Ismaïla Madior Fall, démission ! : le secret du vote, supprimé par les parrainages

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POLITIQUES – Avec le projet de loi sur les parrainages, le secret du vote des électeurs est foulé au pied par le  ministre de la Justice Ismaila Madior Fall, concepteur de cette loi. La Constitution sénégalaise dispose que le suffrage est universel, égal et secret. Avec la loi sur les parrainages, qu’il a concocté pour le régime Sall, l’idéologue en poste à la Justice Ismaila Madior Fall jette aux orties le principe constitutionnel du secret du vote. En effet, dans le projet de loi qui a été publié,  il est stipulé que chaque citoyen électeur ne peut parrainer qu’un seul candidat. Ce qui revient à faire voter les citoyens qui parrainent les candidats à la présidentielle, avant même le jour du vote. Si l’on ne peut parrainer qu’un seul candidat, qui parrainera un autre candidat que celui pour lequel il entend voter ? C’est donc un premier tour sous forme de sondage obligatoire grandeur nature que le régime de Macky Sall entend mettre en place par la force d’une loi d’évidence anticonstitutionnelle.

Dans les pays où on exige le parrainage des candidats à la présidentielle par des élus (élus qui sont des députés, sénateurs, conseillers régionaux, maires, etc), ces parrains ne peuvent parrainer qu’un seul candidat. C’est normal puisque ces élus qui parrainent un candidat à la présidentielle représentent eux même des électeurs de tout bord, ceux qui les ont élus comme ceux qui n’ont pas voté pour eux, qui deviennent leur administrés ou leurs mandants une fois l’élection passée. C’est ainsi d’ailleurs que les élus qui parrainent les candidats à la présidentielle peuvent accorder leur parrainage à un candidat qui n’est pas de leur camp, au nom de la démocratie et parce qu’il juge qu’il est important pour la démocratie et la représentation de toutes les sensibilités politiques que ce candidat soit présent à l’élection présidentielle.

 Ici au Sénégal, la situation que l’on nous prépare est bien différente. L’électeur qui parrainera ne représente que lui-même et le secret de sa conscience : celui de son futur vote. Ceux qui sollicitent un parrainage de la part d’un électeur demanderont à celui s’il s’ils parrainent déjà un candidat ? C’est une violation fragrante de son droit au secret de son vote. Savoir qu’il a parrainé quelqu’un d’autre, c’est savoir qu’il ne vote pas pour vous. A-t-on également pensé à la pagaille généralisée que cela va demander, de vérifier, par chaque équipe ou mandataire de candidat à la présidentielle, si chacun des 65 000 parrains citoyens dont ils veulent solliciter la signature est « libre » ou pas ?

Va-t-on aller vers un parrainage numérique, comme préconisé par l’un de mes interlocuteurs, puisque tous les numéros de téléphone portable sont enregistrés avec l’identité et la pièce d’identification de leur propriétaire ? Non, ce serait trop demander à un pouvoir dont l’objectif est d’empêcher la mltiplication des candidatures qui pourraient effriter le Saint-Graal des 50% plus 1 voix du Président sortant au premier tour.

Ismaila Madior Fall, tailleur constitutionnel adepte de la déconsolidation, qui nous a déjà fourgué la non-rétroactivité de la diminution du mandat présidentiel à 5 ans pour Macky sall, revient avec ce projet de  loi des parrainages qui viole le secret des consciences et annonce déjà une pagaille monstre. Il nous faut rappeler à ce régime Sall les mots impérissables du Président du Conseil français Pierre Mendés-France : « La démocratie, c’est beaucoup plus que la pratique des élections et le gouvernement de la majorité : c’est un type de mœurs, de vertu, de scrupule, de sens civique, de respect de l’adversaire ; c’est un code moral ».

Ce n’est pas la démission du ministre de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye qu’l faut exiger, mais bien celle d’Ismaila Madior Fall .

