain » et 17e fortune du continent par Forbes, avec 1,54 milliard de dollars en 2018, Mohammed Dewji a également été en tête en 2016 du classement annuel de l’Institut Choiseul sur « les leaders économiques de demain ».

Lapsus de Tanor : « J’avais l’habitude de le dire quand j’étais au parti socialiste » (VIDEO)

 À Tivaouane, le délégué régional du parrainage de Thiès pour le compte de la coalition Benno Bokk Yakaar, Ousmane Tanor Dieng,  a commis un lapsus linguae de taille en déclarant devant des militants et responsables de l’Apr. « J’avais l’habitude de le dire, quand j’étais au Parti socialiste… ». Cela a suscité, dans l’assistance, un faisceau de commentaires. Les exclus du PS Barthélémy Dias, Khalifa Sall et Cie ont beau jeu de dénier à Tanor sa qualité de PS.

Cheikhou Kouyaté, capitaine : « Si on ne peut pas battre le Soudan, on n’a pas notre place à la CAN 2019 »

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Cheikhou Kouyaté : « Si on ne peut pas gagner le Soudan, on a pas notre place au Cameroun »

L’équipe nationale du Sénégal s’est entraînée hier soir au stade Léopold Sedar Senghor en vue de préparer son match du samedi contre le Soudan. Après le galop des Lions, le capitaine Cheikhou Kouyate a parlé au nom de ses coéquipiers comme à l’accoutumée.
Selon le capitaine des « Lions » les absences de Kalidou Koulibaly, Lamine Gassama et de Salif Sane seront ressenties par l’équipe mais l’objectif reste quand même la gagne : « Ils vont nous manquer parce que ceux sont des joueurs très importants pour l’équipe. Mais comme je l’ai dit tout l’heure on va essayer de jouer pour eux. On va essayer de gagner pour eux », a-t-il indiqué.Le milieu de Crystal place de poursuivre « Ce sera un match difficile mais nous n’avons pas le choix. Il faut qu’on gagne ce match si on veut aller au Cameroun. Si on ne peut pas gagner le Soudan, je pense qu’on a pas notre place à la CAN ».
Il a revenu sur son éventuel reconversion en défenseur central. Mais le natif de Khar Yalla pense qu’il peut bel et bien gérer ce poste d’autant plus qu’il l’a déjà occupé lors du match contre l’Afrique du Sud.

Interview – Seydi Gassama (Amnesty) : « la peine de mort n’a jamais été la panacée contre la criminalité »

Des politiciens comme Atepa et Sonko en révlament le retour. Pour le directeur exécutif d’Amnesty Sénégal, Seydi Gassama, « la peine de mort n’a jamais été une panacée contre la criminalité ». Il suggère d’attaquer le mal à la racine. Entretien.Comment faire face à la criminalité au Sénégal ?Il faut d’abord savoir que la « criminalité zéro » n’existe nulle part au monde. Tous les pays et toutes les grandes villes du monde sont confrontés au problème de la criminalité et il appartient aux États de prendre les mesures qu’il faut pour comprendre la criminalité. Combattre la criminalité ne signifie pas seulement les mesures sécuritaires.Que faut-il en plus ?Les causes de la criminalité sont connues. Elles sont la pauvreté, l’exclusion, le chômage des jeunes, l’usage de la drogue, qui est omniprésent au Sénégal, l’alcoolisme dans les quartiers les plus pauvres de Dakar. Si on règle toutes ces questions, on aura attaqué les causes profondes de la criminalité.Les forces de sécurité souffrent du manque d’effectifs et, malgré les efforts de ces dernières années, de matériel…On ne peut pas lutter contre la criminalité si on n’a pas des forces de sécurité en nombre suffisant. Le Sénégal, depuis la radiation des policiers dans les années 1980, traine un déficit chronique en personnel de sécurité. Vous pouvez aller dans certains quartiers, vous ne verrez de policiers que lorsqu’il y a quelque chose qui s’y passe. Donc, c’est ce vide sécuritaire qui fait que la criminalité s’est développée. Il faut une présence policière visiblement dans les quartiers pour dissuader les criminels.? »On va diminuer la criminalité si on s’attaque aux causes profondes et si on recrute les membres de force de sécurité pour être présents dans les quartiers. »D’aucuns agitent le retour de la peine de mort. Cette solution pourrait-elle être efficace ?La peine de mort n’a jamais été une panacée contre la criminalité. Nulle part la peine de mort n’a réussi à juguler la criminalité. Si elle pouvait juguler la criminalité, il n’y aurait plus de crime dans les pays comme Arabie Saoudite, l’Iran, la Chine. Ce sont des État où on exécute pratiquement tous les jours des personnes. Mais cela ne dissuade pas les criminels. Donc, ce n’est pas la peine de mort qui va régler la question de la criminalité. On va diminuer la criminalité si on s’attaque aux causes profondes que nous avons citées précédemment et si on recrute les membres de force de sécurité pour être présents dans les quartiers. Et cela c’est le rôle de l’État.On entend souvent les populations dire que les criminels vont rarement au bout des peines pour lesquelles ils ont été condamnés ?On comprend bien qu’au Sénégal, les populations disent : ‘Oui les meurtriers sont vite graciés ou bénéficient d’une réduction de peine’. Je pense que ce sont des inquiétudes légitimes qu’on ne peut pas ignorer. Il faudrait que l’État réfléchisse non seulement à forcer les peines mais aussi à faire en sorte que toutes ces peines soient assorties des périodes de sûreté durant laquelle la personne ne peut pas être libérée. Par exemple, si vous êtes condamnés à 20 ans, qu’il ait une période de sûreté d’au moins de 15 ans pendant laquelle vous ne pouvez ni être gracié ni bénéficié d’un aménagement de peine. Cela va calmer plus ou moins les sénégalais.« La campagne électorale qui a démarré plutôt que prévu à cause du parrainage est en train de déraper. »Êtes-vous satisfait de la sortie du procureur à propos du meurtre de Mariama Sagna ?Le procureur est au courant de l’enquête. Nous pouvons a priori penser que le mobile n’est pas politique. Tous les Sénégalais voulaient entendre cela parce que c’est vraiment la dernière solution que nous souhaitons pour ce pays. Mais, ce qu’il faut dire c’est que cette campagne électorale qui a démarré plutôt que prévu à cause du parrainage est en train de déraper. Ce que nous entendons aujourd’hui, ce n’est pas un débat d’idées, ce n’est pas un débat de programmes mais c’est la diabolisation de l’autre. La diabolisation de l’adversaire. Or en diabolisant l’adversaire on l’expose à la violence de ses partisans. Et cette violence n’est pas généralement commanditée depuis là-haut, ce sont les seconds couteaux qui s’en chargent. Donc, il faudrait que la diabolisation s’arrête aussi bien du côté du pouvoir que de l’opposition et que les gens discutent de programmes.

