Médecin après la mort : le CNRA dénonce l’émission Jakaarlo de TFM

Le CNRA enjoint la Direction de la TFM à mettre un terme définitif aux manquements notés dans la dernière émission « Jakaarlo Bi » et à éviter toute rediffusion sous peine de l’application des sanctions prévues par la loi.

Dans un avis rendu publique mardi, le CNRA rappelle que « la conception de la programmation audiovisuelle se fait dans le strict respect de la réglementation qui, surtout en matière de traitement de sujets touchant l’honneur et l’intégrité de la personne humaine, exige un profond sens de la responsabilité et une préparation particulière de la part des intervenants à l’antenne ».

« Cette exigence a été bafouée lors de l’émission +Jakaarlo Bi+ du 09 mars 2018. C’est ce qui justifie les observations-mises en garde adressées à TFM », indique l’organe de régulation dans cet avis transmis à l’APS.

Le CNRA note que le 9 mars 2018, la chaîne de télévision TFM a diffusé une émission intitulée « Jakaarlo Bi » au cours de laquelle la question du viol a été abordée.

Il estime que « la gravité de la question exigeait des concepteurs, animateurs et éditeurs de l’émission, une attention soutenue, afin d’éviter des dérapages, prises de positions inappropriées, de nature à entraîner des conséquences préjudiciables aux femmes ».

Le Conseil dit avoir relevé « des manquements graves relatifs à la présentation de l’émission et imputables au chroniqueur, M. Songué Diouf et au présentateur de ladite émission, M. Khalifa Diakhaté ».

Pour l’organe de supervision, « le plateau de l’émission a servi de prétexte au chroniqueur pour faire d’un sujet aussi grave, un objet de dérision, en affirmant, pour justifier les cas de viols dont sont victimes les femmes, que ces dernières sont les responsables de leurs propres viols, à cause de leurs choix vestimentaires ou de leur plastique ».

Or, ajoute le CNRA, « de tels propos sont d’une gravité extrême si l’on sait que des femmes sont violées, violentées et tuées ; mises au ban de la société, rejetées par leurs familles ou données en mariage à leur violeur ; données en mariages précoces ou forcés à la suite de viol ».

Parlant de la « responsabilité » du présentateur, ce denier, « loin d’arrêter la dérive, a enfoncé le clou, en banalisant auprès des autres intervenants, la désinvolture du chroniqueur », déplore le CNRA.

Selon l’avis, « un tel comportement est d’autant plus grave qu’il est attendu d’un présentateur qu’il exerce son rôle qui est de rappeler à l’ordre les participants à l’émission et de faire la police de son plateau ».

Pour le CNRA, « de telles pratiques constituent une violation de la réglementation et des principes régissant les acteurs des médias ».

Il rappelle les dispositions qui appellent à « sauvegarder l’enfance et l’adolescence dans les contenus des programmes et à respecter l’honneur et l’intégrité de la personne humaine ».

Le CNRA évoque aussi les articles 20 et 21 du cahier des charges relatifs, « respectivement, à l’obligation de ne pas inciter à des pratiques ou comportements délinquants ou inciviques et celle de veiller au respect de l’image, de la dignité, de l’honneur et de la réputation de la personne humaine ».

Il appelle tous les médias à « prendre les précautions nécessaires, chaque fois que des sujets concernant une catégorie de la société ou des sujets dits sensibles sont traités ou abordés, et à toujours veiller à se conformer à la réglementation ».

Mali : le richissime businessman Aliou Boubacar Diallo candidat à la présidentielle

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Pour le scrutin du 29 juillet, Aliou Boubacar Diallo, de l’Alliance démocratique pour la paix, richissime homme d’affaires, s’est déclaré candidat à l’élection présidentielle, affirmant que le pays peut ‘sortir de la crise s’il a leadership qu’il faut’.

Diallo a été désigné à l’issue de la conférence nationale de son parti, l’Alliance démocratique pour la paix (ADP-Maliba), qui s’est terminée dimanche dans la ville de Nioro du Sahel (nord-ouest), près de la frontière mauritanienne, fief du chérif Bouyé Haïdara, un dirigeant religieux musulman très respecté et très influent.

‘ J’ai terminé dimanche la rencontre de mes partisans dans la ville de Nioro. Je suis candidat à la présidentielle’, a déclaré  l’homme d’affaires, qui est notamment propriétaire d’une mine d’or au Mali.

Après avoir soutenu le président Ibrahim Boubacar Keïta, son parti a quitté en 2016 la majorité pour rejoindre les rangs de l’opposition. « Je suis candidat pour construire un Mali meilleur, un pays qui a de quoi sortir de la crise s’il a leadership qu’il faut », a-t-il ajouté.

En 2013, le chérif de Nioro avait appelé à voter pour Ibrahim Boubacar Keïta, mais, depuis, les relations entre les deux hommes se sont dégradées. Si le responsable religieux n’a pas apporté son soutien à la candidature de M. Diallo, ses enfants ont été vus auprès de lui.

Six candidats déclarés

Une demi-douzaine de candidats à sa succession se sont déjà déclarés, mais le président Keïta n’a toujours pas dit officiellement s’il se représenterait en juillet.

Une centaine d’associations de la majorité ont néanmoins apporté samedi à Bamako leur soutien à sa candidature.

Parmi les autres candidats figurent le maire de Sikasso (sud), Kalifa Sanogo, l’ancien ministre et militaire Moussa Sinko Coulibaly, ainsi que deux hauts fonctionnaires internationaux, Modibo Koné, un ancien de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), et Hamadoun Touré, ex-chef de l’Union internationale des télécommunications (UIT).

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaida. Ces groupes ont été en grande partie chassés par une opération militaire lancée en janvier 2013, à l’initiative de la France, qui se poursuit actuellement. Mais des zones entières du pays échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU (Minusma), régulièrement visées par des attaques, malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix, censé isoler définitivement les djihadistes.

