Keur Massar, l’horreur: A.Nd. tue son enfant et se fond dans la nature

Alors que tout le pays s’émeut des enlèvements d’enfants, un fait pour le moins invraisemblable vient de se passer à Keur Massar, au quartier Arafat.  Un homme a mis fin aux jours de son enfant. Comme si cela ne suffisait pas A. ND a tenté de poignarder un passant mais n’est pas parvenu à ses fins. C’est d’ailleurs, ce dernier qui l’a dénoncé aux gendarmes. C’est lorsque les limiers se sont transporté sur les lieux qu’ils ont découvert l’innommable : le corps sans vie de l’enfant. En revanche, ils n’ont pas trouvé son père sur place. Renseignement pris, il s’est fondu dans la nature. Une enquête a été ouverte par la gendarmerie. 

Le discours anti-Macky d’Idrissa Seck à Accra

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Je voudrais commencer par vous remercier de m’offrir l’opportunité d’un pèlerinage sur cette terre du refus et du panafricanisme, cette terre de Kwame Nkrumah. Cet immense Africain qui a brisé les chaînes mentales et appelé notre continent à s’émanciper du sentiment du dominé comme du ressenti de celui qui a perdu toute emprise sur son propre avenir. Je remercie mes sœurs et frères libéraux de tout le continent et d’ailleurs réunis ici, au Ghana, pays du Président Nana Akufo-Addo dont le récent et mémorable discours de Dakar fut une belle réponse à cet autre discours de Dakar selon lequel « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire », discours d’un certain Sarkozy venu profaner l’enceinte de l’université Cheikh Anta Diop, Pharaon du panafricanisme. Notre continent est le berceau de l’humanité. Il en est aussi l’avenir. Pour ses enfants ambitieux comme pour ceux, à travers le monde, qui ont senti qu’il est enfin l’heure de converger vers la nouvelle frontière de la croissance mondiale. Ici à Accra, terre des héritiers de Nkrumah, il est tellement inspirant de parler de liberté et de renaissance africaine. Comme l’a dit le premier président de ce pays, «nous ne sommes pas africains parce que nous sommes nés en Afrique mais parce que l’Afrique renaît en nous » Cette renaissance doit sonner le glas de la gestion autoritaire du pouvoir pour que soit finie l’ère de l’arbitraire après tant d’années de sacrifices et de conquêtes démocratiques. Et parce qu’il faut commencer par cultiver son propre jardin, je voudrais, ici à Accra, lancer un appel solennel au Président Macky Sall, un maoïste devenu libéral, pour qu’il libère le prisonnier politique Khalifa Ababacar Sall, Députe-maire de la capitale sénégalaise, héritier légitime du socialiste Leopold Sédar Senghor. La défense de la liberté contre l’arbitraire oppression est un principe qui transcende les idéologies et les croyances. Nul ne doit tolérer qu’une institution judiciaire soit manipulée par l’exécutif pour agresser ses adversaires et garantir l’impunité à ses partisans et alliés. A l’heure où il faut renforcer la sécurité judiciaire pour aller vers l’émergence, à l’heure où notre secteur privé national aurait tant aimé profiter des opportunités qu’offrent le Sénégal et l’Afrique, à l’heure où les énergies comme les talents doivent se libérer au service de la créativité et de la compétitivité, finies doivent être toutes les formes d’astreintes et de privation arbitraire de liberté. Le 30 mars prochain, le monde entier saura si le président Macky Sall a renoncé ou pas à se servir de la justice pour emprisonner ou déporter des adversaires politiques. Tous les Libéraux du monde dont Il proclame faire partie devront y veiller fermement et j’y prendrai toute ma part, à côté de l’opposition sénégalaise et des forces vives de la nation. Notre rencontre d’Accra doit être l’occasion de mettre en place un observatoire des avancées démocratiques et libérales sur notre continent en commençant par les pays où les membres de notre internationale sont aux responsabilités. Nous devons partout nous assurer de:l’existence d’une justice forte et indépendante où il sera impossible de déporter ou d’emprisonner ses adversaires politiques et de garantir l’impunité à ses partisans et alliés.la mise en place d’un processus électoral transparent où un ministre de l’intérieur ne pourra pas déclarer, comme cela vient d’être le cas au Sénégal que son rôle premier est de domestiquer le système électoral pour faire gagner son patron au premier tour.la préservation des immenses ressources de notre continent par une gestion experte et vertueuse afin que disparaisse le paradoxe insoutenable de la pire misère du monde sur le continent le plus riche de la planètela formation de notre jeunesse pour la préparer à l’inévitable compétition mondialel’implication plus forte de notre secteur privé dans le développement du continent par la prise de participation dans les secteurs porteurs de notre économie comme par un accès privilégié à la commande publique Vive le Réseau Liberal AfricainVive l’internationale libéraleVive la Liberté recouvrée de notre continentVive l’Afrique « Que les chaînes soient brisées. La misère alors s’éloignera. Les bienfaits nous rendront visite en abondance » prédisait Cheikh Ahmadou Bamba. Je vous remercie  Idrissa SeckPrésident de Rewmi,Vice-Président de l’Internationale Libérale 

