Après six mois de manifs, l’opposition togolaise marque une pause

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Cette décision a été prise pour donner une chance aux discussions alors que depuis septembre 2017, des milliers de Togolais défilent contre le pouvoir.

La coalition de l’opposition au Togo, qui proteste depuis six mois contre le président Faure Gnassingbé, a annulé les manifestations prévues la semaine prochaine. Cette décision a été prise après une rencontre avec le président ghanéen, facilitateur dans la crise politique togolaise, a annoncé vendredi 9 mars le porte-parole de l’opposition.

Les manifestations avaient été suspendues en raison de l’ouverture le 19 février d’un dialogue avec le pouvoir. Mais l’opposition avait décidé de reprendre ses marches dès le 13 mars, accusant le gouvernement de poursuivre unilatéralement le processus devant conduire aux prochaines élections.« Le facilitateur, le président ghanéen Nana Akufo-Addo, qui a reçu une délégation de la coalition mercredi à Accra, nous a demandé de lui accorder une semaine afin de mener des tractations auprès du gouvernement. Nous avons accepté », a déclaré Eric Dupuy, porte-parole de la coalition. « Le régime en place n’a jamais respecté ses engagements. Si rien ne sort de ces tractations, nous allons reprendre la rue car nous n’accepterons pas que le gouvernement mène unilatéralement le processus électoral », a-t-il souligné.

Scrutins contestés

Les autorités togolaises n’ont pas réagi dans l’immédiat aux accusations de l’opposition. Le gouvernement a nommé, la semaine dernière, les présidents des commissions électorales locales indépendantes (CELI) en vue des prochaines élections, notamment les législatives. Aucune date n’a encore été annoncée pour la tenue de ce scrutin. Les dernières législatives remontent à juin 2013 et les députés sont élus pour un mandat de cinq ans.L’opposition parlementaire n’a pas encore désigné ses représentants à la Commission électorale nationale indépendante (CENI), estimant que sa composition doit être rééquilibrée dans le cadre des réformes institutionnelles prévues par le dialogue.Depuis septembre 2017, des marches populaires pour demander la démission du président Faure Gnassingbé et la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels rassemblent des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes.Le président Gnassingbé a succédé en 2005 avec le soutien de l’armée à son père, le général Gnassingbé Eyadéma, qui avait dirigé sans partage le pays pendant trente-huit ans. Il en est aujourd’hui à son troisième mandat, ayant été réélu lors de scrutins contestés par l’opposition, en 2010 et en 2015.  

Alpha Condé hué hier par des femmes

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Confronté depuis des semaines à des grèves et des manifestations, dont certaines meurtrières, le président guinéen Alpha Condé a été hué, jeudi 8 mars, par des centaines de femmes pendant une cérémonie organisée à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. « Nos enfants à l’école », « Ne tuez pas nos enfants en les rendant ignorants », ont scandé des femmes en colère réunies sur l’esplanade du Palais du peuple, le Parlement guinéen, en présence du chef de l’Etat

Alpha Condé, opposant historique arrivé au pouvoir en 2010, avait choisi la journée du 8 mars pour « mettre en exergue les progrès réalisés par les femmes » et plaider « contre toute discrimination », selon un communiqué de la présidence guinéenne. « Puisque tu es incapable, laisse tomber ! », l’a interpellé une manifestante. La Guinée fait face depuis un mois à des manifestations, au cours desquelles au moins une douzaine de personnes ont été tuées, certaines tombées sous les balles des forces de l’ordre, et à une grève des enseignants qui fait craindre une « année blanche » à de nombreux parents.

 

De timides négociations au point mort

« Ce n’est pas de gaieté de cœur que je vois les écoles fermer », a répondu le chef de l’Etat guinéen. « Je vais consacrer les prochains jours à écouter la majorité silencieuse. Je vais rencontrer les magistrats, les médecins, les transporteurs, les femmes et les jeunes », a-t-il ajouté. M. Condé a promis de procéder ensuite à un « grand remaniement ministériel » et de « mettre des ministres qui sont à l’écoute de la population et qui s’occupent de leurs programmes ». Selon le communiqué de la présidence, il a quitté la cérémonie « sous de vives ovations ».Ces manifestations sont liées aux élections locales du 4 février, dont les résultats sont contestés par le principal parti de l’opposition, l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), battu par le parti du président selon les chiffres officiels. D’autres se déroulent en marge du conflit dans l’enseignement, relancé début février par une branche dissidente du principal syndicat du secteur, qui réclame des augmentations de salaire. Malgré une médiation, de timides négociations sont au point mort.

La veille, plusieurs milliers de femmes en blanc, couleur du deuil en Guinée, qui se font appeler les « Amazones », avaient marché dans les rues de Conakry pour dénoncer les violences policières meurtrières lors de manifestations politiques qui, selon l’opposition, ont fait 90 morts depuis l’arrivée au pouvoir d’Alpha Condé.

 

 

 

Ces onze femmes qui font tourner le ballon rond africain

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Qu’elles soient joueuses professionnelles, arbitres ou à la tête d’institutions, elles ne vivent que pour leur passion : le ballon rond. Onze femmes dont le seul but est de développer le football féminin sur le continent et même au-delà.

