Crise scolaire: Idrissa Seck dénonce ‘l’abomination’ de la parole non honorée de Macky Sall

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Idrissa Seck a reçu hier vendredi une délégation de la Fédération des enseignants du Sénégal (Feder). Au menu : la crise scolaire. Le président de Rewmi a salué le «sens élevé des responsabilités» de ses hôtes et regretté que le gouvernement n’ait pas respecté ses engagements vis-à-vis des syndicats du secteur de l’éducation qui prévoient, pour la semaine prochaine, un débrayage le mardi et une grève totale le mercredi et le jeudi.

«Le président de la République doit honorer tous ses engagements, a estimé le président de Rewmi. « Il doit apprendre à respecter sa parole. Parce que le fondement même de son siège, c’est la parole honorée. C’est une énorme abomination aux yeux de la nation qu’un Président souscrive à un engagement qu’il n’honore pas.»

De l’avis d’Idrissa Seck, l’argument du déficit de ressources financières, avancé pour justifier le retard dans le respect des engagements à incidence financière, ne tient pas la route. «Ce n’est pas difficile de trouver 80 ou 100 milliards pour entrer en négociation avec les enseignements», a-t-il jugé.

Rèy leu, dialè leu: le Ministre Abdoulaye Diouf Sarr juge ‘douloureuse’ la condamnation de Khalifa Sall

Certains responsables du pouvoir sentent bien que la condamnation du maire Khalifa Sall n’a pas été bien accueillie par de larges pans de l’opinion nationale. C’est le cas d’Abdoulaye Diouf Sarr. Le ministre de la Santé, Abdoulaye Diouf Sarr, maire Apr de Yoff, prend tout de même soin de préciser d’abord que le dossier Khalifa Sall est «éminemment technique». «Si on veut politiser la procédure, c’est qu’on n’a rien compris», selon lui.

Pour Abdoulaye Diouf Sarr, l’affaire Khalifa Sall est, comme le dossier Karim Wade, une réponse à «une très forte demande politique et sociale».

«Le chef de l’État n’a fait qu’aller dans le sens de cette très grande commande des Sénégalais pour faire en sorte que les deniers publics soient sécurisés», indique le ministre de la Santé et de l’Action sociale.

Cependant, le responsable de l’Apr à Yoff dit éprouver «beaucoup de peine à voir un acteur de la vie politique écoper d’une telle condamnation». «C’est un peu douloureux humainement», estime-t-il .

Sous les spotlights : le mannequin sénégalais Oulimata Gallet

Oulimata Gallet est un mannequin sénégalais polyvalent. Née à Dakar, elle a commencé à défiler à l’âge de 16 ans dans son pays d’origine avant de déménager à Paris où elle vit désormais avec son mari français. Elle est apparue dans plusieurs magazines de mode et est une habituée des défilés de mode tant en France qu’à Dakar. Elle travaille régulièrement avec la photographe de mode Elena Ivskaya, qui vit dans l’océan Indien de la Réunion où cette séance photos a été réalisée. Enjoy!

   

Enseignants: débrayage et grève totale en vue

Après leur rencontre avec le khalife des tidjanes dimanche, pour des discussions sur la crise scolaire, les enseignants prévoient de durcir le ton. Les syndicats d’enseignants ont appelé à un débrayage pour ce mardi. Ce mouvement a pour prétexte d’évaluer les décisions-propositions du chef de l’État sur la revalorisation de l’indemnité de logement. Mercredi et jeudi, les enseignants du public observeront une grève totale.

Interview : Amy Faye, égérie de Balmain, sur les traces de Katoucha

Lauréate de l’édition sénégalaise Elite Model Look en 2010, Aminata a.k.a Amy Faye, a fait ses armes en tant que modèle au pays natal. Elle a foulé les podiums de stylistes reconnus du continent, à commencer par la tête pensante de la marque Adama Paris à l’occasion de la Dakar Fashion Week, ou encore de l’émérite couturier nigérien Alphadi.

