« Auto-incitation au viol »: une légende sénégalaise, promue par Songué Diouf

L’ET DIT TÔT D’O.N.G – Wakh bou ègg, dof a ko moom ? Mais on sait bien que la vérité sort de la bouche des enfants. Et des fous.  Jakaarlo est une émission qu’on peut se passer de regarder et vaquer à d’autres occupations, car au détour d’une conversation ou d’une navigation sur Internet, on vous  rapportera toujours les dernières fadaises qui y ont été proférées . C’est notre café du commerce : celui où on reconnait les cons à ce qu’ils osent tout (dire).

Dans sa dernière édition, le Professeur (de lycée ? ) Songué a donc déclaré que nos compatriotes du beau sexe à qui ils arrivaient de se faire violer étaient coupables de la turpitude d’incitation au viol. Non seulement du fait de leur tenues présumées viologènes, mais également du fait des « formes généreuses » dont le Créateur les a dotés à l’insu de leur plein gré, mais qu’elles seraient bien inspirées de cacher au satyre qui ne sommeille que d’un œil en tout Sénégalais mâle qui se respecte. Selon le professeur fesseur.

Les mâles et pas pâles propos de Songué surviennent alors qu’un mouvement underground promeut le ‘Noupiwouma’, et appelle à la dénonciation sans détours ni culpabilité des tontons saï-saï, mouvement d’amazones auxquelles le jakaarlologue Songué a donné bien du grain à moudre avec sa saillie testostéronée. Et erronée.

Soigner le mâle Sonqué en le désignant comme le mal ? C’est donc ce à quoi se sont attelé  sur les plateformes numériques tous les hérauts de la bien-pensance, autre nom des intellos de service prompts à réprouver tout sévice sur Twitter, Facebook et autres blogs, dans un entre-soi confortable. Mais jamais à se résoudre à aller le faire sur les places publiques et dans les médias publics où ils auraient une chance de se faire entendre par tous les Sénégalais de la rue.

Ce que l’on devrait surtout noter dans cette affaire pour s’en indigner, c’est d’abord et à la fin de la journée,  le silence tintinnabulant de tous ceux dont ce serait le rôle de condamner ces propos condamnables, en leur qualité de régulateurs sociaux : les imams du coin, les guides religieux de toutes les confessions et confréries, les artistes de renommée, les hommes politiques qui nous dirigent ou aspirent à le faire, les juges qui ont la latitude de s’autosaisir devant ce trouble manifeste à l’ordre public….Aucun d’entre eux n’a pipé mot.

Cela renseigne bien sur le fait que cette pensée-songuesque-qui-ne-pense-pas est partagée par le plus grand nombre à Ndoumbéland : ‘quand on se fait violer, c’est qu’on n’est pas resté€ bien sagement assis dans le giron de sa mère. Et qu’on l’a un peu cherché même’. Les pères font tinter les oreilles de leurs propres filles dès que celles-ci pénètrent l’âge adolescent si ellesc pensent pouvoir continuer à se vêtir de pantacourt et autres culottes ras-des-fesses ; et ils refusent derechef de les laisser s’asseoir sur leurs jambes. Les mères (poules ?) ne sont pas en reste dans cette guerre aux hormones mâles présumées incontrôlables.

Éloigner la femme du mâle : combat culturel de la société sénégalaise. Tout le discours de la société sénégalaise sur la préservation de la virginité tient dans la culpabilisation perpétuelle de la jeune fille et de la femme non-mariée, avec force rappels à elles de s’éloigner du mâle.

A propos du topo Songué, voici le type de réaction qu’on peut lire aujourd’hui sur les forums des sites d’information : ‘Ce que beaucoup de fanatisés ne comprennent pas, c’est que ce combat contre ces dires du professeur est un combat indirect contre les dires de nos guides religieux. Ils ont toujours expliqué que l’habillement indécent, l’habillement sexy, “day yée fitna” (Cela réveille le désordre). Voilà qu’une dictature de la pensée veut nous imposer que dire que “cela réveille le désordre” c’est faire l’apologie du désordre’. Sic. Sick.

Épilogue : Le trop fesseur Songué a dit hier que ses propos ont été mal interprétés et a présenté ses excuses. Qui seront acceptés, jusqu’à ce qu’un autre péquin moyen affublé d’un titre ronflant ne nous refasse le coup de pied de l’âne, en tenant des dires similaires. Songué s’est surtout d’ailleurs excusé auprès de ses amis et admirateurs, et non auprès de la gente féminine.

Que cela soit dit : le délit d’incitation au viol n’existe dans aucune législation admise de ce pays.

Pour soigner les maux, changeons les mots que nous employons pour en désigner les (prétendues) causes.

