Recours suprême : Karim Wade saisit la Cour suprême pour être électeur

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Karim Wade n’en démord pas. Après que le tribunal départemental de Dakar s’est déclaré incompétent pour examiner son recours contre le rejet de son inscription sur les listes électorales, l’ancien ministre d’État a décidé de revenir à la charge.«Les avocats informent l’opinion publique nationale et internationale qu’ils continuent leur combat pour rendre à M. Karim Wade la plénitude des droits dont il est scandaleusement privé. Ils déposent immédiatement un recours devant la Cour suprême», informent les conseils du fils de Wade dans un communiqué parvenu à Seneweb.Le pool «dénonce avec vigueur l’ordonnance du 21 juillet 2018 par laquelle la présidente du Tribunal d’instance hors classe de Dakar s’est déclarée incompétente pour juger du refus d’inscription de leur client sur la liste électorale».Cette «décision scandaleuse» est aux yeux des avocats de Karim Wade une nouvelle preuve de «l’instrumentalisation de la justice sénégalaise par le pouvoir politique pour empêcher (leur) client de bénéficier de ses droits civiques et politiques alors qu’il n’en a été privé par aucune juridiction»«Depuis six ans, les droits fondamentaux de M. Karim Wade, candidat du principal parti d’opposition au chef de l’Etat sortant M. Macky Sall, sont systématiquement bafoués par les autorités sénégalaises pour l’empêcher de participer à l’élection présidentielle du 24 février 2019», fait-on remarquer dans le communiqué.

Don de la Chine ou pas don ? Xi et Macky ont inauguré l’arène de lutte de Dakar

Les présidents Macky et Xi Jinping ont inauguré dimanche à Dakar une arène de lutte financée par Pékin, au deuxième et dernier jour de la visite au Sénégal du dirigeant chinois en tournée africaine.

Le dirigeant chinois Xi Jinping a symboliquement remis dimanche matin à son homologue sénégalais Macky Sall les clefs de l’arène nationale de lutte de Pikine (banlieue de Dakar), lors d’une cérémonie marquée par une chorégraphie de lutteurs. Les deux dirigeants ne se sont pas exprimés.

La nouvelle infrastructure, construite en 28 mois par des entreprises chinoises, financée par la Chine pour un montant de 32 milliards de FCFA (48,7 millions d’euros), est d’une capacité de plus de 20.000 places.

Une vieille doléance des professionnels de la lutte

L’infrastructure est polyvalente et outre la lutte, peut accueillir d’autres disciplines sportives

« L’arène nationale vient combler un vide dont souffrait la lutte », a déclaré le ministre sénégalais des Sports, Matar Bâ.

L’infrastructure est « polyvalente » et outre la lutte, peut accueillir d’autres disciplines sportives comme la boxe et les arts martiaux et des activités socio-éducatives comme des concerts, selon le ministre.

 

Tensions sociales à Royal Air Maroc, des vols annulés

Dix vols de la Royal Air Maroc (RAM) ont été annulés vendredi et d’autres pourraient connaître des perturbations, a annoncé la compagnie, en proie à de vives tensions sociales avec ses pilotes.

Ces dix vols concernent des liaisons entre Casablanca (ouest), qui abrite la principale plateforme aéroportuaire du royaume, et trois pays d’Europe (France, Espagne, Italie). Quatre autres pourraient connaître des perturbations, a précisé la Royal Air Maroc (RAM).

« La compagnie redoute les conséquences en cette période de forte affluence, marquée par le retour des Marocains de la diaspora, alors que le hajj (pèlerinage à La Mecque) approche », a dit à l’AFP un responsable de la RAM.

Dans une note interne, l’Association marocaine des pilotes de ligne, qui réfute le terme de « grève » employée par la direction, a exhorté mercredi ses membres à appliquer certaines « résolutions », avec moins de « flexibilité » sur les heures de travail et les astreintes.

« Surenchère des revendications »

Alors que des négociations ont récemment été menées pour parvenir à un accord, le patron de la compagnie, Abdelhamid Addou, a déploré « l’absence de volonté d’aboutir à un compromis », fustigeant une « surenchère des revendications ».

Les pilotes de ligne réclament l’amélioration des conditions de travail ainsi qu’une revalorisation des salaires, aujourd’hui autour de 150.000 dirhams (13.500 euros) par mois, selon la presse locale.

La Fédération nationale du transport aérien, affiliée à l’Union marocaine du travail (UMT), le plus important syndicat du pays, a appelé jeudi les deux parties à entamer « un dialogue constructif », pour « éviter » un scénario similaire à celui de 2009.