C’est lors de la finale de la Black Fashion week en 2014, vitrine du mannequinat afrodescendant à Paris, qu’elle se fait repérer. Un an après, elle devient le petit poulain d’une agence parisienne et décroche le Graal : l’opportunité de collaborer pour la prestigieuse maison Balmain dirigée par le prodige de la mode : Olivier Rousteing, icône de la génération de modeurs biberonnés à Instagram. Entretien avec Amy : nouvelle recrue africaine de la « Balmain army » !

De quelle manière votre carrière a-t-elle commencé ?

En 2010, une amie m’a inscrite au concours Elite Model Look Sénégal et j’ai remporté la finale nationale. Je me suis ensuite envolée pour la Chine à l’occasion de la grande finale qui a réuni des mannequins issus de toutes les  nationalités. Une fois rentrée au Sénégal, je me suis dit pourquoi ne pas essayer de devenir mannequin ici. Je pouvais continuer à suivre mes études en première année de business administration, et mes activités comme le volley-ball.

Quelles ont été les retombées immédiates suite au concours ?

Fin 2010, j’ai participé à quelques défilés, notamment celui du Festival des Arts Nègres qui hébergeait cette année-là un pôle mode. Tout s’est très vite enchaîné ensuite pour moi à Dakar. Il y a eu la Dakar Fashion Week en 2011, l’événement mode phare de l’année. J’étais donc très fière d’y participer et d’être acceptée du premier coup. Cela m’a motivée à persévérer dans le secteur. Parmi les temps forts, on retrouve aussi le FIMA (Festival International de la Mode Africaine), en 2013 avec Alphadi.

Encore une fois, c’était une fierté de défiler pour ce couturier. Au Sénégal, le mannequinat n’est pas très bien perçu. Les gens n’ont pas une bonne image du milieu et des mannequins. Heureusement que mes parents étaient compréhensifs. Tant que je continuais mes études, ils n’y voyaient pas d’inconvénients. En outre, les mannequins que j’ai rencontrés lors des différents shows étaient très sympas avec moi. J’ai vraiment évolué dans un climat positif.

Puis, il y a eu l’émission de téléréalité La Nouvelle Top en 2014…

Oui, je venais de finir mon Master. Alors j’ai tenté l’aventure. J’ai passé une dizaine de jours dans une maison située sur l’île de Gorée en compagnie d’autres mannequins d’origines ivoirienne et sénégalaise. Je suis arrivée en finale avec Feuza Diouf (Sénégal, ndlr). Le défilé s’est tenu dans le cadre de la Black Fashion Week de Paris en octobre 2014. C’était mon premier défilé à Paris, sur le continent européen. L’organisation était différente. Côté staff, travail, ponctualité etc. Quand je suis rentrée à Dakar, j’ai apporté ce professionnalisme avec moi. Cette expérience m’a appris à respecter le métier.

Comment avez-vous démarché les agences de mode ?

J’avais fait le listing de toutes les agences de la capitale. J’ai profité de mon séjour parisien pour frapper aux portes, armée de mon book. J’ai finalement été repérée par WM Models. En février 2015, on m’a fait venir une nouvelle fois à Paris pour vivre la fashion week. Là, c’était un niveau supérieur. On avait des castings du matin au soir, une quinzaine par jour environ. Je rentrais vers 22h. C’était vraiment intense. Mais j’ai finalement obtenu le casting pour le designer américain Rick Owens. Le seul défilé que j’ai fait pendant la fashion week de Paris.

Comment suit-on le rythme d’une fashion week à Paris ?

Je suis sportive à la base, et je pense que j’ai tenu grâce à cela. Sans compter les castings du matin au soir pendant une semaine qui sont fatigants, Paris ce n’est pas le même rythme ni le même système de transport qu’au Sénégal. Il faut pouvoir suivre. Il faut être prête physiquement et mentalement. J’étais plus armée lors de ma deuxième fashion week, en septembre 2015, pour la collection printemps-été.

Racontez-nous votre collaboration avec Balmain. Comment les choses se sont-elles enchaînées ?