Damel Mor Macoumba Seck

© : Tract Quotidien 2018 – www.tract.sn

Mouvements : Pierre Goudiaby Atepa et l’ex juge Ibrahima Dème se disputent le vocable ‘Ensemble’

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POLITIQUES – Après avoir démissionné de la magistrature, le désormais ex-juge Ibrahima Hamidou Dème a annoncé  son entrée en politique avec la création du mouvement «Ensemble». Un choix motivé, selon le magistrat démissionnaire, par l’effritement des fondements de la société. Des manquements qui commencent, déplore-t-il, par «la justice qui, une fois fragilisée, menace l’équilibre social». La justice sénégalaise qu’il estime être dans une «mauvaise posture est dirigée par une élite politique qui l’utilise à sa guise». Son entrée en politique se justifie aussi par une volonté de mettre un terme à l’accaparement de la politique par des «gens qui a pris en otage les Sénégalais».

le magistrat démissionnaire est aussi revenu sur l’organisation du Conseil supérieur de la magistrature. Celui-ci ne fonctionne pas sur des bases transparentes, confie-t-il. En guise d’exemple, il cite la tenue de six consultations à domicile en six mois.  Or, en temps normal, il n’y avait même pas trois consultations en trois mois. « Pendant ces consultations, toutes les décisions prises étaient des nominations », dénonce par ailleurs Ibrahima Hamidou Déme.

De son côté, Pierre Goudiaby Atépa lance ‘Ensemble pour le Sénégal’, avec l’ambition à peine voilée de susciter un désir au sein de l’opinion pour sa candidature à la prochaine présidentielle. « L’urgence de rassembler autour d’une grande plateforme les intelligences du Sénégal pour faire ‘bouger les lignes’ n’est plus à démontrer. Je dirai même que c’est une porte ouverte que j’essaie d’ouvrir, et qu’il est plutôt question d’inviter toutes les bonnes volontés à entrer dans le laboratoire d’incubation pour en sortir le Sénégal que nous aurons la fierté de léguer à nos enfants et petits enfants », dit l‘architecte.

Parrainages : Abdoul Mbaye dénonce un ‘tripatouillage constitutionnel’

POLITIQUES – « Deux modifications de la Constitution du Sénégal en deux ans : cela s’appelle du  tripatouillage constitutionnel. C’est une première au Sénégal. Refusons-le ! Refusons le Sénégal devenu république bananière. Refusons d’être la risée de l’Afrique  et du monde ! ». Voilà la sentence de l’ancien Premier ministre Abdoul Mbaye, leader de l’Act, sur l’initiative du régime en place de valider le parrainage des candidatures à la présidentielle. Dans un communiqué en date d’hier, vendredi, Abdoul Mbaye et cie se sont portés-en-faux contre toute modification de la Charte fondamentale du Sénégal.

« Sous le couvert d’un souci de justice, ce qui est demandé aux candidats indépendants (article 29 de la Constitution) le serait aussi aux candidats de partis ou de coalitions de partis. Mais l’objectif de Macky Sall, de ses alliés et serviteurs zélés est ailleurs : chercher à éliminer des candidats dangereux pour lui, par la loi ou la modification de la loi, cette dernière serait-elle fondamentale », a dit le leader de l’Act. Et de poursuivre : « Nous connaissons bien cet homme; il est dans une démarche qui se renouvelle.

Par la réforme constitutionnelle de 2016, il a introduit l’article 25-1 (« L’exploitation et la gestion des ressources naturelles doivent se faire dans la transparence..») ; on sait par contre ce qui s’est passé avec Timis Corp et son frère ». Allant plus loin, il dira : « Son projet actuel est de renouveler une forfaiture testée à l’occasion des élections législatives : lui et son Premier ministre (spécialiste de la prostitution politique) ont reçu et acheté le désistement de candidats qui figuraient sur des listes de moins de 200 noms présentées par des partis de l’opposition. Ils feront de même pour les listes de 10 000 noms et à moindre frais ».

