Le président George Weah a appelé à durcir les lois du Liberia face à la recrudescence des viols, qu’il décrite comme une « épidémie » lors de la première conférence nationale sur la question mardi et mercredi.
La conférence de deux jours, ouverte mardi par le chef de l’Etat libérien, s’est poursuivi mercredi en présence de son prédécesseur, Mme Ellen Jonhson Sirleaf, de représentants d’organisations féminines, de l’ONU et de chefs traditionnels. « L’amélioration et le durcissement des lois en vigueur et des politiques de prévention et de lutte contre les violences sexuelles réduiront la fréquence des viols » et d’autres maux liés au genre, a dit M. Weah à l’ouverture de la conférence mardi.
Il a appelé les participants à « chercher les meilleures pratiques » pour « mettre fin aux viols et autres formes de violences sexuelles et liées au genre« , dans le pays qui fait face à « une alarmante recrudescence » des cas. Le Liberia subit « une épidémie de viols à côté de la pandémie de coronavirus« , a-t-il dit.
Le pays est depuis quelques semaines le théâtre d’une mobilisation des Libériennes face au viol, mais aussi de protestations contre l’inaction reprochée au gouvernement et au président. « Nous avons enregistré plus de 600 cas de viol entre juin et août« , avait dit fin août Margaret Taylor, directrice de l’ONG Women Empowerment Network oeuvrant pour les droits et l’émancipation des femmes.
En mai, c’était entre 80 et 100 cas, a-t-elle dit à l’occasion d’un rassemblement marquant à Monrovia et dans d’autres villes du pays le début de trois jours de mobilisation. La fréquence des viols dans ce pays pauvre d’Afrique de l’Ouest, éprouvé par les guerres et le virus Ebola au cours de son histoire récente, est une préoccupation ancienne.
Un rapport de 2016 des Nations unies faisait état de 803 affaires de viol l’année précédente à travers ce pays de quatre millions et demi de personnes, et dénonçait l’absence de sanctions contre les auteurs, des hommes adultes connus de leurs victimes dans la grande majorité.
Les Nations unies attribuaient ce chiffre en partie à « l’héritage d’impunité laissé par 14 années de guerre civile » de 1989 à 2003, qui ont fait 250.000 morts et au cours de laquelle le viol a servi d’arme de guerre.



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