Tribune : ‘De la République ou de quoi le Sénégal est-il le nom ?’ (Latyr Diouf, Convergence des cadres républicains, APR) – 1ère partie

Le titre de cette contribution peut laisser supposer une visée pamphlétaire induite par une formulation galvaudée. Ce n’est pas le cas. Le sujet s’accommode peu, dans l’intégrité de son idéal, de goguenardise filée, à moins d’avoir le talent d’un Régis Debray (la référence vaut révérence), dans l’épilogue de sa République (française) expliquée à sa fille. Il y confesse presque le regret de n’avoir pas axé son petit texte sur les nombreux défis de l’exigence républicaine. Le contenu de cet article, non plus, ne sera ni exhaustif, ni très original, ni même toujours cohérent, tant il y aura des silences sur des topoï essentiels. Sa justification serait à chercher dans les vertus pédagogiques prêtées à la répétition et dans la non-réalisation effective, partout, de la République. Sa vocation est, donc, de réinvestir une problématique aussi précieuse que précaire, de rappeler, sans démagogie, certaines de ses vertus et de les mettre en perspective avec notre modèle national.

Aux souches d’un idéal

Avant de convoquer des repères plus anciens, rappelons-nous de cette frugale et très jolie définition, que tout élève sénégalais a dû réciter en classe d’instruction civique : La République c’est le Gouvernement du Peuple par le Peuple et pour le Peuple. Cette formule, si elle était traduite, expliquée et appliquée, devrait imprégner tout le corps social et ne pas seulement garantir des bonnes notes dans une matière, hélas, négligée. Avant d’y revenir, risquons quelques courts jalons préférentiels.

Le terme République était employé, dans l’Antiquité, pour toute organisation humaine régie par des lois. Les Grecs Platon, Aristote et, un peu plus tard, le Romain Cicéron ont été des auteurs de traités sur la République. Ces écrits politiques concernaient différentes formes de gouvernement. Aux Grecs, est communément associée la Démocratie, étymologiquement, « pouvoir du peuple » tandis que la locution latine « Res publica », à la source du mot République, signifie « chose publique ».

A la Renaissance, Machiavel construisait son Prince autour de la distinction entre République et Monarchie (définition simple et précise de la République) et y édictait des stratégies géniales basées sur la corruption, la manipulation et la violence politique aux fins de conquérir le pouvoir et de s’y maintenir. Ce deuxième aspect a transcendé son époque pour assurer la réputation et le succès de son œuvre qui, manifestement, inspire, encore aujourd’hui, beaucoup d’hommes politiques.

Au même moment, pour le plaisir de le mentionner, Erasme « donnait corps » à une République des Lettres, communauté d’idée ou d’esprit dont on peut trouver de nombreux avatars dans les Histoires littéraires.

Puis, une œuvre monumentale dans tous les sens du terme (nombre de pages, profondeur) : le Léviathan 1651 de Thomas Hobbes. Le Léviathan représente la République ou l’Etat. Hobbes part d’un postulat antique : l’homme est un loup pour l’homme, dans l’état de nature. Comme dans une jungle, les plus forts et les plus intelligents anéantissent les plus fragiles. On s’organise pour survivre. Dès lors, il faudrait des règles où chacun accepte de renoncer à son pouvoir individuel de nuire à l’autre, contre la garantie d’avoir de la sécurité. La proposition de Hobbes consiste à surseoir à son agressivité supposée naturelle, à la condition d’être protégé en cas d’agression, et ne pas recourir à la légitime défense. (Équivalence traditionnelle du mbam soula wekhé, nga fayou, yena yem ?). Pour cela, il faut constituer des corps qui seront investis du pouvoir de nuire au nom de loi, des dépositaires de la puissance public (Etat, hommes de tenue, police, armée, magistrats…), des gens à qui on confère le monopole de la violence légitime, selon les termes, plus tard, de Max Weber. Mais là encore, des failles évidentes ont ponctuées l’Histoire. On peut toujours s’estimer lésé ou se sentir peu considéré et peu protégé, et vouloir, par conséquent, recouvrir son droit de se défendre. Sans évoquer l’exploitation totalitaire qui a pu être faite de la pensée de Hobbes…

