SenCaféActu du jeudi 11 octobre 2018 : la revue de presse d’Adama Sow

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#SenCaféActu du 11 octobre 2018

A la Une: Zone d’insécurité: les populations de Thiaroye, Yeumbeul, Malika, Keur Massar réclament des mesures fortes,

Propagande sur sa télé: Bougane Guèye Dany déchire la mise en demeure du CNRA,

Kalidou Koulibaly forfait contre le Soudan

1-Fourniture d’eau de Dakar et Thiès : les 8 forages sur 10 de Tassette en service, la pénurie d’eau bientôt un mauvais souvenir selon le directeur général de la SONES

2-Insécurité : les populations de l’arrondissement des Niayes (Thiaroye, Yeumbeul, Malika, Keur Massar) expriment leur désarroi et en appellent aux autorités pour des mesures hardies et adaptées aux nouvelles menaces sécuritaires dans cette zone la plus peuplée des départements du Sénégal

3-Les populations souffrent de la grève des syndicats And Guesseum de la santé et du Sytjust de la justice : Même si les autorités en charge de la santé et de la justice n’ont pas réagi depuis quelques jours, les populations souffrent énormément de ces mouvements. Aucun papier n’est délivré dans les tribunaux, les malades sont éconduits des postes et centres de santé depuis 48 h

4-Recrudescence des meurtres et crimes au Sénégal : Ismaila Madior Fall contre la peine de mort. Les populations traumatisées par les crimes de plus en plus ignobles demandent l’application de la peine de mort au Sénégal, ce que rejette catégoriquement le ministre de la justice Ismaila Madior Fall

5-Bougane Guèye fait fi des injonctions du CNRA et continue à diffuser sa campagne Gueum sa bopp sur sa chaîne Sen TV

6-Provocation: Moustapha Cissé Lo annonce sa volonté d’arracher la mairie de Dakar des mains des adversaires, de gré ou de force

7-Sénégal-Soudan : le boss de la défense des lions forfait. Kalidou Koulibaly a finalement déclaré forfait hier

Francophonie : Michaëlle Jean maintient sa candidature et veut tomber les armes à la main demain

OIF: son porte-parole l’assure, Michaëlle Jean reste «déterminée». Interview.

Le Canada et le Québec ont annoncé, mardi 9 octobre 2018, qu’ils retiraient leur soutien à la candidature de Michaëlle Jean pour le poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), dont le sommet démarre ce jeudi 11 octobre en Arménie. Justin Trudeau s’est rallié à la candidature de sa rivale, la Rwandaise Louise Mushikiwabo. Bertin Leblanc, porte-parole de Michaëlle Jean, revient sur l’annonce survenue la veille. Entretien.

RFI : Comment réagissez-vous à la décision du Canada de retirer son soutien à Michaëlle Jean ?

Bertin Leblanc : J’ai lu comme vous les déclarations de l’attachée de presse de la ministre canadienne responsable de la Francophonie. Nous, ce qu’on tient à rappeler, c’est qu’un consensus suppose un débat qui doit se faire dans les règles. Il y a des règles quand même qui régissent la nomination de la secrétaire générale. Le sommet commence demain (entretien réalisé mercredi à la mi-journée, NDLR). Nul doute que cette discussion aura lieu entre les chefs d’Etat et de gouvernement à huis clos.

Donc, vous attendez une déclaration de Justin Trudeau lui-même ?

Le Premier ministre canadien arrive dans quelques heures. Pour l’instant, il ne s’est pas vraiment exprimé sur la question, en tout cas directement. On a pris bonne note évidemment des commentaires de l’attachée de presse de la ministre responsable de la Francophonie. Mais pour l’instant, on est encore dans l’expectative d’une déclaration claire à ce sujet.

Est-ce que Michaëlle Jean envisage de retirer sa candidature ?

Pour l’instant, non. Il n’en est pas question.

Elle maintient sa candidature ?

Oui, Mme Jean est déterminée. Je vous rappelle que le sommet commence jeudi. Elle fera une grande déclaration évidemment lors de la cérémonie d’ouverture, qui sera un peu sa déclaration politique sur le sujet. Vendredi matin, elle doit présenter son bilan, son rapport qu’elle fait aux chefs d’Etat et de gouvernement. Donc, elle est assez impatiente de le faire.

Pour nous, l’objectif, c’est aussi de démontrer que ces quatre années ont servi à quelque chose. Elle s’est beaucoup battue. Mme Jean a beaucoup de convictions. Ce qui fait qu’on a envie que les chefs d’Etat et de gouvernement puissent entendre son bilan, le notent, et prennent une décision à partir de ce qu’on va leur apporter comme bilan. Et aussi, on a envie de pouvoir les entendre sur ce qui a été fait au cours des quatre années.

Mais elle y croit encore ?

