Bataille juridique en France : Un musulman peut-il se faire incinérer ?

L’incinération, le 6 août à Limoges, d’un Marocain a provoqué une bataille juridique entre sa compagne française et sa famille marocaine.

Cette dernière a contesté – jusque devant les tribunaux – le choix de la crémation au nom de la religion musulmane.

L’organisation à Limoges des funérailles de ce ressortissant marocain, décédé fin juillet des suites d’une piqûre de frelon, a donné lieu à une bataille juridique entre sa compagne française, soutenue par ses enfants, et sa famille marocaine (son frère, sa sœur et sa mère). C’est ce que rapportait le lundi 6 août le quotidien régional limousin Le Populaire du centre.

Ce charpentier n’avait laissé aucune dernière volonté par écrit mais, selon sa compagne, il souhaitait être incinéré. Sa famille marocaine, quant à elle, assure qu’il n’avait rien dit de tel et devait donc être inhumé, comme tout musulman… même s’il n’était pas pratiquant.

Ce désaccord a été porté deux fois, début août, devant la justice : au tribunal d’instance, puis auprès de la cour d’appel de Limoges. À deux reprises, la justice a rejeté la plainte.

Douloureuse, cette histoire soulève la question des pratiques funéraires dans l’islam : l’incinération est-elle autorisée pour un musulman ? Ou si non, pourquoi ?

L’inhumation, une pratique enseignée par Dieu

« Pour quelqu’un qui souhaite pratiquer l’islam, il est hors de question d’opter pour l’incinération », tranche Abdessalem Souiki, imam à Marseille. « Si c’était la volonté de cet homme, il fallait la respecter. Mais alors je ne pense pas qu’il se considérait encore musulman… Depuis vingt-six ans que je suis imam en France, je n’ai jamais vu un fidèle demander à être incinéré. Quelqu’un qui meurt en pratiquant ne va pas finir sa vie par une infraction pareille. »

Si le discours majoritaire actuel est largement défavorable à la crémation, c’est parce qu’elle va à l’encontre d’une pratique que les musulmans considèrent « enseignée par Dieu lui-même » : l’inhumation. Dans la cinquième sourate du Coran, après le meurtre d’Abel par son frère Caïn, Dieu envoie en effet un corbeau pour enseigner au meurtrier la bonne pratique funéraire. « Dieu envoya un corbeau qui se mit à fouiller la terre pour lui montrer comment cacher l’intimité du cadavre de son frère », indique le verset 5:31.

Peu de précisions

En dehors de cette obligation d’inhumer les morts, le Coran donne en revanche peu de détails quant à la marche à suivre : toilette funéraire, embaumement, etc. « La seule obligation est la mise sous terre de la personne », explique Abdessalem Souiki. Tout le reste est accessoire. »

Candidat à la présidentielle, Atepa investira des dizaines de millions dans le Casa Sports

Décision opportuniste et calcul politicien d’un candidat déclaré à la présidentielle ? Ou oreille attentive à l’appel du terroir et patriotisme économique ? En tous les cas, Pierre Goudiaby Atepa, à travers son entreprise « Atepa Technologies »,  va devenir l’actionnaire majoritaire du Casa Sports de Ziguinchor (élite sénégalaise) avec 60 % des parts, a révélé le secrétaire général du club, Siaka Bodian.

« Mandat a été donné au président du club, Seydou Sané, de finaliser le protocole d’accord liant le Casa Sports à Atépa technologies », a-t-il dit .
Atepa technologies va détenir 60% des actions et va injecter chaque année près 200 millions de francs CFA ou plus.
Le groupe « Atepa technologies » s’investit dans plusieurs activités dont l’architecture, la finance, l’énergie, les mines, l’industrie, l’agro-business.
Le Casa Sports qui tiendra son Assemblée général le 22 septembre prochain est un des clubs les plus populaires du Sénégal avec une base affective. Toutefois l’équipe fanion de la Casamance traverse une crise depuis deux ans sur le plan des résultats.
La saison dernière, le club de Ziguinchor a lutté jusqu’à la dernière journée pour le maintien.
Depuis quelques années, la nouvelle équipe dirigeante cherche à moderniser le club en multipliant des partenariats.
Le Casa Sports a été champion du Sénégal en 2012 et a remporté la Coupe du Sénégal à deux reprises 1979 et 2011.

Marche : RFI se demande jusqu’à quand tiendra « l’unité de façade » de l’opposition

POLITIQUES – L’opposition a donc effectué une marche dans la banlieue dakaroise ce week-end, dans le cadre de son front national de résistance, FNR. A sept mois de l’élection présidentielle sénégalaise l’opposition, réunie au sein du Front de résistance nationale, a opté pour la stratégie de la rue pour faire pression sur le régime de Macky Sall. On ne sait toujours pas si deux des principaux candidats de l’opposition, Karim Wade et Khalifa Sall, pourront participer au scrutin de février 2019.

« Macky Sall et son régime sont déterminés à confisquer les élections ». Ce sont les mots de Mamadou Lamine Diallo, leader du mouvement Tekki et membre du front de résistance nationale. Depuis début 2018, c’est la 4e fois que l’opposition investit la rue. Et toujours avec le même message: il faut revoir le processus électoral.

L’opposition multiplie les initiatives pour faire valoir ses revendications, montrer qu’elle a encore du poids. En plus d’occuper la rue, les leaders du front de résistance nationale ont rencontré plusieurs chancelleries européennes, ainsi que les autorités religieuses.

Mais, selon RFI dans un élément sonore ce lundi 13 août, à sept mois de la présidentielle, aucun projet politique, aucune alternative ne se dégage réellement. Pas question non plus de présenter un candidat unique, les individualités sont trop fortes.

Karim Wade, Khalifa Sall, ou encore Ousmane Sonko, ancien fonctionnaire et nouveau-né de la politique. Sans compter tous les autres candidats déjà déclarés : Guirassy, Hadjibou, Samuel Sarr, Mame Adama Gueye, Malick Gackou, Pape Diop, Macky Sall, Idrissa Seck, Aïda Mbodj, Abdoulaye Baldé, Bougane Guéye…. Ou plus précisément, des « candidats à la candidature », puisqu’il leur faudra tous passer le filtre des 58.000 à 65.000 parrainages.