Tutti frutti: Jay-Z et Beyoncé reprennent l’affiche de Touki Bouki de Mambety

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Blaxploitation ? Beyoncé et Jay-Z, regards au loin, sont sur une bécane ornée à l’identique de cornes de zébu. Et soudain, le monde entier (re)découvre le film Touki Bouki de Djibril Diop Mambéty, sorti en 1973,  road-movie onirique à la musique envoûtante qui fait partie des grands classiques du cinéma africain.

Le couple de stars milliardaires Jay-Z et Beyoncé a ainsi repris l’affiche du film, pour en faire celle de sa tournée OTR II (On The Run 2), avec deux dates en France: le  14 juillet au Grand Stade de Paris, puis à Nice, à l’Allianz Riviera.

Bel hommage.

Fichier électoral: ‘Professeur’ Abdoulaye Wade factorise par zéro le rapport de l’Union Européenne

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Par égard à l’Union européenne au nom de qui a été publié un rapport d’analyse statistique du fichier électoral sénégalais, je me suis abstenu volontairement jusqu’ici de réagir pour exprimer la piètre opinion que j’avais dudit rapport attribué à ‘’un groupe d’experts’’ qui ont été présentés comme spécialistes avec force références universitaires.

Ministre ‘partisan’ ? Tract vous explique pourquoi Aly Ngouille Ndiaye a raison de l’être

L’ÉDITO DE DAMEL MOR MACOUMBA SECK – La première incongruité à laquelle le Sénégal a cédé par facilité, c’est que les élections dans ce pays ne soient plus organisées et supervisées par le ministère seul de l’Intérieur. Nous nous sommes adjoints une CENA, Commission Électorale Nationale Autonome. Après avoir eu un ONEL, Observatoire National des Élections. C’est là une reculade démocratique et une capitulation républicaine, que nous avons emprunté aux pays africains qui ont accédé aux élections pluralistes dans les années 80, souvent à la suite de conférences dites nationales.

Pourtant, nous avons eu un système multipartite, même limité,  plus  d’un quart de siècle avant ces pays frères du continent.

L’opposition dite radicale, celle qui a refusé d’aller à la présumée soupe à la grimace du dialogue national, a donc voulu marcher ce 9 mars pour demander la démission du ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye. La faute du détenteur du maroquin à brodequins ? Avoir proclamé qu’il travaillait «  à faire réélire Macky Sall’’. Nous nous sommes laissé dire que Macky himself songerait à lui faire restituer ce portefeuille bâton de dynamite, après ses propos partisans, si on en croit une certaine presse. Hé bien, Tract soutient que  le sieur Ngouille, tel un baobab nain, a raison de proclamer sa baobatittude envers Macky Sall.

Les démocraties auxquelles le Sénégal devrait se comparer en 2018 et émuler à ‘tricher’ sur elles, c’est celles où il n’existe pas d’organe non étatique pour organiser ou superviser des élections. La République repose sur un pacte social. Et les ONEL et autres CENA sont la formalisation de la défiance institutionnalisée envers ce pacte social.

C’est bien un ministre socialiste qui a organisé les présidentielles de 2017 en France, cela n’a pas empêché l’ex écolier des Maristes de Dakar Benoit Hamon, candidat de ce camp socialiste, de se faire rétamer avec un piteux 6%. C’est un ministre de l’administration sortante démocrate qui a organisé les élections auxquelles Trump a triomphé, battant la championne de Barack Obama, Hillary Rodham Clinton. Le tristement célèbre Charles Pasqua, ministre de l’Intérieur chiraquien qui inaugura les charters de rapatriement des émigrés africains et parlait de ‘terroriser les terroristes’, avait lui aussi organisé les élections à couteaux tirés, que perdit pourtant Chirac en 1988.  Et ce n’est pas inédit dans ces pays et d’autres, mais bien une tradition républicaine.

Les Sénégalais que nous sommes acceptent cette tartuferie d’une administration territoriale présumée partisane, peut-être parce que nous pensons toujours que si nous ne donnons pas un billet de banque pour accélérer nos formalités administratives ou éviter une contravention,  les choses n’iraient pas dans le bon sens.

Et ces ONEL- CENA n’empêchent même pas les contestations électorales. En 2007, l’opposition défaite par Abdoulaye Wade II avait édicté que les élections avaient été volé par stratagème électronique et refusé de participer aux élections législatives suivantes. Faisant de l’Assemblée nationale un croupion institutionnel. Ce qui est encore plus grave dans une démocratie que la triche électorale. Car le débat démocratique doit se dérouler dans les Assemblées entre mandants du peuple, et non dans la rue.

Cette opposition qui appelle à la démission de Ngouille n’est pas cohérente. Sinon, elle n’aurait pas accepté qu’il soit candidat aux locales pour devenir le maire apériste de Linguère qu’il est.  Non, les ONEL- CENA même ne suffisent pas. Car la CENA a été disqualifiée d’office par l’opposition dite modérée, pour superviser les travaux  du récent dialogue national.

Entre IED (Initiative pour des Élections Démocratiques) leadée par le PDS et la CORECT (Coalition pour la Régularité, des Elections, la Clarté et la Transparence) de l’autre opposition, nous ne savons plus quel acronyme et véhicule inventer pour nous faire confiances les uns les autres ! Résidu de la mentalité tièddo renforcée par les religions révélées adaptées à la sauce sénégalaise, où on ne vote pas. Mais où l’on choisit toujours par consensus, cette version molle du vote qui laisse toujours une frustration rentrée chez beaucoup de protagonistes.

Une République, cela repose sur la confiance en les mandants que l’on se donne par élection et en leur administration. La confiance aussi et d’abord qu’ils sauront s’appliquer les décisions souveraines du peuple, y compris à leur propre détriment.

