Co-Nobel de la Paix pour « l’homme qui répare les femmes », le gynécologue congolais Dr Denis Mukwege

Le prix Nobel de la paix 2018 a été décerné, ce vendredi 5 octobre, à deux lauréats : le gynécologue congolais Denis Mukwege et l’activiste yézidie Nadia Mourad. Ils sont récompensés pour leur combat contre les viols de guerre.  Tous deux ont dédié leur prix aux centaines de milliers de femmes victimes de violences sexuelles dans les conflits. Kinshasa salue cette distinction.

Le Dr Denis Mukwege a appris vendredi 5 octobre qu’il était co-lauréat du prix Nobel de la paix 2018 dans la salle d’opération de sa clinique de Panzi où la nouvelle a été accueillie avec grande fierté comme dans le reste de la République démocratique du Congo. L’annonce du comité Nobel a été accueillie par des youyous à l’hôpital de Panzi.
C’est une ambiance de folie, beaucoup de joie et de soulagement. Ça vient à un moment critique pour notre pays, Un moment où il y a beaucoup de viols de masse, de tueries.
Docteur Rheema Rukumghu, gynécologue depuis dix ans à l’hôpital Panzi de Bukavu, l’hôpital du docteur Mukwege.
Le nouveau prix Nobel de la paix s’est exprimé devant des milliers de survivantes des viols et violences sexuelles au Sud-Kivu. Habillé en blouse blanche avec un grand sourire aux lèvres et visiblement satisfait, il était accompagné de sa femme. Et au lieu de se mettre à la tribune réservée pour cette occasion, le docteur Denis Mukwege s’est placé au milieu de ces survivantes pour s’exprimer. Et quand il a ouvert sa bouche, sa première phrase c’était tout simplement : « J’ai la joie, car le monde reconnaît les combats que nous menons depuis tout ce temps en faveur des femmes victimes, actuellement survivantes de viols et violences sexuelles en République démocratique du Congo ».Il a aussi ajouté : « Comme notre combat est reconnu, nous demandons maintenant une réparation ». Car selon lui, il ne suffit pas seulement de reconnaître son combat, mais aussi il faut une réparation en faveur de ces victimes de viols et violence sexuelles en République démocratique du Congo, particulièrement dans l’est du pays.
Kinshasa « félicite » le Dr MukwegePar la voix de son porte-parole Lambert Mende, le gouvernement congolais a également félicité le Dr. Mugwege, malgré ses prises de position radicales contre le président Joseph Kabila.
Cette distinction honore non seulement tous ceux qui travaillent avec lui mais aussi toute la République démocratique du Congo qui a continué aussi d’ailleurs à souffrir de ces violences imposées à nos sœurs, à nos femmes, à nos filles et nous lesquelles nous sommes tous mobilisés aujourd’hui, que ce soit au niveau des médecins comme lui, au niveau des politiques, au niveau de l’armée, qui continuent à se battre contre les groupes armés qui ont transformé cette partie de la République dans une sorte d’enfer où les violences sexuelles deviennent une sorte d’arme de guerre. Nous sommes vraiment honorés par cette marque de distinction du comité Nobel d’Oslo.
Lambert Mende, porte-parole du gouvernement: «Cette distinction honore la RDC».
En 2016 en effet, face à l’absence d’élections comme prévu par la Constitution, il avait appelé à une transition sans le président Joseph Kabila. Plus récemment, en juillet dernier, Denis Mukwege avait émis des doutes sur la fiabilité des élections qui doivent se tenir le 23 décembre prochain. Mais lui-même a toujours démenti vouloir faire de la politique. Il se définit plutôt comme un citoyen engagé.Pour Martin Fayulu, candidat de l’opposition à la présidentielle, l’espoir c’est que ce prix Nobel de la paix donne de la visibilité à son combat de médecin mais aussi, justement, à ses combats de citoyens. Et notamment aux critiques qu’il a récemment formulées sur l’organisation des élections.
Félicitation au docteur d’avoir mis sa voix parce que sa voix n’est pas la voix de n’importe qui. Et ce prix Nobel a encore donné de la force à sa voix.
Une reconnaissance difficileSon engagement lui a en tout cas valu d’être menacé à plusieurs reprises. En octobre 2012, le Dr Mukwege est victime d’une agression alors qu’il rentre chez lui en plein centre de Bukavu. Son gardien est abattu à bout portant, sa voiture est incendiée. Le médecin, lui, est ligoté, avant que les gens du quartier ne se portent à son secours. Depuis, dans le Sud-Kivu, le Dr Mukwege ne se déplace plus que sous la garde de casques bleus. Une protection dont n’a pas pu bénéficier l’un de ses proches collaborateurs, le Dr Gildo Byamungu, assassiné en avril 2017 par trois balles dans le corps. Le médecin avait été formé par le Dr Mukwege.Denis Mukwege n’est pas un habitué de la capitale. Il y a encore quelques années, il n’était pas très connu à Kinshasa. Les nombreux prix glanés à travers le monde, son plaidoyer en faveur des femmes violées dans l’est de la RDC, son engagement citoyen et surtout son positionnement contre les dirigeants congolais actuels, ont boosté sa popularité à Kinshasa. Mais vendredi, les Kinois interrogés sont contents de l’attribution du prix Nobel de la Paix à Denis Mukwege. Ils ressentent de la fierté pour celui qu’on surnomme l’homme qui répare les femmes.

