Retour sur l’affaire « Karim Wade et les 500 millions »

Rilke Wilfrith Dakleu Ngongang a été renvoyé devant le tribunal correctionnel par le doyen des juges. Selon nos informations, il est visé pour recel de faux en écritures privées et dans des documents administratifs, escroquerie, tentative d’escroquerie et blanchiment de capitaux. Dans cette affaire, tout indique que la Justice a affaire à un escroc de haut vol, doublé d’un mythomane, qui avait bel et bien cité Karim Wade. En juin 2015 déjà, l’escroc qui se faisait passer pour Alpha Diallo de la Société générale ou de Ecobank avait été arrêté au Ghana. Révélations explosives.  C’est donc devant le tribunal correctionnel de Dakar que va se jouer les prolongations de l’affaire Rilke Wilfrith Dakleu Ndongang. Un dossier complexe dans lequel le nom de Karim Wade est revenu à plusieurs reprises. Mais de quoi s’agit-il au juste ? L’affaire commence le 30 juin 2017 lorsque le commissariat spécial de l’aéroport mettait à la disposition de la Division des investigations criminelles (DIC) le nommé Rilke Wilfrith Dakleu Ndongang interpellé à sa descente d’avion en provenance de Dubaï alors qu’il était porteur d’environ quatre millions de FCFA composés de devises étrangères, notamment des euros, des dollars, des roupies; des Cedi, des dirhams etc. Interrogé, il déclarait qu’en sa qualité d’ingénieur financier auprès de la société Qatar Investisment Authority (QIA), il était venu au Sénégal pour les besoins d’un projet d’investissement immobilier liant sa société à Mabollah Investment Holding basée à Dubaï et dans laquelle, selon ses dires, Karim Wade serait actionnaire.Il affirme que Karim Wade est actionnaire dans Mabollah Investment Holding et tente de le joindre par… WhatsAppDevant les enquêteurs, il avait d’ailleurs tenté de joindre en vain Karim Wade par WhatsApp. Il expliquait par ailleurs qu’il aurait fait sa connaissance par le biais d’un ami américain du nom de Franck Jackson. Et que pour les besoins de sa mission au Sénégal, il avait été mis en relation avec un certain Abdou Karim N. dont le contact téléphonique était le 70.852… Toutefois, les réquisitions adressées à l’opérateur de téléphonie Expresso permettaient de constater que ladite ligne avait été résiliée depuis plus de six mois et que son propriétaire El Hadji Abdou Karim N. résiderait en Italie. Rilke Wilfrith Dakieu Ngongang expliquait en outre qu’au mois de mai de la même année il avait été au Sénégal où il avait pris part à un séminaire sur les opportunités d’investissement organisé par la société française Difcom et à cette occasion il avait fait la connaissance de la dame Aïssatou S., agent à la Bgfi Bank. Mais cette dernière convoquée et entendue, déclarait avoir fait sa connaissance lorsqu’il s’était présenté à elle comme un client Vip pour les besoins d’un appel de fonds d’un montant de 5 millions de FCFA depuis sa banque au Cameroun.Arsenal pour escroc de haut volL’analyse des trois téléphones portables, de l’ordinateur portable et de la clé Usb du mis en cause présumé permettait la découverte de fichiers cachés, notamment un passeport ordinaire américain numéro P00542321 au nom de Andersen Clay Chris Thomas, né le 1er octobre 1981 à Miami, Floride, délivré le 3 juin 2009 et expiré le 2 juin 2014 ; un passeport ordinaire américain numéro P00583201 établi au nom de Rilke Wilfrith Dakleu Ngongang, né le 2 juin 2014 ; un passeport ordinaire ghanéen numéro G0007745, établi au nom de Thomas Anderson Christopher né le 1er octobre 1985 à Accra et un passeport ordinaire français établi au nom de Rilk Wilfrth Dacieu Idrac, né le 4 décembre 1983 à Bruxelles. Toutes ces copies de passeports avaient la particularité de porter ses épreuves photographiques. Il avait été également découvert plusieurs autres documents, entre autres, un accord de virement de 500 millions d’euros entre la Deutsche Bank et la société Qia, des logos de Total, de la Société générale de banques du Bénin, de l’ONU, de la République du Qatar…Interpellé sur ces découvertes, le mis en cause présumé maintenait qu’il était né le 1er octobre 1988 à Bafia, au Cameroun. Les vérifications effectuées auprès des services de l’ambassade des Etats-Unis révélaient la fausseté des passeports américains. Pour ce qui est du passeport français, Interpol révélait qu’il avait été déclaré volé en France. Mais en ce qui concerne l’accord de virement, les policiers enquêteurs n’avaient pas reçu les résultats de son authentification au moment de clore leur procès-verbal. Enfin, des renseignements faisant état de l’arrestation de Rilke en 2015 au Ghana entre autres pour des faits de tentative d’escroquerie, de faux et d’usage de faux alors qu’il se faisait appeler Alpha Diallo et qu’il se faisait passer pour le nouveau responsable financier de Mtn. D’ailleurs, il avait été retrouvé dans sa clé Usb un ordre de mission au nom de Alpha Diallo, analyste Ecobank Togo Sa pour un séminaire au Ghana du 2 au 17 février 2015 et un autre ordre de mission toujours au nom de Alpha Diallo, sous-directeur exploitation et logistique de Mtn Cameroun pour une mission en Afrique du Sud, au Bénin, à Londres et au Ghana du 15 au 27 avril 2014.Mystère autour d’un virement de 500 millions d’eurosInculpé des chefs d’association de malfaiteurs, d’escroquerie, de tentative d’escroquerie, de faux, d’usage de faux en écritures privées et dans des documents administratifs, d’usurpation d’identité et de blanchiment de capitaux, Rilke réitérait ses dénégations. Il déclarait spontanément que c’est à sa descente d’avion selon la procédure prioritaire puisqu’il avait voyagé en première classe que les agents des douanes l’avaient interpellé pour fouiller ses bagages. Il ajoutait qu’il n’entretenait aucune relation particulière avec Karim Wade et que tous les éléments de l’enquête le concernant ont été remis aux enquêteurs par lui-même pour prouver sa bonne foi. Entendu dans le fond, il jurait qu’il avait plusieurs nationalités notamment la nationalité américaine acquise par le biais de son père, la nationalité ghanéenne pour profiter de faveurs fiscales par rapport aux Etats-Unis et la nationalité Qatarie en raison de son amitié avec son Altesse Sheikh Abdullah Bin Mohamed Bin Saud Al Thani, oncle de l’émir du Qatar. Sur la fausseté des passeports, il soutenait qu’il n’en était rien car il ne les détenait pas et que les enquêteurs n’avaient extrait de son ordinateur que les copies de ces passeports qui étaient soit expirés, soit perdus. Il précisait d’ailleurs que les vérifications faites au consulat des Etats-Unis ne pouvaient pas servir d’authentification car les passeports physiques n’ont pas été découverts. D’après lui, au moment de sa garde à vue, les services américains lui avaient rendu visite et après s’être assurés de sa citoyenneté sur la base de son numéro d’identification fiscale, ils avaient avisé sa famille aux Etats-Unis. Pour ce qui est du passeport français déclaré volé, il expliquait également que seule une copie en noir et blanc avait été retrouvée dans un vieux fichier de son ordinateur et que sur sa demande, son oncle Sieyadjie David, avait fait la déclaration de vol. L’inculpé confirmait par ailleurs qu’il était venu à deux reprises au Sénégal mais à chacun de ses séjours il logeait à l’hôtel Radisson Blu. Pour son premier voyage, il disait avoir pris part à une conférence organisée au King Fahd Palace par les compagnies pétrolières attributaires du bloc 61 D3 avec la compagnie Kosmos et pour son second voyage il était mandaté par son employeur, QIA, sur recommandation de son ami américain Franck Acknon qui l’avait mis en relation avec Abdou Karim N. Le but serait de discuter d’un projet d’investissement immobilier et hôtelier à Dakar, étant donné que lors de son précédent séjour, il affirme avoir remarqué que l’hôtel Radisson Blu ne répondait pas aux normes de qualité pour un hôtel 5 étoiles. Il disait avoir les coordonnées de Franck Acknon et qu’il ne savait de Abdou Karim N. que le fait qu’il soit un proche de l’ancien ministre Karim Wade et « intermédiaire pour le compte de Mayoolah holding ». Pour ce qui est du virement d’un montant de 500 millions d’euros entre Deutsche Bank et QIA, il disait ne pas être concerné car le document ne portait pas son nom. En revanche, il précisait qu’il s’agissait d’un virement de fonds entre QIA et Qatara Invests dont il était le président du conseil d’administration, lequel concernait des financements dans la zone Asie. Des déclarations qui n’ont pas, alors pas du tout, convaincu le parquet qui l’a fait savoir dans son réquisitoire définitif et le juge instructeur l’a suivi. 

