Présidentielle : Macky parraine l’option ‘Parrainages’

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Hier, lundi 19 mars, le Conseil des ministres a adopté un projet de révision de la Constitution et du Code électoral dans ce sens. Macky Sall a donc tranché en faveur du parrainage pour la présidentielle.

Désormais pour être candidat à la magistrature suprême, il faudra se faire parrainer par au moins 1% des électeurs inscrits dans 7 régions, à raison de 2000 signatures par localité minimum. Si l’on se considère l’actuel fichier électoral avec ses 6,5 millions inscrits, tout candidat devra réunir 65 mille citoyens parrains pour pouvoir participer à l’élection.

C’est l’une des propositions des concertations sur le processus électoral dont le rapport a été déposé sur la table de Macky Sall. Au cours de ces concertations, la question du parrainage opposait les formations politiques participantes; le camp présidentiel la portait tandis que l’opposition la rejetait.

Pour  «couper la poire en deux», expression à la mode, Macky Sall serait dans les dispositions d’accepter la réduction de moitié du montant de la caution, qui est actuellement de 65 millions de FCFA.

Sélection ou élection. Et si on regardait un peu ailleurs? (Par Amadou Tidiane Wone)

Le commentateur chinois Zheng RUOLIN de la chaîne de télévision chinoise CGTN, certainement pour répondre au concert de commentaires désobligeants émis par la plupart des médias occidentaux suite à l’élection du Président Xi Jinping à la Presidence à vie, a posté sur les réseaux sociaux une petite capsule pour édifier l’opinion sur la conception chinoise du pouvoir. Il nous éclaire sur les conditions nécessaires et les qualités requises pour y accéder. Il taille ainsi en pièces les clichés, présentés comme universels, de la démocratie à l’occident:

« L’Assemblée Nationale Populaire chinoise a le pouvoir de réviser la Constitution et aussi celui d’élire le Président de la République ainsi que le Premier Ministre. C’est sur ce dernier point que les politologues français expriment souvent leurs réserves. Ils sont persuadés que l’élection est juste formelle car il y’a un seul candidat, proposé d’ailleurs par le Parti Communiste chinois. Ils ne comprennent pas notre conception concernant le leader (dirigeant) de l’Etat et ils ne comprennent pas, non plus, la situation de la Chine. Pour nous chinois, nous estimons que la direction d’une grande Nation , d’un grand pays, doit avoir certaines qualités indispensables: la loyauté, l’honnêteté, la responsabilité, un esprit de grande envergure, la fermeté, la vertu, l’intelligence et de l’expérience, en plus de la compétence. Par exemple, pour élire le candidat au poste de Président de la République, en Chine, il faut avoir été Gouverneur de deux grandes provinces. Car, les chinois pensent que la gouvernance d’un pays c’est comme un médecin soignant un patient. On ne peut pas élire n’importe qui par une élection au suffrage universel pour guérir une maladie. Il faut d’abord sélectionner des experts qui ont la compétence nécessaire et puis on vote parmi l’un d’entre eux pour devenir le médecin désigné. Cette façon de sélectionner le leader (dirigeant) de l’Etat est liée à la tradition de notre civilisation. Dans un pays comme la France on élit une personne dans une élection au suffrage universel direct. Mais en Chine il s’agit plus d’une sélection que d’une élection. Une sélection effectuée par le Parti communiste chinois ressemble en réalité au système de sélection traditionnel des mandarins par l’examen. Tout un chacun, qu’il soit paysan, commerçant ou lettré pouvait devenir mandarin. Un mandarin de premier rang même. Cela serait équivalent aujourd’hui au rang de Ministre, voire celui de Premier Ministre, s’il a réussi à son examen. Aujourd’hui, un politicien chinois, voulant devenir candidat au poste de Président de la République doit, lui aussi, passer un examen. Avoir géré au moins deux grandes provinces, et avoir obtenu de bons résultats, est justement l’une des conditions indispensables. Cette sélection est très sévère, très longue et très rigoureuse. Une fois le candidat sélectionné ce sera au tour de l’Assemblée Nationale populaire de voter.

La Chine est un grand pays. Nous sommes un milliard trois cent millions d’habitants. Avoir un pouvoir central fort, efficace et juste est très important. La Chine n’est pas un pays dominé par les puissances financières. Le pouvoir politique en Chine est la garantie du bon fonctionnement de l’Etat. Ce n’est pas comme l’Allemagne, par exemple, qui peut à vivre sans Gouvernement pendant presque 100 jours. Comment est-ce possible? (…)J’imagine souvent ce qui serait le résultat potentiel si on devait organiser une élection au suffrage universel direct pour élire le Président dans notre pays. Aujourd’hui qui aurait la chance de gagner? Le Président actuel ou Jackie CHAN? Je ne suis pas sûr du résultat! Mais avec le double système, sélection puis élection, Jackie Chan n’aura aucune chance de devenir Président de la Chine! Vous allez me dire : et Ronald Reagan? Mais justement! La Chine n’est pas les États-Unis. La Chine ne sera jamais les États-Unis. »

Cette longue citation est un véritable cours de droit comparé entre deux systèmes qui ne reposent pas sur les mêmes paradigmes et ne s’inspirent pas des mêmes sources! Cela se comprend aisément car, les États Unis comme État indépendant ne date que de 1776…Fille naturelle de l’Europe, qui elle a produit de grandes et prestigieuses civilisations, les USA aujourd’hui prétendent pourtant gouverner le monde. Mais cette domination se construit essentiellement sous la menace d’une supériorité militaire et non par le rayonnement des idées et le jaillissement d’une pensée féconde et généreuse. Même la culture y est mercantilisée au point d’être ravalée au rang de loisir. D’ailleurs, « l’entertainment » est une des premières industries productrices de revenus des USA… Mais quelle âme, quelles valeurs véhiculent les industries culturelles américaines à travers le monde? Jugez vous-même!

