Robert Capo Chichi alias Kémi Seba expulsé du Togo

L’activiste « panafricaniste » Robert Stellio Capo Chichi alias Kémi Séba a été interdit d’entrée sur le territoire togolais, où il avait prévu d’animer un meeting organisé par un collectif d’artistes opposé au président du pays, Faure Gnassingbé.

Attendu au Togo le 8 août pour animer un «meeting contre la France-Afrique», Kémi Séba a été refoulé vers le Bénin. «Ils [les autorités togolaises] viennent de me renvoyer au Bénin. Ils ont peur de l’influence de mon discours auprès de la jeunesse togolaise. Ils disent que je crée des problèmes à tous les présidents en Afrique. On m’a interdit au motif que je suis une personne dangereuse pour l’ordre public», a-t-il déclaré.

L’événement en question était organisé par le Mouvement des artistes engagés pour le Togo (MAET), un collectif farouchement opposé au président Faure Gnassingbé. Le militant anti-franc CFA avait, à de multiples reprises, vertement critiqué le président togolais et sa politique de gouvernance.

«Vous pensez qu’on peut faire quelque chose avec ça [le président Faure Gnassingbe] ?», avait-il lancé devant une foule acquise à sa cause, lors de la manifestation parisienne contre l’esclavage des migrants en Libye, le 18 novembre 2017.

Engagé dans une campagne active contre le franc CFA, Kémi Séba est interdit d’entrée dans plusieurs pays africains. Après le Sénégal, où il a été expulsé en septembre 2017 pour avoir brûlé publiquement un billet de 5 000 francs CFA, il a été refoulé de Guinée le 2 mars 2018, où il devait participer à une conférence. Il dénonce le maintien de cette monnaie comme étant «une forme de colonialisme».

« Sanekh, révolution sans lendemain(s) », par Elgas

Peu d’artistes peuvent se targuer d’avoir changé le cours de leur art. D’y avoir injecté une allure nouvelle, une marque, une patte, enfin un truc dans le genre, qui change à jamais la donne. Aussi curieux que cela puisse paraître, Sanekh fait partie de ce cercle de privilégiés.  On se souvient tous des homélies de la troupe Daray Kocc qui exerçait un monopole absolu sur le théâtre sénégalais. D’ailleurs, il s’agissait de téléfilm à proprement parler, et pas de théâtre comme se borne à le répéter l’abus de langage. Films toujours moraux, étouffant une pièce sans vie, souvent un salon glacial ou une chambre pleine de gravité. On pouvait en deviner la fin dès la première scène. Suivait une galerie de portraits, où les personnages peu fantasques, à quelques exceptions près, professaient de grandes leçons sociales sur le divorce, le couple, la famille, grands thèmes que la bienséance nationale tenait en idoles. Les sujets étaient les mêmes, les acteurs aussi, les décors également ; et malgré le trait de génie évident de la caméra de Cheikh Tidiane Diop, la troupe Daray Kocc inaugurait, déjà, la manufacture du nouveau type de sénégalais, ce vieux marronnier qui peine à produire des modèles en série.

Les maisons sénégalaises, orphelines de Djibril Diop Mambéty et d’Ousmane Sembene, à l’heure du téléfilm du soir, entraient comme dans une messe vespérale. Un silence et un recueillement accompagnaient ces traversées d’un soir, d’autant plus appréciées qu’elles sortaient le peuple de la dépendance aux films étrangers de seconde main qu’on refilait à la RTS, et aux télénovelas, que digérait mal le crépuscule. Comme jadis avec le théâtre classique, il y avait dans le téléfilm sénégalais, une caducité, un besoin de renouveau…