Bien mal acquis: des Sénégalais débusqués au Canada

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 Sherpa et la Coalition biens mal acquis du Canada réactivent la «filière africaine du Québec». Les deux organisations ont saisi jeudi la Gendarmerie royale du Canada pour l’ouverture d’une enquête contre les familles Bongo, Sassou Nguesso, Déby et des personnalités de l’ancien régime. Sans doute, les investissements de Me Madické Niang et Mamadou Pouye pourraient intéresser les enquêteurs.Le dossier confié à Gendarmerie royale du CanadaRevoilà la traque des biens mal acquis. Non pas celle de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei), mais l’ouverture d’une enquête réclamée conjointement par Sherpa et la Coalition biens mal acquis du Canada sur les biens mal acquis et le blanchiment d’argent au Canada. «L’association Sherpa informe avoir ce jour (jeudi 1er mars) demandé à la Gendarmerie royale du Canada qu’une enquête soit diligentée sur les conditions d’acquisition d’un patrimoine immobilier considérable sur le territoire canadien par différents dignitaires africains et leurs proches, dont certains sont mis en cause dans des procédures judiciaires en France», lit-on sur le site asso-sherpa.org. Interrogé par Rfi hier, Me William Bourdon déclare : «Les soupçons sont sur les membres de la famille Bongo (Gabon), Sassou Nguesso (Congo Brazzaville), le clan autour de Idriss Déby (Tchad), des personnalités qui ont pu occuper des fonctions officielles ou officieuses il y a quelques années au Sénégal.»Mais qui sont ces Sénégalais ? Pour l’heure, point de noms, mais on ne peut occulter le cas Madické Niang et Mamadou Pouye qui avait d’ailleurs fait l’objet d’un article du site canadien tvanouvelles.ca dans ce sens en juin 2017, intitulé «Sénégal : des fidèles du Président honnis à Montréal». Dans cet article, il est indiqué que l’actuel président du groupe parlementaire Liberté et démocratie a investi «dans des pied-à-terre (appartements occupés occasionnellement) à Montréal» dans le centre-ville. Dans un graphique, l’auteur écrivait que «Madické Niang a acheté son premier condo de la tour de 20 étages, rue Jean-d’Estrées en 2006. Un investissement de 261 676 dollars (plus de 130 millions FCfa), sans hypothèque dont la valeur en 2017 était de 288 000 dollars (plus de 140 millions FCfa). Puis dans le même centre-ville de Montréal, un investissement de 272 550 dollars (plus de 136 millions FCfa) en 2008 avec une hypothèque de 175 500 dollars (plus de 87 millions Cfa) dont la valeur en 2017 était de 306 500 dollars (plus de 153 millions FCfa)». L’article de tvanouvelles.ca indiquait aussi que deux semaines après la défaite de Wade en 2012, «une compagnie à numéro que contrôlent (Mamadou) Pouye et sa femme achetait un condo (appartement) dans Outremont, pour 470 mille $ $ (plus de 235 millions FCfa), taxes comprises, sans hypothèque». C’est le même Pouye qui était poursuivi en même temps que Karim Wade dans le dossier de la Crei.«On les soupçonne d’avoir profité de leurs positions pour favoriser leur enrichissement personnel» Sur cette «filière africaine au Québec», William Bourdon, président-fondateur de Sherpa, expli­que sur Rfi les raisons de cette nouvelle enquête demandée : «On les soupçonne – et c’est la procédure des biens mal acquis – d’avoir, par des procédés divers, plus ou moins sophistiqués, profité et abusé des positions qui étaient les leurs – officielles ou officieuses – pour, au prix d’un certain nombre d’infractions financières dont les résultats sont toujours des opérations de blanchiment d’argent, favoriser leur enrichissement personnel, notamment par l’acquisition de biens, immeubles par leur pays, leur capitale, loin des yeux, loin du juge local, à Montréal ou dans tous les cas au Québec ou dans d’autres régions du Canada. En la matière, il n’y a pas une plainte au monde qui ait été déposée avec des preuves scientifiques parce que, par définition, la corruption est une infraction secrète et une doctrine de la jurisprudence internationale qui considère que c’est une obligation d’enquêter, même si la preuve n’est pas rapportée de façon parfaite. Ce qui est essentiel, c’est qu’ils apportent un minimum de présomptions de l’existence du financement illicite de ce patrimoine et ces présomptions, elles sont aujourd’hui largement sur la table.»Avec Le Quotidien