Ousseynou Nar Gueye

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Sondage Présidentielle à Dakar : Macky 32%, Khalifa 30% , Karim 6,3%, Idy 6%

Un second tour aurait lieu si la présidentielle se tenait aujourd’hui, uniquement à Dakar. C’est l’enseignement principal d’un sondage mené à Dakar en mars. Macky Sall, Khalifa Sall, Karim Wade, Idrissa Seck, Ousmane Sonko : c’est le quintet de tête qui émerge du sondage en question, réalisé par un cabinet d’études spécialisé dans la production et l’analyse de l’information statistique. La collecte des données s’est déroulée à Dakar, sur la période du 3 au 9 mars 2018 et a porté sur un échantillon de 1.243 personnes représentatif de la population dakaroise âgée de 18 ans et plus. La méthodologie utilisée est celle des quotas. A la question de savoir « Si l’élection présidentielle se tenait aujourd’hui, pour qui voterez-vous ? », 32% des Dakarois ont choisi le Président Macky Sall ; les raisons évoquées pour justifier ce choix : « il est travailleur », « pour la continuité des projets », « pour son bilan », « pour son caractère » entre autres. Il est suivi de très près par le maire de Dakar, Khalifa Sall avec 30% ; parmi les raisons évoquées pour celui-ci : « il a changé le visage de la ville de Dakar », « il est sérieux », « c’est un travailleur », « il subit une injustice ». Karim Wade est crédité de 6,3% dans les intentions de vote. Les critères guidant ce choix sont entre autres : « il est le fils de Wade », « il a fait ses preuves », « il peut trouver des financements » et « il peut changer le pays ». Au pied du podium, nous avons Idrissa Seck et Ousmane Sonko avec respectivement 6,0% et 5%. Pour le premier, les raisons ayant guidé le choix sont notamment : « parce que Khalifa est en prison », « il est compétent », « pour ses expériences », « pour son discours », « pour sa cohérence »…. Pour le deuxième, parmi les raisons figurent : « il a une vision claire », « c’est un fonctionnaire aguerri », « il est véridique », « il est courageux », « il est pertinent », « il va assainir la gestion des ressources »…

Côte de popularité : Sonko et Khalifa en progression, Karim en chute libre, Macky constant

A cet égard, cette disposition de la courbe peut être modifiée par la suite des évènements, notamment l’issue du procès concernant le maire de Dakar. Celui-ci reste la personnalité politique la plus populaire à Dakar. En effet, crédité de 73% de bonnes opinions, il réconforte sa place de leader dans le cœur des Dakarois. Par rapport au dernier sondage réalisé en juillet 2017, il a gagné 12 points. Wade-père occupe la deuxième avec 56% (+) à 17 points de Khalifa Sall. Aissata Tall Sall est à la troisième place du podium avec 53% de bonnes opinions.  Ensuite, vient Ousmane Sonko avec un niveau de confiance de 48%. Ce dernier voit sa côte de popularité progresser de 17 points et passe juste devant le Président Macky Sall qui est à 47% (+2pts). Comparé à juillet 2017, Idrissa Seck a gagné en popularité (+11) alors que Karim Wade en a perdu (-12 points) passant de la troisième à la huitième place. Moustapha Niasse et Tanor restent ceux qui suscitent  le plus de rejet dans l’opinion.

Voici Babacar, 32 ans, chanté enfant par France Gall

Il vit aujourd’hui à Gandiaye. Enfant, il a croisé le chemin de la chanteuse, en 1986. Et inspiré l’un de ses plus grands succès, « Babacar ».

Grand, mince, 32 ans, il se tient droit et fier devant l’enceinte du mur de parpaings gris qui protègent la maison familiale. « Est-ce bien vous le fameux Babacar du tube de France Gall ? – Oui, c’est moi ! » confirme-t-il. Après plus de quatre heures de route depuis Dakar, j’ai enfin réussi à débusquer le héros de la chanson.

« Ecoutez-moi, j’accepte de parler puisque vous êtes là, mais il n’y aura pas d’autre fois ! Prévenez vos confrères. » Malgré la voix douce, le ton est ferme et déterminé. Sait-il que les admirateurs de la chanteuse ne manquent pas de fredonner « Où es-tu ? Où es-tu ? » à chaque fois qu’ils entendent les syllabes de « Ba-Ba-Car » ? « Où je suis ? Je suis ici, à Gandiaye, lance-t-il avec humour. Et je connais la chanson. Par cœur, même. Grâce à elle, j’imagine ce jour où ma mère a rencontré France Gall… »

Justement, sa mère de 52 ans, Fatou, se souvient du moment où la chanteuse s’est arrêtée dans son village. « A l’époque, je travaillais dans le petit restaurant de ma tante, raconte-t-elle. Un jour de janvier 1986, un taxi s’est arrêté devant notre échoppe. France Gall avait soif. Elle m’a dit : “Ton enfant est très beau.” En plaisantant, je lui ai répondu qu’elle n’avait qu’à l’adopter. Elle a fait mine d’accepter, nous en avons ri puis elle m’a prise en photo et est repartie. » Un souvenir qui ne colle pas avec la rencontre rapportée par la presse de l’époque où Fatou était décrite comme une jeune mère désespérée et sans ressources prête à abandonner son fils.