Montesquieu, en 1748, dans De l’esprit des lois, accentue le contexte (géographie, notamment) dans la définition des lois et théorise la séparation des pouvoirs pour éviter que le vainqueur, le chef désigné (le Président de la République) devienne omnipotent. « Seul le pouvoir peut arrêter le pouvoir » écrira Régis Debray distinguant, pour sa fille l’exécutif, le législatif et le judiciaire. La proposition subtile et plutôt équilibrée de Montesquieu ne trouvera pas ici l’analyse détaillée qu’elle mérite mais le constat de son application dans la majorité des Républiques d’aujourd’hui est assez éloquent.

Une autre grande célébrité du 18ème siècle postulera que « tout gouvernement légitime est républicain ». Tout en s’inspirant de Hobbes, Rousseau, dans Du contrat social ou Principes du droit politique 1762, pose, à l’inverse, l’hypothèse de la bonté naturelle de l’Homme. Il imagine un contexte originel de bienveillance et d’abondance naturelles généralisées où tout est à portée de main pour satisfaire les besoins vitaux. Mais, devant les raréfactions et les pénuries consécutives aux guerres, au climat et aux catastrophes naturelles, l’Homme a dû, pour sa survie, adopter de nouveaux modes de vie (sédentarisation, domestication, agriculture, élevage, clôtures…). Cette « naissance de la propriété » sera incarnée, dans le Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes 1755, par celui que Rousseau dénonce comme « le vrai fondateur de la société civile, le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire. ». En considérant que sans contrat, il ne saurait y avoir de loi, de droit, de bien, de mal, de juste ou d’injuste, qu’en l’absence de loi ou de normes préétablies, point de contrevenant, la réponse du contrat social est, ainsi, apportée à la question centrale de la politique, celle de la République : comment gérer la cité, concevoir et administrer ce qui est à tous ? La proposition, encore très réduite, qui va suivre fera abstraction des détails sur les différents régimes possibles (régime renvoyant aux institutions, procédures, et pratiques qui caractérisent un mode d’organisation et d’exercice du pouvoir).

Exemple d’application

La solution de la volonté générale consistant à construire une chose publique par le suffrage universel est, aujourd’hui, la plus appliquée. Mais, chacun peut avoir une perception singulière de l’intérêt général. Le vote, devant le refléter, obéit, souvent, à des intérêts subjectifs ou à des manifestations d’affinités diverses. Dans l’isoloir, on exprime son autodétermination et on obtient, avec une addition d’infinies motivations, une majorité numérique supposée traduire la volonté générale. Dès lors que cette majorité, même relative, est identifiable à la totalité, que devient la minorité, étant entendu que la souveraineté est sensée être celle du peuple ? Sans compter le déclin des adhésions à des partis politiques devenus pléthoriques et opaques et les records d’abstention qui ponctuent les scrutins.

Le premier devoir d’un président républicain serait de réconcilier toute la nation au lendemain de son élection. En principe, tous les chefs d’Etat s’y attèlent mais la tâche est vite compromise par la recomposition des oppositions partisanes. A peine le serment prononcé d’assumer les « graves devoirs de sa charge » pour songer à Senghor, un président doit gérer un nombre considérable d’antagonismes qui sont rarement des affrontements réels d’opinions. Il s’agit bien souvent de démarches clientélaires, lobbyistes, communautaires dont l’unique horizon est le partage du pouvoir. Et, si elles se révèlent inopérantes, elles passent par le chantage, le sabotage et le dénigrement avant une spectaculaire allégeance au régime (cas fréquents sous nos tropiques). Bien entendu, ce tableau ne saurait, heureusement, s’appliquer à tous, mais il explique assez justement, à mon avis, l’impression de campagne électorale permanente que peuvent avoir beaucoup de citoyens.