Côte d’Ivoire: un nouveau syndicat dédié à la défense …des femmes

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« Nous allons nous battre ! » : pour la première fois en Côte d’Ivoire, des « femmes travailleuses » issues de l’administration, du milieu agricole et du secteur informel ont créé leur syndicat, pour que leurs préoccupations soient véritablement prises en compte.Le Réseau des femmes syndicalistes de Côte d’Ivoire (REFSY-CI) est né « pour porter haut nos préoccupations auprès des pouvoirs publics », a expliqué à l’AFP sa présidente Mariatou Guiehoa, estimant qu’elles sont jusque-là « reléguées au second plan ».Mme Guiehoa, 65 ans dont 30 de militantisme, estime que depuis l’indépendance du pays en 1960, seuls « des strapontins » ont été accordés aux femmes dans les mouvements syndicaux. Aucune femme n’a jamais été à la tête d’un syndicat.Le nouveau syndicat revendique 4.000 adhérentesLe nouveau syndicat revendique 4.000 adhérentes, des femmes enseignantes, sociologues, vendeuses sur les marchés, pompistes, transporteuses… qui ambitionnent de devenir les « interlocutrices importantes dans le milieu syndical en Côte d’Ivoire », dominé par des hommes qui décident à leur place.Transfuges des cinq centrales syndicales ivoiriennes, les cadres du REFSY-CI ont décidé de constituer un « syndicat libre et indépendant pour les femmes », avec pour devise : « Amour-Solidarité-Justice ».L’arrivée de ce nouveau syndicat a été saluée par la ministre ivoirienne de la Femme, Mariatou Koné, qui y a vu « une avancée dans la politique de promotion de la femme » et « un puissant instrument de négociation sociale qui favorisera le dialogue constructif, à l’exclusion de la violence ».Mais les syndicats établis voient cette nouvelle concurrence d’un autre œil, mettant en garde contre le danger du « sectarisme » qui pourrait réduire à néant les ambitions du REFSY-CI.Mériter sa place dans le milieu syndical« Nous reconnaissons qu’il y a des obstacles à lever, comme le sexisme, le machisme et la phallocratie qui sont des réalités dans le mouvement. Mais cela ne devrait pas amener les femmes à se sectoriser », juge Théodore Gnagna Zadi, président de la Plateforme nationale, qui regroupe une cinquantaine de syndicats de fonctionnaires, à l’origine d’une grève d’un mois qui secoué le pays en 2017.« Le mouvement syndical n’est pas un mouvement de complaisance où l’on donnerait des places à des femmes parce qu’elles sont femmes. Elles doivent le mériter », ajoute M. Zadi.Un défi que les membres du REFSY-CI assurent être prêtes à relever : « Nous ne sommes pas là pour dire que nous voulons prendre la place des hommes. Le REFSY-CI veut mériter sa place dans le milieu syndical », assure le programme du nouveau mouvement.Avec comme priorité la formation de ses adhérents au militantisme féminin, avec l’aide de la fondation allemande Friedrich Herbert-Stiftung. Et le souci de « concilier le mouvement syndical et la vie de foyer, deux choses différentes ».Lutte pour la couverture maladie universelleLe REFSY-CI, qui a constaté avec surprise que la quasi-totalité de ses adhérentes ne disposaient pas de couverture maladie universelle, entend aussi se lancer dans cette lutte.« Les artisanes, les femmes rurales vivent au jour le jour. Si pour des raisons de maladie, elles n’ont pu bénéficier de soins, elles ne peuvent générer des ressources », déplore Salimata Porquet, présidente de la Plateforme d’éveil électoral des femmes et des jeunes, une ONG panafricaine et marraine du réseau.Le syndicat entend ainsi trouver une couverture maladie aux femmes des secteurs informels, ces « travailleuses sans salaire » qui sont devenues de véritables « chefs de famille ».« Nous voulons faire comprendre à la jeune génération que faire du syndicalisme, ce n’est pas fabriquer des révoltées, mais prendre en compte les préoccupations des femmes », souligne Mme Porquet.Avec Jeune Afrique 

‘‘Décu’’ ? Le grand fauve Youssou Ndour et l’odeur du sang du Président blessé

Youssou Ndour est donc « décu » de son compagnonnage bientôt septennal avec Son Excédence, qui aura excédé de deux ans le mandat qu’il s’était et nous avait solennellement promis. Au risque, pour Macky, de devoir le payer en 2019 par le désamour électoral de bien de Sénégalais, experts en daas fananal.

Notre artiste planétaire n’est pas homme à avoir des bleus à l’âme, et encore moins à s’épancher sur ses dépits amoureux. Il faut donc en comprendre tout à fait autre chose, de cette « déception » ndouresque. L’enfant de la Médina, self-made-man s’il en est, ne respecte que les rapports de force et a un sens politique aigu, sans lequel il ne serait pas devenu le tycoon milliardaire qu’il est.