En conclusion, RFI pose la question : : »Reste à savoir jusqu’à quand cette unité de l’opposition, que certains qualifient de façade, tiendra ». Et livre son analyse du rapport de force : « En face, le camp de Macky Sall, très structuré, est déjà sur le terrain pour défendre son bilan ».

Livre : Son ex conseillère Omarosa soutient que Trump est raciste et utilise le mot « Nègre »

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Omarosa Manigault Newman, ancienne conseillère en communication à la Maison Blanche, auteur d’un livre à paraître ce mardi 14 août sur son expérience sous la présidence de Donald Trump, a diffusé dimanche un enregistrement classé secret de son licenciement par le chef de cabinet. « C’est une Maison Blanche dans laquelle tout le monde ment », a affirmé l’ancienne haute conseillère noire, Omarosa Manigault Newman, chargée du « Bureau des relations publiques » jusqu’en janvier dernier, pour justifier sa décision de rendre public son entretien avec John Kelly dans la salle de crise de la Maison Blanche – en violation des protocoles de sécurité- – et ses conversations enregistrées avec Donald Trump.

La Situation Room, la salle de gestion des crises, située au sous-sol du siège de la présidence américaine, est ultra-sécurisée et les appareils électroniques y sont interdits. « Problèmes d’intégrité » Dans cet enregistrement effectué en 2017, selon l’ancienne conseillère, une voix qui serait celle de M. Kelly – le secrétaire général de la Maison Blanche -, invoque des « problèmes d’intégrité importants » pour justifier son licenciement.

« Ils me conduisent dans la salle de crise, les portes sont verrouillées, ils me disent que je ne peux pas en partir et ils commencent à me menacer, à me faire peur, à me contraindre », a raconté Omarosa Manigault Newman dans une interview à la chaîne de télévision NBC qui a présenté l’enregistrement. « Je me suis protégée car c’est une Maison Blanche dans laquelle tout le monde ment.

Le président ment au peuple américain, (la porte-parole) Sarah Sanders se tient devant le pays et ment tous les jours. Il faut se protéger tout seul sinon tu risques de recevoir 17 coups de couteau dans le dos », a déclaré cette ancienne candidate de l’émission de télé-réalité « The Apprentice », animée pendant des années par Donald Trump.

« Mépris » pour la sécurité nationale La présidence américaine a réagi avec colère, la qualifiant « d’ancienne employée mécontente ». « L’idée même qu’un membre du personnel puisse faire entrer un appareil d’enregistrement dans la salle de crise témoigne d’un mépris flagrant pour notre sécurité nationale », a déclaré Sarah Sanders dans un communiqué.

« Et se vanter à la télévision nationale prouve le manque de caractère et d’intégrité de cette ex-employée mécontente », a-t-elle poursuivi. Racisme Dans son livre, à paraître mardi, l’ex-conseillère affirme que le président a prononcé une « insulte raciale » plusieurs fois au cours de son émission à succès et que des enregistrements le prouvent, dans lesquelles il utilise le mot « Nègre » qui est un tabou interdit au blanc aux USA.

Elle a qualifié le président de « raciste » et lui, en retour, l’a traitée de « minable » pour avoir procédé à ces enregistrements. « Avec du recul, je dirai que j’ai été complice de la tromperie de la Maison Blanche vis-à-vis de la nation », a déclaré l’ex-conseillère sur NBC, qui affirme que Donald Trump « souffre de déclin sur le plan mental » Selon elle, « il lui est difficile de traiter des informations complexes » et « il n’est pas impliqué dans certaines des décisions les plus importantes pour le pays ». « J’ai été complice de cela et je le regrette », a-elle admis.

Samir Amin (1931-2018): Accomplissement des indépendances par l’afranchissement de l’impérialisme

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Sur les réseaux sociaux des internautes sénégalais, depuis son décès hier soir dimanche 12 août, et dans les titres de la presse sénégalaise ce lundi matin, on se complait à le présenter comme Egyptien, comme pour mieux revendiquer son appartenance au continent noir. Il était pourtant aussi Français.  L’économiste franco-egyptien Samir Amin n’est plus. Le monde  de l’économie vient de prendre l’un des plus brillants économistes et théoriciens de l’économie marxiste et maoiste du 20e siècle, comme n’a pas manqué de l’écrire le Présidnet Sall dans son message de condoléances. .

Né le 3 septembre 1931 d’une mère française et d’un père égyptien, tous deux médecins il a passé son enfance et son adolescence à Port-Saïd où il obtint son baccalauréat en 1947.

De 1947 à 1957, il étudie à Paris, et décroche un diplôme de sciences politiques en 1952 avant de décrocher un autre en statistiques en 1956 et un troisième en  économie en 1957.

À son arrivée à Paris, Amin rejoint le Parti communiste français (PCF), mais il se distanciera plus tard du marxisme soviétique et s’associe pendant un certain temps à des cercles maoïstes.

Théoricien principal de l’alter mondialisme, il préconisait une manière de “développementisme marxiste” comme prolongement au tiers-mondisme de ses années maoistes.

Vivant depuis plusieurs années à Dakar au Sénégal, sa grille de lecture économiste faisait de lui un excellent historien des “formes précapitalistes” des pays colonisés, notamment africains, mais aussi de la Chine

Il était considéré comme un analyste des plus lucides et intransigeants de la géopolitique postérieure à la dissolution de l’Union soviétique et des manipulations ethniques, nationales et religieuses consécutives à 1989.

Samir Amin était partisan de l’accomplissement des indépendances par leur afranchissement de l’impérialisme. Pour lui, les indépendances ont peut-être mis fin à la colonisation en tant que telle mais certainement pas à l’impérialisme économique. Il soutenait dans ces dernières conférence que le colonialisme, est l’abolition formelle de toute souveraineté nationale.