Eric Zemmour égrène son chapelet en conférence : «C’est la conscience de l’islam qui a créé l’Europe»

L’écrivain et polémiste français était invité à Genève mercredi soir. Face à l’avocat genevois Marc Bonnant, il s’est illustré par ses saillies contre la déconstruction de l’histoire de France.

On aurait pu s’attendre au pire – caillassages d’extrême gauche, dérapages racistes ou plaisanteries déplacées sur les «minorités visibles». Mais le dîner-débat qui a réuni Eric Zemmour, Marc Bonnant et une centaine de convives, mercredi soir à Genève, s’est résumé à un exposé courtois sur l’histoire de France et le démontage des mythes nationaux par les historiens d’aujourd’hui.«On invente un passé pour correspondre à la nouvelle population» – issue en partie de l’immigration –, a critiqué Eric Zemmour, auteur controversé d’ouvrages comme Le suicide français et Destin français (parus chez Albin Michel).
« Même la Révolution française est mal vue car trop blanche, trop masculine, on a guillotiné des femmes »
Eric Zemmour
Exemple avec la bataille de Poitiers en 732, qui vit Charles Martel écraser les armées arabes. Un acte prétendument fondateur de la nation française et de l’Europe chrétienne, dont l’importance est aujourd’hui relativisée. «Il faut dire que ce n’est rien parce que justement c’est tout, c’est essentiel», dénonce Eric Zemmour. Qui ose cet étonnant paradoxe: c’est à cause de l’islam que l’idée même d’Europe a pu naître

Une vague qui fait émerger l’Europe

Avant la conquête arabe en effet, l’homme du VIIIe siècle vit encore dans la représentation antique du monde, centrée autour de la Méditerranée. Il n’a pas compris que l’Empire romain qui englobait ses pourtours est mort à jamais. C’est seulement quand la vague musulmane emporte sa rive sud que l’Europe peut émerger – une Europe forcément chrétienne, affirme Eric Zemmour.Selon l’écrivain, «même la Révolution française est aujourd’hui mal vue» par un révisionnisme historique voué au politiquement correct. Car elle est «trop blanche, trop masculine, on a guillotiné des femmes», persifle-t-il.

Evangile monstrueux

La France d’aujourd’hui, complète Marc Bonnant, vit sous l’emprise d’un «évangile monstrueux»: «On est obligé d’aimer l’autre [l’étranger, le migrant], la colère est interdite.»Travaillée par la «haine de soi» et la «détestation de ce qu’on est devenu» depuis la défaite de Napoléon en 1815, conclut Eric Zemmour, la France oscillerait depuis d’une guerre civile à l’autre: la Commune, les résistants contre les collabos, l’Algérie… Jusqu’à la «guerre des mots» qui opposerait aujourd’hui ce chantre de l’identité française à ses détracteurs.Sur les contours d’une inéluctable guerre civile future (dont on comprend vaguement qu’elle opposerait les quartiers à forte densité migratoire au reste du pays), et surtout les moyens de l’empêcher, les deux orateurs se sont montrés très vagues. Apparemment comblé par le débat, le public réuni par l’association Convergences – assez mélangé et pas forcément très politisé – a dû, sur ce point, repartir perplexe, dans la nuit.