Dans la foulée, Abdoul Mbaye lancera un appel solennel : « Chefs religieux, personnalités d’influence, députés de tout bord, refusez cette spirale inquiétante amorcée par un Macky Sall aux abois. Parlez-lui afin qu’il retrouve la raison. Citoyens, multipliez les échanges avec les députés non membres de l’opposition, vos voisins ou connaissances. Que des délégations ne cessent de leur rendre visite pour leur rappeler qu’ils sont représentants du peuple, avant d’être ceux de partis. Ils sauront entendre raison et préférer cette fois l’intérêt du Sénégal à celui de leur chef ».L’invite de l’ancien Premier ministre touchera aussi l’opposition et la société civile : « Partis regroupés au sein de l’Initiative pour des Elections Démocratiques (IED), tous partis politiques soucieux de justice et de paix, mouvements citoyens, soyons unis pour faire barrage à ce scandale qui fait suite aux nombreux autres qui l’ont précédé, en  particulier celui de la condamnation récente à 5 ans de prison du maire Khalifa Sall. Trop ; c’est trop ! Sénégalais, debout ! ».

Accords avec l’opposant Cellou Dalein: Alpha Condé décrispe

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LES AFRIQUES – Le président Alpha Condé et son principal opposant Cellou Dalein Diallo ont signé lundi 2 avril plusieurs accords qui mettent fin à plusieurs semaines de crise post-électorale, grâce en partie à l’implication du conseiller personnel du chef de l’Etat Tibou Kamara. Maintenant, la mission pour l’aboutissement de ces accords revient au comité de suivi des accords politiques inter-guinéen présidé par le ministre de l’Administration du territoire Bouréma Condé.

Pour faire aboutir les accords entre le président guinéen et le chef de l’opposition, le choix s’est porté sur le comité de suivi du dialogue politique inter-guinéen.

Le président de ce comité, le ministre de l’Administration du territoire Bouréma Condé, se sent honoré par les deux camps. « Je considère que le choix porté sur le comité de suivi et son président est une nouvelle marque de confiance que j’ai saluée, et chez le chef de file de l’opposition et chez monsieur le président de la République. »

Pour le ministre, ce choix est un mérite. Il est déterminé à partir en guerre contre l’adversité pour réussir sa mission à la satisfaction de tous. « Il se mérite pas la droiture dans le travail, par l’impartialité dans le travail, elle se mérite surtout par l’efficacité. Je pense que nous allons y arriver parce que notre détermination est totale. Nous ferons en sorte que les Guinéens ne soient pas déçus de notre travail. »

Pour éviter que le doute ne prenne le pas sur l’espoir, le comité de suivi va rapidement entamer ses travaux selon son président. « Très rapidement, je viens de signer des lettres aujourd’hui pour inviter toutes les parties prenantes au comité de suivi et dès vendredi prochain, nous aurons la vingtième session qui va coïncider avec la première session post-électorale. »

Si c’est bien connu que le ministre Condé maîtrise son dossier pour avoir présidé le dialogue politique inter-guinéen, les observateurs estiment qu’il aura fort à faire face aux extrémistes bien enracinés autour du chef de l’Etat.

Dernier discours du 4 avril de Macky Sall avant la présidentielle

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https://www.facebook.com/PresidenceSenegal/videos/1870961696528591/

Barthélémy Dias écroué: son avocat plaidera la relaxe ce vendredi

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Le maire de Mermoz-Sacré Cœur et député de la précédente législature, Barthélémy Dias, exclu en décembre du parti socialiste pour son soutien au maire de Dakar Khalifa Sall, a été placé sous mandat de dépôt hier mardi, à la veille de la fête nationale, et écroué à la prison de Rebeuss. Il sera jugé ce vendredi en procédure de flagrants délits. Il est poursuivi pour les délits d’outrage à magistrat et d’appel à l’insurrection. Son avocat Me El Hadj Diouf a annoncé qu’il plaidera la relaxe pure et simple.