 

Une belle « équipe type » qui pourrait être entraînée par Clar Weah, l’épouse du tout nouveau président du Liberia, nommée ambassadrice du football féminin pour la Confédération africaine de football (CAF) lors du Symposium du football féminin qui s’est tenu du lundi 5 au mardi 6 mars à Marrakech. L’épouse de George Weah, seul Ballon d’or africain, aura désormais pour mission de promouvoir le football féminin sur le continent.

  • Fatma Samoura, secrétaire générale de la FIFA

Ancienne fonctionnaire des Nations unies, Fatma Samoura, 55 ans, est la femme la plus influente du monde en matière de sport. Secrétaire générale de la Fédération internationale de football (FIFA) depuis mai 2016, la Sénégalaise a contribué à renforcer la présence des femmes au sein de l’instance dirigeante du football mondial. Lors du symposium de Marrakech, la numéro deux de la FIFA a demandé encore plus de responsabilités pour les femmes dans la gouvernance du football. Son slogan ? « La femme est l’avenir du foot. »

  • Lydia Nsekera, membre du conseil de la FIFA et du CIO

Lydia Nsekera, 50 ans, est certainement la dame des « premières » en Afrique et dans le domaine du football. Première femme présidente d’une fédération sur le continent, celle du Burundi, de 2004 à 2013, elle tient sa passion pour ce sport de son père, ancien dirigeant d’un grand club de Bujumbura. Elle est aussi la première à avoir intégré le comité exécutif de la CAF et de la FIFA, en 2013, où elle a par la suite été réélue pour un mandat de quatre ans. Enfin, Lydia Nsekera est membre du Comité international olympique (CIO) depuis 2009.

  • Nawal El Moutawakel, responsable du football féminin au Maroc

Ancienne ministre marocaine des sports (2007-2009) et membre du Comité international olympique (CIO), Nawal El Moutawakel, 55 ans, a présidé les travaux du Symposium féminin de Marrakech. L’ancienne championne olympique du 400 mètres haies des JO de Los Angeles (1984) signe un retour en force en héritant du poste de responsable du football féminin au sein de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), qui déposera le 16 mars sa candidature pour l’organisation du Mondial 2026.

  • Isha Johansen, membre du comité exécutif de la CAF

La Sierra-Léonaise Isha Johansen, 53 ans, est responsable du football féminin au sein de la CAF. Fondatrice d’un club de football à Freetown, le FC Johansen, destiné aux jeunes garçons défavorisés, elle dirige la fédération sierra-léonaise depuis 2013. Au sein du comité exécutif de la CAF, elle milite pour que plus de places soient attribuées aux femmes dans le football africain.

  • Sue Destombes, secrétaire générale de la zone Afrique australe

La Sud-Africaine Sue Destombes est la seule femme à diriger une zone de football en Afrique, et non la moindre puisqu’elle s’occupe de la gestion du Conseil des associations de football en Afrique australe (Cosafa). Elle est aussi responsable des grands événements de la CAF, pour lesquels elle anime les équipes protocolaires.

  • Nathalie Basque Léon, directrice du comité d’organisation de la CAN 2021

Nathalie Basque Léon est la figure montante de la gouvernance du football féminin ivoirien, après sa nomination au poste de directrice exécutive du comité d’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2021. Elle travaille également pour la CAF et la FIFA sur tout ce qui touche aux affaires de protocole.

  • Meskerem Tadesse Goshime, secrétaire générale adjointe de la fédération éthiopienne

Passionnée de football depuis sa plus tendre enfance, fan de Manchester United, Meskerem Tadesse Goshime a été joueuse puis entraîneuse de l’équipe de l’université d’Addis-Abeba, avec laquelle elle a remporté le titre de championne universitaire. Diplômée du programme FIFA/CIES en management du sport, elle est secrétaire générale adjointe de la Fédération éthiopienne de football depuis février 2017 et a été coordinatrice générale du site de Marrakech lors du dernier Championnat d’Afrique des Nations (CHAN 2018).

  • Latré-Kayi Edzona Lawson-Hogban, arbitre-instructrice de la CAF

Joueuse dans son enfance, la Togolaise Latré-Kayi Edzona Lawson-Hogban est devenue la première femme membre de la commission des arbitres de la CAF, pour laquelle elle a officié pendant les CAN féminines. Elle est désormais arbitre-instructrice de la FIFA et attire de plus en plus de femmes africaines dans l’arbitrage.

  • Asisat Oshoala, triple Ballon d’or 
Asisat Oshoala, 23 ans, est certainement la meilleure footballeuse africaine du moment. Cette talentueuse attaquante nigériane évolue depuis 2017 en Chine avec le club de Dalian Quianjian, après des passages au sein des clubs anglais de Liverpool et d’Arsenal. Elle a gagné trois fois (2014, 2016 et 2017) le Ballon d’or africain du football féminin et a été désignée en 2014 meilleure joueuse de la Coupe du monde féminine des moins de 20 ans. Asisat Oshoala a inscrit cette saison 19 buts dans le championnat féminin chinois.
  • Gabrielle Onguéné, membre de l’équipe nationale du Cameroun

Gabrielle Onguéné, à Edmonton, en juin 2015. Crédits : Kevin C. Cox / AFP

La Camerounaise Gabrielle Onguéné a été la révélation de la dernière CAN féminine, organisée dans son pays en 2016 : elle a été élue meilleure joueuse de la compétition. Cette attaquante de 29 ans évolue en Chine, nouvel eldorado du football féminin, et a terminé en 2016 et 2017 à la deuxième place du classement du ballon d’or africain, derrière Asisat Oshoala.