Mme Jean est quelqu’un d’extrêmement déterminé. On y croit, parce qu’on est attachés aux valeurs de la Francophonie : bonne gouvernance, pratiques démocratiques… Mme Jean est très soucieuse de ces questions-là. Cela a marqué les quatre ans de son mandat et on espère qu’on pourra poursuivre le travail. Après, on s’en remet aux chefs d’Etat.

Elle reste déterminée comme toujours parce que c’est comme ça qu’elle est faite. Elle est très attachée à la Francophonie des peuples. Elle a développé toute cette passionnante doctrine de la Francophonie des solutions. Elle a beaucoup voulu marquer son passage sur le fait de tourner l’organisation vers quelque chose d’assez proche des gens. Je pense que c’est peut-être ça qui a pu… cela a marqué une rupture.

Ces trois derniers mois, Justin Trudeau s’est battu pour Michaëlle Jean. Il a pris son téléphone pour appeler les chefs d’Etat de la Francophonie un par un. Il a envoyé un émissaire en Afrique, un émissaire de haut rang. Vous devez être déçus, non ?

On va attendre la conclusion avant d’être déçus. Je dirais que pour l’instant, il y a une petite incompréhension, mais qui est peut-être due aussi à la distance. Le Premier ministre n’est toujours pas arrivé à Erevan. Donc on espère pouvoir discuter avec lui rapidement.

Et après, on ne veut pas présumer de la fin tout de suite. On appelle de nos vœux ce consensus ; évidemment, il est indispensable. Mais notre point de vue et le point de vue de Mme Jean, c’est qu’un consensus normalement doit être le résultat d’un débat et d’une discussion. C’est tout ce qu’on demande en fin de compte.

Le président français Emmanuel Macron, en compagnie de son homologue rwandais Paul Kagame, le 25 septembre 2018 à New York. A droite du chef de l’Etat du Rwanda, sa ministre des Affaires étrangères Louise Mushikiwabo. Ludovic MARIN / AFP

La France n’a-t-elle pas joué un rôle dans la décision du Canada, en tout cas de la ministre canadienne chargée de la Francophonie ?

Je pense qu’on le sait, la France avait choisi une autre candidate. Donc, les tractations ont eu lieu depuis quand même plusieurs semaines. On a été témoins. Le Premier ministre, Justin Trudeau, a rencontré, à quelques reprises je crois, le président français. Ils ont donc forcément discuté de cette question-là.

A New York notamment…

A New York, oui. On était tous à l’Assemblée générale des Nations unies il y a quelques semaines. Qu’est-ce qu’ils ont conclu ? Voilà.

On évoque un marchandage : les Français promettant aux Canadiens un siège non permanent au Conseil de sécurité de l’ONU moyennant le retrait du soutien à Michaëlle Jean.

Là, vraiment, je n’ai aucune information à ce sujet. Ce que propose Mme Jean, c’est d’organiser une réflexion autour de ce que devrait être la Francophonie. Parce que ce qui a émergé dans les derniers mois, c’est qu’il y a différentes visions de la Francophonie. Où la veut-on ? Est-ce qu’on veut recentrer le travail sur la langue, comme on a pu l’entendre, ou est-ce qu’on veut renforcer le travail sur la bonne gouvernance et les pratiques démocratiques ?

Vous savez comme moi que Mme Jean a beaucoup travaillé sur ces aspects de bonne gouvernance et de respect des droits et libertés. Mais c’est encore là aux chefs d’Etat de nous dire de quelle Francophonie parlons-nous et voulons-nous. Je pense qu’aujourd’hui, dans les deux prochains jours, c’est un moment de vérité qu’on va vivre à Erevan. C’est un moment de vérité important pour l’avenir de la Francophonie.

Tanor remixe sa prédiction pour Abdou Diouf en l’an 2000 : « Macky sera réélu avec 60% au 1er tour »

En direction de la présidentielle de 2019, Ousmane Tanor Dieng assure que Macky Sall sera réélu à 60%. «J’ai la conviction forte que Macky va gagner au premier tour de la Présidentielle 2019, déclare-t-il. Nous avons choisi librement de réélire Macky Sall au premier tour, avec 60% à la présidentielle de 2019.»

Mieux, assure le secrétaire général du Ps, «BBY va survivre à la Présidentielle, car ce sont des gens de parole qui  s’y trouvent»Tanor Dieng s’exprimait ce mardi à Thiès lors de l’Assemblée générale de partage du comité départemental de parrainage pour le candidat Macky Sall.