Lettre ouverte à SEN TV : Les cerveaux des femmes doivent servir pour le développement du Sénégal (Salimata Ndoye Sall)

Cette lettre ouverte s’adresse à l’animatrice madame Aissata Ndiathié de l’émission Ndoumbélane sur SEN TV, mais aussi  à toutes les chaînes de télévision du Sénégal : « Les cerveaux des femmes doivent servir pour le développement du Sénégal »

Après avoir reçu trop de suggestions d’amis à propos de l’émission Ndoumbélane du 30 mars 2018 sur SenTv dont le thème est : « 58 ans d’indépendance, à qui la faute si le pays n’émerge pas? », j’ai fini par l’écouter sur YouTube le lendemain. Comme mes amis, j’ai bien apprécié la qualité des échanges sur des enjeux déterminants dans une des langues nationales du pays, le wolof. Très salutaire. Contrairement à mes amis tous de sexe masculin, mon appréciation est ternie par une observation qui me semble chronique pour finir par devenir aveuglante pour beaucoup de Sénégalaises et de Sénégalais, l’invisibilité des femmes sur les espaces de réflexion, sur les enjeux développementaux de ce pays. Leur espace dédié est celui du divertissement pour la plupart du temps.

Ma remarque n’est pas une critique mais un cri d’urgence que j’adresse à la société entière, à toutes les chaînes sénégalaises, aux animateurs et animatrices d’émission, pour régler la question de l’invisibilité des femmes dotées de capacités de réussite, d’imagination, de créativité et d’ingéniosité sur le Sénégal. On se doit, au XXIème siècle, d’être sensibles à la visibilité des femmes à côté de celle constante des hommes, à l’expression du potentiel des femmes à côté de celle des hommes. Faisons place aux femmes dans les sphères de débats, de décisions sociales, politiques, économiques et culturelles. Je conçois très mal qu’on puisse parler de bilan d’après l’indépendance à aujourd’hui, de développement, d’échec, d’avenir du Sénégal, sur un plateau d’invités exclusivement masculins. Où sont les femmes de ce pays? Et ne me dites pas que l’animatrice est une femme. Elle n’est pas là pour répondre sur les enjeux de ce pays, comme son collègue ne serait pas à la barre de l’animation pour le faire, non plus, elle est là pour poser des questions et donner la parole à ses invités. Nous avons, au Sénégal, des femmes ayant de grandes responsabilités, des modèles pour les filles et les garçons, des femmes cheffes de ménage, des femmes d’affaires, des actrices de développement, etc. Toutes les femmes n’étaient pas occupées à faire la parade dans les cérémonies, à gaspiller de l’argent et à cultiver le culte de l’apparence lors de l’enregistrement de l’émission? Ce point de futilité de l’apparence au féminin a été soulevé par monsieur Amadou Tidiane Wone dans l’émission. Certes, il existe et il est à combattre par la sensibilisation et l’éveil du potentiel des femmes, mais toutes les femmes ne tissent pas leur vie avec cette toile d’inutilité et de carence d’ambition pour elles-mêmes et leur propre pays. Personne n’a dit que c’est le cas d’ailleurs, mais la seule fois où j’ai entendu une allusion faite aux femmes, c’est sur ce point très réducteur. J’aurais aimé voir des invitées pertinentes nous démontrer le contraire, puisque des femmes qui partagent les réflexions ingénieuses, créatives, stimulantes et riches de certains parmi les invités existent dans ce pays. Tous les sujets débattus à l’émission n’échappent à aucun cerveau humain qui réfléchit et qui est sensible au développement du Sénégal. Ce cerveau-là peut être celui d’une femme comme celui d’un homme.