Youssou Ndour a donc senti l’odeur du sang de la bête blessée Macky Sall, écharpée par le résultat des législatives de juillet dernier qui auront fait de son présidentiel Benno Bokk Yaakar une « minorité présidentielle », en lui octroyant un score en dessous de 50%. 49% plus exactement. Ceci, en dépit de l’investissement personnel de son affidé le plus proche, le Premier ministre Boune Abdallah Dionne propulsé en tête de liste, et malgré la descente remarquée sur le terrain de tous les poids lourds du gouvernement, avec à leur tête le Ministre de l’Économie et des Finances Amadou Bâ, qui n’auront pas lésiné sur la générosité financière. Pour rester polis, et ne pas parler d’achat de consciences. Avec cela, le camp présidentiel est donc supposé avoir fait le plein de ses voix et votes aux législatives. D’autant qu’il est connu que tous ceux qui soutiennent l’auguste action du Président en place se déplacent les premiers et en masse pour voter. S’ils ne sont pas convoyés par cars Tata pour le faire. You comprend aussi que les candidats –en-dépit-de-leur-plein-gré que seront le catarrheux Karim Meïssa Wade et l’autre Sall, Khalifa l’édile dakaroise, sont de nature à prendre beaucoup de voix à Macky, au soir du 25 février 2019. Enfin, le pilonnage d’Idrissa Seck semble également rencontrer un écho favorable certain dans l’opinion. Aussi, à rebours des caciques stipendiés de l’APR qui répètent à l’envi que Macky Sall sera « réélu dès le premier tour, avec 60% des voix », Youssou Madjiguéne Ndour qui ne dépend de personne pour boucler ses fins de mois, sait bien que rien n’est moins sûr que cette réélection dans un fauteuil de sénateur. « Réélection au premier tour avec 60% des voix » : le funeste mantra qui a emporté Abdou Diouf en 2000 et Wade en 2012.

Youssou n’aura jamais mis ses œufs dans le même panier, en termes de soutien au Président de la République en place. En 1999, alors qu’il avait animé un concert au stade alors de l’Amitié, drapé dans un boubou tricolore aux couleurs du drapeau national à l’occasion de la fête de la jeunesse, il n’en avait pas moins refusé d’appeler à voter Abdou Diouf. Ce que n’avait pas fait l’idole des arènes Mohamed Ndao Tyson, qui se fourvoyât à soulever, quelques mois plus tard, le bras du champion bientôt défait Abdou Diouf.

En 2012, Youssou avait également aussi bien senti que le troisième mandat wadien était celui de trop. Il avait donc pesé de tout son poids pour voler au secours de la victoire contre l’insubmersible High-Laye-Nder  Abdoulaye Wade.

Bis repetita placent avec Macky Sall version 2019 ? Qu’il soit en tout cas entendu que Youssou Ndour ne sera pas dans le camp des perdants et ne se fera pas faire… marron.

Comme César à propos de Brutus, il ne reste à Macky Sall qu’à réviser son latin de cuisine : « You, tu quoque, fratis ? »

Ousseynou Nar Gueye

Le West African College of the Atlantic de Dakar racheté par le Camerounais Cyrille Nkontchou et Pape Madické Diop de BEM

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En rachetant le West African College of the Atlantic (Waca) à Dakar, prestigieux lycée international privé bilingue de la capitale sénégalaise, le groupe éducatif panafricain Enko Education poursuit son expansion en Afrique subsaharienne où il ambitionne d’implanter une quarantaine d’écoles d’ici cinq ans.Le groupe Enko Education, cofondé par le Camerounais Cyrille Nkontchou et le Français Éric Pignot, son directeur général, étend sa toile au Sénégal où il vient de racheter le West African College of the Atlantic (Waca), son deuxième établissement dans la capitale sénégalaise, après Enko Dakar International School, où les cours ont démarré en septembre 2017. Les deux parties se sont refusées à dévoiler le montant de la transaction.Cofondé en 1996 par Danielle Louise Hill et son époux Ian, ancien directeur général adjoint de l’Organisation du baccalauréat international à Genève, le Waca a été le premier établissement à proposer le baccalauréat international (IB) au Sénégal. Il accueille actuellement 235 pensionnaires, moyennant des frais de scolarité d’1,3 million de francs CFA (près de 2 000 euros) par an, de la 6e à la 4e ; 1,41 million de FCFA en 3e, 1,65 million de FCFA en 2nde et 2,425 millions de CFA pour les classes de 1ère et de terminale.« Nous cherchions un repreneur pour assurer l’avenir de l’école, car nous ne sommes pas une organisation, seulement un couple, et nous avons pensé qu’un groupe comme Enko Education serait idéal pour assurer cette pérennité pour les enfants du Sénégal et africains et pour donner un nouvel élan à l’école », confie Ian Hill, qui trouve que son établissement et Enko Education partagent une vision et des valeurs telles que le bilinguisme, le sérieux, la rigueur, l’excellence pédagogique et l’ouverture à l’international.Plan stratégiqueAutre argument décisif invoqué par le cofondateur de Waca, la montée en puissance d’Enko Education sur le continent. De fait, depuis l’ouverture de son premier établissement en septembre 2014, à Yaoundé (Cameroun), le réseau d’Enko totalise aujourd’hui une dizaine d’écoles réparties dans cinq pays : le Cameroun (2), la Côte d’Ivoire (2), le Sénégal (2), le Mozambique (3) et l’Afrique du Sud (1). Depuis 2014, environ 4,5 millions de dollars (3,7 millions d’euros) ont été levés par le groupe pour financer l’ouverture de ces établissements.« Une quarantaine d’écoles prévues dans 20 pays d’Afrique subsaharienne, pour un investissement compris entre 30 et 40 millions d’euros »Enko développe un plan stratégique d’ouverture pour les cinq prochaines années, avec une quarantaine d’écoles dans 20 pays d’Afrique subsaharienne, pour un investissement compris entre 30 et 40 millions d’euros. Deux d’établissements devraient ouvrir à la rentrée de septembre 2018 en Afrique de l’Ouest francophone, d’après le directeur général d’Enko Education, qui ne donne pas plus de détails quant aux lieux d’implantation.Capital majoritairement africainDes partenaires financiers internationaux et des fonds d’investissement privés tels que LiquidAfrica (la holding dirigée par Cyrille Nkontchou), Proparco, filiale de l’AFD dédiée au secteur privé, Investisseurs & Partenaires (I&P) et Oikocredit, accompagnent Enko Education dans son développement. Une nouvelle levée de fonds est également prévue d’ici à la fin de l’année pour entériner l’arrivée de nouveaux investisseurs dans le capital majoritairement africain du groupe. Au nombre de ses actionnaires figure notamment le Sénégalais Pape Madické Diop, président-directeur général de l’école de gestion la BEM Dakar.Selon Éric Pignot, le modèle Enko Education a pour but de préparer les jeunes élèves africains à intégrer les grandes universités mondiales et africaines, au travers de formations de qualité, fondées sur le Programme du diplôme du baccalauréat international (IBDP). Parmi les universités ciblées, Yale University (États-Unis), les universités de Toronto et d’Ottawa (Canada), l’université de Manchester (Royaume-Uni), les françaises Polytechnique et Sciences-Po ou encore la chinoise Capital University of Economics and Business de Beijing. Et côté africain, il cite l’African Leadership University (Rwanda et Maurice) et la Lancaster University au Ghana.Avec Jeune Afrique 

Ministre de l’Intérieur partisan, Ali Ngouille Ndiaye tiendra-t-il jusqu’à la présidentielle?