Citoyen, un autre mot clé qu’on ne définira que négativement en vous lisant cet extrait de la République expliquée… de Debray : « Le mauvais citoyen n’est pas l’autre, il est en nous. C’est le petit malin qui cherche partout le piston, la resquille, la combine, la tangente, la petite faveur. Pour lui-même, ou pour ses enfants, ou pour ses copains. Ce sont les sujets qui sollicitaient les faveurs du roi ou de ses ministres ; le citoyen accepte la règle commune. ». Le choix de cette citation appelle à une vigilance constante quant à la signification du mot citoyen. Car, au Sénégal, on clame trop rapidement, sa bonne citoyenneté par une déclaration d’un apolitisme qui voudrait se démarquer, par le mépris, de l’engagement politique, sans jamais faire mieux que les présumés dégénérés parce que militants. C’est souvent le fait de gens trop prudents pour supporter les agressions et les pénibles compromis du monde politique et de quelques fiertés curriculaires qui « prennent leurs diplômes pour des titres de noblesse et qui s’endorment dessus » (encore du Debray), ignorant que leur prétention à servir l’Etat, par le mérite et dans la légitimité, nécessite un renforcement régulier de leurs capacités. Là encore, on va très haut dans l’élitisme républicain en oubliant ceux qui visent les sommets de l’administration publique sans avoir jamais validé un titre universitaire sérieux. Assez de dissipation, revenons à la République du Sénégal.

Latyr DIOUF

Vice-Coordonnateur de la Convergence des Cadres Républicains

Les Tunisiennes ont marché pour avoir le droit à la même part d’héritage que les hommes

Par Frida Dahmani

C’est une première dans le monde arabe. Une marche réclamant l’égalité dans l’héritage s’est tenue à Tunis samedi.

À l’appel de la Coalition pour l’égalité dans l’héritage, un collectif de plus de 80 associations, près de 1 500 Tunisiennes et Tunisiens ont participé, samedi 10 mars à Tunis, à une marche en direction de l’Assemblée pour réclamer l’égalité dans l’héritage. « Moitié, moitié ; c’est la pleine citoyenneté », « L’égalité est un droit, pas une faveur », « Pour garantir nos droits, il faut changer la loi », clamait une foule composée de femmes de tous âges et de tous bords et d’hommes venus soutenir leur cause.

« Dans 50 ans, les Tunisiens en seront fiers », lance Monia, venue de Kairouan (Centre). Mais une passante refuse la levée de la discrimination de genre dans l’héritage. « Je travaille alors que mes frères sont au chômage ; il est normal que l’héritage leur revienne », se justifie-t-elle.

Règles prévues par le Coran et la charia

Quelles que soient les divergences dans l’opinion, la marche marque le début d’une longue bataille. En cause, la question successorale qui est au cœur d’une initiative lancée par le président de la République, Béji Caïd Essebsi, lequel entend mettre en conformité les lois avec la Constitution qui affirme l’égalité entre citoyens et citoyennes.

« L’égalité dans l’héritage est une question essentielle dans l’histoire de la Tunisie, car, compte tenu de la participation active des femmes dans tous les domaines de la vie sociale et économique du pays, compte tenu aussi des progrès obtenus et des acquis réalisés dans le domaine de l’égalité entre les hommes et les femmes mais surtout depuis la Constitution de 2014, l’égalité est devenue une exigence que l’on ne peut plus différer », affirme Mokhtar Trifi, vice-président de l’organisation mondiale contre la torture (OMCT).

De fait, les règles actuellement appliquées à l’héritage demeurent celles prévues par le Coran et la charia : « Au fils, une part équivalente à celle de deux filles » (sourate 4:verset 11).

« Dernier bastion du patriarcat »

« Dernier bastion du patriarcat » selon la juriste et militante des droits des femmes, Sana Ben Achour, la question de l’héritage divise les Tunisiens qui, selon une étude pour l’Institut républicain international (IRI) publiée en janvier 2018, sont à 73% défavorables à cette réforme, avec seulement 40% de Tunisiennes qui la plébiscitent.

