Congo : le candidat à la présidentielle Moïse Katumbi a été Italien jusqu’en…2017

LES AFRIQUES – une situation juridique qui ne manquera pas d’être celle du candidat épistolaire sénégalais Karim Wade, dont on ne sait s’il a renoncé à son passeport français ou quand va-t-il se défaire de cette nationalité française. Une municipalité du sud de l’Italie a confirmé que « Moïse Katumbi d’Agnano » avait bien détenu la nationalité italienne entre 2000 et 2017. Cette situation, contraire au droit congolais, pourrait porter préjudice à la candidature de l’opposant à l’élection présidentielle, prévue pour décembre prochain.

La rumeur, qui courait depuis plusieurs années, s’est confirmée : Moïse Katumbi Chapwe a bien détenu la nationalité italienne. Le nom de l’un des principaux opposants au président Joseph Kabila apparaît dans le registre de l’état-civil de la mairie de San Vito dei Normanni, une petite ville de 20 000 habitants située dans le sud de l’Italie.

La municipalité confirme que l’opposant – qui a choisi le nom de Moïse Katumbi d’Agnano lors de sa demande de naturalisation – a acquis la nationalité italienne le 3 octobre 2000, avant d’y renoncer le 13 janvier 2017. D’après nos informations, l’homme figurant dans le registre est né le 28 décembre 1964, tout comme l’ancien gouverneur du Katanga.

« La nationalité congolaise est une et exclusive »

Bien que ce scénario demeure encore sujet à caution, il est probable que Moïse Katumbi ait acquis la nationalité italienne par le biais de son père. Ce dernier est en effet né sur l’île de Rhodes, qui se trouvait, durant l’entre-deux-guerres, sous la domination de l’Italie fasciste. Une parenté dont aurait pu se prévaloir Moïse Katumbi pour acquérir la nationalité italienne, en vertu de la législation en vigueur dans la péninsule.

Si elle peut paraître anecdotique dans d’autres pays, cette double nationalité provisoire soulève un problème majeur au regard du droit congolais. Car la Constitution de 2006 interdit expressément, dans son article 10, la binationalité : « La nationalité congolaise est une et exclusive. Elle ne peut être détenue concurremment avec une autre. »

En ayant acquis la nationalité italienne, Moïse Katumbi a-t-il de facto perdu sa nationalité congolaise ? C’est en tout cas ce que laissait penser, en juin 2017, le ministre de la Justice Alexis Thambwe Mwamba, qui s’était fait  l’écho, peu avant, de la rumeur d’une double nationalité de Moïse Katumbi.  « Il appartient à M. Katumbi, s’il sait qu’il est dans cette situation, d’enclencher la procédure prévue par la loi pour recouvrer la nationalité congolaise », avait-il alors déclaré.

Boîte de Pandore

Cible privilégiée du régime de Kinshasa, l’opposant a lancé le 12 mars dernier son mouvement « Ensemble pour le changement », en faisant part de son intention de concourir à la prochaine élection présidentielle. Or la Constitution congolaise prévoit, en son article 7,2 que « nul ne peut être candidat à l’élection du Président de la République s’il […] ne possède pas la nationalité congolaise d’origine ».

Dans ces conditions, Moïse Katumbi pourra-t-il concourir au scrutin prévu le 23 décembre prochain ? « Je suis catégorique : tant que Moïse Katumbi n’a pas fait les démarches pour recouvrer sa nationalité d’origine, il ne peut être candidat à l’élection présidentielle », affirme à Jeune Afrique Bob Kabamba, professeur de science politiques et corédacteur de la Constitution congolaise de 2006.

Véritable boîte Pandore, la question de la nationalité des responsables politiques en RDC refait surface de manière récurrente. En novembre 2016, le porte-parole de Moïse Katumbi avait lui-même déclenché une semblable polémique en pointant la situation de Samy Badibanga, nommé Premier ministre un mois auparavant. Celui-ci avait alors déclaré avoir renoncé à sa nationalité belge.

Sollicité à plusieurs reprises, via son entourage, Moïse Katumbi n’a pas souhaité réagir pour le moment. Il y a quelques jours Olivier Kamitatu, son porte-parole, nous confiait : « Pendant dix ans, alors qu’il était député, puis gouverneur du Katanga [à l’époque, il est encore un fidèle du président Joseph Kabila], la majorité présidentielle n’a jamais remis en question le fait qu’il était congolais. C’est seulement maintenant, alors que Moïse Katumbi se lance dans la présidentielle, qu’ils en doutent. »

Avec Jeune Afrique

Populiste, réactionnaire et antirépublicain : Ousmane Sonko réclame le retour de la peine de mort

Et ce qu’on craignait arriva ! La marche du Collectif pour la Protection de l’Enfance de ce samedi 24 mars à Dakar servira bien de tremplin aux promoteurs de l’idée saumâtre, réactionnaire, antirépublicaine et populiste d’un retour de la peine de mort. A leur tête, le politicien à la mode Ousmane Sonko, abrité derrière son immunité de parlementaire élu au plus fort reste, qui propose cette peine maximale contre les auteurs de crime d’enfant.