Visite à l’UCAD : Macky, veni, vidi. Vici ?

Devant Macky Sall à l’UCAD hier, les étudiants ont demandé hier justice pour Fallou Sène. Macky y inaugurait de nouveaux dortoirs pour cette historique université publique Cheikh Anta Diop de Dakar, ce jeudi 4 octobre. En 2015, Macky Sall avait été accueilli par des jets de pierre. Et il y a six mois, le campus s’embrasait après la mort d’un étudiant à Saint-Louis, tué par les forces de l’ordre. A six mois de la présidentielle, cette visite s’est donc transformée en tribune politique.

« Même quand on jette des pierres, il y a moins de sécurité ». La petite phrase est d’un étudiant tenu à bonne distance de la cérémonie officielle.

A son arrivée, Macky Sall souriant est accueilli par les représentants étudiants. « C’est avec émotion que je me retrouve de nouveau parmi vous », déclare-t-il au micro.

Le chef de l’Etat visite un nouveau dortoir. Il y a en six en tout. Quatre mille nouveaux lits, six par chambres. Des investissements qui montent à 10 000 le nombre de places disponibles à la fac.

Les étudiants saluent ce geste, mais à la tribune, c’est bien la mort de Fallou Sène qui est évoqué par Doudou Diouf. « Les forces de l’ordre nous repoussent jusqu’à notre dernier retranchement pour nous ôter la vie. Il faut que le cancer se soigne, maintenant », lance-t-il.

Macky Sall avait promis une enquête rapide, mais pour le moment, rien n’a fuité sur la mort de Fallou Sène. Et le chef de l’Etat a rappelé que seule la justice pouvait trancher. « Je suis très sensible à votre message sur la justice, bien sûr. Bien sûr que la justice devra s’exprimer, s’exercer. Mais par ceux qui en ont la charge, pas par vous, étudiants, ou par nous, du gouvernement », a-t-il précisé.

Ovationné par une foule visiblement conquise, Macky Sall a en tout cas réussi son pari : revenir à l’université pour réaffirmer son autorité présidentielle.

Présidentielle : Wade excommunie Madické du PDS et réclame sa tête comme président du groupe parlementaire d’opposition