Balmain cherchait un mannequin pour un showroom. Olivier Rousteing avait vu mon book et a voulu me garder en tant que mannequin-cabine. Je devais essayer les vêtements à leur sortie d’atelier. C’est un process qui permet de configurer le line-up pour le défilé, c’est-à-dire l’ordre de passage de chaque vêtement. J’ai réitéré l’expérience plusieurs fois.

Comment est Oliver Rousteing ?

Je travaillais en direct avec Olivier et son équipe. Il est super gentil. Toute l’équipe est sympa. Malgré la fatigue, les longues journées de travail, ils installent une ambiance chaleureuse et conviviale. Ils m’ont véritablement mise à l’aise. Olivier est très respectueux, il ponctuait toujours ses phrases par un « s’il te plait » avant que j’essaie une tenue…

Ensuite il y a eu la fameuse campagne Balmain pour la collection croisière…

Oui, on m’a appelée pour qu’on shoote le lookbook de la collection croisière 2017. J’étais la seule « new face » aux côtés de trois tops établis. J’étais un peu stressée, c’était la première fois que je posais dans ces circonstances. Je n’avais pas la même expérience que les autres. J’ai essayé de gérer au mieux, mais j’étais encore une fois bien encadrée. Ça s’est super bien passé.

Que vous inspire la maison Balmain dirigée par Olivier Rousteing ? Qu’est-ce que ça vous a fait de collaborer avec un DA qui incarne une vision de la mode métissée ?

J’étais super fière de faire notamment partie de ce qu’Olivier appelle sa « Balmain Army », qui compte Joan Smalls, Jourdan Dunn, Naomi Campbell, toutes les grandes ! Sans oublier  Rihanna. C’était comme si je faisais partie de la famille. On sait qu’Olivier est très concentré sur la diversité. C’était quelque chose de faire partie de cette armée !

Que vous inspire le slogan Black Models Matter ? Quel est votre regard sur la position de la mode face à la diversité ?

En Europe, il y a encore un peu de retard. Il y a encore des défilés où on ne voit quasiment pas une seule peau foncée. En tant que femme noire, ça me choque. Il y a du boulot à faire. Ce n’est pas facile. Comme je le disais, le rythme pour lancer sa carrière est intense, et de savoir que ça ne pourrait ne pas aboutir [à cause de la couleur de la peau, ndlr], c’est dur. Il faut être forte mentalement, sinon on décroche. A New York, c’est mieux. On encourage les designers à respecter des quotas (une démarche mise en place par le conseil des créateurs de mode – CFDA – américain qui incite, mais n’oblige pas, les créateurs à travailler avec des mannequins non-blancs, ndlr).

On sent toutefois une petite évolution. L’essentiel, c’est de sentir que ça bouge même si c’est lent. Cela donne de l’espoir et motive.

Qu’est-ce que vous donne suffisamment de motivation justement ?

Quand on est passionnée, on est motivée. Je suis du genre à persévérer. Cela est sûrement dû à mon côté sportif et au soutien de ma famille, qui joue beaucoup.

Ebonee Davis, mannequin africain-américain, a adressé une lettre ouverte aux professionnels de la beauté dans laquelle elle dénonçait leur manque de savoir-faire vis-à-vis des peaux noires et des cheveux afro. Elle n’est pas le seul model à s’être prononcé sur le sujet. Quel est votre vécu ?

C’est une réalité, surtout au niveau du maquillage. Je suis toujours obligée d’avoir mon fond de teint et ma poudre avec moi, juste au cas où. Souvent les make-up artists n’ont pas le fond de teint adapté à ma carnation. Il faut savoir qu’un mauvais fond de teint, c’est aussi du travail en plus pour le photographe qui doit effectuer des retouches, dans le cadre d’un shooting. Et c’est aussi le risque que le mannequin ne soit pas très à l’aise devant l’objectif. Quand j’emmène mon maquillage, je le fais autant pour moi que pour l’équipe avec qui je travaille. C’est une question d’assurance. Mais, je ne fais pas de généralités, parfois ça se passe très bien et les professionnels sont équipés.