Comme par hasard, dans un nom presque prophétique, c’est la troupe du Soleil Levant de Thiès, qui insuffle un bol d’air. Dans le rôle du souffleur, un longiligne et rachitique, « Comique et Laid » pour reprendre Baudelaire et Césaire. Sanekh arrive et fracasse la télé, et avec lui son rire, son geste, sa gueule mal fagotée et sa langue ! Le dicton et la diction ! Il se produit comme une grande respiration. La messe vespérale de jadis s’agite, comme si des bambins incontrôlables s’étaient glissés dans la mosquée, et faisaient les poches aux vieux avec leurs chéchias et sabadors, prêts – enfin – à se fendre la gueule. Les décors extérieurs sont promus, et ces personnages, fragiles, imparfaits, rappellent des visages communs, comme jadis dans Goorgoorlu. D’Askanu Laobé à Mor Tojangge, la troupe du Soleil Levant a un grand mérite, mais Sanekh en capte toute la lumière. Il devient, à l’école, dans les rues, le grand dictionnaire public national des mots et des gestes, que tout le monde emprunte et utilise. Créer une mode, en voilà un rêve d’artiste ! Pour un clown, la consécration. Apporter le rire dans le quotidien des gens, en voilà de la partition d’artiste. On peut gager que chaque témoin de ce Sénégal se souvient au moins d’une expression, d’une mimique, dont le génie rafraichissait jusqu’à la langue wolof dont il démocratisait la grande beauté. Sanekh  dope le téléfilm national, il en fait le moment de déconne, l’audace d’un fait plus naturel, sans le filtre moral. L’espoir est grand. La brèche ouverte par le splendide « squelette national » est investie par beaucoup d’émules, mais le téléfilm devient industriel, en même temps que sa saveur commence à lasser…

La révolution ne tient en effet pas longtemps, las ! Las ! Courtisé, Sanekh  satisfait la demande mais plus son talent naturel. Il devient un grand notable, engoncé dans des caftans froufrouteux, on a même peur qu’il verse dans le prêche avec tant de solennité. Lui qui renie presque ce qu’il fût, sauf lors de rares moments, où le geste révolutionnaire renaît comme un spasme inopiné. Sanekh  peine à se renouveler, il est emprisonné dans son personnage. Il est frappé d’un syndrome commun dans le paysage artistique sénégalais : l’impossible dépassement de soi, les acteurs deviennent des caricatures d’eux-mêmes, qui répètent la seule gamme qu’ils connaissent. De Sanekh  à Kouthia, le comique est typé, et comme dans une évidence, leur fils attitré est Père Bou Khar, dont le court séjour sur les planches prédisait la médiocrité de l’ascendance. A se suffire, on finit par se racornir : c’est vrai des civilisations, comme du talent.

La comédie redevient morale. Les télés sont inondées de téléfilms aux séquences identiques, aux intrigues similaires. La scène encombrée dresse un pont de complicité entre le vide de l’époque, et le trop-plein actuel. On y façonne des héros sans envergure, des leçons gonflées d’artifices. Avec toujours la volonté d’éduquer une société. Bien immodeste et vaine ambition. Dans l’éphémère éclipse, Sanekh  aura été l’illusion, puissante et prometteuse, mais le temps d’un clin d’œil, le vieux monde est revenu. Sanekh  peut encore nous surprendre, c’est la loi de l’art, mais entre ses coreligionnaires du paysage actuel et Daray Kocc, le choix est vite fait pour les seconds, car comme le dit l’autre, le drame de notre époque, « c’est que la bêtise se soit mise à penser ».

Macky Sall entre la DER (entrepreneuriat) et sa « der des ders » (présidentielle)

POLITIQUES – La DER, c’est la Délégation à l’Entrepreneuriat Rapide dont Macky Sall distribuait les premiers financements hier au CICAC. La der des ders, c’est sa dernière élection présidentielle, en février prochain, dans laquelle il est bien décidé à jeter toutes ses forces. Sa der d’élection s’il gagne et vraisemblablement aussi s’il perd. Le Président est ecartelé donc entre DER et der des ders. Il a plus hâte de se lancer dans la bataille politique de la Présidentielle de 2019. Macky Sall l’a fait savoir hier, lors la cérémonie de remise de chèques des premiers bénéficiaires des financements de la Délégation à l’entrepreneuriat rapide (Der). Devant une assistance composée majoritairement de femmes et de militants qui ne cessaient de louer les actions du chef de l’Etat, ce dernier a déclaré en plein discours : ‘’J’ai l’impression que l’envie de battre campagne me domine. Parce que je ne cesse de parler de politique. Il me faut certes attendre encore un peu, mais je suis pressé de le faire.’’

