Ldr / Yessal : Macky présente ses condoléances à Fada, un responsable menace de le quitter

Ce samedi, Macky sall s’est rendu au domicile dakarois de Modou Diagne Fada pour présenter les condoléances de la Nation suite au rappel à Dieu du père de l’ex-ministre de la Santé. Cette visite risque de créer le désordre dans les rangs de Ldr /Yesssal. : membre-fondateur dudit parti, Cheikh Traoré menace : « Si Fada rejoint Macky, je le quitte sans réfléchir ». Précisant sa pensée, ce responsable qui milite à Guédiawaye ajoute : « Nous étions unis par un contrat de conviction, de confiance, de respect et de responsabilité dans l’objectif de dénoncer les dérives et manquements du régime. Je ne suis et je ne serai jamais la marionnette de qui que ce soit ».

« S’il s’agissait simplement de rejoindre le parti au pouvoir, je n’aurais pas besoin de passer par Ldr/Yeesal. Je connais bien le chemin. Je ne comploterai jamais derrière le peuple », éclaire ce membre du comité directeur de Yessal, chargé de l’intégration africaine et du Panafricanisme et responsable veille Internet de la commission communication du parti.

Tribune: Pour un franc CFA rénové et débarrassé de ses oripeaux coloniaux

Facinet Sylla est économiste à la BAD, ancien directeur des études, de la statistique et des relations internationales de la Banque centrale de la République de Guinée, Ancien chef de division à l’Institut monétaire de l’Afrique de l’Ouest ?

Jamais le débat sur le franc CFA, cette monnaie commune à huit pays d’Afrique de l’Ouest (UEMOA) et à six pays d’Afrique centrale (Cemac), n’aura atteint un tel niveau. Ses partisans font l’éloge de la stabilité macroéconomique qu’il sous-tend, tandis que ses détracteurs y voient un moyen d’asservissement de l’ex-puissance coloniale.

Sans verser dans une polémique passionnelle, et parfois stérile, nous plaidons pour un franc CFA débarrassé de ses poids symboliques, à commencer par la dénomination « Franc de la communauté financière en Afrique » ou « de la coopération financière en Afrique centrale », qui rappelle encore son ancienne appellation de « Franc des colonies françaises d’Afrique ».

Le fait que des officiels français siègent au sein des organes de gouvernance de la monnaie commune (conseil d’administration, comité de politiques monétaires) n’est-il pas anachronique ? L’argument selon lequel leur présence est un garant pour le bon fonctionnement du système de convertibilité de la monnaie commune ne tient pas. Il existe des arrangements monétaires sans que cela ne débouche sur une représentation dans les instances décisionnelles du pays qui arrime sa monnaie.

Stabilité

S’il est vrai que la monnaie est un instrument de souveraineté, force est de constater qu’en Afrique, les pays qui frappent leur monnaie nationale ont montré leurs limites. De l’Angola aux géants Nigeria et l’Afrique du Sud, en passant par l’Égypte, le Ghana ou le Kenya, les monnaies de ces grandes économies ont subi d’incessantes fluctuations préjudiciables à l’activité économique.

La forte volatilité de ces monnaies nationales est souvent alimentée par le financement apporté aux gouvernements par les banques centrales pour contenir les dérapages budgétaires. Cette volatilité nuit à l’investissement et décourage toute projection à moyen et long terme. En outre, ces pays affichent en général des taux d’inflation à deux chiffres très pénalisants pour le citoyen lambda.

En revanche, le constat est tout autre dans la zone monétaire franc CFA, particulièrement au sein de l’UEMOA. L’inflation y est faible, l’instabilité monétaire n’est un souci pour aucun investisseur et l’on y observe une relative stabilité macroéconomique.

Au-delà des considérations purement monétaires, cette union est un creuset d’avantages, au premier rang desquels l’on peut citer la discipline budgétaire. Ce qui éloigne le spectre du financement du déficit budgétaire par les banques centrales, amenant ainsi les États à miser sur la mobilisation des recettes plutôt qu’à recourir à la planche à billets inflationniste. Mieux, les échanges intra-UEMOA sont relativement importants.

Enfin et c’est un argument de taille, l’UEMOA est aujourd’hui un modèle d’intégration socio-économique plus ou moins abouti. En dépit de quelques tracasseries administratives imputables à la corruption, vous pouvez traverser librement les frontières terrestres inter-États de l’UEMOA, vous établir et exercer une profession dans le pays de votre choix. Pour toutes ces raisons, nous plaidons pour un F CFA, qui pourrait être rebaptisé « wari » (argent, en bambara), pour l’UEMOA. Une monnaie débarrassée des oripeaux coloniaux du F CFA et ce, jusqu’à l’avènement d’une monnaie unique pour la Cedeao. 

Dynamique positive

Le cas du Cap-Vert, dont la monnaie est également arrimée à l’euro, doit d’ailleurs nous interpeller sur le fait que cette situation n’est pas en soi un problème. C’est plutôt la gouvernance dans la gestion des deniers publics et la bonne orientation des politiques publiques qui devraient être au cœur du débat. Pour illustrer davantage cette « neutralité » de l’arrimage du franc CFA à l’euro, il suffit d’observer les difficultés économiques que rencontrent les pays de la Cemac en comparaison avec l’embellie des indicateurs économiques au sein de l’UEMOA.

Aucune union monétaire existante n’a rempli les critères de la zone monétaire optimum

Plutôt que de se focaliser sur les liens historiques avec la France, nous estimons que les citoyens Ouest-Africains gagneraient à accentuer la pression sur leurs gouvernants pour l’avènement de la monnaie unique ouest-africaine. L’épineuse question de l’asymétrie des économies et le mode de gouvernance de la future banque centrale devraient pouvoir trouver une solution.