L’opposition réclame la démission du ministre de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye, qui a déclaré sur une chaîne de télévision avoir « le souhait que le président Macky Sall gagne au premier tour » en 2019.Aly Ngouille Ndiaye est-il en mission pour faire réélire Macky Sall en 2019 ? Invité le week-end dernier dans l’émission « Cartes sur table » de la chaîne 2STV, le ministre de l’Intérieur a déclenché une vive polémique en déclarant avoir « le souhait que le président Macky Sall gagne au premier tour ».« Je vais tout faire pour que ceux qui ne sont pas encore inscrits puissent l’être afin de soutenir le président Macky Sall. Ceux qui sont déjà inscrits, je vais tout faire pour qu’ils récupèrent leur carte. Ceux qui veulent voter, je vais les aider à aller voter », a-t-il poursuivi.

Appel à la démission

Accusation de « forfaiture », appel à la démission… C’est peu dire que la sortie du ministre a fait réagir l’opposition. « Il vient de démontrer aux yeux de tous qu’il ne peut organiser des élections sincères et démocratiques, vu son aveu de travailler pour le candidat Macky Sall », assène dans un communiqué publié le 26 février le Parti démocratique sénégalais, la formation de l’ancien président Abdoulaye Wade.De son côté, l’Initiative pour des élections démocratiques (IED), qui rassemble vingt partis et organisations de l’opposition – dont le PDS, Bokk Gis Gis, et Pastef – a appelé à un rassemblement vendredi prochain devant le ministère de l’Intérieur, afin d’empêcher Aly Ngouille Ndiaye d’organiser les élections et de faire en sorte « qu’une autorité indépendante s’en occupe ».Le 9 février, environ un millier de personnes s’étaient déjà rassemblés à l’appel de l’IED afin de réclamer « plus de transparence » dans le processus électoral.

Sujet brûlant

L’organisation des élections est devenue un sujet brûlant au Sénégal. La faute à l’invraisemblable micmac lors des législatives de l’été dernier autour de la distribution des nouvelles cartes électorales. En raison de l’impréparation du ministère et de projection faussées dès le départ, près d’un tiers des cartes n’avait pas pu être distribué à temps, obligeant le président Macky Sall à saisir le Conseil constitutionnel afin d’autoriser les Sénégalais à voter avec d’autres documents.« Cela ne concerne pas le processus électoral en lui-même, qui n’a toujours pas débuté »Sous le feu des critiques de l’opposition, qui pointait le risque de fraude électorale, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Abdoulaye Daouda Diallo, avait été remplacé en septembre dernier par l’ancien ministre des Mines Aly Ngouille Ndiaye. Une nomination peu appréciée par l’opposition, qui réclamait une personnalité « apolitique » à ce poste – Aly Ngouille Ndiaye est l’ancien responsable du Mouvement pour la renaissance du Djolof (MRD), qui a fusionné avec l’Alliance pour la République, la formation au pouvoir dans le pays.Une Commission autonome (Commission électorale nationale autonome, Cena) est chargée de superviser et de contrôler le processus électoral – dont la réalisation incombe au ministère de l’Intérieur. Contacté, le président de cette instance, Doudou Ndir, s’est refusé à tout commentaire sur la polémique, précisant seulement qu’il s’agit de « propos tenus par un responsable politique ». « Cela ne concerne pas le processus électoral en lui-même, qui n’a toujours pas débuté », a-t-il déclaré.Avec Jeune Afrique

Disparition de Lilyan Kesteloot, pionnière et grande militante de la littérature négro-africaine

Elle était du cercle des chercheurs occidentaux qui comprenaient et aimaient les littératures négro-africaines. L’universitaire et chercheuse belge Lilyan Kesteloot, 87 ans, s’est éteinte ce mercredi à Paris.Des générations successives de lycéens, d’étudiants ou de chercheurs se sont abreuvées de ses ouvrages de référence sur les littératures négro-africaines, mais aussi, et surtout, de son ouvrage phare : Anthologie négro-africaine, publié pour la première fois en 1967.Avec la disparition de Lilyan Kesteloot, ce mercredi 28 février à Paris, à l’âge de 87 ans, les littératures négro-africaines et francophones, notamment, ont perdu une de leurs plus grandes spécialistes et défenseurs.

Des textes majeurs sur la négritude

Plusieurs de ses textes font autorité au sein du monde des spécialistes des lettres africaines : Les écrivains noirs de langue française, sa thèse de doctorat soutenue en 1961 à l’université de Bruxelles, Négritude et situation coloniale (1968), ou encore Aimé Césaire, poète d’aujourd’hui, publié en 1963.Lilyan Kesteloot était en effet une grande spécialiste de l’œuvre littéraire du poète martiniquais Aimé Césaire, fondateur dans les années 1930, avec le Sénégalais Léopold Sédar Senghor et le Guadeloupéen Léon-Gontran Damas, du mouvement de la négritude.C’est d’ailleurs à l’invitation du poète-président Léopold Sédar Senghor que cette Belge vint, en 1971, à la faculté des Lettres de l’université de Dakar, qu’elle ne quittera plus jamais. Mais avant de s’installer dans la capitale sénégalaise, Lilyan Kesteloot prodiguait, tour à tour, ses enseignements aux écoles normales supérieures du Cameroun, du Mali et de Côte d’Ivoire.