Tribune : « Ainsi, tous les dignitaires susceptibles de CREI ont rejoint le camp présidentiel » ( Par Amadou Tidiane Baba Wone)

Ainsi donc, tous les  dignitaires du régime du Président Abdoulaye Wade listés comme devant déférer devant la Cour de répression de l’enrichissement illicite auraient «rejoint» le camp présidentiel, à défaut d’avoir été neutralisés par la dite cour. Soit par voie de condamnation, soit par épée de Damocles….
Ah! Le beau pays que voilà! Notre Sénégal, où les mots viennent à bout de tous les maux… Cette histoire,  et d’autres encore plus invraisemblables, s’est déroulée en plusieurs épisodes, sous nos yeux apparemment fatigués, ou alors complètement désabusés. Il est vrai que le scenario est éculé: des leaders, reçus par qui de droit, et qui en ressortent avec une déclaration d’allégeance frappée du sceau de l’impunité. Ça devient lassant à la fin!Et pourtant! Souvenez-vous de l’alternance de 2012… Elle était placée sous le sceau de la vertu. On allait voir ce que l’on allait voir nous disait-on : haro sur le gangstérisme politico-économique! Et que  la Justice devienne le rempart des justes, le recours des faibles, la balance des droits et des devoirs. Finis les passe-droits et les malettes nocturnes, finies les transhumances honteuses pour raison pénalement intéressée! Fini l’enrichissement illicite… Là était le rêve poursuivi par le Peuple du 23 juin, par les Assisards, par les simples citoyens de bonne foi aspirant à un renouveau des paradigmes de l’action politique et citoyenne…  Cela n’a été, semble-t-il, que l’emballage d’une véritable forfaiture car, le rêve est en.train de virer au cauchemar: toutes les dérives dénoncées par les tribuns de l’opposition d’alors se sont aggravées depuis 7 ans. Mieux, l’instrumentalisation des différents pouvoirs à des fins de politique politicienne est le fait saillant du mandat présidentiel en cours. Par ailleurs que de scandales, en tous genres, ont fait la Une des journaux au quotidien depuis ! Sans suite…Cerise sur le gâteau, tous les présumés coupables des dérives dénoncées pour venir à bout du régime de Wade, ont rejoint le camp de ceux qui les accusaient de tous les péchés. Tous coupables alors?

Les principes, lorsqu’ils sont vrais et sincères, défient le temps. On a tenté de me vendre «la théorie des circonstances nouvelles…» comme si les circonstances n’étaient pas toujours nouvelles! Par définition…

Alors, dans les circonstances…actuelles et toujours nouvelles (!) je dis à ceux qui, hier seulement, jouaient aux preux chevaliers donnant des leçons à tout va, et regardant de haut ceux qu’ils jugeaient et condamnaient sans appel: descendez de votre piédestal. Sortez de votre mutisme… Humez l’odeur fétide de nos  valeurs en décomposition dans notre renoncement collectif à la Vérité . Constatez la déchéance où nous conduit votre complaisance coupable. Voyez où vous mènent  les flatteurs et les laudateurs qui traversent tous les régimes, s’enrichissent et en jouissent sans états d’âmes. Ils sont les entremetteurs des conciliabules nocturnes. Ils enjolivent, par leurs propos mielleux, les manoeuvres les plus sordides. Ils sont connus et facilement reconnaissables ces zélateurs de l’ombre, mais ils sont les seuls à ne pas le savoir!

Malgré l’ambiance d’hypocrisie généralisée et de lâcheté collective qui englue notre pays, des forces nouvelles vont émerger pour contrecarrer la fatalité. Les signes avant-coureurs d’un réveil inéluctable de forces nouvelles commencent à poindre. La majorité silencieuse qui assiste, avec une sourde désapprobation, au cirque des vases communicants entre formations politiques aura son mot à dire. Il faudra la mobiliser et lui dire: cette fois, méfions nous des beaux parleurs! Et choisissons, sérieusement, des hommes et des femmes qui mettront l’intérêt général au dessus de leurs intérêts particuliers!

Cela est est l’enjeu fondamental de la prochaine élection présidentielle. Et que ceux qui se ressemblent s’assemblent! L’heure est grave.

Amadou Tidiane WONE

Le pouvoir rend fou ? A Madagascar, 7 anciens Présidents et Premiers Ministres candidats à la présidentielle du 7 novembre