Droit d’expression du Président ou provocation volontaire ? En tout cas, hier, la cérémonie qui devait revêtir un caractère socio-économique a été digne d’un meeting politique. Les militants et sympathisants de la majorité présidentielle ont été fortement mobilisés à bord de minibus ou cars rapide, avec des t-shirts. Certains, ne pouvant pas accéder à la salle, étaient juste campés dans le hall du Centre international de conférence Abdou Diouf pour suivre la cérémonie sur un écran géant.  Ceux qui ont eu accès à la salle n’ont pas manqué d’amener avec eux des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : ‘’Macky second mandat’’. Pourtant, dans son discours, le président s’est défendu d’avoir initié la Der pour des besoins de campagne, comme il le lui est reproché. Macky Sall déclare ne connaître aucun des bénéficiaires, à l’exception de deux dames.

Dans tous les cas, cette sortie, ajoutée à celle du week-end, montre que le capitaine de l’équipe de Benno Bokk Yaakaar est obsédé par la Présidentielle. Samedi dernier, Macky Sall a déclaré que l’opposition ignore qui il est, tout en se disant sûr de remporter l’élection au Fouta à 100% et à Fatick à 90%. Il a également demandé à la jeunesse de son parti d’occuper les réseaux sociaux pour défendre son bilan, à défaut de pouvoir  investir les plateaux de télévision.

Italie : 4 Sénégalais tués, les images de l’accident

0
Quatre Sénégalais sont morts ce lundi dans un accident en Italie. Les victimes étaient avec huit de leurs compatriotes parmi les 25 Africains dont la voiture a heurté un camion. Voici les images de l’accident.

Fête d’Indépendance : Alassane Ouattara décrispe, Simone Gbagbo amnistiée

0

Un geste de pardon et de réconciliation nationale à la Mandela ! Le chef de l’État ivoirien a déclaré avoir signé ce lundi une ordonnance portant amnistie de 800 détenus poursuivis pour des crimes en lien avec la crise post-électorale de 2010-2011. Parmi eux, l’ancienne Première dame, Simone Gbagbo.

Alassane Ouattara s’exprimait en direct à la Radio télévision nationale (RTI), à l’occasion de son discours de célébration de la fête nationale. Le président ivoirien a annoncé avoir procédé, lundi 6 août, à la signature d’une ordonnance portant amnistie de 800 détenus poursuivis pour des crimes en lien avec la crise post-électorale de 2010-2011, mais aussi pour des infractions contre la sûreté de l’État commises après son investiture, le 21 mai 2011.« Sur les 800, environ 500 sont déjà en liberté provisoire ou en exil et verront leur condamnation pénale effacée », a précisé Alassane Dramane Ouattara (ADO), qui a insisté sur le fait qu’une soixantaine de militaires ayant commis des crimes de sang ne sont pas concernés par la mesure.

Simone Gbagbo, Soul to Soul et Lida Kouassi amnistiés

Parmi les personnes concernées par l’amnistie figurent l’ancienne Première dame Simone Gbagbo, les ex-ministres Lida Kouassi et Assoa Adou, ou encore Souleymane Kamaraté Koné, alias Soul to Soul, le collaborateur de Guillaume Soro. « Ils seront libérés prochainement », a expliqué le chef de l’Etat.« Il s’agit là d’une mesure de clémence de la nation entière envers ses filles et ses fils. J’invite tous les bénéficiaires de cette amnistie à faire en sorte que notre pays ne revive plus jamais de tels événements et ne sombre plus jamais dans la violence », a-t-il poursuivi.Incarcérée depuis avril 2011, Simone Gbagbo avait été condamnée à vingt ans de prison pour atteinte à la sûreté de l’État. L’ancienne Première dame avait par la suite été innocentée par la cour d’assises d’Abidjan des accusations de « crime contre l’humanité » et de « crime de guerre ». Néanmoins ce jugement avait été cassé jeudi 26 juillet par la Cour suprême, ouvrant la voie à un nouveau procès.
SI TOUT SE PASSE BIEN, SIMONE GBAGBO POURRA SANS DOUTE ÊTRE LIBÉRÉE CETTE SEMAINE
« Je suis actuellement à l’école de gendarmerie avec Simone Gbagbo. Je viens de lui apprendre la nouvelle de son amnistie. Elle est ravie et elle est impatiente de rentrer chez elle. Je ne m’y attendais pas du tout. Pour moi, cette amnistie était à mettre sur le compte des rumeurs, je l’ai apprise en regardant le président Alassane Ouattara ce soir à la télévision », a déclaré Me Rodrigue Dadjé, l’avocat de l’ancienne Première dame, dans les minutes qui ont suivi l’annonce.« Je vais prendre contact avec le ministère de la Justice. Si tout se passe bien, Simone Gbagbo pourra sans doute être libérée cette semaine », poursuit-t-il.

