Maître Amadou Sall flirte à nouveau avec l’article 80 : ‘Macky buxat la !’

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Imbroglio entre trois Sall : Macky, Khalifa et Amadou : la commémoration des 12 mois de détention du maire de Dakar a réuni ce mercredi de nombreux opposants au régime de Macky Sall. Ceux-ci qui ont tenu à manifester leur soutien à Khalifa Sall n’ont pas été tendres avec le leader de l’APR. Prenant la parole, l’ancien ministre de la Justice à encourager les autres à privilégier l’intérêt commun pour faire face à Macky Sall.« Khalifa Sall est dans la prison et Macky n’a pas l’ambition de le libérer. C’est un incapable qui est à la tête du pays. Et tous ceux qu’ils pensent qu’ils constituent un danger pour lui, il les élimine. Il faut qu’on s’oublie », martèle Me El Hadji Amadou Sall.Et comme pour expliquer la pertinence de leur unité, l’avocat d’ajouter : « Vous ne connaissez pas Macky, mais nous le connaissons : buxat la (c’est un peureux). Si nous sommes unis, il va fuir ».

Présidentielle 2019: la ‘‘société de confiance’’ émergera-t-elle enfin ?

​En 2012, vingt ans après le code consensuel de 1992, avec l’élection de Macky, nous avons espéré avoir refondé la ‘société de confiance’. Vingt ans après ! Soit le temps d’une génération. 7 ans de plus sont passés sant que cela soit advenu.
En mars 2012, en se refusant à une dérobade devant le second tour de l’élection présidentielle, désistement auxquels tous ont pu s’attendre après son piètre score de 35% du premier tour,  auto-éviction que beaucoup avaient spéculé tout en se refusant à y croire (paradoxe de la schizophrénie des Sénégalais!), Abdoulaye WADE aura fait plus que de conforter le Sénégal au rang des démocraties majeures.
Nous avions pensé qu’en ne reculant pas au pied du mur, Maître WADE avait ainsi changé  la face du Sénégal et son tréfonds sociétal, pour les années à venir.
Certes, le contraire aurait pu avoir un panache certain ! Mais il nous faut arrêter avec les fiers panaches des chevaliers sur leurs destriers blancs. Mettre pied à terre, avoir les pieds sur terre, pour continuer notre histoire. Dans la bonne direction de l’Histoire.
Le seul bon choix historique que nous avions, puisque nous n’en sommes plus aux siècles des pogroms, guerres civiles, génocides, épurations et étripailleries ethnicistes, autodafés et fatwas.
Macky SALL semblait y contribuait pas peu non plus, à ce changement sociétal vers lequel nous pensions que le Sénégal basculait, à compter de ce printemps d’un mois mars 2012 dont la cavalcade sera allé à la vitesse d’un pur-sang arabe.
Nous pensions entrer dans la société de confiance.
Une société de confiance, en lieu et place de la société du jeu de dupes permanent. Une société de confiance, où on va au bout de son engagement. Une société de confiance, où le reniement – renonciation n’est plus forcément et toujours un sursaut de dignité.
Une société de confiance, où l’on fait ce que l’on dit et où l’on dit ce que l’on fait. Une société de confiance, où l’on ne rebrousse pas chemin faisant, au motif que des nuages noirs se précisent à l’horizon et que le précédent tourbillon avait emporté le toit de chaume de la case de votre grand-père, au temps immémoriaux de la ‘‘Ceddocratie’’.
Oui, Abdoulaye WADE nous semblait à la baguette de ce point d’orgue, qui nous remet tous sur la même longueur d’ondes.
Oui, Macky SALL paraissait pousser aussi à ce changement d’air et d’ère.
Pour avoir brûlé la politesse à « ceux-dont-c’est-le-tour » et en ayant bousculé le droit d’aînesse des leaders de partis historiques de Benno. Des aînés de son ‘‘cercle de conversation’’, qui ont préféré faire assaut d’intelligence, plutôt que de rivaliser d’esprit de sagesse : Moustapha NIASSE et Ousmane Tanor DIENG, qui avaient choisi de jouer au poker menteur à visages sereins, dans la désignation du champion unique de l’opposition dite significative.
Macky SALL avait fait entrer cet appel d’air obstiné qui frappe aux fenêtres de la maison Sénégal à l’atmosphère confinée, pour être resté dans les garde-fous de la République sur l’ornière cahoteuse qui menait aux urnes. Il n’annonçait le pis aller qu’en cas de pire : un gouvernement parallèle s’il y avait la non-tenue d’un non-scrutin.
Quand les devanciers de sa classe d’âge dans l’opposition sans nuance, Idrissa SECK en tête, ont parié qu’il s’agirait de conduire un Roi-Soleil sur l’échafaud en Place de Grève,  après circumnambulations expiatoires autour de la Place de l’Indépendance.
Il est vrai qu’ils étaient renforcés à accroire en cette vraie-fausse prémonition, par la poussée des leaders d’opinion qui avaient un intérêt objectif à son autoréalisation. Notamment le nouveau ‘‘contemporain capital’’ qu’est Youssou NDOUR.
La procession républicaine a finalement mené aux urnes et non aux cimetières.
Il est heureux que le pari du pire, une fois de plus, n’ait pas été le meilleur pari.
1992 -2012.Vingt ans. Cela nous semblait un temps suffisant  pour commencer à refonder la confiance.
Confiance rompue à l’élection présidentielle de 1993, dans la foulée du code dit consensuel de 1992. Consensus de 1992 qui ne fut que de façade, comme la démission du juge aux mains probes Kéba MBAYE l’année suivante l’aura montré. Rupture de consensus dont la disparition tragique de Me Babacar SEYE aura été le pic de la farandole.
Une génération pour changer d’époque, ce n’eut pas été trop. Une génération pour faire évoluer les mentalités et la société, ce n’aurait pas été de trop.
‘‘Homo Senegalensis’’ de son nom scientifique,  Sénégalaise et Sénégalais de son acception revendiquée, est un être social dont l’hybridation est une osmose. D’abord et avant tout.
Chez homme comme femme, il y a hybridation des trois héritages qui forment le creuset, le socle et le moule de notre civilisation. L’apport négro–africain, l’apport franco-occidental et l’apport arabo-musulman s’entremêlent sans s’enchevêtrer.