Comment Joseph Kabila aura été Président jusqu’au bout du suspense

Joseph Kabila aurait dû quitter le pouvoir le 20 décembre 2016, à la fin de son deuxième mandat. Jusqu’au bout, il aura maintenu le suspense plongeant son pays dans une profonde crise politique.

Il a lui même mis fin du suspense, dans la dernière heure du dernier jour des dépôts des candidatures à la présidentielle. Sous pression de la population, des institutions régionales et de la communauté internationale, le président Joseph Kabila s’est finalement plié à la Constitution en se déclarant hors-jeu à la présidentielle du 23 décembre 2018. Et ce après dix-sept années de pouvoir. C’est donc finalement l’homme du sérail qu’est Emmanuel Ramazani Shadary, actuel secrétaire permanent du PPRD qui défendra les couleurs du camp présidentiel à travers le Front commun pour le Congo en décembre prochain. « Par cet acte, Joseph Kabila a fait preuve d’un courage politique exceptionnel qui le fait entrer par la grande porte dans le panthéon de l’histoire politique de la RDC », se réjouit Le Potentiel. Et le quotidien congolais de souligner son satisfecit, car c’est bien la première fois de son histoire que ce pays indépendant depuis le 30 juin 1960 connaît la perspective d’une transition pacifique.

La décision de Joseph Kabila saluée par tous

C’est donc avec une certaine ferveur et un sentiment de reconnaissance que les adversaires de Joseph Kabila ont qualifié de « victoire » le fait que Joseph Kabila s’engage finalement « à quitter le pouvoir ». « Pour la première fois, un peuple d’Afrique centrale est parvenu à empêcher un chef d’État puissamment soutenu par les forces armées de modifier la Constitution et l’a forcé à quitter le pouvoir », avance Christophe Lutundula, porte-parole d’Ensemble, la coalition de l’opposant Moïse Katumbi.

« Nous avons gagné une bataille importante mais la lutte continue : celle pour une vraie alternance », a réagi le mouvement citoyen pro-démocratie Lutte pour le changement (Lucha).

La décision de Kabila « doit être suivie par des avancées concrètes en matière des droits de l’homme », a indiqué pour sa part Amnesty International, qui cite l’autorisation des « manifestations pacifiques » et la libération de militants des droits de l’homme.

« Nous sommes encore très loin d’un processus électoral crédible, et beaucoup de choses peuvent se passe d’ici à décembre, y compris des délais supplémentaires », a commenté l’ONG Human Ritghs Watch, en invitant au maintien des pressions sur Kinshasa.

Les « partenaires » étrangers suivent de près la situation dans l’immense RDC, que les diplomates perçoivent comme un risque de déstabilisation régionale avec ses 2,3 millions de kilomètres carrés, ses neuf frontières, ses ressources minérales très convoitées et ses multiples zones de tensions.

Les États-Unis ont salué la décision de Kabila de respecter la Constitution. « Ce développement est une autre avancée mais il y a bien davantage à faire », a déclaré l’ambassadrice aux Nations unies Nikki Haley. La commission électorale « doit prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir au peuple congolais le droit d’exercer son (droit de) vote lors d’élections libres, justes et crédibles le 23 décembre 2018 », a-t-elle ajouté.

Le président Emmanuel Macron a évoqué la RDC avec son homologue sud-africain Cyril Ramaphosa, a indiqué Paris. « Cette décision n’est pas une surprise, car Joseph Kabila restait très constant sur ce point, mais dans son entourage les opinions n’étaient pas homogènes. Et dans cette région, ce n’est pas la pratique habituelle que de passer la main, c’est plutôt l’inverse qui est la norme. C’est une posture courageuse de Joseph Kabila que d’aller jusqu’au bout de la démarche qu’il avait engagée », confie une source à Paris, à l’AFP. Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, a déclaré qu’il « prend acte » tout en souhaitant un climat « apaisé » pour les prochaines élections afin que les résultats soient « crédibles ».

Énormes pressions

Cette décision constitue aussi un pas immense pour cette région d’Afrique centrale et de l’Est où les pays sont dirigés par des présidents qui ont cédé à la tentation du troisième mandat, comme le Burundi, le Congo, le Rwanda. Il est vrai que chacun de leurs dirigeants a trouvé la formule idéale comme la modification de la Constitution à travers le référendum pour se maintenir au pouvoir. D’autres comme le Cameroun ou l’Ouganda ont à leur tête des chefs d’État qui en sont à leur quatrième, voire cinquième mandat.

Sauf qu’en RD Congo, Joseph Kabila n’a pas pris cette décision de son propre chef sinon pourquoi ne pas avoir annoncé sa décision plus tôt et ainsi éviter les morts ?

Si le chef de l’État de la République démocratique du Congo a finalement renoncé de céder à la tentation du troisième mandat, il l’a fait sous la pression de la population, activistes et politiques confondus, ainsi que sous les menaces de la communauté internationale. Et pas seulement les États-Unis ou la Belgique, l’Union africaine et la SADC, l’organisation panafricaine régionale, se sont activées ces derniers mois pour faire changer Kabila d’avis. L’Angola a aussi joué un rôle décisif dans ce renoncement. En réalité, il semble que le chef de l’État congolais n’ait pas réussi à trouver la bonne formule lui permettant de rester à son fauteuil pour un long moment. Le facteur de la limitation du nombre de mandats introduit dans la Constitution a augmenté la pression et fait reculer le jeune dirigeant.

Washington avait pour sa part envisagé de nouvelles sanctions ciblées pour obliger Joseph Kabila à quitter le pouvoir, a affirmé lundi le Financial Times. Au moins un membre de sa famille aurait été privé de visa pour les États-Unis en juin, selon la même source.