Le successeur de Madické Niang à la tête du groupe parlementaire de l’opposition est…

ASSEMBLEE – Le député Serigne Cheikh Mbacké a été désigné ce jeudi président du groupe Liberté et Démocratie. Il succède à Me Madické Niang, qui a rendu le poste après avoir annoncé, contre la volonté de Wade et du Pds, sa candidature pour la présidentielle de 2019.Serigne Cheikh Mbacké va diriger le groupe de l’opposition pour la session ordinaire 2018-2019 de l’Assemblée nationale. Selon un communiqué de Liberté et Démocratie, il sera secondé par Mamadou Diop Decroix, désigné vice-président du groupe.Papa Diop et Mamadou Lamine Diallo gardent leurs postes de vice-président de l’Assemblée nationale et de président de commission, respectivement.« Nous avons en même temps désigné Toussaint Manga, porte-parole du groupe, ajoute le communiqué. Bien que le règlement intérieur actuel de l’Assemblée ne distingue pas ce poste, forts de nos 18 membres, nous avons décidé d’innover à l’image des grandes démocraties. »

La Genèse de Madické : « Abdoulaye Wade m’a dit en 2012 que j’étais le plus indiqué pour reconquérir le pouvoir » (Communiqué)

VOICI LE COMMUNIQUE DE PRESSE DE MADICKE NIANG

Suite au communiqué fait à Dakar le 04 octobre 2018 et signé par le Frère Secrétaire Général National du PDS, relatif à ma candidature à l’élection présidentielle de 2019, je me dois de faire à l’opinion publique la genèse de cette candidature et de prendre les décisions que mon honneur m’impose face à cette situation regrettable à tout point de vue.

Je voudrais rappeler que c’est le Président Wade lui-même qui, la première fois, a suscité en moi cette ambition de me mettre en première  ligne au service des Sénégalais, lors de la Oumra que nous avons effectuée en 2012 suite à la perte du pouvoir, en me disant en substance que, dans son entourage, j’étais la personne la mieux indiquée pour reconquérir le pouvoir.

Il s’y ajoute qu’à l’issue des dernières législatives, je me rappelle ces paroles poignantes qui m’ont été adressées par le Président WADE : « Madické, tu m’as démontré que tu es l’unique personne sur qui je peux compter totalement, je n’oublierai jamais ce que tu as fait pour moi. Ton engagement sans limite dans ces élections législatives m’amène à dire que je t’expose trop alors que tu as une famille à préserver. » J’avais alors répondu que : « il en sera toujours ainsi, je ne lésinerai jamais sur mes moyens physiques comme matériels pour combattre et faire partir Macky SALL. C’est le sens que je donne à mon combat à vos côtés en dehors de l’amitié qui nous lie »

Que me valent alors subitement ces accusations graves, gratuites et infondées contre ma personne alors que j’avais toujours  été considéré comme l’ami, le frère et le militant le plus fidèle ?Qu’est ce qui a pu changer si subitement entre-temps ? Ai-je eu tort d’avoir posé la question de la candidature alternative alors que beaucoup de Sénégalais, surtout les frères de parti, ont considéré que ma proximité avec Wade devait me permettre de jouer ce rôle ? Je laisse aux Sénégalais le soin de répondre à ces questions.