Osmose de ces trois apports chez les Sénégalais, qui jamais n’ont jamais été assimilés par eux, mais les ont toujours assimilés, digérés et incorporés. Le Sénégalais n’est pas, n’a jamais été hybride.
Dans une société qui est devenue hybride, qui a fini de le devenir, il nous faut repenser à une nouvelle transmutation de ces apports, pour un retour à l’osmose entre les individus et la société. Retour à l’osmose nécessaire. Sans cela, la confiance, socle de toute société, continuera à être absent d’un pays, le Sénégal, qui pense pouvoir s’obstiner à rester une juxtaposition de familles, d’alliances et de communautés.
Le retour de l’osmose dans la société sénégalaise, c’est ce second tour de l’élection présidentielle 2012 qui en sera le catalyseur. Le défaut d’osmose n’est pas entre les Sénégalais, il est entre eux et leur propre société !
A cette aune, le fait que le second tour aille jusqu’à son terme républicain, entre le Chef de l’Etat sortant Abdoulaye WADE et l’ex- Président de l’Assemblée nationale Macky SALL, était une excellente nouvelle.
Dans les urnes, un prochain dimanche de mars, un Président de la République serait élu dans le secret des urnes.
Ce ne sera que le début de la refondation au sein de sein de la République. Pour une Nation qui soit une société, et non plus une juxtaposition de communautés.
Qu’Abdoulaye WADE soit réélu ou que ce fut Macky SALL qui l’emportât, ce ne serait ni « le changement dans la continuité », ni une simple nouvelle ‘‘alternance politique alternative’’.
Que le mandat finissant se prolonge dans un ‘‘bail triennal Wade’’ ou qu’il mue en un ‘‘septennat Sall’’, Homo Senegalensis’’ était dans l’obligation de revisiter le sens et la signification qu’ils persistent à donner aux valeurs de dignité, d’honneur, de courage, de pudeur, de discipline, de tolérance, de politesse, de droit d’ainesse.
Il allait falloir que les Sénégalais, que nous sommes, retranchent et/ou rajoutent, quelque chose plutôt que rien, à chacune de ces valeurs.
Le contenu et la mise en œuvre de ces « valeurs sénégalaises’’ ne pouvaient et ne devaient pas rester identiques à qu’ils ont été « depuis toujours », « depuis que le Sénégal est Sénégal », « depuis Ndiadiane NDIAYE », « depuis Kocc Barma FALL», « depuis tel qu’on les a trouvé là et tel qu’on les y laissera ».
Nous ne pouvions plus, pensions-nous, continuer à nous payer le luxe d’affecter qu’elles ne peuvent être rendues parfaitement qu’en wolof et jamais dans une autre langue, dans leurs versions immutables  et gravées dans le marbre, que sont :  ‘‘jomm’’,  ‘‘ngor’’, ‘‘njub’’, ‘‘fula’’, ‘‘fitt’’, ‘‘fayda’’, ‘‘kersa’’, ‘‘maandutté’’, ‘‘mugn’’, ‘‘amm kilifa’’,  ‘‘yeugg nitt’’, ‘‘déggal makk’’.
2012 – 2018 n »aura pas permis de changer cela. 2019 pointe à l’horizon.
La stricte acception de ces ‘‘valeurs sénégalaises’’, tant qu’elles ne sont pas revisitées, autorisera toujours des comportements qui sapent et détruisent toute possibilité de construction d’une société de confiance : débauchages politiques, transhumance d’élus, votes de sentiment ? Oui.
Mais aussi, escroqueries au visa, charlatanisme à la petite semaine, mariages dits d’en dessous, marivaudages à multiples prétendants, ravaudages de virginités féminines, publicités publiques à l’élongation du membre viril, coups bas dans la jovialité entre collègues de travail . S’il y a un acquéreur, c’est toujours parce qu’il y a un vendeur.
Que le flou cesse et il y aura bien moins de loups : ce qui est le moindre pour qu’advienne ce qui s’appelle une société.
L’islam, religion majoritaire, a été revisité. L’occidentalisme version francophone a été démythifié et démystifié. Seul, reste encore à être questionnées sans tabou, les valeurs ancestrales dont nous nous prévalons fièrement. Pour les adapter à une société, qui ne peut plus continuer à voir les individus et les communautés qui la composent balancer entre le moderne et l’ancien, au gré des circonstances, mais surtout au gré de leurs intérêts du moment et dans leur absence de souci du lendemain laissé à Dieu. Alors seulement, le trépied sur lequel repose la société Sénégalaise sera en équilibre. Il faut que tout change, pour que tout reste pareil.
Nous sommes une démocratie moderne ? Hé bien, que les élections soient désormais organisées et supervisées par l’Etat, comme il se doit. Et non pas, par des organes provisoires et d’exception qui deviennent permanents, type ONEL-CENA.
Nous respectons les libertés individuelles ? Que cesse la centralisation des fichiers  d’identification des personnes au sein des mêmes organismes et que leur accès soit contrôlé par une commission nationale indépendante, qui s’assurera qu’il n’y a pas des djinns ou des vampires.
Une société se doit d’être en projet. Une société, ce n’est pas la perpétuation de rites qui deviennent cérémonial, puis comédie sociale.  Entre le moderne et l’ancien, il y a une troisième voie qui est le projet social. Le projet social de la société sénégalaise.
Nouvelle alternance au sommet ou pas, la seule alternative qui permettra aux Sénégalais, à tous les Sénégalais, de retrouver et de reconstruire une société de confiance,  c’est le changement sociétal.
Le seul ‘‘NTS’’ dont nous ayons besoin, tous et chacun, c’est un Nouveau Type de Société.
Le vrai courage politique, le vrai courage tout court, sera celui-ci : que ceux, dont la fonction de chefs politiques les habilitent à lancer des consignes de vote au second tour, ne cèdent plus à la tentation confusionniste de faire de leur  consigne de vote un ticket d’accès à composter au futur gouvernement ou dans les corps constitués, au mépris de tout similarité entre projet de société libéral keynésien et projet de société social-démocrate. Les « consignateurs » se doivent de  rester à la consigne, pour l’éclaircissement de l’exercice politicien de gestion de la cité.
Plus grave que le viol de la Constitution, il y a le viol des consciences.
Ousseynou Nar GUEYE
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Nominations en Conseil des ministres du mercredi 7 mars 2018 : mouvement diplomatique