 « J’ai longtemps été très en colère au sujet de cette version, et si heureuse maintenant de pouvoir enfin rétablir la vérité. Je n’ai jamais songé à donner Babacar. Jamais ! Avec mon mari, Saloum, nous vivions chichement mais nous avons toujours eu assez pour élever nos trois autres enfants Bella, Omar et Diara. » L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais c’était sans compter la trace indélébile laissée par la jeune mère et son enfant dans l’esprit de l’artiste. « Huit mois plus tard, poursuit Fatou, un chauffeur de taxi a débarqué à Gandiaye avec l’agrandissement de notre photo réalisée par France. Il m’a expliqué que celle-ci nous attendait au Méridien. Un peu méfiante, car on ne voyait pas souvent des Européens, j’ai demandé à deux membres de ma famille de m’accompagner. » Arrivée à l’hôtel, même si elle n’a aucune idée de la notoriété de France Gall, Fatou comprend qu’il s’agit d’une personnalité puisque la star sénégalaise Youssou N’Dour l’accompagne. « La conversation a duré quelques heures. France m’a expliqué qu’elle était revenue pour m’aider. Elle m’a proposé de prendre en charge une formation de couturière, la nourriture et mon logement à Dakar. J’avais l’impression de rêver. C’était la seconde, et dernière fois, où je l’ai vue… »

 France avait des projets pour Babacar. Elle souhaitait qu’il soit bien éduqué, qu’il réussisse dans la vie. Et pourquoi pas, qu’il devienne président !

Quelques semaines plus tard, Fatou s’installe au second étage d’un immeuble du quartier populaire de la Médina. Rien n’a été laissé au hasard : l’appartement spacieux de trois pièces avec balcon a été meublé, du riz et du poisson sont livrés plusieurs fois par mois et une nounou veille sur le petit Babacar quand la maman se rend à ses cours de l’école Singer. Pour éviter d’être rançonnée par des membres de sa famille, elle raconte qu’aucune somme d’argent ne transite entre ses mains. En échange de cette nouvelle vie, la jeune femme de 20 ans doit respecter une règle stricte : n’héberger personne chez elle. Chargé de veiller au grain, un avocat dakarois, Moustapha Seck, rend des visites impromptues aussi bien dans l’appartement qu’à l’école et remet des courriers que France écrit régulièrement à sa protégée. Les années passent. Fatou apprend différentes techniques de couture. Un passeport à son nom lui est même attribué car, une fois son diplôme obtenu, il est question qu’elle et son fils viennent en France. Tout se passe bien pendant trois ans, à un détail près : Fatou souhaite entrer en contact directement avec France Gall. Mais Me Seck s’y oppose fermement. « Je suis ton seul et unique interlocuteur », lui rappelle-t-il, comme un avertissement. Jusqu’au jour où l’artiste se produit en concert au centre culturel français de Dakar.

Bravant l’interdit, elle s’y rend avec son fils mais ne parvient pas à l’approcher. Prévenu, l’avocat ne tergiverse pas et somme la couturière de quitter l’appartement. Selon elle, il aurait rapporté à France qu’elle n’avait pas respecté le contrat. « Comme je suis restée deux mois de plus, la propriétaire est arrivée et m’a demandé de payer le loyer. Je n’en avais pas les moyens. Elle a alors saisi le réfrigérateur, la table, les chaises, l’armoire, et moi, je suis repartie. » Je l’interromps et lui soumets des coupures de presse où l’on raconte qu’elle n’a pas respecté le contrat moral la liant à France, d’autres où on laisse entendre qu’elle s’occupait mal de son fils. En particulier, le témoignage d’une certaine Rama qui s’était exprimée dans « Le Parisien » lors des obsèques de la chanteuse le 13 janvier dernier, racontant qu’elle avait été la nounou de Babacar à la demande de France Gall. Qu’elle l’avait hébergée et lui avait permis de venir en France. Regard circonspect sur la photo de l’article, la réponse tombe : « Je n’ai jamais vu cette femme. C’est une pure invention. Je suis certaine que l’avocat n’a jamais dit la vérité à France concernant ma volonté de la rencontrer. Peut-être a-t-il fait passer ses intérêts personnels et envoyé en France d’autres personnes à ma place dont il était proche ? »