  • Nathalie Rabe, directrice de communication de la CAF

L’ancienne ministre malgache de la communication Nathalie Rabe est la nouvelle directrice de la communication de la CAF. Sa nomination valide ses nombreuses années au sein de l’institution en tant que responsable de presse. Nathalie Rabe était auparavant membre du panel des experts-médias de la CAF.

Avec le Monde Afrique

 

 

 

‘Bamba fépp’ : Macky Sall drague le maire Bamba Fall

Bamba Fall a accueilli Macky Sall hier, lors de la Journée internationale des droits de la femme au stade Iba Mar Diop. Plus d’une semaine après que les deux hommes ont assisté au Festival international soninké dans la commune de Médina. Et le chef de l’Etat pense que ce «hasard revêt quelque chose».Le maire de la Médina a persisté et signé mercredi, lors de la célébration de la première année de Khalifa Sall en prison, qu’il est partisan du maire de Dakar. Sans doute, une précision qui s’explique par sa sortie très commentée il y a quelques semaines, à fortes envolées lyriques à l’endroit du chef de l’Etat. Et hier, lors de la célébration de la Journée internationale des droits de la femme, présidée par Macky Sall, Bamba Fall a encore remercié la Première dame, Marième Faye Sall, pour «l’admiration et la considération» à son égard. «Je suis convaincu, et je sais que vous l’êtes monsieur le président de la République, que l’émergence de ce pays passera, entre autres, par les femmes en tant que participantes actives au développement économique et social de notre cher pays. Je ne saurais terminer, Excellence Monsieur le président de la République, sans pour autant remercier les femmes de la Médina qui ont bien voulu venir aujourd’hui vous accueillir, surtout le mouvement Nouvelle vision de la Médina… Dieureudieuf encore Monsieur le président de la République. Que Dieu vous prête longue vie !», a dit Bamba Fall. Et Macky Sall, dans son speech de dire : «Monsieur le maire de la Médina, notre hôte cher Bamba Fall, avec hasard du calendrier, nous voici à deux reprises dans votre commune en moins de deux semaines (Ndlr : ils étaient ensemble lors du Festival international soninké à la Médina). Je pense que cela revêt quelque chose.» C’est ce qu’on appelle la petite phrase qui revêt souvent aussi une grande signification politique. Voilà, en tout cas, une réponse qui va encore susciter des commentaires sur un rapprochement entre les deux hommes. Avec le Quotidien

Mini-série ‘Marokkiat’ : Des Marocaines racontent harcèlement et agressions sexuelles

Dans les douze épisodes de « Marokkiat », des femmes témoignent, en pleine rue et à visage découvert, et brisent les tabous.

Elles parlent à visage découvert de viol, d’homosexualité, de harcèlement dans la rue, des carcans vestimentaires et des interdits sociaux… Avec « Marokkiat », un format web tourné à Casablanca, des femmes marocaines prennent la parole et brisent les tabous.

Dès le premier épisode, Zahra, une vendeuse de rue d’une quarantaine d’années, déclare dans un grand rire « qu’il n’y a pas d’amour avec le Marocain » et qu’« au Maroc, l’amour c’est du business ». Depuis, en quelques mois, la série diffusée sur la page Facebook Jawjab a généré 6 millions de vues et 2,5 millions d’interactions.« J’avais envie de poster des femmes dans la rue, dans cette rue hostile et sauvage qui ne leur appartient pas, pour que le temps d’une prise de parole, elles disent “je suis là, j’existe”, qu’elles s’approprient cet espace », explique Sonia Terrab, 33 ans, écrivaine et réalisatrice à l’origine des Marokkiat (« Marocaines », en arabe dialectal).Dans sa mini-série de douze vidéos, douze femmes de tous âges, « simples », « normales », filmées debout dans la rue en plan large, partagent en soixante secondes leur vécu. La série « fait le portrait d’une société, d’une féminité à la marocaine », dit Sonia Terrab.

« L’homme te regardera toujours comme une chose »

Les chiffres sont éloquents : plus d’un Marocain sur deux reconnaît avoir déjà harcelé sexuellement une femme dans l’espace public et plus de 60 % des femmes déclarent avoir déjà été victimes de ce type d’agression, selon une récente étude publiée par l’ONU Femmes Maghreb. Symptomatiquement, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à estimer que l’apparence de la victime provoque le harcèlement, selon cette étude.« J’ai compris que je vivais dans une société où, que tu sois nue, habillée, en burqa ou même cachée sous un drap, l’homme te regardera toujours comme une chose », lance Khadija, 21 ans, dans l’un des épisodes des Marokkiat, racontant ce qu’elle vit depuis qu’elle porte le voile. « La fille doit suivre des normes et s’habiller selon le principe des hommes, pour qu’ils ne soient pas tentés : n’importe quoi !, s’insurge Nada dans une autre vidéo. En tant que filles, on est des demi-êtres et ça, ça me dérange. »Salima, 25 ans, cheffe d’équipe dans un groupe de commerce en ligne, a choisi de parler des agressions verbales provoquées par son tatouage, « perçu dans la rue comme un très gros acte de rébellion ». « J’avais envie de partager mon expérience quotidienne », explique à l’AFP celle qui récuse les termes de « militante » ou de « féministe », parce qu’elle « n’aime ni les cases, ni les étiquettes ». Son témoignage a fait 340 000 vues et, ce qui l’a le plus étonnée, « c’est de lire des commentaires positifs ». L’expérience lui a donné force et courage : « Avant, j’étais plus dans la résilience, je me disais “c’est bon, je ne peux pas changer les choses” », confie la jeune femme.