Plusieurs recherches prouvent qu’une union monétaire crée sa propre dynamique positive. Ainsi, selon Frankel et Rose (1998), l’intégration commerciale influence positivement la corrélation des cycles économiques, ce qui rend la création d’une zone monétaire plus souhaitable.

On ne le soulignera jamais assez, une union monétaire est une question de volonté politique. Sans Helmut Kohl et François Mitterrand, il n’y aurait jamais eu l’euro. L’Allemagne de l’Est, qui n’a jamais respecté aucun critère de convergence macroéconomique, a tout de même été intégrée dans la zone euro au lendemain de la chute du mur de Berlin. Aucune union monétaire existante n’a rempli les critères de la zone monétaire optimum, qui reste une notion théorique derrière laquelle s’abritent tous ceux qui souhaitent le statu quo.

Pour ce qui est de la Cemac, la crise économique qu’elle traverse depuis la chute des cours du pétrole devrait être mise à profit pour opérer de profondes réformes à même de promouvoir la bonne gouvernance, l’intégration régionale et la diversification de ses exportations.

(*) Précision : Facinet Sylla écrit ici en tant que « citoyen » et non en tant que représentant de la banque africaine de développement.

Forum civil: Mouhamadou Mbodj décédé

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Le Coordonnateur du Forum civil, Mouhamadou Mbodj, qui avait remplacé l’avocat Mame Adama Gueye à ce poste, est décédé hier vendredi à Dakar. Mbodj était malade. La levée du corps a eu lieu aujourd’hui samedi à 15 heures à la mosquée de Mermoz, suivie de l’enterrement au cimetière musulman de Yoff.

On se rappelle qu’en fin 2016, Mbodj était accusé de s’accrocher à son mandat, qui avait expiré depuis 2014. Celui-ci dure cinq ans et est renouvelable une fois. Mbodj était accusé de trainer les pieds pour tenir l’Assemblée générale et passer la main à Birahim Seck, membre du Conseil d’administration du Forum, qui était présenté comme son futur successeur et lui succédera certainement avec son décès.

Pour sa défense, Mbodj avait déclaré que si l’Assemblée générale qui doit sceller son départ n’était pas encore tenue, c’est que le budget n’était pas encore bouclé.

À propos de quatre directeurs exécutifs du Forum, dont on disait qu’ils avaient démissionné à cause de divergences avec lui, et de membres fondateurs qui auraient claqué la porte, Mbodj avait affirme que ces derniers avaient quitté leurs fonctions pour d’autres raisons (hausse de salaire refusée, pression de l’Usaid, démissions, notamment).

Avant de clamer : « Je suis pressé de partir. » . Aujourd’hui, il est parti.

« C’est un homme obsédé par l’éthique et la transparence qui vient de disparaitre », confie le défenseur des droits de l’homme sénégalais, Alioune Tine.Mouhamadou Mbodj avait co-fondé le Forum civil, en 1993, à Dakar, organisme ayant pour but de veiller à la bonne gouvernance et à la lutte contre la corruption au Sénégal. Dans ce cadre, il publiait d’ailleurs chaque année le rapport de Transparency international sur le Sénégal et dénonçait des marchés obtenus dans des conditions de gré à gré.Outre la transparence dans les marchés publics, Mouhamadou Mbodj a mené bien d’autres combats au sein de la société civile sénégalaise comme la liberté de la presse, le droit des femmes ou encore les élections libres et transparentes, en 2000 par exemple, pour l’avènement de l’alternance ou en 2012. Il coordonnait alors un groupe d’action de la société civile lors de la mobilisation contre l’ancien président Abdoulaye Wade.« Mouhamadou Mbodj restait mobilisé en permanence dans la lutte contre la corruption », explique l’avocat Assane Dioma Ndiaye, rappelant qu’il avait initié le premier jury populaire du Sénégal.Plus récemment, Mouhamadou Mbodj avait protesté publiquement contre la libération de l’ancien ministre, Karim Wade, condamné pour enrichissement illicite et gracié par le président Macky Sall, en juin 2016.

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​ Présidentielles maliennes de juillet: entre chaleurs prévues et diatiguiya espérée

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Par Cheikhou Oumar Sy *

Capitale malienne, en ce mois de mars. 42 degrés à l’ombre. Bamako montre le visage d’une ville qui se meut difficilement sous une chaleur insoutenable. Automobilistes et motocyclistes traversent les trois ponts qui relient les deux côtés du fleuve en essayant de surmonter la torpeur qui les assaillent. A 4 mois des élections présidentielles, la classe politique malienne est dans une hébétude qui renseigne sur ses craintes quand à une possible non-tenue de ces joutes politiques suprêmes, qui désigneront le prochain locataire du palais de Koulouba. L’ambiance reste morose et le débat, même s’il est présent ça et là, est absent malgré la rémanence d’enjeux tout aussi importants les uns que les autres  pour la stabilité de la sous- région. Les effets pervers de la rébellion au Nord du Mali, la présence provisoirement permanente de la Minusma combinée à une situation économique léthargique sont à l’origine d’une indécision totale de la classe politique malienne.Faudra t- il tenir les élections au risque de déstabiliser le pays ? Telle est la question qui traverse l’esprit de la plupart des citoyens. Il est certes clair que maintenir le président actuel, IBK, ne sera pas chose aisée pour ses partisans. Des leaders politiques tels que Ismail Cisse, Moussa Mara et autres ne lui faciliteront point la tâche. IBK saura t- Il convaincre les Maliens qu’il lui faut un deuxième mandat pour stabiliser le pays ? Pourra –t-il compter sur ses.pairs de la sous-région pour arriver à asseoir un consensus autour de sa personne ? Le Président Keïta devra manoeuvrer délicatement le virage des élections présidentielles, au risque, sinon,  de voir le Mali (re)vivre des lendemains difficiles.
Le bref retour D’ATT et sa réhabilitation par l »actuel président : des signes qui peuvent être interprétés sous différents angles.
Il est évident que l’ancien président ATT reste très populaire au Mali. Est-il possible qu’il se présente pour les échéances électorales, afin de peser de tout son poids sur la nouvelle marche à donner à un pays qui en a bien besoin? Soutiendra-t-il IBK ou un autre candidat de son choix ? . Personne à Bamako ne détient la réponse. Son retour à Dakar est un repli stratégique qui pourra lui servir comme le joker qui décidera de l’avenir du Mali. Les élections sont certes la manière la plus démocratique pour élire un président. Mais avec les enjeux sécuritaires que vit la sous-région, il faudra peut-être un dénouement politique encore inconnu, pour choisir la personnalité consensuelle qui pourra redonner aux citoyens maliens la perception que le pays se dirige vers une gouvernance inclusive et transparente. Transcender les ambitions crypto-personnelles sera décisif pour les élections à venir et cela dépendra de la capacité de la classe politique malienne à se retrouver autour de l’essentiel.L’ex PM quarantenaire Moussa Mara, qui a cessé toute activité professionnelle depuis deux ans pour se consacrer à sa campagne politique, est un candidat sérieux. Mais pourra t- il rallier tous les autres acteurs politiques à sa cause ? Ismaila Cissé, aussi, garde ses chances intactes, au vu de son expérience et de son réseau très dense au niveau de la sous-région. Est-il envisageable  qu’il y ait une jonction alliance entre les deux. Possible. Comme on le voit, la prochaine présidentielle malienne est une équation à multiples inconnues. Le déclic, sans aucun doute, pourrait venir de Dakar, avec ATT qui a une belle carte à jouer en tant qu’arbitre des élégances maliennes. * Ancien Député à l’Assemblée Nationale du SénégalPrésident de l’Observatoire de Suivi des Indicateurs de Développement Économique en Afrique (OSIDEA)PDG du cabinet Synequanone and Partners   