En face, la Chine est forte d’une histoire pluri millénaire. Elle a développé, au fil des siècles, une capacité de surmonter ses difficultés en ne « comptant d’abord que sur ses propres force ». Depuis plus de 4000 ans le peuple chinois a élaboré un corpus de valeurs spirituelles et morales qui constituent le socle inaltérable de l’identité chinoise. Même le communisme dont les principes ont été acclimatés par Mao Tse Toung, n’est considéré que comme une modalité de gestion de l’Etat. Il est conçu comme perfectible, mais toujours au prisme des valeurs de civilisation chinoises. Et toujours au mieux des intérêts de la Nation chinoise. La Chine se paie ainsi le luxe de devenir la plus grosse usine du monde. Elle envahit le monde entier de produits conçus ailleurs mais qu’elle fabrique à des prix imbattables! Du gadget le plus insignifiant au matériel hi-tech le plus sophistiqué, la Chine développe toute une gamme de capacité de production allant du pire au meilleur.

Et voilà ce qui devrait inspirer l’Afrique!

Héritiers de valeurs ancestrales et de civilisation fortes, nous les avons délaissées au profit de prêt-à-penser produits par une sous-culture occidentale. Celle-ci, destinée essentiellement à nous dompter et à nous apprivoiser, est une forme de castration de nos intelligences. La traite des esclaves comme la colonisation, symboles les plus achevés de la pire barbarie humaine, semblent avoir brisé nos ressorts. Incapables de surmonter nos peurs pour conquérir nos libertés et penser au mieux de nos intérêts, notre continent est à la merci de tous les prédateurs du monde. Le pire c’est que ce sont des « élites »africaines bon teint qui, aujourd’hui, font le sale boulot de détrousseurs de nos peuples au profit de pays et d’intérêts qui nous ont apportés plus de malheurs que de bonheur.Et si on faisait les comptes?

Le Sénégal va célébrer la cinquante huitième édition de son accession à la souveraineté internationale le mois prochain. Depuis la douloureuse parenthèse de l’éclatement de la Fédération du Mali, suivie de la crise politique majeure de 1962, notre pays navigue… Bon an, mal an. Dirigé par des élites fascinées par le modèle occidental, et plus particulièrement français, de gouvernance, nous n’avons pas su faire de l’indépendance un outil de libération des intelligences et des énergies créatrices de notre peuple. Confinés dans les frontières héritées de la colonisation, nous traînons les séquelles douloureuses de la balkanisation. Un projet conçu pour nous neutraliser par la division! Sénégalais, une partie de ma famille est mauritanienne, une autre malienne, une autre guinéenne… Dans une vraie vie et pour ressembler vraiment à mes ancêtres ante-coloniaux, je serais en fait un Ouest-Africain! Comme la majorité de nos compatriotes. Les vrais chantiers post-indépendances de reconstruction de nos identités, et de mise en place d’espaces de fraternité sous-régionale, qui vont bien au delà des organismes économiques et politiques existants, n’ont pas été abordés sous ce rapport. Il serait temps. Si nous voulons véritablement changer le destin de l’Afrique!

Ces tâches urgentes imposent, dans notre pays, la quête d’une vraie alternative aux alternances successives qui ont montré leurs limites. Elles se sont réduites, en effet, à un jeu de chaises anglaises à l’intérieur d’une classe politique fossilisée dans un discours conflictuel entre acteurs vieillissants et peu inspirés. La vieillesse, ici, étant moins relative à l’âge qu’à une longue pratique de méthodes éculées de complots et de trahisons selon le sens du vent…

La fin de l’ère de la politique politicienne et alimentaire est un donc un chantier prioritaire. Hâtons-la, pour mettre notre pays dans une autre orbite au service d’une Afrique nouvelle décomplexée et conquérante.

Par la force des réseaux sociaux, les frontières physiques sont déconstruites. Il est même possible de mettre en place des outils sophistiqués d’action politique et citoyenne à dimension sous-régionale! Il faut simplement faire attention à ce que le web-activisme ne soit piégé par des intérêts stratégiques qui seraient inspirées par la même volonté de domination qui, depuis des siècles, poursuit son projet sans désemparer. Des organisations politiques, à la dimension de l’UEMOA, pour commencer, doivent pouvoir naître, coordonner leurs actions, aller à la conquête du pouvoir dans chaque pays et se donner comme objectif de gommer les frontières physiques coloniales. Après, on pourra rêver d’une fédération des Etats-Unis D’Afrique  et d’un Gouvernement continental ! Je vois d’ici nos enfants et petits-enfants avec un passeport africain! « Oser lutter, oser vaincre » avait dit Mao Tse Toung aux chinois… Regardez ce qu’est devenue la Chine depuis sa révolution de 1949…

Rien n’est donc impossible à des peuples sachant se doter de dirigeants honnêtes, sérieux, visionnaires et travailleurs. Il nous reste à inventer les mécanismes vertueux par lesquels nous pourrions les identifier, les choisir et les désigner! Au moins nous savons ce qu’il nous reste à faire !