Certains invoquent des raisons religieuses – le Coran serait suffisamment explicite en la matière pour ne laisser place à aucune interprétation -, d’autres comme le prédicateur salafiste Béchir Ben Hassen, fustigent « les modernistes qui vont nous détruire… ».

Mais beaucoup, sous couvert de religion, font leurs propres calculs : « je ne souhaite pas offrir mes biens à mon gendre » assène un ancien chef d’entreprise. Dans tous les cas, se désengager du texte coranique n’est pas une partie gagnée d’avance. Le débat sera rendu public avec la publication des recommandations de la commission des libertés individuelles et égalités, chargée d’un état des lieux par le chef de l’État.

Stratégies de parade

En attendant les familles tunisiennes ont trouvé la parade en effectuant des donations avant le décès, mais dans la plupart des cas l’héritage est source de drames familiaux et revient dans bien des cas, ni plus ni moins, à une spoliation des filles. Notamment en milieu rural où les femmes travaillent bien souvent une terre qui devrait être la leur mais dont elles sont dépossédées par des frères, des fils ou des cousins.

Ce que prévoit l’islam en matière successorale

Le Coran prévoit que l’on peut hériter de la moitié, du quart, de la moitié du quart, du tiers, de la moitié du tiers et des deux tiers :

  • Héritent de la moitié :

– Le mari en l’absence de descendants ;

– La fille unique ;

– La fille unique du fils en l’absence de fille ;

– La sœur germaine en l’absence de père, de frère, de fils et de petit-fils ;

– La sœur consanguine en l’absence de père, de frère, de fils et de petit-fils.

  • Héritent du 1/4 :

– Le mari en présence de descendants (fils, fille, petits-fils ou petite-fille issu du fils) ;

– L’épouse en l’absence de descendants.

  • Hérite du 1/8 :

– L’épouse (ou les co-épouses) en présence d’enfants ou d’enfants du fils.

  • Héritent du 1/3 :

– La mère, si le défunt ne laisse pas d’enfants, pas de petits-enfants du fils mort, et pas d’ensemble de deux frères et sœurs ou plus.

– Un ensemble d’enfants de la mère (deux ou plus).

  • Héritent du 1/6 :

– Le père en présence de descendance ;

– Le grand-père en l’absence de père et en présence de descendance ;

– La mère en présence de descendance ou d’un ensemble de deux frères et sœurs ou plus ;

– La fille du fils (ou plus) en présence d’une seule fille ;

– La sœur consanguine (ou plus) en présence de la sœur unique germaine ;

– La grand-mère ;

– L’enfant unique de la mère.

  • Héritent des 2/3 :

– Deux filles ou plus ;

– Deux filles du fils, ou plus ;

– Deux sœurs germaines ou plus ;

– Deux sœurs consanguines ou plus.

Avec Jeune Afrique

George Weah : ‘Je ne veux pas être un président qui part vivre en exil après son mandat’

Le nouveau président du Liberia doit faire face à de nombreux défis : changer l’image du pays, marquée par la guerre civile des années 1990 et la crise sanitaire et humanitaire d’Ebola, redresser l’économie et « aider les populations ». Mais avant tout, il lui faut répondre à l’urgence budgétaire : il faut 61 millions d’euros dans les trois mois. Rencontre.

«Je suis très fatigué.» Ce 22 février à l’hôtel Peninsula, à Paris, George Weah fait d’emblée savoir que l’entretien sera court. Arrivé en France deux jours plus tôt pour sa première visite officielle hors du continent, il a enchaîné les rendez-vous sans répit. À chaque fois, il a plaidé pour un renforcement des liens entre l’Hexagone et le Liberia et mis en valeur les atouts économiques de son pays.

Comme pour rappeler que ce dernier ne se résume pas à la guerre civile qui l’a ravagé dans les années 1990 ou à l’épidémie d’Ebola qui l’a ébranlé entre 2014 et 2015. Devant les étudiants du Conservatoire national des arts et métiers, face aux patrons français du Medef, ou encore lors du déjeuner de travail qu’il a eu à l’Élysée avec Emmanuel Macron, l’ex-­footballeur devenu président a en substance tenu ce même discours.