Ériger la triche (électorale) en postulat de base et paradigme intangible, ce n’est pas une mentalité de pays qui travaille à se développer collectivement.

Copyright : Tract 2018 – www.tract.sn

Grand Entretien – Souleymane Bachir Diagne : ‘L’éducation est la seule vraie réponse aux défis auxquels l’islam fait face’

ENTRETIEN. Défis posés à l’islam et à la démocratie, impact de l’éducation, relations Afrique-France, Trump… : le grand penseur sénégalais ouvre de passionnantes pistes de réflexion.

Alors que l’Afrique, à l’instar de tous les continents, est secouée par l’islamisme et que sa marche vers la démocratie est loin d’être tranquille, perturbée qu’elle est par des contingences locales à la fois politiques, économiques et sociales, la parole de Souleymane Bachir Diagne est précieuse. Considéré comme l’un des plus grands penseurs de notre temps, ce Sénégalais, professeur à Columbia University à New York, est l’auteur, entre autres ouvrages, de Comment philosopher en islam ? (éditions Philippe Rey), mais aussi de L’Encre des savants (Présence africaine), un livre qui éclaire sur l’approche propre et multiple qu’ont les Africains de nombre de questions, dont la politique et le temps. L’éclairage de Souleymane Bachir Diagne vaut le détour. Illustration.

Le Point Afrique : professeur à Columbia University, vous êtes aux premières loges pour donner une appréciation sur Trump, l’impact de sa politique au niveau interne, notamment par rapport aux migrants d’origine africaine, mais aussi sur l’Afrique qui doit être accompagnée par les pays riches sur le chemin des solutions au changement climatique ?

Souleymane Bachir Diagne : S’agissant de l’impact de la politique de Trump sur l’immigration aux États-Unis, quand on est dans une université comme la mienne, Columbia University, on est forcément aux premières loges pour savoir de quoi on parle. Dès le début de la présidence Trump, mon université Columbia a déclaré qu’elle faisait partie des établissements qui ne sont pas prêts à collaborer avec l’organisation fédérale qui a pour mission de traquer les immigrants illégaux et de les expulser. Le président Trump s’est en effet empressé de revenir sur la politique de Barack Obama en matière de protection de ce que l’on appelle ici les dreamers, c’est-à-dire les immigrants illégaux qui sont arrivés enfants aux États-Unis. Toutefois, je viens de lire dans la presse que le président Trump serait en passe de rétropédaler et de reconsidérer la mise en œuvre d’une telle politique. Mais cela est récent et reste à confirmer. Lorsque l’on vit à Columbia, on est à côté d’un quartier de Harlem qui s’appelle Little Senegal, où réside – comme son nom l’indique – une importante communauté sénégalaise. Et il y a eu beaucoup d’émoi ces derniers mois au sein de cette communauté, qui compte un certain nombre d’illégaux. Depuis, les choses se sont quelque peu calmées, mais l’impact, ne fût-ce que sur le plan émotionnel, est certain.

S’agissant de l’autre aspect, celui qui concerne les engagements pris sous la présidence Obama dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat en décembre 2015 pour protéger notre planète Terre, la décision de Donald Trump de suspendre la participation des États-Unis à cet accord universel est tout simplement catastrophique.

Que dit de l’Amérique la défiance exagérée de Trump envers l’islam  ?

Ce fut en effet l’un des grands aspects de sa campagne. Dès avant sa présidence, une grande partie des propos de Donald Trump ont été dirigés contre les immigrés mexicains. On l’a entendu dire des choses terribles contre les « bad hombres », comme il les avait surnommés. Dans ce contexte, en termes de propos haineux, les musulmans ont été servis plus souvent qu’à leur tour. Ces propos ne sont pas restés sans conséquence. Il y a eu une montée en flèche du nombre d’incidents islamophobes dans le pays. Il ne s’agit donc pas de simples propos sans conséquence, car, combinés les uns aux autres, ils créent un climat délétère, installé par ce genre de rhétorique et qui rend possibles toutes les violences.

Le « muslim ban », promis par le candidat et qui s’est traduit dans le décret pris par Trump pour interdire aux ressortissants de six pays musulmans d’entrer aux États-Unis, est symptomatique d’un tel contexte. Il a été d’ailleurs annulé par la justice américaine, qui s’est, pour ce faire, notamment référée aux propos de campagne de Trump pour cerner les intentions réelles de cette mesure et la déclarer finalement, et à deux reprises, non conforme au droit américain.

Puis Trump s’est rendu en Arabie saoudite avec l’intention déclarée de faire la paix avec le monde musulman. De fait, il apparaît y avoir fait amende honorable à travers quelques déclarations dans lesquelles il semble être revenu quelque peu sur ses propos antérieurs. Si celles-ci étaient suivies d’effet, ce serait une bonne chose, car le climat qui a prévalu jusqu’à présent, régulièrement nourri de propos haineux envers l’islam et les musulmans, était encore une fois particulièrement délétère.

Victoire du populisme aux États-Unis, victoire du « dégagisme » en France. Qu’est-ce que cela dit de la démocratie dans ces deux grands pays qui inspirent la démocratie à travers le monde ?

Je placerai ce qui s’est passé en France à part. Car, au fond, même s’il est vrai qu’il y a eu « dégagisme », on a le sentiment qu’avec la victoire du président Emmanuel Macron la démocratie a fini par l’emporter. L’élection de Marine Le Pen aurait été, à l’inverse, un véritable désastre sur le plan de la démocratie. Mais il est vrai qu’il y a la montée des populismes, couplée au fait que la démocratie, au fond, ne suscite plus le même enthousiasme. On a l’impression qu’il y a un déficit démocratique dont on s’accommode volontiers dans un certain nombre de pays. C’est le cas, me semble-t-il, dans certains pays en Europe de l’Est, où l’adhésion à l’Union européenne et aux principes démocratiques est moins évidente, où l’enthousiasme de l’immédiat après-chute du mur de Berlin semble être retombé.