 

Vaste développement sur le continent africain

La compagnie nord-africaine, détenue à 97% par l’État, avait traversé à l’époque une période de crise, qui l’avait poussée deux ans plus tard à mettre en place un plan social pour redresser une « situation critique ».

Elle est revenue à l’équilibre en 2012, avant de se lancer dans un vaste développement sur le continent africain.

Fondée il y a 60 ans par l’Etat marocain suite à la fusion d’Air Atlas et Air Maroc, la RAM compte à ce jour quelque 3.220 salariés, ainsi qu’une flotte de 58 appareils qui desservent 80 villes.

 

Présidentielle en Côte d’Ivoire : Guillaume Soro va « réfléchir » à se présenter

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LES AFRIQUES – Le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire Guillaume Soro a déclaré dans un entretien à RFI et France 24 qu’il allait « réfléchir » à se présenter à la prochaine élection présidentielle programmée en 2020.

« Je pense que je vais y réfléchir », « mais je n’imagine pas engager cette réflexion sans en parler d’abord et principalement avec le président (Alassane) Ouattara et ensuite (avec Henri Konan) Bédié« , répond M. Soro au journaliste qui lui demande s’il sera candidat, dans cet entretien de 18 minutes transmis à l’AFP vendredi et qui doit être diffusé dimanche pas ces deux médias.

On prête depuis longtemps des ambitions présidentielles à M. Soro, mais il ne les avait jamais confirmées jusqu’à présent.

Ex-chef de la rébellion qui a contrôlé la moitié nord de la Côte d’Ivoire pendant la décennie de crise politico-militaire des années 2000, ancien Premier ministre, Guillaume Soro est un des vice-présidents du Rassemblement des Républicains (RDR), la formation du président Ouattara.

Transférer le pouvoir à une nouvelle génération

Alassane Ouattara, âgé de 76 ans, a évoqué lundi sa succession au terme de son deuxième mandat en 2020, lors d’un discours pour la création du nouveau « parti unifié » du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Il a aussi invité Henri Konan Bédié, le président octogénaire du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), jusqu’ici son allié, à « transférer le pouvoir à une nouvelle génération ».

 

Dans l’entretien, M. Soro réaffirme entretenir une « relation excellente » avec le président Ouattara, « relation qui résiste aux intempéries d’entourages quelquefois excessifs », alors que les deux hommes sont réputés en froid.

Guillaume Soro dit ne pas envisager de créer de nouveau parti pour se présenter à la présidentielle

M. Soro n’était pas présent à l’assemblée générale constitutive du RHDP lundi, officiellement pour cause de mission au Canada. Il s’est placé en retrait de la scène politique ivoirienne depuis plusieurs mois, avec l’objectif de se donner une posture de rassembleur. De manière sibylline, il s’est dit favorable au RHDP, mais sans rompre avec le PDCI.

Toujours dans l’entretien, Guillaume Soro dit ne pas envisager de créer de nouveau parti pour se présenter à la présidentielle. « Ce n’est pas à l’ordre du jour », répond-il. Pas plus qu’il n’envisage de briguer la tête du RHDP ou du PDCI. « Je ne veux mettre la main sur personne », déclare M. Soro.

 

Le chiffre 5 jalonne sa vie : Hadjibou Soumaré, 5ème Président de la République ?

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POLITIQUES – Le 24 février prochain, les Sénégalais éliront le 5ème Président de la République de leur histoire. Hadjibou Soumaré sera-t-il ce 5ème Président ? Le chiffre 5 jalonne en tout cas sa vie et sa carrière politique. Tout d’abord, il est né en 1951, le 1er janvier de cette année – là. Ensuite, il a été le 5ème Premier ministre nommé par le Président Abdoulaye Wade, lors de la première alternance politique. Enfin, Hadjibou Soumaré a été, entre 2010 et décembre 2016, le cinquième Président de la commission de l’UEMOA. Hadjibou, le 5ème Elément ? Pour reprendre le titre du film de Luc Besson avec Bruce Willis (les 4 autres éléments étant l’air, l’eau, le feu et la terre) ? Wait and see. L’ancien Premier ministre sous le régime de Abdoulaye Wade entre 2007 et 2009, précédemment ministre délégué auprès du ministre de l’Économie et des Finances chargé du Budget et de l’Habitat, désormais à la tête du du mouvement « Démocratie et République »,  a officialisé sa candidature hier dimanche au Grand Théâtre, dans un discours fondateur où il annonce « une politique sociale, qui répondra aux attentes de tous les Sénégalais », dans une cérémonie forte en couleurs qui annonce une campagne à l’américaine (lancer de ballons, confettis, prestations musicales, tee-shirts, casquettes et boubous blancs et verts).