Tribune: « Hey You ! » (Par Amadou Tidiane Wone)

Youssou Ndour! En votre qualité de chanteur, vous êtes un Maître ! Incontestablement, vous avez porté les succès commerciaux du Mbalax à des niveaux inégalés. Il est vrai que cette variante des musiques sénégalaises, très dansante, est propice au trépignement des foules et à des expressions corporelles plutôt suggestives… Non. Rien à dire Youssou NDOUR, vous êtes un Maître en cette matière. Le roi dit-on… Fructifiant vos revenus et procédant à des investissements, notamment dans des domaines connexes à votre métier de base, Vous avez mis, avec bonheur, un pied dans laCommunication. Votre groupe de presse compte radio, télévision, et quotidien à fort tirage ainsi que d’autres outils dérivés . C’est admirable!Vous mettez aussi, désormais, votre renommée et la force de frappe de votre groupe de presse au service de la politique. Soutien de plus en plus…conditionnel (?) du Président Macky Sall, votre dernière sortie médiatique sur vos propres organes pose, à tout le moins, la question de conflits d’intérêts qui commencent à…. faire désordre et à interpeller les observateurs attachés à la bonne gouvernance dans notre pays. Le scénario de la promotion d’une émission de télévision dont vous étiez l’invité, sur votre propre chaîne de télévision pose problème. L’overdose qui en a découlé a produit, sur l’opinion, l’effet contraire à celui visé, tant la ficelle a semblé grosse:Acte 1: des fuites bien calibrées à travers différents sites internets avec comme phrase clé : «  je suis déçu » Par qui? par quoi? Se demandent les sénégalais. Bien joué !« Vous le saurez dimanche …» suggère t-on à travers des spots publicitaires malicieux, laissant le doute planer sur une éventuelle tension au niveau le plus élevé…. supputations dans les chaumières.Acte 2. Une sorte de teaser, à la Une de l’Observateur du Samedi 03 au dimanche 04 Mars 2018. Un quotidien appartenant à… Youssou Ndour! Teaser en cinq points, dont je retiendrai trois et le décor sera campé:
  • «  je ne suis la marionnette de personne….
  • « On ne peut m’interdire aucun droit dans ce pays .
  • « je suis rentré en politique pour servir mon pays. »
Acte 3 : dimanche 12h . Diffusion de l’émission et…surprise : aucune surprise! Flop et fin. Nous sommes déçus ! Monsieur le Ministre souffrira donc que désormais nous l’interpellions, en cette qualité, sur le caractère, à la limite non républicain, de se mettre en scène sur ses propres médias pour s’adresser à son patron, le Président de la République ! En qualité de Ministre, lorsque l’on a des observations, voire des griefs à porter à la connaissance du Chef de l’Etat ou de ses collaborateurs , des canaux existent pour ce faire. D’autant plus que les réseaux sociaux nous apprennent que tout ce raffut n’aurait pour origine que des incidents survenus à NDioum lors du concert que vous y avez donné, sur fond de tensions politiciennes entre deux rivaux du parti présidentiel…Bof… serait-on tenté de dire! Tout ça pour ça? À moins que des enjeux plus souterrains n’échappent à nos radars…L’opinion publique sénégalaise a, très franchement, bien d’autres chats à fouetter que de se laisser distraire par des règlements de comptes interpersonnels entre membres d’un même parti! Vous auriez pu laver le linge sale en famille…Par contre, il y’a des rumeurs sur lesquelles, en tant que citoyens nous aimerions un éclairage, cette fois-ci de Monsieur le Ministre Youssou NDOUR: on dit que vous auriez bénéficié de l’octroi de 200 hectares dans la zone de Diass ce qui serait l’équivalent de 8000 parcelles de 150 m2. Vous auriez également bénéficié d’une garantie d’Etat à hauteur de 12 milliards pour vos investissements.Les rumeurs étant monnaie courante dans notre pays je sollicite de vous, ou de vos services, une réaction à cette information.Vraie ou fausse ?C’est bien parce que vous occupez des fonctions de Ministre de la République, et que vous êtes désormais engagé en politique, que je me permets de vous interpeler en ma qualité de citoyen, observateur critique de la « gouvernance sobre et vertueuse » dont le premier bilan est attendu dans quelques mois. Incha Allah. À l’artiste, nous aurions tout pardonné ! Le Ministre, quant à lui, nous doit des explications. Avec mon admiration renouvelée pour votre talent artistique. Amadou Tidiane WONEwoneamadoutidiane@gmail.com 

Accident de la route : une famille entière de Français d’origine sénégalaise décimée