Il y a aujourd’hui des pays qui sont en régression démocratique. C’est très dangereux. Cela prépare un monde du repli sur soi, de la fragmentation, de la tribu finalement dans laquelle on se retracte sur des identités étroitement définies par opposition à d’autres. Un monde où l’idée d’humanité en général ne semble plus avoir grand sens. On l’a constaté à l’occasion de la crise des réfugiés. On le voit malheureusement aujourd’hui dans le succès relatif que rencontrent les populismes, surtout si ceux-ci appellent à une fermeture sur soi, contre les réfugiés, les immigrés, les populations différentes, même lorsqu’il s’agit de populations de citoyens – l’Europe étant devenue aujourd’hui multiculturelle. C’est également une fermeture qui joue contre l’Europe dans le sens où elle entrave la construction européenne.

Salle de cinéma de l’institut Français. Discussion « Universalisme, décolonialité et mutualité ». De gauche à droite : Françoise Vergès, Souleymane Bachir Diagne, Abdourahmane Seck. © Photo Antoine Tempé

Quel regard posez-vous sur la démocratie et son exercice en Afrique ?

La démocratie en Afrique avait connu une avancée heureuse ces dernières années. Ce qu’on a appelé les « transitions démocratiques » a eu lieu. Pendant très longtemps, les démocraties sur le continent africain se comptaient sur les doigts d’une seule main. Dans les années 1980, l’un de mes compatriotes sénégalais, Benoît Saliou Ngom, avocat spécialiste des droits humains, avait écrit un livre intitulé Afrique, le continent oublié des droits de l’homme. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Il y a eu depuis des avancées réelles et majeures. Les alternances démocratiques paisibles ne sont plus du tout une exception. Les autocraties sont sur la défensive. Cela étant, on voit des régressions ici ou là. En particulier la fameuse « régression du troisième mandat » qui voit le pouvoir en place accepter l’idée d’une limitation du nombre de mandats afin qu’il y ait respiration démocratique ; puis, quand ces mandats arrivent à leur terme, le pouvoir est tenté de modifier la Constitution pour se perpétuer, ce qui est extrêmement dangereux. Mais enfin, la tendance lourde, globale en Afrique, va dans le sens d’un affermissement de la démocratie.

Cela dit, il faut se rendre compte que la démocratie est un régime fragile. Jusqu’à quel niveau de pauvreté la démocratie peut-elle réellement fonctionner ? Lorsqu’il y a beaucoup de désespoir dans la société, quand vous avez des jeunes qui ne savent plus à quel saint se vouer, qui peuvent être tentés par l’immigration ou toutes sortes de fanatismes, on se rend compte que cette démocratie est extrêmement précaire et qu’il faut veiller à préserver ces acquis démocratiques qui sont réels mais fragiles sur le continent africain.

Le Sénégal, pays à majorité musulmane, est un phare de la démocratie sur le continent. En quoi l’islam, selon vous, est-il compatible avec la démocratie ?

Il est tout à fait pertinent de rappeler que le Sénégal a une solide tradition démocratique. Parce qu’au fond la fameuse question de la compatibilité de l’islam avec la démocratie n’est pas une question théorique. C’est une question éminemment pratique. Si on regarde dans le monde le nombre de pays musulmans qui sont des démocraties, ils ne sont pas très nombreux, mais ils existent. Et leur nombre va en augmentant. Donc la réponse à la question de la compatibilité entre islam et démocratie ne peut qu’être pratique, empirique. Car, si on pose cette question en considérant les seuls aspects théoriques, en se demandant ainsi si quelque chose dans l’essence même de l’islam s’oppose à quelque chose dans l’essence même de la démocratie, une telle question ne peut pas trouver de réponse. Il suffit de la poser pour n’importe quelle religion pour se rendre compte de cela. Si je pose la question de savoir si le catholicisme est compatible avec la démocratie, et si je regarde l’histoire du catholicisme, des révolutions et des contre-révolutions en France, j’ai tendance à répondre non. Mais, si je considère l’histoire de la République en France au XXe siècle, alors j’ai tendance à dire oui. Donc la réponse à la question de la compatibilité entre quelque religion que ce soit et la démocratie est toujours d’ordre pratique. De ce point de vue, des pays comme le Sénégal, la Tunisie, la Turquie, l’Indonésie, la Malaisie ou encore d’autres, en dépit de régressions démocratiques conjoncturelles toujours possibles, sont en train de faire la preuve que démocratie et islam peuvent parfaitement coexister.

Quel regard posez-vous sur la démocratie et son exercice en Afrique ?

La démocratie en Afrique avait connu une avancée heureuse ces dernières années. Ce qu’on a appelé les « transitions démocratiques » a eu lieu. Pendant très longtemps, les démocraties sur le continent africain se comptaient sur les doigts d’une seule main. Dans les années 1980, l’un de mes compatriotes sénégalais, Benoît Saliou Ngom, avocat spécialiste des droits humains, avait écrit un livre intitulé Afrique, le continent oublié des droits de l’homme. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Il y a eu depuis des avancées réelles et majeures. Les alternances démocratiques paisibles ne sont plus du tout une exception. Les autocraties sont sur la défensive. Cela étant, on voit des régressions ici ou là. En particulier la fameuse « régression du troisième mandat » qui voit le pouvoir en place accepter l’idée d’une limitation du nombre de mandats afin qu’il y ait respiration démocratique ; puis, quand ces mandats arrivent à leur terme, le pouvoir est tenté de modifier la Constitution pour se perpétuer, ce qui est extrêmement dangereux. Mais enfin, la tendance lourde, globale en Afrique, va dans le sens d’un affermissement de la démocratie.