Les Congolais ont exigé le respect de la Constitution

Rappelons que Joseph Kabila n’a plus de mandat présidentiel officiel depuis la fin du mois de décembre 2016. Depuis 2014, les Congolais ont commencé par manifester d’abord contre la modification de la Constitution proposée par la majorité à l’Assemblée nationale, puis contre sa volonté de toucher à la loi électorale un an plus tard en 2015. C’est en janvier 2015 que les manifestations commencent par prendre de l’ampleur et la répression se faire plus violente. Arrestations massives, peines de prison pour des milliers de Congolais ainsi que les morts de centaines de manifestants ont réveillé la communauté internationale qui a fini par prendre position pour qu’une issue soit trouvée dans les urnes.

Les 19 et 20 septembre 2016, de nouvelles violences entre forces de l’ordre et jeunes réclamant le départ de Kabila secouent Kinshasa, faisant plusieurs dizaines de morts. Des pillages et des incendies visent des bâtiments publics et des permanences de partis de la majorité.

Le 20 décembre, au dernier jour du mandat de Kabila, Kinshasa et plusieurs autres villes sont le théâtre d’affrontements meurtriers entre forces de l’ordre et jeunes hostiles à son maintien au pouvoir. L’ONU fait état d’au moins 40 morts.

Le 31 décembre 2016, pouvoir et opposition signent un accord sous l’égide de l’épiscopat catholique, autorisant Joseph Kabila à rester jusqu’à la « fin 2017 », en contrepartie de la création d’un Conseil national de suivi de l’accord et de la nomination d’un Premier ministre issu de l’opposition. Le 7 avril 2017, Bruno Tshibala est nommé Premier ministre. Félix Tshisekedi, fils d’Étienne Tshisekedi – décédé en février –, qui briguait ce poste, accuse le président d’être « le principal obstacle au processus démocratique ».

L’épiscopat s’en mêle et déplore « l’usage disproportionné de la force » par la police, citant « au moins » 56 morts, dont 52 « par balle », dans des manifestations entre avril et octobre 2017.

Les 31 décembre et 21 janvier, une quinzaine de personnes sont tuées dans la répression de marches interdites, à l’appel d’un « comité laïque de coordination », proche de l’Église catholique. Nouvelle marche et deux nouveaux morts dans la répression le 25 février 2018. L’ONU et les pays occidentaux durcissent le ton contre Kinshasa.

Kabila compte bien rester aux commandes encore longtemps

Cette capacité de Joseph Kabila à se maintenir au pouvoir en dehors des règles fait craindre que le « raïs » n’en a pas fini avec la stratégie de « glissement ». Non seulement l’opposition est vent debout concernant le processus électoral notamment, sur la validité du fichier électoral et ses quelque 40 millions d’inscrits. Il y aussi des polémiques sur les machines à voter, imposées par la Ceni, sans oublier qu’un poids lourd de la politique, Moïse Katumbi n’a pas pu déposer sa candidature, alors que la communauté internationale appelait à un scrutin libre et ouvert. Est-ce dans ces conditions que le vote se déroulera le 23 décembre ? N’y a-t-il pas de risque que le pouvoir repousse encore l’échéance ? Autant de questions que pose la classe politique.

D’autre part, Joseph Kabila s’est taillé une part de lion dans le gâteau RD congolais. C’est un homme d’affaires dont la famille est à la tête de plus d’une soixantaine d’entreprises. « Ensemble, les Kabila ont bâti un réseau d’entreprises qui s’étend dans tous les secteurs de l’économie congolaise et qui a rapporté des centaines de millions de dollars à leur famille », écrit Bloomberg, l’agence de presse américaine spécialisée dans les questions économiques dans un rapport de 2016.

Côté politique, le président congolais a pris des assurances pour peser sur l’échiquier politique. D’abord avec une réforme des statuts de son parti, le PPRD qui prévoit la création d’un poste de président devant lui revenir. Il exerce aussi le leadership au sein de la coalition du FCC qu’il a fondé. Il en est l’autorité morale. Ensuite, il a placé ses hommes-clés aux postes les plus importants de l’appareil sécuritaire du pays. Des raisons qui poussent certains à voir derrière cette tactique une approche de verrouillage du système à la Poutine-Medmedev. S’il quitte le pouvoir début 2019, Kabila sera aussi sénateur à vie, selon la Constitution.

L’Afro-Anglais Idriss Elba, prochain James Bond à l’écran?

AFROSPHERE – L’acteur Idris Elba, révélé dans la série « The Wire », a alimenté la rumeur en postant un message faisant référence au célèbre agent 007 sur son compte Twitter.

Pressenti pour incarner le prochain James Bond l’an prochain au cinéma, il a nourri la rumeur, ce dimanche 12 août, avec un tweet sous forme de clin d’œil à l’agent secret. « Mon nom est Elba, Idris Elba », a tweeté l’acteur britannique, reprenant à son compte la célèbre formule de 007. Le nom de cet acteur britannique né d’un père sierra-léonais et d’une mère ghanéenne pour incarner James Bond circule depuis des années.

En 2015, Pierce Brosman, un des acteurs ayant incarné l’agent secret 007 au cinéma, estimait que James Bond pourrait être incarné par un « grand acteur noir ». « Idris Elba a certainement le physique, le charisme et la présence », avait jugé l’Américano-Irlandais. La rumeur a grossi récemment et, selon le Daily Star, le réalisateur Antoine Fuqua a récemment discuté avec la productrice de James Bond, Barbara Broccoli, qui pense qu’il est « temps » que 007 soit joué par une personne issue d’une minorité ethnique.

Une histoire « montée de toutes pièces » ?

Mais un porte-parole d’Antoine Fuqua a démenti toute discussion, affirmant au Hollywood Reporter que l’histoire était « montée de toutes pièces ». Lauréat d’un Golden Globe pour Luther, Idris Elba a été révélé dans la série télé criminelle The Wire. Il a joué dans les films à gros budget Thor et a incarné sur grand écran l’icône de la lutte anti-apartheid Nelson Mandela.