Urgence budgétaire

Le président a besoin de quelque 75 millions de dollars (61 millions d’euros) pour les trois prochains mois

Mais le nouvel homme fort de Monrovia doit d’abord faire face à ce qu’il nomme lui-même une « urgence budgétaire » : payer les salaires des fonctionnaires. Ses équipes ont entamé des discussions avec le FMI et la Banque mondiale. En France, elles ont obtenu un don de 10 millions d’euros après que le Liberia a été inscrit sur la liste des bénéficiaires prioritaires de l’aide de l’Agence française de développement (AFD). Mais on est encore bien loin du compte.

D’après son entourage, le président a besoin de quelque 75 millions de dollars (61 millions d’euros) pour les trois prochains mois. Un chiffre que Weah ne confirme ni ne dément. Peut-être son gouvernement pléthorique – 83 membres – n’a-t‑il pas aidé à résoudre ce problème. Mais le président tient à rappeler les mesures sociales prises depuis son investiture pour « aider les populations » : « Nous avons fait baisser les prix des biens de première nécessité et réduit les impôts. »

Économie affaiblie par une « mauvaise gestion »

Quand on n’a ni la stabilité sociale ni la stabilité politique, on ne peut pas travailler au développement économique

En cet après-midi hivernal, Mister George, entouré d’amis – parmi lesquels Georges Wega, le patron de la filiale sénégalaise de la Société générale – et de ses plus proches collaborateurs, se dit conscient de l’immensité de la tâche.

L’ancien sénateur du comté de Montserrado (Monrovia), qui avait déjà tenté de conquérir la présidence en 2005 et la vice-présidence en 2011, affirme avoir hérité d’un pays « économiquement très affaibli », plombé par une « mauvaise gestion » – fragilité aggravée par l’incertitude qui a régné pendant la présidentielle.

« Quand les gens n’étaient pas sûrs qu’il y aurait un deuxième tour, ils sont allés déposer leur argent dans les banques des pays voisins. » Dans certains bureaux des administrations, « tout a été volé », poursuit celui qui assure avoir commandé un audit des comptes publics pour avoir une idée précise de la situation du pays. Il promet d’être « très exigeant » dans la lutte contre la corruption, dont il fait sa priorité.

Pour autant, George Weah se refuse à blâmer son prédécesseur, Ellen Johnson-Sirleaf, à qui l’on reproche de ne pas avoir suffisamment agi dans le domaine. Au Prix Nobel de la paix 2011, qui a aussi reçu le prix Mo Ibrahim 2017 à la mi-février, il reconnaît le mérite d’avoir œuvré pour le retour de la paix.

« Quand on n’a ni la stabilité sociale ni la stabilité politique, on ne peut pas travailler au développement économique », rappelle-t‑il. Cela justifie-t‑il des compromis, voire des alliances avec d’anciens chefs de guerre tels que Prince Johnson, aujourd’hui sénateur ? Sur ce point, Weah dégage en touche, refusant de se substituer à la justice.

L’appui des « pays amis »

Pour redresser l’économie libérienne, George Weah affirme avoir un plan qu’il ne pourra toutefois pas mettre en œuvre avant d’avoir réglé les problèmes budgétaires immédiats. Là encore, le leader de la Coalition pour le changement démocratique compte s’appuyer sur les « pays amis ». « Chaque fois que cela sera possible, nous irons chercher des ressources à l’extérieur pour construire les infrastructures dont le pays a besoin : routes, hôpitaux ou écoles. »

Il veut aussi inciter les investisseurs et la diaspora à revenir s’installer dans le pays. Pour cela, il compte réviser la Constitution, qui interdit la double nationalité. « Je l’ai proposé dans mon discours d’investiture : il faut permettre aux étrangers d’obtenir la nationalité libérienne. C’est comme cela que nous donnerons envie aux gens de travailler pour le développement de notre pays. Aujourd’hui, beaucoup de nos compatriotes partis pendant la guerre ne peuvent rentrer en tant que Libériens sous prétexte qu’ils ont entre-temps obtenu un passeport étranger. Ce n’est pas normal ! »