Portrait intimiste, lyrique et poétique de la lutte sénégalaise par un photographe américain

0

Nico Therin est photographe depuis 10 ans. Comme un enfant curieux, il a été attiré par les formes et les couleurs, mais ce n’est que quand il a déménagé de la France aux Etats-Unis pour aller à l’université qu’il a sérieusement décidé d’étudier la photographie. Après avoir exploré le moyen de le faire pendant un certain temps, Therin a réalisé ce qu’il aimait à ce sujet: la photographie lui offre l’opportunité de passer du temps avec des gens qui sont différents de lui, et « les photos finissent par être le sous-produit des moments sincères que je suis chanceux d’avoir partagé avec mes sujets. « Ce n’est pas une surprise que Therin se soit finalement retrouvé au Sénégal, où il s’est retrouvé face à face avec des lutteurs.

Avant de venir à Dakar, Therin a fait des recherches sur la lutte sénégalaise et s’est retrouvé en contact avec un homme nommé Balut Pathé Boy dont le surnom est  « Big Pato. » Big Pato est un champion de lutte sénégalaise qui se trouve être également un agent de police. Therin raconte que Big Pato était avec lui tout au long du projet. De Big Pato, Therin dit: « C’est un athlète incroyable avec un grand cœur. Il m’a dit un jour: «Je me lève le matin pour servir les autres.» Il était avec moi à chaque instant pendant que j’étais là et m’a vraiment aidé à réaliser le projet. J’ai eu la chance de passer du temps avec lui et nous restons toujours en contact.  » Au début, Therin était attirée par les lutteurs sénégalais uniquement pour des raisons esthétiques. Mais après avoir approfondi le sujet et fait plus de recherches sur ce sport, il a également été attiré par son aspect mystique. Therin indique que « le moment le plus positif sur ce projet est quand il a réalisé à quel point le pic du combat est intimiste et gracieux. C’est ce qui a façonné la façon dont il a photographié les lutteurs. « 

Dakar : Un ‘Über des fosses septiques’ pour briser le cartel des vidangeurs

A Dakar, en particulier en banlieue, beaucoup de maisons ne peuvent pas simplement se débarrasser de leurs selles dans un tout-à-l’égout. Il est fréquent que les selles soient stockées  dans une fosse septique qui doit être vidée à chaque fois. Et il y a deux façons de le faire: le « bon marché » – ou avec le cartel de vidangeurs de fosses septiques qui traite exclusivement des eaux usées brutes. Un exemple du « gars bon marché » est un homme qui s’appelle Djiby. Il dit qu’il est un « baay pelle ». Baay Pelle vide la fosse septique avec sa pelle et son seau, puis il vide le seau dans un trou dans la rue. De toute évidence, ce processus n’est pas sain. Cela rend les gens malades. « Cela peut causer certaines maladies, les jeunes enfants jouent sur le terrain … cela peut causer beaucoup de maladies pour les jeunes enfants et pour nous », dit Djiby. Il y a une meilleure option. Un camion aspirateur géant – appelé « aspirateur de toilettes » – peut venir chez vous, enlever les déchets et amener les eaux usées dans un centre de traitement.

C’est là que le cartel entre en jeu. Les lois de l’économie fonctionnent généralement bien, mais pas en ce qui concerne les cartels. Les cartels se produisent lorsque les entreprises se réunissent et fixent les prix. Pensez OPEP pour le pétrole. Les cartels nuisent à la concurrence et font monter les prix. Et cela est généralement mauvais pour les consommateurs. Si vous voulez louer un aspirateur de toilette, vous devez vous rendre dans un parking derrière le stade Senghor de Dakar, où tous les conducteurs sont juste à côté de leurs camions. Lorsque l’un d’entre eux vous donne un prix, vous ne pouvez pas vous promener et essayer d’obtenir un meilleur prix auprès des autres.

