Madagascar : le terrifiant business du kidnapping des hommes d’affaires d’origine indienne

LES AFRIQUES – Depuis 2017, les enlèvements d’hommes d’affaires d’origine indienne se multiplient à Madagascar. Profitant du climat électoral actuel très tendu, les ravisseurs demandent de l’argent, toujours plus d’argent.

Sa voix est douce, ses phrases chantantes, son calme surprenant. Yanish Ismaël a pourtant vécu un « vrai cauchemar » et subi un « traumatisme à vie », confie-t-il. Il y a treize mois, il se faisait enlever par des hommes armés de kalachnikovs près d’Antananarivo, la capitale malgache.

A 26 ans, le jeune homme est devenu la 90e victime connue de ce qui s’apparente désormais à une véritable industrie à Madagascar : le kidnapping contre rançon de personnes issues principalement – mais pas uniquement – de la communauté d’origine indienne. Etablie depuis plusieurs générations sur la Grande Ile, cette communauté comprend quelque 15 000 membres, dont 30 à 40 % ont la nationalité française. Certains d’entre eux ont créé de petites entreprises devenues de véritables empires, au point de figurer parmi les plus grosses fortunes de l’île. La famille de Yanish en fait partie. En 1987, son père, Danil Ismaël, a fondé le groupe SMTP, désormais actif dans plusieurs branches.

En deux semaines, il y a eu quatre enlèvements de ressortissants d’origine indienne, dont trois Français

Yanish est resté en captivité vingt-trois jours – un record – dans des conditions épouvantables : « J’étais dans une pièce de 8 mètres carrés les yeux bandés en permanence, je ne voyais la lumière du jour que lorsque j’allais aux toilettes », raconte-t-il. Surtout, ses gardiens le « torturaient psychologiquement. Ils me réveillaient tôt pour me dire qu’on allait me relâcher et le soir qu’ils allaient me tuer parce que ma famille n’avait pas payé ».

Après son enlèvement, Yanish, très choqué, a préféré s’exiler à Maurice. « Tout se passe bien maintenant, affirme le fils cadet du fondateur. J’ai suivi une thérapie qui m’a beaucoup aidé. » Courageux, il retourne dans son pays, « que j’adore », répète-t-il à l’envi.

Les kidnappeurs sont bien entraînés, équipés de fusils d’assaut, avec un mode opératoire précis

Le 15 juin, pourtant, alors qu’il devait y fêter l’Aïd, il n’a pas pu s’y rendre. Trop difficile. Trop dangereux. Car, depuis le sien, les kidnappings ont redoublé d’intensité, atteignant un niveau jamais vu début juin. « En deux semaines, il y a eu quatre enlèvements de ressortissants d’origine indienne, dont trois Français : Navage Veldjee, Rishi Chandarana, Nizar Pirbay et Moustafa Hiridjee. On en est à 110 depuis 1991 ! » s’indigne Jean-Michel Frachet, directeur exécutif du Collectif des Français d’origine indienne à Madagascar (CFOIM). L’association créée en juin 2017 par des hommes d’affaires entend apporter une réponse policière, judiciaire et psychologique aux kidnappings, « quelle que soit l’origine des victimes », précise M. Frachet. Le CFOIM a déposé une dizaine de plaintes en France et collabore avec la cellule mixte d’enquête anti-kidnapping (CME) mise en place en septembre 2017 par le gouvernement malgache et qui regroupe des policiers, des gendarmes et des fonctionnaires du ministère de la Justice.

A ce jour, néanmoins, les résultats du CME sont maigres : 9 cas traités, 106 personnes interpellées et 21 suspects incarcérés, selon son bilan à la mi-juin. La cellule, peu expérimentée, fait face à deux écueils : « Les kidnappeurs sont bien entraînés, équipés de fusils d’assaut, avec un mode opératoire précis », remarque Jean-Michel Frachet. Des criminels qui auraient des complices au sein des forces de l’ordre, voire à un plus haut niveau, selon plusieurs observateurs…

L’enlèvement de Moustafa Hiridjee, dirigeant d’un des plus gros groupes de Madagascar (libéré depuis), a achevé de terrifier la communauté – mais pas seulement. Plusieurs opérateurs importants songeraient à quitter définitivement la Grande Ile. « Le drame humain se doublerait alors d’un véritable drame économique », déplore Jean-Michel Frachet.

(Avec Paris-Match, Corinne Moncel)

Grande interview – Mamane, 51 ans : « La décolonisation de l’Afrique a été un fiasco »

AFROSPHERE – Celui qui a fait du « Parlement du rire » de Canal+ un phénomène continental veut ouvrir une école à Niamey et un Comedy Club à Abidjan, où Paris Match Afrique l’a accompagné. Le but de Mamane : faire émerger une scène d’humoristes 100 % africaine.