J’ai vu France Gall une seule fois. Je voulais savoir qui elle était et lui dire un grand merci majuscule. C’est très beau d’être un Africain chanté par une artiste française de renommée

Impossible aujourd’hui d’avoir la réponse, Moustapha Seck est décédé il y a cinq ans. « C’était une figure, se souvient Me Camara, avocat à Dakar. Il a été bâtonnier de l’ordre de 1977 à 1981 et a été très courageux lors de procès politiques. J’ai du mal à imaginer une quelconque magouille de sa part. »

Pendant ces quinze dernières années, Oumar Traoré a été l’homme de confiance sénégalais de la chanteuse. Il tente de poser un regard objectif sur Babacar : « France avait des projets pour lui. Elle souhaitait qu’il soit bien éduqué, qu’il réussisse dans la vie. Et pourquoi pas, qu’il devienne président ! Mais le sort en a décidé autrement et elle n’a plus souhaité intervenir dans sa vie. Bien sûr, chacun a sa version mais, d’après ce que je sais, il y a une grosse part de responsabilité de la part de ses parents… » France avait-elle pris des dispositions pour celui qu’elle appelait son « fils » il y a trente ans et lui a-t-elle proposé un job dans son restaurant de Dakar ? « Je n’en sais rien. Mais si je devais l’employer dans le Noflye Beach, ce sera une discussion entre nous deux et ce n’est pas à vous que j’en parlerai. »

Interrogé, Babacar tranche : « C’est la version de ma mère ! Moi, je ne pense pas que l’avocat soit responsable. J’ai vu France Gall une seule fois. Je voulais savoir qui elle était et lui dire un grand merci majuscule. C’est très beau d’être un Africain chanté par une artiste française de renommée. A mon retour, je n’en ai pipé mot à personne. Trop discret, c’est ma nature. Je l’ai rencontrée sur l’île de N’Gor car j’avais appris qu’elle y séjournait régulièrement dans sa maison. C’était en avril 2015. Elle m’a serré si fort dans ses bras qu’elle en a toussé. Elle m’a posé toutes les questions qu’on demande à quelqu’un qu’on a presque jamais vu mais que l’on tient bien au chaud dans son cœur. Je n’ai pas osé aborder le sujet de ma mère et notre départ de l’appartement … »

Supporter de l’équipe de France, il est fan de Kylian Mbappé

Mais alors, pourquoi France a-t-elle déclaré en novembre 2015 dans « Le Parisien » au sujet de Babacar : « Je ne sais pas ce qu’il fait… Il est en vie. Quand je l’ai vu en 1985, il avait 1 mois, maintenant il a 30 ans. » Envie de garder ces rencontres secrètes ? Volonté de le protéger des médias ?

A N’Gor, on a beau interroger les habitants de ce microcosme aisé d’une centaine d’habitants, personne n’a eu vent du passage de Babacar. Tous louent encore la gentillesse et l’aide qu’avait apporté sur place France aux enfants. Quand beaucoup la pleurent, d’autres s’inquiètent de voir les traces de sa présence disparaître. Son fils Raphaël n’aurait jamais vraiment goûté les douceurs de ce paradis. Cela fait d’ailleurs un moment qu’on ne l’a pas aperçu dans l’îlot. Quant à la maison composée de quatre bâtiments face à l’océan Atlantique, celle-ci semble pleurer elle aussi sa défunte propriétaire, creusant des sillons de sel sur l’ocre délavée de ses façades. Babacar affiche sa volonté de vivre loin des trompettes de la renommée.

Agent national de sécurité quelques jours par semaine, payé 80 euros par mois, il assiste la gendarmerie dans le maintien de l’ordre et du contrôle des automobilistes. Il s’est marié l’année dernière et, en bon musulman pratiquant, espère avoir cinq ou six enfants. Pour l’heure, en attendant que Dib, sa femme de 21 ans, finisse ses études et le rejoigne sous son toit, il retrouve le soir ses copains pour des parties de foot. Supporter de l’équipe de France, il est fan de Kylian Mbappé. Il confesse fumer des cigarettes, boire des litres de thé et cuisiner. Ses autres passions tournent autour des romans policiers et historiques ainsi que des clips de rap français. La Fouine, Black M, Booba, Sexion d’assaut n’ont pas de secret pour lui. « J’espère avoir la chance de rencontrer Raphaël, le fils de France, que je considère comme un frère. Mais je veux qu’il sache que jamais je ne le dérangerai s’il ne souhaite pas me rencontrer. Pour le reste, je ne regrette rien. Pas même de n’être jamais allé à Paris avec ma mère. Il faut accepter les choses telles qu’elles sont ! »