Même si ce sont des entreprises différentes, elles ont décidé, en tant qu’association de membres non concurrents, de garder des prix élevés, généralement entre 25 000 FCFA et 30 000 FCFA, selon la taille de la fosse septique, soit deux fois plus que le prix à payer à un Baay Pelle. Pour beaucoup de gens à Dakar, 25 000 FCFA représentent un mois de salaire. Et, ainsi, les gens optent souvent pour l’option des eaux usées dans la rue – juste pour économiser de l’argent. Le gouvernement du Sénégal a décidé de changer les choses et a fait appel à une économiste. Molly Lipscomb, professeure agrégée à l’Université de Virginie, a rejoint une équipe de chercheurs du groupe Innovations for Poverty Action – une association à but non lucratif qui aide à résoudre les problèmes dans les pays pauvres. Elle savait qu’ils devaient trouver le moyen de faire en sorte que les camionneurs commencent à se battre sur le prix. Ils ont tous un téléphone portable, s’est-elle dit, et elle a demandé si elle pouvait mettre en place un système permettant aux gens de commander un des camions par SMS. Son idée s’est transformée en « Uber for Poop ». « Uber est un marché qui fonctionne très bien et je pense qu’ils ont fait de grandes choses pour le transport », dit-elle. « Donc, si c’est Uber pour Poop, c’est génial. »

L’équipe a mis en place un centre d’appels pour organiser une sorte d’enchère. Si vous vivez à Dakar et que votre fosse septique nécessite une vidange, vous pouvez  appeler un numéro de téléphone et l’offre d’emploi serait envoyée à une douzaine de conducteurs différents. Vous pourriez voir qui d’entre eux serait le moins disant.

Les annonces ont été diffusées pour informer les clients potentiels du service. Le mot s’est propagé aux camionneurs. « Imaginez toutes les personnes assises à la maison avec leurs fosses débordantes », a déclaré Lipscomb aux camionneurs. « Ce sont des gens qui ne vont pas venir sur le parking … ce sont des clients potentiels. » Un des chercheurs, Josh Deutschmann, a déclaré que les camionneurs renverraient d’abord des prix exorbitants. « Mais alors ils commenceront à voir, OK, c’est le prix qui marche dans ce quartier; peut-être que je pourrai le minimiser la prochaine fois », déclare Deutschmann. « Et regardez juste … le processus en temps réel de la compétition se déroulant en l’espace de quelques semaines et mois était vraiment très excitant. » Les camionneurs gagnaient moins d’argent pour chaque travail, mais ils travaillaient davantage.

Plus de personnes à Dakar choisissent désormais l’une option plus propre des vidangeurs. Lipscomb indique que, jusqu’à présent, les prix pour les camions de vidange ont baissé en moyenne de 7%, la baisse variant d’un quartier à l’autre. Le camionneur Cheikh Gueye dit qu’il n’était pas content de perdre les prix élevés, mais il a quand même envoyé ses offres. « Maintenant, c’est la concurrence et vous devez travailler dur pour obtenir quelque chose dans votre entreprise », dit-il. Le centre d’appels expérimental est maintenant pris en charge par une entreprise privée. L’objectif est de l’étendre à tout Dakar afin de contrer le cartel.

Expo à Madrid : magnifiques photos de Sénégalais(es) des années 20 aux années 50

Tout comme les instagrammers d’aujourd’hui remettent  en cause les stéréotypes de l’Afrique à l’ère numérique, la photographie en noir et blanc de Mama Casset a utilisé les outils de l’ère coloniale pour défier le récit d’une Afrique sauvage. Ses sujets posent dans des postures qui défient les images des Africains créées par les photographes blancs de l’époque (et aussi, certains aujourd’hui).

Aujourd’hui, son travail trouve un nouveau public dans une exposition au Círculo de Bellas Artes de Madrid, «Premiers talents de la photographie sénégalaise», jusqu’au 26 août.

Organisé par la Fondation Ankaria, cette expo célèbre Mama Casset en tant que pionnier de la photographie sénégalaise, tandis que l’élégance des photographies d’un photographe inconnu  au sein de cette collection révèle des pans d’histoire rarement vus.

 

Fada, Mamadou Lamine Keïta, Khafor Touré : de ‘réformateurs du PDS’ à Messieurs ‘Yes Sall’

Ils ont pour noms, Modou Diagne Fada, président du parti Les démocrates réformateurs (LDR/Yessal), Mamadou Lamine Keïta de la Convergence des démocrates pour le développement (CDD), ou encore Abdou Khafor Touré, président fondateur du club «Esprit Républicain».