Cela dit, il faut se rendre compte que la démocratie est un régime fragile. Jusqu’à quel niveau de pauvreté la démocratie peut-elle réellement fonctionner ? Lorsqu’il y a beaucoup de désespoir dans la société, quand vous avez des jeunes qui ne savent plus à quel saint se vouer, qui peuvent être tentés par l’immigration ou toutes sortes de fanatismes, on se rend compte que cette démocratie est extrêmement précaire et qu’il faut veiller à préserver ces acquis démocratiques qui sont réels mais fragiles sur le continent africain.

Le Sénégal, pays à majorité musulmane, est un phare de la démocratie sur le continent. En quoi l’islam, selon vous, est-il compatible avec la démocratie ?

Il est tout à fait pertinent de rappeler que le Sénégal a une solide tradition démocratique. Parce qu’au fond la fameuse question de la compatibilité de l’islam avec la démocratie n’est pas une question théorique. C’est une question éminemment pratique. Si on regarde dans le monde le nombre de pays musulmans qui sont des démocraties, ils ne sont pas très nombreux, mais ils existent. Et leur nombre va en augmentant. Donc la réponse à la question de la compatibilité entre islam et démocratie ne peut qu’être pratique, empirique. Car, si on pose cette question en considérant les seuls aspects théoriques, en se demandant ainsi si quelque chose dans l’essence même de l’islam s’oppose à quelque chose dans l’essence même de la démocratie, une telle question ne peut pas trouver de réponse. Il suffit de la poser pour n’importe quelle religion pour se rendre compte de cela. Si je pose la question de savoir si le catholicisme est compatible avec la démocratie, et si je regarde l’histoire du catholicisme, des révolutions et des contre-révolutions en France, j’ai tendance à répondre non. Mais, si je considère l’histoire de la République en France au XXe siècle, alors j’ai tendance à dire oui. Donc la réponse à la question de la compatibilité entre quelque religion que ce soit et la démocratie est toujours d’ordre pratique. De ce point de vue, des pays comme le Sénégal, la Tunisie, la Turquie, l’Indonésie, la Malaisie ou encore d’autres, en dépit de régressions démocratiques conjoncturelles toujours possibles, sont en train de faire la preuve que démocratie et islam peuvent parfaitement coexister.

Pourquoi, à votre avis, est-il nécessaire de séparer le religieux du politique ?

C’est une mesure de sauvegarde simple. D’abord parce qu’il faut sauvegarder le pluralisme, et la meilleure manière de le faire, c’est d’avoir un État qui soit à équidistance des confessions religieuses. Et la seule manière de le garantir, c’est que le politique soit séparé du religieux. Maintenant, cela ne veut pas dire qu’il faille nécessairement adopter une forme agressive de laïcité qui chercherait à éliminer complètement les religions de la sphère publique. Le Sénégal, par exemple, ne s’est pas engagé dans cette voie. Le premier président du pays, Léopold Sédar Senghor, a théorisé une forme de laïcité qui tend à une séparation du religieux et du politique qui ne signifie pas la mise hors jeu des religions mais qui, au contraire, les invite à apporter dans le champ public ce qu’elles ont de meilleur, autrement dit leur capacité à éduquer pour la construction nationale. De mon point de vue, c’est une bonne manière de comprendre que la séparation du religieux et du politique est nécessaire mais que cette séparation ne doit pas nécessairement signifier la mise à l’écart des religions dans l’œuvre d’édification nationale.

Ensuite, cette séparation qui est une bonne chose pour le politique l’est également pour le religieux. Il n’est jamais bon que les religions se mêlent de politique. Elles finissent par perdre, dans le mélange des genres, la crédibilité qui doit être la leur. Il n’est jamais bon que les guides religieux s’égarent en politique au point d’oublier qu’ils ont une certaine aura à préserver auprès de ceux qui les suivent et vis-à-vis de qui ils ont une responsabilité.

Pour construire leur développement, les pays du Sud, et le Sénégal en particulier, doivent disposer d’un enseignement supérieur solide. Au-delà du rapport que vous avez fait en 2013 à la demande du président Macky Sall, qu’est-ce qui pourrait permettre à l’enseignement supérieur de décoller en Afrique ?

Le grand problème de l’enseignement supérieur aujourd’hui en Afrique réside dans ce que l’on appelle la « massification ». Autrement dit, le fait que la croissance démographique du nombre d’étudiants est aujourd’hui sans commune mesure avec la capacité d’accueil et de formation des institutions d’enseignement supérieur. Une première réponse a été apportée avec l’ouverture de l’enseignement supérieur privé. Par exemple, aujourd’hui, au Sénégal, un bon tiers des étudiants suivent des formations privées. C’est une bonne chose, car celles-ci se développent et se trouvent être des enseignements de très grande qualité. La concertation nationale sur l’avenir de l’enseignement supérieur, dont la responsabilité m’a été confiée par le président Macky Sall en 2013, l’a reconnu et a encouragé cette tendance.

Un deuxième point est que la réponse à apporter au défi démographique, c’est un investissement résolu dans les techniques d’enseignement numérique à distance. Je crois, et nous l’avons d’ailleurs dit au moment de cette concertation sur l’enseignement supérieur, que l’Afrique est en mesure d’accomplir, avec les technologies de l’enseignement à distance, ce qu’elle est parvenue à réaliser avec les technologies de la téléphonie mobile. Il y a eu un mode d’appropriation par les Africains de cette technologie qui est extraordinaire. Ils l’ont utilisée pour répondre à un certain nombre de leurs problèmes au quotidien, comme le paiement des factures, le transfert d’argent, etc. De la même manière, les technologies de l’enseignement à distance pourront être utilisées pour répondre à ce défi démographique extraordinaire, car on ne construira jamais aussi vite des universités, on ne formera jamais aussi rapidement des professeurs que ne croît le nombre des étudiants. Car il faut en plus des bâtiments, des professeurs en nombre suffisant pour enseigner dans des institutions d’enseignement supérieur.