Voici le message que Sonko a posté sur sa page Facebook :

Chers compatriotes!

Comme je l’avais fait quelques semaines auparavant, lors de rassemblements politiques à Sokone et aux parcelles assainies, je tiens à exprimer mon indignation la plus acerbe face à la recrudescence des actes de violence crue. Particulièrement sur les personnes vulnérables que sont les enfants.

En tant que parent, je suis très inquiet, à l’image des millions de Sénégalais, qui laissent leurs enfants partir à l’école tous les jours ou aller jouer avec leurs amis du quartier.

Je déplore et condamne fermement l’amateurisme, le mépris et l’inertie de l’État qui, une fois encore, ne fait semblant de bouger sur des questions sociétales vitales que lorsque la clameur populaire grossit.

Pourtant, le ministre de l’intérieur et le palais trouvent le temps et les moyens de mettre un dispositif impressionnant de renseignement ou de répression pour pister, espionner, écouter ou mâter de l’opposant.

Aussi, j’invite le Président Macky Sall et son gouvernement:

– à déployer tous les moyens disponibles pour traquer, appréhender et punir les auteurs de ces actes ignobles;

– à les soumettre à un interrogatoire rugueux afin de remonter aux véritables criminels, c’est à dire leurs crapuleux commanditaires;

– à mettre en place un dispositif permanent de prévention, avec une attention particulière aux enfants de la rue, qu’ils ont échoué à retirer de la rue et dont les disparitions passeraient inaperçues,

En ce qui me concerne, je porterai prochainement une proposition de loi pour le durcissement des sanctions pénales notamment

– par l’instauration de la peine de mort contre tout acte de meurtre crapuleux sur un enfant mineur;

– et une peine lourde minimale de 20 ans assortie de travaux forcés et sans possibilité de remise pour tout acte de viol commis sur un enfant de moins de 10 ans et pour tout acte de profanation d’une tombe.

Nous appelons les populations à plus de vigilance et de solidarité face à cette forme de « terrorisme » qui nous frappe durement;

Enfin nous appelons toute la population à participer à la marche prévue ce samedi 24 mars 2018  pour réclamer plus de protection pour les enfants et plus de sécurité pour les citoyens.

L’ex journaliste Nafissatou Diouf vote Macky Sall

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POLITIQUES – L’ex journaliste Nafissatou Diouf, docteur en littérature française et ex présentatrice de l’émission matinale Kinkéliba de la RTS 1, et qui est désormais maître de conférence en communication digitale à l’Université Virtuelle du Sénégal (UVS),  a franchi le pas. En décidant de militer pour Macky Sall, au sein de l’APR à Rufisque. « Nous décidons solennellement d’enfourcher le cheval de bataille, symbole des républicains que nous sommes, avec la permission du président de la République, pour nous battre avec dévouement et loyauté afin de défendre notre idéal, mais aussi son idéal et son programme dont le bilan qualitatif et quantitatif, à tous les niveaux, est plus que convainquant », a dit Nafissatou Diouf. Elle s’est dit prête à servir ses contemporains « à partir de maintenant et aussi longtemps » que lui permettra son énergie pour leur mieux être et pour que gagne le Sénégal. Deux raisons justifient, selon elle, son entrée en politique. La première est née de sa rencontre avec les femmes à travers ses nombreuses visites de proximité qui lui ont permis, selon elle, de « mesurer le degré d’engagement » des femmes dans la chose publique à travers les organisations communautaires de base dont elles sont les figures de proue. La seconde vient du choix opéré par le chef de l’Etat, lui-même, qui a décidé de faire émerger le département avec « le Pse qui fait la part belle » à Rufisque à travers les nombreuses infrastructures construites comme le pôle urbain de Diamniadio.

Autant de raisons qui poussent désormais Nafissatou Diouf à travailler « sans relâche avec tous les responsables ». Ceci pour donner « un score confortable » au chef de l’Etat à la prochaine présidentielle. Pour le ministre Oumar Guèye, avec l’entrée politique de Nafissatou Diouf à l’Apr, c’est la famille politique du chef de l’Etat Macky Sall qui s’agrandit. « Tu as fait le bon choix, Nafissatou », a dit le coordonnateur de l’Apr à Rufisque. Non sans rappeler les nombreuses réalisations faites par le chef de l’Etat durant les six années qu’il a été à la tête du pays. Oumar Guèye cite la production énergétique du pays, le développement des infrastructures telles que les routes, autoroutes, quais de pêche, la politique sociale avec les bourses de sécurité familiale, la Cmu ainsi que d’autres actions.

Le beau-père de Macky Sall, Abdourahmane Seck Homère, qui fait office de parrain pour Nafissatou Diouf dans le parti s’est dit confiant. Car, selon lui, par son éducation et son entregent, Nafissatou Diouf peut apporter beaucoup de choses à Rufisque.