Ses chroniques de « La République très très démocratique du Gondwana » font se tordre de rire les auditeurs de RFI et trembler les chefs d’Etat. A 51 ans, Mohamed Mustapha, alias Mamane, déborde de projets : après le succès de son gala parisien « Sans visa 2 » et la réussite de « Bienvenue au Gondwana », le film le plus rentable de l’année 2017 en Afrique devant « Fast & Furious 7 », le Nigérien prépare un nouveau one-man-show. Mais c’est avec les autres qu’il excelle. Celui qui a fait du « Parlement du rire » de Canal+ un phénomène continental veut ouvrir une école à Niamey et un Comedy Club à Abidjan, où Paris Match Afrique l’a accompagné. Son but : faire émerger une scène d’humoristes 100 % africaine. Abidjan, le 25 mai. Après une carrière en France, l’humoriste nigérien vit en Afrique, au plus près de sa famille. “Le Parlement du rire” est une satire, un moyen pour vous de critiquer tout en subtilité les institutions africaines… Mamane. L’humour est la plus belle arme que l’on puisse utiliser ! C’est la politesse du désespoir. Quand on est au fond du trou, la lumière c’est le rire. Au “Parlement”, on cherche toujours le mot d’esprit qui va permettre d’espérer et de s’en sortir. C’est plus que nécessaire en Afrique. Ici, on m’appelle “Monsieur le Président” [du “Parlement du rire”] et on souhaite que je parle des chefs d’Etat et de leurs actions, mais aussi de tout ce qui ne marche pas ou plus sur notre continent. C’est grisant et surtout nécessaire pour éveiller les consciences.De quand date votre engagement ? Je crois bien de toujours ! Mon père était diplomate, j’ai passé une partie de mon enfance au Niger, puis en Côte d’Ivoire et au Cameroun. Mon père rapportait des journaux comme “Le Monde” et “Jeune Afrique”, alors je m’imprégnais de ces lectures. Je lisais aussi beaucoup de romans, je regardais la BBC, j’écoutais RFI et les infos en haoussa, ma langue maternelle… Bref, je suis devenu très vite un enfant concerné. Nous, les Nigériens, nous avons ce tropisme politique. Les syndicats sont très forts, c’est notre côté français ! On râle tout le temps ! Chez moi, de mes sketchs à mes chroniques, tout part d’une colère.
Au Niger, je ne suis jamais resté plus de trois mois dans une ville. Nous étions réellement des itinérants !
Humoriste, chroniqueur, polémiste, c’était donc une évidence ? Difficile de dire l’inverse aujourd’hui [Rires.] Mais, au départ, c’était loin d’être le cas. Je n’ai jamais rêvé de faire de la scène. Quand j’ai quitté l’Afrique pour terminer mes études en biologie végétale, je ne pensais pas du tout à cette carrière. Je suis arrivé à Montpellier, inscrit en agronomie, persuadé que j’allais écrire ma thèse ; je voulais devenir scientifique à Niamey ! Mais mon année de DEA m’a dégoûté de la vie de labo… Le début de la fin ! J’ai alors commencé à faire de la scène, écrit mon premier sketch en 1998 et chopé le virus.Vous êtes né au Niger, à Agadez. Vous avez eu une enfance privilégiée. Pourquoi avoir quitté ce pays que vous aimez tant ? Quand mon père est devenu préfet, on a été obligé de le suivre ! Au Niger, je ne suis jamais resté plus de trois mois dans une ville. Nous étions réellement des itinérants ! Je me faisais des amis un peu partout. Mais il est vrai que, aujourd’hui, quand j’y repense, à l’inverse de beaucoup de gens je n’ai aucun ami d’enfance. Puis mon père a été nommé ambassadeur du Niger en Côte d’Ivoire, puis au Cameroun et au Nigeria… J’ai finalement toujours suivi ! Sans souffrance, ni trop de regrets.
Je ne me voyais pas continuer une carrière en France en laissant l’Afrique derrière moi
Etes-vous croyant ? Ma famille est très croyante et je suis moi-même musulman. Mon prénom a d’ailleurs une signification. Mamane, en haoussa, veut dire Mohamed, et c’est mon prénom à l’état-civil ! Mais au Niger, tout le monde m’appelle Mamane. Alors, quand j’ai dû choisir un nom de scène, je l’ai choisi comme une évidence pour rendre hommage à mes racines.Après une longue période en France, où vous avez une maison, à Montauban, vous décidez de rentrer en Afrique… C’est un retour professionnel et affectif. Je ne me voyais pas continuer une carrière en France en laissant l’Afrique derrière moi. Je suis aujourd’hui en paix avec moi-même. Je voulais venir m’engager sur le terrain, rendre à l’Afrique ce qu’elle m’a donné. Je suis parti avec une bourse d’Etat du Niger et je ne suis pas devenu le physiologiste que j’aurais dû devenir. Donc il faut que je sois là pour mon pays, en professionnalisant l’humour ! D’abord en Côte d’Ivoire, puis au Niger. Aujourd’hui, ce n’est qu’une première étape.
Tout ce qui peut donner une perspective est bon à prendre. Je veux créer une économie de l’humour et je vais y arriver.
Une première étape qui va vous permettre de créer une école d’humour au Niger ! Idéalement, j’aimerais que l’école sorte du sol en 2019. J’ai déjà l’accord du gouvernement, les plans, le lieu… Tout est prêt ! L’établissement sera en périphérie de Niamey, sur 7 000 mètres carrés, avec un théâtre de verdure, une dizaine de chambres pour les internes, un auditorium, deux salles de classe, une salle de spectacle ouverte ou encore des bureaux administratifs. Et, évidemment, je donnerai des cours ! On sélectionnera des élèves confirmés, mais aussi des débutants. Je souhaite donner sa chance à tout le monde.Est-ce que créer une école de ce type au Niger est plus compliqué qu’ailleurs ? Rien n’est simple. Mais si on se dit que c’est difficile, on ne fait rien. Pourquoi les Africains aujourd’hui tentent-ils de passer la Méditerranée parfois au prix de leur vie ? Car l’avenir en Afrique est bouché. Pourquoi rejoignent-ils les groupes terroristes Daech ou Aqmi ? Car l’avenir est bouché. Donc tout ce qui peut donner une perspective est bon à prendre. Je veux créer une économie de l’humour et je vais y arriver.Est-ce que vous inculquez cet engagement à vos enfants ? Je leur donne le goût de la lecture, comme mes parents à l’époque. Rien de plus, rien de moins. A l’heure des tablettes ou des Smartphone, je trouve que c’est fondamental. La lecture crée un lien avec l’autre et de l’empathie. Ils ont 8 et 12 ans, c’est un peu tôt, mais ils me voient écouter la radio tout le temps et regarder les infos… Comme on dit, les chiens ne font pas des chats !
Si on veut être humoriste, producteur ou monter son business, c’est possible. Mais avant tout, l’école. C’est tellement important !
J’ai entendu dire que vous souhaitiez aussi ouvrir un Comedy Club à Abidjan ! Totalement. Et à l’américaine ! Si vous voulez tout de suite aller voir un spectacle ici, ce n’est pas possible. Il n’existe rien, aucune salle, aucune programmation. Une fois cette première salle lancée, je ferai la même chose à Niamey puis au Burkina. Car il faut développer la culture en Afrique à tout prix ! Cela doit être une de nos priorités ces prochaines années.Certaines personnes vous critiquent, notamment parce que vous parlez toujours des choses qui ne vont pas en Afrique. Que répondez-vous à vos détracteurs ? J’ai choisi mon camp ! Je ne suis pas ministre du Tourisme. Si tout va bien, on évite d’aller chez le médecin. Ici c’est pareil, le constat est le même. Je me dois de dire ce qui ne va pas. Et je suis désolé que des opposants au pouvoir en place soient en prison, que les enfants des plus riches soient scolarisés à l’étranger, qu’au moindre pépin de santé nos dirigeants partent se soigner à Neuilly, à Washington ou en Chine… En attendant, on ne fait rien pour le continent et aucun chef d’Etat ne meurt sur le territoire africain.Auriez-vous un conseil à donner à l’Afrique ? Il faut qu’elle fonce, qu’on arrête d’attendre que les autres pays le fassent pour nous. Si on veut être humoriste, producteur ou monter son business, c’est possible. Mais avant tout, l’école. C’est tellement important !
Aujourd’hui, il y a une réelle colère de la jeunesse africaine dans les universités et chez les érudits
Quel est votre prochain défi ? C’est mon seul en scène : “Frontières”. Je pars de la conférence de Berlin de 1884, où les grandes puissances se sont partagé l’Afrique, et je fais ensuite des allers et retours entre hier et aujourd’hui. J’explique les noms de nos pays, les forces en présence et certains épisodes. C’est un spectacle politique qui répond à deux questions : comment sont nées nos frontières et, surtout, comment influent-elles sur notre quotidien aujourd’hui ?Comment jugez-vous l’épisode de la décolonisation ? C’est un des grands fiascos de l’Histoire. On dit souvent qu’on a eu l’indépendance ou qu’on nous l’a donnée. Là est le véritable problème. On ne nous a rien donné, nous ne sommes rien allés chercher, tout est dans la longueur de la laisse ! C’est cela qu’on appelle Françafrique ou néocolonialisme. Aujourd’hui, il y a une réelle colère de la jeunesse africaine dans les universités et chez les érudits. Tous ont le sens des mots, l’analyse et la conscience que tout est possible.
La France fait aussi partie de moi, mais aujourd’hui, ma vie est entre la Côte d’Ivoire, le Niger et le Maroc, dont ma femme est originaire
Où vous voyez-vous dans dix ans ? En Afrique, c’est certain ! Je ne pourrai plus jamais quitter ce continent. La France fait aussi partie de moi, je monte d’ailleurs une collaboration avec Jérémy Ferrari. Mais aujourd’hui, ma vie est entre la Côte d’Ivoire, le Niger et le Maroc, dont ma femme est originaire.Quand vous étiez enfant, aviez-vous l’impression que la vie en Afrique était plus simple qu’aujourd’hui ? Absolument. Quand on vivait à Abidjan, j’étais à l’école primaire et, pourtant, je m’en souviens, je pouvais sortir à pied, prendre le bus, partir pour la journée… Encore plus jeune, au Niger, je faisais du vélo sur la route qui menait à la frontière du Nigeria. On partait le plus loin possible jusqu’à l’épuisement ! Aujourd’hui, c’est impensable. On vit dans une insécurité constante.Votre plus grand souhait ? Que les humoristes africains puissent enfin vivre de leur art ! Et, pour ma part, entre la radio, le Comedy Club, l’école et le spectacle à venir, je vais tenter de dormir un peu !