Souleymane dans 10 jours aurait eu 13 ans, Ibrahima aurait eu 6 ans le 26 mai 2018, Marième aurai eu 5 ans le 13 mai 2018Trois enfants âgés de 5 à 13 ans sont décédés samedi dans un accident de la route à Ploudaniel, 17 km au nord de Landerneau (Finistère, un département français situé en région Bretagne). Un quatrième enfant dans un état grave et deux adultes blessés ont été transportés à l’hôpital.La collision a eu lieu peu après 11h15 sur la D770, entre Ploudaniel et Lesneven dans l’arrondissement de Brest, au lieu dit de Penfrat. « La voiture où se trouvaient les enfants a percuté un autre véhicule venant en sens inverse ».Leur père, T.N. est un homme âgé de 46 ans et demeurant à Mbour, au Sénégal. Le maire de Ploudaniel, Joël Marchadour, est très en colère parce que, dit-il, « cela fait plus de 20 ans que les habitants et moi-même, nous battons pour une amélioration et surtout une sécurisation de cette voie départementale où chaque jour se croisent en moyenne plus de 13 000 véhicules. Les accidents mortels se multiplient. Il y’en a eu un en octobre 2017 et un autre en décembre de la même année dans lequel une petite fille de quatre ans a perdu la vie. »

Afrique du Sud: on peut désormais exproprier des terres sans compensation

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Le sujet de la redistribution foncière est très sensible depuis la fin de l’apartheid, alors que l’agriculture reste largement aux mains des Blancs.Le Parlement sud-africain a donné le coup d’envoi d’une réforme de la Constitution, mardi 27 février, pour autoriser l’expropriation sans compensation des terres agricoles au profit de la majorité noire, un sujet très sensible qui agite la vie politique du pays. A une très large majorité, les députés ont adopté une motion mettant en place une commission chargée de réviser à cette fin l’article 25 de la loi fondamentale d’Afrique du Sud.Ce texte était défendu par le bouillant chef des Combattants pour la liberté économique (EFF, gauche radicale), Julius Malema. « Le temps de la réconciliation est fini. L’heure de la justice a sonné, a lancé M. Malema dans l’hémicycle. Nous ne cherchons pas la vengeance […] nous voulons retrouver notre dignité. »Près d’un quart de siècle après la chute de l’apartheid, la question de la redistribution des terres reste très controversée. Comme le reste de l’économie, l’agriculture reste largement aux mains des Blancs, qui détiennent 73 % des terres contre 85 % à la fin du régime raciste, selon une récente étude. Souvent, la redistribution se solde par un échec. Les nouveaux propriétaires sont contraints de jeter l’éponge, incapables d’assurer la rentabilité de leur exploitation par manque de formation, de moyens ou d’accès aux marchés.« Panser les plaies du passé »Depuis plusieurs années, M. Malema exhorte régulièrement ses troupes à « s’emparer des terres ». Ces propos lui ont valu autant de poursuites devant les tribunaux pour « incitation à l’effraction ». Il n’a toutefois pour l’heure pas été condamné. Son texte a obtenu mardi le soutien du Congrès national africain (ANC, au pouvoir), qui détient la majorité absolue au Parlement.Conformément à ce qu’a souhaité le dernier congrès de l’ANC, le nouveau président, Cyril Ramaphosa, a promis une réforme agraire destinée à « panser les plaies du passé et à accélérer la redistribution de la terre aux Sud-Africains noirs ». « Nous gérerons ce problème […] d’une manière qui ne portera pas atteinte à l’économie, a-t-il précisé la semaine dernière. Nous n’autoriserons pas des interventions s’apparentant à du vol […] nous ne ferons pas les erreurs que les autres ont commises. »Le principal parti d’opposition, l’Alliance démocratique (DA), s’est opposé à la réforme, estimant qu’elle « met sérieusement en danger l’économie nationale ». Au Zimbabwe voisin, l’ex-président Robert Mugabe avait lancé dans les années 2000 une réforme agraire fondée sur l’expropriation brutale des fermiers blancs. Elle avait plongé le pays dans une crise économique dont il ne s’est toujours pas relevé.Le Monde avec AFP

Kahi Lumumba: « Abidjan est devenu un carrefour de l’économie numérique en Afrique »