LES AFRIQUES – A Madagascar, l‘élection présidentielle est dans un mois. En effet, le premier tour est prévu pour le mercredi 7 novembre. 36 candidats sont en lice et parmi eux quatre anciens présidents et trois anciens Premiers ministres rencontrés ici. L’ordre de présentation des candidats dans cet article respecte l’ordre alphabétique.Jean-Omer Beriziky: «Gouverner, pour moi, c’est d’abord servir et non se servir!»Il se définit comme « un enfant de la brousse qui a reçu la grâce de faire de hautes études ». Originaire de la région Sava (la région de la vanille), au nord de la Grande Ile, Jean-Omer Beriziky entame une carrière de professeur d’histoire après des études en France. A 45 ans, il est nommé ambassadeur auprès de l’Union européenne à Bruxelles. Un poste qu’il occupera pendant 11 ans. En 2011, le diplomate reconnu pour ses talents de médiateur et apprécié de la communauté internationale est choisi par Andry Rajoelina pour devenir Premier ministre d’union nationale durant le régime de transition. Il restera deux ans à la tête du gouvernement. A 68 ans, pour la première fois de sa vie d’homme politique, il se présente à l’élection présidentielle de son pays.
Jean-Omer Beriziki en décembre 2013 lors d’une conférence de presse alors qu’il était encore Premier ministre de Madagascar. © ALEXANDER JOE / AFP
Olivier Mahafaly: «Je suis le candidat à abattre»Il a été l’un des cinq Premiers ministres du président sortant Hery Rajaonarimampianina. Olivier Mahafaly est resté plus de deux ans à la tête du gouvernement, avant d’être poussé à démissionner en juin dernier, pour sortir de la crise politique d’avril 2018. Parallèlement, pendant quatre ans, il a dirigé le ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation. Aujourd’hui, il critique ouvertement les actions menées par l’ex-chef de l’Etat. A 54 ans, ce natif de Nosy Be se présente pour la première fois à une élection présidentielle, contre son ancien président, mais également contre plusieurs de ses anciens ministres.
Olivier Mahafaly Olonandrasana, le Premier ministre malgache, devant la presse, le 26 juin 2016. © RIJASOLO / AFP
Hery Rajaonarimampianina: «J’ai augmenté la production rizicole de 30% en quatre ans»Hery Rajaonarimampianina vient de passer plus de quatre années à la tête du pays au poste de président de la République. Il brigue un deuxième mandat. Conformément à la loi malgache, il a dû quitter le pouvoir quelques semaines avant l’élection.
Le président malgache sortant Hery Rajaonarimampianina, le 29 janvier 2018 à Addis-Abeba. © AFP/Simon Maina
Andry Rajoelina: «Je me suis bien entouré, j’ai changé»Président de la Haute Autorité de la transition de 2009 à 2014, arrivé au pouvoir hors des urnes à la suite d’une insurrection, Andry Rajoelina dit, depuis, avoir changé. A 44 ans, bien décidé cette fois à se hisser au sommet de l’Etat par les urnes, il revient avec derrière lui une véritable machine de guerre politique. Aujourd’hui, le président du parti Mapar estime qu’il a six chances sur dix d’être élu directement au premier tour.
A Madagascar, Andry Rajoelina, le président sortant lors de la passation de pouvoir avec son successeur, Hery Rajaonarimampianina, le 24 janvier 2014. © AFP PHOTO / RIJASOLO
Didier Ratsiraka: «Il faut d’abord régler les vrais problèmes avant de faire des élections»L’ancien président malgache Didier Ratsiraka candidat à l’élection présidentielle du 7 novembre. Officier de marine, « l’Amiral rouge », comme il est surnommé, a déjà dirigé le pays pendant près de 21 ans de 1975 à 1991 avant son premier exil en France, puis de 1996 à 2002. Sa candidature à l’élection présidentielle de 2013 avait été rejetée par la Cour électorale spéciale. Âgé de 81 ans aujourd’hui, il a finalement déposé à la dernière minute sa candidature à la Haute Cour constitutionnelle pour l’élection de novembre.
L’ancien président malagache Didier Ratsiraka en Ethiopie en 2009. © AFP/ Grégoire Pourtier
Marc Ravalomanana: «Le plus important pour les Malgaches, c’est d’avoir un leader»Il a été chassé du pouvoir il y a neuf ans, et pourtant il croit en ses chances. A Madagascar, l’ex-président Marc Ravalomanana est l’un des 36 candidats à la présidentielle du 7 novembre prochain. Et ses meetings attirent du monde. Peut-il être le revenant de la politique malgache ? L’homme qui a été tour à tour chef d’entreprise, chef d’Etat et exilé politique y croit.
Marc Ravalomanana, le 17 février 2011. © Reuters / Mike Hutchings
Jean Ravelonarivo: «L’insécurité sera résolue dans une année au maximum»Premier ministre pendant un peu plus d’un an de janvier 2015 à avril 2016 sous la présidence de Hery Rajaonarimampianina, le général Jean Ravelonarivo s’était fait très discret depuis sa démission à la tête du gouvernement. Militaire, mais aussi opérateur économique, il est revenu dans l’arène politique en juin dernier avec l’annonce de sa candidature à la présidentielle du 7 novembre.
Jean Ravelonarivo, Premier ministre malgache, est la cible d’une motion de censure déposée par une centaine des 151 députés du Parlement. le vote aura lieu ce vendredi 3 juillet. © AFP PHOTO / RIJASOLO

Pour «transhumance politique», le PDCI ivoirien exclut 17 cadres dont 3 ministres en exercice