Par ailleurs, monsieur Cheikh Yérim Seck a parlé d’un problème bien sénégalais, notre manque de leadership comme une explication de notre retard en comparant le Sénégal au Rwanda, le bel exemple de développement fulgurant africain qui a aussi ses excès d’autorité peu enviable. J’ai envie de lui souligner un élément qu’il n’a pas vu, qu’il n’a pas nommé, notre manque de modèle de leadership avec une épithète que rares sont les yeux d’un homme qui le voient. Car tous les hommes n’ont pas les yeux d’Elgas ni ceux de Mohamed Mbougar Sarr, ces brillants écrivains très sensibles aux inégalités sociales à travers l’expression de leur humanité profonde, leur plume, envers les plus vulnérables à savoir les enfants et les femmes. Pour ne répondre qu’à ce point parmi ceux soulevés dans l’émission, je dis à l’ensemble des invités de sexe masculin qu’on manque non seulement de leadership mais surtout de leadership féminin. Au fait, j’argue ce qui pourrait être considéré opposé à la pensée de monsieur Cheikh Yérim Seck, on a eu trop de leadership masculin avec le résultat qu’on connait au passé et au présent. Alors, il est temps de changer la donne en faisant place aux femmes sur le leadership sénégalais pour un futur meilleur, en mettant à contribution le potentiel des femmes et celui des hommes. Il est temps de renverser la tendance coutumière de non-représentativité féminine sur les débats sociopolitiques.

 Qui dit absence des femmes verra forcément absence de réflexion sur les inégalités entre les sexes. Nul, parmi les invités intellectuels, n’a abordé la question des inégalités en dignité et en droit entre les femmes et les hommes, nul n’a abordé l’impact des femmes sur le développement. C’est à la fois frappant et révélateur de voir au Sénégal l’état des mentalités et l’état des idées en matière d’analyse de développement à travers les régimes présidentiels de messieurs Senghor, Diouf, Wade et Sall tout en faisant fi des femmes actrices de développement à part entière. C’est choquant de constater qu’il est possible de couvrir plus d’une heure d’émission, d’après ma source YouTube, avec des esprits instruits sans aborder les rapports de sexes, la contribution des femmes au développement, ou l’impact du manque de contribution de certaines femmes dépendantes des hommes, celles qui ont tu ou ont laissé taire leur potentiel au détriment du Sénégal.

Comme nous le savons, au Sénégal, certaines des inégalités flagrantes entre les sexes ne sont abordées qu’au mois de mars avant de demeurer aux oubliettes le reste de l’année. Pourtant, inscrites dans nos rapports quotidiens, les inégalités méritent qu’on s’y attarde constamment si on veut réellement être en cohérence avec le développement rêvé de ce pays. Leur occultation n’est que leurre sur le rêve des invités masculins de l’émission. L’autonomisation des femmes, leur empowerment, est la clé du développement dans une société républicaine. À mon avis de femme mais surtout d’humain, la dépendance, la vulnérabilité des femmes, demeure l’une des principales causes, pour ne pas dire la grande cause de notre sous-développement et de celui de beaucoup de pays africains. Les données scientifiques existent à cet effet. Tant qu’on n’a pas rompu le rapport de dépendance d’un humain adulte et en âge de travailler sur un autre humain adulte actif, ici le sexe importe peu, on ne pourra pas parler de développement au Sénégal. Le jour où les femmes et les hommes régleront cette problématique définitivement, on aura franchi un pas de géant. D’ici là que les femmes sénégalaises réclament et prennent leurs places, afin de contribuer au développement de ce pays en toute visibilité et de constituer des modèles pour la jeunesse. On ne peut pas se passer du poids démographique et cérébral des femmes, 52% de la population nationale, et penser faire dans le développement de ce pays. C’est impossible. C’est un mirage. On ne veut pas de l’exemple des pays « riches » et inégalitaires de ce monde, n’ayant pas la dignité des femmes comme préoccupation.

En espérant porter attention et sensibilité sur la représentativité des femmes et l’usage des cerveaux des femmes sur l’avenir du Sénégal avec ceux des hommes. La clé de notre développement.

Salimata Ndoye Sall

Travailleuse sociale

salimata.ndoye.sall@gmail.com

Les vies de feue l’incandescente Winnie Mandela, ‘Mama South Africa’

Aussi célèbre pour son combat contre l’apartheid que pour sa liberté de parole, Winnie Mandela est décédée ce lundi de Pâques, à l’âge de 81 ans, après une longue maladie.