Parlez-nous de votre vision de la beauté africaine…

On a une beauté naturelle. La femme africaine est belle, qu’elle ait le teint clair ou foncé, le cheveu lisse ou crépu. On a mis du temps à se rendre compte de la beauté africaine naturelle. Aujourd’hui, non seulement on l’accepte mais on l’embrasse ! Je fais partie des mannequins noirs, africains et je suis fière de moi. Je suis contre la dépigmentation. Je constate que les gens apprécient ma couleur, alors peut-être que je participe à aider d’autres femmes à se sentir mieux dans leur peau en voyant des femmes noires défiler.

Un mot pour encourager les lectrices à « embrasser leur beauté »…

Chaque femme est belle à sa façon.  Les morphologies sont différentes, les carnations et les textures de cheveux, donc il faut s’accepter… Les générations futures auront plus de chance de s’accepter parce que la société est en train de changer aussi face au critère de beauté référent : la peau claire.

Qui sont vos mannequins iconiques ?

Katoucha, qui n’est hélas plus là. Elle est la première femme sénégalaise, d’origine guinéenne, à avoir défilé sur les grands podiums. Elle était l’égérie d’Yves Saint Laurent. Il y a aussi Alek Wek. Elle est très grande, elle a la peau foncée, le crâne rasé, elle incarne vraiment une personnalité forte ! Et bien sûr, Grace Jones et son style décalé, Naomi, et Iman Hamman pour la nouvelle génération.

Votre rêve ?

J’aimerais faire la couverture de Vogue ! N’importe quelle édition, après cela je pourrai arrêter (rires). Mais il y a beaucoup de travail à faire avant !

Quel est votre état d’esprit du moment ?

Là je suis au Sénégal, je profite de ma famille. Quand je ne suis pas à Dakar, je lui manque. Alors on se voit régulièrement, on prépare des gâteaux et on passe des moments simples tous ensemble. Je me ressource et je profite du soleil !

Assane Diouf : avalanche de chefs d’accusation

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Le face-à-face entre Assane Diouf et le Doyen des juges s’annonce compliqué pour le mis en cause. Mardi dernier, le parquet a corsé son dossier en faisant un réquisitoire supplétif.En plus des chefs d’accusation pour lesquels Assane Diouf est placé sous mandat de dépôt (trouble à l’ordre public, injures par le biais d’un système informatique, outrage à un ministère du culte et diffamation), a été ajouté le délit d’outrage à agent dans l’exercice de ses fonctions.Avocat d’Assane Diouf, Me El Hadji Diouf trouve ce rebondissement « ridicule ». « Dans le procès-verbal d’enquête, il n’y a nulle trace d’un quelconque différend avec un agent de la force publique », relève l’avocat. Qui s’est dit choqué par le rejet de la demande de liberté provisoire de son client, intervenu il y a une dizaine de jours.

PDS : ‘le peuple a le devoir sacré de s’opposer aux violations par tous les moyens’ (communiqué)

COMMUNIQUE DU COMITÉ DIRECTEUR DU PDS – Le Comité Directeur du Parti Démocratique Sénégalais (PDS), s’est réuni le mardi 03 avril 2018 à la permanence nationale Oumar Lamine BADJI sous la présidence du frère Oumar Sarr, secrétaire général national adjoint et coordonnateur, à l’effet d’examiner l’ordre du jour unique suivant : situation nationale et vie du parti.

La situation nationale a été marquée cette semaine par deux événements majeurs : la condamnation de Khalifa SALL l’adoption par le Conseil des Ministres des projets lois portant révision de la constitution et modification de la loi électorale.