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Kahi Lumumba dirige l’agence Totem Experience, qua organisé les les 1er et 2 mars 2018 les Africa Digital Communication Days dans la métropole ivoirienne.Lancés en 2017 à Paris par l’agence Totem Experience, les Africa Digital Communication Days (Adicom Days) se tiennent cette année à Abidjan, jeudi 1er et vendredi 2 mars. L’événement consacré à l’économie numérique africaine n’en est qu’à sa seconde édition, mais la liste des intervenants ferait pâlir d’envie nombre d’organisateurs de grand-messes sur le continent. Des personnalités des médias, comme la Nigériane Uche Pedro, fondatrice du site Bella Naija, des stars des réseaux sociaux, comme les Français Wil Aime et Jérôme Jarre (suivis respectivement par 5 millions et 2 millions de personnes sur Facebook), des représentants de grands groupes internationaux (Coca-Cola) et hexagonaux (Canal +, TV5, Lagardère, Orange, Dailymotion, Air France…)Le thème de cette année, « Social media, brand content, influence marketing : comment optimiser le retour sur investissement de sa communication digitale en Afrique ? », explique l’importance accordée aux rencontres entre professionnels. Seront notamment présents les Franco-Camerounais Tonjé Bakang, ex-patron du site de vidéo à la demande Afrostream, et Diane Audrey Ngako, fondatrice du site Visiter l’Afrique, l’Ivoirien Guillaume Ketty, qui dirige le cabinet de conseil Afrika Forward, ou encore le Ghanéen Kofi Dadzie, de la société de télécoms Rancard.Kahi Lumumba, 33 ans, directeur général de Totem Experience – et petit-fils du défunt premier ministre congolais Patrice Lumumba – dévoile les coulisses de l’événement.Les Adicom Days posent leurs valises à Abidjan. Pourquoi ?Kahi Lumumba L’année dernière on nous demandait pourquoi Paris, aujourd’hui on nous demande pourquoi Abidjan. Décidément ! Abidjan est devenue un carrefour de l’économie numérique en Afrique, de nombreux indicateurs le montrent : il y a de plus en plus d’investissements venant d’acteurs privés ou d’institutions publiques, de plus en plus d’entrepreneurs, d’applications créées, d’incubateurs, de communautés numériques. La capitale économique ivoirienne est donc pour nous le lieu indiqué, et je peux d’ores et déjà vous assurer que nous y reviendrons très certainement pour la troisième édition.Lire aussi :   Nouvelle année record pour les start-up africainesQuelles sont les autres nouveautés ?Après la première journée de conférences, où des experts du secteur échangeront, nous avons décidé d’ajouter une cérémonie, le soir, consacrée aux influenceurs et aux créateurs de contenus du continent. Ceux-ci partageront leurs expériences et certains d’entre eux seront récompensés dans différentes catégories : impact social, jeune talent, technologie, culture, voyage… Cette année, nous avons aussi ajouté une seconde journée d’immersion de nos invités dans des lieux d’innovation à Abidjan, tels que le laboratoire Akendewa, l’accélérateur de start-up Orange Fab et l’espace de co-working Jokkolabs.Parmi les intervenants, on compte une majorité de représentants de groupes français et de créateurs et influenceurs vivant en France. Est-ce à dire que la communication numérique d’Afrique francophone se conçoit dans un entre-deux avec la France ?Si de nombreuses têtes d’affiche viennent de l’étranger, de France en particulier, nous avons également invité près de 150 influenceurs ouest-africains. Ils ne prendront évidemment pas tous la parole, mais ils ont fait le déplacement pour échanger avec des influenceurs d’autres pays qui ont réussi, grâce à leur originalité et à leur régularité, à vivre de leur activité.Sur le plan business, effectivement, ce sont ces groupes français, déjà présents dans de nombreux pays africains, qui ont le plus rapidement saisi l’opportunité du numérique afin d’atteindre leurs cibles, là où nombre d’entreprises africaines ou de plus petite taille préfèrent encore les méthodes de communication traditionnelles. Ce qui nous amène d’ailleurs à l’une des missions des Adicom Days : faire connaître davantage les techniques de communication numérique sur le continent et convaincre de leur efficacité.Lire aussi :   « Enseigner le code et les algorithmes, c’est investir dans l’avenir de l’Afrique »Vos détracteurs affirment que ce type d’événement ne sert pas à grand-chose. Quelles en sont les retombées concrètes pour les participants ?Je comprends parfois ces critiques, dues très souvent au fait que nous ne prenons pas assez le temps de communiquer sur nos résultats, même lorsqu’ils sont bons. Les exemples de retombées fourmillent pourtant. Il y a ce grand groupe français installé à Abidjan qui a recruté son digital manager après l’avoir rencontré lors des premiers Adicom Days, cette blogueuse qui a commencé à faire des vidéos pour une marque alimentaire à la suite d’une rencontre lors de notre événement… Quand vous avez 400 à 500 personnes d’un même secteur qui échangent dans un brainstorming géant, forcément, il y a beaucoup de choses qui se passent et que nous ne pouvons relayer systématiquement. 

Cameroun: Akere Muna, candidat à la présidentielle 2018, sur le vivre-ensemble entre anglophones et francophones