Aujourd’hui, plus aucune trace pour attester de l’étonnante histoire entre France, Babacar et sa mère. A force d’emplois de femme de ménage dans différents villages, de nombreux déménagements, elle a fini par égarer les dizaines de lettres qui s’achevaient invariablement par un « Je vous aime, je vous adore » de sa protectrice. Aucun cliché n’a été pris lors de leur entretien au Méridien. En avril 2015, Babacar aurait voulu prendre un selfie mais France a décliné arguant de sa mauvaise mine. Qu’importe ! Fatou et Babacar chérissent ces souvenirs qui ont bouleversé leur vie et embelli leur destin.

Macky Sall, négociez des accords migratoires au lieu de faire convoquer des ambassadeurs étrangers!

L’ET DIT TÔT D’O.N.G – Rappelons-le, l’émigré sénégalais Mame Mbaye Ndiaye est décédé, parce que poursuivi par les forces de police, du fait qu’il exerçait une activité aussi illégale que la vente de drogue en Espagne : la vente à la sauvette. C’est ce scandale de la vie dans l’illégalité et du sous-emploi de nos migrants qui doit cesser.

Ce n’est pas contre les autorités espagnoles que nos émigrés devaient manifester ce vendredi, jusqu’à ce qu’un autre d’entre eux, Ousseynou Mbaye, ne décède, et qu’un autre enfin ne tombe dans le coma. C’est devant l’ambassade du Sénégal à Madrid qu’ils devaient manifester. Et ceux d’entre nous restés au pays, auraient dû aller manifester devant le ministère de Sidiki Kaba. L’État du Sénégal étant seul responsable de la restauration et de la préservation de la dignité de ses enfants, par ses propres politiques publiques.

Les envois d’argent des migrants sénégalais en direction de notre pays dépassent chaque année l’aide étrangère au développement dont bénéficie le Sénégal. C’est dire que l’émigration est une mamelle importante de notre économie. Et doit être reconnue et traitée comme telle. Cela suppose que l’État s’occupe de ce levier de développement de manière concrète, au lieu de se contenter de créer un ministère délégué aux Sénégalais de l’Extérieur, dont on ne sait pas trop ce qu’il fait. Pour commencer, les migrants sénégalais devraient commencer par bénéficier d’un ministère plein, avec une lettre de mission et des agences sous tutelle : pour l’accès à l’habitat, la gestion intelligente et concertée de leurs envois d’argent au service de l’économie nationale à travers l’investissement  et pas seulement pour  la consommation des ménages restés au pays ainsi aidés, pour un accès  au logement qui ne mette pas une pression insoutenable sur le foncier dakarois mais participe au développement harmonisé des territoires….

Macky Sall a donc fait convoquer l’ambassadeur d’Espagne à Dakar, par Sidiki Kaba, afin de lui faire remettre une lettre de protestation et d’‘exiger’ ‘ une enquête. Laquelle enquête était d’ailleurs déjà décidée par les autorités espagnoles. La convocation d’un ambassadeur est le suprême coup de menton et haussement de sourcils, en matière de diplomatie internationale. Mais comme tout haussement de menton, il ne s’agit là que d’une rodomontade pour se donner la bonne conscience d’avoir condamné. Et qui ne règle pas les problèmes de fond. Après avoir convoqué l’ambassadeur des États-Unis pour protester contrer les propos de Trump traitant les pays africains de trous du cul du monde, Sidiki a pris gout à l’exercice. Nous l’enjoignons, ainsi que son patron qui se trouve être notre Président à tous, à plutôt s’atteler à négocier des accords migratoires qui offriraient des emplois décents aux nombreux Sénégalais qui votent avec les pieds, en choisissant d’aller s’installer et travailler dans les supposés Eldorados européens. Souvent, à l’issue d’un voyage par des moyens périlleux et presque toujours en contournant la législation sur l’émigration, par exemple avec des visas touristiques, lorsqu’il arrive qu’ils prennent l’avion. Ce départ informel en émigration doit cesser.