( Avec Paris – Match, par Anthony Verdot-Belaval)

La Chine investit 32 milliards au Sénégal et ….plus de 7000 milliards de FCFA en Afrique du Sud

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LES AFRIQUES – Pour son périple africain, le numéro un chinois aura donc visité le Sénégal en premier, puis l’Afrique du Sud, avant de terminer au Rwanda. AU Sénégal, Xi Jinping aura inauguré le don chinois de l’arène de lutte, soit 32 milliards offerts au Sénégal. EN Afrique du Sud, c’est 14 milliards de dollars d’investissement chinois qui ont été annoncés, soit 7689 milliards de FCFA.

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa et son homologue chinois Xi Jinping en visite à Pretoria ont signé mardi une série d’accords de coopération pour renforcer les relations bilatérales. Cette visite d’État fait suite à la récente réélection du président Xi Jinping et à l’élection du président Cyril Ramaphosa. Il y aura une visite d’État réciproque juste avant le sommet de Focac (Forum sur la coopération sino-africaine) en septembre. Les deux pays entretiennent des relations diplomatiques et économiques depuis 20 ans. Pékin a décidé d’investir 14 milliards de dollars en Afrique du Sud. La Chine est le plus grand partenaire commercial de l’Afrique du Sud sur le continent. « La Chine est prête à investir et à travailler avec l’Afrique du Sud dans divers secteurs tels que l’agriculture, le commerce et la technologie, entre autres », a déclaré le dirigeant chinois. Pour sa part, le président Ramaphosa a déclaré : « Notre relation a dépassé les relations bilatérales et les relations stratégiques. »

La Chine est notamment venue au secours de plusieurs entreprises publiques sud-africaines en difficulté. Le géant de l’électricité Eskom, au bord de la faillite, a conclu un prêt de 2,5 milliards de dollars auprès de la Banque de développement de Chine. Il a enregistré une perte de 1,7 milliard de dollars l’an dernier. De 2008 à 2015, l’Afrique du Sud avait connu plusieurs épisodes de rationnement de l’électricité qui avaient sérieusement affecté l’économie du pays. Le transporteur Transnet a aussi reçu mardi de l’argent frais de la Banque industrielle et commerciale de Chine. Ces prêts arrivent à point nommé pour le président Ramaphosa, qui a succédé en février à Jacob Zuma, empêtré dans des affaires de corruption.