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Au titre des mesures individuelles, le Président de la République a pris les décisions suivantes :• Monsieur Gorgui CISS, Conseiller des Affaires étrangères principal, précédemment Ambassadeur, Représentant permanent adjoint de la république du Sénégal auprès de l’Organisation des Nations Unies à New York, est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Sénégal auprès de sa Majesté AKIHITO, Empereur du Japon, avec résidence à Tokyo, en remplacement de Monsieur Cheikh NIANG, appelé à d’autres fonctions ;• Le Colonel Kisma Mamadou SOW, est nommé Directeur du Service civique national, au ministère de la Jeunesse, de la Construction citoyenne et de la Promotion du Volontariat, en remplacement du Colonel Antoine WARDINI, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;• Monsieur Waly FAYE, Expert en Suivi-évaluation titulaire d’un Diplôme d’Etudes Approfondies en Développement, Environnement et Société, est nommé Directeur du Suivi et de l’Evaluation au ministère de la Bonne Gouvernance et de la Protection de l’Enfance ;• Monsieur Niokhobaye DIOUF, Inspecteur principal de l’Animation, est nommé Directeur de la Promotion des Droits de l’Enfance au ministère de la Bonne Gouvernance et de la P• Monsieur Momar GUEYE, Conseiller des Affaires étrangères principal, précédemment Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Sénégal en République Fédérale d’Allemagne, est nommé Ambassadeur Extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Sénégal auprès de sa Majesté Willem-Alexander, roi des Pays-Bas, avec résidence à la Haye, en remplacement de Monsieur Momar DIOP, appelé à d’autres fonctions ;• Madame Ramatoulaye Ba FAYE, Conseiller des Affaires étrangères principal, précédemment Ministre-Conseiller, Directeur Asie, Pacifique et Moyen-Orient au ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Sénégal auprès de Son excellence Monsieur Béji Caïd ESSEBSI, Président de la République Tunisienne, avec résidence à Tunis, en remplacement de Madame Khadidiatou TALL DIAGNE, Appelée à d’autres fonctions ;• Monsieur Khare DIOUF, Conseiller des Affaires étrangères principal, précédemment Ministre-conseiller à l’Ambassade du Sénégal à Bruxelles, est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Sénégal auprès de Son Excellence Monsieur Paul BIYA, Président de la République du Cameroun, avec résidence à Yaoundé, en remplacement de Monsieur Vincent BADJI, appelé à d’autres fonctions ;• Monsieur Abdoulaye BARRO, Conseiller des Affaires étrangères principal, précédemment Ministre-conseiller à la Représentation permanente du Sénégal auprès de l’Organisation des Nations Unies à New York, est nommé Ambassadeur, Représentant permanent adjoint de la république du Sénégal auprès de l’Organisation des Nations Unies à New York, en remplacement de Monsieur Gorgui CISS, appelé à d’autres fonctions ;• Monsieur Abdou Khadre NDIAYE, Spécialiste en Gestion des Organisations, est nommé Président du Conseil de Surveillance de l’Agence nationale de la Maison de l’Outil (ANAMO), en remplacement de Monsieur Mamadou GASSAMA, appelé à d’autres fonctions ;• Madame Fatimata BA, Inspectrice de l’Enseignement moyen-secondaire, précédemment Conseillère en Education au Secrétariat général de la CONFEMEN, est nommée Directeur de l’Enseignement moyen-secondaire du ministère de l’Education nationale, en remplacement de Monsieur Oumar BA, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;• Le Colonel Kisma Mamadou SOW, est nommé Directeur du Service civique national, au ministère de la Jeunesse, de la Construction citoyenne et de la Promotion du Volontariat, en remplacement du Colonel Antoine WARDINI, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;   • Monsieur Waly FAYE, Expert en Suivi-évaluation titulaire d’un Diplôme d’Etudes Approfondies en Développement, Environnement et Société, est nommé Directeur du Suivi et de l’Evaluation au ministère de la Bonne Gouvernance et de la Protection de l’Enfance ;   • Monsieur Niokhobaye DIOUF, Inspecteur principal de l’Animation, est nommé Directeur de la Promotion des Droits de l’Enfance au ministère de la Bonne Gouvernance et de la Protection de l’Enfance.