Le grand producteur de caoutchouc que nous sommes ne dispose pas d’une seule usine pour transformer localement cette matière première

Dans un discours au ton encore proche de celui d’une campagne électorale, le nouveau leader promet de faire en sorte que le Liberia profite mieux de ses propres ressources. Il annonce ainsi que son gouvernement va discuter avec les acteurs de la filière hévéa, dont le pays fut autrefois l’un des plus grands producteurs du continent.

L’objectif ? Évaluer dans quelle mesure ils pourraient contribuer davantage à l’essor économique national, et déterminer comment les y aider.

« Nous devons commencer à remonter dans la chaîne de valeur dans les principaux secteurs de notre économie, déclare-t‑il. Le grand producteur de caoutchouc que nous sommes ne dispose pas d’une seule usine pour transformer localement cette matière première utilisée dans la production des pneus. C’est absurde ! Que ce soit dans l’exploitation de bois ou de minerais de fer, nous devons parvenir à conclure des partenariats gagnant-gagnant pour les investisseurs et pour les Libériens. »

Avant de conclure : « Je veux vivre au Liberia longtemps, je ne veux pas être un président qui part vivre en exil après son mandat. C’est pour cela que je m’appliquerai à bien faire mon travail. »

Comment faire oublier les crampons

Est-il plus connu en tant que gloire du Paris Saint-Germain des années 1990 ou comme président du Liberia ? À Paris, à la fin de février, George Weah et sa délégation ont pu se rendre compte que son image de footballeur lui collait encore à la peau. La conférence de presse conjointe avec Emmanuel Macron, à l’Élysée, a ainsi été axée sur la coopération sportive – un sujet cher au chef de l’État français.

Avec Jeune Afrique

Retour vers le futur : Faites de la femme en 2018 ?

Par Thomas AYISSI ٭‎On ne naît pas femme, on le devient disait Simone de Beauvoir.Sous certaines latitudes, on ne naît pas homme non plus, on le devient !A tort ou à raison, nous estimons que cette fête du 8 mars pose des questions qui vont au-delà de la femme.Brin (de) storm in:1/C’est quoi être une femme en 2018?2/Quels sont les combats actuels des femmes?3/Comment contribuer à l’aboutissement de ces combats?Commençons par la première interrogation.Répondons sans réfléchir en conservant la douillette sécurité de pouvoir dire en cas de plantage monumental « normal que je n’aie rien compris! Je suis un homme… du moins … je me plais à le croire! »Notre doute fait apparaître un aspect qu’il est intéressant de considérer pour répondre à la question :   1/C’est quoi être une femme en 2018?Ce doute peut être formulé en une question : en 2018, les rôles sociaux se superposent-ils à l’anatomie des gonades? (honni soit qui pense à la forme et à la taille !!!)Manifestement non! Les femmes sont… pardon ! Peuvent… oups ! Pourraient aujourd’hui occuper toutes les fonctions et exercer tous les métiers si seulement elles avaient l’appui des hommes et … celui des femmes!Si tout est possible alors  2/Quels sont les combats contemporains des femmes?
  • L’égalité salariale? Absolument!
  • Une présence plus importante dans les gouvernements les parlements et les rectorats ? Certainement !
 Mais ces questions ne peuvent occulter une plus profonde, celle qui, de notre point de vue est le véritable obstacle majeur à l’acquisition des droits : c’est l’acception du « glissement » des rôles sociaux.Autrement dit, que chacun d’entre nous (Si ! Si ! En commençant par celui qui écrit ces lignes!) parvienne à accepter quelques vérités élémentaires fort dérangeantes:
  • Non, les femmes ne naissent pas en sachant faire la cuisine, elles apprennent parce qu’elles sont souvent mises aux fourneaux dès leur plus jeune âge.
  • Oui, être femme ne signifie pas avoir une «obligation de faire des enfants »! Si l’on paraphrase la chanson qui dit « les hommes sont des femmes comme les autres » alors acceptons AUSSI que les femmes soient … des hommes comme les autres : pouvant décider de faire des enfants ou pas. Elles doivent aussi pouvoir décider de mettre une tenue ample ou sexy sans être accusées de déclencher des incendies ou plus prosaïquement de « provoquer!»
En fait, le paragraphe précédent a déjà entamé la réponse à la question  3/Comment contribuer à l’aboutissement des combats féminins ayant cours en 2018?Tout simplement en commençant à dire des femmes qu’elles sont des hommes comme les autres!Oui, plusieurs sont tendres et aimantes, mais certaines sont revanchardes et brutales !A la question : quel cadeau offrir à celles qui fêtent et à celles qui disent s’en foutre?Nous répondons clairement : offrez le droit d’être plurielles (comme les hommes), parfois folles (comme les hommes), aussi bien payées (que les hommes), parfois casse-cou et casse-couilles (comme les hommes)!Et si pour ce 8 mars 2018 les hommes et les femmes avaient offert aux individus de sexe féminin juste le droit d’être humaines dans toute la diversité et la complexité du terme ? La société s’en porterait-elle plus mâle ? Certainement pas !           Journaliste, Communicant, Dakar٭Copyright : Tract Quotidien 2018 – www.tract.sn

