Tract Hebdo – Mamadou Aïdara plus connu sous le nom de Vieux Aïdara, ex patron de la chaîne de TV dakaroise Canal Infos (présumée financée par Karim Wade), s’est exilé entre 2012 et 2024 en France (durant 12 longues années, dans un isolement affectif total, une précarité fînanciere extrême et un abandon total par le clan des Wade père et fils. ). Ceci, à la suite de l’affaire Karim Wade donc. Il est revenu au Sénégal après le changement de régime avec l’accession au pouvoir des pastéfistes.
Condamné par défaut en 2015 à 10 ans de prison pour complicité d’enrichissement illicite, il avait préféré l’exil en France, où il a mené un combat médiatique contre Macky Sall.
Avec l’arrivée de Pastef au pouvoir, il a intégré le pôle communication du parti, malgré sa condamnation désormais prescrite selon le droit sénégalais.Durant son exil français, il y était déjà un pilier de la communication pastéfiste dans l’Hexagone.
Son retour, marqué par une discrétion médiatique,a soulèvé des questions sur son statut de repris de justice. Bien qu’il reste solidaire des intérêts civils de l’affaire (10 milliards FCFA), Vieux Aïdara a été réhabilité dans les cercles du pouvoir Pastef « canal historique Sonko », entérinant ainsi sa reconversion politique et institutionnelle.
Avec la crise Diomaye -Sonko de 10 mois qui a connu son dénouement ces derniers sept jours, Vieux Aïdara a choisi son camp dans le bipolaire Pastef : celui de Sonko.
Voici ce qu’écrit Vieux Aïdara ce mercredi 27 mai 2026. Verbatim recueilli par Tract Hebdo :
» Le Deep State sénégalais aura réussi à transformer en deux ans le Président de la République en un monarque républicain froid, qui s’adonne à de la politique politicienne mais malheureusement, il met le pays au bord du gouffre.
Le 22 mai 2026, il a limogé Ousmane Sonko, son Premier ministre et leader de Pastef Les Patriotes.
Le 26 mai 2026 Sonko, à qui El Malick Ndiaye son camarade de parti et député, a laissé le perchoir en démissionnant, ouvrant son élection comme Président de l’Assemblée nationale.
Le président qui avait promis la rupture avec les pratiques du passé, semble choisir aujourd’hui de gouverner sans majorité parlementaire.
Il porte une responsabilité historique, celle d’un monarque républicain qui s’enlise dans la politique politicienne au risque de détruire les institutions et de plonger le Sénégal dans une crise sans précédent.
Ce qui est factuel, est que le Président élu en mars 2024 grâce au « Diomaye mooy Sonko », doit principalement son fauteuil à Pastef.
C’est pourtant à ce même parti qu’il a tenté dès mai 2024 d’imposer une coalition pour aller aux législatives inévitables de novembre 2024.
Pastef les Patriotes, échaudé par les trahisons entre 2022 et 2023, avait choisi et finalement à raison au vu de l’actualité, d’aller seul aux législatives de novembre 2024 et avait remporté 130 sièges sur 165.
Quelques mois plus tard, le Président décide de constituer une coalition qui n’inclut pas Pastef, se sépare du leader de ce parti sans que celui-ci ait perdu la confiance de l’Assemblée et nomme un nouveau Premier ministre sans consulter la majorité parlementaire.
Pire, il tente de recevoir un à un des militants de Pastef pour la constitution d’un nouveau gouvernement en contournant la direction du parti majoritaire à l’assemblée nationale lequel a immédiatement vu rouge.
Le 26 mai 2026, le Comité exécutif de Pastef réagit à travers un communiqué clair et sans ambiguïté, le parti majoritaire dit rester disponible pour une collaboration « franche et responsable ».
Cependant il est précisé que c’est uniquement dans le cadre institutionnel du parti et sur des orientations programmatiques précises (fidélité au programme de 2024, clarification de la dette souveraine, blocage de la hausse du coût de la vie, renégociation des contrats stratégiques, lutte contre la corruption, gestion des affaires judiciaires, répartition des portefeuilles).
Pastef refuse donc catégoriquement les consultations individuelles avec ses militants qui s’apparente clairement à une tentative de déstabilisation et rappelle que tout membre qui s’y rendra agira à titre personnel.
En une semaine, le tandem qui avait tout emporté en 2024 a totalement volé en éclats.
Cette rupture du 26 mai 2026, n’est pas seulement tactique, elle révèle des divergences profondes sur la dette publique (132 % du PIB), la reddition des comptes, la justice pour les victimes de la répression 2021-2024, les négociations avec le FMI et la ligne souverainiste.
En ignorant la hiérarchie de Pastef, le Président de la République a tenté de fracturer le parti de l’intérieur et subira vraisemblablement un échec car les militants de Pastef sont souvent disciplinés.
Le 1er congrès du 6 juin 2026 qui élira Ousmane Sonko à la tête du parti, renforcera sa légitimité politique indéniable et consolidera son contrôle total de l’Assemblée nationale.
Le Président de la République du Sénégal doit donc commencer à vraiment se soucier des enjeux institutionnels et de sa responsabilité présidentielle.
La Constitution en fait certes un monarque républicain qui nomme de manière discrétionnaire à tous les emplois civils et militaires, même le Premier ministre (article 49) mais il ne peut dissoudre l’Assemblée avant deux ans après son installation donc en décembre 2026 (article 87).
Il peut gouverner par décrets pendant les six prochains mois mais il ne peut pas gouverner durablement sans majorité politique. Ceux qui lui chuchotent une telle ineptie le trompent.
En effet, après une cohabitation douce de juillet 2025 à mai 2026, le Sénégal est entrain de basculer aujourd’hui dans une opposition réelle et frontale entre le président et le parti majoritaire.
Si Pastef refuse de participer au gouvernement de restructuration que le FMI et certains partenaires du Sénégal semblent imposer, les conséquences seront immédiates et brutales.
En cas de restructuration forcée de la dette, il s’en suivra inexorablement une flambée des prix, des tensions sociales explosives.
Le Président ne mesure très probablement pas qu’il se dirige vers l’abandon pur et simple des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026 car ils ne pourront se tenir dans un contexte aussi conflictuel.
L’incertitude politique paralyse déjà les investisseurs, bloque les décaissements et aggrave une croissance déjà en berne.
Le président Faye doit donc comprendre une vérité simple, on ne gouverne pas un pays sans majorité parlementaire.
En tentant de fracturer le parti qui l’a porté au pouvoir et en s’enfermant dans une logique de pouvoir personnel, il ne remplit pas
Sa part de promesse de rupture qu’il avait faite au peuple sénégalais.
Le Sénégal, fier de n’avoir jamais connu de coup d’État militaire, doit faire attention de ne pas faire vaciller ses institutions. Il est encore temps pour le président de revenir à la raison au moins politique et institutionnelle.
Sinon, l’histoire retiendra qu’il aura lui-même ouvert la boîte de Pandore qu’il prétendait refermer.
Vieux Aïdara
www.tract.sn



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