« C’est avec une grande tristesse que nous informons le public que Mme Winnie Madikizela Mandela est décédée à l’hôpital Milpark de Johannesburg ce lundi 2 avril », a déclaré Victor Dlamini, le porte-parole de l’icône de l’ANC dans un communiqué.

Mère de la nation sud-africaine

Plus qu’une icône, Winnie Madikizela Mandela a sacrifié sa vie pour la liberté de l’Afrique du Sud. Égérie de la lutte antiapartheid durant les 27 années d’emprisonnement de Nelson Mandela, libéré en 1990, elle était cependant devenue une figure controversée.

Dans le Soweto des années 80, Winnie, qui était surnommée la « mère de la nation », aurait notamment encouragé la violence pendant la lutte contre le régime ségrégationniste à travers le Mandela United Football Club. Elle se retrouve accusée de violence et de meurtre : en 1988, son club, qui est en fait un véritable gang, tue un jeune militant de 14 ans, Stompie Sepei, semble-t-il sur les instructions de Winnie. Elle sera jugée et condamnée à six ans de prison. Assignée à résidence à Brandfort – « un tombeau vivant » –, l’opposante, courtisée par les médias internationaux, assume d’être prête à tuer pour la liberté. Ne craignant rien ni personne, Winnie, qui recrute avec Chris Hani et Oliver Tambo les soldats d’Umkhonto we Sizwe, la branche militaire du Congrès national africain, joue aussi les courroies de transmission entre le terrain et le prisonnier légendaire dont le monde entier exige la libération.

Une figure toujours en lutte

Mariés en 1958, Nelson et Winnie ont divorcé en avril 1996, plusieurs années après leur séparation. Bien que Winnie ait été aux côtés de son mari lors de sa libération en 1990, les relations du couple s’étaient très vite dégradées. « Nous – Nelson et moi – n’avons jamais vraiment donné une chance à notre couple. Voyez-vous, je comprends vraiment les femmes d’autres prisonniers. Certaines ne pouvaient pas faire face à la situation. Affonter la vie en prison. Personne n’a jamais accordé une pensée à ces femmes », estime Winnie. « Moi, d’un autre côté, je sentais qu’il était de ma responsabilité de maintenir le nom, l’héritage de Nelson Mandela, tout. »

En 1969, Winnie Mandela est aussi emprisonnée. Mandela écrit alors des mots poignants à ses filles, Zeni et Zindi, 9 ans et 10 ans, privées de leur mère et de leur père. Les lettres évoquent ses relations parfois orageuses avec Winnie qui lui rappelle, un jour, qu’elle a dû élever seule leurs enfants.

Pourtant dans son testament, Nelson Mandela, qui fut le premier président de l’Afrique du Sud démocratique de 1994 à 1999 et est décédé en 2013, ne lui a rien laissé. Car comme le démontre le film entrelaçant archives et témoignages précieux, dont celui de Winnie et celui de sa fille Zindi, ce portrait dense et très documenté éclaire le rôle majeur – et souvent sous-estimé – de cette militante engagée en première ligne dans la lutte antiapartheid. Il montre surtout comment le régime sud-africain s’est ingénié à opposer « le saint » Nelson Mandela à la « pécheresse » Winnie, redoutée pour son intransigeance, jusqu’à leur séparation et sa diabolisation.

Nomzamo Winifred Madikizela-Mandela aura donc été un des piliers de la lutte des Noirs pour l’égalité de droits en Afrique du Sud.

Elle avait été hospitalisée plusieurs fois depuis le début de l’année 2018.

Née à Bizana, dans le Cap-Oriental, en 1936, elle s’installe à Johannesburg pour étudier le travail social après sa scolarité.Elle a rencontré l’avocat et militant anti-apartheid Nelson Mandela en 1957 et ils se sont mariés un an plus tard.