Les échanges bilatéraux ont totalisé 39,17 milliards de dollars (525 milliards de rands) en 2017. Les statistiques montrent que les investissements directs de la Chine en Afrique du Sud ont augmenté de plus de 80 fois et dépassé les 10,2 milliards de dollars. Cependant le nouveau chef de l’État s’est donné comme priorité de relancer l’économie de son pays, la première puissance industrielle d’Afrique. Dans ce sens il a reconnu qu’il existe un déséquilibre commercial entre les deux États. « Nous avons également reconnu que, même si les chiffres du commerce ont augmenté régulièrement au cours des dernières années, le commerce bilatéral n’a pas atteint son potentiel. Nous avons donc exploré des pistes pour augmenter le commerce, identifier les secteurs pour les investissements futurs et promouvoir le tourisme et lutter contre la corruption qui gangrène notamment les entreprises publiques » a souligné Cyril Ramaphosa.

Arène, don chinois ? Versions différentes des ministres Matar Bâ et El Hadj Kassé

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L’affaire est agitée. Après les 32 milliards de FCfa annoncés par des autorités étatiques, la Chine a pris de court tout le monde en inscrivant au fronton du stade : «Aide de la Chine.» Malaise…

Février 2014 : La déclaration de Macky Sall

28 février 2014. Le Président de la République, Macky Sall, arrive à l’aéroport Léopold Sedar Senghor en provenance du Nigeria. Il vient d’assister à la cérémonie marquant le centenaire de la réunification des protectorats du Nord et du Sud du pays. Ce jour-là, le Président Macky Sall est tout heureux d’annoncer au peuple de l’arène qu’une enveloppe de 24 milliards est déjà disponible pour la construction de l’arène nationale. Ces propos d’hier ne font l’ombre d’un doute aujourd’hui. «Pour l’arène nationale, le financement est bouclé. La Chine vient de nous accorder un don de 8 milliards et un prêt sans intérêt de 16 milliards de FCFa», confie-t-il soulagé. Le Chef de l’Etat y ajoute même une couche. «Ce sera une arène moderne avec toutes les commodités.»

Avril 2016 : Le mauvais coût de 32 milliards de FCFa de Matar Bâ

La pose de la première pierre de l’arène est prévue le 07 avril 2016. L’occasion est belle alors pour  le ministre des Sports de recevoir la presse le 02 du même mois pour annoncer la bonne nouvelle. Il avait ainsi annoncé  que  ce joyau est financé à hauteur de 32 milliards de FCfa par le Sénégal en collaboration avec la République Populaire de Chine. «Cette arène nationale sera une plateforme multifonctionnelle et permettra à plusieurs disciplines d’en profiter. D’ailleurs, on aura des centres d’hébergement, un parking intérieur, des bureaux pour des Fédération, etc.», avait  révélé  Matar Bâ. Selon lui, cette nouvelle infrastructure va générer de l’emploi pour la jeunesse de Pikine et environs. «Ces travaux auront besoin de 500 emplois et ceux de Pikine et alentours vont en profiter. Les chantiers vont débuter juste après la pose de la première pierre et les travaux dureront 2 ans 4 mois (28 mois)», renseignait-il.

22 juillet 2018 : Xi Jinping offre l’arène au Sénégal

Il a fallu la venue du Président Chinois pour procéder à la remise des clefs pour que la lumière du financement de l’arène nationale s’éclaircit pour de bon. Alors que le flou total demeurait chez certains sénégalais. Eux qui croyaient que l’arène nationale avait  été financée à hauteur de 32 milliards FCfa par l’Etat du Sénégal ont la surprise de leur vie quand ils ont vu «Aide de la Chine » en gros caractères sur le mur d’entrée. Confortés par l’article de la BBC qui titre : «La Chine offre une arène au Sénégal.»

Pourtant le ministre Matar Bâ, dans une émission télé  à la 2Stv, avait bien déclaré que l’Etat du Sénégal a financé l’arène nationale à hauteur de 32 milliards. Acculé, le ministre conseiller en communication du Président de la république déclare à 7tv, qu’il n’a jamais été dit que l’arène était entière financée par l’Etat du Sénégal. Il dira que le gouvernement Chinois a décaissé 24 milliards pour la construction de l’arène nationale. Puis il a reçu une flopée de critiques sur les réseaux sociaux.

Matar Bâ, pour sa part, avait déclaré : «Le montant du financement de l’arène nationale s’élève à 32 milliards. L’Etat du Sénégal a décaissé une enveloppe de 5 milliards pour la réalisation de ce projet, et le reste de la somme est complété par le gouvernement chinois».

Entre les déclarations de Macky Sall, son ministre Matar Ba et son porte-parole El Hadji Hamidou Kassé, il y a de quoi donner du tournis aux Sénégalais.

Al Boraq, le TGV marocain, a pris trois ans de retard

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Alors qu’elle ne devrait transporter des passagers qu’à la fin de l’année, soit trois ans après la date initiale prévue de mise en service, la première ligne à grande vitesse d’Afrique attend de finir ses ultimes essais.

Le futur TGV marocain reliera Tanger à Casablanca, via Rabat, la capitale du royaume. Le temps de trajet sera ramené à 2 h 10 entre Tanger et Casablanca, contre 4 h 45 actuellement, et de 1 h 20 entre Tanger et Rabat, contre 3 h 45 aujourd’hui. À terme, le TGV permettra également de ramener le temps de trajet entre Tanger et Marrakech à 4 h 45, au lieu de 10 heures aujourd’hui. Douze nouvelles rames assureront les rotations.