Je rappelle que j’ai fait l’objet de toutes formes d’intimidation et d’humiliation de la part du pouvoir sans vaciller un seul instant.

Je tiens aussi à dire aux Sénégalais que je n’ai aucun dossier judiciaire en instance devant aucune juridiction.

Je prends à témoin les Sénégalais pour leur dire que :

Si  Macky SALL pouvait faire pression sur moi, je ne serais pas resté avec le Président WADE alors que beaucoup de ses proches l’avaient quitté ;

Si  Macky SALL avait les moyens de pression sur moi, je n’aurais jamais pu défendre Karim WADE avec autant de détermination et d’opiniâtreté durant ces six dernières années ;

Si Macky SALL avait des moyens de faire pression sur moi, je n’aurais pas pu me mettre en face de lui pour faire gagner largement le PDS à Touba. C’est important de relever que, lors de ces élections législatives de juin 2017, mon arrestation avait été ordonnée, car beaucoup de responsables du pouvoir  avaient pensé, qu’en me neutralisant, ils auraient pu empêcher la victoire du PDS ;

Si Macky SALL avait des moyens de pression sur moi, je n’aurais pas pu exercer à l’Assemblée Nationale avec tant d’engagement, mes fonctions de Président du groupe parlementaire. Combien de Sénégalais ont apprécié ma détermination, mon sens des responsabilités et surtout, le dur combat pour empêcher que des lois scélérates soient votées.

Cependant, la seule pression forte que j’ai subie depuis deux ans vient de mes frères de parti mais aussi de Sénégalais de tous bords, pour me pousser à poser la question de la candidature alternative alors que j’avais, par amitié, volontairement tu toute ambition pendant toutes ces années.

Au surplus, concernant les accusations de « collusion » avec Macky SALL dont je suis l’objet, je défie quiconque de pouvoir en apporter le moindre indice, encore moins la plus petite preuve. Je laisse aux Sénégalais le soin d’en juger sur la base de mes actions concrètes au profit du PDS et pour le bien de la nation pendant les sept années de calamité de ce régime.

Au regard des faits, pour moi, le véritable « suicide » politique serait, pour le PDS, de ne pas avoir de candidat à l’élection présidentielle de 2019.

S’agissant de ma candidature, le Président Wade a dû oublier que je lui ai écrit pour lui préciser qu’elle ne saurait entrer en compétition avec celle de Karim WADE. En effet, elle ne pourrait prospérer que si et seulement si, le Conseil Constitutionnel rejette la candidature de Karim WADE.

Où est donc le mobile qui peut servir Macky SALL en  affaiblissant le suffrage du candidat investi par le Parti alors qu’une fois de plus, ma candidature est une candidature alternative et non de substitution.

Concernant mes responsabilités à l’Assemblée Nationale, je dis d’ores et déjà, sans ambages, que jamais je n’engagerai un bras de fer avec le Président Wade sur quoi que ce soit. Ainsi, avant que le parti ne se saisisse de la question, j’ai décidé, pour le mettre à l’aise, de remettre en jeu  immédiatement mes fonctions de Président du groupe parlementaire car mon honneur ne me permet  pas de m’accrocher à des responsabilités que le Président WADE m’a confiées.

Je ne  le remercierai jamais assez pour d’abord, l’honneur qu’il me fait de me considérer comme frère et ami mais aussi, pour m’avoir confié d’importantes responsabilités. Toutefois, je souligne que j’ai la conscience tranquille pour avoir donné le meilleur de moi-même à Abdoulaye WADE, à sa famille et au PDS. En tout état de cause ,il restera toujours ma référence politique, mon ami et mon frère.

Contrairement aux accusations qui sont portées contre moi, j’ai voulu redonner espoir à tous les militants désemparés face à l’éventualité d’une élection présidentielle sans un candidat- du PDS. Combien de membres de l’opposition radicale se sont ouverts à moi sur l’absence éventuelle d’un candidat du PDS en 2019, estimant qu’elle permettrait à Macky SALL de gagner facilement.

Ainsi, j’invite tous ceux qui, dans le Parti comme en dehors, sont convaincus de la nécessité d’une candidature alternative, à me rejoindre pour mener ce combat.

Enfin, je m’en remets au Tout Puissant tout en ayant la conviction forte que la vérité finit toujours par triompher.

Maître Madické NIANG