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 C’est un nouvel épisode dans la bataille que se livrent depuis des mois le parti d’Henri Konan Bédié à la coalition au pouvoir. Le conseil de discipline du PDCI a exclu temporairement 17 cadres dont trois ministres en exercice pour « transhumance politique ».La décision date du samedi 6 octobre mais on ne l’a apprise que ce mardi. Le ministre de l’Equipement Amédé Kouakou, le ministre des Sports Paulin Danho et le secrétaire d’Etat aux PME Félix Anoblé sont exclus des instances du PDCI, ainsi que 14 autres cadres du parti. En cause, leur proximité ou leur adhésion au RHDP, le parti unifié. Ainsi ces trois membres du gouvernement concourent aux municipales du 13 octobre sous la bannière RHDP, respectivement à Divo, Attécoubé dans l’ouest d’Abidjan et San Pedro.Ils faisaient aussi partie de la quinzaine de ministres du PDCI présents le 16 juillet dernier à l’assemblée constitutive du RHDP. « On ne peut valablement appartenir au PDCI RDA, faire campagne contre ses candidats investis et en même temps être membre du RHDP parti unifié », estime le conseil de discipline et de l’Ordre du Bélier qui dénonce des « cas de transhumance politique avérée » contraires aux statuts.Cette mesure d’exclusion est temporaire, tout comme celle qui a frappé jeudi dernier Kobenan Kouassi Adjoumani et Jérôme N’Guessan. Toujours selon le Conseil de discipline, cette sanction s’applique jusqu’au prochain congrès du PDCI qui statuera sur leur éventuelle exclusion définitive. Congrès extraordinaire convoqué pour lundi prochain à Daoukro. 

Tribune : Qui que puisse être notre Président ! : « Et si c’était nous le problème ! » (Souleymane Ly, communicant)