Troisième point s’agissant de ce qu’il faudrait faire : un rééquilibrage dans le contenu des enseignements. On a beaucoup trop d’étudiants qui se dirigent vers les matières littéraires et les sciences sociales. D’ailleurs, ils y vont souvent moins par goût ou par vocation que par défaut. Dans le même temps, les disciplines scientifiques, les fameuses STIM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques), qui sont absolument nécessaires pour le développement de nos pays, concentrent une faible minorité d’étudiants. Et les choses vont d’ailleurs en s’aggravant. Aujourd’hui, en valeur absolue, le nombre des candidats au bac au Sénégal dans la série scientifique S1 est en train de décroître, ce qui est dramatique. Il va impérativement falloir trouver une politique d’encouragement pour les étudiants afin de les inviter à se diriger vers les disciplines scientifiques et rééquilibrer ainsi la démographie estudiantine à l’université de ce point de vue.

Enfin, il faut cesser de considérer qu’une réforme est faite une fois pour toutes. Le système doit prendre l’habitude de s’évaluer et de s’adapter. Cette culture de l’évaluation permanente doit être insufflée dans les systèmes d’enseignement supérieur en Afrique.

Ce sont là de bonnes directions à faire prendre à nos systèmes d’enseignement supérieur en Afrique. Et il est heureux qu’au Sénégal le président de la République se soit engagé personnellement et ait pris les décisions nécessaires à la suite de cette concertation et que le ministre de l’Enseignement supérieur, qui était lui-même partie prenante dans cette concertation, qui y a cru du début jusqu’à la fin, persuadé que les chemins tracés allaient dans la bonne direction, essaie aujourd’hui de transformer les mesures préconisées en une politique éducative effective.

Souleymane Bachir Diagne lors des Ateliers de la Pensée à Dakar en 2016, lors du panel « L’Afrique, la condition planétaire » à l’Institut Français. © Photo Antoine Tempé

Législatives, présidentielles : les élections se multiplient sur le continent. Quel regard posez-vous sur les institutions et les régimes politiques en Afrique ?

Ces élections sont toujours un moment très important pour la démocratie. C’est un gage que l’avenir sera fait de liberté, de démocratie et d’ouverture. Les démocraties avancent et méritent d’être consolidées sur le continent. Au sein de la Cedeao, par exemple, il est heureux de constater qu’une régression démocratique, potentiellement désastreuse, a été empêchée. En Gambie, le président Yaya Jammeh, après avoir reconnu dans un premier temps sa défaite électorale, était revenu sur cette reconnaissance, confisquant de fait la volonté populaire. C’est alors que nous avons vu une chose extraordinaire : tous les pays de la Cedeao se mettre ensemble, décider d’une action commune, diplomatique et militaire en même temps, avec l’aval de la communauté internationale. Cette combinaison de facteurs est une chose extrêmement importante et encourageante pour l’avenir à la fois de l’unité africaine et de la démocratie sur le continent.

Quels thèmes, pensez-vous, devraient être mis en avant à l’occasion des élections sur le continent africain pour raffermir la démocratie et mobiliser les populations autour des institutions de leurs pays respectifs ?

Dans la continuité de ce que je viens de dire, j’aurais souhaité, je souhaiterais que la question de la construction de l’intégration et de l’unité africaines prenne toute sa place dans les programmes et joutes électorales sur le continent. Il est très important, en effet, de proposer aujourd’hui à la jeunesse africaine de nouvelles frontières. De leur donner des raisons de se battre pour la démocratie, pour des institutions solides qui garantissent les libertés et pour avoir des élus qui soient comptables devant le peuple, mais également de construire cette citoyenneté ouest-africaine et, au-delà, africaine. C’est le meilleur moyen pour permettre au continent de faire face aux vents de la mondialisation. Il est donc très important de proposer un tel horizon à la jeunesse africaine. Par ailleurs, dans la continuité également de ce que j’ai dit auparavant, l’éducation doit également être au cœur des programmes proposés par les candidats aux élections parce que c’est là que se situe évidemment l’avenir.

Avec l’élection à la présidence de la République française d’Emmanuel Macron, l’Afrique a-t-elle des raisons d’espérer des relations différentes avec la France ? Si oui, pourquoi ? Sinon, pourquoi ?

Je donnerai d’abord les raisons d’espérer de tout le monde et pas seulement des Africains. L’élection du président Macron et les premières déclarations qu’il a faites, en particulier sur le climat et la nécessité d’avoir une conscience écologique, c’est là une raison d’espérer pour l’humanité entière. Car, sur ce plan comme sur d’autres, quand une forme de gouvernance internationale s’avère nécessaire, on constate malheureusement un retrait du leadership américain. Or ce vide doit être comblé. Fort heureusement, aux côtés du président Macron, il y a des personnalités comme le Premier ministre canadien Justin Trudeau, la chancelière allemande Angela Merkel, etc. Mais le fait qu’Emmanuel Macron apporte tout le poids de la France sur ces questions qui sont d’intérêt mondial, pour l’humanité et notre planète Terre, est d’une importance fondamentale.

S’agissant des relations entre l’Afrique et la France, il faut considérer ce qu’est le continent africain aujourd’hui et où il en est. Celui-ci suscite désormais des espoirs légitimes ; les germes du changement y sont réels ; nous sommes sortis de ce climat d’afro-pessimisme qui a prévalu durant la décennie 1990 pour constater qu’au fond, avec des taux de croissance spectaculaires qui s’affichent un peu partout, le continent africain est plein de promesses. C’est un continent avec lequel il faut compter et avec lequel le monde doit construire de véritables partenariats qui s’inscrivent en faux par rapport à la vision traditionnelle d’un continent qui serait à la dérive. Heureusement, nous n’en sommes plus là. L’Afrique est à l’heure des partenariats, multiples et diversifiés.