Entrée en service fin 2018

L’Office national des chemins de fer du Maroc (ONCF) – la SNCF marocaine – affirme que le TGV entrera en service au dernier trimestre 2018. La ligne nouvelle est d’ores et déjà terminée et, le 4 mai dernier, un train d’essai a atteint la vitesse de 357 km/h entre Tanger et Kénitra sur les 200 km de l’infrastructure actuelle. Ces essais de survitesse, soit 10 % au-dessus de la vitesse commerciale maximale de 320 km/h, ont permis d’établir le record de vitesse sur une ligne ferroviaire sur le continent africain. La concurrence est certes modeste. Le Nigeria avait bien annoncé en janvier dernier un record mondial avec un « TGV » roulant parfois à 150 km/h entre Abuja à Kaduna, soit 200 km sur une ligne nouvelle parcourus en deux heures…

Pré-exploitation et rodage

Depuis le 19 juin, la ligne nouvelle de 200 km Tanger-Kénitra, ville qui abritera par ailleurs la future usine automobile PSA, est donc « en phase de pré-exploitation et de rodage », selon les termes de l’ONCF. Les trains roulent et se succèdent, comme si des passagers y étaient transportés. Ces essais visent à valider le matériel roulant et l’intégralité de son infrastructure, avec ses systèmes d’alimentation électrique, de signalisation, de télécommunications, et ses raccordements aux gares de Tanger et de Kénitra. Et le 12 juillet dernier, le roi Mohammed VI a donné un nom au futur TGV, « Al Boraq », le cheval ailé. L’ONCF a lancé un concours public pour la conception du logo du nouveau TGV. Les tarifs ne sont pas encore publiés, mais la rumeur court que le TGV marocain serait le moins cher du monde (pour le passager). Selon les prévisions des chemins de fer marocains, trois ans après la mise en service, environ 6 millions de personnes devraient utiliser annuellement le moyen de transport.

De nombreux ouvrages à assurer

Cette première ligne d’un réseau prévu d’environ 1 500 km, au calendrier à définir, a demandé la construction de 169 ponts de routes et ponts de rail, ainsi que 117 ouvrages hydrauliques. La douzaine de viaducs totalisant un linéaire de plus de 10 km. Les difficultés inhérentes à ce type de projet n’ont pas manqué. Le viaduc d’El Hachef, le plus important du projet, a la particularité d’être construit dans une zone où règne un fort vent latéral, un mistral maghrébin, qui peut souffler à plus de 120 km/h. Des difficultés rencontrées par le TGV Méditerranée au sud d’Avignon. Et il faut aussi intégrer les contraintes sismiques lors de la construction.

Retards de livraison et obstacles liés aux expropriations

Comme en France, la création des gares dédiées au TGV ont pris du retard et semblent être une des causes majeures de la mise en service repoussée à la fin de l’année. Des conventions relatives à la participation de la Banque islamique de développement (BID) au financement des gares Casablanca Voyageurs, Kenitra et Tanger avaient été signées fin 2016. La livraison des douze rames, les mêmes que les Duplex de la SNCF, a été retardée et la dernière est arrivée il y a deux ans, tenant compte des retards dans la livraison de l’atelier de maintenance près de Tanger. Celui-ci sera exploité en coentreprise avec la SNCF. Mais les plus longs retards ont été liés selon l’ONCF à la lenteur des expropriations des terrains à dégager pour la ligne nouvelle.Pour rappel, le contrat TGV entre la France et le Maroc a été scellé en 2011 par Nicolas Sarkozy. Il implique l’ONCF, Alstom, la SNCF, Thales, Colas, etc., pour un investissement de 2,1 milliards d’euros dont 400 millions pour le matériel roulant, financé à 51 % par des prêts garantis par la France. Un coût 15 % plus élevé qu’au départ est attribué aux retards.

Thierry Pairault, sinologue : « La présence des Chinois en Afrique n’est pas une présence d’investisseurs »

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ANALYSE. Quelle place occupe l’Afrique dans les nouvelles routes de la soie mises en œuvre par la Chine ? Dans cet entretien, le sinologue Thierry Pairault répond et met en lumière la logique de l’Empire du Milieu sur le continent africain.

Ce sont des routes qui sillonnent une partie du globe, relient des continents. En anglais, l’initiative lancée en 2013 par le président chinois Xi Jinping s’intitule « One Belt, One Road » (littéralement : « une ceinture, une route »). En français, on évoque « les nouvelles routes de la soie », en référence au réseau routier entre l’Asie et l’Europe qui, durant des siècles, a favorisé les échanges commerciaux entre les deux continents.

Derrière ces slogans, des constructions d’infrastructures (ports, chemins de fer, routes, etc.), des prêts, des programmes d’investissements, une banque de développement ou la mise en place de zones économiques spéciales chinoises. Deux grands axes se dessinent : une route entre Xi’an, dans le centre de la Chine, et l’ouest de l’Europe, et un axe maritime qui assure la liaison Chine-Europe à travers l’océan Indien, le canal de Suez et la Méditerranée.

Si le coût total (jusqu’à 1 000 milliards de dollars) de cette initiative et le nombre de pays concernés (au moins une soixantaine) varient selon les sources, la place qu’elle accorde à l’Afrique peut aussi faire l’objet de spéculations. Les chantiers faramineux engagés au Kenya et en Éthiopie grâce à des financements chinois, l’offensive de la Chine à Djibouti – avec l’inauguration en août 2017 de sa première base militaire à l’étranger – ou encore la signature d’un mémorandum d’entente avec le Maroc sur les nouvelles routes de la soie en novembre n’y sont certes pas étrangers.