Nos pays africains ont trop tendance à laisser la gestion de leurs migrants aux seuls pays occidentaux qui les accueillent, alors que nous en sommes les pays d’émission (et de formation). Nous attendons toujours qu’un Président européen ou son ministre de l’Intérieur décide de ce qu’il y a à faire avec nos migrants.    Nos pays ont besoin de la soupape émigration car ils ne peuvent pas offrir les services de base et la dignité d’un emploi décent à tous leurs enfants, qui rn deviennent migrants, et qui, en plus, soutiennent les politiques publiques de nos pays en envoyant de l’argent à leurs familles et proches, pour des besoins dont il incombe à l’État de les prendre en charge. De leur côté, les pays occidentaux vieillissants ont besoin de la force de travail des migrants devenus émigrés, pour soutenir leurs économies qui ont besoin de remplacer les nombreux retraités, ce que leur natalité flageolante ne permet pas. Émigrés qui y offrent leur force de travail et paient des impôts.

Pourquoi attendons – nous toujours d’un énième Sarkozy qu’il vienne nous proposer une politique d’immigration choisie ? Quid de l’émigration choisie ? L’État du Sénégal devrait négocier des quotas d’emplois, aussi bien saisonniers et temporaires que permanents, avec les principaux pays de réception de nos migrants, pour les candidats sénégalais à l’émigration. C’est son devoir et sa responsabilité, car ce sont ces nationaux. C’est son droit et sa prérogative, car il les a, ou est en tout cas supposé les avoir, éduqué, nourri, soigné, en bref avoir investi sur eux, jusqu’à ce qu’ils émigrent. Au-delà, comme plusieurs pays le font (l’Inde, le Maroc), l’État du Sénégal pourra obtenir que les salaires payés aux migrants provenant de son sol le soient sur des comptes bancaires en devises de notre pays, le franc CFA, et donc comptabilisés dans notre richesses nationale. Ceci permettraient également aux migrants de pouvoir transférer de l’argent à leur familles et proches sans passer par les sociétés de transferts d’argent ou les circuits informels, mais en effectuant une simple opération bancaire peu coûteuse. Enfin, cela permettrait de mobiliser l’argent des migrants en direction de  l’investissement et des secteurs productifs.

Copyright : Ousseynou Nar Gueye – Tract Quotidien 2018 – www.tract.sn

Sénégalais tués à Madrid : l’ambassadeur d’Espagne à Dakar convoqué

Réagissant à la mort de deux Sénégalais en Espagne, entre hier et aujourd’hui, le ministre des Affaires étrangères, Sidiki Kaba, a annoncé la convocation du représentant de Madrid à Dakar.

« Le gouvernement du Sénégal condamne les violences qui ont occasionné la mort de deux Sénégalais. J’ai convoqué immédiatement, l’ambassadeur d’Espagne au Sénégal pour qu’il transmette une note verbale de protestation du Sénégal avec le communiqué qui a été transmis, informe le chef de la diplomatie sénégalaise. Il est exigé qu’il y ait une enquête qui détermine immédiatement les causes et les circonstances du décès de ces Sénégalais. »

Blessé hier par un projectile lors de la manifestation contre la mort de son compatriote, Mambaye Ndiaye, Ousseynou Mbaye a succombé à ses blessures à l’hôpital, ce vendredi. Un autre Sénégalais du nom d’Arona Diakhaté est dans le coma.

Le transporteur Lobatt Fall décédé à 89 ans

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Le transporteur Lobatt Fall, originaire du village de Boge à Podor, est décédé hier vendredi à l’âge de 89 ans. Il vivait à Pikine-Khourounar où une célèbre cité porte son nom. Lobatt Mamoudou Birame Fall Buur Guédé, que Youssou Ndour a immortalisé dans un de ses classiques, était aussi un homme politique. Il a été député sous le magistère du président Abdou Diouf. Dernièrement, il a créé un mouvement de soutien à l’action du Président Macky Sall.

Le très célèbre transporteur et premier promoteur privé immobilier, Lobatt Fall, est décédé, hier vendredi. Après la levée du corps à la mosquée de la cité qu’il avait construite à l’entrée de la ville de Pikine, le cortège s’est ébranlé à destination de  Thioubalel, village de l’arrondissement de Cas-Cas, dans le département de Podor où il a vu le jour.