Défrichage du patrimoine littéraire « oral » ouest-africain

À la tête du Laboratoire de littérature orale de l’Institut fondamental d’Afrique noire (IFAN), fondé en 1936 par l’africaniste français Théodore Monod, elle accomplit un précieux et patient travail de défrichage et de collecte du patrimoine littéraire « oral » ouest-africain (Sénégal, Mali, Côte d’Ivoire, Burkina).De nombreux travaux sont nés de ses recherches menées en collaboration avec des chercheurs africains, comme Kaïdara, récit initiatique peul, coécrit en 1968 avec l’homme de lettres malien Amadou Hampâté Ba, Contes et mythes Wolof (1982) en collaboration avec le professeur Bassirou Dieng, aujourd’hui décédé, avec qui elle écrit également Les épopées d’Afrique noire.Une grande militante de la littérature orale africaine s’en est alléeElle a su, inlassablement, mener de front ses travaux de recherche et l’encadrement d’étudiants. « Elle a encadré et accompagné la plupart des enseignants-chercheurs qui font aujourd’hui la fierté de l’Université Cheikh Anta-Diop (UCAD) de Dakar. Elle a toujours été disponible pour ses étudiants, mais aussi pour les autres qui la sollicitaient. Une grande militante de la littérature orale africaine s’en est allée », témoigne Mamadou Dramé, professeur assimilé à l’UCAD et directeur du département Cultures urbaines à l’Institut culturel panafricain (ICP) de Yene.Lilyan Kesteloot était également chargée d’un séminaire à l’Université Paris-Sorbonne, en France. Elle était incontestablement, avec le professeur Jacques Chevrier, de cette même université, une des dernières militantes de ces lettres africaines et de sa diaspora, dont la richesse et l’incandescence ont été révélées au monde au plus fort de la domination coloniale, par les chantres de la négritude.Avec Jeune Afrique

Les élections s’éloignent dans une Guinée-Bissau toujours sans gouvernement

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Plus d’un mois après la nomination d’un nouveau Premier ministre, la Guinée-Bissau n’a toujours pas de gouvernement et les législatives prévues en mai ne devraient pas avoir lieu avant novembre, ont indiqué des responsables politiques à l’issue de consultations avec le président José Mario Vaz.A la grande inquiétude de l’ONU, la Guinée-Bissau traverse des turbulences politiques depuis la destitution en août 2015 par le président Vaz de son Premier ministre, Domingos Simoes Pereira, chef du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée-Bissau (PAIGC).Les deux hommes, membres du même parti, ne s’entendaient plus sur la direction du pays, notamment au sujet de la corruption.José Mario Vaz a depuis lors nommé plusieurs Premiers ministre, dont le dernier fin janvier, Augusto Antonio Artur Da Silva. Celui-ci est en principe chargé de former un gouvernement et d’organiser des législatives dans les prochains mois.Mais les partis signataires d’un accord de sortie de crise conclu à Conakry en octobre 2016 ont jusqu’ici refusé de le soutenir.Cet accord prévoit une « procédure consensuelle » pour choisir un Premier ministre « ayant la confiance du président » et devant rester en place jusqu’à des élections législatives.Tout au long de la semaine, le chef de l’État a reçu les chefs de partis siégeant au Parlement pour tenter de fixer une date pour ces législatives, qui selon la Constitution doivent avoir lieu quatre ans après celles d’avril 2014.

Techniquement impossible

« Nous reconnaissons que les conditions pour organiser des élections fiables en mai n’existent pas. Donnons-nous le temps de préparer sérieusement des élections libres et transparentes. Pour nous et pour la plupart des partis politiques, le mois de novembre est le plus approprié », a déclaré à l’issue des consultations qui ont duré une semaine le chef d’une petite formation de l’opposition, le Parti de la Nouvelle démocratie, Yaya Djalo.« Techniquement, il ne sera pas possible d’organiser les législatives en mai comme prévu par le calendrier électoral », a convenu le secrétaire exécutif de la Commission nationale des élections (CNE), José Pedro Sambu.« Il aurait fallu mettre à jour les listes électorales dès janvier, procéder au recensement et établir un nouveau découpage cartographique. Il y a aussi le fait que le matériel informatique disponible se trouve dans un état de fonctionnement déplorable, faute d’entretien adéquat. Le mois de novembre est celui retenu par la plupart des partis politiques », a-t-il expliqué.En outre, la CNE n’a plus de président depuis le départ d’Augusto Mendes pour des fonctions internationales et la nomination de son successeur incombe à l’Assemblée nationale, qui a suspendu ses travaux depuis deux ans.Manque de volonté politique et de bonne foiDans son dernier rapport publié début février, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, déplorait que « les tensions n’aient cessé de monter » dans cette ancienne colonie portugaise d’Afrique de l’Ouest.Les sanctions décidées le 1er février par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) contre 19 personnalités bissau-guinéennes pour non-respect de l’accord de sortie de crise n’ont jusqu’ici donné que de « modestes résultats », « principalement en raison du manque de volonté politique et de bonne foi de la part de certaines parties prenantes et de leurs interprétations divergentes de l’accord de Conakry », selon M. Guterres.Ces sanctions concernent 14 députés – huit frondeurs du PAIGC et six du Parti de la rénovation sociale (PRS), deuxième formation parlementaire – ainsi que cinq proches de M. Vaz, dont son fils, Emerson Vaz.Le 18 février, des milliers de partisans du président Vaz avaient manifesté dans la capitale Bissau pour dénoncer ces sanctions.Mercredi, le Conseil de sécurité de l’ONU a prorogé pour un an, jusqu’au 28 février 2019, le mandat du Bureau intégré des Nations unies pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissau (Binugbis).Celui-ci aura notamment pour mission « d’appuyer les opérations électorales afin d’assurer, en 2018, la tenue d’élections législatives ouvertes, libres et crédibles », « dans les délais prescrits par la loi », selon la résolution 2404 adoptée à l’unanimité des membres du Conseil.La prochaine élection présidentielle est quant à elle prévue en 2019. Avec AFP

Le candidat (?) Karim Wade écrit qu’il veut « bâtir un Sénégal… »