Une fois ce tableau brossé, on peut immédiatement voir ce que l’Afrique est « en droit » d’attendre d’un partenaire traditionnel comme la France. Il est heureux que le président français aujourd’hui soit d’une génération radicalement nouvelle, dont on peut espérer qu’elle n’a plus rien à voir avec cette vision passée qu’on a appelée la « Françafrique ». Dans ce processus de développement de partenariats diversifiés en cours sur le continent africain, il est bon, par conséquent, que la France prenne toute la place à laquelle son histoire et son statut lui permettent de prétendre aux côtés de l’Afrique.

Ghana : la pilule éclaircissante pour femmes enceintes qui ne passe pas !

C’est la nouvelle tendance alarmante au Ghana : prendre certaines pilules pendant la grossesse pour mettre au monde un bébé à la peau claire.

La Food and Drugs Authority (FDA) a mis en garde les femmes du Ghana contre une tendance croissante à prendre des pilules pendant la grossesse pour éclaircir la peau de leurs bébés à naître pendant qu’ils sont encore dans l’utérus.

blanchiment de la peau est une épidémie mondiale. Selon un rapport publié en 2016 par le New York Times , environ 70 % des femmes en Afrique de l’Ouest auraient déjà utilisé des crèmes éclaircissantes.

Dans de nombreux pays d’Afrique, les hommes et, en particulier, les femmes ayant une peau claire sont favorisés par rapport à ceux et à celles qui ont la peau foncée, ce qui engendre de meilleures opportunités professionnelles et un meilleur traitement dans la société. C’est ce que l’on appelle le colorisme, qui est une forme de « racisme » au sein d’une même communauté. Dans ce cas précis, ici, il s’agit de la discrimination des personnes ayant une peau foncée. Face à ce phénomène, la popularité des produits éclaircissants explose.

Après les crèmes, place aux pilules pour femmes enceintes

L’an dernier, le Ghana déclarait la guerre à l’industrie du blanchiment de la peau avec une toute nouvelle législation beaucoup plus stricte. La Food and Drugs Authority (FDA) du Ghana a ainsi décidé d’interdire l’importation de tous les produits éclaircissants contenant de l’hydroquinone (poudre cristalline blanche, inodore, utilisée pour ses propriétés antioxydantes). Toutefois, cette interdiction n’a pas été étendue aux publicités, et les crèmes et les lotions fleurissent toujours sur le marché. Mais c’est une toute nouvelle tendance qui inquiète désormais les autorités ghanéennes : la prise de pilule pendant la grossesse pour éclaircir la peau des nouveau-nés.

La FDA du Ghana a ainsi décidé d’alerter les femmes enceintes des dangers d’utilisation de telles pilules, interdites à la vente. Les autorités ghanéennes ont dès lors décidé de traquer et de poursuivre en justice les entreprises et les individus en possession des comprimés illicites, qui franchissent clandestinement les frontières.

Les dangers du glutathion

Le glutathion est une substance présente dans l’organisme qui permet de protéger les cellules contre l’oxydation et contre les radicaux libres. Il est en somme le maître antioxydant endogène du corps.

Néanmoins, contenu dans ces gélules illégales, il peut causer des malformations congénitales, notamment des membres et des organes internes. De même, le glutathion en comprimés peut provoquer chez certaines personnes des réactions allergiques, qui se caractérisent par un gonflement de la peau ou par des éruptions cutanées sur certaines parties du corps. Par ailleurs, la recherche indique que certains ingrédients de la plupart des produits de blanchiment de la peau, y compris le glutathion, peuvent causer un cancer. Enfin, l’usage d’une telle substance risque de provoquer des perturbations des fonctions cutanées normales en interférant avec la production de mélanine de la peau, et parfois même en affectant les niveaux d’hormones du corps.

Macky Sall : ‘Un nouveau palais présidentiel sera construit à Diamniadio’

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Un nouveau palais présidentiel sera bâti à Diamniadio. L’annonce a été faite par Macky Sall lui-même, à Diamniadio hier lundi.

« Bientôt une annexe du Palais de la République sera construit ici à Diamniadio. N’oublions pas que notre palais est quand même un héritage colonial. Il est très beau, mais nous nous devons, tout de même, de nous laisser de la place pour l’avenir », a annoncé le chef de l’État lors de la cérémonie d’ouverture du Forum économique de Rufisque.

Il a aussi annoncé que la maison des Nations unies qui va accueillir jusqu’à 3000 agents des Nations Unies, sera elle aussi construite au niveau du pôle Urbain de Diamniadio.

 

Serpent de mer ? Le pont sur le fleuve Gambie réalisé à 60%

Les travaux du pont sur le fleuve Gambie sont réalisés à hauteur de 60 à 65%, en attendant « les gros œuvres » qui devraient s’achever « d’ici la fin de l’année » 2018, a indiqué, lundi, à Banjul (Gambie), l’ambassadeur Paul Badji, secrétaire exécutif du secrétariat permanent sénégalo-gambien.

« J’ai été en mission avant-hier (samedi) sur le chantier, les travaux sont réalisés entre 60% à 65%. Nous espérons que d’ici la fin d’année, les gros œuvres seront achevés », a-t-il dit. S’exprimant en marge d’une réunion ministérielle préparatoire à la première session du Conseil présidentiel sénégalo-gambien, M.Badji a assuré qu’après les gros œuvres, il ne restera que les voies secondaires devant permettre d’accéder au pont.

« Les travaux sont très avancés. Tous les piliers ont été plantés. Les travaux sont réalisés entre 60% à 65%. C’est du concret », a insisté le secrétaire exécutif du secrétariat permanant sénégalo-gambien. Le futur pont de plusieurs centaines de mètres, entre les localités gambiennes de Farafegni et Soma, devrait faciliter le transport des personnes et des marchandises entre le nord et le sud du Sénégal, pays à l’intérieur duquel se trouve le territoire gambien.

La Banque africaine de développement (BAD) a financé la construction de ce pont dont les travaux ont été lancés en 2016.