Tous alors signataires du mémorandum pour demander la restructuration du PDS, ils avaient été accusé d’être à la solde du président Macky SALL et d’avoir reçu de l’argent de la part du chef de l’Etat.

Déjà, Farba SENGHOR, Chargé de la propagande du PDS, le 9 juin 2015, a été l’un des premiers à porter tout haut cette allégation, lors d’une rencontre convoquée par le Secrétaire général national de la formation libérale, Me Abdoulaye WADE et les «réformateurs». Pour enfoncer le clou, l’ancien président du groupe parlementaire libéral, Doudou Wade, avait vilipendé, devant l’assistance, Mamadou Lamine KEÏTA, absent de la rencontre, en lisant un message que ce dernier lui aurait transmis peu avant la rencontre. Dans le message en question, le maire de Bignona aurait avoué avoir rencontré le président Macky SALL qui leur aurait soumis «des propositions concrètes, il y a plus d’un an».

Tout naturellement, les «frondeurs» du PDS avaient balayé d’un revers de mains les accusations portées contre eux. De l’avis de Modou DIAGNE Fada, président du groupe parlementaire Libéral de l’époque, «c’est classique qu’on vous accuse de travailler pour le pouvoir, de chercher à saboter le parti». Modou DIAGNE Fada avait même menacé de «traîner devant les tribunaux» Farba SENGHOR, s’il a «le courage de le répéter». Aujourd’hui, force est de constater que tous ces leaders politiques précités, qui voulaient une restructuration au sein du Pds, ont choisi d’accompagner le président de l’Alliance pour la République (APR), Macky SALL pour un second mandat à la tête du Sénégal. 

Y En A Marre: Fadel Barro fait le bilan de leur université d’activistes

Du 23 au 28 juillet dernier, s’est tenue à la place du Souvenir africain la première édition de l’Université populaire de l’engagement citoyen (Upec). Elle a regroupé des activistes venus de toute l’Afrique. Ensemble, ils prônent un changement positif du continent africain. Dans cet entretien, le coordonnateur du mouvement Y en a marre, qui accueillait la première édition de l’Upec, Fadel Barro, revient sur les tenants et les aboutissants de cette première rencontre citoyenne.

Globalement, que peut-on retenir de la première édition de l’Université populaire de l’engagement citoyen ?

Cette session a été d’une très grande satisfaction et un succès total. Sur le plan de la mobilisation des Africains, il y a, au bout du compte, 30 nationalités qui ont répondu présent avec 26 mouvements. On était plus de 90 participants, plus la diaspora américaine qui a également pris part aux différentes activités. Le contenu de ces dernières a été riche. Parce que beaucoup de professeurs comme Zachariah Memphily, Said Ahmed et l’écrivain Fewline Sarr ont apporté leurs contributions. Il a eu 14 performances et prises de parole fortes des mouvements citoyens.

Filimbi et Lucha de Rdc, Balai citoyen du Burkina Faso, Lyina du Tchad, Our Destiny, Jeune et Fort de Cameroun, Ras-le-bol du Congo, Wake-up de Madagascar, Sindimujia du Burundi jusqu’au dernier né des mouvements citoyens – Ana Taban du Soudan du Sud – ont été représentés. Ainsi, on peut dire que c’était l’Afrique qui était présente à ces rencontres. De la Tunisie à Madagascar, en passant par les Comores, on peut dire que c’est l’Afrique qui était présente, en plus de l’Amérique du Nord et des Caraïbes. La mobilisation des artistes, aussi, a été un grand succès. On a eu la participation d’une quinzaine d’artistes, à savoir Tiken Jah Fakoly, Khadja Nin, Smockey…

Je peux ainsi dire que les travaux se sont déroulés dans une ambiance d’authenticité africaine. L’Upec a eu un impact international, tout le monde en parle. On a été très satisfait et on en sort, en tant que jeunesse africaine, grandi. Non seulement nous avons assuré le leadership, mais nous avons démontré que la jeunesse africaine est capable de rayonner à travers le monde et à travers son engagement citoyen.

Vos échanges ont tourné autour de quoi ?