« L’autocensure est une vraie question »

« Quand elles s’expriment sans filtre sur Internet, les filles ont des retours très violents en général », souligne Fatim Ben Cherki, 33 ans, directrice de l’incubateur Jawjab qui produit le projet Marokkiat. Filiale d’une société de production locale, Jawjab soutient les jeunes créateurs de contenus web en leur fournissant des moyens de production. Sa page Facebook diffuse les programmes, alimente le débat et génère des commandes pour sa production numérique, ce qui permet d’équilibrer les dépenses.Avec Marokkiat, « on a eu une avalanche de retours, des messages de soutien, des messages d’amour, des témoignages : beaucoup de filles se sont spontanément présentées pour venir s’exprimer, libérer leur énergie, parler de leur vie tout simplement », se félicite la patronne de Jawjab. « Ça casse les idées reçues », estime-t-elle, rappelant que « le Maroc est un pays à l’apparence ouverte où l’autocensure est une vraie question ».Lire aussi :   Harcèlement sexuel : dans le monde arabe, de timides dénonciations avec #anakamenCar les réseaux sociaux changent la donne. « On l’a bien vu avec le phénomène #MeToo, à travers le monde, on parle de troisième révolution féministe », relève Sonia Terrab. La réalisatrice est persuadée que « la parole est en train de se libérer au Maroc : chez les jeunes femmes, il y a un vrai désir d’émancipation, prendre la parole dans la rue et dans l’espace virtuel les dérange de moins en moins ». Dans les douze épisodes de « Marokkiat », des femmes témoignent, en pleine rue et à visage découvert, et brisent les tabous. 
Elles parlent à visage découvert de viol, d’homosexualité, de harcèlement dans la rue, des carcans vestimentaires et des interdits sociaux… Avec « Marokkiat », un format web tourné à Casablanca, des femmes marocaines prennent la parole et brisent les tabous.
Dès le premier épisode, Zahra, une vendeuse de rue d’une quarantaine d’années, déclare dans un grand rire « qu’il n’y a pas d’amour avec le Marocain » et qu’« au Maroc, l’amour c’est du business ». Depuis, en quelques mois, la série diffusée sur la page Facebook Jawjab a généré 6 millions de vues et 2,5 millions d’interactions.Lire aussi :   Le Maroc légifère contre les violences faites aux femmes « J’avais envie de poster des femmes dans la rue, dans cette rue hostile et sauvage qui ne leur appartient pas, pour que le temps d’une prise de parole, elles disent “je suis là, j’existe”, qu’elles s’approprient cet espace », explique Sonia Terrab, 33 ans, écrivaine et réalisatrice à l’origine des Marokkiat (« Marocaines », en arabe dialectal).Dans sa mini-série de douze vidéos, douze femmes de tous âges, « simples », « normales », filmées debout dans la rue en plan large, partagent en soixante secondes leur vécu. La série « fait le portrait d’une société, d’une féminité à la marocaine », dit Sonia Terrab.

« L’homme te regardera toujours comme une chose »

Les chiffres sont éloquents : plus d’un Marocain sur deux reconnaît avoir déjà harcelé sexuellement une femme dans l’espace public et plus de 60 % des femmes déclarent avoir déjà été victimes de ce type d’agression, selon une récente étude publiée par l’ONU Femmes Maghreb. Symptomatiquement, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à estimer que l’apparence de la victime provoque le harcèlement, selon cette étude.« J’ai compris que je vivais dans une société où, que tu sois nue, habillée, en burqa ou même cachée sous un drap, l’homme te regardera toujours comme une chose », lance Khadija, 21 ans, dans l’un des épisodes des Marokkiat, racontant ce qu’elle vit depuis qu’elle porte le voile. « La fille doit suivre des normes et s’habiller selon le principe des hommes, pour qu’ils ne soient pas tentés : n’importe quoi !, s’insurge Nada dans une autre vidéo. En tant que filles, on est des demi-êtres et ça, ça me dérange. »Salima, 25 ans, cheffe d’équipe dans un groupe de commerce en ligne, a choisi de parler des agressions verbales provoquées par son tatouage, « perçu dans la rue comme un très gros acte de rébellion ». « J’avais envie de partager mon expérience quotidienne », explique à l’AFP celle qui récuse les termes de « militante » ou de « féministe », parce qu’elle « n’aime ni les cases, ni les étiquettes ». Son témoignage a fait 340 000 vues et, ce qui l’a le plus étonnée, « c’est de lire des commentaires positifs ». L’expérience lui a donné force et courage : « Avant, j’étais plus dans la résilience, je me disais “c’est bon, je ne peux pas changer les choses” », confie la jeune femme.