Le désormais candidat Hadjibou Soumaré, avec en bandoulière le slogan « avec Hadjibou jusqu’au bout » qui dit sa détermination à aller au bout de cette offre politique qu’il propose au pays, entend  travailler avec le peuple des Assises car les conclusions issues des Assises Nationales confortent sa conviction sur la gouvernance du pays.  L’ancien Premier ministre affirme qu’au Sénégal il y a des problèmes au niveau social, économique, mais également au plan politique. Il a dit vouloir collaborer avec le secteur de la justice, car là aussi, il y’a des inquiétudes à se faire sur l’indépendance de la justice. Il est accompagné dans cette candidature présidentielle par plusieurs acteurs politiques du pays : la ministre Ngoné Ndoye de Rufisque, le maire de Sagatta Gueth El Hadj Amar Lô Gaydel, par ailleurs chef de parti, l’ancien sénateur Charles Mendy, l’ancien préfet Mapenda Mbaye, Boubacar Diaw, Amadou Dia… La cérémonie d’hier au Grand Théâtre National marque véritablement le début de la campagne présidentielle pour l’élection de 2019, car elle constitue la première manifestation politique d’envergure en direction de cette mère des batailles, qui désignera le Premier des Sénégalais pour un nouveau quinquennat. Après les tournées des dernières semaines dans les foyers religigieux pour recueillir les bénédictions des guides religieux  (à Médina Baye, Léona Niassène, Ndiassane, auprès de l’Archevêque de Dakar, dans la ville sainte de Touba), Hadjibou Soumaré et sa plateforme politique « Démocratie et République » auront réussi hier dimanche le pari de la mobilisation et de l’organisation, en rassemblant près de 4000 personnes dans la salle et aux alentours du Grand Théâtre, dans une manifestation diffusée en direct sur 2STV et par plusieurs autres télévisions partenaires (Sen TV, Walf TV…).

Ousseynou Nar Gueye

Özil quitte la sélection d’Allemagne en évoquant le « racisme »

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Mesut Özil a annoncé dimanche qu’il quittait la sélection d’Allemagne en mettant en avant le « racisme » dans les critiques dont il est victime après l’élimination de la Mannschaft dès le premier tour du Mondial-2018 de football.

« C’est avec un coeur lourd et après beaucoup de réflexion que, à cause des événements récents, je ne jouerai plus pour l’Allemagne de matches internationaux aussi longtemps que je ressens du racisme et du manque de respect à mon égard », écrit le joueur d’origine turque sur son compte Twitter.

Critiqué pour une photo prise avec le président turc Tayyip Erdogan avant le Mondial russe, il a assuré que son geste n’avait « aucune intention politique ».

« Comme beaucoup de gens, mes racines ancestrales recouvrent plus qu’un seul pays. J’ai certes grandi en Allemagne, mais mon histoire familiale a ses racines solidement basées en Turquie. J’ai deux coeurs, un allemand et un turc », a détaillé dimanche après-midi le milieu de terrain d’Arsenal sur Twitter.

Özil sort de son silence après avoir été au centre de la polémique, après la publication de ce fameux cliché sur lequel lui et son compatriote Ilkay Gündogan posent aux côtés du chef de l’Etat turc, alors en pleine campagne électorale pour sa réélection, finalement obtenue le 24 juin.

– « Bouc émissaire » –

Les relations entre l’Allemagne et la Turquie ont connu de fortes turbulences depuis le coup d’Etat manqué contre M. Erdogan en juillet 2016. L’Allemagne s’était notamment inquiétée depuis des « purges » pratiquées dans l’armée et l’administration à la suite de ce putsch.

Depuis début 2018, Berlin et Ankara travaillent à normaliser leurs relations après ces fortes tensions.

Plus grande diaspora turque au monde, la communauté d’Allemagne compte 3 millions de personnes, dont 1,4 million d’électeurs pouvant voter en Turquie.

« Il ne s’agissait pas de politique ou d’élections, mais de respecter la plus haute fonction du pays de ma famille », a souligné le joueur d’Arsenal.

Le cliché pris avec Erdogan avait valu aux deux joueurs de lourdes critiques, surtout après l’élimination précoce des champions du monde 2014 dès la phase de groupes en Russie. Certains observateurs les ont accusés de manquer de loyauté envers l’Allemagne, le manager de la Mannschaft Oliver Bierhoff allant même jusqu’à affirmer « qu’il aurait fallu envisager de se passer d’Özil » pour le Mondial.