Karim Wade a adressé une contribution aux participants au colloque international pour la paix, organisé ce samedi 03 mars au King Fahd palace. Intégralité de la note parvenue à Tract Quotidien.« Vous, membres de cette auguste assemblée, à travers votre président et votre coordonnateur général, recevez mes remerciements et mes salutations les plus distinguées. En effet, les différents thèmes que vous comptez aborder avec un panel aussi riche parce qu’étant composé d’hommes de valeur dont la plupart sont issus de nos différentes familles religieuses héritières de nos illustres ancêtres qui ont marqué de leur empreinte indélébile, le cours de notre histoire.La pertinence de ces thèmes est aussi justifiée par le contexte international marqué par la barbarie et la violence enfantées par l’intolérance, l’incompréhension et le fanatisme aveugle ; que par l’exception sénégalaise caractérisée par l’entente, la cordialité et la cohabitation pacifique entre toutes les races, toutes les confessions, toutes les ethnies. Cette pluralité, loin de nous diviser, demeure une richesse inépuisable pour notre cher pays.Mes chers frères et sœurs, soyez rassurés que, comme vous, mon seul repère, ma seule boussole qui guide mes actions, s’inspirent de la philosophie de paix, de tolérance et de concorde nationale que mon guide spirituel, Cheikh Ahmadou Bamba, n’a cessé, durant toute sa vie, d’utiliser comme fondement de la communauté qu’il a bâtie. L’islam, après avoir pénétré cette partie de l’Afrique, a été adopté par de grands hommes soufis qui ont su éclairer notre peuple, à travers de grandes confréries : la Khadria, le et enfin le Mouridisme dont le fondateur Cheikh Ahmadou Bamba qui a incarné la synthèse de toutes ces grandes écoles de soufisme.Quand j’observe ce monde actuel marqué par une série de violences aveugles interconfessionnelles, je m’étonne et deviens meurtri par cette trajectoire de non-sens que notre monde contemporain est en train de suivre. Pour étayer ce point d’interrogation face à cette bizarrerie irrationnelle, je ne fais que convoquer cette époque des premières heures de l’islam : lorsque les premiers disciples du prophète Mohamed (psl) étaient persécutés à La Mecque, doit-on oublier qu’il avait conseillé à certains de ses compagnons d’aller demander asile et refuge auprès de la communauté chrétienne d’Ethiopie, pays se situant en Afrique noire.Cette séquence de l’histoire de l’islam engendre deux enseignements majeurs : d’abord la religion dont Mohamed (psl) est le dépositaire ne tenait compte ni de la race encore moins de la croyance confessionnelle pour cohabiter dans la concorde, la cordialité, la solidarité et la paix.Chers frères et sœurs, auguste assemblée, pour illustrer davantage la marque particulière de notre société, je vous invite à convoquer le rapport de Mr Antoine De Lasselves, administrateur du Cercle de Diourbel de 1913 à 1915 (Source archive nationale).Ce dernier qui fut à ses débuts très arrogant envers le Cheikh, finit par consigner dans un de ses rapports au gouverneur de Saint-Louis ce qui suit : « Ce Cheikh Bamba détient certes une puissance innée dont la raison ne parvient pas à saisir la source et expliquer la capacité de forcer la sympathie. La soumission des hommes envers lui est extraordinaire, et leur amour pour lui les rend inconditionnels.‘Il semble qu’il détienne une lumière prophétique et un secret divin semblable à ce que nous lisons dans l’histoire des prophètes et de leurs peuples. Celui-là se distingue toutefois par une pureté de cœur, par une bonté, une grandeur d’âme et un amour du bien aussi bien pour l’ami que pour l’ennemi; qualités pour lesquelles ses prédécesseurs l’auraient enviées quelque grand que fussent leurs vertus, leur piété, leur prestige.‘Les plus injustes des hommes et les plus ignorants des réalités humaines sont ceux qui avaient porté contre lui de fausses accusations, consistant à lui prêter l’ambition du pouvoir temporel. Je sais que les prophètes et les saints qui ont mené une guerre sainte, l’ont fait sans disposer de la moitié de la force dont dispose ce cheikh.’ Fin de citation.Chers frères et sœurs, auguste assemblée, ce témoignage historique sur l’une de nos personnalités de notre société, n’est-il pas suffisant pour nous faire comprendre que, non seulement nous devons préserver les fondements de notre propre histoire, mais que même notre sacerdoce doit être de vulgariser à travers le monde cette lumière, ce flambeau de paix et de concorde entre les peuples.La dynamique de l’évolution de l’histoire humaine est fragmentée parfois par certains accidents douloureux qui conduisent à des drames amers. Convoquons l’histoire du Pape Nicolas V de l’église portugaise qui, au 15ème siècle, parraina l’esclavage. Cette grande folie qui a théorisé la supériorité de certaines races sur d’autres, ce qui a conduit à des massacres de millions de noirs asservis, exploités à outrance, constitue l’une des pages les plus noires de l’histoire humaine. Malgré cette séquence douloureuse de l’histoire de l’Eglise, a-t-on le droit de stigmatiser toute la philosophie chrétienne à travers les âges ? Bien sûr que non !Chers frères et sœurs, dignes fils de nos guides et de nos familles religieuses, cette assemblée me réconforte d’autant plus que lorsque j’ai traversé la lourde épreuve de plus de trois ans de privation de liberté, injustement, chacune de vos familles respectives, (Touba, Tivaouane, Ndiassane, Niassenes, Thienaba, descendants du vénéré Omar Foutiyou Tall, Medina Gounass, le cardinal de l’Eglise, jusqu’aux fins fonds du Boundou, pour ne citer que celles-là) toutes ces grandes figures m’ont témoigné de leurs prières, leur affection, leur solidarité et leur marque de sympathie. C’est cela qui a amoindri la douleur de cette épreuve et même a inspiré le fondement du programme que je vais proposer au peuple sénégalais, aux prochaines échéances électorales de 2019. C’est avec vous et l’ensemble de tous les segments de notre société, que je veux bâtir un Sénégal de prospérité, de paix, et de concorde nationale.Chers frères et sœurs, auguste assemblée, tenons fermement ce flambeau que nos ancêtres nous ont légué pour faire comprendre à la race humaine que cette petite boule bleue, qu’est la terre, perdue dans l’immensité des galaxies, ne doit sa survie que par la tolérance, la compréhension mutuelle, l’entente, la Paix, la cordialité entre les peuples, qui doivent être le socle sur lequel elle repose.Chers frères et sœurs tout en priant pour plein succès à vos travaux, je vous exprime toute ma gratitude.Karim Meïssa Wade, candidat du peuple aux élections présidentielles de 2019. Doha, le 28 février 2018. »

Tribune : Pourquoi pas un leader religieux comme Président de la République au Sénégal?