‘MACRON, L’ART DU BAISER’

‘On vous adore à genoux uniquement quand on n’a pas su vous enterrer sous la boue’.Le mot est de Vautrin, inclassable personnage balzacien et increvable prédicateur. Il annonçait Macron, en creux. Enfanté par les corps d’élite de la république, c’est au Biafra [1] que le jeune Macron promène ses premiers sourires carnassiers en stage. Le Nigéria, miniature africaine : identité démographique, richesses minières, scène culturelle bouillonnante, Boko Haram, fragilité étatique, économie rentière, disparités géographiques… Le pays condense le continent. En Afrique, où désormais les polytechniciens, énarques, sont envoyés (presqu’obligatoirement) pour sonder l’épicentre de la démographie mondiale prochaine, et sortir de leurs privilèges, on rencontre des porcs balancés depuis l’Europe qui ouvrent leurs parachutes financiers pour trousser de la négresse, tout autant qu’on y rencontre des occidentaux à costume waxisant, écumant les lieux bourgeois, sur l’autel de l’irrésistible interculturalité. Il arrive que les deux soient les mêmes, mais Macron a la gâchette sobre ou discrète. Accordons-lui le bénéfice du doute. Au Nigéria, il se tint coi, trahissent les télégrammes diplomatiques. Les africanistes du temps colonial faisaient l’Afrique, titre de gloire et de courage. Les africanistes nouveaux, aiment l’Afrique, acte de rachat d’une culpabilité coloniale devenue pesante en Europe. Entre les deux vogues, entres parois, se tiendrait presque la genèse indécise du Macronisme : l’art du baiser, avec le venin à effet lent, sous le vernis éclatant de bienveillance.Bébé de la méritocratie mais aussi de la caste aristo ; allaité au lait du pouvoir par Hollande après avoir fait sautiller son ambition sur les jambes d’Attali et d’Alain Minc[2], il était légitime d’attendre du blanc-bec picard un échec. Pareils tuteurs, monstres des cabinets, promettaient une courte carrière. On attendait donc que le prodige trébuchât. Son flair le sauva. Son talent, le propulsera. A peine les médias annonçaient-ils en effet son cercueil politique, que le disciple de Ricœur se précipitait d’y envoyer toute la classe politique dans le plus grand génocide – propre et chirurgical – jamais produit. En deux élections, la vieille France où la politique, affaire de crapules et de barbouzes, mâtinée de génie et d’art du discours, sombrait dans l’âge nouveau du puritanisme triomphant. Avec du jeunisme, des sourires, le messianisme et l’utopie de l’espoir, Macron dispersait les cendres des aînés avec le sourire candide du prince. Cap sur les dépendances Africaines. La colonie devenue villégiature.A Ouagadougou[3], le prince est taquin. A Dakar, rieur et magnanime. Au Ghana, il se camoufle. Un président africain vient d’y hurler que le ciel et bleu[4]. Aux concerts de louange il ajoute sa note. Combien ça coûte, de dire aux gens ce qu’ils veulent entendre ? Rien. D’autant plus qu’il dit la même chose à Ouagadougou. Avec Poutine et Trump, il habille ses trente ans l’insolence, avec la majesté versaillaise pour vaincre. Il a compris, qu’en politique, les batailles frontales perdent de leur crédit. Il faut louvoyer. Bâillonner ses ennemis en les embrassant, l’art du crime propre. Il l’a senti. L’Afrique, de Kirikou à Marvel, soustraite même ses rêves à Hollywood, ses intellectuels à la francophonie, ses projets à l’AFD, sa jeunesse sur le départ aux miettes d’Eldorado, ses Etats aux griffes de Bretton Woods, ses lépreux aux humanitaires occidentaux, sa jeunesse qui Y’en a marre aux injections des fondations. C’est connu, quand il ne reste rien, montent au ciel les volutes et les clameurs de l’indépendance. Les cris disent souvent les impuissances. Il faut, pour Macron, et son nouveau cabinet africain[5] débarrassé de tout soupçon foccardien, tirer de cette énergie rebelle sur le continent, avide de fierté et d’identité, un pécule et un intérêt, pour mieux administrer la colère et l’organiser. Claudy Siar, roquet enragé, traité à la naphtaline succomba à l’appel, Mabanckou, rebelle tardif, refusa, montant en théâtre son acte de refus. Quelle désarmante magnanimité que celle qui consiste à aimer son ennemi. A rendre les armes face à ceux qui foncent tels des fauves sur vous. Tel est l’art du baiser. Après avoir enterré la scène politique française, il en fera de même avec celle africaine. Et à Vautrin toujours la fin : pour réussir, il faut « l’éclat du génie, ou l’adresse de la corruption ». Et Macron a les deux. * Elgas, écrivain (Un dieu et des mœurs, Présence Africaine, 2015) ©Tract Quotidien 2018 – www.tract.sn [1] http://www.leparisien.fr/politique/quand-emmanuel-macron-etait-stagiaire-a-l-ambassade-au-nigeria-27-11-2017-7417302.php[2] http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/02/28/les-soutiens-d-emmanuel-macron_5087064_4854003.html[3] http://www.lemonde.fr/emmanuel-macron/article/2017/11/28/colonisation-egalite-hommes-femmes-francophonie-les-temps-forts-du-discours-d-emmanuel-macron-a-ouagadougou_5221613_5008430.html[4] https://www.youtube.com/watch?v=ZQcCk6x56QE[5] http://www.jeuneafrique.com/mag/448700/politique/france-africains-president-macron/