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Si… Ces hommes et ces femmes qui travaillent avec lui ne comprennent pas que chaque fois qu’ils trébucheront dans leur langage, leurs actes ou leur image c’est son aura lui-même qui sera écorné alors qui que soit le président le peuple sera intolérant. Les histoires de présumés détournements au PRODAC, au COUD, à la Poste…font plus de mal au Président qu’à leurs auteurs et la plus part du temps celui-là à la magistrature suprême les découvrent en même temps que les autres, avec toute la douleur qui l’accompagne. Nos députés doivent prendre la pleine mesure de leur responsabilité et arrêter de nous renvoyer l’image d’un groupe de gens qui ne s’entendent sur rien. Tant qu’on aura dans l’hémicycle des hommes et des femmes qui se chamaillent que pour des positions partisane alors là qui que soit le Président de la république on risque de ne pas s’en sortir. Qui que soit le Président ! On n’avancera pas tant que dans notre pays des hommes de tenues peuvent soutirer de l’argent à des automobilistes sous le regard du présent et du futur de notre nation: les citoyens et les enfants en devenir. Ils ne se cachent plus et c’est maintenant « presque » à tous les ronds-points. Les attestations ne servent plus que pour ceux-là ou celles-là qui ne mettent pas la main à la poche. Quand on entend un chauffeur dire à un homme de tenue « tay duma la jox dara » ou « joxé na ba paré », c’est qu’on a fini d’être atteint. L’on se plaint de l’indiscipline des chauffeurs et de la vétusté des véhicules oubliant qu’il y’a bien un corps préposé à veiller là-dessus. La récente distinction du policier Mouhamadou Diouf dit « Amoul Yakaar » est un pied de nez à tout le corps. Le monsieur est nominé « calebasse d’or 2018 » juste parce qu’il fait bien son travail ; Personne n’ose lui tendre un petit billet. C’est cela qui fait qu’il est extraordinaire ! Quelle farce ! Dans ce pays, maintenant faire correctement le travail pour lequel on est payé est devenu un exploit. Il y’a quelque chose qui ne tourne pas rond ! Restons dans le domaine des transports pour se poser la question de savoir comment toutes ces voitures dites « clandos » (véhicules clandestins) arrivent à circuler tranquillement sur les artères de nos régions sans être inquiétées ? Comment ? D’où est qu’elles tirent leur attestation de visite technique ? Notre pays fait partie des rares pays où l’on peut voir une personne avec un permis de conduire alors qu’il n’a jamais déplacé une voiture d’un point A vers un autre B. Et ce sont ceux-là qui crient sur tous les toits à la corruption alors que dans leur armoire dort un document qu’ils se sont eux-mêmes procurés en payant à prix fort. Qui que soit notre Président Nous risquons de ne pas voir le bout du tunnel, tant que dans nos écoles des jeunes, hommes et filles, y vont que pour faire admirer leur tenue du jour. Les parents eux ne savent plus comment se comportent leurs enfants à l’école. Ils seraient sidérés de constater qu’ils sont nombreux à ne plus faire les cours. Ils se retrouvent dans appartements loués grâce à des cotisations entre eux dans le cercle restreint qu’ils ont fini de former. Ils fument, boivent de l’alcool et commencent même pour certains à toucher à la drogue. La plus grosse clientèle des taximen les jours ouvrables restent nos enfants qui aux heures de cours se débrouillent pour aller prendre le petit déjeuner dans un lieu loin des regards indiscrets. Dans ces mêmes écoles où l’on est censé acquérir du savoir pour servir convenablement le pays, des adultes (professeurs) entretiennent des relations douteuses avec leurs élèves.  Le nombre de grossesses précoces en milieu scolaire est effarant et selon les études sont l’œuvre de ces adultes qui profitent de leur ascendance psychologique sur leurs élèves pour les conduire dans leur lit. Parents, surveillez les emplois du temps de vos enfants ! Les écoles supérieures privées pullulent dans la capitale et commencent même à aller à l’assaut des villes de l’intérieur. Un tour dans ces structures aux heures de pause vous ferait croire que vous êtes dans un fumoir gigantesque pour filles en manque de nicotine. Que dire du niveau devenu très bas de nombre de nos enseignants ? Ils sont un nombre impressionnant à dicter des cours lus dans un cahier bien ancien et pour ne donner aucune explication. Quand le niveau du maitre est douteux, celui de l’élève n’en parlons même pas. Les syndicalistes, eux sont prompts à tirer à boulet rouge sur l’Etat et les formations politiques alors qu’en leur sein on trouve les mêmes maux : aucune démocratie interne (le même secrétaire général depuis plus de 10 ans), aucune transparence dans la gestion (les cotisations sont coupées à la source mais aucun bilan présenté)…. Qui que puisse être notre Président Tant que des sénégalais, continueront à jeter leurs ordures partout, abandonner leurs épaves de voiture à l’angle de la rue, faire déborder leur maison ou leur cantine sur les trottoirs…alors là personne ne pourra bien s’occuper de l’aménagement correct de nos villes. Personne ! Il y’a un engagement citoyen qui doit diriger l’action de tout un chacun. On doit tous identifié les sujets politiques et les autres qui ne doivent pas l’être. Malheureusement tout est politique dans ce pays. Plus rien n’est réellement citoyen. Quand l’on va jusqu’à souhaiter des défaites pour notre équipe nationale pour éviter que le Président en exercice en tire de bons points, alors là on a fini d’être un peuple mystiquement à part. Dans nos structures administratives, tant qu’il y’aura des marchés fictifs avec des produits commandés et jamais livrés parce que le fournisseur a remis de l’argent liquide, ce pays n’avancera pas, quel que soit la vision du Président. La plus part de ces dits marchés sont déjà attribués avant même le lancement. Des fois c’est le même fournisseur qui dépose toutes les factures demandées. Quelle ingéniosité ! Quand on en arrive à huiler (avec de l’argent) le circuit qui permet au trésor public d’entrer en possession de son budget voté par l’Assemblée nationale, alors là il y’a un sérieux problème. Tant que le talibé quel que soit son amour et son dévouement à son marabout, il n’est pas respecté par ce dernier parce qu’il n’a pas sous le boubou une enveloppe bourrée d’argent alors là ça devient de la sorcellerie. Rien d’autre ! L’émergence du pays nous incombe tous dans un élan bien populaire. Pour y arriver, tout le peuple et à l’unanimité doit pouvoir accompagner le Président de la République, qui qu’il soit, dans sa vision et se battre pour être à l’unisson l’acteur de l’émergence de notre pays. Sur certaines questions on peut bien avoir des divergences et c’est qui fait respirer la démocratie mais chacun doit pouvoir se dire qu’il doit être un citoyen modèle. Les Associations sportives doivent jouer pleinement leur rôle d’éducation des masses surtout jeune et arrêter de ne s’intéresser qu’au sport et aux enveloppes distribuer par les parrains. La justice doit elle aussi pouvoir rendre des décisions acceptées de tous ; des décisions tellement bien adossées sur les lois pour éviter d’être contredite par le premier venu. La justice rendue au nom du peuple doit être bien acceptée. Des fois l’on se demande qui écrit nos textes car ils acceptent toutes les interprétations. Ceci dit, il y’a, il faut le reconnaitre, dans ce pays des hommes et des femmes de valeur qui font correctement le travail que l’on attend d’eux. Aidons nous et le ciel nous aidera ! Wa Salam ! Souleymane Ly Spécialiste en communication

Inventaire des idoles : « Ousmane Tanor Diop, éloge de la gratitude » (Par Elgas)