Le Comité Directeur a dénoncé le procès en sorcellerie intenté contre Khalifa SALL qui a été condamné à une peine injuste dans le seul but de l’empêcher de se présenter à la prochaine élection présidentielle. A l’image de ce qui a été fait à Karim Meissa Wade, candidat du PDS, la justice a été instrumentalisée pour éliminer une candidature à l’élection présidentielle. Le comité directeur met en garde le pouvoir qui s’est soumis des pans entiers de la justice pour un règlement de compte politique et demande aux juges de prendre leurs responsabilités. Le PDS apporte son soutien à Khalifa SALL et l’assure de son engagement à ses côtés et à côtés de ses sympathisants pour les luttes communes contre les violations répétées des libertés, pour l’exercice sans entrave des droits et pour le droit de chaque parti de présenter librement un candidat à l’élection présidentielle.

Analysant le projet de loi portant révision de la constitution imposant un parrainage de 1% des électeurs inscrits, le Comité Directeur fustige la décision inique du gouvernement qui, après avoir fait voter des modifications de la constitution par référendum, tente encore de nouvelles modifications qu’il soumet à sa majorité mécanique dans l’unique but de contrôler les candidatures à l’élection présidentielle.

Dans la manipulation envisagée pour contrôler les candidatures, Macky SALL, introduit :

la centralisation de toutes les opérations électorales par le Ministère de l’Intérieur tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays l’interdiction d’utiliser l’effigie d’une personne la modification des conditions de recevabilité des candidatures à l’élection présidentielle. Ainsi, l’inscription sur les listes électorales devient une condition substantielle de recevabilité d’une candidature, ce que la loi en vigueur actuellement n’impose pas. L’objectif caché est d’empêcher la candidature de Karim WADE en contestant son inscription sur les listes électorales alors pourtant qu’il n’a jamais été privé de l’un quelconque de ses droits civils, civiques et politiques

Le comité directeur demande au peuple sénégalais de s’opposer par tous les moyens à cette inacceptable tentative de Macky Sall de se soumettre les institutions en transformant notre démocratie en un système autoritaire au service exclusif de la famille, du clan, des amis et d’obtenir par la force un improbable second mandat.

Le comité directeur rappelle à Macky Sall, que lorsque le gouvernement, les députés et les juges exercent les pouvoirs qui leur sont délégués en violation des droits du peuple, celui-ci se donne le devoir sacré de s’y opposer par tous les moyens prévus par la constitution de la république.

Le comité directeur dénonce le manque de volonté du gouvernement qui organise à nouveau le chaos pour empêcher l’inscription des sénégalais sur les listes électorales, particulièrement les jeunes qui pourtant en masse se pressent en vain devant les commissions d’inscription. En effet, la révision exceptionnelle des listes qui devait durer six mois a été limité à deux. Dans les communes, les commissions d’inscription ont été remplacées par des commissions de révision qui n’ont compétence que pour procéder à des modifications ou transferts d’électeurs déjà inscrits. Manifestement tout est fait pour que les jeunes, qui font si peur à Macky SALL, ne soient pas inscrits. Pour cela le gouvernement n’hésite pas à travestir la loi pour ne pas l’appliquer.

Le comité directeur du PDS appelle les partis politiques, tous les partis politiques de l’opposition, la société civile, les syndicats et les citoyens à unir leurs forces, taire les querelles et dans un seul élan se mobiliser et se battre contre les tentatives de Macky SALL de passer en force en se donnant le droit exclusif de choisir ses adversaires en détournant par ce fait la souveraineté du peuple.

Le comité directeur appelle toutes les forces de sécurité à la retenue et les invite à être du côté du peuple qui exerce ses droits constitutionnels à la marche pacifique. Il demande également aux juges qui rendent la justice au nom du peuple de prendre leur responsabilité et d’exercer les devoirs de leurs charges dans le strict respect du peuple et de la loi au lieu d’être le bras armé d’un pouvoir politique en phase terminale.

Dakar, le 03 avril 2018

Khalifa Sall souhaite une ‘bonne fête d’Indépendance à tous’

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Le maire de Dakar Khalifa Sall a souhaité une « bonne fête de l’indépendance à tous », à travers un message posté sur Twitter, ce 4 avril 2018, à l’occasion de la célébration du 58e anniversaire de l’Indépendance du Sénégal.