Chaque jour, il y avait une thématique bien définie au cœur des discussions. Le premier jour, on a parlé de l’enjeu des mouvements citoyens. Le deuxième jour, on a échangé autour de la perspective des mouvements citoyens et le troisième jour, on a débattu sur l’Afrique réinventée. Cette conférence a été introduite par le professeur Felwine Sarr. Chaque après-midi, les mouvements citoyens nous ont renseignés sur la situation de leur pays. Ça a été très varié. Nous avons eu des causeries qui sont allées de la répression à la confiscation des libertés.

La cause féminine, c’est-à-dire la question du genre, de la participation des jeunes, de la préservation de la violence contre les femmes et les enfants était au cœur des préoccupations. On a débattu de tout. On a échangé aussi sur les prospectives, en essayant de voir comment l’Afrique doit être structurée. Nous avons également beaucoup parlé de la décolonisation, de l’esclavage en Libye, de la décolonisation des concepts et des idéologies, du savoir, de l’Afrique et de l’africanité. Mais on a essayé de voir comment assurer notre indépendance financière.

Deux tendances se sont dégagées lors des débats : certains étaient pour un engagement politique des mouvements et d’autres pour un engagement citoyen. Finalement, qu’est-ce qui a été décidé ?

Cette question n’a pas été inscrite au débat.  Elle n’a pas été posée sur la table des discussions, mais oui, dans les coulisses. Ce n’était même pas à l’ordre du jour, c’est venu comme ça dans les divers. Certes, certains ont dit qu’il fallait aller au-delà de l’engagement citoyen et s’engager politiquement, mais cela n’a pas été tenu en compte. On reste exclusivement sur la citoyenneté.

Finalement, Afikki, qui doit regrouper tous les mouvements citoyens d’Afrique, a-t-il vu le jour ? 

Le réseau s’appelle Afrikki Mwinda. Il a été mis en place depuis 2016. Dakar a été juste une étape de formalisation. Afrikki Mwinda regroupe tous les mouvements citoyens africains. Désormais, il est chargé d’organiser l’Upec et les autres activités qui concernent les différents mouvements. Quand il y a un problème quelque part, c’est le réseau qui organise des activités de solidarité avec les différents groupements. Il va également être le porte-parole des différents mouvements dans les grandes institutions. Certes, il y a de la distance, mais nous communiquons via les réseaux sociaux et on n’exclut pas de tenir une réunion dans un de nos pays.

Cet engagement serait-il un moyen de changer ou d’unir le continent africain ?

C’est un engagement panafricaniste et pour l’unité africaine. Pour l’instant, on l’a réussi avec les jeunes et la communauté. Plus tard, ce qu’on souhaite, c’est qu’il y ait une unité africaine.

La prochaine édition de l’Upec se tiendra où ?

Pour le moment, il y a plusieurs pays qui veulent bien accueillir cette initiative. Cela peut se tenir à Dakar pour une deuxième fois ou dans un autre pays. Pour l’instant, rien n’a été définitivement retenu dans ce sens. Car pour le choix, il faut d’abord voir la stabilité et l’accessibilité du pays. Il y a plusieurs facteurs à prendre en compte. Le moment venu, ce sera au comité de pilotage de s’en charger et ce sera dans un an.

En matière d’organisation, qu’elles ont été les difficultés notées lors de cette première édition ? 

En gros, il n’y a pas eu de difficultés majeures. Cette rencontre a été préparée il y a 3 ans, donc on n’a pas eu de gros problèmes. Tout a été bien maitrisé. Le seul souci rencontré durant ces 5 jours a été le manque d’eau dans différentes localités.

Que prévoit le mouvement Y en a marre pour le présidentielle 2019 ?

Nous allons mettre en place un plan qui va s’intituler ‘’Signélma ma signéla’’. Le contenu va être dévoilé dans les jours à venir. Nous continuerons également à jouer notre rôle d’éveil. On expliquera aux médias quelle sera notre position dans ce combat.

Est-ce qu’on peut s’attendre à ce que vous accompagniez un candidat ?

 Ce n’est pas encore à l’ordre du jour et je ne le pense pas aussi. On n’a jamais soutenu de candidat et ce n’est pas maintenant qu’on va le faire. Là, nous préparons notre propre plan pour aller à l’élection présidentielle et le moment venu, on le communiquera.