Entretien : « Soumaïla Cissé veut réparer un pays abîmé par IBK » (directeur de campagne)

ENTRETIEN. Le Mali retourne aux urnes ce dimanche pour le second tour de l’élection présidentielle avec un chef d’État sortant, Ibrahim Boubacar Keïta, en position de force face à un candidat de l’opposition isolé car lâché par la plupart de ses anciens soutiens – mais convaincu encore de pouvoir l’emporter. Tiébilé Dramé, son directeur de campagne et homme politique, s’est confié, au dernier jour d’une campagne électorale tendue et écourtée.

Vous irez donc à ce second tour malgré les irrégularités que vous avez dénoncées. Pour quelle raison ?

Tiébilé Dramé : Nous n’avons pas demandé de report. Nous avons souhaité dans le cadre d’un mémorandum adressé au gouvernement de la République malienne et à la communauté internationale une amélioration substantielle du cadre général des opérations électorales pour réduire la fraude et le bourrage des urnes. Nous y tenons toujours.

Quelle a été la réponse du gouvernement à ce mémorandum ?

Nous ne faisons pas que critiquer, dénoncer, nous faisons aussi des propositions, dans le cadre d’un dialogue constructif pour améliorer le cadre des élections. Ce mémorandum a été adressé au gouvernement le 6 août dernier, il contenait nos exigences. Nous l’avons aussi fait parvenir à l’UE, l’UA, la Cedeao. Le Premier ministre l’a reçu très tôt le matin. C’est quand ils ont reçu ce rapport, le matin, qu’ils ont publié leur fameuse liste des 871 bureaux. Ils savaient déjà qu’on savait. La page 2 de ce mémorandum détaille les conditions que nous posons pour aller au second tour. Le 7 août dans l’après-midi, le Premier ministre m’a adressé un courrier pour répondre à chaque point de ce mémorandum. À partir de ce moment-là, je crois que s’est engagée une négociation indirecte. Nous avons trouvé les réponses du gouvernement insuffisantes et nous lui avons fait parvenir nos observations. Ils ont dit qu’ils allaient voir quelles étaient les possibilités d’amélioration. Par exemple, nous avons voulu avoir une garantie précise sur la neutralité des gouverneurs, préfets et sous-préfets. Ils ont lancé une instruction dans ce sens intitulée « Instruction relative à la neutralité des gouverneurs, préfets et sous-préfets. Nous avons aussi voulu que, dans les zones où il n’y a pas eu de vote, ces zones soient sécurisées et qu’il y ait de leur part des propositions en ce sens. Nous en sommes restés là.

La coalition des 18 candidats qui faisaient front avec vous contre la fraude semble se déliter au vu des ralliements au camp présidentiel. Sans ces soutiens, comment comptez-vous l’emporter ?

Ce regroupement de 18 candidats, c’était autour de la fraude électorale, ce n’était pas un front pour nous soutenir au deuxième tour. Nous avons ensuite essayé de partir de ce front contre la fraude pour constituer un front pour le 2e tour. On ne l’a pas obtenu de tous. Mais le principal socle sur lequel nous nous basons, c’est l’aspiration au changement que traverse le pays et qui s’est reflétée dans les urnes. Tous ceux qui n’ont pas voté IBK ont voté pour le changement, c’est évident. Par contre, certains candidats pour lesquels ils ont voté ont de façon surprenante décidé de soutenir le statu quo ou de ne pas bouger. Ils ont choisi le camp du statu quo, de la stagnation et du chaos que IBK incarne. Mais les électeurs, eux, veulent le changement. Vous croyez que les électeurs vont suivre ceux qui incarnaient l’alternance et qui après vont suivre IBK ? Non, j’ai confiance au peuple malien !

Malgré la remise en cause du fichier électoral, un accord a pu être trouvé à la veille du 1er tour de l’élection présidentielle. Pourquoi revenir sur la fiabilité du fichier lors de l’entre-deux-tours ?

Tout le monde sait que le fichier mis en ligne par le gouvernement est avarié et comporte incohérences et irrégularités. Aucune protestation ne changera cette réalité.

Le ministre Ag Erlaf avait refusé de publier les résultats bureau de vote par bureau de vote parce que la loi malienne ne l’impose pas. Pourquoi, dans ce cas, ne publiez-vous pas les vôtres ?

Ce n’était pas à nous de les publier, n’inversons pas les choses, nous ne sommes pas les organisateurs du scrutin. Néanmoins, j’observe que le ministère a fini par publier des résultats, partiels, sur son site, après avoir longtemps opposé une fin de non-recevoir. Cela ressemble à un aveu tardif, encore un ! Nous avons découvert de grosses différences entre les résultats mis en ligne et ceux publiés par le ministère. Après ce résultat annoncé de 53 %, ils ont reculé à la dernière minute parce qu’ils ont compris que ce ne serait pas accepté, et puis ils ont reçu une mise en garde de la communauté internationale. IBK n’a pas eu 41 % des votes. Ces 41 %, ce n’est pas le vote des Maliens, c’est la fraude. Ils ont produit les résultats par bureau de vote qui, disent-ils, n’ont pas de valeur juridique. On a fait la comparaison avec nos résultats, tous ceux qu’ils ont publiés sont des résultats trafiqués. Le refus de publier montrait déjà qu’il y avait un problème. De même pour la liste des bureaux où le scrutin n’a pas pu se tenir. Connaissez-vous un gouvernement qui, trois, quatre ou cinq jours après les élections, ne sait pas où les élections n’ont pas eu lieu ? C’est un gouvernement fraudeur.

Plus de 245 000 électeurs, répartis dans 871 bureaux, n’ont pas pu exercer leur droit de vote, majoritairement dans la région de Mopti, sujette à l’insécurité depuis environ deux ans maintenant. Que préconisez-vous pour remédier à cela ?

Il convient de remarquer que beaucoup des bureaux où le vote n’a pas pu se tenir étaient des zones plutôt favorables à notre candidat Soumaïla Cissé. Nous exigeons une sécurisation effective, par les Famas et leurs partenaires des localités où le scrutin n’a pas pu se tenir. Et la sécurisation par les Famas et leurs partenaires de la Minusma des agents des bureaux où l’administration n’est plus présente.