« L’autocensure est une vraie question »

« Quand elles s’expriment sans filtre sur Internet, les filles ont des retours très violents en général », souligne Fatim Ben Cherki, 33 ans, directrice de l’incubateur Jawjab qui produit le projet Marokkiat. Filiale d’une société de production locale, Jawjab soutient les jeunes créateurs de contenus web en leur fournissant des moyens de production. Sa page Facebook diffuse les programmes, alimente le débat et génère des commandes pour sa production numérique, ce qui permet d’équilibrer les dépenses.Avec Marokkiat, « on a eu une avalanche de retours, des messages de soutien, des messages d’amour, des témoignages : beaucoup de filles se sont spontanément présentées pour venir s’exprimer, libérer leur énergie, parler de leur vie tout simplement », se félicite la patronne de Jawjab. « Ça casse les idées reçues », estime-t-elle, rappelant que « le Maroc est un pays à l’apparence ouverte où l’autocensure est une vraie question ».Lire aussi :   Harcèlement sexuel : dans le monde arabe, de timides dénonciations avec #anakamenCar les réseaux sociaux changent la donne. « On l’a bien vu avec le phénomène #MeToo, à travers le monde, on parle de troisième révolution féministe », relève Sonia Terrab. La réalisatrice est persuadée que « la parole est en train de se libérer au Maroc : chez les jeunes femmes, il y a un vrai désir d’émancipation, prendre la parole dans la rue et dans l’espace virtuel les dérange de moins en moins ». Avec le Monde Afrique 

Portrait : DJ Arafat, enfant prodige et mauvais garçon d’Abidjan

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Habituée des rubriques faits divers comme des pages culture, la star ivoirienne DJ Arafat entend séduire au-delà de l’Afrique. Portrait d’une idole qui n’a rien d’un modèle.« Lundi, 15 heures. Sur les Champs-Élysées. » Ça claque, ça brille. Quand DJ Arafat donne rendez-vous, c’est plein de promesses. On s’imagine déjà dans l’un des derniers lieux branchés, sur la plus belle avenue du monde, avec le roi du coupé-décalé. On prendrait un café, lui une vodka hors de prix. Il aime la vodka, on se souvient de son salon à Abidjan, des canapés rouge et blanc en skaï et des dizaines de bouteilles vides de marque 3 Kilos en forme de lingot.Six jours plus tard. Lundi, 15 heures. Le périph pour horizon, les moteurs des voitures en bande-son. C’est gris et ça fait du bruit. On est à l’Ibis, porte de Clichy. Fini le rêve, voilà la réalité.Bras tatoués, grigris aux poignets, pupilles dilatées, le chanteur ivoirien sort d’une sieste. Affable, souriant, il est bien loin du personnage sulfureux qui noircit chaque semaine les colonnes des journaux ivoiriens. « Il le cache bien, mais c’est un grand timide », avait prévenu l’un de ses amis. Ce soir, il donne un concert privé, alors, en attendant, il faut tuer le temps. « PlayStation, musique, boîte de nuit, PlayStation, musique, boîte de nuit », avait répété Youyou, le manager d’Arafat pour décrire les journées de son protégé.Notre rivalité [dans les clashs] n’est que musicale, il ne faut pas prendre tout cela au sérieuxOn s’était retrouvés dans un bar, le Ferrari, situé tout près de la « cité Arafat », à Abidjan, comme tous les chauffeurs de taxi l’appellent désormais, où se trouve la maison du chanteur. Miroirs au mur, boule à facettes au plafond, serveuse en mini-robe léopard, le Ferrari est fait pour étirer les soirées. Est-ce pour son nom qu’Arafat a choisi d’en faire un QG de sa bande du Yorogang ? « À part la musique, ce que j’aime dans la vie ? Les voitures de luxe. Et faire l’amour », dit-il sans ciller. Il aime aussi les chiens. Ses quatre pitbulls sont chargés de garder ses grosses cylindrées, dont la Porsche, sa préférée, immatriculée CESAR, « parce que je suis un empereur ».

Clashs en direct sur les réseaux sociaux

Retour à Clichy. Un ami brandit un portable dernier cri. Trois clics et le voici en direct sur les réseaux sociaux. Enfant de la télé-réalité aux 2 200 000 fans sur Facebook, Arafat filme tout et, chaque jour ou presque, défraie « en live » la chronique avec ses « clashs ». Par téléphone interposé, les stars du coupé-décalé rivalisent de rimes et de bons mots.Le malaise devient total lorsque, en 2012, il se fait filmer en train de frapper sa petite amie« Les clashs, ça a commencé parce que je voulais montrer que j’étais le numéro un de la musique ivoirienne. Surtout, ça m’aide à inventer de nouveaux sons, j’ai besoin de concurrence pour trouver de l’inspiration, explique-t-il. Quand le monde de la musique dort, il faut le réveiller ! Notre rivalité n’est que musicale, il ne faut pas prendre tout cela au sérieux. »Tout cela ne serait-il qu’un sombre jeu ? L’artiste se mue régulièrement en mauvais garçon violent adepte des débordements : souvent, les piques entre concurrents tournent aux insultes. Le glauque l’emporte lorsque Arafat invective sa mère, qui l’injurie en retour. Le malaise devient total lorsque, en 2012, il se fait filmer en train de frapper sa petite amie. « Une erreur de jeunesse » qu’il dit regretter aujourd’hui.Jamais romantique, Arafat tente néanmoins de se racheter. En 2016, dans « Maplorly », un de ses succès, il prodigue des conseils pour garder sa femme près de soi : « Ils sont les premiers à vouloir gagner du temps / Or, pourtant, l’homme doit toujours satisfaire sa femme / Si je mens, dites-moi / Elle a besoin de prendre son pied. »Il appartient à un mouvement qui se fait autant connaître pour ses scandales que pour sa musique