Amadou Tidiane WONE

Moutt mbaa Mbott ? Mimi Touré traite Karim Wade de ‘grenouille’ et réclame ‘nos 138 milliards’

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POLITIQUES – Après la sortie de Karim Wade ce dimanche, les responsables de l’Alliance pour le République (Apr) ne se font pas prier pour monter au créneau et lui porter la réplique. Mimi Touré, ancien ministre de la Justice et ancien Premier ministre, demande à l’ancien ministre d’État Karim Wade de venir au Sénégal avec le chèque de 138 milliards de francs CFA, représentant l’amende qui lui a été infligée par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei). La même Mimi Touré avait pourtant déclaré que Karim Wade avait déjà payé un gros chèque chiffré en milliards au Trésor public. La présidentielle de 2019 se fera t-elle au suffrage censitaire ? Payer pour être candidat !

« Le discours fanfaron du repris de justice Karim Wade s’adresse à ses partisans désespérés par son absence à 10 mois de l’élection présidentielle après moult annonces reportées. Ce serait bien de le revoir ici chez nous avec le chèque de 138 milliards qu’il doit au contribuable sénégalais », a ainsi déclaré Mimi Touré.

Sur les ambitions présidentielles du fils de Me Wade, Mimi Touré déclare: « A une encablure de 2019, il y aura beaucoup de grenouilles qui gonfleront et gonfleront pour essayer d’avoir la taille d’un bœuf et fatalement comme la grenouille de la fable de la Fontaine elles éclateront car les électeurs sénégalais ne sont pas dupes et savent séparer le bon grain de l’ivraie. »

‘La honte doit changer de camp !’ : lettre ouverte d’un collectif de 37 Sénégalaises contre le viol

TRIBUNE – Dénoncer, protéger, agir: nos devoirs collectifs contre le viol et les agressions sexuelles au Sénégal

Le 09 mars 2018, au lendemain de la Journée internationale des droits des femmes, alors que plusieurs d’entre nous poursuivions nos réflexions sur les combats à mener et le chemin restant à parcourir, voici ce que Monsieur Songué, professeur de philosophie au lycée, affirmait à l’endroit des femmes sur le plateau de l’émission Jaakarlo: « Nous devrions porter plainte parce que vous faites tout pour que nous vous violons, et quand nous vous violons , nous allons en prison et vous qui avez tout fait pour qu’on vous viole, vous continuez à être libres. J’assume pleinement et entièrement ce que je dis, je coupe la poire en deux, le pauvre qui est tombé dans le panneau prendra 10 ans et  celle qui a tout fait pour être violée continue à être libre. Même au sein de la maison, celle qu’on a violée, c’est celle qui a des formes généreuses ».

Inversion des rôles : les agresseurs deviennent les victimes. Les femmes et filles coupables des agressions qu’elles ont subies. Rires dans le public. Cette émission qui se voulait, à l’occasion du 08 mars,  une “célébration” des femmes, est devenue le théâtre d’une apologie du viol. Ce discours d’une violence inouïe,  proféré sur la place publique, est révélateur de la violence systémique et systématique que subissent les femmes au quotidien. Cette violence devenue ordinaire est présente partout et à toute heure de la journée.  Elle se traduit par de nombreuses agressions des plus ténues au plus violentes, incluant le harcèlement dans la rue et au travail, la violence (tant physique que psychologique) qui s’exerce aux niveaux conjugal et familial, ou encore les agressions sexuelles, viols et incestes.

Nous souhaitons alerter et susciter le débat sur l’ampleur de ces violences à l’encontre des femmes et des filles mais aussi sur l’indifférence qu’elles suscitent hélas encore trop souvent dans notre pays.

Qu’ont ces violences en commun et qu’est ce que cela nous révèle? Ces violences ne sont pas des actes isolés. Elles surviennent dans un climat d’impunité généralisée où des hommes tout puissants peuvent disposer du corps des femmes sans avoir à répondre de leurs actes. Une loi contre le viol existe bel et bien au Sénégal mais nous savons que son application est plus que  limitée. Aussi, est-il important de préciser que la capacité de mobiliser l’appareil judiciaire dépend de ressources que de nombreuses victimes n’ont pas. Il faut connaître l’existence de la loi, comprendre le processus judiciaire, et surtout être prête à faire face à un système dans lequel les femmes restent considérées comme les seules responsables de leur sécurité. Au Sénégal comme ailleurs, les victimes d’abus sexuels et d’autres formes de violences ne dénoncent que très peu leurs agresseurs. Elles sont habitées par un sentiment de honte créé et renforcé par le blâme imputé à la victime. On leur reproche leur apparence, leur habillement, leur démarche, leurs heures de sortie, leur fréquentation de certains lieux. De tels messages sont reçus et enregistrés par toutes celles qui, un jour, feront le choix douloureux de se taire, parce que se sentant profondément honteuses et se disant, non sans raison, qu’on ne les croira pas.

La honte “doit changer de camp”. Les femmes devraient pouvoir dénoncer la violence, quelle que soit sa forme, et se sentir accueillies dans leur démarche. Nous devons collectivement dénoncer ces violences et les inégalités structurelles qui leur permettent d’exister et d’être légitimées. Si des individus comme Songué Diouf peuvent se permettre de proférer de telles obscénités à la télévision sénégalaise, à un moment où les femmes du monde entier se soulèvent pour dénoncer d’une seule voix les agressions sexuelles et leur banalisation, c’est bien parce qu’ils mesurent la force de l’impunité qui est le propre même de la culture du viol. #metoo, #balancetonporc, #moiaussi et #domasiif (depuis le 12 mars 2018) ne sont pas des hashtag vides de sens. Ils traduisent une volonté de libérer et de décomplexer enfin la parole féminine. Dans le cas du Sénégal, ce message n’est pas, jusqu’à ce jour, entendu. Le silence des autorités, notamment celui de la Ministre de la famille et du genre, pendant que les femmes et leurs alliés se mobilisent en est la preuve. Sa voix aurait dû être la première à condamner publiquement et fermement ce type de discours et à rappeler aux victimes qu’elles ne sont pas seules, que l’Etat a le devoir de les protéger.