La réponse du berger Wade à la bergère Madické ne s’est pas fait attendre, suite à la décision de ce dernier d’être candidat aux votes des brebis du PDS. Comme attendu et comme de bien entendu, Abdoulaye Wade s’oppose derechef à la candidature présidentielle de Madické Niang à l’intérieur du Pds. Il l’assimile à une «candidature de collusion, une candidature téléguidée par Macky Sall qui cherche  désespérément, et par tous moyens, un second mandat que les Sénégalais ne sont pas prêts à lui accorder».Considérant que l’ancien ministre de la Justice «vient (ainsi) de franchir le Rubicon», l’ancien chef de l’État a demandé aux instances compétentes de son parti de retirer à Madické Niang la présidence du groupe parlementaire Liberté et Démocratie, tout en consentant à lui laisser son poste de député, car « c’est une personnalité importante.  Voici l’intégralité du communiqué de Wade.LE COMMUNIQUÉ DE WADE«Maître Madické Niang vient de franchir le Rubicon en faisant une déclaration publique annonçant sa candidature à l’élection du président de la République. Lorsqu’il est venu me voir récemment avec un compatriote, je lui avais pourtant dit que je me devais de le conseiller pour le protéger de toute mésaventure. Je lui ai exprimé fraternellement mon opposition totale à son projet qui m’apparaissait suicidaire car, la seule chose qui pourrait le sauver, s’il se présente, ce n’est même pas de faire un bon score mais de gagner, ce qui suppose  qu’au premier tour et au second, il se place devant Karim Wade, Pape Diop, Khalifa Sall, Mackcy Sall, Mamadou Lamine Diallo, Abdoul Mbaye, Ousmane Sonko etc., bref devant tout le monde.S’il ne gagne pas, sa candidature de ‘’substitution’’ n’aura été,  en fait, qu’une candidature de diversion destinée à aider Macky Sall en détournant certaines voix acquises au PDS et à Karim Wade. Objectivement, c’est une candidature de collusion, une candidature téléguidée par Macky Sall qui cherche  désespérément, et par tous moyens, un second mandat que les Sénégalais ne sont pas prêts à lui accorder. Il faut croire que les pressions qu’exerce Macky Sall sur Madické Niang sont irrépressibles au point que notre ami accepte le suicide politique. Je n’ai pas manqué de lui demander ce qu’il ferait s’il ne gagnait pas puisqu’il n’avait pas d’autre alternative. Il m’a répondu calmement : «J’abandonnerai la politique» !Le Parti démocratique sénégalais (PDS) informe aussi bien l’opinion publique nationale qu’internationale, et rappelle qu’un congrès régulièrement tenu le 21 mars 2015 avait pris la décision de proposer et de soutenir la candidature de Karim Wade à la prochaine élection présidentielle. Madické Niang avait participé pleinement à ces assises, occupant même une position de pointe. Le Congrès, connaissant la position intransigeante de Macky Sall, avait décidé que si, par ses manigances et intrigues, il empêchait notre candidat de se présenter, il n’y aurait pas d’élection présidentielle au Sénégal.Dans ces conditions, aucune autre candidature de quelque bord qu’elle provienne, ne saurait ni être soutenue, ni engager le PDS. Au demeurant toute candidature en dehors du parti ou tout soutien apporté à un candidat autre que celui régulièrement désigné par les instances du parti constitue un cas d’indiscipline majeure et d’incompatibilité flagrante entraînant la perte de qualité de membre par démission de fait, en application des articles 4 et 5 de ses statuts.Bien que la jurisprudence ne soit jamais démentie sur le traitement à infliger aux députés qui quittent délibérément le parti ou en sont exclus, le secrétaire général national du PDS va demander au Parti de laisser à Madické Niang son poste de député, comme il l’avait fait pour Iba der Thiam parce qu’il était une personnalité, mais qu’on lui retire la présidence du Groupe parlementaire.À la suite des élections législatives marquées par un indescriptible chaos du fait des fraudes massives, et à la suite des manipulations de la Constitution et du fichier électoral, le PDS avait pris la décision irrévocable d’écarter toute candidature alternative ou de substitution.Ni le PDS, ni son secrétaire général national ne cautionne une candidature solitaire au moment même où les Sénégalais font preuve de détermination pour sauver notre modèle de démocratie que des mains inexpertes et sans vertu sont en train de transformer en système autoritaire et violent.»Me Abdoulaye Wade,secrétaire général national

Présidentielle : La Sococim « jenggu » et « fippu » pour que son PCA, le candidat Boubacar Camara, la mette à l’aise en démissionnant

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POLITIQUES – La situation n’était pas tenable pour la Sococim, vieille maison qui dépend des marchés de l’État pour vivre. Elle ne pouvait se permettre d’avoir pour encore 6 mois un PCA dont l’ambition est de remplacer l’actuel Président Macky Sall. L’ex enfant de troupes Boubacar Camara a donc été invité à démissionner de son poste de président du Conseil d’administration de Sococim. Ce qu’il a fait.

L’ancien directeur des Douanes et secrétaire général du ministère de Karim Wade, Boubacar Camara, candidat du mouvement Jenggu et du pôle Fippu, aura désormais toute latitude de cimenter sa candidature pour la présidentielle de février 2019, « mettant à l’aise » le groupe Vicat, propriétaire de Sococim.

Plan M (comme Mouride ? ), Madické Niang se déclare candidat à la présidentielle. ‘Wade’ and see !

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POLITIQUES – Madické Niang candidat ! Après ses contorsions épistolaires en direction d’Abdoulaye Wade , il y a deux semaines. Naturellement, Madické fera l’objet d’une très prochaine procédure d’exclusion du Pds par Abdoulaye Wade, mangeur de dauphins, qui a décidé d’empêcher – vain projet – la tenue de la présidentielle de février 2019 dans le cas où le plan A et non moins fils Wade, Karim Meissa, est condamné à rester un candidat épistolaire à la candidature.Ce qui sera le cas.