L’Afrique, dont la Chine est devenue le premier partenaire commercial en 2009, est-elle donc dans le viseur des nouvelles routes de la soie ? C’est la question que nous avons posée à Thierry Pairault. Directeur de recherche émérite, ce spécialiste de la relation Chine-Afrique travaille au Centre d’études sur la Chine moderne et contemporaine de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS). S’il tend à minimiser les ambitions et la présence de la Chine en Afrique – notamment avec les nouvelles routes de la soie –, il évoque aussi une autre voie, les « routes électroniques de la soie », qui concernerait davantage le continent. Éclairage.

Le Point Afrique : Djibouti, l’Éthiopie et le Kenya ont intégré les nouvelles routes de la soie, le Maroc a signé un mémorandum… Quelle est la vision de la Chine sur la place de l’Afrique dans les routes de la soie ?

Thierry Pairault : Formellement, c’est un peu compliqué. Deux instances évoquent ce projet en Chine : le ministère du Commerce et le ministère des Affaires étrangères, et ce sont deux ministères qui ne poursuivent pas des objectifs tout à fait identiques.

Pour le ministère du Commerce (MOFCOM), l’objectif premier des nouvelles routes de la soie, c’est l’Europe. Il s’agit d’y acheminer des produits fabriqués en Chine, et dans cette perspective, l’Afrique n’a pas sa place. Si on regarde les tracés de la route terrestre et de la route maritime, toutes ces routes sont faites pour desservir l’Europe. Les ports situés sur les côtes africaines sont avant tout des ports qui ouvrent sur l’Europe, et non vers l’Afrique, y compris le port de Tanger. Ce dernier pouvait prétendre être un port des routes de la soie tourné vers l’Afrique, sauf que les productions tangerines sont d’abord destinées au nord de la Méditerranée. Donc, d’un point de vue strictement économique, les routes de la soie ne concernent pas l’Afrique.

Se greffent ensuite des questions d’ordre politique. Des pays africains ont réclamé à être davantage impliqués dans les routes de la soie, d’où le mémorandum d’entente signé avec le Maroc en novembre 2017. Mais il a été signé par le ministère chinois des Affaires étrangères et non avec le MOFCOM, et le texte précise par ailleurs que le Maroc est le « premier pays arabe du nord-ouest de l’Afrique » à signer le texte. Il ne parle donc pas d’un « pays africain » mais d’un « pays arabe ». Le but du Maroc n’était d’ailleurs pas tant d’être dans les routes de la soie, mais de pouvoir proclamer au peuple marocain qu’il fait partie des routes de la soie. De ce fait, la formule chinoise a été détournée à l’attention du peuple marocain.

Les points d’ancrage de la route maritime en Afrique de l’Est ne peuvent donc pas être vus aussi comme une ouverture vers le continent africain ?

Si on regarde d’un point de vue économique, Djibouti a reçu 0,3 % de l’investissement direct étranger (IDE) chinois en Afrique en 2016 (34e rang parmi les bénéficiaires africains de l’IDE chinois), l’Éthiopie a reçu 3,4 % (10e rang) et le Kenya a reçu 3,6 % (9e rang). Mais aucun de ces pays n’est inscrit dans la liste des pays bénéficiant de l’IDE chinois au titre des nouvelles routes de la soie. Et le Maroc non plus. Le seul pays concerné par des IDE, et donc inclus dans la route de la soie, c’est l’Égypte. Mais rappelons que l’Égypte est incluse dans le Moyen-Orient dans la perception chinoise qui hérite là de la vision définie à la fin du 19e par le Foreign Office et le Quai d’Orsay.

N’y a-t-il pas eu d’investissements chinois pour relier Djibouti à l’Éthiopie, construire des chemins de fer au Kenya, dans le cadre des routes de la soie ?

Le chemin de fer entre l’Éthiopie et Djibouti, à qui appartient-il ? S’il appartient à l’Éthiopie, c’est un investissement éthiopien et une prestation de service de la Chine, et donc, on ne peut parler d’investissement chinois. La Chine aurait pu construire ce chemin de fer même s’il ne lui servait pas à distribuer ces produits puisque c’est la volonté du client investisseur. Il se trouve que la Chine peut vendre ses services et ses produits à l’Éthiopie, l’investissement éthiopien est donc doublement gagnant pour la Chine.

L’Afrique, selon vous, n’est pas visée non plus par le mémorandum signé avec le Maroc, et vous soulignez que le port de Tanger est d’abord un lien vers l’Europe. Cependant, la stratégie marocaine de partenariat sud-sud, et la réintégration du Maroc dans l’Union africaine en 2017 ne sont-elles pas des éléments qui comptent aussi pour la Chine ?

D’abord, il faut rappeler ce qu’est un mémorandum. On se serre la main, et si quelque chose peut se mettre en place, on va le faire, mais il n’y a aucun engagement juridique. On peut lui donner le contenu que l’on veut. Pour l’instant, la Chine au Maroc, ce sont surtout des PME, arrivées avec de grosses entreprises occidentales qui ont relocalisé leur activité au Maroc. Elles font venir des sous-traitants chinois avec lesquels elles ont déjà travaillé en Chine. Mais on ne voit pas de grosses entreprises publiques chinoises… Ce qu’on observe, c’est donc une stratégie des entreprises occidentales pour le marché européen, tout à fait indépendante des routes de la soie. Cette dynamique est la plus marquante, même s’il y a dans le même temps des mouvements d’entreprises chinoises au Maroc, avec par exemple le géant chinois des voitures électriques BYD, qui a l’intention de s’y installer. Mais là encore, ces mouvements sont limités et la Chine reste très prudente.

L’Afrique est-elle dans le viseur de ces acteurs chinois au Maroc, dans une stratégie éventuellement à plus long terme ?