Lobatt Fall qui fut un grand opérateur économique au début des années 80 était âgé de 89 ans. Originaire de Thioubalel, Lobatt Fall est l’un des plus anciens transporteurs de l’ex-gare routière dite «Pompiers», à l’entrée de la capitale où il avait installé ses quartiers. Il fut un homme généreux qui savait partager. Militant d’abord du Parti socialiste (Ps) puis du Parti démocratique sénégalais (Pds) après la première alternance en 2000, Lobatt Fall fut élu député à l’Assemblée nationale sur la liste nationale du Ps avant de devenir Conseiller économique et social. Lorsque le président Abdou Diouf accéda au pouvoir en janvier 1981, il milita activement à la base dans le département de Podor. Lors des élections législatives et présidentielle de février 1983, il contribua à l’animation de la campagne électorale des socialistes mettant  à leur disposition une centaine de véhicules dits « Trafic ». Grand rassembleur, l’ancien président des transporteurs sénégalais fut un grand acteur du Ps aux côtés des El hadji Ameth Diène, Mamadou Kabirou Mbodj, Alioune Samb, etc. Son quartier général ne désemplissait pas avec ces nombreux va et vient de responsables politiques et syndicaux qui le choisissaient souvent comme parrain. Il fut aussi un des premiers promoteurs immobiliers privés du Sénégal. C’est ainsi qu’il obtenu de l’Etat le terrain situé à l’entrée de Pikine où il construit la Cité Lobatt Fall dans l’ancienne ville dortoir. Il initia, en 1982, un autre projet hôtelier à la gare de « Pompiers » dont la pose de la première pierre fut présidée par le tout puissant ministre d’Etat, secrétaire général de la présidence de la République, Jean Collin. Un bâtiment qui ne sera pas inauguré et qui est devenu un lieu de squat pour certains sans abris de la capitale.

L’ancien député de Podor est issu d’une famille de pêcheurs haal pulaar dit « Thioubalo » et était très fidèle à ses racines et ses croyances. Il avait débuté par le petit commerce avec le soutien de ses deux grands frères qui détenaient de grandes boutiques au Fouta et en Mauritanie. Le nom de Lobatt Fall se confondait avec la ville de Pikine où il s’était définitivement installé jusqu’à sa disparition hier. Il y a quelques années, il avait organisé un meeting pour soutenir le président Macky Sall après son élection.

Mugabe : ‘C’était un coup d’Etat, mais je ne veux pas revenir au pouvoir’

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L’ex-président du Zimbabwe Robert Mugabe a mis fin jeudi au silence qu’il respectait depuis sa démission en novembre sous la pression de l’armée et de son parti, déplorant avoir été la victime d’un « coup d’État ». Il assure toutefois « ne pas vouloir être président » à nouveau. « Je dis que c’était un coup d’État, (même si) certains ont refusé de l’appeler un coup d’État », a déclaré d’une voix fatiguée Robert Mugabe, dans ce tout premier entretien télévisé diffusé par la chaîne publique sud-africaine SABC jeudi 15 mars. Après 37 ans à la tête du Zimbabwe, Robert Mugabe a été contraint de démissionner le 21 novembre 2017, lâché par l’armée, son parti au pouvoir, la Zanu-PF, et la rue. « C’était vraiment un renversement par l’armée. Il n’y a eu aucun mouvement visible jusqu’à ce que l’opération soit autorisée par l’armée », a insisté Robert Mugabe, qui s’exprimait depuis sa résidence privée de la capitale zimbabwéenne, Harare. « Nous devons effacer cette honte que nous nous sommes imposée à nous-mêmes », a-t-il poursuivi, assis derrière un bureau sous son portrait et celui de son épouse. Dans une autre interview, à la chaîne britannique ITV News, l’ancien chef de l’État affirme toutefois ne pas avoir l’envie de revenir au pouvoir. « Je ne veux pas être président. Non bien sûr », dit-il, ajoutant: « J’ai maintenant 94 ans ». « Pas de haine pour Emmerson » Dans les deux entretiens, Robert Mugabe dit ne pas en vouloir à son ancien vice-président, Emmerson Mnangagwa, qui lui a succédé, mais il estime qu’il a « trahi toute la nation ». « Je n’ai pas de haine pour Emmerson [Mnangagwa, ndlr] », mais « il n’est pas convenable à sa place, il n’est pas légal », a poursuivi le nonagénaire. Jusqu’à cette première sortie médiatique, Robert Mugabe était resté extrêmement discret, reclu dans sa résidence. L’entretien intervient à quelques mois des élections générales, annoncées par Emmerson Mnangagwa avant juillet. « Sa sortie est parfaitement calculée », a commenté l’analyste Gideon Chitanga, du centre de réflexion Political Economy Southern Africa de Johannesburg. « Elle va continuer à saper la légitimité du gouvernement Mnangagwa ». « D’accord pour discuter » Son apparition sur une photo le 7 mars, aux côtés de l’ex-général Ambrose Mutinhiri, candidat déclaré à la présidentielle, a même nourri les plus folles rumeurs sur son éventuel retour en politique. Ambrose Mutinhiri vient de claquer la porte de la Zanu-PF au pouvoir et a créé un nouveau parti, le Front national patriotique (NFP). Le président Emmerson Mnangagwa, patron de la Zanu-PF et lui aussi en campagne pour la présidentielle, a reconnu qu’« il y avait un problème avec l’ancien président ». Robert Mugabe s’est plu jeudi à entretenir le trouble en tendant la main à son successeur. « Si pour corriger cette illégalité il veut discuter avec moi », a-t-il offert. « Je suis d’accord pour discuter, pour aider à ce processus », a proposé Robert Mugabe, « mais je dois être invité formellement à cette discussion ».