Cependant, sa vie conjugale avec Mandela a été de courte durée, puisqu’il a été arrêté en 1963 et condamné à la prison à vie pour trahison, avant d’être libéré en 1990.Durant le séjour de Mandela en prison, Madikizela-Mandela n’a pas été épargnée par les forces de l’apartheid. Elle a été placée en résidence surveillée et exilée à un moment donné à Brandfort.En 1969, Madikizela-Mandela devint l’une des premières détenues en vertu de l’article 6 du tristement célèbre Terrorism Act de 1967. Elle fut détenue pendant dix-huit mois dans une cellule à la prison centrale de Pretoria avant d’être inculpée en vertu de la loi sur la répression du 1950. Controverse En 1991, elle a été reconnue coupable d’enlèvement et d’être un complice de l’agression de Stompie Seipei, un jeune activiste qui a été tué par un membre de ses gardes du corps, le Mandela United Football Club.Les gardes du corps de Madikizela-Mandela avaient enlevé Seipei, 14 ans, en 1989, avec trois autres jeunes, de la maison du ministre méthodiste Paul Verryn.Sa peine d’emprisonnement de six ans a été réduite à une amende et à une peine de deux ans avec sursis en appel.Son mariage avec Mandela a commencé à patauger quelques années après sa libération.Une lettre qu’elle a prétendument écrite à son jeune amant s’est retrouvée dans les journaux.«Tu couches avec des femmes à gauche et à droite », y écrit-elle. « Le fait que je n’ai pas parlé à Tata [Nelson Mandela] depuis cinq mois maintenant n’est pas ta préoccupation. Je ne cesse de te dire que la situation se détériore à la maison. Cela ne te dérange pas parce que tu te satisfait chaque nuit avec une femme « , aurait écrit Madikizela-Mandela.

Dans son livre Odyssey to Freedom, l’avocat chevronné George Bizos décrit comment Mandela a refusé d’assister aux consultations juridiques que Bizos a eues avec Madikizela-Mandela au cours du procès Seipei. »Il a tracé une ligne rouge et refusé d’assister à nos consultations, principalement parce que ces rencontres ont également été suivies par le jeune avocat … son amant pendant la dernière partie de l’emprisonnement de Nelson et après sa libération », écrit Bizos dans son livre.Le couple a divorcé en 1996, 37 ans après leur mariage. Après les premières élections démocratiques en 1994, Madikizela-Mandela est devenue députée et a été nommée Ministre déléguée chargée des arts et de la culture. Elle a été limogée par Mandela après un voyage non autorisé au Ghana.Elle a été députée depuis lors, malgré des apparitions limitées au Parlement ces dernières années.

Idrissa Seck assure s’être réconcilié avec Abdoulaye Wade et Karim Wade

POLITIQUES – interrogé hier par une radio qualifiée de mondiale, après le verdict de condamnation du maire de Dakar Khalifa Sall, le président du parti Rewmi Idrissa Seck s’est dit scandalisé par cette décision de justice: « une souillure sur la justice et sur la démocratie sénégalaise ». Il a indiqué que la première souillure avait eu lieu quand le Président Macky Sall avait déclaré à la face du monde qu’il gardait « une tonne de dossiers sous le coude. C’est donc lui qui décide de qui doit être jugé ».

Au détour de cette interview, Idy révèle qu’il est désormais réconcilié avec « son père » Abdoulaye Wade et « son frère » Karim Wade. Il voudrait, s’il est élu, restaurer la dignité d’ancien président de Wade que les pairs de Macky Sall évite d’inviter ou de solliciter pour ne pas gêner ce dernier.

Toutefois, Idrissa Seck n’appelle pas à un rassemblement autour de sa candidature. Il est d’avis que plus il y aura de candidatures de l’opposition à la présidentielle de 2019, plus celle-ci sera en mesure de prendre plus de 50% des voix de l’électorat à Macky Sall.

Vous pouvez écouter l’interview sur ce lien:

http://www.rfi.fr/emission/20180331-senegal-idrissa-seck-condamnation-khalifa-sall-honte-mack-sall-wade