Rapport Banque Mondiale : Bibo Bourgi n’était pas le prête-nom de Karim Wade

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Un document de la Banque mondiale indique l’absence de liens financiers entre le fils de l’ex-président Wade et l’homme d’affaires d’origine libanaise Bibo Bourgi.

C’est un dossier de la Banque mondiale resté secret durant cinq ans et qui suscite aujourd’hui bien des fantasmes dans le monde politico-judiciaire au Sénégal. Un document confidentiel de 311 pages, qui analyse sur une période de dix ans un pan des circuits financiers offshore d’un homme d’affaires sénégalais d’origine libanaise, Ibrahim Aboukhalil. Plus connu sous le pseudonyme de Bibo Bourgi, il est considéré comme le principal prête-nom et orchestrateur des financements occultes de Karim Wade.

L’ancien ministre de son père, le président Abdoulaye Wade (2000-2012), a été condamné en 2015 à six ans de prison et plus de 210 millions d’euros d’amendes pour avoir notamment acquis illégalement 178 millions d’euros. La Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI) a ordonné la saisie de tous les biens de MM. Wade et Aboukhalil. Le chef de l’Etat, Macky Sall, leur a accordé une grâce présidentielle l’année suivante.Alors que son commanditaire demeure inconnu, quelques bribes de ce rapport de la Banque mondiale distillées dans la presse locale ont suffi pour relancer le débat politique. Les opposants au président Sall, lui-même ancien disciple d’Abdoulaye Wade, accusent la présidence ou la CREI d’avoir « délibérément dissimulé ce document » qui innocente, selon eux, Karim Wade en démontrant que ce dernier n’utilisait pas les circuits financiers de M. Aboukhalil pour ses propres intérêts.« Ce n’est pas le Sénégal qui a commandé ce rapport, en tout cas ni la présidence sénégalaise ni la CREI, assure Seydou Guèye, secrétaire général et porte-parole du gouvernement. La Banque mondiale n’a par ailleurs aucune compétence judiciaire et n’est pas habilitée à incriminer ou à blanchir un accusé. Karim Wade a été condamné et la procédure judiciaire au Sénégal est terminée. »

Trente comptes bancaires saisis à Monaco

Cette étude financière rendue en novembre 2013, soit huit mois avant le début du procès, n’a en tout cas jamais été versée dans la procédure judiciaire sénégalaise. C’est un ancien magistrat français, Jean-Louis Herail, qui a été chargé d’analyser « les mouvements financiers opérés à partir des comptes bancaires contrôlés ou détenus par Ibrahim Aboukhalil et/ou par Karim Wade au sein de la banque Julius Baer à Monaco ». Et ce à partir de 30 comptes saisis dans la principauté dans le cadre d’une requête d’entraide judiciaire.Karim Wade, l’ancien « ministre du ciel et de la terre », comme il était surnommé après avoir été désigné ministre d’Etat, ministre de la coopération internationale, de l’aménagement du territoire, des transports aériens et des infrastructures, disposait en 2012 de 2,6 millions de dollars (près de 2 millions d’euros à l’époque) sur un compte monégasque ouvert neuf ans plus tôt à partir de son adresse à Londres. Selon les relevés bancaires, ce compte – dont il est l’unique bénéficiaire et gestionnaire –, a reçu le 9 septembre 2003 un virement de 474 980 dollars. Puis, le 24 avril 2007, un autre transfert de 2 millions de dollars est effectué, en provenance d’un autre de ses comptes créé sur l’île anglo-normande de Jersey, un paradis fiscal.L’argent provient bien du Sénégal, selon les enquêteurs du FBI cités dans ce rapport qui relève que « Karim Wade a organisé l’arrivée de cet argent à Monaco en cachant son origine […] inconnue ou absolument pas claire ». Dans la synthèse de son rapport, Jean-Louis Herail suggère : « Il me semble qu’il pourrait être renvoyé à l’audience sur le fondement de ces seuls éléments, même (voire surtout) en l’absence de véritables explications sur l’origine de l’argent. » Ce qu’a toujours démenti Karim Wade, assurant que cet argent était un don du roi d’Arabie saoudite. « Cette somme correspond à un don du roi saoudien au président Abdoulaye Wade et il n’y a d’ailleurs eu aucun mouvement sur ce compte », précise l’un des conseils de Karim Wade.