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En 92, une grande et belle fête avait été organisée pour inaugurer le stade Aline Sitoé Diatta de Ziguinchor, en vue de la coupe d’Afrique des nations. Il s’est imposé, très vite, comme l’attraction principale de la ville. Le lieu des joies gratuites, théâtre des empoignades des Navétanes , et fief du mythique Casa Sports. Situé à l’entrée de la cité, flirtant avec le fleuve, le stade était devenu progressivement un carrefour qui « redistribuait l’énergie de la ville » ; passerelle menant au quartier des affaires Escale, lien irriguant ceux populaires de Santhiaba et de Kandé ; berceau annonçant la ville nouvelle de Goumel qu’il contribua à bâtir. Le stade partageait l’habitat avec la gare routière, poumon du trafic. Tout autour, et dans un temps record, le cœur de Ziguinchor battait dans cet endroit subitement surclassé, où même le cimetière catholique d’à côté – autre édifice du lieu – ne refrénait la joie qu’offraient les nouveaux bars, les nouveaux commerces et les longues processions les jours de match. Charme ultime, le stade trempait sa verdure dans le fleuve Casamance qui serpentait, et on y sentait les effluves mêlés de la mangrove et des huitres grillées aux pieds du pont Emile Badiane.

C’est dans les rizières et autres zones marécageuses que la pelouse, curieusement, a été édifiée. Choix cocasse, d’autant plus qu’avec la pluie le stade devenait, chaque hivernage, un champ boueux, impraticable – en théorie – pour le football. C’était sans compter l’ingénierie des joueurs et des équipes, qui avaient réussi à dompter cette limite naturelle, et ainsi, on y rivalisait de technique pour jouer au football. Les coups-francs donnaient alors lieu à des volées remarquables exécutées à deux, l’un qui soulève la balle et l’autre qui shoote ; les dribbles voltigeaient au-dessus des flaques d’eaux ; les tacles rappelaient les tobogans dont les joueurs sortaient tous noirs et ainsi héroïques ; les frappes rusaient en s’aidant de l’effet de glisse sur la pelouse, que dis-je, la terre, trempée. En somme un autre football avait vu le jour, tout aussi admirable, pour mieux éclairer les talents. A l’inverse, à la saison sèche, le terrain était dur, parsemé de touffes de verdure éparses. Le ballon rebondissait au moindre geste. Il exigeait ainsi des joueurs, là aussi, d’élever leur technique, de s’adapter, et d’inventer d’autres ressources, pour contourner l’obstacle.

La pelouse d’Aline Sitoé Diatta, il faut dire qu’Ousmane Tanor Diop la connaît. Lui l’enfant adopté à Ziguinchor, qui fit les beaux jours de l’ASC Réveil, avait usé sa science pour corrompre le terrain. Il avait été le joyau d’une équipe-phare des Navétanes car le Réveil de Boudody, dans ses couleurs jaunes et noires, donnait aux soirées de foot à Ziguinchor, la dimension du spectacle. Avec un club de supporters enfiévrés, des moyens de tapage, la réputation d’une équipe injouable, Le Réveil inspirait à la fois terreur et jalousie. Et Tanor en était le chef d’orchestre, maigre et grandiose. Il n’avait pas joué pour le Casa Sports, en division une, pour sa promotion, il avait préféré céder aux sirènes de Dakar. On lui en voulut peu, comme redevable de ses exploits.

Autant dire que quand Ousmane Tanor Diop, de la Jeanne d’Arc de Dakar vient défier le Casa Sports au début des années 2000 – les dates sont incertaines, j’écris avec la seule force du souvenir – l’enfant prodigue refoule la terre de sa légende. Je ne revois qu’un type frêle, avec une gueule d’ange. Longiligne et gracieux dans son allure. D’un noir uni et luisant, le regard calme, il inspirait une forme de désir de contemplation. Sensible, depuis mon amour pour Zidane, à la grâce sur le terrain, mon intuition allait à lui. Ses jambes étaient fines et musclées. Il était grand. Un sourire bienveillant l’irradiait, rappelant celui de Fadiga dont il partageait quelques traits. Dès l’échauffement, je dois dire que mon œil s’était arrêté sur ce profil. Et la rumeur, transitant par la bouche des anciens et légendaires supporters du Casa Sports, disait de lui le plus grand bien. « Il est trop fort » « Ah ce Tanor, faudra faire attention. », s’échangeaient ainsi ces fans que l’on reconnaît à leur attention religieuse dans les gradins, et à leur générosité en commentaires sur chaque geste. Des milliers de spectateurs s’érigeaient en entraineur et en arbitre, au nom de l’amour.