Mondial : Les Lions de l’atterrant gars visent les quarts de finale

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Quarts, kaar…Pour la Coupe du Monde 2018 en Russie Aliou Cissé, le sélectionneur national des Lions du Sénégal veut disputer les quarts de finale. Comme en 2002 lorsqu’il était le capitaine de l’équipe.

« Nous souhaitons atteindre les quarts de finale, mais nous pouvons réaliser une campagne tout aussi réussie sans passer la phase de groupes », a-t-il déclaré dans une interview accordée au site de la FIFA. « L’équipe est jeune, pétrie de talent mais inexpérimentée à ce niveau. Nous devons nous présenter sans complexe, jouer avec nos arguments, avec notre identité africaine qui définit notre football », a-t-il expliqué. « Seize années se sont déjà écoulées. Entre-temps, nous ne nous étions jamais qualifiés pour une Coupe du Monde. Beaucoup pensaient que nous serions des habitués après 2002 mais ça n’a pas été le cas. Nous sommes finalement revenus et les comparaisons avec l’ancienne génération vont bon train », a-t-il soutenu, relevant que l’équipe de 2002 a déjà son histoire et c’est désormais au tour de l’effectif actuel d’écrire la sienne. Eh bien oui, mais cela passe d’abord par une bonne préparation avec les cinq matches amicaux dont le premier est prévu, ce vendredi (17h), à Casablanca contre l’Ouzbékistan.

Bulletin unique à la présidentielle : la minorité présidentielle Benno Bokk Yaakar dit niet

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POLITIQUES – Ce n’est pas demain la veille de l’adoption du bulletin unique pour les scrutins organisés au Sénégal. En conférence de presse, ce jeudi, les plénipotentiaires de “Benno Bokk Yaakaar”, la coalition présidentielle, ont rejeté cette option soutenant qu’elle ne va pas de pair avec notre système

Benoit Sambou, chargé des élections de l’Alliance pour la République (Apr) et porte-parole du jour de la coalition “Benno Bokk Yaakaar” soutient que l’ancien président Abdoulaye Wade l’avait envisagé avant de l’abandonner puisqu’ayant compris que le bulletin unique ne peut pas prospérer au Sénégal.

Il rassure, toutefois, l’opposition que la démocratie sénégalaise est à un stade où il est impossible de truquer des élections. C’est pourquoi “Benno Bokk Yaakaar” est contre le remplacement d’Aly Ngouille Ndiaye, ministre de l’Intérieur, par une autorité indépendante chargée d’organiser la présidentielle, comme le réclame l’opposition.

Il rassure également l’opposition sur la sincérité du président Macky Sall qui, selon Benoit Sambou, est bien disposé à ne faire que deux mandats, dont celui en cours.

En alliant refus du bulletin unique et obligation de 65.000 parrainages pour tout candidat à la présidentielle, la minorité présidentielle Benno Bokk Yaakar (49% aux législatives) est d’évidence déterminée à mettre toutes les chances de réélection de son champion de son côté.

 

Ambulants sénégalais : Madrid accorde des bourses mensuelles et des cartes de résidents

Le directeur des Sénégalais de l’extérieur Sory Kaba s’est rendu en Espagne le lundi et mardi dernier. A l’issue de sa rencontre avec les autorités municipales madrilènes, il a été convenu d’accompagner les marchands ambulants dans les domaines de la formation et de l’intégration, moyennant une bourse mensuelle de 400€ par personne, (environ 260 000 F CFA). Dans un premier temps, ce programme va concerner 15 personnes pour une durée de 9 mois. Les bénéficiaires pourront, à l’issue de la formation, trouver un emploi. Il s’agit là, d’après le communiqué, d’un moyen pour la Mairie de Madrid de combattre la vente ambulante. Aussi, les autorités locales comptent-elles accompagner les familles des victimes.

Tout Sénégalais résidant à Madrid aura droit à une carte de citoyenneté madrilène. Laquelle carte confère à son détenteur ‘’les mêmes droits et devoirs que les autochtones au niveau municipal’’. Les deux délégations ont aussi retenu la tenue chaque année des assises de la diaspora pour mettre l’accent sur le dialogue et la concertation, dans le but de renforcer les relations diplomatiques entre les deux pays.

Outre les autorités municipales, Sory Kaba a aussi rencontré  les autorités policières qui lui ont réaffirmé leur disponibilité à dialoguer avec les autorités consulaires et diplomatiques, en vue de mieux protéger les Sénégalais. ‘’Les policiers se sont aussi engagés à mobiliser leur hiérarchie pour un traitement particulier des ressortissants sénégalais’’. Cette visite fait suite au décès de deux ressortissants sénégalais en Espagne les 15 et 16 mars derniers. Une marche pacifique a été organisée hier dans les rues de Madrid, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale dans le monde.

 

 

‘Le cercle vicieux africain: éviter les impôts, exiger peu de l’État’

TRIBUNE – Par Jean-Michel Severino (I&P).