L’offre ‘ridicule, arbitraire et dérisoire’ de Macky Sall (Syndicats d’enseignants)

La Fédération des enseignants du Sénégal (Feder) considère la revalorisation de l’indemnité de logement de 25.000 FCFA « dérisoire » et « ridicule ». Dans son discours à la nation du 3 avril, le président Macky Sall a augmenté l’indemnité de 60.000 à 85 000 francs CFA.

« Ces propositions suscitent vraiment beaucoup d’indignation au niveau des enseignants. Nous l’apprécions avec beaucoup de désolation parce que nous considérons qu’un président ne doit pas gouverner par la ruse », crache Dame Mbodj, le coordonnateur de la Feder. Qui considère que « cette situation n’est pas acceptable ».

Poursuivant, le syndicaliste ajoute que « les enseignants ne sont pas prêts à lâcher du lest ». Et, « l’écrasante majorité des enseignants rejette la proposition du gouvernement et du président de la République parce que ce n’est pas ce que nous demandons et ce n’est pas ce qu’on a signé avec eux le 17 février 2014. C’est ça aujourd’hui la situation ».

El Hadji Malick Youm, Secrétaire général adjoint du Syndicat autonome des enseignants du moyen-secondaire (Saems) est du même avis. « Il faudrait que la population sénégalaise puisse comprendre que les revendications des enseignants du Sénégal ne sauraient être réduites à la seule question de l’indemnité de logement qui n’est pas plus importante pour (eux) que le système de rémunération. Ainsi que la question des lenteurs administratives que le Chef de l’État n’a même pas abordé dans son discours », peste-t-il.

Pour ce qui est de la reprise des cours, le Saems ira en commission administrative le samedi 7 avril prochain pour permettre à la base de se prononcer.

Dame Mbodj, coordonnateur de la Feder indique qu’ils « ne sont pas prêts » à retourner dans les salles de classe. « Nous considérons que la proposition du gouvernement, ce n’est rien d’autre que de fixer des montants arbitraires qui ne reposent sur rien du tout », tranche ce dernier.

04 avril : Macky Sall, le discours d’évitement

Slalom présidentiel. Ce 04 avril 2018, Macky Sall a prononcé un discours d’évitement.

Évitement des attentes du front social, évitement des questions politiques éminemment importantes à 11 mois de l’élection présidentielle, évitement de la problématique de la vie décente de nos compatriotes à l’étranger, évitement de la question de l’implication de « l’Armée- Nation » dans la sécurisation des biens et des personnes.

Le Président Sall a tenté de justifier cela en concluant que lui et son gouvernement sont «  dans le temps du travail et de l’action ». Mais pour qui travaillent-ils ? Pour la Nation et le Peuple ? Ou pour eux-mêmes et leur reconduction aux affaires, question qu’il a choisi de différer pour différer l’affrontement inéluctable avec ses opposants et peut-être des pans entiers de l’opinion nationale, qui tranchera de cette question.

Rien dans le discours du Président na été dit sur les  Sénégalais de l’extérieur, même pas pour saluer la mémoire de nos compatriotes assassinées en Espagne et aux USA. Or, l’émigration est la première activité économique de ce pays. Les Sénégalais de l’extérieur sont les premiers contributeurs à l’économie nationale, devant les investissements directs étrangers, par leurs envois d’argent au Sénégal. Au total donc, aucun début de vision et aucune proposition pour la mise en place de politiques publiques assurant une émigration choisie et dans la dignité.

Macky Sall a salué le rôle de l’armée, en s’attelant à magnifier leur présence en nombre sur les théâtres d’opérations à l’étranger et en indiquant que ce 4 avril était la fête d e l’armée et de la jeunesse. Quid des autres pans de la communauté nationale ? N’est-ce pas aussi leur fête ? Pour en revenir à l’armée sénégalaise, son rôle est vain si elle est exclue, comme c’est le cas actuellement, du traitement de la seule question géopolitique urgente et importante de cette ère : la lutte contre le terrorisme au Sahel.