Madické Niang, que Tract.sn affectionne d’appeller Ma Dické pour son indolence toute saint-louisienne, est donc officiellement candidat à la succession de Macky Sall en 2019. Il a annoncé sa candidature tout en prévenant qu’il ne changeait pas de camp pour autant. « C’est ce qu’on verra », doit maugréer Wade père, dans sa barbe qu’il n’a pas.

« Je réaffirme mon appartenance au Pds et pour qu’il continue à jouer un rôle de premier plan sur l’échiquier politique et dans la marche du pays, j’ai décidé de me présenter à l’élection présidentielle pour assumer une candidature alternative de notre parti », a lancé le président du groupe parlementaire Liberté et Démocratie dans un communiqué.

L’ancien ministre de la Justice a tenu à préciser qu’avant de rendre publique sa décision, il en a informé Wade dans une lettre en date du 2 octobre.  Qu’il est « très peiné par la position consistant à ne pas envisager une option alternative », après la confirmation, par la Cour suprême, du rejet de l’inscription de Karim Wade sur les listes électorales. On comprend que Madické, qui a hébergé plusieurs fois Abdoulaye Wade revenu à la vie civile dans sa villa de Fann, et qui a vu l’ancien Président en robe de chambre et en sandales, daff ko miin. Il n’a donc pas eu besoin de prendre son courage à deux mains pour affronter le Secrétaire général national du PDS.

Il est candidat, d’autant que, croit-il savoir, « le moment est plus que jamais favorable pour le Pds et ses alliés de reconquérir la confiance des Sénégalais et d’abréger leurs souffrances ». Madické le pourra-il au nom du PDS ? Wade and see….

Franklin Ndifor, un pasteur évangéliste « azimuté » candidat à la présidentielle camerounaise

LES AFRIQUES – Ancien ingénieur informatique devenu pasteur charismatique, ce protestant évangéliste veut désormais conquérir la présidence de la République le 7 octobre, avec pour objectif de « délivrer le Cameroun ». Portrait.

Totalement inconnu du grand public lors de l’annonce des candidatures retenues pour la présidentielle camerounaise, Franklin Afanwi Ndifor, leader du Mouvement citoyen national du Cameroun (MCNC), attise la curiosité. Ce pasteur de 39 ans, qualifié par les médias d’« invité surprise de la présidentielle », assume son statut. Considérant sa faible notoriété comme « un atout », il promet de faire une campagne « originale », dans un format « que les Camerounais n’ont jamais vu et dont ils se souviendront ».

C’est au siège de son église, située au quartier Bonabéri, dans la banlieue de Douala, que nous avons rencontré ce politicien atypique. Sur plusieurs hectares de terrain jouxtant les eaux marécageuses de la sortie Ouest de la capitale économique du Cameroun, les bâtiments du Kingship International Ministries ont fière allure. Un empire religieux « bâti par [s]es soins » il y a huit ans. « Ici, nous avons une salle de culte de 5 000 places, un réfectoire, une vingtaine de chambres pour les visiteurs. […] Nous envisageons cependant de démolir tout cela pour reconstruire un temple bien plus grand dans un futur proche », indiqu l’un des « fils spirituels » du pasteur, qui s’improvise guide.

Vocation religieuse

C’est au milieu des années 2000 que Franklin Afanwi Ndifor se découvre une vocation de religieux. Peu de temps après avoir achevé des études en informatique et en télécommunication, il se lance dans des prêches auprès des pasteurs de Douala. Il prétend avoir reçu « un appel de Dieu », ce qui le pousse à créer, en août 2010, le Kingship International Ministries : une église prospère qui compterait à ce jour plusieurs milliers de fidèles et des représentations dans différentes villes du pays, notamment à Yaoundé et Bamenda.

À l’image de son célèbre homologue nigérian Temitope Balogun Joshua (T. B. Joshua), le pasteur camerounais possède sa propre chaîne de télévision et envisage d’internationaliser son action. Des ambitions qui passent aussi par la présidence du Cameroun, une fonction qui lui permettra de « transmettre la bonne nouvelle à l’ensemble du pays ».