Cheick Modibo Diarra, qui était un allié des partis d’opposition pendant la campagne du 1er tour, s’est subitement désolidarisé de ses alliés pour faire cavalier seul. Comment expliquez-vous ce revirement ? Et pourquoi laissez-vous entendre qu’il était un « trublion » qui « devait jouer un rôle le moment venu », alors qu’il était, il y a encore peu de temps, des vôtres ?

Cheick Modibo Diarra était l’un des signataires de la déclaration commune du 31 juillet, qui dénonçait la fraude. Au cours de la campagne, il a pris un certain nombre d’engagements, auprès des cadres de son parti et auprès de ses électeurs. Chaque acteur politique est responsable devant le peuple malien et devant l’histoire des actes qu’il pose en ce moment crucial de l’évolution politique de notre pays.

Votre camp dénonce, avec d’autres, des fraudes et irrégularités rendues possibles par la loi électorale et le fait que ce soit le gouvernement qui organise les élections. Soumaïla Cissé au pouvoir compte-t-il modifier cette loi et cet état de fait ? Si oui, quelles en seront les principales modifications ? Et seront-elles prêtes d’ici aux prochaines élections législatives ?

Bien sûr, nous allons refondre le système électoral actuel. Nous le remplacerons par une gouvernance moderne des élections, respectueuse du vote des Maliens.

Il faudra changer les choses, offrir plus des garanties de transparence et d’impartialité, c’est évident. Mais toute modification, qu’elle arrive avant ou après les élections législatives, doit se faire avant tout dans un esprit consensuel, dans un esprit de concertation avec toutes les forces politiques. Le dialogue doit précéder l’action, c’est indispensable, car rien ne serait pire que de donner l’impression de changements faits sur mesure. Ce n’est pas notre conception de la démocratie et du pluralisme.

On peut s’étonner pour cette élection présidentielle du manque de débat entre candidats. Comment l’expliquez-vous ?

En tout cas, ce n’est pas nous qui nous sommes dérobés puisque nous avons demandé, depuis longtemps, l’organisation d’un tel débat. Mais il faut croire que certains pensent qu’ils ont plus à perdre qu’à y gagner. Cette absence voulue de débat participe à la logique de dévoiement du processus électoral auquel nous assistons cette année.

Le changement pour le Mali est porté par le candidat Soumaïla Cissé, 68 ans, de la même génération politique que son adversaire, alors que la majeure partie de la population malienne a moins de 20 ans. Peut-on, dans ce cas, réellement parler de changement ?

Ne soyons pas démagogues ! Le changement n’est pas une question d’état civil, c’est une question d’état d’esprit, de compétence, d’approche ou de méthode, et, en la matière, Soumaïla Cissé a fait ses preuves partout où il est passé. Au bilan, désastreux, de la gouvernance du président sortant, nous opposons le bilan et l’expérience de Soumaïla Cissé, que ce soit dans les responsabilités ministérielles qu’il a occupées ou lorsqu’il était à la tête de la commission de l’Umeoa. Il n’y a pas photo.

Le programme de Soumaïla Cissé et celui du candidat IBK sont, somme toute, assez similaires. Quelles différences notables peut-on trouver dans leur programme respectif alors que votre candidat se présente justement comme le candidat du changement ?

Permettez-moi de ne pas être d’accord avec votre jugement ! Je vous renvoie à notre programme, articulé autour de cinq piliers, qui est le plus consistant, le plus développé et le plus abouti. Il résulte du travail de groupes d’experts qui ont été mobilisés pendant de longs mois. Nous avons été les premiers à le rendre public, alors que le candidat IBK, lui, ne l’a dévoilé que huit jours avant le premier tour de l’élection, signe du peu d’intérêt qu’il accordait à cette dimension pourtant essentielle de l’action politique. Le programme de Soumaïla Cissé vise à réparer un pays abîmé par IBK.

Quelles seront les premières mesures fermes que prendra Soumaïla Cissé dans les cent jours s’il est élu ?

Le changement doit être perceptible immédiatement. Il faut penser aux Maliens, à leur pouvoir d’achat. Comme il s’y est engagé, Soumaïla Cissé supprimera les vignettes sur les véhicules motorisés, les taxes sur le bétail, ainsi que la TDRL, la taxe de développement régionale et locale, qui est un impôt particulièrement injuste. Des économies sur le train de vie de l’État, rendues possibles par une meilleure gouvernance, permettront de compenser le manque à gagner pour les finances publiques. Des assises nationales sur les grands problèmes de notre société, en particulier ceux qui concernent la jeunesse et la condition de la femme, seront organisées. Et nous mettrons en place un contrôle rigoureux des dépenses publiques et un système de lutte contre la corruption. Sans oublier les autres grands chantiers, la réconciliation nationale, la modernisation de l’armée, la restauration de la sécurité, la modernisation de l’école, de la santé, des infrastructures de base, la relance industrielle, l’investissement dans l’agriculture. Tous les problèmes ne pourront pas se régler en cent jours, mais cent jours doivent permettre de donner une impulsion forte vers un Mali meilleur et plus juste, fondé sur les valeurs de la probité, du travail et de l’effort, que nos concitoyens sont en droit d’attendre et d’exiger.

Quelle place souhaiteriez-vous occuper au sein du futur gouvernement s’il devient le vainqueur de cette présidentielle ?

Je comprends votre curiosité, mais je ne pense vraiment pas que ce soit aujourd’hui la question qui préoccupe les Maliennes et les Maliens. Toute notre énergie est tournée vers le scrutin du 12 août. Je suis son directeur de campagne et rien ne doit nous faire dévier de notre objectif commun.

Comment votre camp réagira-t-il si IBK l’emporte lors de ce second tour ?

Soumaïla Cissé avait marqué les esprits en 2013 lorsqu’il était allé féliciter immédiatement Ibrahim Boubacar Keïta à l’issue du second tour, sans attendre la proclamation officielle des résultats de l’élection présidentielle. Personne ne saurait mettre en doute son esprit républicain et son sens des responsabilités. Mais que l’on n’attende pas de nous que nous cautionnions une « victoire » obtenue par la fraude ou la manipulation des résultats, et qui serait contraire à l’esprit républicain. Et nous attendons d’IBK qu’il ait le même comportement chevaleresque que Soumaïla Cissé il y a cinq ans.