En tant que collectif de femmes du Sénégal et de la diaspora, nous dénonçons vigoureusement toutes les formes de violence à l’égard des femmes et appelons à une réaction des pouvoirs publics. Dans un Sénégal qui a ratifié les conventions internationales et régionales en matière d’égalité entre les sexes, il est impératif d’assurer l’application du droit et de promouvoir de manière effective une éducation à la sexualité et au respect de l’intégrité physique et psychologique de tous les individus, en particulier des femmes et des enfants. À ce sujet, nous pensons que la création d’une commission d’enquête nationale sur les violences faites aux femmes est une étape non négligeable.

En 2008, l’Association des Juristes Sénégalaises soumettait un rapport expliquant de façon détaillée comment l’on pourrait s’inspirer du Rwanda pour l’éradication des violences basées sur le genre (VBG). L’association recommandait notamment de “faire des VBG une priorité en santé publique”, désigner  un “procureur spécial chargé des violences basées sur le genre” et renforcer le “dispositif législatif et réglementaire sur l’équité, l’égalité du genre et sur la prévention et l’élimination des VBG” Ces recommandations font état de la nécessité d’une intervention systémique ne pouvant  s’opérationnaliser sans la présence, dans nos institutions, de personnes préoccupées par l’égalité entre les femmes et les hommes. L’application de ces recommandations serait un pas dans la bonne direction impliquant la mise en place d’un réseau de soutien des victimes au-delà du judiciaire. Cela se traduirait notamment par:

 La création d’espaces de parole sécuritaires organisés par et pour les femmes sénégalaises

 L’implication de groupes de santé psychosociaux pour développer des ressources d’accueil et d’hébergement, des ressources thérapeutiques appropriées et accessibles pour les victimes de viol et d’abus sexuels qui intègre une approche féministe,  intersectionnelle et décoloniale.

 La prise d’initiatives concertées pour développer l’estime de soi des femmes qui ont été victimes de violences sexuelles afin qu’elles reprennent pas à pas le pouvoir sur leur vie et leur avenir.

Ce sont là un ensemble de pistes qui nous permettront d’offrir un meilleur soutien aux victimes qui vivent avec les traumatismes des viols et abus sexuels dans un contexte où le support psychologique ou affectif dans la communauté et dans le milieu de la santé est quasi inexistant.

Signataires

Mame-Penda Ba, enseignante – chercheur UGB

Marie-Eveline Belinga, chercheure féministe indépendante

Renée-Chantal Belinga, conseillère municipale

Oumou Cathy Beye, sociologue

Fatou Kiné Camara, juriste

Oulimata Coulibaly, grand-mère au foyer

Gagnesiry Coundoul, badiénou gokh

Fatou Bintou Dial, sociologue IFAN

Bintou Diallo, politologue

Coumba Diallo, Fonctionnaire

Mame Seynabou Diop, étudiante

Rosalie Aduayi Diop, chercheure IPDSR/IFAN

Sokhna Diop, manager des entreprises en business administration

Aïda Diouf, présidente badiénou gokh

Maimouna Faty, étudiante stagiaire en communication

Mame khady Gning, Conseillère en ventes et Marketing

Nafissatou Penda Gning, entrepreneure

Sadio Ba Gning, enseignante – chercheure UGB

Yaye Ramatoulaye Gning, étudiante

Nafy Gueye, Arboricultrice

Ndack Kane, économiste et éditrice

Coumba Lacouture, préposée aux renseignements Retraite Québec

Oumou Nayelle Ly, sociologue

Oumy Mbengue, retraitée et grand-mère au foyer

Marième N’Diaye, sociologue chargée de recherche au CNRS/ISP

Ndèye Aly Khoudia Ndiaye, mère au foyer

Ndèye Laïty Ndiaye, sociologue et chargée de cours

Yaye Mbayang Ndiaye, étudiante

Adama Ndoye, badiénou gokh et conseillère municipale

Alice Niang, entrepreneure sociale

Fatima Sall, juriste

Salimata Sall, travailleuse sociale

Touty Samb, assistante administrative et financière

Régina Sambou, journaliste

Fatou Sow, sociologue au CNRS

Cécile Thiakane  CMO, actrice du développement social

Khaira Thiam, psychologue clinicienne

Karim Wade, candidat épistolaire : ‘Je battrais Macky Sall en 2019 ’

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LETTRE – Depuis le Qatar dont personne ne sait quand il reviendra,  ‘Epistolero’ Karim Wade continue sa guerre de harcèlement textuel contre Macky Sall. Son dernier lancer de missive, hier dimanche 18 mars.

‘Encore une fois, justice m’est rendue par des juridictions étrangères indépendantes impartiales composées de magistrats non soumis aux ordres de Macky SALL et de son clan.

En effet, ce 14 mars 2018, la Cour d’Appel de Paris, confirmant un jugement déjà rendu par le Tribunal de Grande Instance de Paris, a infligé un cinglant revers à Macky SALL en rejetant la demande de confiscation présentée au nom de l’Etat du Sénégal.

Le moment est venu pour Macky SALL de se rendre à l’évidence en regardant la réalité en face. Des juges à son service exclusif, en violation de leurs devoirs, ont pu lui faire croire qu’il pouvait choisir ses adversaires en m’éliminant avec leur aide, de toute compétition politique et perpétuer ainsi le pouvoir de son clan, de ses amis et de sa famille.