Dans la rubrique des faits divers

L’idole des jeunes Ivoiriens, considéré comme l’un des artistes africains les plus influents depuis une décennie, n’a rien d’un modèle. L’homme squatte tout aussi souvent la rubrique des faits divers que les pages culture des magazines.« DJ Arafat a un charisme hors du commun, il a su fédérer la jeunesse autour de lui, mais, désormais, il doit mieux s’entourer. Il appartient à un mouvement qui se fait autant connaître pour ses scandales que pour sa musique. Ces artistes doivent se rendre compte qu’ils sont écoutés et qu’ils ont une responsabilité vis‑à-vis de leur public », estime A’Salfo, le leader du groupe Magic System.DJ Arafat, c’est l’histoire d’un enfant délaissé, fou de musique et fasciné par les paillettes. Ange Didier Houon grandit au Terminus 40, un quartier du fin fond de Yopougon. Dans cette commune populaire, il fait plutôt figure de privilégié. Son père, Pierre, alias Wompi, est un musicien et arrangeur reconnu. Sa mère, Tina Glamour, est une chanteuse à l’allure vulgaire et aux poses lascives. La famille a de l’argent, mais les parents sont toujours absents. Très vite, le petit Ange est dans la rue, il entre dans des gangs, expérimente la violence, la drogue. Le soir, il traîne rue Princesse, où s’anime le monde de la fête et du son. Il parvient même à travailler au Shangaï et au Compressor, deux des temples de la nuit.

Reconnaissance

Ange enchaîne déjà quelques bonnes rimes au micro et hérite d’un surnom trouvé par ses amis ivoiro-libanais : « Arafat », comme le leader palestinien, que les gosses voient à la télé en ces heures de deuxième Intifada. À l’époque, Douk Saga fait vibrer les enceintes des maquis avec sa nouvelle musique : le coupé-décalé. C’est le début des années 2000 et ce son de petit bandit qui arnaque (« coupe ») et s’enfuit (« décale ») conquiert tout le pays plongé dans la crise.« Le coupé-décalé a émergé en 2002 avec la partition de la Côte d’Ivoire. La crise rendait la vie difficile, et les Ivoiriens ne voulaient plus entendre parler de politique. Fini les chanteurs engagés. Le soir, ils voulaient juste s’amuser », se souvient Philippe Kla, journaliste spécialiste de la musique ivoirienne. On chante l’amour, le sexe, l’alcool et la fête ; on danse et on se soûle jusqu’au petit matin.Ses protecteurs sont nombreux, mais le plus proche s’appelle Hamed Bakayoko, le ministre de la DéfenseLe modèle d’Ange Houon s’appelle alors Jonathan, et c’est sa mort prématurée qui va propulser la carrière de DJ Arafat. En 2003, « Hommage à Jonathan » devient un tube ; c’est toujours son morceau préféré. Le musicien détonne et se démarque. « Il a apporté quelque chose de nouveau au coupé-décalé. Il fabrique des titres dansants et les accompagne de chorégraphies faciles à retenir », poursuit Philippe Kla. À chaque chanson, Arafat crée de nouveaux pas de danse repris par tous ses fans dès la tombée de la nuit.Surprenant, le mauvais garçon est attachant et séduit tant les enfants pauvres que les puissants. Ses protecteurs sont nombreux, mais le plus proche s’appelle Hamed Bakayoko. Dans le club privé du ministre de la Défense, ancien patron de la station musicale Nostalgie, Arafat va chanter de temps en temps. « Il m’a toujours soutenu et m’a beaucoup aidé tant mentalement que financièrement. Il me donne des conseils. C’est mon papa », dit l’artiste. Son « grand frère » s’appelle Didier Drogba.Depuis quinze ans, je suis le meilleur. Je suis à la fois le passé, le présent et le futur de cette musiqueAvec leur soutien, la superstar ivoirienne veut désormais briller au-delà de l’Afrique. Son dernier album, il l’a signé chez Monstre marin, le label de Maître Gims affilié à Universal Music. Un opus au son différent, plus afro-trap, pour conquérir un public plus large.Le pari n’est pas gagné : en décembre, au Bataclan, le nombre de spectateurs présents était décevant. Arafat est alors reparti sur des terres familières pour frapper un grand coup, au Burkina Faso, où il a rempli des stades. Il en faudrait plus de toute façon pour l’inquiéter : « Depuis quinze ans, je suis le meilleur. Je suis à la fois le passé, le présent et le futur de cette musique », clame celui qui, sur son dernier album, se proclame « enfant béni ».