Issa Koor : champion du monde.

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Kaar, quart (de poulet)…

« Tract is back ! » (Par Ousseynou Nar Gueye)

A compter de ce 8 mars 2018 à 08h. Sur ce site www.tract.sn. Tract Quotidien, le journal qui est entré dans le 21è siècle en même temps que le Sénégal, en paraissant pour la première fois sous format tabloïd le 8 mars 2000, sera à nouveau….en ligne.

Nous serons un journal métro, tièddo, sénégalo-afro et bobo.

Métro. Parce que nous ne sommes pas pour la tolérance – qui est condescendance- , mais pour le respect, -qui est dignité. Toutes les orientations personnelles sont respectables à nos yeux. Et nous sommes pour vivre et laisser vivre. Parce qu’enfin, les hommes de la rédaction laisseront vivre leur sensibilité…féminine. Et les femmes, leur mâle force.

Tièddo. Parce que le Sénégal est constitué de 95% de Musulmans. De 5% de Chrétiens. Et de 100% d’Animistes, tous prompts à s’enduire de safara et à s’encordailler d’amulettes diverses et de ndombas, boucliers protecteurs contre le mauvais œil et la langue pointue, prescrits par un marabout ésotérique ou une diseuse de bonne aventure.

Sénégalo-Afro. Parce que Sénégalais, de la patrie de Kocc Barma et de Cheikh Anta Diop, de Batlling Siki et de Blaise Diagne. Du continent de Mandela et de Sankara, d’Obama, de Mama Africa Myriam Makéba et de Winnie Madikizela. Et parce que les Afropéens et les afrodescendants nous intéresseront aussi, en somme toute l’actualité des Africains, y compris diasporiques et des Sénégalais d’ethnie étrangére. Forcément.

Bobo. Bourgeois et bohême. Bourgeois car pas ouvrier, ni paysan (quoique…), mais appartenant à la classe moyenne. Celle qui trime (dur) du lundi au vendredi, de 8 h à 18H, pour payer le loyer, les factures, la fameuse DQ. Celle qui s’escrime et s’échine à réunir les frais de ngenté et de khèw, élève ses enfants avec abnégation, amour mais fermeté, dans l’espoir d’une émergence collective. Qui passera d’abord par la réalisation individuelle de chacun. La classe moyenne, celle qui se déplace dans sa voiture ou en taxi, mais aussi, quand il le faut, en Tata et car rapide. La classe moyenne, à laquelle ceux qui n’en sont pas encore, aspirent d’accéder pour arrêter de chercher le diable tropical afin de lui tirer la queue. La classe moyenne, à laquelle ont appartenu tous ceux qui s’en sont extirpés pour désormais occuper les hautes cimes du pouvoir politique et économique. Bref, bobo, parce que parlant à tout le monde. Bohême, car artistes dans l’âme, la sagesse n’étant jamais que le degré ultime de la déraison.