Pour Özil, c’est surtout l’absence de soutien de la Fédération (DFB) qui l’a poussé à s’en aller: « Lors de ces deux derniers mois, ce qui m’a le plus peiné est le mauvais traitement que m’a infligé la DFB et son président Richard Grindel ».

« Alors que j’ai essayé d’expliquer à Grindel mon héritage, mes ancêtres et, par conséquent, lui faire comprendre les raisons qui m’avaient amené à prendre cette photo, il était plus intéressé par le fait de parler de ses propres positions politiques et de rabaisser mon opinion », a encore écrit Özil, qui a inscrit 23 buts en 92 sélections.

« Je ne servirai plus de bouc émissaire (à Grindel) pour son incompétence et son incapacité à faire correctement son travail », a ajouté le joueur de 29 ans.

– « Propagande de droite » –

« Aux yeux de Grindel et de ses soutiens, je suis Allemand quand nous gagnons, mais je suis un immigrant quand nous perdons », a-t-il affirmé.

Si le champion du monde allemand, sacré en 2014 au Brésil après une 3e place en 2010, accepte de recevoir des critiques sur sa performance sportive, il refuse d’être attaqué sur ses origines ethniques.

« Si un journal ou un consultant considère que je suis fautif pendant un match, ça je peux l’accepter. Mais ce que je n’accepte pas, c’est que des médias allemands aient continuellement critiqué mon double héritage et une simple photo pour expliquer la mauvaise Coupe du monde d’une équipe entière », a-t-il déploré, dénonçant une « propagande de droite ».

Pour le joueur, des limites qui le touchent personnellement ont été franchies, « les journaux essayant de monter la nation allemande contre moi ».

Selon Mesut Özil, lui et sa famille ont reçu des menaces après la publication de la photo avec le prédisent turc.

Özil a également raillé un sponsor, sans le nommer, qui, dit-il, l’a retiré des vidéos promotionnelles pour la Coupe du Monde après l’apparition des photos avec Erdogan. « Pour eux, il n’était plus bon d’être vu avec moi et (ils) ont appelé la situation ‘gestion de crise' ».

Yoff: il fauche mortellement 7 personnes et s’enfuit

 Un  accident d’une très rare violence s’est produit dans la nuit du  jeudi au vendredi 20 juillet 2018 à Yoff. Un véhicule particulier a mortellement fauché sept (7) personnes dont un enfant atteint de trisomie.
Le conducteur a lâchement pris la poudre d’escampette.

El Hadj Diouf exige une « évaluation » du missionnaire russe Aliou Cissé

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« Avant de prolonger le contrat d’un quelconque sélectionneur, il faut procéder à son évaluation. On devait savoir si les objectifs qui étaient fixés sont atteints ou pas. Mais pour cette campagne (le Mondial Russie 2018), tout le monde sait que nous n’avons pas un bon entraîneur et pourtant nous avons actuellement l’équipe la plus complète de l’histoire du football Sénégalais », a déclaré El Hadji Diouf.

Faisant une analyse de la situation, il juge que «cette équipe a les capacités de remporter une Coupe d’Afrique, mais cela ne peut se réaliser si Aliou Cissé reste à la tête de l’équipe nationale. Aujourd’hui, je déplore le fait que la fédération prolonge le contrat d’Aliou Cissé sans évaluation ni rien. Tout cela veut tout simplement dire qu’il y a anguille sous roche».

Débygate : Gadio sera jugé un an après

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L’ancien ministre des Affaires étrangères Cheikh Tidiane Gadio et son co-accusé, Patrick Ho, seront jugés au mois de novembre prochain aux États-Unis, un an après leur arrestation pour corruption et blanchiment d’argent présumés.Dans Les Échos, qui donne l’information hier, le juge du district sud de New York, Loretta Presak, a statué sur le sort de Gadio et Ho. Le diplomate sénégalais et l’homme d’affaire chinois devront répondre devant un tribunal pour les 8 chefs d’accusation (5 pour corruption et 3 pour blanchiment) retenus contre eux. Il s’agit d’un revers pour les avocats de la défense qui souhaitaient que la justice américaine abandonne les accusations de corruption contre ses clients.Pour rappel, L’ancien ministre des affaires étrangères sous Wade et son compagnon d’infortune ont été arrêtés au mois de novembre 2017. Il est reproché à Ho d’avoir versé des pots de vin, pour un montant de 22,8 millions de dollars (plus de 10 milliards de francs Cfa), à des dirigeants africains pour obtenir des concessions pétrolières dans leurs pays respectifs au profit de la société CEFC China energy. Gadio, lui, est soupçonné, contre commission, d’avoir joué le rôle d’intermédiaire entre Ho et le Président tchadien, Idriss Déby, qui aurait reçu une partie de ces pots de vin. Il a été placé en résidence surveillée dans le Maryland, au domicile de son épouse, après quelques jours de détention à New York.

