Au Moyen-Orient, la pandémie de Covid-19 oblige gouvernements, autorités religieuses et populations à préparer un mois de jeûne inédit. Ce sera aussi le cas dans les pays africains à forte communauté musulmane, dont le Sénégal.
Un soir de Ramadan au Caire, à Casablanca ou Bagdad, ce sont des mosquées bondées pour célébrer à la fois Allah et l’unité de l’Oummah, la communauté des croyants. En Égypte, les plus religieux vivent même les dix derniers jours du mois sacré à l’intérieur des mosquées pour étudier et prier…
Ce sont aussi, en pleine rue, d’immenses tablées, parfois de plusieurs centaines de personnes, qui rompent le jeûne ensemble. Pour les plus pauvres, à qui le repas est offert, c’est la seule occasion de l’année de manger de la viande.
Du jamais vu depuis 1798
Bref, une catastrophe sanitaire garantie si les habitudes devaient être maintenues, autour du 24 avril, date présumée du début du mois de jeûne, calé sur le calendrier lunaire et qui « avance » donc d’une dizaine de jours chaque année.
La pandémie du Covid-19 oblige gouvernements, autorités religieuses et populations du Moyen-Orient à imaginer un Ramadan totalement inédit. Jeudi, l’ayatollah Khamenei en personne, guide suprême de la République islamique d’Iran, est apparu à la télé nationale pour préparer les esprits à une très probable interdiction des rassemblements.
L’Arabie saoudite, gardienne de la ville sainte de La Mecque a suspendu les pèlerinages, le 27 février. On évoque déjà l’annulation des 2,5 millions de visas pour le Hadj, le grand pèlerinage de fin juillet, un des cinq piliers de l’islam. Du jamais vu depuis 1798 et l’expédition de Bonaparte en Égypte…
Au petit et riche Koweït, les autorités religieuses ont déjà adapté l’appel à la prière, qui retentit cinq fois par jour en enjoignant les fidèles à se prosterner… chez eux.
Mais qu’en sera-t-il dans quinze jours dans les quartiers populaires, du Caire, de Bagdad ou de Téhéran ? Le confinement y est largement bravé par des habitants contraints de faire vivre leur famille.



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