Un rôle de tirailleurs modernes est donc dévolu à l’armée nationale, qui loue ses services au plus offrants. Le Sénégal envoie ses forces armées comme supplétifs sur des théâtres d’opération de par le monde, où il n’a rien à faire. Dans le même temps, les pays de la sous-région l’ont exclu de tout rôle : le Sénégal ne fait pas partie du G5 Sahel mis en place par les pays de cette sous-région (Niger, Mauritanie, Burkina Faso, Tchad, Mali) pour la gestion de la question du terrorisme au Sahel, malgré les demandes répétées du Sénégal d’en faire partie, exprimées au plus haut niveau.

Si nos forces armées ne sont pas dans la sous-région, que ne participent-elle pas à la sécurisation des biens et des personnes ici même au Sénégal ? Le Président a soutenu que « dans l’accomplissement de leurs missions internes ou étrangères, nos Jambaars continuent de faire honneur à l’idéal Armée-Nation ». Cet idéal d’armée Nation serait palpable si notre armée nationale s’investissait dans des missions de sécurité interne, de génie civil et de construction d’infrastructures. Ce n’est pas le cas.

Rien n’a été dit dans le discours du 4 avril du Président Sall sur le dialogue politique auquel son ministre de l’Intérieur a appelé, en son nom. Aucune mention dans la parole présidentielle de ce dialogue pour un consensus politique national. Rien qui soit à même de rassurer que le pays sera géré dans le respect des libertés individuelles et collectives jusqu’à l’élection présidentielle. En une ère où un opposant se trouve exilé, un autre embastillé et ceux qui le soutiennent vilipendés ou poursuivis devant les tribunaux, occulter cette question politique qui aurait apaisé l’opinion nationale est un luxe que le Président Sall a cru pouvoir s’offrir, prétendument au nom du « temps de l’action et du travail ».

Le Président Sall a indiqué que « l’école publique est la seule garante de l’égal accès de tous les enfants » et tenté d’expliquer ainsi pourquoi « la communauté éducative reste au cœur de ses préoccupations. ». Sauf que la rallonge de 25.000 FCFA qu’il a consentie aux enseignants pour leur indemnité de logement n’a pas fait l’objet de l’assentiment de ceux-ci et de leurs syndicats. Les grèves perlées dans le secteur public de l’éducation continuent.

 Quant à la question névralgique des daaras coraniques, de leur nécessaire modernisation et de leur intégration obligatoire dans l’architecture académique, elle n’a tout simplement pas été évoquée. Or, les daaras coraniques où se trouvent 800.000 enfants, constitue avec l’école privée confessionnelle chrétienne, l’autre pendant indispensable du secteur éducatif sénégalais.

Sur la question de société des enfants de la rue, dans une prophétie apparemment auto-réalisatrice, le Président Sall a assuré que « le programme de retrait des enfants de la rue se poursuit avec vigueur ». Quelles sont les manifestations de cette « vigueur » ? Personne ne le voit.

Enfin, sur la question centrale de l’emploi et de la création d’emplois, le Président Sall a indiqué que « la Délégation générale à l’Entreprenariat rapide des Jeunes et des Femmes (DER), doté d’un fonds initial de 30 milliards, entre dans sa phase active ». Dans le même temps, seulement « un milliard sera alloué aux jeunes promoteurs de startups » dans le secteur du numérique. Déconnecter ainsi le secteur du numérique des 30 milliards de cette Délégation à l’Entreprenariat rapide est une erreur. Que le Président Sall et ses services ne voient pas que le véritable gisement d’emplois (et surtout d’auto-emplois), pour les jeunes et les femmes, est le secteur du numérique et des multiples services à valeur ajoutée qu’ils peuvent apporter notamment à travers les infrastructures des opérateurs de téléphonie mobile, dans un secteur (les télécommunications et l’économie numérique) qui compte déjà pour 7 % dans le PIB du Sénégal, révèle une myopie stratégique au sommet de l’Etat.

Damel Mor Macoumba Seck

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