Prête-noms et sociétés écrans

Si Karim Wade a opté pour cet établissement bancaire monégasque, c’est peut-être sur les recommandations de son ami d’enfance et co-accusé, Ibrahim Aboukhalil. L’analyse des comptes de l’homme d’affaires à la tête du « groupe Bibo » dévoile un lacis de circuits financiers opaques ayant servi à des transactions frauduleuses et à du « blanchiment d’argent des abus de biens sociaux ».De Panama aux îles Vierges britanniques en passant par Jersey, Beyrouth, Luxembourg et Hongkong, Bibo Bourgi orchestre depuis Monaco une toile de sociétés offshore dont les véritables actionnaires sont dissimulés derrière des prête-noms et des sociétés écrans pour, selon le rapport, mieux « blanchir » les fonds majoritairement évadés du Sénégal.« Ibrahim Aboukhalil fait plus rentrer d’argent au Liban qu’il n’en fait sortir », poursuit l’expert de la Banque mondiale. Pour ce faire, l’homme d’affaires, qui se présente parfois aux banques comme détenteur de la nationalité italienne, a délégué une partie de sa structure financière à un certain Paul Van Lienden. Ce banquier néerlandais établi à Monaco est décrit comme l’« intermédiaire des opérations opaques », « l’homme des opérations les plus secrètes d’Ibrahim Aboukhalil », « celui qui connaît tous les actionnaires des sociétés offshore qui ne souhaitent pas être connus ».
  1. Van Lienden se retrouve ainsi à la tête de la société Lea Trading, domiciliée à Tortola, aux îles Vierges britanniques. C’est en fait un véhicule financier créé par un spécialiste en la matière, Trident Trust Company, dont l’adresse à Tortola est un immeuble abritant une autre structure liée à M. Aboukhalil. Il s’agit de Citco, dont la fonction première est d’incorporer aux îles Vierges britanniques la plupart de ses sociétés détentrices de comptes bancaires à Monaco, où elle dispose d’un « bureau de représentation ».
Parmi les sociétés constituées par Citco, on retrouve les principales structures de gestion de l’activité d’assistance et de maintenance aéroportuaire du multimillionnaire libanais. Comme Aviation Handling Services International, la société écran GP International Group ou encore Menzies Afrique centrale. Toutes trois ont été établies aux îles Vierges britanniques et ont pour directeur général la société Lea Trading.Des sociétés offshore détenues par une autre société offshore : la technique est rompue pour opacifier des circuits financiers et masquer la véritable identité des actionnaires. « Dans le jargon des blanchisseurs, on appelle cela une structure en “cliquet”, qui illustre parfaitement le rôle dévolu à M. Paul Van Lienden », tranche le rapport de la Banque mondiale.

L’art d’entretenir la confusion

Aviation Handling Services International (AHS) et Menzies sont présentées comme « le cœur de l’activité économique » de M. Aboukhalil. En 2002, Karim Wade rentre de Londres, où il était directeur associé à la banque UBS Warburg, et devient le conseiller personnel de son père. Parmi les dossiers qu’il doit gérer se trouve celui de la création de la compagnie aérienne nationale, Air Sénégal International.Ibrahim Aboukhalil réorganise alors son groupe et surtout les structures financières d’AHS, dont Karim Wade « pourrait être l’un des actionnaires », selon l’expert de la Banque mondiale, qui n’en apporte néanmoins pas la preuve. M. Aboukhalil est soupçonné dans ce rapport d’avoir eu pour dessein de prendre le contrôle majoritaire de la compagnie aérienne à travers son groupe « dans le cadre d’une association cachée avec Karim Wade » qui pourrait figurer derrière l’appellation du « groupement national des privés sénégalais », l’un des actionnaires. Là encore, ce n’est pas démontré.Une compagnie aérienne n’était pas suffisante pour l’homme d’affaires, dont les millions de dollars ont circulé le plus souvent frauduleusement selon l’expert de la Banque mondiale. Lui convoitait l’aéroport international Blaise-Diagne à Diass, dans la grande banlieue de Dakar. Pour ce faire, il confiera l’élaboration du montage financier à un cabinet de conseil, Black Pearl Finance (BPF), filiale au Luxembourg du groupe du magnat marocain de la banque, Othman Benjelloun, particulièrement actif sur les marchés émergents. Entre 2007 et 2012, BPF a reçu plus de 870 000 dollars de la part de sociétés offshore de M. Aboukhalil, qui multiplie l’ouverture de filiales d’AHS. Tout en développant sa petite société Menzies Afrique, domiciliée au Luxembourg et qui va donner naissance à une myriade de filiales offshore.Existent désormais Menzies Middle East & Africa Holding SA, domiciliée au Panama, Menzies Middle East & Africa Group, enregistrée à Hongkong, Menzies Middle East & Afrique centrale, aux îles Vierges britanniques. De quoi entretenir la confusion. Car John Menzies existe pour de vrai. C’est un groupe britannique d’assistance aéroportuaire côté à la bourse de Londres, avec lequel Ibrahim Aboukhalil finira par négocier, fin 2002, un contrat de partenariat technique censé se terminer en 2017 et l’autorisant à utiliser la marque Menzies au Sénégal. Il ne s’en privait pas. Un « beau coup » salué par l’expert français de la Banque mondiale, qui relève ensuite une nouvelle anomalie financière.