Le meilleur, vraiment ?

Quatre fois élu meilleur artiste aux Awards du coupé-décalé (notamment lors de la dernière édition), DJ Arafat est concurrencé depuis plusieurs années par d’autres poids lourds de cette musique qu’il « clashe » sur les réseaux sociaux.Un temps proche d’Arafat, qu’il a connu dans les clubs de Yopougon, Debordo Leekunfa s’est fait connaître grâce à « Kpangor », chanté et dansé en duo. En 2008, ce titre est l’un des plus écoutés en Afrique de l’Ouest. Mais l’amitié entre les deux chanteurs fait long feu ; dès l’année suivante, ils se disputent et alternent depuis entre rapprochements et inimitiés.Autre figure du milieu, Serge Beynaud est devenu incontournable à partir de 2009 grâce à son titre « Kouma Lébé ». Il travaille régulièrement avec Bebi Philip, figure bien plus sage et plus professionnelle du mouvement. Musicien, chanteur mais aussi producteur, il est très influent dans le milieu musical ivoirien. Avec Jeune Afrique 

Pour la Journée de la Femme, Idrissa Seck s’est fait poète

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À l’occasion de la journée des femmes, célébré hier, jeudi 8 mars, Idrissa Seck a écrit un poème :«Et qui te dira ce qu’est une femme ? C’est une créature dans laquelle Nous avons placé un grand bien.» (Le Livre)«À nos mères qui nous ont porté, mis au monde et tendrement accompagné jusqu’au sevrage et au-delà, éprouvant peine sur peine,À nos épouses qui nous comblent affectueusement de leur présence, vêtement pour nous comme nous le sommes pour elles,À nos sœurs qui nous agacent si tendrement et qui nous manquent des qu’elles tournent le dosJe souhaite un excellent 8 mars et exprime toute ma reconnaissanceAucune entité ne se réjouit d’être amputée de sa moitié. C’est encore plus vrai de l’homme vis-à-vis de la femmeMerci.»Idrissa SeckPrésident de Rewmi 

Mankeur Ndiaye dédicace aujourd’hui son livre ‘Diplomatie, 20 ans à la Place’

L’ancien ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, Mankeur Ndiaye, vient de publier un livre intitulé  « Diplomatie, 20 ans à la place ». La cérémonie de dédicace aura lieu vendredi à Dakar.Ce livre paru aux éditions Panafrika, retrace l’itinéraire de l’ancien chef de la diplomatie sénégalaise. Mankeur Ndiaye rappelle, dans ce document, qu’il est entré au ministère des Affaires étrangères,  le 08 août 1991, après trois années de formation à l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (ex-Enam). « Je me suis présenté au concours d’entrée, par un coup de chance, j’allais dire un coup du sort, et dans la semi clandestinité, », souligne l’ancien candidat malheureux aux élections législatives  de février 1988, sur la liste du Parti pour l’indépendance et le travail (Pit) du Sénégal. « C’est au moment où le pays était en pleine crise postélectorale. Naturellement donc, les opposants de Gauche que nous étions, fortement impliqués dans les mouvements de contestation post-électorale et dans les luttes politiques et syndicales, considéraient qu’il n’y avait pas de chance, ou très peu, d’accéder à cette grande école dont les produits étaient au cœur du dispositif de fonctionnement de l’Etat », écrit-il. Le livre de Mankeur Ndiaye revient sur le chemin parcouru de Dagana, sa ville natale, à Dakar, la capitale, en passant par l’installation du ministère à l’actuelle Place de l’Indépendance, son passage comme directeur de cabinet du ministre de l’Intégration, Magatte Thiam, ses six ans à la représentation du Sénégal à l’Onu, les retentissants succès diplomatiques du Sénégal sous Macky Sall, etc. Ce livre apporte aussi une lumière utile sur plusieurs pans de notre histoire diplomatique et sur des séquences significatives des relations internationales. C’est le fruit de ces médiations sereines et fortes que l’auteur partage avec générosité, selon l’éditeur. 