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Crise anglophone, réforme de l’État, corruption, candidature commune de l’opposition… De passage en France depuis le 24 février, où il a rencontré la diaspora camerounaise, Akere Muna, candidat à la présidentielle d’octobre 2018, se livre.On ne sait pas encore si Paul Biya sera candidat à sa propre succession, tandis que le principal parti d’opposition, le Social democratic front, vient tout juste de choisir son champion. Mais une chose est sûre : Akere Muna tente de prendre tout le monde de vitesse.Candidat de la « Plateforme pour une Nouvelle République » pour la présidentielle d’octobre 2018, l’avocat leader du mouvement NOW, qui tente de reproduire le succès du président français Emmanuel Macron et d’En Marche !, a lancé, de loin, sa campagne.Entre deux rencontres, de Beyrouth à Paris, en passant par l’Extrême-Nord du Cameroun, Berlin ou Washington, il a évoqué ses ambitions, son actualité et ses espoirs de premier mandat.On vous voit beaucoup voyager, notamment en France actuellement. Comment se passe votre campagne ?Akere Muna : J’ai visité l’Adamaoua [une région du Cameroun, ndlr], le Nord, l’Extrême-Nord et je vais prochainement me rendre dans le Sud-Ouest, le Nord-Ouest mais aussi en Allemagne, en Belgique, en Grande-Bretagne, aux États-Unis, au Canada pour faire le tour de la diaspora. L’objectif, c’est de mobiliser.Dès les premiers jours de mon mandat, chacun pourra choisir s’il a une, deux ou trois nationalitésJe souhaite qu’au moins 15 personnes de notre mouvement NOW soient présentes dans chacun des 30 000 bureaux de vote de la présidentielle. Cela a l’air énorme, mais on y arrive en réalité très vite, comme on l’a vu au Nord, dans l’Extrême-Nord et autour de Douala, dans le Littoral. D’ici fin mai, on devrait avoir nos équipes.France, Allemagne, Belgique, Grande-Bretagne, États-Unis, Canada… Vous mobilisez beaucoup la diaspora. Pourtant, celle-ci n’a pas le droit de vote puisque la double nationalité n’existe pas au Cameroun…Ils peuvent néanmoins influencer, même s’ils ne votent pas ! De toute façon, je leur en fais la promesse : dès les premiers jours de mon mandat, ce sera réglé. Chacun pourra choisir s’il a une, deux ou trois nationalités. Bien sûr, il faudra mettre des cadres, notamment fiscaux, mais il faudra cesser de se couper des ressources et des qualités énormes de la diaspora.Vous avez choisi de démarrer votre campagne de terrain au Cameroun par le Grand Nord [comprenant le Nord, l’Extrême-Nord et l’Adamaoua, ndlr]. Pourquoi ?C’est dans ces régions francophones que j’ai le plus besoin de convaincre. Étant moi-même anglophone, j’aurais sans doute moins de difficultés à convaincre les anglophones. Barack Obama n’a pas débuté sa campagne en l’axant sur la communauté noire américaine. Il faut en premier lieu que la majorité francophone se reconnaisse en moi et m’accepte. Bien sûr, j’ai prévu de me rendre prochainement dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest.Il n’y a pas d’autre solution que le dialogue et les élections. C’est ça ou la guerreLa crise anglophone a rendu d’autant plus importantes ces deux régions. Quelle est votre stratégie ?Le dialogue ! Il n’y a pas d’autre solution que le dialogue et les élections. C’est ça ou la guerre. On voit bien que l’État ne va pas vers le dialogue aujourd’hui. Il pense pouvoir régler les problèmes par la force. Mais c’est impossible. D’un côté, il y a des groupes violents qui sévissent et qui n’ont pas grand chose à voir avec les sécessionnistes, même si ces derniers s’en servent parfois pour exister.D’un autre, l’État utilise cette violence pour justifier le renforcement des moyens militaires. Résultat : on est dans une forme de guerre civile et tous les anglophones sont stigmatisés. Il faut rapidement mettre fin à cet engrenage.La seule chose qui peut gêner les sécessionnistes, c’est un président anglophoneÊtre anglophone est-il votre principal atout ?Il ne faut pas aller aux élections simplement en se revendiquant anglophone ? Cela n’a pas de sens. Il faut un projet qui mobilise. Maintenant, vu le contexte politique, je crois que le Cameroun a besoin d’une alternance culturelle. La seule chose qui peut gêner les sécessionnistes, c’est un président anglophone. C’est pour ça que je fais l’objet de leurs menaces.Faut-il aller vers le fédéralisme ?C’est en tout cas une chose que les anglophones modérés peuvent accepter. Personnellement, j’y suis favorable. Il faudra bien sûr décider s’il y aura deux, trois, dix États, en débattant sur tout le territoire.Le système fédéral est familier pour les anglophones, qui savent comme cela fonctionne, mais il ne l’est pas forcément pour les francophones. Cela passe donc par un dialogue citoyen.Vous parlez donc d’un dialogue. Sous quelle forme ?Je crois qu’on a dépassé l’étape d’un dialogue camerouno-camerounais. Une tierce personne ou une organisation doit enclencher le processus en parlant aux différentes communautés. Ensuite, on pourra essayer de se mettre d’accord sur la forme de l’État et sur une réforme de notre système, comme on n’en a pas connu depuis 1972.La décentralisation est une farce : le Cameroun fonctionne sur un système de création de dépendance envers le régime. Vous quémandez, on vous donne. Le résultat, c’est que le pays est pris en otage par moins de 500 personnes, dont beaucoup ne sont même pas élues ! C’est ce qu’il faut changer.Comment ?En démarrant par mettre fin à une corruption qui nous prive de nos ressources. Dès mon premier mandat, il y aura une politique de transparence. On saura qui passe les contrats, pour quelle somme, pour combien de temps… C’est une façon de redonner confiance en l’État. Il est impensable que le Cameroun n’ait pas un système de santé qui fonctionne, des routes qui relient les grandes villes, des rails et des trains électriques qui aillent d’Est en Ouest et du Sud au Nord…Pour mon premier mandat, on construira un train électrique qui ira non seulement de Douala à Yaoundé mais aussi vers le Nord, l’Extrême-Nord et le Tchad. Il nous faut un train trans-camerounais. C’est aussi ça l’indivisibilité du Cameroun : pouvoir aller partout dans le pays.Vous avez parlé à deux reprises de votre premier mandat. Doit-il y en avoir d’autres ? Êtes-vous favorable à la limitation des mandats ?Oui, nous mettrons en place une limitation à deux mandats. C’est largement suffisant pour faire le travail. Pour la durée, je trouve que sept ans, c’est long. Donc, lors de mon premier septennat, je demanderai le passage au quinquennat. Je suis également favorable à une limite d’âge, qui pourrait interdire à une personne de se présenter à une présidentielle au-delà de 80 ans.Les jeunes doivent devenir des acteurs de la politique camerounaiseIl doit aussi y avoir un renouvellement de génération. Je l’ai vu dans les régions du Grand Nord. La jeunesse est déçue par les grands partis, qui n’ont rien construit. Les jeunes doivent devenir des acteurs de la politique camerounaise !Seul Paul Biya, qui vient de fêter ses 85 ans, pourrait avoir plus de 80 ans lors de la prochaine élection. S’il décidait de se présenter…Effectivement, il ne s’est pas encore prononcé et je crois que cela met beaucoup de monde dans l’embarras dans son propre parti. Certains commencent à paniquer. Cela dit, je pense qu’on est à un tournant décisif : Paul Biya observe et j’imagine qu’il est soucieux de ce que l’histoire retiendra de lui.Se retirer du processus électoral maintenant serait une porte de sortie très honorable pour Paul BiyaOrganiser les élections et se retirer du processus maintenant serait une porte de sortie très honorable. S’il choisit de rester, il risque au contraire de porter la responsabilité d’une guerre en zone anglophone.Le fait que son rival John Fru Ndi ne soit pas candidat à la présidentielle peut-il le pousser à réfléchir davantage à la retraite ?Je le crois, tout comme les sorties de Jacob Zuma, Robert Mugabe, José Eduardo dos Santos… Peut-être que Paul Biya voudra également faire comme Ahmadou Ahidjo, son prédécesseur, et partir de lui-même en orchestrant sa sortie. Dans tous les cas, le retrait de Fru Ndi et le choix de Joshua Osih sont de bons messages. Osih aura davantage tendance à penser à l’avenir plutôt qu’au passé. Quant à Fru Ndi, il sera sans doute plus facile d’échanger avec lui dès lors qu’il n’aura plus le poids de la candidature à la présidentielle sur les épaules.La candidature commune de l’opposition est très possibleVous croyez donc à une candidature commune de l’opposition ?La candidature commune est très possible. Les Camerounais demandent à ce que l’on se mette ensemble. C’est pourquoi j’ai mis en place mon projet la « Plateforme pour une Nouvelle République », à laquelle les autres partis et organisations de la société civile peuvent adhérer. Il faudra sans doute aller plus loin et convaincre d’autres candidats potentiels.Bien sûr, si je suis convaincu que le programme d’un autre est le meilleur et le plus utile au pays, alors je m’alignerai derrière lui. Maintenant, il faut aussi que nous ayons un candidat d’expérience, notamment à l’international. C’est aussi pour cela que je voyage beaucoup et que je parle à mes aînés, comme le Ghanéen Nana Akufo-Addo ou l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo.Avec Jeune Afrique