De mystérieux actionnaires

AHS est la première source de revenus de M. Aboukhalil et la principale structure de financement de ses sociétés « Menzies », à raison de plus de 10 millions de dollars, selon les relevés de comptes monégasques. Pourtant, elle finit par tomber dans l’escarcelle de la nouvelle holding Menzies Middle East & Africa, dont les actionnaires principaux sont Ibrahim Aboukhalil et son frère, Karim, et dans une moindre mesure leur employé sénégalais, Mamadou Pouye.Ce dernier, homme de confiance devenu administrateur ou actionnaire de la plupart des structures de M. Aboukhalil, a lui aussi été condamné par la CREI et apparaît dans les « Panama Papers ». M. Pouye a aussi disposé d’un compte à son nom à Monaco, ouvert en 2005 et en partie financé par Menzies Middle East & Africa et d’autres véhicules financiers, à hauteur de 3,2 millions d’euros. « C’est la petite société [Menzies] qui a détenu la grosse [AHS] », s’étonne l’expert de la Banque mondiale, qui voit là une manœuvre financière pour, en cas de prise de contrôle d’Air Sénégal, entrer au capital du groupe anglais John Menzies, voire lancer une offre publique d’achat sur la partie « services aéroportuaires ». Un destin de raider financier mis à mal, entre autres, par la réalité économique de la compagnie aérienne sénégalaise, dont l’activité cessera en avril 2009 avant de renaître trois ans plus tard sous le nom de Sénégal Airlines. Cette restructuration lui a cependant permis de prendre le contrôle entier d’AHS avec l’aval de mystérieux actionnaires.

Pas de preuves de liens financiers

Ce rapport confidentiel confirme clairement l’absence de preuves liant financièrement Karim Wade et Ibrahim Aboukhalil. L’expert reste toutefois nuancé. « Si un lien financier direct [de Karim Wade] dans les affaires d’Ibrahim Aboukhalil n’est pas démontré par les documents bancaires examinés, l’utilisation d’un certain nombre de prête-noms semble pouvoir être sujette à caution, conclut le rapport. Le fonctionnement des comptes […] pourrait faire de lui un prête-nom idéal pour des associés désireux de rester “cachés”, tels que Karim Wade par exemple. » La défense de Karim Wade estime avoir, depuis, apporté toutes les preuves qui lèvent le doute sur ces soupçons.Ibrahim Aboukhalil réside aujourd’hui en France. Après plus de trois ans en prison, Karim Wade s’est installé à Doha, au Qatar. Les procédures judiciaires contre l’Etat sénégalais se poursuivent à Monaco et devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies. A Paris, la 32e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance a rejeté la demande de confiscation des biens introduite par l’Etat sénégalais.Un temps surnommé « Monsieur 15 % » au Sénégal, l’ambitieux Karim Wade, 49 ans, n’a pas abandonné tout projet de retourner dans son pays. A ses proches, il continue de partager son espoir de se présenter à l’élection présidentielle de 2019. 

Tribune : « Voici pourquoi Macky sera réélu, Partie 1 » (Par El Malick Seck)

Malgré l’ambiance de pré-campagne qui prévaut et qui prédit, à tort,  le pire au Président Macky Sall, la réélection de ce dernier passera comme lettre à la poste et ses adversaires le savent raison pour laquelle ils ont commencé à préparer leur défaite en criant d’ores et déjà au vol électoral alors que la campagne n’a même pas démarré. Le Président Sall a un bon bilan et les lignes suivantes vont le démontrer aisément dans cette première partie.En avril 2012, à l’arrivée de Sall au pouvoir, l’électricité était une denrée rare. Il y avait selon les statistiques officielles plus de 500 heures de coupure par an, soit près d’un mois sans électricité dans le pays. Il y avait des émeutes, des marches et de la violence même physique contre les agents de Senelec et les agences de la compagnie nationale. Les sénégalais payaient cher mais n’avaient jamais de courant chez eux. Macky Sall a réglé cette question en quelques mois. Plus de longues coupures, plus d’émeutes, plus de manifestations pour avoir quelques heures d’énergie. La moyenne des coupures ayant baissé de 95 %, les quelques rares incidents, sont justement de simples accidents de réseau. Mais la Senelec a du cash et paie ses fournisseurs en fuel. La situation de la boîte a été assainie et dégage des bénéfices. Mieux, il y a un an, le prix de l’électricité a baissé de 10 % et c’est la première d’une longue série. Mieux encore, la puissance de Senelec a été augmentée. Il est passé de moins de 500 mégawatts à 800 mégawatts, soit une hausse de 60%. Un score historique qu’aucun président n’a réalisé dans ce pays. Pour montrer que le Sénégal est désormais autonome en énergie, Senelec est prêt à exporter de l’électricité vers la Gambie voisine et a signé un accord avec le Mali. Qui dit mieux ? Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, le Chef de l’Etat a inauguré l’ère des centrales solaires. Pas moins de quatre centrales solaires sont en activité et aujourd’hui plus de 20% de l’électricité produite au Sénégal est verte. Pour encore montrer qu’il a mieux fait que quiconque dans ce domaine, Macky Sall a électrifié près de 2000 villages depuis son arrivée, soit plus que Senghor, Diouf et Wade réunis. Même son épouse, Marème Sall se préoccupe du sort du monde rural pour l’accès à l’énergie. En moins de deux mois, la Fondation Servir le Sénégal a électrifié en mode solaire 12V près de 100 villages des départements de Thiès, Tivaouane, Saint-Louis, Mbacké, Fatick ou encore Nioro. Quelle première dame peut en dire autant ? Aucune dans le monde. Pour clore sur ce chapitre, il n’y a plus de pénurie de gaz butane, ni de carburant. La Société africaine de raffinage (Sar) est correctement approvisionnée et dans ce domaine, le secteur a connu parfois des baisses de plus de 100%, comme dans le gaz par exemple.Dans le domaine des autoroutes, alors qu’Abdoulaye Wade peinait à terminer Dakar-Diamniadio, malgré plus de 300 milliards dépensés, Macky Sall a non seulement ouvert ce tronçon qui a pris près de dix ans de travaux, pour seulement une trentaine de kilomètres, mais, il a lancé et terminé le tronçon Diamniadio-AIBD-Sindia, longue de plus de 60 kilomètres qu’il a commencé, terminé et ouvert en moins de trois ans pour deux à trois fois moins d’investissement. Mieux, il est en train de finaliser le tronçon, Sindia-Mbour et AIBD-Thies, ces deux tronçon seront ouverts dans le courant 2018 après seulement un an et demi de travaux. Et cerise sur le gâteau, Ila Touba est en mode finition après seulement un an et demi de travaux. Abdoulaye Wade et ses hommes ont crié partout qu’ils allaient le faire, mais il y avait même pas un début d’études.Dans le domaine des routes, près de 2000 kilomètres ont été réalisés depuis six ans. Pour ne pas être long, il y a le dernier tronçon Fatick-Kaolack qui a été inauguré il y a quelques jours et qui était un calvaire pour les populations du Sine-Saloum. Quelques autres exemples : la réhabilitation et l’élargissement de la route, Richard Toll-Ndioum sur 120 kilomètres, la route Tivaouane-Touba Toul-Khombole sur près de 40 kilomètres, la réhabilitation et l’élargissement de route Ziguinchor-Velingara sur 287 kilomètres. Récemment également, Macky Sall a inauguré la route Dinguiraye-Nioro-Keur Ayip  (40 km) et la route Passy-Sokone distante de 25,5 km). Viendra s’ajouter à ce lot la boucle du Nord qui va faire plus de 300 km. Deux mille kilomètres de routes réalisées, c’est déjà mieux que Senghor et Abdou Diouf réunis et le Président Sall a déjà dépassé Wade en nombre de kilomètres bitumés. Dans le monde rural, le Pudc a déjà réalisé plus de 1500 kilomètres de pistes rurales quand Abdoulaye Wade avait oublié les villages et hameaux dans ses programmes d’infrastructures.Pour laisser aux lecteurs le temps de digérer ses immenses réalisations de Macky Sall, je reviendrais dans quelques jours s’il plait à Dieu, démontrer les grandes réalisations de Macky Sall car des chapitres et livres entiers ne suffiront pas à parler des grandes oeuvres de l’homme. L’opposition qui l’attaque n’a ni projet alternatif, ni propositions concrètes et est incapable de critiquer son bilan car il est bon. Le reste on peut taper de la poitrine, crier et hurler avec les loups, mais c’est indéniable, nul ne peut contester les arguments avancés ici. Aux sénégalais de se demander quel est le bilan de Khalifa Sall à la mairie de Dakar, de Idrissa Seck à la mairie et dans le département de Thiès, à Cheikh Bamba Dièye à la mairie de Saint Louis ? Les autres, c’est une bande de charlots qui se prennent pour des démiurges intéressés par la jouissance du pouvoir et leur confort personnel. Macky Sall est un homme qui travaille pour son peuple et pour les masses populaires.El Malick Seck (Journaliste, homme politique et conseiller municipal à Thiès) 