Partout, où ma cause a été entendue équitablement par un tribunal impartial devant la Cour de Justice de la CEDEAO, le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, le Pôle Financier de Paris suite à la plainte de l’Etat du Sénégal en France et, maintenant devant la Cour d’Appel de Paris, le droit et la vérité lui ont été opposés anéantissant ainsi ses rêves de se débarrasser de l’adversaire politique que je suis.

Depuis 2012, il aura dilapidé en vain des dizaines de milliards pour mener une prétendue traque des biens mal acquis dont l’objectif inavoué est aujourd’hui connu de tous.

La cause est désormais entendue ! Des juridictions indépendantes m’ont disculpé et la Banque Mondiale sollicitée par l’Etat du Sénégal en avait fait de même dès le début de la procédure initiée contre moi, dans un rapport honteusement et frauduleusement soustrait du dossier de la procédure devant la CREI.

Le moment est également venu pour Macky SALL de se résoudre à m’affronter dans une compétition loyale et transparente.

Je suis plus que jamais déterminé à lui faire face lors de la prochaine élection présidentielle et à le battre au soir du 24 février 2019.

Je fais la promesse ferme aux sénégalais, que s’ils m’accordent la majorité de leurs suffrages au soir du 24 février 2019, je me mettrai immédiatement au travail avec eux, pour abréger les souffrances de mon peuple et mettre un terme au règne de l’injustice en lui ouvrant de nouvelles perspectives que lui assignent son audace et son mérite.

J’invite mes compatriotes, tous mes compatriotes à faire preuve de patience et d’endurance pour regarder l’avenir avec sérénité et vaincre la fatalité en engageant avec courage et détermination, le combat pour un Sénégal réellement indépendant, prenant son destin en main, dans une Afrique unie et prospère.

Vive le Sénégal

Vive l’Afrique ‘

Karim Wade

Maroc : 50.000 bébés hors mariage chaque année

REPORTAGE – Dans le royaume, où les relations extraconjugales et l’avortement sont interdits, 50 000 enfants naissent chaque année hors mariage.

Smahane* lisse de sa petite main potelée le drap du bébé. Yassir* est né il y a quatorze jours. « Il ne devait pas exister », murmure la maman, qui ne quitte pas des yeux le nourrisson endormi. « Je voulais me tuer. Moi et l’être qui grandissait dans ce ventre. Pour le protéger », ajoute-t-elle d’une voix tremblante. Il y a quelques semaines, la Marocaine de 20 ans s’est retrouvée à la rue, enceinte de sept mois, prête à mettre fin à ses jours. « Par chance, j’ai croisé une femme qui m’a parlé du foyer de l’Insaf et je suis venue ici, en dernier recours. »

Nichée dans un immeuble de Casablanca, l’Institution nationale de solidarité avec les femmes en détresse (Insaf) accueille depuis près de vingt ans les mères célibataires rejetées par leur partenaire, leur famille et la société. Elles sont logées et prises en charge pendant plusieurs mois, au moins jusqu’à la naissance de l’enfant. « La plupart ont été violées ou ont cru à une promesse de mariage et, lorsqu’elles sont tombées enceintes, ont été livrées à elles-mêmes, raconte la présidente de l’association, Meriem Othmani. Certaines vont jusqu’à se suicider. »

Au Maroc, où les relations extraconjugales sont passibles de prison ferme et l’avortement interdit, 50 000 naissances hors mariage sont enregistrées chaque année. Par crainte des autorités, mais aussi par peur des représailles de leur propre famille, beaucoup de jeunes mères finissent par se débarrasser de leur enfant. Selon les associations, vingt-quatre nourrissons sont abandonnés chaque jour dans le royaume et trois cents cadavres de bébés sont retrouvés tous les ans dans les poubelles de Casablanca. « Ces femmes sont terrorisées. Elles n’ont pas forcément le courage de se rendre dans un orphelinat, où elles risquent d’avoir affaire à la police, et ne savent pas où aller », explique Mme Othmani.

« Acide »

« Celles qui trouvent la force de garder l’enfant vont devoir affronter l’agressivité des gens », avertit-elle. La militante de 69 ans, qui travaille dans le domaine social depuis trente-huit, a fondé l’Insaf en 1999 : « Nous voulons changer le regard sur ces mamans, qui sont rejetées, bafouées et humiliées. » Dans une société où le conservatisme religieux reste très fort, devenir mère célibataire est le début d’un long calvaire : le rejet de la famille, le regard des autres, les difficultés administratives et, parfois, les menaces de mort. « J’en reçois moi-même sans arrêt. Les mouvements extrémistes veulent que nous disparaissions, mais nous ne lâcherons jamais », affirme la présidente.

Pour Smahane, le calvaire a commencé il y a bien longtemps. Originaire d’un douar (petit village) pauvre de la campagne marocaine, elle est employée comme femme de ménage à l’âge de 6 ans dans une famille de Beni Mellal, au nord-est de Marrakech. « Chaque fois que je faisais mal la vaisselle ou que le lavabo ne brillait pas assez, ma patronne me tabassait. » A seulement 20 ans, son visage strié de petites cicatrices est déjà abîmé par une vie en mille morceaux. Ses mains minuscules, qui ont longtemps servi à « frotter les escaliers à l’acide », ont gardé les traces du travail acharné. Seuls ses yeux en amande trahissent sa jeunesse sacrifiée.