Oui, à plus long terme, si on prend par exemple le secteur de l’automobile, il y a l’Afrique. Mais pour l’instant, le marché africain ne représente que 3 % des ventes de produits manufacturés de la Chine. Le trafic de conteneurs, de produits manufacturés de l’Afrique, représente quant à lui 4 % du trafic mondial. On ne peut pas vraiment parler encore de marché. Or, si vous devez créer une usine, il faut avoir un marché certain, et aujourd’hui, c’est le marché européen qui va motiver et permettre d’amorcer la pompe. Le marché africain est un plus, mais pas pour tout de suite. En revanche, au-delà des routes terrestre et maritime, on observe une troisième voie, qui intègre l’Afrique, et que l’on pourrait qualifier de « routes électroniques de la soie ». Elles font appel à d’autres vecteurs et vont jusqu’à Lomé, au Togo. Il ne s’agit plus ici de vendre des produits, mais d’implanter des systèmes fintech.

De quoi s’agit-il ?

Je m’en suis rendu compte en m’intéressant à la société IZP (IZP Network Technologies Co). Elle a été créée assez récemment sous la tutelle de la Commission nationale chinoise pour le développement et la réforme, pour élaborer et gérer un centre de gestion de métadonnées en lien avec les routes de la soie. Avec elle, une nouvelle route se met en place, et son objectif est de gagner de l’argent, non pas lors de la vente de biens matériels, mais à l’occasion du paiement par un tiers de ces biens matériels. Vous avez donc des entreprises d’un groupe donné qui organisent l’arrivée, le traitement, la diffusion d’un certain nombre de produits – éventuellement leur production – et qui organisent en même temps le système de paiement. Le gain se fait sur cette opération finale, soit le prélèvement de commissions sur des transferts financiers.

C’est un système qui pourrait se mettre en place à court terme ?

IZP s’est associée au groupe China Merchants (coentreprise majoritaire dans la structure qui gère le port et la zone franche de Djibouti) pour créer l’Alliance globale des ports, qui regrouperait déjà 29 ports. Le projet est réalisable à court terme s’ils arrivent à avoir des accords de clearing, ce qui permettra un paiement directement en monnaie chinoise, sans avoir à passer par une monnaie tierce, comme le dollar, l’euro ou le yen. Pour l’instant, IZP a deux filiales : Globebill, la plus grande plateforme chinoise de paiement transnational à un tiers, qui organise donc le paiement, et International Business Settlement (IBS), spécialisée dans l’internationalisation du yuan, et censée organiser le clearing. Des accords financiers ont été signés avec des banques centrales pour organiser ce clearing, qui est fondamental pour la monnaie chinoise. Cela supprime le coût et le risque du change, puisque les produits sont facturés et payés en yuan. Donc ce système pourrait se mettre en place assez rapidement. Et ce faisant, il va placer la Chine dans une position concurrentielle très forte.

Vous parlez d’une route de la soie électronique qui irait jusqu’à Lomé, au Togo, donc il y aurait un axe précis ?

À partir du moment où c’est électronique, et donc dématérialisé, il n’y a pas vraiment de tracé. Mais on peut se représenter un axe Hong Kong-Colombo-Djibouti-Mombasa-Lomé…

Qu’est-ce qui attire surtout la Chine en Afrique aujourd’hui sur le plan économique ?

L’Afrique représente un marché, un endroit où la Chine peut vendre des produits manufacturés et des services. Les montants des prestations de services en 2016 ont été 25 fois supérieurs à ceux des investissements directs étrangers (IDE) chinois en Afrique. Ces derniers représentaient 1,2 % des IDE chinois en 2016, et la tendance, ces dernières années, est à la baisse des IDE en valeur absolue et en valeur relative, au profit des États-Unis et de l’Europe. La France, le Royaume-Uni et les États-Unis investissent beaucoup plus que la Chine en Afrique, sans compter l’Inde, l’Afrique du Sud, et les Émirats arabes unis dont les IDE comptent aussi.

La présence des Chinois en Afrique n’est pas une présence d’investisseurs, contrairement à ce que l’on nous présente souvent. La Chine réalise des prestations de services pour lesquelles elle est payée, et c’est en général le gouvernement du pays qui investit. Cela montre bien que la stratégie de la Chine n’est pas de s’installer en Afrique, mais de vendre immédiatement des produits et des services.

Et d’assurer aussi ses besoins en matières premières ?

Oui, cela fait partie des relations commerciales. Mais les Chinois ont des fournisseurs sur toute la planète.

Au nom de cette relation commerciale, vous montrez dans un article consacré à l’industrie automobile que la Chine s’oriente davantage vers le Maroc que vers l’Algérie, qui a longtemps été son allié privilégié en Afrique du Nord, et ce, pour toute une série de facteurs imputables à son dynamisme économique…

C’est certain, parce que l’Algérie n’a pas joué ses cartes. C’est d’ailleurs là tout le problème des « ZES (zones économiques spéciales) chinoises » qui sont de fait des enclaves chinoises en pays tiers, et non des zones franches accueillant des entreprises de pays tiers, dont des chinoises. L’Algérie a refusé ce principe. Ce n’est pas la même Chine que l’on trouve au Maroc et en Algérie. En Algérie, la Chine essayait d’être proactive, d’initier des mouvements, que l’Algérie, pour un certain nombre de raisons, a freinés. En revanche, au Maroc, la Chine suit. Les acteurs sont à la fois le Maroc et les entreprises occidentales qui s’y installent. Il y a donc des écosystèmes mais aussi une dynamique qui favorisent l’installation d’entreprises diverses. C’est la très grande force du Maroc, et c’est ce qui fait que la Chine va regarder ce qui se passe au Maroc. Elle ne peut qu’être intéressée par cet acteur qui bouge, et qui de surcroît lui demande de bouger avec lui.