Le Casa Sports avait perdu ce jour-là. Mais étrangement, une atmosphère de fête, presque de gratitude colorait le moment. Ousmane Tanor Diop avait conquis ce stade, souvent hostile aux hôtes. Mais Tanor avait un statut spécial. L’intuition d’origine s’était transformée, pendant le match, en admiration totale, pour ce grand artiste que le toucher, les courses, le minimalisme, les caresse sur la balle, rendaient si unique. Très souvent, par mégarde, on avait tendance à juger la performance des joueurs par la saleté de leurs maillots, ce qui attesterait d’une vraie débauche physique. Le maillot de Tanor était lui resté immaculé, dans le blanc et le bleu de la Jeanne d’arc. Pas plus qu’un trait de sueur ne venait taquiner son front. Il gardait dans le triomphe, lui qui suscitait cette passion pleine de gratitude, une forme de distance. Il marchait, le regard effacé, presqu’absent. Convertir tout un stade, et jouer sur ce terrain en déployant une technique sobre et généreuse, un sens de l’anticipation, et une inspiration dans le dribble et la passe, me l’avaient rendu absolument fascinant. Sur une pelouse difficile, où le spectaculaire était devenu la condition de l’extase de la foule, il avait réussi à promouvoir le distingué et le racé. Le spectaculaire vous coupe le souffle ; l’art vous le rend. Tanor Diop était la bouffée d’air de cette respiration. Je garde comme un souvenir vague de ce jour, un jour, un moment, de bonheur d’enfance, si reconnaissant à ces nombreuses idoles, méconnues ou peu reconnues, qui m’ont donné envie de jouer au football. Il m’avait appris, tôt, que le football était un jeu, qu’il fallait jouer, d’abord, s’amuser, faire des passes avec complicité. Avec cette nonchalance esthétique en plus, si caractéristique des joueurs-artistes. Peut-être est-ce ça, le talent, entre toutes choses. De l’insouciance, grandement, la part de gosse en nous qui défie, rire aux lèvres, les corsetages des adultes.

J’avais appris ce jour-là, aussi, à m’attarder sur cette tradition au football : les meneurs de jeu, droitiers ou gauchers, avaient une inclination naturelle pour la gauche. Qu’ils s’appellent Zidane, Solari, Rui Costa, Ronaldhino, Cruyff, Okocha ou Tanor Diop, ils penchent à gauche sans jamais délaisser la droite. C’est un équilibre de joaillier, et surtout, une orfèvrerie. Je dois dire que je n’ai plus jamais vu jouer Ousmane Tanor Diop, à mon grand regret. Je me suis intéressé tardivement à sa carrière, sans rien trouver, pas même une notice biographique qui consigne ses exploits. Quelques infos éparses, rien d’autre. Mais il me plaît, pour me consoler, de repenser à cette période où la Jeanne d’Arc et le Jaraaf de Dakar, la Linguère de Saint-Louis, le Casa Sports de Ziguinchor, étaient, entre autres clubs étendards de leur ville, en haut de l’affiche. Le football restait passionnel, même sans argent, sur des pelouses improbables, où battait le pouls de la province. Tanor Diop était le symbole de cette génération, dans les années 90, qui a écrit les plus belles pages d’un roman du foot national, qui hors des compétitions internationales, montrait que le talent n’a pas toujours besoin de lumière pour exister. Les lumières éclairent juste, mais n’illuminent ni n’engendrent le génie. Il peut s’épanouir dans la modestie d’un silence, et vivre sa condition. Jouer aux Navétanes moi-même par tradition familiale, spectateur régulier du Casa Sports, ce sont les pages hebdomadaires d’un récit intérieur que j’ai vécu et que mon souvenir de gosse tente de revivifier dans un devoir de gratitude.

Le problème des terrains est resté irrésolu à l’échelle nationale, du reste. Des synthétiques sont venus soulager et vaincre le charme ancien du stade Aline Sitoé Diatta. Depuis 92, une nouvelle ville a poussé tout à côté, Ziguinchor vit ses joies et ses peines en cycle alterné. Le terrain a changé sa pelouse, mais il soigne les fissures du bâtiment. Le temps soigne des plaies et en ouvre d’autres. L’euphorie de la nouveauté a laissé la place à une forme de lassitude. Mais c’est une conviction qui croît en moi, il faut (re)donner une postérité à ces gloires modestes, à ces carrières oubliées, éléments du fait national, que l’on doit réenchanter. Il en est des joueurs oubliés ou inconnus, de ce ventre mou national, comme des artistes de l’Ucas Jazz Band de Sédhiou et d’autres génies démunis : il faudrait, pour mieux vivre la Téranga, l’assortir avec la Gratitude. Reconnaissance même pour les joies brèves, conscient que l’émotion est inestimable. Une promotion de la création en somme. Le délaissement actuel est l’explication de la dépréciation du fait intérieur. Entre donc ici, Ousmane Tanor Diop, éloge d’une idée de la gauche comme penchant du cœur, mais par-dessus tout, éloge de la gratitude. De la mienne envers toi, au moins.