Entretien : « IBK incarne l’honneur du Mali » (porte-parole)

ENTRETIEN. Au cœur de la campagne du président sortant, Ibrahim Boubacar Keïta, son porte-parole livre la vision du candidat pour ce second tour qui se tient ce dimanche.

Quel regard portez-vous sur le premier tour de ces élections et sur la campagne ?

Mahamadou Camara : Un regard positif. Vous savez, beaucoup avaient parié sur la non-tenue de cette élection à cette date-là, compte tenu de la situation qui prévaut dans certaines parties du pays. Mais le Mali a prouvé aux yeux du monde qu’il peut relever tous les défis quand il s’agit de consolider notre démocratie, et d’aller plus loin dans le développement économique et social de nos populations.Quant à nous, notre candidat, Ibrahim Boubacar Keïta, il a conduit une campagne exaltante, à travers tout le pays, dans toutes les régions et à l’extérieur, au contact direct des Maliens. L’objectif était pour lui de présenter son bilan, qui est positif, et d’expliquer le projet pour le mandat à venir, qui est de consolider les acquis, amplifier les réussites, et corriger les manques. Les Maliens semblent l’avoir entendu.

18 candidats de l’opposition ont dénoncé de multiples irrégularités et Fraudes, pointées aussi par le rapport de la MOE. De nombreux recours ont été déposés à la Cour constitutionnelle, mais ont été, pour la plupart, « jugés irrecevables », car adressés après la période légale d’envoi. Seulement 3 millions de Maliens sont allés voter sur 8 millions d’électeurs, 245 000 n’ont pu s’exprimer dans 871 bureaux fermés. Dans ces conditions, ne trouvez-vous pas que le candidat qui l’emportera n’aura pas l’entière légitimité du peuple et sera en quelque sorte mal-élu ?

Vous le savez comme moi, aucune élection n’est parfaite, et dans tout pays, le processus démocratique est long et fastidieux. Au Mali, nous n’en sommes qu’à notre 26e année, mais ce que nous avons réussi à faire est déjà beaucoup. Nous continuerons à parfaire notre démocratie, ce qui n’enlève rien à la légitimité de nos élus. Pour ce qui est des irrégularités, l’ensemble des observateurs, nationaux, comme internationaux, à l’unanimité, a considéré que l’élection avait été transparente et crédible. Par conséquent, je m’oppose en faux contre les accusations de fraude, qui émanent malheureusement de ceux qui n’ayant pas eu les faveurs des urnes, voudraient accéder au pouvoir par des moyens dévoyés. Mais les Maliens ne sont pas dupes, ils ne tomberont pas dans le piège de ceux qui leur promettent chaos et déstabilisation. Notre pays revient de loin, il n’a pas besoin de cela.

Le ministre Ag Erlaf a refusé de publier les résultats du 1er tour, bureau de vote par bureau de vote, parce que la loi malienne ne l’impose pas. Puis, après la validation des scores par la Cour constitutionnelle, il y a eu un revirement et ils ont finalement été publiés. Pour quelle raison ?

Cette question mérite d’être posée directement au ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation. Cela dit, vous noterez que c’est le processus électoral le plus transparent de toute l’histoire démocratique du Mali. Toutes les demandes de l’opposition ont été acceptées : nouvelle loi électorale, fichier audité, nouvelles cartes d’électeur, présence d’observateurs nationaux et internationaux au niveau de la centralisation des votes, et publication des résultats de chaque bureau de vote. Je précise que pour ce dernier point, la loi électorale ne le prévoit pas.

Le second tour de l’élection présidentielle est fixé pour le 12 août. En seulement deux jours, pensez-vous pouvoir convaincre encore plus de Maliens à voter pour votre candidat ?

Oui, car la campagne du premier tour nous a permis déjà de toucher tous les Maliens. Ils connaissent notre bilan, ils ont compris notre projet. Pendant ces deux jours, nous ferons tout pour convaincre ceux qui doutent encore, en portant le message de notre candidat, et lui même se déploiera sur le terrain. C’est d’ailleurs l’occasion pour moi de lancer un appel à mes compatriotes, au nom du candidat Ibrahim Boubacar Keïta, pour sortir massivement voter le dimanche 12 août, en amplifiant le score du premier tour, pour lui donner une victoire éclatante.

Plus de 245 000 électeurs, répartis dans 871 bureaux, n’ont pu exercer leur droit de vote. Quelles mesures concrètes vont être prises pour leur permettre de se rendre aux urnes ? Et comment comptez-vous empêcher les irrégularités comme les bourrages d’urnes pointés par l’opposition ?

Sur la question des allégations de fraude, je me suis déjà exprimé, mais je rappelle quand même que toutes les exigences de l’opposition ont été acceptées pour créer un climat de confiance. Elle a ses représentants à tous les niveaux du processus électoral et crie malgré tout à la fraude et au bourrage des urnes, sans même en apporter la preuve. Cherchez l’erreur… Quant aux citoyens qui n’ont pu exercer leur devoir civique, nous le regrettons sincèrement. Cela dit, je sais que tout est mis en œuvre par le Gouvernement pour prendre toutes les dispositions pour la bonne tenue du scrutin lors du second tour.

À 3 jours du second scrutin, les candidats non qualifiés pour le second tour vont devoir donner leurs consignes de vote, la seule candidate féminine, Mme Ndiaye, vous a déjà rejoints. Quels autres candidats vont rallier votre camp ?