A 14 ans, l’adolescente parvient à s’échapper et rentre chez elle. « Je n’ai pas reconnu mes frères et sœurs, continue-t-elle dans un sanglot. Je n’ai pas eu d’enfance. Je ne suis pas allée à l’école et je suis incapable de lire ne serait-ce qu’une pancarte dans la rue. » A peine est-elle de retour que son père menace de l’« égorger » si elle ne repart pas travailler. Comme beaucoup de jeunes filles privées d’instruction, Smahane décide de se rendre à Casablanca, la capitale économique, pour chercher du travail comme femme de ménage. « Mon employeur a essayé de me violer, alors je me suis enfuie. Je n’avais pas d’argent car j’envoie tout ce que je gagne à mes parents. »

« S’empoisonner à l’arsenic »

Livrée à elle-même dans une ville de 5 millions d’habitants, elle rencontre, après des semaines passées « à dormir dans les cages d’escalier », un homme qui promet de l’aider. « Au début, il était gentil. Il m’hébergeait gratuitement et se comportait comme un père. Un jour, il est rentré saoul et m’a violée. » Les violences sexuelles se poursuivent jusqu’au jour où elle lui annonce la nouvelle : « Quand je lui ai dit que j’attendais un enfant, il a déménagé et changé de numéro », se souvient la jeune femme. « Au bout du septième mois, j’ai décidé de nous empoisonner, le bébé et moi, avec de l’arsenic. » Ses yeux gonflés de chagrin s’assombrissent davantage. « Toute ma vie, les portes se sont fermées les unes après les autres. Je ne voulais pas lui faire subir ça », dit-elle en jetant un regard navré sur le petit Yassir.

Une porte, enfin, a fini par s’ouvrir. Dans une ruelle discrète d’Oulfa, un quartier populaire de Casablanca, un immeuble moderne sans cachet, presque introuvable, abrite une vingtaine de femmes célibataires. A l’intérieur, de petits cris de bébé résonnent sur plusieurs étages. Dans la salle qui sert de crèche, les treize nouveau-nés ont chacun leur berceau. Certains pleurent, d’autres sourient. Ils ont la vie sauve. « Je suis arrivée ici à temps. J’ai évité le pire », reconnaît Smahane.

On les appelle « les mamans ». Vingt et une femmes abandonnées logent ici pendant trois à six mois, entièrement prises en charge, avant, pendant et après l’accouchement. Rien n’est laissé au hasard : les éducatrices présentes vingt-quatre heures sur vingt-quatre, les séances avec le psychologue plusieurs fois par semaine, les cours d’éducation sexuelle et d’estime de soi. « L’objectif est de les réinsérer. On veut leur apprendre un métier pour qu’elles puissent être indépendantes une fois sorties d’ici, afin d’éviter qu’elles ne tombent dans la prostitution », confie Mme Othmani. Chaque jour, les mères suivent des ateliers d’apprentissage, pendant que les bébés sont à la crèche. « Elles choisissent la formation couture, cuisine ou coiffure. Beaucoup ne sont pas allées à l’école, nous leur donnons un choix de métiers accessibles », indique Hakima, une responsable de l’association.

« Aller chercher les filles nous-mêmes »

Pendant ce temps, les assistantes juridiques se chargent d’inscrire les bébés à l’état civil. Si la procédure a longtemps été source de discrimination pour les enfants nés hors mariage, qui n’avaient pas le droit à un nom de famille sans l’autorisation du père, la loi marocaine permet désormais aux mères célibataires de leur choisir un nom. Mais la filiation paternelle pose toujours problème : la mère ne peut pas obliger le géniteur à reconnaître l’enfant en recourant à un test ADN. Or, sans cette reconnaissance, elle ne peut obtenir de pension alimentaire. « On essaie de joindre le père pour le convaincre de reconnaître l’enfant, explique la responsable. Parfois, s’il y a des possibilités de réconciliation, on peut même négocier un mariage, mais c’est très rare. »

Malgré les dons et les subventions, dont une partie importante provient de l’Union européenne pour un projet destiné à autonomiser 1 600 mères célibataires marocaines, la structure reconnaît ses limites. L’Insaf a fêté cette année la 10 000e prise en charge d’une future jeune maman en détresse. « On compte trop sur les associations au Maroc ! », s’indigne Fatema, la plus ancienne des formatrices. « L’Insaf ne peut pas tout régler seule. Le plus dur, c’est de trouver les fonds. On arrive à récolter de l’argent pour financer les programmes mais pas pour couvrir les frais de personnel, regrette la présidente de l’organisation, qui emploie trente-cinq personnes. Je pensais qu’on faisait du super-boulot mais je me suis trompée : dernièrement, une gamine de 16 ans enceinte a erré toute une nuit dans les rues de Casablanca à la recherche de l’association, mais son frère l’a retrouvée avant et l’a assassinée. Il faut aller les chercher nous-mêmes, jusque dans les bidonvilles. »

Les promesses d’avenir de Smahane se sont déjà envolées. « Pour le moment, on est sauvés. Mais jusqu’à quand ? » Une fois qu’elle aura quitté le foyer, elle devra reprendre son travail de femme de ménage et envoyer une grande partie de ses revenus à ses parents, qui ne connaissent pas l’existence de Yassir. « Si mon père apprend que je suis tombée enceinte ou si je n’envoie plus d’argent, il va s’en prendre à ma mère, poursuit la jeune femme d’une voix douce. J’aurais voulu qu’elle s’assoie sur moi quand j’étais toute petite, pour m’étouffer, m’empêcher d’avoir cette vie. »

 Ghalia Kadiri (Le Monde)

*Les prénoms ont été modifiés.

Détestation du Sénat : signe de déficit démocratique africain ?