Je viens de la communauté de la vérité

Engagement politique

Franklin Afanwi Ndifor se défend cependant de tout engagement politique au sens traditionnel. « Je ne suis pas un politicien, je viens de la communauté de la vérité », explique-t-il à JA. Son parti, créé en mai 2018, doit sa naissance à un autre « appel divin ». « Le Seigneur m’a confié une mission : délivrer le Cameroun. Et pour le faire à l’échelle nationale, quoi de plus approprié que de passer par le sommet du pays ? », justifie-t-il aujourd’hui.

Bien qu’il estime que « tout pouvoir vient de Dieu », Franklin Afanwi Ndifor pense que Paul Biya, candidat à sa propre succession, n’est plus habilité à diriger le Cameroun. « Il a certes reçu son pouvoir de Dieu, mais sa mission a été interrompue lorsqu’il a ouvert la porte au démon. Vous vous imaginez, dans notre pays, que le président reçoive les dirigeants des sectes ouvertement ! Il est temps de faire partir les ténèbres et de faire régner la vérité », affirme le candidat, qui confie avoir demandé plusieurs audiences au président Paul Biya, en vain.

Équipe de campagne

Pour conquérir la magistrature suprême, Franklin Afanwi Ndifor s’est entouré de ses fidèles les plus engagés. Une équipe d’anonymes, pour la plupart, mais avec à sa tête Jean Monthe Nkouobite, un ancien député du Social Democratic Front (SDF, opposition). Il y a également greffé un habitué des plateaux de télévision du pays, le journaliste Sam Séverin Ango, désormais en charge de sa communication.

Son programme comprend des projets jadis développées par l’ancien député Jean Monthe Nkouobite, notamment en ce qui concerne l’éducation. « Nous avons un accord de gouvernement qui se résume en trois points : une école efficace pour former les ressources humaines nécessaires au développement du pays ; un système de santé performant, accessible à tous, et enfin la sécurité dans le secteur du travail », explique-t-il. Des sujets pourtant relégués au second plan dans son discours, puisque la priorité de Franklin Ndifor est surtout « le retour de la vérité dans la gestion du pays ».

Un concept à propos duquel il se montre très peu disert, contrairement à ses adeptes : « C’est le mensonge qui est à l’origine de tous les problèmes du Cameroun, et il faut qu’on en sorte. […] Ce n’est pas normal que des gens défilent avec des armes le 20 mai [jour de la fête nationale, ndlr]. Nous voulons la paix. Une fois au pouvoir, ce jour sera dédié à la délivrance nationale. Nous allons prier pour les ministres et aussi pour le pays. Et rassurez-vous, notre armée sera plus forte qu’elle ne l’a jamais été », révèle l’une des membres de son équipe de campagne.

Franklin Afanwi Ndifor a très peu de chance face au candidat du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) et à côté des sept autres candidats de l’opposition. Il n’a cependant aucun doute quant à sa victoire. Ses supporters y croient d’avantage, promettant « une surprise » au soir du 7 octobre.

Avec JA

RFM : El Hadj Assane Gueye, maître de la langue de Kocc Barma, nommé directeur

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MÉDIAS – Youssou Ndour, le tycoon des médias, a jeté son dévolu sur Assane Guèye, pour prendre les commandes de la radio du Groupe Futurs Médias, à la rue 15 angle corniche de la Médina. Le natif de Thiès, connu pour ses journaux et émissions en langue wolof, dans laquelle il excelle, est aux commandes de la radio l’immeuble Elimane Ndour. Après la défection d’Antoine Diouf, il restait dans la compétition Assane Guèye, animateur de Yon-wi et Babacar Fall, monsieur de RFM-matin de la radio. El Hadj Assane Gueye leur a soufflé la mise.

Parcelles (de dignité? ): le Maire Moussa Sy officiellement « Mackysard » pour la présidentielle

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Il y a trois jours, suite au divorce d’avec Khalifa du maire des Parcelles, Tract.sn analysait que Moussa Sy allait jeter les Parcelles Assainies qu’il administre, dans les bras de Macky Sall. Titre qui avait fait pousser des cris d’orfraies à la section chine de l’APR, parti au pouvoir, qui dénonçait : « Un titre provocateur et est de très mauvaise foi. Je me demande si l’auteur est réellement journaliste ou simplement partisan ??? ». Hé bien, nous sommes à Tract des journalistes, même si nous assumons nos engagements ideologiques : Moussa Sy est bien désormais dans le Macky.