L’ex basketteuse Aya Pouye se défend d’avoir escroqué 40 millions

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Au moment où se fêtait la Journée de la Femme hier, les anciennes lionnes du Basket soldaient leurs comptes à la barre du tribunal de Grande Instance statuant en matière correctionnelle. Rokhaya Pouye dite Aya est accusée d’abus de confiance sur la somme estimée à 40 millions de francs et appartenant à l’Amicale des anciennes basketteuses du Sénégal, créée en 1993. A en croire l’avocate de la prévenue, Me Borso Pouye, c’est Baba Tandiang, ancien président de la Fédération de Basket qui est derrière cette machination. Le parquet a estimé que les faits sont constants et a requis deux ans avec sursis à l’encontre de la prévenue. Les avocats de la défense quant eux, ont plaidé la relaxe.

Délibéré au 20 mars prochain.

   

Vers une nouvelle Confédération ? Premier Conseil présidentiel sénégalo-gambien ce 13 mars

 Macky Sall, va prendre part à la première session du Conseil présidentiel sénégalo-gambien, le mardi 13 mars prochain, à Banjul, a-t-on appris de source officielle, mercredi, à Dakar.Macky Sall a annoncé aux membres du gouvernement qu’il prendra part à la première session du Conseil présidentiel sénégalo-gambien, prévu le 13 mars 2018, à Banjul.Le site du quotidien gambien « The Point », citant un ’’communiqué officiel’’, annonce pour sa part une visite du président sénégalais du 11 au 13 mars, dans le cadre du « renforcement des axes de coopération entre le Sénégal et la Gambie », en vue d’en faire « un modèle de partenariat fraternel, durable (…) et mutuellement bénéfique ».Le président gambien Adama Barrow avait effectué, en mars 2017, sa première visite officielle au Sénégal, qui avait joué un rôle important dans la crise post-électorale en Gambie, quelques semaines plutôt, suite au refus de l’ex-président Yahya Jammeh de reconnaître sa défaite à la présidentielle gambienne organisée en décembre 2016. Le 20 janvier, M. Jammeh, sous la pression des forces armées de la CEDEAO, la Communauté économiques des Etats d’Afrique de l’Ouest, avait cédé le pourvoir tout en négociant un exil en Guinée-Équatoriale.Le Sénégal avait déployé des soldats en Gambie dans le cadre de la Mission de la CEDEAO en Gambie (MICEGA).Adama Barrow avait ensuite prêté serment à l’ambassade gambienne à Dakar le 19 janvier.Le président sénégalais, Macky Sall, était l’invité d’honneur de la fête d’indépendance de la Gambie le 18 février.  