Une entreprise qui naît, ce ne sont pas seulement des emplois créés. Ce sont aussi des bénéfices apportés à des clients dont la vie est améliorée par l’offre nouvelle : un accès à des biens et services essentiels comme à des plaisirs ou à un meilleur confort. Ce sont aussi des fournisseurs qui se créent ou qui prospèrent. Enfin, si l’entreprise est formelle – et ce point est essentiel –, ce sont des impôts qui entrent dans les caisses de l’État et des organismes de sécurité sociale.

Il n’y a pas à opposer État et entreprise dans l’enjeu du développement. Si cette dernière fournit aussi directement des biens et services sociaux, ceux que l’État délivre ne sont rendus possibles que par la prospérité des entreprises, directement via l’impôt sur les sociétés, et indirectement via la TVA et les impôts sur le revenu dont elle est à l’origine. L’entreprise, et particulièrement une nouvelle entreprise qui se crée, c’est donc toute une chaîne de valeurs matérielles et immatérielles privées comme publiques qui se met en place : en un mot, du développement.

Trop souvent, citoyens et entrepreneurs (informels) ne paient pas d’impôts et demandent donc peu à leur État

Mais si l’émergence entrepreneuriale est capitale, c’est pour une raison sociétale plus encore qu’économique. Bien que les pays africains soient infiniment variés, le pacte social, sa composante fiscale en particulier, est encore précaire dans un grand nombre d’entre eux. Les prélèvements obligatoires sont faibles au regard du PIB dans la plupart des pays du continent. Ils sont concentrés par ailleurs sur un nombre restreint de grandes entreprises d’une part et, d’autre part, fondés sur l’anonymat des droits de douane et de la TVA. Trop souvent, citoyens et entrepreneurs (informels) ne paient pas d’impôts et demandent donc peu à leur État, dont ils subissent la corruption et l’inefficacité avec une étonnante résignation.

De son côté, l’État lui-même, pour cette raison fiscale identique, est faiblement redevable à ses contribuables, auxquels il rend trop peu de services. Promouvoir et densifier un tissu de PME formelles payant leurs impôts et cotisations vise le cœur de cette déchirure dans le tissu social. Cela revient à introduire dans le jeu sociétal une catégorie d’acteurs ayant un besoin vital de services publics efficaces pour prospérer, ainsi que le poids social et symbolique pour exiger ces services d’un État qu’ils paient, tandis qu’ils transforment la société par leur activité comme par la richesse et le bien-être qu’ils créent. Il s’agit, au fond, de renforcer le pacte fiscal qui est central dans toute démocratie.

Peut-être est-il plus facile et plus prestigieux de négocier quelques arrangements ou contrats avec de grands acteurs plutôt que de se lancer l’amélioration des conditions de travail d’un très grand nombre d’acteurs très décentralisés

Est-ce la raison profonde pour laquelle, au-delà des discours rituels, convenus et toujours enflammés, consacrés à la promotion des start-up et des petites sociétés familiales, tant de gouvernements tournent en fait leur énergie vers les grandes entreprises et les groupes étrangers, ou rêvent d’asseoir leur prospérité financière sur les revenus du pétrole comme des zones franches ? Les uns comme les autres sont certes utiles. Et peut-être est-il plus facile et plus prestigieux de négocier quelques arrangements ou contrats avec de grands acteurs (sans compter parfois d’agréables à-côtés) plutôt que de se lancer dans la tâche difficile d’améliorer les conditions de travail d’un très grand nombre d’acteurs très décentralisés, occupés à des activités souvent bien prosaïques (fabriquer des tables, des chaises ou des briques, assurer des services d’eau, ou transformer des produits agricoles, le tout pour les consommateurs locaux).

Peut-être les PME formelles rencontrent-elles aussi de leur côté des difficultés, vu leur éparpillement, à se constituer en force politique, comme c’est le cas dans les grands pays industrialisés, où les syndicats professionnels sont un acteur important de l’échiquier national.

Mais peut-être qu’au fond trop peu d’acteurs politiques souhaitent vraiment changer une règle du jeu qui leur convient bien : elle leur permet de demander peu à leurs contribuables tout en ne leur donnant pas grand-chose. N’est-ce pas particulièrement le cas des pays riches en matières premières, où la fiscalité nationale est dérisoire, et, bien souvent, le degré de corruption, extrême ?

Les petites entreprises sont le plus souvent les plus tardivement et les plus mal payées par les administrations et les entreprises publiques

Toujours est-il que les agendas des PME de la plupart des pays africains apparaissent dans les faits très limités dans leurs ambitions. Lorsque l’on regarde le contenu précis des programmes de promotion du secteur privé, les petites entreprises sont rarement le cœur de cible des politiques publiques (et il en a longtemps été de même pour les agences internationales de développement !).

Les ministères – rarement les plus réputés – chargés de plancher sur le sujet, sont occupés par des dossiers politiques très lourds. Les petites entreprises sont le plus souvent les plus tardivement et les plus mal payées par les administrations et les entreprises publiques : elles concentrent, en termes relatifs à leur chiffre d’affaires, le plus gros des arriérés intérieurs des États.