C’est officiel donc ! Moussa Sy, candidat malheureux au poste de Maire de Dakar, soutient le président de la République Macky Sall à l’élection présidentielle de février 2019. Il a fait la révélation  qui ne surprend personne, dans un communiqué de presse.

Le maire des Parcelles Assainies avait déjà annoncé la couleur. D’autant qu’il a révélé que cela faisait un an qu’il ne participait plus aux activités de « Initiative 2017 » et que sa candidature à la maire de Dakar n’était que pour confirmer son divorce avec Khalifa Sall.

Ce 2 octobre, Moussa Sy a définitivement tourné le dos à Khalifa Sall en rejoignant la mouvance présidentielle. « L’appel national pour la citoyenneté (ANC) a décidé souverainement, après mûre réflexion, de soutenir la candidature à un deuxième mandat présidentiel du candidat Macky Sall », a déclaré Moussa Sy. Mieux, il appelle tous ses membres et sympathisants à participer activement et massivement à la campagne de collecte de signatures pour le parrainage du candidat Macky Sall.

A l’en croire, ce choix sera confirmé à l’occasion du congrès de mise en place des instances qui aura lieu au mois de novembre prochain.

Le baron socialiste de Diourbel et maire de Ndoulo, Kany Bèye, n’y est pas allé dans le dos de la cuillère sur cette transhumance de Moussa Sy. Le maire des Parcelles Assainies, au lendemain de son divorce avec Khalifa Sall a déclaré son intention de soutenir Macky Sall pour un second mandat présidentiel. Une décision qui n’étonne pas, selon Kany Bèye. « En vérité, Moussa Sy n’a fait que confirmer ce que tout le monde pensait de sa petite personne.

Nous n’avons jamais eu entière confiance en certains avec qui nous cheminons, et Moussa Sy fait partie de ce lot. La trahison est encrée dans l’ADN de Moussa Sy et des énergumènes de son espèce », décrète-t-il. Kany Bèye poursuit : « Ce qui fait qu’on n’est nullement surpris par son attitude, c’est que Moussa Sy a quasiment parcouru toutes les formations politiques de ce pays.

Il a trahi Abdoulaye Wade, il vient de trahir Khalifa Sall, et demain il en fera de même pour Macky Sall. Heureusement, les sénégalais sauront ce genre de politiciens qui ne roulent que pour des intérêts ». Il ajoute : « Quand Moussa Sy dit avoir présenté sa candidature à la mairie de Dakar pour montrer qu’il se séparait de Khalifa Sall, c’est juste des histoires parce qu’il avait des moyens et voies plus simples pour le faire. Le malheur dans ce pays, c’est qu’on a des politicards indignes, sans aucune dose de vergogne. Moussa Sy devrait avoir honte devant les sénégalais ».

Pas une parcelle de dignité, Moussa Sy ? Fermez le ban.

Groupe Futur Médias : DJ Boubs buubna ay bagaassam !

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MÉDIAS – Le voile est levé. Du moins si l’on s’en réfère à El Hadji Assane Guèye, nouvellement nommé directeur de la Radio futurs médias (Rfm). Dans un entretien, le successeur d’Alassane Samba Diop a confirmé le départ de Dj Boubs du Groupe futurs médias (Gfm). Implicitement. Peut-être sans le vouloir.

Questionné sur la stratégie qu’il compte mettre en place pour combler les départs en cascade enregistrés dans le groupe de Youssou Ndour, Assane Guèye lâche : « Ce ne sera pas facile. Je ne vais  pas faire dans la langue de bois et dire : ‘ku dem baxna’. Non ! Quand on perd des journalistes comme Mamoudou, Alassane Samba Diop, Migui Maram Ndiaye, Adama Anouchka Bâ, le technicien Saliou Dème, Boubacar Diallo, qui est une icône dans ce qu’il fait, on ne peut pas dire qu’il n’y a pas de problème. »

Boubacar Diallo alias Dj Boubs est donc dans le lot des partants. Récemment, face à la persistance de la rumeur de l’imminence de son départ de Gfm, l’animateur a donné rendez-vous « dans les prochains jours » pour éclairer l’opinion. De toute évidence,  Assane Guèye vient de lever le voile avant l’heure.