Discours Sur L’Orgasme (Par Elgas)

J’ai vécu mon premier orgasme féminin vers 17 ans, au premier coup. L’exploit en a affolé plus d’un. J’étais le protagoniste chanceux d’un corps à corps clandestin avec une jeune misérable. Acte qui se conclut par cette volupté animale d’une saveur singulière.  Le décor  était sec, un arbre, un manguier jeune à l’écorce duveteuse – magie de l’instant. Le temps était quelconque, un noir de nuit, sombre comme du tissu de deuil, chaude et moite. Une ville morte et argileuse, Ziguinchor. Une heure, 23 heures. Le créneau des crimes ordinaires et des dernières minutes autorisées de joie pour les adolescents. La rencontre était, elle, voulue, préparée, frénétiquement attendue. Après des jours de guet,  cette vacancière à la vingtaine entamée, de trois ans mon aînée, effroyablement laide de visage, proportionnellement sublime de corps, avait consenti à franchir un palier dans notre clandestine romance. Nous atteignîmes le sublime, elle plus que moi, le Seigneur m’est témoin. Elle avait l’œil large et gros, de l’éclat dans le blanc, de la pénétrance dans le noir. Une impression ineffable donnait à penser à une beauté de l’œil ingrate, ternie par une once de brutalité dans le regard. Doux par endroit bestial par endroit. Son cheveu était de faible volume, roussâtre et cassant, révélant un crâne ingrat où des touffes disparates essaimaient. Cette disharmonie horrible était corrigée par un foulard qu’elle ne quittait jamais qui moulait la tête et en rehaussait l’aspect. Du visage, peu de lignes fines et gracieuses, tout était gros, les narines épatées et respirantes, les dents blanches et épaisses s’enchevêtrant dans une bouche qui semblait pouvoir en caser plus de 32. Ça lui faisait un grand sourire niais mais franc, inapte à tricher, s’esclaffant grassement à la moindre opportunité. Cliente facile et docile, elle inspirait une forme bâtarde de crainte, d’envie et de dégoût. On nous l’avait envoyée en vacances : elle venait d’un village de basse Casamance, connaissait de la ville les vagues standards, les rudiments de la séduction citadine. Elle  était coquette par mimétisme, consciente du visage particulièrement étrange et intimidant qu’elle possédait. Ses lèvres étaient des couches superposées qui rendaient l’habituel baiser suave en torture à gober autant de masse de chair. Mais le forfait du Seigneur s’arrêta là : le reste est un éclair de génie ; du cou à l’orteil, la splendeur était d’ordre surnaturel. Elle avait le corps tyranniquement beau, sculpté dans l’ébène rare d’Afrique, ondulant dans la courbe du bassin, ferme et affûtée, masculine dans la densité satinée de la chair et féminine  dans les seins obusiers, fruits autorisés du festin rare de notre enfer terrestre. En un mot, c’est l’image que j’ai déjà idéalisée à travers des confessions à des amis de la « bête sexuelle ». Un corps d’homme inabouti, de femme achevée, peu de grâces, énormément de force physique, un esprit paresseux, voire rapiécé et un aspect de proximité qui fleure bon la bêtise.Et prenez un prince frêle, capricieux et joueur, ô moi, découvrant les joies envahissantes du corps et des membres, dégoûté des masturbations miteuses et jetez-le dans la bête. La négociation fut brève avec machin(e). Elle ne plaisait pas aux autres, mais à moi ; j’assumais. Il ne fallait pas lui réciter le Coran pour la culbuter, ça me convenait. Elle connaissait déjà la chose, obligation au village, tant mieux, je ferai l’élève. Elle aimait les bruits de couloir qui m’attribuaient un peu d’intérêt dans le quartier, tant mieux. Marcher à mes côtés lors d’une soirée, elle vivait ainsi sa revanche sociale de villageoise, tant mieux. Allons à la saillie.Quelques secondes d’approximations pour dompter le noir et l’inéquité des membres des protagonistes plus tard, j’étais dedans. Elle était un gouffre, j’étais une aiguille. Elle engloutissait, je piquais. Elle broyait, je repiquais le nerf…de guerre  La bataille toucha au magique dès les premières secondes. Dans mes temps de références, le tableau était encore vierge. Mes premières secondes dans l’immensité féminine furent quelconques. Mais vu que j’avais du sursis par un octroi divin, je continuais. Brusquement, sans fait particulier,  elle gémît, s’arracha, poussant cris étranges, revenant des secondes après pour me soutirer de la crème. Je ne fus pas avare. Désormais quittes, elle m’avoua sur le chemin du retour, avoir réagi ainsi involontairement sous le coup de convulsions subites, de spasmes, inconnus, brutaux et délicieux. Le profane que j’étais, peu au fait de la science de la chose, fus stupéfait et inquiet : était-ce anormal ? Etait-ce de l’ordre du crime ? Le mystère du corps avait-il des limites que j’avais franchies ? Est-ce la raison pour laquelle les enseignements religieux réservent-ils l’acte aux adultes? Je fus transvasé de pensées noires, de doutes sur l’étrangeté des minutes antérieures. Tout deux abasourdis par l’épisode s’en remîmes aux enseignements de l’avenir. « Le plaisir est commun, celui-là était incontrôlable, » fit-elle. Nous restâmes ainsi en proies à des transports d’émotions singulières qui semblaient toutes nous accabler. Elle était primaire et sotte, n’avait jamais connu ce versant tyrannique de la joie, ne savait être mère pour rassurer. Elle partagea donc ce moment d’interrogation obscure où le sentiment d’avoir enjambé l’interdit règne d’une sinistre envergure. Elle me plongea par son incrédule immobilisme dans la peur adolescente d’avoir troublé la quiétude des Dieux. J’avais peur. Des semaines entières. Il fallait néanmoins revivre, ranger la transe inconnue aux oubliettes, renouer avec la fadeur du quotidien, désormais hanté par le questionnement. Les