Il s’agit pourtant de l’un des défis les plus importants pour la résilience des sociétés africaines et la fabrication de la démocratie sur le continent. Il s’agit sans doute, à côté de celui des infrastructures, qui occupe la première place dans le discours public, du combat le plus important des années à venir pour la croissance économique et la fourniture des services essentiels aux populations. C’est à ce combat sociétal – que la réponse au défi de l’emploi rend par ailleurs inévitable – que les politiques de développement sont désormais convoquées de manière urgente, si elles veulent changer le cours des choses en Afrique.

Avec Jeune Afrique

Présidentielle à l’horizon : cachez les enfants et les albinos !

L’ET DIT TÔT D’O.N.G – ‘‘Ils’’ ont donc tué bébé Fallou, ces ravisseurs sans visage. Toute la rédaction de Tract s’associe à la douleur des parents, des proches et des simples citoyens outragés par cet acte barbare et présente ses condoléances émues. Nous nous joignons  à l’union de prières pour le repos éternel de l’âme de l’innocente victime. Repos éternel dont nous ne doutons pas, dans le sanctuaire de notre foi.

A l’approche de la prochaine élection présidentielle, on ne peut s’empêcher de penser que ce qui est d’évidence un sacrifice humain, ait éventuellement eu lieu pour s’attirer la grâce d’obtenir le pouvoir suprême. The highest position in the land. Ou encore celle de devenir riche sans effort et sans travail, par l’opération d’un esprit qui nous ceint, d’un dessein fait d’esprits.

Mais revenons à l’élection prochaine comme cause. Dès qu’approche une joute électorale décisive, le Sénégalais de la rue est enclin à soupçonner les politiciens avides de maintenir ou d’obtenir le pouvoir politiques, d’être prompts à recourir au sacrifice humain. Là commence le problème. Qu’avons-nous fait collectivement ou mérité pour que l’on pense que le pouvoir politique ne s’obtient pas au terme d’une joute loyale, programme contre programme, charisme contre manque de charisme ? Mais plutôt du fait de la seule volonté divine, donc par origine surnaturelle ?  Surnaturelle ? Puisque Dieu l’est, on a alors vite fait de lui associer d’autres esprits touts aussi surnaturels, qui n’ont rien à voir avec l’être suprême des religions révélées. Djinns, xeureums et autres deums.

Oui, là commence le problème. Sacrifier Fallou pour le ‘Fal’ ? Tous les Sénégalais qui croient que l’élection d’un homme (ou d’une femme, pourquoi pas ?) n’est pas le résultat du libre-arbitre individuel agrégé collectivement des citoyens, est coupable de complicité du crime de bébé Fallou. Tous les Sénégalais qui croient qu’il faut recourir aux xondjoms pour s’assurer la protection du Ciel, protectorat auquel Dieu lui-même ne suffit pas, sont coupables de complicité du meurtre de bébé Serigne Fallou Diop. On donne l’aumône aux talibés dans la rue, non pas pour les sortir de leur misérable condition, ce qu’à Dieu ne plaise, Lui qui les y a mis, mais pour se protéger soi-même et s’attirer de bonnes fortunes. On s’enduit de force libations devant tout examen scolaire ou avant tout entretien d’embauche. On est certains que la richesse n’est pas le résultat du travail mais de l’entregent appuyé de débrouillardise mâtiné d’amulettes.  La pensée magique a pris le pouvoir.

Un esprit dont tout le monde s’accorde à penser qu’il est plus libre que la moyenne des citoyens sénégalais, je veux citer Higlander Abdoulaye Wade, n’a pas hésité à accuser son ex obligé, l’ancien maire de Dakar Pape Diop, de sacrifices d’albinos. Le même Mame Laye Wade a soutenu sans sourire, ni sourciller que Son Excédence qui préside le Sénégal était non pas un humain, mais un ‘ deumm’’. Et récemment, ce dernier, Macky Sall, a demandé à ceux qui savent faire ‘‘autre chose que que réciter la Fatiha ou le Notre Père’’, comprenez les féticheurs et animistes, qu’ils fassent tout ce qu’il était en leur pouvoir pour que les Lions de l’atterrant gars nous ramènent la coupe du monde de football au Sénégal, en juillet prochain. L’exemple vient donc d’en haut.

 Quand on rêve seul d’une chose, cela reste un rêve ; et même un délire. Mais quand on rêve à plusieurs d’une chose, cela devient la réalité. Et c’est ainsi que les pratiques mystiques comme moyen d’accession à la détention du pouvoir politique sont devenues une réalité dont beaucoup dont convaincus de l’intangibilité. L’État sénégalais est, lui aussi, coupable de complicité du meurtre rituel de bébé Fallou : en refusant par exemple d’assumer seule la supervision régalienne et républicaine des élections, et en s’adjoignant les gris-gris ONEL et autres CENA pour le faire et satisfaire la schizophrénie collective des Sénégalais, cet Etat du Sénégal contribue à faire accroire que les élections ne sont pas un processus rationnel. Mais bien une matière évanescente et ésotérique qu’ils convient de faire contrôler par d’autres, supposés n’avoir aucun intérêt partisan. On peut être partisan et républicain. E c’est ce qu’on aurait été en droit d’attendre des politiciens qui sont aux responsabilités politiques que nous leur avons confié. Or, ce n’est pas le cas. Et c’est bien regrettable.