Nos rubriques seront originales et originelles. L’Et dit Tôt, éditorial de votre serviteur. La chronique intitulée « La compétition humaine » de l’écrivain Elgas Souleymane Elgas. Le « Lundredi-Vendredi » qui sera la photo de nu artistique d’Erick Christian Ahounou Erickusphotos Erickus, publiée les lundis matin et les vendredis soir. « Visage du Sénégal », rubrique photo également, avec un mannequin (y compris de l’ancien temps), ou un créateur mis en exergue. La rubrique économie, intitulée « L’Eco des Savanes ». Les faits divers, dénommés « faits d’hiver et d’hivernage ». « 2N2D » alias « Nit Ndiaye Dof Diop », la rubrique pour ou contre sur un fait de sociéte qui confrontera des membres de la érdaction dans un défi rhétorique, rubrique coordonnée par Bassirou Niang. Nous aurons « Litter’ataya », les notes de lecture accouchées par Veronique Petetin,  Mbaye Sankhé et nos autres amateurs de mots.

Et aussi tout le reste : Gouvernement, Assemblées, Collectivités, People, Cultures.

Et last but not least, le retour d’Issa Koor, le personnage rabelaisien du plus talentueux des dessinateurs de presse du Sénégal, je veux nommer l’ô dieu Odia, Omar Diakité, sera là 3 fois par semaine, les lundis, mercredis et samedis.

A la Une de la première édition de Tract, il y avait Viviane Wade, le 8 mars 2000, qui devait devenir la Première Dame du Sénégal 11 jours plus tard. Dans son interview, elle déclarait « Je ne souhaite pas qu’on m’appelle Première Dame si mon mari est élu. Toutes les Sénégalaise sont des premières dames ». Elle n’aura pas tenu parole, on l’aura vu, et se sera vite fait donner du « Madame la Première Dame ». Nous espérons, nous, tenir parole et être un journal qui vous surprend et vous nourrit. Et parfois, vous bouscule.

Un nouveau journal est toujours un pari : celui de rencontrer ses lecteurs. Nous espérons pouvoir le tenir.

A la Une de ce 1er numéro, nous avons une femme de tête et de cœur: Diana Brondel, CEO de la fintech Xaalys à Paris. Car « la femme est l’avenir de l’homme », comme le disait le poète René Char.

Bien à vous.

Ousseynou Nar Gueye

Fondateur – Éditeur

Tribune: A 50 ans, si on n’a pas transhumé, c’est qu’on a ‘raté’ sa vie … politique