Pendant plus d’une décennie, sous le magistère du président Yaya Jammeh, le gouvernement gambien a souvent fait valoir ses droits de propriété sur le fleuve Gambie pour imposer des taxes jugées surélevées par les transporteurs sénégalais.

Ces derniers ont boycotté le territoire de la Gambie pendant plusieurs mois, en 2016, à cause du décuplement, par les autorités de ce pays, de la taxe à payer pour emprunter le cours d’eau.

Après son élection à la magistrature suprême, il y a un an environ, le président gambien Adama Barrow avait pris l’engagement de soutenir la construction du pont prévu sur le fleuve Gambie pour faciliter le déplacement des populations entre les régions du nord et celles du sud du Sénégal.

Candidature présidentielle ? Igor Diarra , directeur de la BOA, publie ‘C’est possible au Mali’

Ancien ministre et directeur de la Banque of Africa/Sénégal, Mamadou Igor Diarra vient de publier « C’est possible au Mali ». Ce livre, paru aux Editions Cherche Midi, révèle les expériences et le vécu d’une personne homme devenu grand banquier et homme politique. Ici, l’auteur croise quelque part le « passé-présent » de son pays,  le Mali, pour lequel il nourrit un espoir d’une vie meilleure en termes de perspectives.

C’est l’histoire d’un pays avec ses tumultes et possibilités mais aussi et surtout le récit des actions que l’auteur a entreprises en tant que banquier d’abord, ensuite homme politique grâce à ses états de services bancaires qui l’ont conduit à occuper les postes de ministre de l’Energie, des Mines et de l’Eau (de 2008 à 2011) et celui de l’Economie et des Finances (2015 à 2016) sous les présidents Amadou Toumany Touré et Ibrahima Boubacar Keïta.

Né en Ukraine d’une maman ukrainienne et d’un père malien, Mamadou Igor Diarra rejoint la première fois «son Mali» en 1974 alors qu’il n’avait pas encore neuf ans et y passe des moments «mémorables et palpitants» qu’il évoque dans son œuvre. L’auteur de « C’est possible au Mali », paru aux Editions Cherche Midi, remonte ses années d’enfance, d’apprentissages, jusqu’à  son engagement et ses actions sur le plan politique, en passant par ses expériences heureuses et douloureuses, ses « exploits » financiers et politiques pour le compte de son pays. Avec comme crédo « savoir dire non ; pouvoir dire oui », Mamadou Igor Diarra, qui se réjouit des compétences « essentiellement techniques » reçues de son parcours politique, retrace, dans cette œuvre, non seulement son vécu mais aussi sa vision pour un Mali « où il ne sera plus question de survie mais de vie ». Il invite à une prise de conscience, au rassemblement et à l’action des fils du pays.

Des hommes et des femmes rigoureux

Et son rêve, dans ce sens, c’est la construction du pays dans l’unité, au regard du contexte dans lequel il se trouve. Mais surtout, « il est vital d’agir, de réagir. Cette conviction porte mes mots et je voudrais ancrer en chacun l’espoir possible d’un Mali où il fera bon vivre », rappelle ainsi l’auteur dans son avant-propos. Se livrant aux lecteurs, Mamadou Igor Diarra prend sur lui le courage de mettre à nue sa vie et celle de ses proches « par amour pour le Mali et pour sa jeunesse », précise-t-il. Au fil des pages, l’auteur ne manque pas de pointer du doigt des aspects liés à l’extrémisme religieux « qui fait tant de mal à l’unité » de son pays, aux nominations de complaisance, à la mauvaise gouvernance, à l’abus de pouvoir, à la corruption, au népotisme et à certains blocages que vit « son Mali ». Mais, il témoigne tout de même, et avec conviction, que parmi ceux-là qui servent l’Etat, certains donnent le meilleur d’eux-mêmes, agissent sans relâche, avec éthique et engagement. « Des gens honnêtes, sérieux et compétents œuvrent à tous les échelons de l’action publique et dans le secteur privé. J’en témoigne pour avoir servi l’Etat à leurs côtés », confie l’auteur. Dans son ouvrage, l’écrivain promène ses lecteurs à travers ses réalisations au service de son pays et rappelle, à bien des occasions, son aller-retour presqu’incessant entre le privé et le public « qui l’absorbe souvent » et auquel il répond par « devoir patriotique ». Et ces réalisations, c’est l’histoire « d’une partie des fameux milliards devenus routes, centres de santé, stations de production d’eau, centrales électriques et ceux engloutis dans une machine administrative grippée, parfois même subtilisés par la corruption », témoigne-il.

Diarra décrit ainsi « de l’intérieur, et sans langue de bois, la façon dont tout cela s’est passé » pour lui. Significativement, « ce récit n’est que celui de ma propre expérience, et il en a les limites. Car en gérant, j’ai dû aussi forcément me tromper parfois. Mais, j’ai l’espoir qu’en les mettant à disposition de tous, je contribuerai à une tâche de partage dont le Mali ne devrait pas faire l’économie pour retrouver, dans la paix, un développement harmonieux », explique-t-il. Et Mamadou Igor Diarra, aujourd’hui directeur de la Banque of Africa/Sénégal et banquier ayant atterri au sommet de la hiérarchie de nombreuses grandes banques ouest-africaines, est d’avis qu’il est urgent, en ce début du XXIème, de mobiliser les énergies et les intelligences, de promouvoir des hommes et des femmes rigoureux à la tête d’un Etat, tout en priorisant l’histoire et la jeunesse du pays. Mais autant, « de réparer ensemble, et chacun à sa place, le tissu de notre société. Notre Mali ne se redressera que si des citoyens engagés, des entreprises dynamiques, des professionnels inventifs et des administrations dévouées et honnêtes allient leurs forces. Alors, et seulement alors, tout sera bien possible », prévient-il de façon concise.