 Cela me conduit à revenir à la récente affaire du professeur Songué Diouf, qui a voulu nous prendre pour des poires. On a vite fait de dire que c’était « la faute à la société ». Non, ce n’est pas la faute à la société. La société ne pense pas, ne parle pas, n’agit pas. Ce sont des individus qui le font. Mettre ‘la société ’ au ban des accusés, c’est poursuivre une entité qui n’existe que symboliquement. C’est encore être dans « la pensée magique ». C’est exonérer les individus et leur responsabilité personnelle.  Trop de délinquants encore dans ce pays, quand ils sont attrapés, attribuent à Sheytan la responsabilité de leurs crimes. Et si le juge les condamne, l’opinion publique leur accorde le bénéficie du doute, à cette invocation de Satan comme responsable de leurs actes, qui en aurait fait des marionnettes. Là encore, la responsabilité de l’État, qui a la gestion de nos destins en charge, est convoquée. C’est par l’éducation aux valeurs universelles, l’instruction pour la connaissance des faits et non des mythes, et la promotion d’une société ouverte à la culture qui ne soit pas folklore mais création qui suscite cette « sortie hors de soi » qui fait de nous un individu à part parmi des milliards d’être humain, une personne qui vit et non qui se contente d’exister, c’est par là donc que l’État aura rempli sa mission de promotion du progrès.

Et pour reprendre la fameuse boutade : « l’État, c’est nous ».

 Dans cette tragique affaire qu’est le meurtre d’un bébé de 30 mois, ne passons pas par pertes et profits la responsabilité individuelle. Celle du ou des meurtriers, bien sûr . Mais aussi celle de chacun d’entre nous, aussi.

Post-scriptum : Le collectif pour la Protection de l’Enfance marchera à nouveau à Dakar ce samedi 24 mars. Espérons que cela soit pour rappeler l’État à ses responsabilités face aux ignobles rapts d’enfants et aux crapuleux crimes d’enfants. Et non pas pour exiger le retour de la loi du Talion. Oui, que cela soit rappelé à ceux et celles qui, aveuglés par la haine et la douleur, réclament le retour illico de la peine de mort pour les bourreaux de bébé Fallou : l’apologie de la peine de mort n’est pas une opinion, et encore moins une opinion acceptable. C’est un délit, au regard de la loi suprême de ce pays qu’est la Constitution, qui l’interdit et la bannit. Les meurtriers devraient, non pas être occis en place publique, mais soignés. Et pas par un ndeupp.

Ousseynou Nar Gueye

© Tract Quotidien 2018 – www.tract.sn

Abdou Latif Coulibaly : ‘Si je ne parlais pas français, je n’aurais peut-être pas fait cet entretien , ni de PhD au Canada’

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CULTURES – Pavillon des lettres d’Afrique au Salon du livre de Paris, Francophonie, Biennale de Dakar, musée des Civilisations noires… Le ministre de la Culture du Sénégal revient sur tous les sujets brûlants de l’actualité culturelle.

Il a été un journaliste d’investigation emblématique, notamment dans le groupe Sud Communication et à La Gazette, avant de prendre des responsabilités politiques en 2012, après l’élection de Macky Sall. Ancien ministre de la Bonne Gouvernance, puis secrétaire général du gouvernement, Abdou Latif Coulibaly est devenu, en 2017, le ministre de la Culture… et a dû gérer très vite de gros chantiers.

De passage à Paris à l’occasion du Salon du livre, il revient sur quelques-uns des plus pressants d’entre eux : le soutien au monde de l’édition, la Biennale de Dakar et le musée des Civilisations noires, qui doit être inauguré à la fin de l’année.

Vous participez, cette année encore, au Pavillon des lettres d’Afrique au Salon du livre de Paris. Comment l’État sénégalais soutient-il le secteur de l’édition et la présence de vos auteurs au Salon ?

Abdou Latif Coulibaly : L’État a mis en place, depuis des années, une politique forte de soutien au livre. Entre autres initiatives, un fond pour aider les auteurs a été porté à 500 millions de francs CFA (environ 760 000 euros). Nous avons mis en place des comités de lecture nationaux qui reçoivent les manuscrits et les accompagnent sur le marché africain. Le ministère prend parfois en charge jusqu’à 50 % du coût de fabrication des livres.

Les livres africains, malheureusement, ont aujourd’hui peu de chance d’être connus s’ils ne sont pas édités en Europe

Concernant le Salon du livre, nous choisissons chaque année des écrivains en vue pour nous accompagner : pour cette édition Rahmatou Seck Samb, Aminata Sow Fall… mais aussi des critiques littéraires, des personnalités du monde de l’édition. En tout, nous sommes venus avec une délégation d’une quinzaine de personnes, dont nous payons le transport et l’hébergement. Le budget de l’opération, au total, est d’environ 70 millions de francs CFA.