Conflit dit « de faible intensité » en Casamance : un soldat tombe sous les balles

 Une opération de l’armée, visant « à mettre fin aux activités criminelles » des rebelles en Casamance, s’est soldée ce week-end par la mort d’un soldat.Les forces armées « déplorent malheureusement un mort et un blessé » lors de cette opération menée ce week-end, a indiqué un communiqué de la direction de l’information de l’armée, diffusé dans la soirée de ce dimanche 4 mars.« Deux rebelles ont été faits prisonniers », ajoute le communiqué, qui fait état de la destruction par les militaires de « trois champs de chanvre indien » et de « la saisie d’armes de guerre et de munitions ».Le massacre du 6 janvierLe 6 janvier dernier, la Casamance a été le théâtre d’un massacre particulièrement sordide. Quatorze jeunes hommes partis chercher du bois dans la forêt protégée de Bayotte, près de Ziguinchor, avaient été rassemblés, puis tués froidement par des hommes armés. Aux yeux de la justice, le massacre a été commandité et exécuté par des villageois avec le concours de membres de la rébellion.Depuis, l’armée a multiplié les opérations de ratissage dans les forêts alentour, où se pratique la coupe illicite de bois précieux comme le teck et où une rébellion armée, divisée en plusieurs factions rivales, lutte pour l’indépendance depuis 35 ans.24 suspects arrêtésFin janvier, 24 suspects ont été arrêtés et inculpés pour association de malfaiteurs, assassinat, participation à un mouvement insurrectionnel, détention d’armes à feu sans autorisation et de vol en réunion.En cours depuis 1982, le conflit casamançais connaît depuis plusieurs années une accalmie, alors que les tractations de paix se sont multipliées depuis l’arrivée au pouvoir du président Macky Sall, en 2012.La reprise des négociationsDes négociations ont repris en octobre 2017 à Rome sous l’égide de la communauté catholique de Sant’Egidio, médiatrice dans ce conflit. La rébellion indépendantiste a condamné le massacre du 6 janvier et prôné la poursuite du dialogue.Avec Jeune Afrique et AFP