mois se suivirent identiques, castrateurs. Les vacances étaient achevées, elle repartait, l’acte resta  énigmatique et non élucidé.Bien des années plus tard.Découvrir ce que certains d’entre-nous appellent orgasme, à 17 ans, se décapsuler la virginité du regard par la plus noble des joies, incomprise et mésestimée qui plus est, avec ce que ça comporte de sauvage, d’authentique, c’est le privilège que j’eus. Celui qui me place au sommet de la hiérarchie de ceux qui ont le droit de parler d’une chose qui n’est fulgurante que quand elle n’existe pas.Des années ont passé depuis, l’orgasme d’un état de nature, d’une sauvagerie de l’instant et du vécu, est devenu un diktat. C’est la structure du commerce sentimental actuel. L’Homme s’aide d’éléments mécaniques pour l’attendre sous peine de réputation piètre. Les couples se défont à quelques secondes de l’orgasme. Des femmes baignent dans l’acide jusqu’au reniement des Hommes par défaut d’orgasme. Des mâles supplicient leur égo jusqu’aux mutilations génitales pour satisfaire à la nouvelle convention orgasmique. Le mot fait légion, il obsède jusqu’au l’endémie du plaisir traqué. L’arithmétique s’en empare, on en évalue le temps, les coups de reins, les positions favorables, les repas aidants. Une littérature surabondante vient établir des catalogues de conseils pour domestiquer le « graal ». Les puristes de l’orgasme, nous autres, malchanceux qui ont méconnu la puissance de la chose, sommes bouffés par la dictature de l’époque.Un consensus scientifique décrit l’instant. Le spasme qu’ils disent. La convulsion. Les gémissements. Les respirations saccadées. Les bruits, les soupirs. L’étreinte folle. L’animal fissure l’Homme pour  pousser le cri sauvage. Les hormones de concert avec les glandes rendent le plaisir puissant, un plaisir souhaitable régulièrement pour diverses vertus que vous trouverez dans quelques ouvrages dédiés à la chose. Voilà la version officielle. L’orgasme est féminin, c’est une sentence. L’éjaculation, la petite tragédie mâle, est une piètre copie, elle est banale, monotone, elle saoule à force. Pour asseoir la légende de l’orgasme : une pression alourdit l’honneur masculin : il faut l’atteindre, le cueillir, l’offrir à sa partenaire. C’est un devoir sous peine de quarantaine ou de ban. Et pour maintenir les illusions, les femelles jouent le jeu qu’est devenue la chose : elles sur-jouent, actrices plus que sujettes, épousant le ridicule de se manger leurs cheveux pour manquer leur pied. Une mythologie sociale très respectée, observée dans toutes les cultures.Mais moi je veux nier la chose et d’ailleurs je nie l’orgasme ici et maintenant. Je presse les gens d’en rire. Quand une partenaire hurle, je mets soin avec promptitude d’appeler le SAMU. Je coupe court la fulgurance naissante. L’orgasme est ridicule quand on est son spectateur, les cons de mâles s’en glorifient jusqu’au goitre. L’orgasme c’est une perfidie de l’époque qu’il faut démanteler par la raillerie. Je joue de lui, je le diffère et le moque. Quand je le sens monter dans la femelle qui me sert de support à pompe, j’arrête, m’enquiers de son état et cours chercher de l’eau pour asperger avec une attention maternelle le hoquet diffus dans tout le corps. J’interromps le moment en demandant à l’autre si « ca va » ? « On continue » « T’es sûre maman » ? Cassant ainsi la dynamique des fantasmeuses soumises à la chose. Je leur dis souvent que le maquillage se défait, une rougeur indélicate tapisse la figure, elles sentent la poule douchée, pissent de la sueur, ont la chevelure spartiate. Avec celles qui simulent, je contre-simule. Le résultat est prodigieux, j’ai en effet réussi à domestiquer un talent : j’imite formidablement une femme qui simule. La contre-simulation que je déploie est d’une efficacité redoutable. J’empile les exploits d’ailleurs en expliquant à l’autre qu’elle me procure du surplus de plaisir et que je lui en étais redevable. J’ai d’ailleurs pissé sur une d’elles une urine lui glissant que son corps motiva un tel déchainement séminal. Elle y crut.Ayant nié l’orgasme et ri de sa gueule, j’invite mes pairs à lancer l’offensive pour une tragicomédie de l’orgasme. Suscitez l’envie, fouettez le désir, laissez-le s’épaissir, grossir, et gâchez-le au sommet. Que l’instant crève au sommet de son règne. Je me sais minoritaire. Je me sais vain. Les suiveurs de l’époque assujettis à leur sexe ne trouveront pas d’enjeux à souscrire à mon appel, peu importe. Chaque homme sur terre a son combat, sa raison de vivre. Beaucoup veulent sauver les mômes au Darfour, réduire la faim, contribuer au progrès humain en somme. Je ne mange pas de ce pain là, moi, je veux saboter l’orgasme des Hommes. Tant que l’humanité dans son entièreté, ne me rendra pas mon âge adolescent, celui où je côtoyais Dieu et sa merveille sans savoir que c’étaient eux, je nierai la mythologie de plus admise de notre temps.N.D, je vous salue Marie.Elgas ©Tract Quotidien 2018 – www.tract.sn(première publication le 21 janvier 2012)  

Manif de l’opposition à Sandaga: trois hommes politiques arrêtés

L’opposition, particulièrement les membres du Parti démocratique sénégalais (Pds), a tenu à joindre l’acte à la parole ce vendredi en manifestant devant le ministère de l’Intérieur ce vendredi. Mais, alors qu’ils se sont rassemblés au rond-point Sandaga, ils seront vite dispersés à coups de grenades Lacrymogène. La Police qui veillait aux grains, ne les laissera pas dérouler leur plan. C’était le sauve-qui-peut. Oumar Sarr, Mamadou Diop Decroix et Toussaint Manga ont été interpellés par les forces de l’ordre.  Me Madické Niang, lui, a dû se réfugier à l’intérieur du ministère des Mines pour fuir les grenades lacrymogènes.