L’ET DIT TÔT D’O.N.G- L’Afrique, qui est le continent de l’adoption des décisions par  consensus, a tout pour être un terreau fertile pour l’institution sénatoriale. Mais le hic, c’est que les élus africains contemporains veulent toujours opposer légitimité électorale (ou même électoraliste)  à légitimité électorale de leurs pairs politiciens. La suspicion habituelle envers ce cénacle qu’est la Chambre haute traduit une propension au poujadisme et au populisme du personnel politique des pays africains, qui est toujours rassuré de pouvoir exciper du vote direct des électeurs-citoyens, souvent traité comme du bétail électoral. Pérenniser le Sénat dans nos pays serait un changement de paradigme, pour une démocratie moins populiste, moins stipendiée et plus apaisée.

La Mauritanie a muselé son Sénat depuis un an et en embastille les sénateurs. Le pouvoir de Nouakchott veut emboîter le pas à son voisin, le Sénégal qui l’a supprimé ou à d’autres pays africains qui n’en ont tout simplement  pas. La Guinée Bissau, la Guinée, le Ghana, le Tchad, l’Égypte, le Niger, la Somalie, la Tanzanie, l’Angola, la Zambie, la Tunisie, le Botswana : 31 États ont choisi de se contenter d’une Assemblée nationale. Au Togo, la Constitution dispose depuis 2002 que le Parlement est bicaméral, avec une Assemblée nationale et un Sénat. Seize ans plus tard, ce dernier n’est toujours pas installé. Le Cameroun a attendu 2013 pour rendre effectif le Sénat alors que la création de l’institution a été consacrée par une révision constitutionnelle remontant à… 1996.  Le Sénat a décidément mauvaise presse en Afrique. Si l’Assemblée nationale est déjà traitée de chambre d’enregistrement des desiderata du Chef de l’État et d’applaudissements des politiques publiques, du fait de son statut souvent monocolore par le jeu du scrutin majoritaire et en raison souvent de la présence dans les hémicycles d’analphabètes, c’est encore pire pour les Sénats tropicaux : une grande proportion des membres y est toujours simplement nommée par le Président de la République en poste, ce qui fragilise d’autant la légitimité des sénateurs. La langue française a également immortalisé l’expression « aller à un train de sénateur », ce qui suppose un rythme lent et peu empressé de ces honorables parlementaires. Les sénateurs seraient immanquablement des fainéants casés à ne rien faire dans une institution supposée budgétivore de l’État. Aussi, sans surprise, dès qu’il est question de réduire le train de vie de l’État, c’est toujours la suppression du Sénat qui devient la variable d’ajustement. Quant ce n’est pas l’opinion publique qui réclame sa dissolution, c’est le chef de l’État en place qui le rature d’un trait, si cette chambre ne lui obéit pas au doigt et à l’œil

Pourtant, représentant les collectivités territoriales, le Sénat a toutes les qualités d’être bien plus utile et est assurément plus légitime  que les conseils économiques et sociaux, avec lesquels il fait d’ailleurs doublon et dont la nomination des membres est strictement le fait du Prince. C’est un tampon démocratique appréciable, pour la relecture des lois votées par les députés et pour une orientation  moins politisée des lois éventuellement adoptées. Il permet de faire entrer dans le jeu institutionnel des acteurs de la société civile importants qui n’y auraient pas accédé par le mécanisme de l’élection au suffrage universel. Les Sénateurs étant élus, pour ceux qui le sont, par leurs pairs en charge eux-mêmes de mandats électifs (notamment les maires et élus municipaux), au scrutin indirect donc, ont moins tendance à considérer qu’ils ont un mandat impératif de leurs électeurs à mettre en œuvre, ce qui est souvent le travers des députés.

Ousseynou Nar Gueye

© Tract Quotidien 2018 – www.tract.sn

Le ministre Mary Teuw Niane est démenti : l’UCAD n’est pas dans le classement de Shangaï

FACT CHECKING – Recevant  les rapports d’activités de l’Autorité nationale d’assurance qualité de l’enseignement supérieur (ANAQ–Sup), Mary Teuw Niane a assuré, le 6 mars 2018,  devant les médias que  «chacun peut créer ses propres normes, classer les universités pour que ses propres universités  soient les meilleures ».

Niane réagissait au dernier classement des meilleures universités publié sur Internet et qui attribuerait une mauvaise place à l’UCAD.

«Chaque année, on voit des classements de ce type qui sont mis en avant et qui ne reflètent en rien la situation du Sénégal. Vous savez, le seul classement au monde accepté par tout le monde, c’est celui de Shanghai. Celui-là, tout le monde l’accepte : les Etats-Unis, la Russie, le Chine, le Japon, l’Afrique du Sud … Et nous l’acceptons. C’est le classement reconnu par tout le monde ». a-t-il notamment dit.

«Dans ce classement, jusqu’à l’année dernière, et on attend le prochain classement, l’université Cheikh Anta Diop de Dakar est la première université en Afrique francophone et elle est devant toutes universités du Maghreb », a-t-il insisté.

L’UCAD passe-t-elle devant les universités maghrébines dans le classement Shanghai ? Est-elle la première université francophone d’Afrique, selon Shanghai ?

D’où tire-t-il ce rang?

Africa Check a contacté le responsable de la communication du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

«S’agissant des universités francophones d’Afrique subsaharienne, l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) pointe à la 24ème place, l’Université de Yaoundé I (Cameroun) à la 96ème place, l’Université Gaston Berger de Saint-Louis à la 102ème place, l’Université de Lomé (Togo) à la 109ème place, l’Université de Dschang (Cameroun)», s’était réjoui le ministère.

Que montre Webometrics ?

Le centre de recherche espagnol Cybermetrics Lab publie tous les six mois son «Webometrics Ranking of World Universities», un classement qui revient sur les meilleures universités  d’Afrique.

Il est  basé sur la place des universités et de leurs publications sur le web. Pour la région Afrique, les universités anglophones viennent largement en tête du classement.  En ce qui concerne les pays francophones, l’université Cadi Ayyad Marrakech sort première  en trônant à la 30e place.