Mondial 2018 : Moussa Sow incertain

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 Transféré à Bursaspor (Turquie), l’expérimenté buteur sénégalais (45 sélections, 18 buts) traverse une mauvaise passe, déjà perceptible alors qu’il évoluait aux Émirats arabes unis.Ici, tout ce qui concerne les Lions de la Teranga, surtout une année de Coupe du monde, prend vite de l’importance. L’équipe d’Aliou Cissé, lequel se trouve actuellement Russie, ne jouera que le 19 juin face à la Pologne, mais tout ce qui concerne l’état de santé ou les performances de ses internationaux est scruté de très près. C’est notamment le cas de Moussa Sow.L’ancien attaquant de Lille, qui est un des cadres de la sélection, auteur d’un but lors des qualifications, a rejoint en janvier dernier Bursaspor et le championnat de Turquie, beaucoup plus relevé que celui des Émirats arabes unis.Son dernier but remonte au 14 octobre 2017C’est avec le Shabab Al-Ahli Dubaï, que Sow (32 ans), a inscrit son dernier but, lors d’un match face à Emirates Club (4-0), disputé le 14 octobre 2017. Lors du mercato estival, le Sénégalais avait décidé de répondre aux sollicitations de Bursaspor, entraîné par Paul Le Guen, l’ancien sélectionneur du Cameroun – et dont la position est fragilisée par les mauvais résultats actuels – afin d’évoluer dans un championnat qu’il avait longuement fréquenté lorsqu’il jouait au Fenerbahce Istanbul (2012-2015 et 2016-2017).À Bursaspor, Sow, que Jeune Afrique n’est pas parvenu à joindre, a été perturbé par une blessure à un genou, l’obligeant à retourner quelques jours à Dubaï afin de se faire soigner par le médecin d’Al-Ahli. Mais deux mois après son arrivée en Anatolie, l’attaquant joue peu dans une équipe qui se traîne à la douzième place de la Süper Lig : trois matches, dont un en Coupe de Turquie, et 152 minutes en championnat. Sa dernière apparition remonte au 27 janvier, lors d’une défaite à Alanyaspor (1-3).Pour Lamine Diatta, l’ancien capitaine des Lions de la Teranga dont il est l’actuel manager, pas de raisons de s’alarmerPour Lamine Diatta, l’ancien capitaine des Lions de la Teranga dont il est l’actuel manager, il n’y a cependant pas de raisons de s’alarmer. « Nous sommes fin février, la Coupe du monde commence dans trois mois et demi. C’est encore loin. Il y a un groupe qui s’est qualifié, un groupe qui vit bien. Moussa Sow marque peut-être moins de buts en ce moment, mais on connaît ses qualités de buteur [76 buts avec Fenerbahce, 39 avec Lille, 22 avec Rennes, 17 avec Al-Ahli et 11 avec Sedan, toutes compétitions confondues, NDLR]. C’est souvent comme ça avant un grand tournoi : si un joueur important traverse une période un peu plus compliquée, certains vont chercher à vouloir trouver des problèmes, à dire qu’il n’a plus sa place, qu’il faut appeler quelqu’un d’autre, etc… Mais à la fin, c’est le sélectionneur qui prendra les décisions », ironise l’ex-quart de finaliste de la Coupe du monde 2002.Reste que la mauvaise passe de Sow coïncide avec la bonne forme de Demba Ba, qui a profité du mercato estival pour quitter la Chine afin de rejoindre lui aussi la Turquie (Göztepe Izmir), où il a déjà inscrit deux buts, un élément n’ayant pas échappé à la presse sénégalaise.Un joueur expérimenté et apprécié dans le groupeLes questions entourant la situation de Sow ont appelé une réaction de Régis Bogaert, l’adjoint d’Aliou Cissé. « Moussa s’est blessé au genou en arrivant à Bursaspor. Il faut donc qu’il se remette totalement de sa blessure. Le coach profitera du regroupement de mars et des matches amicaux face à l’Ouzbékistan (23 mars à Casablanca) et à la Bosnie-Herzégovine (27 mars, probablement au Havre) pour avoir des discussions avec les joueurs. Nous sommes fin février : il y a des joueurs blessés, d’autres qui reviennent de blessure, d’autres qui jouent moins… Aliou fera un premier point avec les en mars. »Le sélectionneur des Lions, quand il s’agira d’établir la liste des vingt-trois joueurs retenus pour disputer la Coupe du monde, devra tenir compte des états de forme des uns et des autres, mais aussi être attentif à l’équilibre de son groupe. « Sow est un élément important de la sélection. Il est apprécié, il apporte son expérience et on ne peut pas mettre en cause son implication. Cissé en est conscient. Maintenant, si Sow n’a pas beaucoup de temps de jeu à Bursaspor d’ici au mois de mai, cela pourrait devenir problématique. Il y a encore deux mois et demi de compétition en club, les matches de la sélection en mars, les choses peuvent encore bouger », souffle un proche de la sélection. Cissé est réputé pour privilégier le collectif aux statuts. La liste qu’il communiquera pour les matches amicaux de mars donnera déjà une première indication…Avec Jeune Afrique