Présidentielle au Mali : Un ancien communicant français d’Abdoulaye Wade auprès d’un candidat

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LES AFRIQUES – Les communicants français se bousculent auprès des candidats à la présidentielle du 29 juillet au Mali. Soumaïla Cissé, le chef de file de l’opposition, est notamment représenté par 35°Nord, de Philippe Perdrix, ex journaliste à Jeune Afrique. L’ancien Premier ministre Moussa Mara s’était attaché les services de Marc Bousquet  (Médiatique, jadis très actif au côté d’Abdoulaye Wade), mais il a depuis rallié le candidat Cheick Modibo Diarra. Marie Prouhet (MPRP), qui coache l’opposant gabonais Jean Ping, a géré la visite de Modibo Sidibé à Paris en mars. Anne Testuz (Anne Testuz Communication) travaille avec Aliou Boubacar Diallo. François Hurstel (Concerto), conseiller en communication du Congolais Moïse Katumbi, promeut Hamadoun Touré. Enfin, Ali Soumaré, directeur Afrique de Solicom, se positionne en fournissant aux différents candidats des notes d’analyse. En revanche, comme en 2013, l’image d’Ibrahim Boubacar Keïta est gérée par l’ivoiro-béninois Fabrice Sawegnon (Voodoo). Ce proche d’Alassane Ouattara se rend régulièrement à Bamako, où il a formé une équipe d’une cinquantaine de personnes.

Que devient Khalilou Fadiga, 43 ans, héros de l’épopée de 2002 ?

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Il fut en 2002 un des principaux acteurs de l’épopée sénégalaise lors de la Coupe du monde au Japon et en Corée du Sud – Que devient l’ancien milieu de terrain offensif des Lions de la Teranga ?

Son but face à l’Uruguay (3-3), lors du dernier match du premier tour de la Coupe du monde 2002, avait contribué à propulser les Lions sénégalais en huitièmes de finale. Face à la France (1-0), puis au Danemark (1-1), les vice-champions d’Afrique 2002 s’étaient placés dans une situation favorable avant la confrontation avec la rugueuse Celeste. L’aventure de la bande à Bruno Metsu s’étirera jusqu’aux quarts de finale et une défaite provoquée par le froid réalisme turc (1-0) après une victoire en 8e face à la Suède (2-1 a.p.).

En 2002, Fadiga, était un joueur de l’AJ Auxerre. Né à Paris, révélé au FC Bruges, il remporte la Coupe de France en 2003 avec le club bourguignon, avant son transfert à l’Inter Milan. Mais en Lombardie, le staff médical détecte un problème cardiaque et le transfert est annulé. « C’est à partir de cet instant que j’ai commencé à penser à ma reconversion », explique-t-il.

Opération du cœur et prolongations

Aujourd’hui âgé de 43 ans, Fadiga est installé près d’Anvers, après avoir réussi à prolonger de plusieurs années sa carrière de footballeur. Opéré du cœur en 2004, il jouera encore en Angleterre (Bolton, Derby County), et reviendra en Belgique (La gantoise, Berschoot Anvers) pour y boucler la boucle, en 2009, un an après sa quarantième et dernière sélection avec le Sénégal. « Ce qui s’est passé en Italie fût un déclic. Il fallait penser à la suite, car j’ai alors compris que tout pouvait s’arrêter du jour au lendemain. »

Aujourd’hui, Fadiga est un homme à l’agenda surchargé. Il y a six ans ans, juste après son élection à la présidence de la République, Macky Sall nomme l’ancien Lion ambassadeur itinérant du Sénégal. « Je considère cela comme un honneur. Grâce à mon réseau et à mon carnet d’adresses, je facilite la venue d’investisseurs au pays. »

Relativement à l’aise dans son costume de businessman, il a également développé une lucrative activité dans le domaine du trading (sucré, blé, riz, engrais) en travaillant avec des pays comme la Pologne ou le Brésil. Mais l’ancien footballeur ne s’est pas éloigné de sa première passion.

Son éloquence lui a ouvert les portes des plusieurs médias prestigieux, tels la RTBF, Proximus TV en Belgique et BeInsport Qatar. « C’est une activité qui me plaît, cela me permet de parler de ce que j’aime. » Khalilou Fadiga appartient également à la commission Développement et Technique de la Confédération africaine de football (CAF) depuis le dernier mandat d’Issa Hayatou et qu’Ahmad Ahmad, le successeur du camerounais, n’a pas remise en cause. « On travaille sur les infrastructures, les stades, les terrains, on parle de football, dans le seul but de permettre aux joueurs africains d’exercer leur métier dans les meilleures conditions. » Vaste programme…

Avec Jeune Afrique (Alexis Billebaut)

Assane Diouf : plusieurs institutions américaines exigent le jugement rapide de Monsieur Doomeraam TV

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En détention préventive depuis novembre 2017, Assane Diouf attend son jugement. Une situation qui inquiète du côté des États-Unis.

Les défenseurs des droits de l’Homme, la Cour suprême des États-Unis et la Cour d’appel d’Orléans ont adressé des correspondances aux autorités sénégalaises pour exiger la tenue du procès de celui qui est désigné «l’insulteur public».

Selon Les Échos, qui fait la révélation, pas moins de neuf lettres ont été adressées à Dakar. D’abord, le 27 février dernier, c’est le secrétaire général d’Amnesty international qui dénonce l’injustice que subirait Assane Diouf.

Le 9 mars, le commissaire des Nations-Unis pour les réfugiés saisit les autorités sénégalaises pour s’inquiéter de la situation.

Ensuite, le 9 avril, le procureur général américain et directeur exécutif de Human Rights, Kenneth Roth, écrit au ministère de la Justice pour s’enquérir des lenteurs de l’affaire.

Assane Diouf est poursuivi pour injures à travers un système informatique, diffamation, trouble à l’ordre public et outrage à un ministre du culte.

Y en a marrisme : Tiken Jah Fakoly est à Dakar

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L’artiste chanteur ivoirien engagé va participer à l’Université populaire de l’engagement citoyen, initiée par Yen a marre et les mouvements citoyens africains.Il a pris part à la cérémonie d’ouverture qui a eu lieu dans l’après midi de ce lundi à la Place du Souvenir et y a animé un concert avec Ismael Lô, Awadi, etc.