Jeune Afrique salue la renaissance de Tract

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Tract renaît de ses cendres, ce jeudi 8 mars, en faisant le pari du web. Après avoir disparu des kiosques en 2002, ce nouveau venu sur la toile sénégalaise entend « parler de choses sérieuses, en restant léger ».C’est Youssou Ndour, « star planétaire » du mbalax sénégalais et ministre conseiller du président Macky Sall qui sera à la Une de Tract, ce jeudi. Et en particulier une de ses plus récentes sorties médiatiques qui, depuis, fait couler beaucoup d’encre à Dakar. « Je suis déçu », a en effet lâché début mars le chanteur et ex-ministre de la Culture et du tourisme dans une interview sur « sa » télé, la TFM. Cible de ses critiques : le fonctionnement de Benno Bokk Yakaar, la coalition présidentielle à laquelle il appartient. Et à voir la ligne éditoriale que se propose de suivre Tract, on ne peut qu’imaginer un traitement pour le moins salé.Un journal « sérieux et impertinent »Chaque lundi matin, une photo de nu érotique signée par le Béninois Erick-Christian Ahounou accueillera le lecteur de Tract. Une manière de souhaiter une bonne semaine aux internautes friands de courbes flatteuses, et de les inciter à découvrir plus en avant le contenu du site.« On veut être un journal sérieux, sans être soporifique, explique son directeur de la publication Ousseynou Nar Gueye, qui officie également au parti Sud de Moustapha Mamba Guirassy. Chaque jour, nous aurons au moins un texte original, avec un fort parti pris. Tract parlera de politique, d’économie [à travers ‘l’Éco des savanes’, NDLR], de culture et de mode, mais en gardant un ton léger et désinvolte. »Une impertinence que l’on retrouve dans le choix et le traitement des articles, et qui n’est pas sans rappeler certains titres de la presse satirique. Rien d’étonnant à cela : Ousseynou Nar Gueye a été pendant quatre ans aux manettes du P’tit railleur sénégalais, un journal connu pour ses portraits grinçants d’hommes et de femmes politiques et de personnalités du show-business.Une place faite au dessinSon directeur confesse également être « biberonné depuis quinze ans au Canard Enchaîné et à Charlie Hebdo ». Une confession plutôt rare au Sénégal, où Charlie est loin d’avoir bonne presse depuis la publication des caricatures de Mahomet.Cette veine incisive se retrouve également dans la place faite au dessin, avec la présence trois fois par semaine de Oumar Diakité et de son personnage fétiche Issa Koor. Plus connu sous son pseudonyme de Odia, ce caricaturiste de talent exerce depuis plus de trente ans dans les journaux sénégalais. Un crayon acéré et sans concessions, qui trouve son inspiration notamment du côté de Cabu – le dessinateur assassiné en janvier 2015 dans les locaux de Charlie Hebdo.Tract, qui revendique une dizaine de collaborateurs, prêtera également une oreille attentive aux faits divers. « C’est un élément important pour comprendre une société, justifie son directeur de publication. Et puis, même si nous sommes un peuple pudibond, les Sénégalais sont friands de ce genre d’informations. C’est un petit plaisir coupable. »Quel modèle économique ? Avant d’être un site Internet, Tract a été au début des années 2000 un quotidien papier sous format tabloïd, qui a périclité deux ans après sa naissance pour des raisons financières. Celui-ci est resté dans les mémoires pour son photomontage représentant le Premier ministre de l’époque, Mame Madior Boye, avec le corps d’une mannequin en bikini. Une outrecuidance qui vaudra à Ousseynou Nar Gueye, déjà directeur de publication du quotidien, une garde à vue dans les locaux de la police pendant deux jours.Pourquoi avoir décidé de migrer vers le Web ? « Le papier n’est plus le premier mode de consommation de l’information », explique Ousseynou Nar Gueye, qui mentionne la triste fin du Nouvel Horizon. Cet hebdomadaire historique de la presse sénégalaise, qui ne tirait plus qu’à un peu moins de 10 000 exemplaires par semaine, a tiré sa révérence au début du mois de janvier.Mais le web sénégalais – où l’on compte plus de 200 sites d’information – offre-t-il de réelles perspectives d’avenir ? « Nous pensons avoir un modèle économique viable, se contente de répondre son directeur. Mais il est encore trop tôt pour le dévoiler. D’autres pourraient le prendre. » Reste le principal défi de Tract, comme le rappelle Ousseynou Nar Gueye dans son édito : « Celui de rencontrer nos lecteurs. »Olivier LiffranJeuneAfrique.com 

Le DG adjoint d’Air Sénégal recherché par la justice congolaise

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Alors qu’il est activement recherché par la Justice congolaise pour une sombre affaire de malversations, Jérôme Maillet a été bombardé directeur général adjoint d’Air Sénégal, chargé de la stratégie et de l’investissement. Selon le joiurnal Kéwoulo, « désigné DG adjoint devant permettre à la compagnie Congo Airways de briller en Afrique centrale, Jérôme Maillet l’actuel numéro 2 d’Air Sénégal, est au cœur d’un gros scandale qui a failli causer un incident diplomatique entre la France et Joseph Kabila. Et depuis lors, l’homme serait un fugitif recherché par la justice congolaise pour une affaire de malversation et de détournement de fonds ».Kéwoulo indique qu’il est reproché à Maillet d’avoir participé à une opération d’offre de fournitures destinées à la compagnie congolaise, déclarée en faillite en début d’année 2017. « De l’argent a été décaissé. Et les fournitures commandées auprès de présumés amis de Jérôme Maillet n’ont jamais été livrées. Alors, on l’a convoqué à la police judiciaire. Mais, entre-temps, il a réussi à se faire exfiltrer par la France. Aujourd’hui, nous sommes surpris de voir que l’homme concerné par le dossier Congo Airways-Sébastien Ferré et consorts du PV n°0897 à 0905 et contre qui nous avons lancé un mandat d’amener est celui-là qui doit faire fonctionner votre compagnie nationale », a déclaré une source proche du parquet de Kinshasa.Le site conclue:  « Parti clandestinement du Congo, Jérôme Maillet est payé aujourd’hui à 10 millions de F CFA par mois et il doit décider des partenaires comme des prestataires d’Air Sénégal fait, depuis lors, l’objet d’un mandat d’amener de la justice congolaise ».