Sa Thiès se vautre devant Boy Niang, entraînant Selbé Ndom dans sa chute

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https://www.youtube.com/watch?v=72SFGqO0R0M

Sa Thiès a été magistralement défait ce dimanche en une minute par Boy Niang. Il entraîne dans sa chute la prétendue voyante Selbé Ndom, qui a faussement prédit la défaite de Boy Niang.

La Coupe du Monde, unique trêve du front politique pour Macky

Par Ousseynou Nar Gueye, directeur de la publication et de la rédaction de tract.sn ‘‘Footez’’-nous la paix ? Vivement le 19 juin, début de la Coupe du Monde de football en Russie, pour qu’on puisse parler d’autre chose dans ce pays, que du conflit désormais ouvert entre la minorité présidentielle Benno Bokk Yaakar (49% aux législatives) et l’opposition à géométrie variable qui postule à sortir le sortant Macky Sall.Hier dimanche, Son Excédence a donc brandi le trophée or massif de la Coupe du Monde de football, reçu des mains de l’ancien international français Christian Karembeu, devant les grilles du palais de l’avenue Léopold Sédar Senghor.Quart, kaar…de finale ? C’est, en tout cas, tout le mal que les thuriféraires et souteneurs de Macky Sall peuvent lui souhaiter, sa réélection éventuelle étant aussi grandement accrochée aux crampons des Lions de  l’atterrant gars, coach Aliou Cissé.D’ici cette hypothétique et hypothéqué quart de final des Lions, le front politique et social continuera d’être en surchauffe. Les syndicats, notamment ceux de l’enseignement, ne cesseront pas leurs grèves perlées  actuelles et leur appel à la grève générale, devant un pouvoir singulièrement en mal de paix sociale s’il veut récolter le maximum des voix à la présidentielle du 24 février 2019. Grèves qui ne manqueront pas d’avoir pour conséquences une année presque boiteuse, en termes de respect du quantum horaire scolaire pour nos petites têtes crépues, durant ce qui reste de cette année scolaire 2017-1018. Avec le risque d’une année (presque) blanche, pour ce qui est de l’année scolaires qui débutera en septembre prochain.L’opposition n’a non plus aucune intention de lâcher du lest avant que le ballon rond ne consigne les Sénégalais devant leurs téléviseurs à partir du 19 juin. Encore trois mois à tenir donc pour le gouvernement de Boune Abdallah et son inspirateur présidentiel, Macky Sall, avant d’espérer souffler durant les vacances d’hivernage.La frange dite radicale de cette opposition, conduite par le PDS du candidat catarrheux et encore putatif Karim Meissa Wade, tiendra  justement le congrès d’investiture de son champion à la présidentielle en juin prochain. Comme un baroud d’honneur. Avant d’aller se reposer jusqu’à la rentrée de septembre.Ils ont bravé l’interdit de marche par le préfet de leur manifestation u 9 mars dernier.  Ils récidiveront sans nul doute. La condamnation annoncée de l’édile présumé prévaricateur de deniers publics Khalifa Sall, sanction attendue pour le 30 mars, sera le prétexte tout trouvé pour le PDS and co pour mobiliser les foules et assaillir la rue publique.Khalifa Sall, pour le cas duquel le procureur de la République a requis sept ans de prison ferme, n’a aucune chance de ressortir libre le 30 mars, et prendre part à  la manifestation de l’opposition  annoncée pour le 31 mars. Le précédent de Modibo Diop, DG de l’ASER condamné sous le régime Wade à 5 ans de prison, renseigne à satiété de ce point de vue. Le Sall de la mairie sera donc condamné à quelques années d’incarcération, le temps de le rendre non-partant pour la présidentielle. Avant que l’éventuel Président Macky II ne l’adoube de sa grâce présidentielle.A prise d’otage, prise d’otage et demie ? L’opposition sénégalaise ne ratera pas l’occasion de la condamnation inéluctable de Khalifa Sall ce 30 mars, pour crier à l’arbitraire, à la justice aux ordres  et au recul démocratique. Et elle ne se privera pas de le clamer à forces marches et sit-in. Jusqu’au 19 juin.Vive la République, vive le foot.Copyright : Tract Quotidien 2018 – www.tract.sn 