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Par Balla Diéye * Honni soit qui mal y pense. Contrairement à ce qu’a pu affirmer un ancien premier ministre français perdu dans les méandres de l’islamophobie : « expliquer » ce n’est pas nécessairement « excuser ». C’est plutôt essayer de comprendre et ainsi se donner les moyens d’agir. Lorsqu’un phénomène politique, la transhumance, commet l’exploit de dépouiller un mot de son sens originel, il dit forcément quelque chose de sa société. Quelque chose d’autrement plus profond que les simples joutes politiciennes. Quelque chose sur la nature du contrat de vie commun qui est tacitement conclu.« A 50 ans… » Cette expression est empruntée à un ancien publiciste1 qui semblait décrire un cap suffisant pour déterminer si oui ou non une vie était une réussite. On ne poussera pas l’emprunt jusqu’à considérer la seule acquisition d’une Rolex comme déterminant pour faire tomber la sentence.  A contrario, le critère de la transhumance parait être un bon baromètre pour juger d’une trajectoire politique. Qui a « réussi » ou « raté » sa vie politique selon qu’il ait transhumé ou non? La réponse tient plus dans ce que l’on admet comme réussite, et par déduction l’échec, que dans le phénomène de la transhumance lui-même.C’est en jetant un regard froid sur les évènements que surviennent un certain nombre d’interrogations. Qui sont ces gens qui transhument ? Peut-on les résumer comme de simples personnes qui n’ont d’autres motivations que l’appât du gain ? Il en existe surement. Mais il est difficile de croire que le gros du lot  n’ait jamais eu une réelle foi dans les combats qu’ils ont menés. Car oui, transhumer ce n’est pas seulement changer de prairie. C’est aussi, quelque part, s’assoir sur ses combats antérieurs.  Ce serait  un brin naïf d’attribuer le « mérite » de ces trajectoires à leurs seuls auteurs.Qu’est ce qui fait qu’après avoir sacrifié tant de végétations pour implanter son parti et ses idées, Iba Der « la science» se soit donné corps et âme à Wade puis à Macky Sall ? Qu’est ce qui explique qu’AJ/PADS, après avoir marqué son temps notamment par ses combats d’avant-garde, a explosé entre le Sopi et le Macky ? Que nous raconte la trajectoire des naguère jeunes et brillants administrateurs civils que furent Feu-Djibô Kâ et Abdoulaye Makhtar Diop ? Abdou Fall, Ousmane Ngom, Abdourahim Agne…etc. Dans un autre registre Amath Dansokho, Bathily, Abdou latif Coulibaly, Souleymane Jules Diop…etc A quel moment s’opère la bascule ? Deux coupables semblent désignés : le temps et la société.« Si nous n’en faisons pas un ami utile, il sera pour nous un ennemi redoutable » disait Ernest Young à propos du temps. Le meilleur moyen d’en faire un ami est de ne pas lui confier ses combats, encore moins ses convictions. S’inscrire dans le temps, dans un certain temps, vous contraint à céder à la dictature du résultat. Or rien ne dit qu’on devrait être contemporain des résultats des combats que l’on porte ? Raisonner ainsi c’est potentiellement, à l’heure du bilan, constater un « échec » et en tirer des conséquences. Une, sans doute plus digne : se retirer et passer à autre chose. Une autre, plus commode : se fondre dans la masse.Le complice désigné du temps est indéniablement la société. C’est au nom d’une certaine vision qu’on en aurait  que l’on porte généralement des combats. Et fatalement cette vision est en opposition avec ce qui est globalement admis.  Il faut ainsi, soit accepter de se construire, tout une vie durant, contre les « siens », sans aucune garantie de résultat ; Soit, à un moment donné, se convaincre lâchement qu’il est peut être mieux de s’adapter à son environnement. On convoquera alors des concepts creux comme « Essayer de faire changer les choses de l’intérieur » ou encore « on ne peut éternellement être dans la contestation ». La réalité est que la société aura réussi à imposer ses codes. Ainsi « réussir » sa vie politique n’équivaudrait plus à porter avec une certaine constance des combats, des convictions et des principes. Il faut désormais impérativement s’assoir à la table et tout faire pour y demeurer, y compris en transhumant. C’est autrement plus gratifiant et tellement moins contraignant.Il faut s’autoriser la faiblesse de croire ne guère valoir mieux que les transhumants, pour peu que la volonté soit de réellement endiguer le phénomène. Faire ce constat c’est reconnaître que nous avons, consciemment ou inconsciemment, bâti un système qui a réussi à happer ceux qui, hier encore, portaient haut le flambeau du combat contre la transhumance. Comprendre que ce que nous dénonçons est en chacun d’entre nous est l’étape zéro de toute résurgence politique. Il ne s’agit pas d’un exercice d’auto-flagellation mais plutôt de toujours convoquer la responsabilité individuelle avant celle collective. Sur la première on peut toujours agir, aussi bien le transhumant que celui qui s’en croit loin. Sur la seconde, des années d’incantations n’ont jamais rien résolu.La transhumance n’est autre que la conséquence du consensus implicite selon lequel nous avons choisi de vivre. Si d’aucun abandonne le combat aujourd’hui, c’est que ceux qui l’ont porté honorablement, avant eux, jusqu’au bout, sont tombés aux oubliettes sans aucune forme de reconnaissance. Les batailles perdues d’avance ne méritent pas d’être menées, diront certains. D’autres ne savaient pas que c’était impossible, ils l’ont donc fait. Au fond, tout est question de perspective de vie. Combattre pour vivre ou vivre pour combattre. C’est comme lorsqu’on vous assène que vous avez « raté » votre vie politique parce que vous n’avez jamais connu les joies de la transhumance. Ne ruez pas dans les brancards, c’est peut-être là un compliment. dieyeballa@yahoo.fr, Montpellier  1 Jacques Séguéla, pour défendre Sarkozy empêtré dans une accusation de présidence bling-bling, notamment au travers de sa montre de marque Rolex, avait sorti cette phrase : « Si à 50 ans on a pas une Rolex, on a raté sa vie » 

Felwine Sarr investi par Macron pour faciliter la restitution du patrimoine africain

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En marge de sa première tournée africaine, le président Emmanuel Macron, à Ouagadougou, à la demande de son homologue béninois Patrice Talon, avait affiché la volonté de la France de restituer le patrimoine du continent noir aux mains de la France depuis la période coloniale. Mieux, lançait-t-il : « Ce sera l’une de mes priorités. D’ici cinq ans, je veux que les conditions soient réunies pour un retour du patrimoine africain à l’Afrique ». Joignant l’acte à la parole, le chef de l’Etat français a discuté de la question ce lundi 5 mars avec le président Talon. Ainsi, notre compatriote, l’universitaire et écrivain Felwine Sarr et Bénédicte Savoy, historienne d’art, membre du Collège de France, sont investis de rôles pour étudier la restitution à des pays africains des œuvres d’art actuellement en France. « Ils devront notamment examiner les conditions dans lesquelles ces œuvres pourront être rapatriées puis protégées dans leurs pays d’origine », précise Rfi.Ce patrimoine constitue une précieuse mine d’informations pour les intellectuels chargés de réécrire l’Histoire du Sénégal sous la houlette du Pr. Iba Der Thiam. Ledit projet, qui est dénommé « Histoire Générale du Sénégal des origines à nos jours » (HGS), a été initié depuis fin 2013, avec l’appui du président Macky Sall.