Procès en appel : Khalifa Sall débouté et toujours bouclé

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La Cour d’appel de Dakar a rejet mercredi la demande de libération d’office de Khalifa Sall, qui avait été déposée par les avocats de l’édile.

Dès l’ouverture de l’audience, ce mercredi 18 juillet, et sans que les avocats ne plaident, la Cour a rejeté la demande d’arrêt de la procédure et la libération d’office de Khalifa Sall. Celle-ci avait été formulée par les avocats de la défense suite à l’arrêt de la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), rendu le 29 juin dernier, estimant notamment que les droits de Khalifa Sall à un procès équitable avaient été violés en première instance.

« Il convient de rappeler que les décisions de la Cedeao n’interfèrent pas dans les procédures nationales », a tranché le juge Demba Kandji pour justifier son rejet. Celui-ci a estimé « disposer de suffisamment d’éléments d’appréciation pour poursuivre les audiences. » Et d’ajouter que « la Cour refuse de poursuivre les débats sur l’arrêt de la Cedeao. Elle a vidé cet arrêt conformément aux lois en vigueur au Sénégal, rien ne l’y fera revenir ».

« Une décision scandaleuse »

La déclaration du magistrat a immédiatement provoqué des huées dans les rangs du public. Lesquelles se sont transformées en acclamations et en agitations de mouchoirs blancs à l’arrivée de Khalifa Sall au prétoire. Face à l’agitation, la Cour a finalement ordonné d’évacuer la salle d’audience.

Tout aussi indignés, les avocats de Khalifa Sall et de ses co-prévenus ont dénoncé « une décision scandaleuse ». « La Cour a apprécié seule la décision de la Cedeao, sans que les avocats des deux camps ne puissent plaider. En rendant sa décision sans entendre les plaidoiries, le juge a pris soin d’être tout à la fois l’avocat défendeur, l’avocat poursuivant, la Cour et l’État. Et au final, il défend les intérêts politiques de l’État du Sénégal », s’exaspère Me Doudou Ndoye, doyen des avocats du maire de Dakar.

Dans les rangs des avocats de l’État, on se dit las des « incessantes tentatives de la défense pour gagner du temps ». « Des observations écrites sur l’arrêt de la Cedeao ont été transmises à la Cour, par toutes les parties, après réception de la décision », déclare Me Samba Bitèye, avocat de l’État du Sénégal qui s’est porté partie civile, document à l’appui. « La défense a demandé l’arrêt des procédures et la libération d’office de Khalifa Sall dès le 10 juillet, avant même d’avoir l’arrêt de la Cedeao dans les mains », rappelle-t-il. Ajoutant que ladite décision n’ordonne ni l’arrêt des poursuites, ni la libération de l’édile.

Changement de stratégie du côté de la défense

Alors que toutes ses demandes de renvoi étaient rejetées, la défense avait dénoncé « une magistrature aux ordres de l’État du Sénégal », selon les propos de Me Alain Jakubowicz, qui a récemment rejoint les avocats de Khalifa Sall. Dans ces conditions, la suspension des débats pendant une semaine, à compter du 11 juillet, avait été perçue comme une légère concession faite aux avocats de la défense, afin que ceux-ci puissent organiser leur argumentaire autour de la décision de la Cedeao.

Faute d’obtenir la libération de l’édile, les défendeurs de Khalifa Sall ont fait part de leur intention d’exercer les voies de recours prévues par la loi pour réparer ce qu’ils considèrent comme la violation des droits de leur client par la Cour d’appel. « À partir du moment où vous avez dénié le droit de mes confrères de faire des observations avant que la Cour ne fasse part de sa décision concernant l’arrêt de la Cedeao, nous n’étions plus dans un procès équitable », s’est insurgé Me Fatou Touré.

La défense est alors revenue à l’un de ses premiers argumentaires, déjà brandi en première instance : l’illégitimité de l’État à se constituer partie civile. « La présence des avocats de l’État n’est pas indispensable et cause du tort aux prévenus. La Cour doit y mettre fin », avance l’avocat de la défense Me Issa Diop. « Encore une entreprise pour gagner du temps… », peste l’un des avocats de l’État.

 Avec J.A (Manon Laplace)