Roi-fainéant, Paul Biya a tenu son premier Conseil des ministres depuis trois ans

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Conseil des ministres présidé par Paul Biya hier, un événement national ! La dernière fois que le chef de l’Etat camerounais s’est prêté à cet exercice remonte à trois ans. Et ce Conseil, comme le précédent, s’est limité à une assez brève communication du maître des lieux.

Comme annoncé à l’ordre du jour, ce Conseil des ministres s’est limité à la communication du président de la République. Une dizaine de minutes tout au plus donc. Dans ce laps de temps, le maître de séance a félicité les promus du réaménagement ministériel du 2 mars dernier et énoncé une sorte de feuille de route à l’ensemble du gouvernement que dirige le Premier ministre Philémon Yang.

Ainsi Paul Biya a-t-il réitéré ses instructions sur la réduction du train de vie de l’Etat et la lutte contre la corruption. Au titre des priorités sur les mois à venir, il a dit entre autres attendre à brève échéance des propositions détaillées en chronogramme relatif à l’accélération du processus de décentralisation, activité du gouvernement qui vient de bénéficier de la création d’un ministère plein.

Il s’est par ailleurs félicité des efforts déjà accomplis dans le cadre des préparatifs de la CAN 2019 et invité les administrations concernées à intensifier leurs efforts.

C’est donc un Paul Biya tel qu’en lui-même, essentiellement directif, que le gouvernement a écouté calmement, religieusement, jusqu’à la levée de la séance.

 Le contrôle de l’action du gouvernement étant délégué au Premier ministre qui préside lui un Conseil de cabinet une fois par mois. Paul Biya est connu pour ses longues villégiatures en Suisse, où ses enfants ont étudié. La prochaine présidentielle dans ce pays est prévue en octobre prochain.

Bavure ou crise cardiaque? Manifs aujourd’hui après la mort de Mame Mbaye Ndiaye en Espagne

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La police municipale qui avait engagé une course-poursuite avec le vendeur à la sauvette sénégalais soutient que Mame Mbaye Ndiaye, 35 ans, serait mort d’une crise cardiaque.

Les événements sont arrivés hier vers 17h. Six fourgons de la Police Nationale les ont encerclés. Et selon un témoin, plusieurs groupes de défense des droits des migrants avaient déjà mis en garde contre les raids racistes à Lavapiés la veille. Un autre témoin ajoute que tout au long de cette semaine, des pressions policières répétées ont été exercées sur ce groupe de migrants venus vendre leurs produits dans cette localité.

« C’était un raid très musclé… Un des gars a été touché au genou. Ils en ont arrêté deux et un autre est parti en courant« , explique un autre témoin.

Des sources de l’hôtel de ville ont indiqué que, pour le moment, ils n’ont pas la preuve que la police municipale a persécuté les vendeurs de rue, mais ils annoncent qu’ils ouvriront une enquête sur les événements survenus aujourd’hui et examineront les caméras de surveillance installées dans les rues.

A 20 heures hier, des centaines de personnes ont assiégé Lavapiés, face aux agents de la police en les taxant d’ « assassins ». L’atmosphère est devenue plus tendue lorsque l’un des manifestants a perdu connaissance après avoir, involontairement, traversé la barrière de sécurité de la police. Il a, par la suite été persécuté par les agents de police.

« Sos Racismo Madrid » a prévu un rassemblement de protestation ce vendredi à 18h00 sur la place Nelson Mandela dans le quartier de Madrid.

Une protestation de la communauté sénégalaise est prévue aujourd’hui à 9h 30 à la Puerta del Sol.

Barrow : ‘Juger Yahya Jammeh est obligatoire’

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Face à la presse, au terme de la tenue de la première session du Conseil présidentiel sénégalo-gambien, le Président gambien Adama Barrow a estimé que le jugement de son prédécesseur est «obligatoire». Il a rappelé d’ailleurs qu’une commission a même été installée afin de produire «un bon document d’accusation» et réunir des preuves.

Toutefois, le Président Adama Barrow précise qu’au-delà de Yahya Jammeh, toute autre personne qui sera accusée de crime, de trafic ou de violation durant les 22 ans de règne de Jammeh sera traduite devant les tribunaux. Yahya Jammeh a quitté la Gambie le 21 janvier 2017 après avoir perdu la présidentielle de décembre 2016. Depuis lors, il s’est réfugié en Guinée Equatoriale.