‘Black Panther’ : Lupita Nyong’o, wonderwoman de la fierté noire

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Actrice oscarisée qui triomphe dans ‘Black Panther’, militante au grand cœur… À 35 ans, Lupita Nyong’o s’impose comme une Wonder Woman de la fierté noire.En janvier, une campagne virale a enflammé Twitter : le #BlackPantherChallenge. L’idée ? Recueillir des fonds pour permettre à des enfants défavorisés de voir le ‘blackbuster’ de Marvel, qui a pour héros la ‘superpanthère’. Le 22 février, Lupita Nyong’o, l’une des principales actrices du film, révélait avoir offert des places de cinéma à 600 élèves de Kisumu, la troisième ville du Kenya.« Je voulais que les enfants de ma ville natale voient les images positives que véhiculent Black Panther et les super-héros dont ils peuvent s’inspirer », a-t-elle expliqué sur son compte Instagram. Ce geste plein de panache ne surprendra pas ceux qui suivent la trajectoire de cette star mexico-kényane de 35 ans engagée sur tous les fronts.À 24 ans, elle signe un documentaire, In my Genes, sur le calvaire qu’endurent les albinos du KenyaC’est dans cette ambiance oppressante que Lupita s’est forgé un mental de battante, avant de connaître une ascension fulgurante. À 14 ans, elle monte sur les planches, au Kenya National Theatre. À 24 ans, elle signe un documentaire, In my Genes, sur le calvaire qu’endurent les albinos du Kenya, qui lui vaut d’être repérée dans les réseaux de festivals. Mieux, elle obtient une reconnaissance internationale dès sa première apparition dans un long-métrage.Pour son rôle dans 12 Years a Slave, où elle campe Patsey, esclave dans une plantation de coton en Louisiane, elle obtient l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle… et dix-huit autres récompenses.Egérie de LancômeLa suite ? Elle est faite de films à gros budgets, souvent issus des studios Disney. Outre deux épisodes de Star Wars, où elle incarne l’alien Maz Kanata, elle apparaît dans Queen of Katwe (l’histoire vraie d’une joueuse d’échecs surdouée, née dans un bidonville ougandais) et dans Black Panther – deux superproductions qui célèbrent la fierté noire et l’empowerment féminin.Sur cette lancée, elle a confirmé qu’elle adapterait Americanah, le roman à succès de Chimamanda Ngozi Adichie, en mini-série télévisée. Et elle doit jouer dans une adaptation de The Woman King, contant l’histoire des amazones du Bénin.Fière d’incarner l’idée que la beauté doit être l’expression d’une femme libre face à elle-mêmeHors des plateaux, la lutte continue. Devenue l’égérie de la marque de luxe Lancôme, Lupita se dit fière d’incarner l’idée « que la beauté doit être l’expression d’une femme libre face à elle-même ». Première Noire recrutée par la marque, elle contribue à favoriser l’acceptation des peaux foncées.À cet égard, elle a révélé, ce 18 janvier, que son livre pour enfants, Sulwe, paraîtra chez Simon & Schuster en janvier 2019. L’histoire ? Celle d’une petite Kényane au teint plus sombre que celui des autres membres de sa famille et qui, complexée par cette différence, veut se blanchir la peau. Le conte se conclut sur un happy end, la fillette comprenant, grâce à l’aide de sa mère, que la beauté s’accommode de toutes les nuances.Cette enfant pourrait être Lupita, elle qui eut du mal à accepter sa couleur de peau à l’adolescence, jusqu’à ce que des mannequins noirs, comme Alek Wek, changent sa perception. En 2014, le magazine américain People l’a élue plus belle femme du monde…Tribune contre Harvey WeinsteinLoin de se satisfaire de ces victoires, Lupita mène beaucoup d’autres combats. Ambassadrice de l’association WildAid pour la préservation des éléphants, elle se bat aussi pour la conservation de monuments historiques aux États-Unis, est impliquée dans Mother Health International, qui soutient les maternités ougandaises, promeut l’art dramatique au Kenya.Dans le New York Times, elle raconte comment le producteur Harvey Weinstein l’a harcelée, en 2011, lorsqu’elle était étudianteEt ce n’est pas tout ! En octobre 2017, elle a signé dans le New York Times une tribune dans laquelle elle raconte comment le producteur Harvey Weinstein l’avait harcelée, en 2011, lorsqu’elle était étudiante. Depuis, elle a bien sûr refusé de travailler avec lui. Et dit préférer évoluer avec des réalisatrices ou des réalisateurs féministes. Les voilà prévenus.Avec Jeune Afrique