Quid du classement de Shanghai ?

Pour sa part, Le Monde a fait échos  du dernier « Academic Ranking of World Universities (ARWU) communément appelé classement de Shanghai,  en septembre 2017.

Ceci repose sur  plusieurs indicateurs dont la performance en matière de recherche, le nombre de Prix Nobel, le nombre d’articles scientifiques publiés dans la revue Nature et Science, etc.

Le dernier classement Shanghai porte sur 800  établissements d’enseignement supérieur du monde.

Six universités africaines figurent dans le top 500 et cinq autres dans la fourchette 500-800. Aucune université sénégalaise n’en fait partie. Ce lot est exclusivement composé d’universités sud-africaines et égyptiennes.

Les universités sénégalaises sont également absentes des classements Shanghai 2016 et 2015.

L’UCAD « ne figure pas dans le classement AWRU»

Africa Check a contacté le service de relations publiques du classement Shanghai pour savoir s’il y avait un classement spécifique aux pays africains. Le responsable du classement, Dr Xuejun Wang, a confié, à cet égard, que «pour le moment, nous n’avons pas de classement des universités africaines ».

L’UCAD “ne figure pas dans le classement AWRU pour le moment. L’ARWU prend en considération les universités qui ont des lauréats du prix Nobel, des lauréats des médailles Fields, des chercheurs très cités ou des universités qui ont de solides résultats de recherche’’, a expliqué Dr Wang à propos de la méthodologie de classement.

«Normalement, les universités ont besoin d’une quantité importante de documents (plus de 500 articles par année) indexés par le Science Citation Index-Expanded et Social Science Citation Index. Plus de 1.300 universités sont actuellement classées et seulement les 800 premières sont publiées », a-t-il ajouté.

Aucun classement ne met l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) devant les universités francophones maghrébines, si l’on fie aux différents classements internationaux publiés depuis janvier 2018.

L’UCAD   ne figure pas non plus dans les trois derniers classements Shanghai auxquels le ministre a fait allusion.  Celui-ci de 2017 a porté sur 800 universités du monde. Pour l’Afrique, seules  des universités sud-africaines et égyptiennes y sont présentes. Toutefois, l’UCAD est leader en Afrique subsaharienne francophone selon le dernier classement mené par UniRank. La déclaration du ministre est donc fausse.

Avec Africa Check

Au Maroc, Sarkozy propose un plan Marshall pour l’Afrique en contrepartie de marchés pour l’Europe

L’ECO DES SAVANES- Le coup d’envoi des travaux de la 4e édition du Forum Crans Montana (FCM) a été donné ce vendredi 16 mars à Dakhla. Plus de 1000 participants, originaires de 100 pays différents, dont 49 africains, ont fait le déplacement au sud du Maroc pour assister à l’événement qui se poursuit jusqu’au 20 mars. D’anciens chefs d’État et de gouvernement, des ministres, des présidents de parlements, des décideurs, des parlementaires et des experts internationaux doivent y débattre de l’avenir de l’Afrique, du développement durable, des différents défis du continent à l’ère de la mondialisation et de la coopération sud-sud. Dans son message aux participants, le roi Mohammed VI a ainsi rappelé le bilan de la politique africaine du royaume notant que depuis 15 ans, 1000 accords de coopération ont été signés avec 28 pays africains dans des domaines aussi variés que l’éducation, la santé, la formation, l’infrastructure et l’agriculture. « L’échec de l’Afrique sera le drame de l’Europe » Autre moment fort de la plénière d’ouverture, la présence de l’ancien président français, Nicolas Sarkozy, qui a présenté sa vision pour le développement du continent africain. Selon lui, l’Europe a un rôle important à jouer. « L’échec de l’Afrique sera le drame de l’Europe. Il n’y a rien de plus important pour les 500 millions d’Européens que nous serons en 2050 que de se préoccuper de façon absolument prioritaire de ce que sera l’avenir économique des 2,5 milliards d’Africains, dont la moitié aura moins de vingt ans ». L’ancien chef d’État propose ainsi la mise en place d’un véritable plan Marshall européen pour le développement économique en Afrique en insistant sur la nécessité de trouver les moyens d’aider le continent à développer ses infrastructures. Une aide qui aura un coût: Nicolas Sarkozy évoque sans complexe une priorité concurrentielle qui devra être accordée aux entreprises européennes en contrepartie des fonds. La question de la migration est d’ailleurs centrale pour l’ancien président. « D’Afrique, les hommes ont conquis le monde il y a plusieurs dizaines de milliers d’années. Le besoin de bouger, de partir, n’est pas un choix politique, ce n’est pas qu’un choix économique, c’est quelque chose que nous avons dans nos gènes », a affirmé Nicolas Sarkozy. Pour lui, cette liberté de bouger ne doit toutefois pas casser les équilibres établis et il est urgent de mettre en place une institution internationale qui suit le problème démographique. Politesse diplomatique oblige, Nicolas Sarkozy, qui était accompagné lors de cette plénière de l’ancienne ministre de la Justice Rachida Dati, n’a pas manqué de saluer le plan d’autonomie proposé par le Maroc pour régler la question du Sahara. Il a déploré en ce sens la fermeture des frontières entre le royaume et l’Algérie et a proposé l’idée de faire revivre l’Union du Maghreb arabe pour la création d’un marché commun. Pour rappel, le Forum Crans Montana, qui siège à Genève, est une organisation internationale qui œuvre à « encourager la coopération internationale et la croissance globale et promouvoir un haut niveau de stabilité, d’équité et de sécurité ».