Issa Koor revient de la Journée de la Femme

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Le porteur de pancarte Issa Koor n’est pas une femmelette. Ses droits de l’homme? le ventre et le bas-ventre.

Viviane Chidid hier au Zénith dans le drapeau tricolore étoilé

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https://www.youtube.com/watch?v=BNWkneqEw10

Macky Sall a réceptionné le trophée de la Coupe du Monde ce dimanche au Palais

Macky Sall a réceptionné ce dimanche le trophée de la Coupe du Monde de football, devant les grilles du palais à 14h, des mains de l’ex international français Christian Karembeu. Le trophée sera ensuite présenté au public au Grand Théâtre ce lundi 12 mars.

‘Je lance un appel aux religieux. Que les musulmans fassent des prières. Salatoul Fatiha, Salatoul Ala Nabi, toutes sortes de prières qui puissent nous ramener la coupe. Que les catholiques aussi fassent ‘‘Notre Père’’ et toute autre prière dans les églises et partout. Ceux qui, aussi, font d’autres choses (sourires), qu’ils fassent ce qu’ils savent faire pour que la coupe revienne», a invité le chef de l’État.

Le trophée (sans son socle) mesure 36,8 cm et pèse 6,175 kg. Il est composé d’or pur à 75 % (18 carats) avec une base de 13 cm de diamètre contenant deux morceaux de malachite. Le trophée laisse apparaître deux sportifs transcendés par la victoire soulevant la Terre. Le trophée actuel a été pour la première fois présenté lors de la Coupe du monde de football de 1974, au capitaine ouest-allemand Franz Beckenbauer.

Le trophée porte l’inscription « FIFA World Cup » gravée à sa base. Le nom des vainqueurs sont gravés sur la base opposée du trophée. Le texte indique l’année et le nom de chaque nation championne du monde en anglais. En 2010, dix vainqueurs ont donc été gravés sur le trophée. L’année où la FIFA retirera le trophée après que la base sera saturée par le nom des vainqueurs n’est pas connue ; néanmoins ce cas de figure ne se présentera pas avant la Coupe du monde 2038 au plus tôt. Le règlement de la FIFA détermine que le trophée de la Coupe du monde, contrairement à son prédécesseur, ne peut être remis définitivement au vainqueur : les champions reçoivent une réplique plaqué or.

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