En quoi ce salon, qui se tient à Paris, est-il un moment important pour la culture sénégalaise ?

C’est un moment important pour la promotion de nos talents, ne serait-ce que parce que les auteurs ont besoin d’échanger avec leurs confrères d’autres pays. Les livres africains, malheureusement, ont aujourd’hui peu de chance d’être connus s’ils ne sont pas édités en Europe.

Felwine Sarr, l’un des grands auteurs sénégalais, a édité son dernier ouvrage, Afrotopia, chez un éditeur français, Philippe Rey. Regrettez-vous qu’il n’ait pas choisi une maison africaine ?

Felwine Sarr est un écrivain prometteur, que je félicite car il a été choisi par Emmanuel Macron pour travailler sur la question de la restitution des biens culturels. Mais ce n’est pas l’écrivain le plus prometteur du Sénégal. L’auteur Mohamed Mbougar Sarr ne fait peut-être pas la couverture de newsmagazines français, mais il n’est pas moins pertinent. Je n’ai pas de regret que Felwine Sarr soit publié par une maison d’édition française… le principal, c’est qu’il soit publié. De notre côté nous travaillons pour mettre plus de moyens à disposition de nos auteurs, pour les aider à exister sur place.

On ne peut pas parler de littérature africaine sans évoquer la Francophonie. Celle-ci fait encore débat, sous la plume de divers intellectuels du continent comme Alain Mabanckou, qui, dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron, rappelait qu’elle est encore perçue comme la continuation de la politique étrangère de la France dans ses anciennes colonies…

Ce n’est pas du tout mon opinion. Les États africains sont responsables des politiques qu’ils mènent. La présence du Sénégal dans la Francophonie est une volonté étatique. Moi, mon rapport à la langue française n’est pas un rapport de complexé… Le français offre des opportunités.

Si je ne parlais pas français, je n’aurais peut-être pas fait cet entretien, ni de PhD au Canada. Et l’usage du français ne présuppose pas d’abandonner les autres langues nationales.

Il faut étudier ces questions prudemment car privilégier une langue plutôt qu’une autre, c’est remettre en cause l’unité nationale. Et cela peut déstabiliser un pays. Ce n’est pas une question théorique !

La Biennale de Dakar se tiendra cette année du 3 mai au 2 juin. C’est l’un des rendez-vous incontournables de l’art contemporain africain. Or, tous les deux ans, se pose la question de sa pérennité. L’organisation et le financement de l’événement – à 75 % par l’État sénégalais – sont-ils compliqués ?

Jamais il n’a été question de savoir si la Biennale aurait bien lieu ! Nous avons toujours assuré, dans le budget du ministère, une place pour l’événement. Cette fois, les invités d’honneur sont le Rwanda et la Tunisie, et tous les préparatifs sont déjà achevés, et les avances payées. Il est vrai que l’Europe a cessé de subventionner la manifestation [en 2010, NDLR], mais elle est partie à cause d’un quiproquo.

Nous avons reçu l’ambassadeur de l’Union européenne pour nous expliquer, et nous sommes heureux d’annoncer que l’UE est revenue avec une subvention consistante, car elle a compris qu’il s’agit d’une des plus grandes manifestations sur le continent. Une manifestation que nous avons voulue plus populaire : le « Off » sera étoffé cette année, il y aura de la musique, du théâtre, et nous allons accueillir, pour la première fois en Afrique, la comédie musicale Madiba, sur la vie de Nelson Mandela… Nous souhaitons que l’événement ne soit pas réservé à une élite : les populations ne doivent pas rester en rade.

Le musée des Civilisations noires, à Dakar, doit être inauguré au dernier trimestre 2018. Les délais seront-ils tenus ?

Oui. Théoriquement, il sera inauguré en décembre 2018, mais tout devrait être livré dès juillet. Enfin, il s’agira d’un musée où l’Afrique ne sera pas réduite à ses masques et autres pièces muséologiques ! Les dimensions ethnologique et anthropologique seront évidemment présentes, mais ce ne seront pas les seules. Nous voulons montrer que les Africains ont maîtrisé la civilisation universelle avant qu’elle ne nous échappe, et bien avant l’avènement des Lumières ! Les visiteurs seront heureux d’apprendre que l’on a eu des fourneaux de production sidérurgique ou que l’on a su maîtriser très tôt la fabrication du fer, par exemple. Nous voulons que les Noirs africains qui visitent le musée en ressortent avec une fierté d’eux-mêmes !

 Jeune Afrique

Afrosphère : ‘Dans la famille Diamanka, choisissez Daado’

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PORTRAIT – Tract a plaisir à évoquer les parcours riches, car toujours uniques et divers, d’Afropéen(ne)s d’ethnie sénégalaise qui tracent leur sillon. Partis très jeunes du pays, dans les bagages de leurs parents qui ont choisi ou se sont résolu à l’émigration. Ou nés dans ces ailleurs aux quatre saisons après l’installation de leur parents là-bas. L’émigration africaine, ce ne sont pas toujours les drames en Méditerranée et les camps d’esclaves en Libye que l’on nous montre aujourd’hui. Au début et encore aujourd’hui, il y a de belles sagas familiales et des success-stories qui gagnent à être connues.