Après les attentats de Ouaga, le Sénégal se barricade

L’attaque terroriste perpétrée vendredi dernier à Ouagadougou, dans la capitale burkinabè pour la troisième fois entre 2016 et 2018, incite le Sénégal à redoubler de vigilance et à renforcer le dispositif sécuritaire antiterroriste pour se prémunir de toute menace.Plusieurs morts et des dizaines de blessés. C’est le bilan provisoire de l’attaque terroriste survenue hier, à Ouagadougou, dans la capitale burkinabè. Cette attaque meurtrière, troisième du genre en l’espace de trois ans, met sur le qui-vive les autorités étatiques sénégalaises, notamment celles en charge de la sécurité intérieure du pays. A cet effet, le dispositif sécuritaire déjà mis sur place est renforcé davantage, selon le Bureau des relations publiques de la police nationale.‘’Il y a un dispositif qui est là, mais qui est renforcé, surtout au niveau des frontières. Les éléments sont vigilants’’, tranquillise d’emblée le commissaire Tabara Ndiaye, chef du Brpn. Elle renseigne, par la même occasion, que les forces sécuritaires, pour pallier toute éventualité et dissiper toute menace terroriste, misent beaucoup sur le renseignement et la vigilance. A cet effet, bon nombre de renseignements généraux sont disséminés sur le terrain et cela, dans tous les endroits stratégiques. ‘’Nos hommes qui ne sont pas en tenue sont beaucoup plus nombreux que ceux qui sont en tenue’’, révèle Mme Ndiaye.Cette vigilance, selon le chef du Brpn, est matérialisée sur le terrain par des patrouilles régulières, souvent dans certains coins et recoins de la capitale, et dans les autres villes du pays. ‘’Peut-être que vous ne le remarquez pas, mais de plus en plus il y a, dans chaque rond-point, une patrouille de la police ou des éléments sans véhicule qui veillent au grain. Ce sont là les mesures visibles que nous avons prises’’.A côté de ces mesures visibles, d’autres, plus discrètes, sont prises par les autorités en charge de la sécurité intérieure du pays et sur lesquelles la police refuse systématiquement de communiquer. ‘’Retenez simplement qu’il y a des mesures invisibles qu’on ne peut pas répandre sur la place publique’’, confie le commissaire Tabara Ndiaye.‘’Karangué’’ et Cico, la panacéePour contenir la menace terroriste qui gagne graduellement du terrain dans la sous-région ouest-africaine, avec la ceinture de feu qui s’élargit de plus en plus, les autorités en charge de la sécurité intérieure avaient initié une opération de prévention dénommée ‘’Karangué’’. Cette initiative consiste ainsi à des patrouilles mixtes entre la police et la gendarmerie dans des localités ciblées.Au-delà de ces mesures ponctuelles, les autorités étatiques ont, en effet, après l’attaque tragique de Grand-Bassam en Côte d’Ivoire, pris les devants, en signant des accords de défense dans le but de former les ressources humaines censées assurer la sécurité du peuple sénégalais, à travers un Cadre d’intervention et de coordination interministériel des opérations de lutte antiterroriste (Cico) créé par le président Macky Sall par décret. Placé sous l’autorité du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, cet organe vise à assurer la prévention contre ce phénomène et ‘’l’efficacité’’ en cas d’attaque.Cette initiative est, en effet, partie d’un contexte national et international caractérisé par la recrudescence d’actes terroristes, dont les victimes sont principalement les populations civiles.Au niveau national, même si des actes terroristes ne sont pas encore enregistrés, force est de reconnaître que notre pays est exposé à la menace. Dès lors, il urge de prendre des mesures anticipatrices qui permettront non seulement d’assurer la prévention et la protection idoines contre le terrorisme, mais également l’efficacité de l’intervention en cas de survenance d’attaques terroristes.C’est ainsi que l’Etat a engagé la mise en œuvre d’une stratégie antiterroriste. Aussi, les ministères de la Justice, de la Santé et des Forces armées sont fortement mis à contribution.Le Sénégal et la France se liguent contre le terrorismeToujours dans le cadre de la prévention contre la menace terroriste, le Sénégal et la France, en novembre 2013, avaient décidé de joindre leurs efforts dans un plan d’action de lutte contre le terrorisme. Un projet d’une valeur de 460 millions de francs Cfa financé par le Fonds de solidarité prioritaire du ministère français des Affaires étrangères.Parallèlement, avec la Mauritanie, le Sénégal a initié des patrouilles combinées à la frontière qu’ils se partagent. ‘’Dans le contexte sécuritaire, nos deux armées ont jugé opportun de se retrouver ensemble pour dégager des actions de sécurisation, le long de la frontière sénégalo-mauritanienne. Nous allons exécuter ensemble des missions sur le terrain, pour sécuriser et renforcer le sentiment sécuritaire des populations qui vivent à la frontière’’, avait déclaré le colonel Mbaye Cissé, Commandant de la zone militaire Nord du Sénégal.Le terrorisme, selon le président de la République, est un combat de la vie que les pays du monde entier doivent gagner. Pour Macky Sall, tous les citoyens doivent se mobiliser contre ce fléau qui n’épargne aucun pays. ‘’La lutte contre le terrorisme est un combat de tout un chacun. C’est celui des citoyens qui doivent participer dans l’effort de défense du territoire national par l’information, la communication et par la collaboration avec les services de sécurité’’, déclarait-il déjà l’année dernière.Avec Enquête Plus