À ce jour nous avons été rejoints par Mme Djeneba N’Diaye, mais aussi Modibo Koné, Housseyni Amion Guindo, Harouna Sankaré, Yeah Samaké, Mamadou Oumar Sidibé. D’autres annonceront bientôt leur ralliement, mais le plus important ce sont les militants de tous les candidats qui viennent nous voir et sont déjà intégrés dans notre dispositif de campagne. Je pense en particulier à ceux qui sont arrivés 3e et 4e. Visiblement, ceux qui ne nous ont pas ralliés ne sont pas suivis par leur base. Notez que dans l’autre camp, aucun ralliement n’a été annoncé. Le front uni de l’opposition n’a pas existé avant le premier tour, et il n’existe toujours pas.

Quels enseignements tirez-vous du bilan du projet de société du président IBK qui malgré tout n’a pas comblé les attentes de nombre de Maliens ?

Vous savez on ne le rappellera jamais assez, le président IBK est arrivé au pouvoir dans un contexte exceptionnellement difficile pour le pays. Il a fallu à un moment donné mettre entre parenthèses certains sujets importants pour se consacrer entièrement à d’autres, encore plus prioritaires, comme le retour de la paix et de la cohésion sociale, la mise à niveau de notre outil de défense – l’armée est aujourd’hui mieux formée et mieux équipée – et la relance de l’économie, avec un taux de croissance moyen de 5 % ces cinq dernières années. Pour tous ces sujets, je crois que nul ne peut contester que beaucoup a été fait, même si le chantier reste encore vaste, notamment sur la question de la sécurité et de l’amélioration de la gouvernance. C’est justement ce que nous proposons pour le second mandat : aller plus loin encore. Au niveau des infrastructures, le Mali est en chantier, notre agriculture a connu un boom spectaculaire, les femmes sont mieux représentées dans la vie publique grâce à la loi genre, le pouvoir d’achat a progressé grâce aux hausses des salaires des fonctionnaires et du smic. La liste est encore longue… Honnêtement, nous sommes fiers de ce bilan, et au vu des résultats du premier tour, les Maliens semblent aussi l’avoir jugé positivement.

Les Maliens vont devoir se prononcer pour la « continuité » avec le projet de société du président-candidat ou le « changement » porté par le chef de file de l’opposition Soumaila Cissé, alors que globalement leurs programmes sont assez semblables. Qu’est-ce qui entre ces deux candidats peut faire la différence selon vous ? Et au fond, au-delà des projets respectifs de ces candidats, qui ont été un peu mis en arrière-plan durant la campagne, n’est-ce pas plutôt pour celui qui l’incarnera que les Maliens se prononceront ?

Le candidat IBK incarne l’honneur du Mali. Il a une vision d’un Mali rassemblé, dans lequel chaque citoyen trouve sa place, partout sur le territoire. D’autres sont dans une logique de clivage, d’affrontement et de vengeance. Je crois que les Maliens sauront faire le bon choix dans les urnes.

La sécurité, le retour à la paix et le développement sont des demandes fortes de la majorité des Maliens alors que ces 5 dernières années la situation sécuritaire s’est fortement dégradée, que l’accord de paix a pris un retard considérable et que malgré le bon taux de croissance, ce dernier n’est pas inclusif et ne bénéficie pas à nombre de citoyens maliens. Quelles seront les premières mesures fermes que prendra Ibrahim Boubacar Keïta dans les 100 jours, s’il était réélu au pouvoir ?

Je pense que certaines réformes fortes sont déjà en cours, il s’agira de poursuivre ce qui a été entamé et de consolider les acquis dans un premier temps. La poursuite de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation est une priorité. Il a été inclusif, puisque tous les groupes l’ont signé. Et reconnaissez qu’il a déjà commencé à porter ses fruits. Il n’y a aujourd’hui plus de belligérance entre groupes armés et FAMAs (Forces armées maliennes, Ndlr). Au contraire, nous sommes désormais tous unis contre ce fléau mondial qu’est le terrorisme, et qui touche particulièrement notre région.

Êtes-vous convaincu de la victoire de votre candidat pour ce deuxième tour ? Et comment votre camp réagira-t-il si Soumaila Cissé l’emporte lors de ce second scrutin ?

Nous sommes très confiants, compte tenu de notre score du premier tour, des ralliements officiels et ceux qui se font discrètement, mais aussi au vu de ce qu’incarne IBK dans ce pays. Il a fait une campagne digne et responsable, alors que d’autres ont passé leur temps à dénigrer, insulter, calomnier et crier à la fraude imaginaire, au lieu de faire campagne. Ce n’est pas comme cela que l’on gagne une campagne. Quant à l’acceptation des résultats, notre Candidat l’a toujours dit et répété, nous respecterons les résultats des urnes, quels qu’ils soient. Nous demandons à ce qu’il en soit autant pour tout le monde.

Craignez-vous, comme certains l’ont maintes fois évoqué, une crise postélectorale à la suite des résultats du second tour ?

Je ne pense pas que des responsables appelés à diriger un jour le pays auront à gagner à créer une crise postélectorale. J’en appelle donc aux politiques, aux activistes, aux journalistes et autres acteurs de la vie publique du Mali pour qu’ils œuvrent dans le sens de la stabilité au Mali. Chacun doit appeler au calme et à la sérénité. Aujourd’hui, l’Afrique, le monde et nos propres enfants nous regardent. Nous devons tous être à la hauteur.

Présidentielle : Bougane, chronique annoncée d’une candidature

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C’était prévisible, c’est désormais officiel. Bougane Gueye Dany, patron du groupe D-Média ( La Tribune, Zik FM, Sen TV), de Joni Joni et de Dakcor, après avoir sillonné le pays entre visites auprès des populations et bénédiction des foyers religieux, vient d’annoncer sa candidature pour l’élection présidentielle de 2019.L’annonce a été faite lors de la rencontre avec ses militants, ce samedi. Des centaines de personnes ont répondu à l’appel de « Geum Sa Bopp ». Ousmane Sonko était, également, de la partie.Dans son discours d’annonce de candidature, Bougane Gueye Dany a indiqué une réelle volonté de remplacer Macky Sall et de changer un système basé sur la politique partisane. Une décision qu’il dit avoir mûri. D’ici fin octobre, il a déclaré rechercher entre 500.000 et 1 million de parrainages (sic).