A l’honneur dans Tract, une des sœurs de la fratrie Diamanka, dont le frère le plus connu est le slameur-acteur Souleymane (‘l’Hiver Peulh’). Dans le jeu de cartes Diamanka, il y a aussi la benjamine Egué, 35 ans. Revenue dans leur Bordeaux natal après un passage à Paris de 2005 à 2008, Egué évolue comme consultante en communication dans le secteur artistique et culturel depuis 10 ans, avec notamment un poste de responsable communication du festival Musiques Métisses d’Angoulême. Et entre Souleymane et Egué, il y a Daado Diamanka.

Depuis 10 ans, Daado n’a pas mis les pieds au Sénégal. Pourtant, entre l’âge de 6 ans à 28 ans, elle y a régulièrement séjourné, à l’occasion des vacances d’été. ‘Ces voyages étaient toujours très enrichissant pour moi.’’ On espère que cet article l’incitera à le refaire très vite ?

‘ Oui, je regrette cette longue absence. Mais les années passent tellement vite quand on fait beaucoup de choses. J’aimerai y retourner en cette année 2018 pour y redécouvrir l’artisanat et rencontrer des architectes et designers afin de me faire une idée du marché local’. Plein Sud en alliant donc plaisir, retour aux sources et opportunités d’affaires ? Entre Nord (la Belgique) et Nord (Paris), cette fille du grand Nord sénégalais (le Fouta) ne perd pas le nord.

Depuis Paris, désormais sa ville de cœur, où elle vit et travaille, Daado garde un œil énamouré sur le Sénégal : ‘‘ A distance, je vois bien que le Sénégal est en train de muter et de devenir ‘the place to be’. Daado est beaucoup de choses, sauf une ‘wanna be’.

Svelte et les traits fins, la jeune femme aux yeux en amande semble drapée dans une éternelle jeunesse . Daado a pourtant 20 ans depuis 20 ans. Née à Bordeaux en 1978, de parents Peuls du Sénégal, elle se présente comme une ‘enfant de la pure tradition peuhle’. Car élevée dans le respect des valeurs de la Pulaagu : c’est- à-dire qu’on lui a appris à la maison ‘à faire preuve d’empathie et de tolérance, à ne jamais faire de vagues, à être pudique. Tout en étant toujours fière de soi’. Bel oxymore. Un héritage de l’émigration, déracinement-intégration au cours duquel ses parents ont du se battre pour élever leurs enfants et ces derniers s’efforcer d’être à la hauteur des espoirs parentaux placés en eux ? La Parisienne estime que son moteur est de toujours se dépasser et de ne jamais me contenter de ce qu’elle avait déjà. Le leitmotiv paternel l’a accompagné toutes ces années ; « Si tu veux avoir plus, tu peux avoir plus. Mais tu dois toujours faire en sorte d’être meilleure chaque jour. Même si cela te semble difficile à réaliser’.

Qui est-elle vraiment aujourd’hui ? ‘Au fond je ne sais même pas si je suis plus Peulhe, Sénégalaise, Bordelaise ou Parisienne.’ répond-elle’ Ce mix de cultures et de traditions font de moi la femme que je suis aujourd’hui. C’est une richesse.’

A la ville, cette passionnée de décoration et architecture d’intérieur évolue dans ce milieu professionnel depuis maintenant plus de 10 ans. Alors qu’elle s’ennuyait dans son travail d’administration des ventes, elle décide de faire bilan de compétences. S’ensuit une reprise d’études il y a deux ans, cursus au bout duquel elle devient officiellement Décoratrice d’intérieur, diplôme à la clé. Elle mène quelques ‘beaux projets’ de rénovation et décoration sur Paris, Bordeaux et Toulouse, dont elle est fière.

Un beau jour, sans qu’elle ait postulé à un emploi, son téléphone sonne : on lui propose de rencontrer Carlo Busschop, CEO d’une marque connue de mobilier contemporain dont le siège est en Belgique. La semaine d’après, elle est invitée Outre-Quiévrain. Et recrutée dans la foulée. En charge, depuis lors, du développement de la marque en France auprès des prescripteurs (architectes / spaces planner) et distributeurs de mobilier, Daado est heureuse de mettre ainsi sa palette de compétences en action.

Elle reste très famille et on ne doute pas un instant que l’homme de sa vie demeure son père dont elle est très proche, qui lui répétait le mantra qu’elle garde dans un coin de sa tête: ‘ ko yiteré houli, joungo susi ‘. En V.O peuhle : ‘c’est l’œil qui a peur et la main qui ose’ . C’est ce qu’elle s’attelle aujourd’hui à transmettre à sa fille Alicia Jeneba, charmante métisse âgée de 5 ans.

Par Damel Mor Macoumba Seck

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