Commençons d’abord par faire un peu de l’histoire car n’appartenant pas exclusivement aux historiens. Celle-ci défie l’espace, le temps et transcende ainsi les individus, même ceux-là qui ont été les vrais acteurs ou de simples témoins. Et par devoir de mémoire, par besoin de l’actualité et nécessité du contexte, rappelons-nous ces évènements :Un soir d’un Mercredi 30 Décembre 2009, des jeunes chrétiens ont affronté à coup de pierre, devant la cathédrale de Dakar, la police anti-émeute. L’origine de ces échauffourées émanait des propos jugés « blessants » du président de la république d’alors, Monsieur Abdoulaye WADE, qui avait comparé le monument de la renaissance africaine avec des représentations religieuses présentes dans les églises. S’agit-il de l’ignorance ? N’est-elle pas simplement de la provocation ? Suite à ce malheureux incident, son Eminence le Cardinal Théodore Adrien Sarr avait laissé entendre ces propos : « Meurtris et humiliés, nous l’avons été par l’amalgame que le chef de l’Etat a établi entre le monument de la renaissance africaine et les représentations qui se trouvent dans nos églises. Il est scandaleux voire inadmissible que la divinité de Jésus Christ, cœur de notre foi, soit mise en cause et bafouée par la plus haute autorité de l’Etat».Manifestant son soutien à la confession chrétienne devant cette terrible épreuve, Serigne Mansour SY Djamil, musulman et Khalif Général de son père, avait condamné dans une déclaration faite depuis Stuttgart (Allemagne) où il célébrait un Gamou ce tragique incident en ces terme : « les sénégalais sont en droit de se demander si aujourd’hui, les confréries du Sénégal ne sont pas menacées de disqualification au vu de la manière torve et hideuse dont elles sont instrumentalisées par le régime libéral : toutes les confréries seront, à ce jeu, désacralisées et décrédibilisées ». Ni ce dernier encore moins une autre personne ne pouvait imaginer que 3 ans après, un autre événement de la responsabilité de la même personne serait inscrit dans nos mémoires. Vendredi 17 Février 2012, des policiers qui étaient à la poursuite de manifestants contre la candidature de Me Wade avaient balancé des grenades lacrymogènes dans la Zawiya de El Hadji Malick SY sis à Dakar Plateau (lieu de culte chez les confréries Tidianes). L’acte ignoble avait suscité l’ire des Talibés et avait occasionné de violents affrontements entre ces derniers et les forces de l’ordre. Une erreur est pardonnable une fois !A la lumière de ces évènements et des réactions des leaders religieux, la première qui s’inscrivait dans une posture d’offuscation contre des exactions attentatoires à la foi et morale chrétiennes et la seconde qui se voulait une mise en garde contre une campagne de discrédit des chefs religieux et des familles religieuses de l’initiative de l’Etat, il est regrettable de constater presque une décennie après, cette attitude invariable de la République à poursuivre cette campagne de dénigrement et de discrédit des confessions et des personnalités religieuses qui les incarnent. Cette entreprise républicaine qui tente tristement et sans relâche à entacher la réputation des leaders religieux prend une propension si importante aujourd’hui qu’elle attire notre curiosité et suscite notre réflexion.Dans les rencontres politiques les plus officielles et les évènements religieux les plus solennels, l’on est amené à se rendre compte de cette pression voire oppression étatique sur les leaders religieux. Le fait n’est pas fortuit si on sait la légitimité politique dont certains bénéficient combinées à leurs potentialités et compétences d’hommes d’Etat. Entre autres figures religieuses et politiques nous pouvons citer Feu Serigne Cheikh Ahmed Tidiane SY (Parti pour la Solidarité Sénégalaise), Serigne Modou Kara MBACKE (Parti de la Vérité pour le Développement), Ahmed Khalifa NIAS (Front des Alliances Patriotiques), Serigne Moustapha SY (Parti de l’Unité et du Rassemblement), Serigne Mansour SY Djamil (Bes Du Nakk), Serigne Kkhadim THIOUNE (Mouvement Patriotique du Sénégal), la liste n’est pas exhaustive, ils ont tous eu, ont ou auront dans un moment ou dans un autre des ambitions pour être portés à la tête de la Magistrature Suprême.Ce faisant, derrière cette volonté manifeste de ternir se cache une peur inavouable de compétir. Le choix est quasi inexistant, la seule offre qui s’y prête aujourd’hui est l’acceptation de la rivalité, de la compétitivité car une catégorie autre et nouvelle de « Commanders in Chief» se fait exiger de plus en plus. Face à la cupidité indescriptible des hommes politiques à accéder au pouvoir, à leur obstination irréfléchie à le conserver à tout prix, à leurs innombrables échecs dans l’élaboration et la mise en exécution d’un vrai projet de société, à leurs infinis scandales liés à la finance et aux mœurs dont sont associés la majeur partie d’entre eux et devant l’insatiable appétence du peuple à vivre leurs vraies aspirations et ruptures, il est clair que la confrontation aura lieu dans le seul et unique but de précipiter le pays dans la voie des transformations sociales, du progrès économique, politique et culturel, de l’innovation technique, de l’enracinement profond des valeurs et de l’ouverture aux réalités extérieures.Et pour comprendre la légitimité de notre clameur nous voulons rappeler les questions insistantes de Serigne Masnour SY Djamil qui doivent inciter à la réflexion sérieuse et sans complexe pour une réponse adéquate et sans parti pris: « quelle relation la foi religieuse, dans sa dynamique essentielle, doit-elle entretenir avec la gestion et l’organisation de la société sénégalaise? Les religions ont-elles une mission d’orientation globale des hommes et des femmes comme citoyens libres et socialement organisés? Les religieux ont-ils un rôle spécifique à jouer dans la construction du Sénégal ou doivent-ils se limiter aux cultes? Vu la prégnance du fait religieux dans la société, quelle conscience politique attend-on du marabout ou du prêtre pour sortir le Sénégal de sa crise actuelle? »A la lumière de ces questionnements et depuis 1960 à nos jours, il est clair que le moment est venu pour le Sénégal de muer sa révolution. L’engagement pour cette révolution des mentalités doit concerner tous les citoyens conscients afin de reconnaitre, d’accepter et d’investir toute notre confiance en ces hommes techniquement compétents, professionnellement expérimentés et éthiquement formés. La compétence, l’intégrité, la transparence et l’éthique sont le souffle nouveau dont disposent bon nombre.Il ne faut pas développer en nous une peur injustifiée de l’inconnu. Les exemples sont persistants et les preuves têtues : un self-made man en Gambie, un ancien footballeur au Libéria, un ancien syndicaliste en Afrique du Sud et un très jeune inspecteur des finances en France. Et pourquoi pas un leader religieux au Sénégal ?